annexr - Shodhganga

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annexr - Shodhganga
ANNEXR
Cetta aventure mteut arrlv6e vera 1682.
Je vena1s de m'lnstaller dans 10 coin d'un wagon vide, at
j'svsls r8f8rm~ 18 portl~re. av~c l'esp~renca de rester eaul,
quand elle so rouvrlt brusQuement, 8t j'ontendle une volx qui
dlsait: epreno2 garde, ~onsleu~, OOU6 noue trouvons justa au
crolsemant dos 11gnoo. le.marehepled est tr~G heut. u
Une autre volx r~pandlt: aNe craine tlen, laurent, je
ve1s prendre les polgndes. a
Puis una tate opparut coiff'_ d'un chapeau rond, at deux
mains s'ocerochant sux lQnl~re$ do culr ot de drap suapendues
dos deux cat~e de ls portl~re, hlss&rent lentcment un gro8
corps, dont los pleds firent sur 1e marchapled un bruit de
conne frappent le 801.
Or, quand l'homme eut fait ontrer son tors8 dans 1e co~­
pertlme~t, Je vis apparaltre dans l'dtoffe flasQu8 du pan'alon.
10 bout pelnt en no1r dluno jambe de 'bolo, 'lu'un autre pilon do
pareil sulvlt blontSt.
Una tAte $& mantra derrl.re le voyageur, ot domanda:
~VOU8 Stes bien, Monsieur?
"Oul, man gsr;on.
"Alora, vol1~ vos pequots at vos b~qui11a8.w
tt un dome&tlque, qui avalt l'air d'un vleux soldat, manta
h 80n tour, portant en GSS bras un tas ds choses, envelopp4es en
des pepiera no&ra at jaunse, flcel~ea Goigneuoemant, et 108 d~­
posa, l'una apr~9 1'autre, dans 10 f.ilet au-deesus de 10 t!te de
son maitre. Puis 11 dlt: ·Vol1~, Aonsleur, c'est tout. 11 y en
Q clnq.
Lea bonbons. 1a poup6e, 10 tambour, 1e fusil et 1e p3t6
de foiee gres.
-C'sst bion, man gar;on.
-Son voyage, Aoneieur.
-marci, laurent; bonne sont61"
.l'homma aten alla en repoussent 18 porto, at ja regards!
mon voisin.
11 pouvelt avair trente-c1nq ans, bien que ses chevaux
r
.240fU8sant presquo blanca ; 11 6talt d6cor4, moustechu, fort gras,
attaint de cetto obl!&lt~ pousslve des hommoa Getiis at forts
q'u'une inflrmlt6 tlent Immoblles.
11 ~'eeeuys 1e front, souffle st, me regardant bion.an
face: "La fumt!e vou's gene-t-e-lle, Monsieur?
-Hon, ~on~leur.8
Cat oeil, cette vol'l, ce visage, je les connoisesls. ~alG
d'ob, de Quand? CorteD, j'avais rencontt6 ce gar;on-l~, je 1u1
Quais por11, je 1u1 ovals 88r~' 10 meln. Cole dotalt do 101n, do
trQs loln, o'4telt pardu dans cette brumo o~ I'esprit ssmble chercher ~ tAtoos 18& souvenlr at leo poursuit. comma des fonteme.
'uyents, saos les 961&lr_
Lui eU8s1, me1ntenent, me ddvlsageolt avec 1e tenaclt~ at
le flxltd d'un hommo quI fSa rap$1elle un peu, gais pas tout ~
fslt.
Nos yaux, g~nd8 de ce contact obet!n' des regards, 59 ddtoun~~ent; pui~ au bout de quelques soconde8~ attlr6s de nouveau
par 10 vo1ont4 obscure et tenaC8 de 1& mdmoire en travail, i18
80 •• Ae~.'.eft' rencontr~rent encore, et je d18:n~On Oleu, ~on­
aleur, GU lieu de nous observer ~ 16 d4rob~8 pendant une heure,
no vaudra1t-11 paa mleux cherche~ ensemble ob nouo nous eommos
connua?8
La voio!n r6pondlt avec bonne gr3co:
·Vous GVSZ tout b fait raison, ~ona1eur."
J~ mo nommal: ~la mt appel1e Henry Bonc1eir, msgistrat. u
11 ht!sl ta quelques secolldes; puls, avet ce vague de 1"oe1l
ot do 1e vol'l qui accompagne los grandes tensions d'espritz
"Ah. parfoitoment, js vous a1 rQncontr~ chez les POincel,
autrefois, avant 1e guerre, vol1~ douz$ ens de calof
-Oui, ~onoleur ••• Ah! ••• ahl ••• vous Gtae 1e 110utenant
Revali~rG7
"Qui ••• Je fue GlOme 10 capitalne Rovalibre jU8Qu'au jour
o~ j tal perdu mee pied:) ••• tous les deux d'un Gaul COUp., sur 1e
possego dlun bou1et.-
..241Et noua noue regardamQS de nouveau, maintenant Qua noue
noue cannaloslons.
Je mo rappolals porfaltement evolr vu ce be8u 9a~,on
mince· qui condulsslt lee c:otl1lons avec une furla 8g11e ot
grecleus8 at qu'on'Gvalt 8urnomm4, je craia, "1& Trompe" •.
Aals derri~re cotta lmsge. nottomant dvoqu~e. flotta!t enc~re
quelquG chose d'lnsa1s1ssabl •• una hlstolr8 que jtGvals sue
at qua j'svsis oubli6e. una de ceo hlotoirGs _u_Quo11es on
prlte une attention blenvol11ante at c:ourte, et qui ne laiGasnt
dans l'esprit qu'une marque presque 1mpetcoptlble.
11 y ovett de I'Qmoul' lA-dadan.. J'an retrouvais 10 sansation particuli~l'o au fond de me mdmoire. maie rian de plus,
sensation comparable au fumet qua e~ma pour 10 nez d'un chien
1& pied d'un gib18r aut Ie 801.
Peu ~ pau, cependant. los ombres s'~c1a1felrent at uno figure de jeune f111e 8urgit davant mes yeux. Puis son nam 'elate
dsn& me tftte commo un p6tard qui 6'alluma: "11e de Mandol •
Je roe rappels1s tout, maintenant. C'~~eit on offe.t
.. une hlst~irs
d'amoufJ mais banale. Cetta jeune '1110 e1malt ce jeune homme,
lorsque je 11svets rcncontr~. at on parla't da~J8u~ prochein
marisge. 11 paral.~81t lui-m4me tr~s 6prls. tr~8 heureux;
Je lava! 108 yeux vera Ie filet o~ tous les pequGts epport4s
par le domeet1quo de mon volsin, tramblotalent aux sacoosses du
train, at 16 volx du eervitour ma revlnt comma s'il finl •• ott &
peine de Paller.
11 avait dit: ·Vo11~t Monclour, clest tout. II y on G
cinq: le.s bonbons, 1a pOUp68~ IEl tambour, lea fusil at le pStd
de foies gros.~lora~ ••• en una second., un ro~an GO composa et sa d6roula dnne me t3te. 11 reasomblait d'a111eurs ~ tous COUK que
j 'ave·is lU8 ott, tentSt 1e jeune homme. tentSt 10 jeune fll1e.
6pouoe Gi& son f1anc6 ou aa flanco8 eprbo in catastrophe, soit
eOl'pore11G, solt financllbl'e. Done, cat offlcler muti16 pendant
ls guerra avait retrouvd, apr~s Ie campagne. Ie jeune '111a qui
$'6talt promise tl lull at l.itenant san engagement, ella st~talt
"',.
•f
donn~e.
Je jugeais cels beau, mais simple, comme on juga
tous les
~1mples
et tous les d~nouement·s des livres et du
th~Atre.
11 semble toujours, quand on lit, ou quand on ~coute,
~ ces ~coles de magnanimit~, qu'on-se serait sacrifi~ sol~3me avec un plaisir enthouslaste. avec un ~lan magnlflqua.
Mais on est de fort mau8aise humeur. le lendema6n, quand un
ami mis~rable vlent vous empru6ter quelque argent.
Puis, soudain, une autre supposition, moins ~o~tique et
plus r~aliste, se substitua ~ la premi~re. Peut-etre s'~tait­
il mari~ avant la guerre, avant l'~pouvantable accid.~t de ce
boulet lui coupant les jambes, et avait-elle dO, d~sol~e et
z~sign~e, recevolr, soigner, consoler, soutenir ce mari, parti
fort et beau, revenu avec les pieds fauch~s, affreux d~bris
vou~ ~ l'immobilit~, aux col~res impuissantes et ~ l'ob~sit~
fatale.
Eta!t-il heureux ou .tortur~? Une envie, l~g~re d'abord,
puis grandissante, puis lrr~sistibie, me salsit de conri.!tre
sonnhistoire, d'en savoir au moins les puints principaux, qui
me permettraient de deviner ce qu'il ne pourrait pas ou ne voudraft pas me dire •
.Je lui parlais, tout en songeant~ Nou~ avions ~chang~
quelques paroles; et moi, les yeux lev~s vers le filet, je
'pensais: "11 a done trois enfants: les bonbons S9nt pour sa
femme, la poup~e pour gBt~!!le, le tambour et Ie fusil pour
"
1\
ses "fils. Ce pAt~ de foies gras pour lui."
Souda!n, je lui demandai:
"Vous etas p~re, Monsieur?"
11 r~pondlt: -Non, Monsieur."
Je me sentis soudain confus comme sl j'avais cdmmi$ une
grosse inconvenance et je repris:
"Je vous demande pardon. Je l'a~,,~~pend~ en entendant
,
votre domestique parler de jouets. On errtend sans ~couter, et
on conc1ut ma1gr~ soi."
Il souri t, puis murmura: "Non, j e ne suis meme P~"lf}. "mari~.
'J'en suls rest6 aux pr~llminairas."
d~vouements
..
>
.)·oue l'alr do me souvenir tout
~
coup.
"Ahl ••• c'ost vral. voua dtlel f1anc6, quend jo'vous a1
connu, fioned, avec ~118 de ~andel, je c~ol ••
-Oul, Monsieur, votra m6m61re eat 'uxcellente ••
J'OUB uno audace
:r
axee.aiva. at J'sJout8l: .Oul, jo
crols me l'spf)elel' aU6s1avoir ontendu dire que P111e de A.endol
avalt 6pou.' monsieur ••• monsiGur ••• ~
11 pronon~a tranqul11ement ce nom. ft~. de rleur.l~.
-Oul, Qtest colal Oui ••• je me rappella mGme ~ ca pro~
POSt avoll' entendu pOl'le~ ds votre blesaure ••
Jo' le regardCli bien en f'sco; at 11 rouglt.
Saf1gu,1'& pleine, bouffle, quo l'afflux don stant de
son.9 l'endaJ.t.' d~j~ pourp"., 8e tainta davuAtage encore.
11 l'~pondlt avec vlvQelt6, cVCle l'ardour ooud~ln8 dtun
homme Qui plolde une ceuae p$rdu. d'aven::., perdue dan. aon esprit 8t dans eon coaur, mal. qutl~ vout gegner davant 1~oplnion.
wOn 8 tort, Monoleur, de prononcer ~•.~atd du mien,le nom,
de Ame do rleural. Quond je auls ~evonu de 18 guerra, sans moa
p1ods, h61aa. je n'aura!s jamsls accept4, Jamei$, qu l el1e devint
ma femma. Ent-c8 que c'6ta.it possible? Ouond on 50 marie, Monsieur, ee n'ost pas pour faire paredo do 9~~~roG't': Clest po~r
vivre, taus los jours, toutes lea heurse, toutos leo minutoG,
toutes les seoondes r. eat~ d'un homme; at sl cat homme ost dlt..
forme, co~mo moi, on S8 condamna, en l'6pousant. ~ una ~ouffranc~.
qui dur~ra juequ'b 10 mortl Ohl je comprendS 1 j-adm1te'tous loa
s8crlfic~8, tO~G 1$$ ddvouements, Quand 11s ont uno 1Imlt.~ malo
je n''.1dmets pas 1e renoncement dtune femma b toute una v1e qu t st1., .
espbre heureuae. b toutos 10 joles, ~ toua les "aveo, pour aati'sfaire .1 'admiration de 10 981er10. QuaRd j 'entends aUf 10 pianchor.
de ma chambre 10 battement de meG pl10ns e't colul do mes b~qul1i.8t!:,
ee brul t de moulln Que je fa18 ~ chaque pee, j tel des O>lGsp·tirat.lon8 ~ ~tran91or monservltGor. Croyez-voLia quton pU1SS8 accep.... ter d'une felUlllo de tol~rer (;·e qu.on no 8upporte pes sol-mame?
Et puiS, VOU8 lmaglnez-vous que c'sst Joll, mGS bouts do jombos?
11 se tut. Qus lu1 dlro? Je trouvals quill avalt rsisonS ~-' ,
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" :~f?~..~, :~,qn I~PP,~t~.~' ,po;t1~ique. Ces ,moignor;ts h~roiQuas appelaient
-··~~'n.: beau s~.f~.;_Vce~ q'~.d' me manQuait, et j taB ~prouvais une d~)
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'~.j'l~i:l1'e"'ftndai tout ~ coup:
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"~k~Jf.~~~:~e ~.~'r~ru~el' a
.
des enfants?
fille et deux garGons. C'est pour eux que je
cas jouets. Son mari et e1le ont t1t~ tr~s bons pour
-Qui'J~n~
I
~orte
,
moi~"
Le train montait'la rampe de Saint-Germain. 11 passa les
tunnels, entra en gare, s'arreta.
J'al1a1s offrir mon bras pour aider 1a descente de l'officier mutilt1 quand deux mains se tendirent vera lui, par la
Rorti~re ouverte:
"Bonjour! mon cher Reva1i~re.
-Ah! bonjour, f1eurel."
Derri~re l'homme, 1a femme souriait, radieuse, encore
jolie, envoyant des "bonjourl" de ses doigts gant~s. Une
pe~ite fille, ~ c8tt1 dtelle, sautillait de
joie, et deux
gar~onnets regardaient avec dee yeux avides le tambour et 1e
fusil passant du filet du wagon entre les mains de leur p~re.
Quand l'infirme fut sur le ~uai, tous les enfants 1'emb~as­
~~rent.
Puis on se mit en route, 'et la fillette, par amiti~,
tenai t dans sa petite main 1a traverse vernie d' une b~quille'j;
comme el1e aurait pu tenir, en marchant ~ son c8tt1, Ie pouce
de son grand ami.
'J.
,~,-
t
•
,"
LA AAIN ot(CORCHK
11 Y 8 huit a~. mole environ, un de meG amis, lo~ls R••• ,
Gvalt r6unl~ un ~o1r. quelques camOradG8 de col1~g8; noue buvlana du pUDch at naUG fumlons en c:aussnt 11tt~"atu.ro, pelnture,
at on recontant, de tampo ~ autre, quelques joyeuset~a, ains1
que cela 08 pratiquo dans las r~un1one doa jeuneo 9Gns~ Tout
A coup la porte s'ouvro toute grande at un de mas bons amls
d' enfance entre comma un our.agan. -Dev1nez d'oi) je viens",
8'~cJ:le-t-l1 nusaltSt. ttJe parle pour mabille", r~pondi. ltun;
~. HNon, tu as trap g6i, tu viens d'empJ:unter de ltor9snt, dtenterrer ton oncle, ou de mottl's ta mantra chez ma tanta", r~pond
un autre; aru viens de te 9risor. riposte un troi91~mo, at comma
tu as sonti le punch choz Louis, tv es mont4 pour "ecommonc6r.Vous n'V Ot88 point, je viens df) P••• on Normandls, ob j'al 6t~
passer hutt jours at d'ob je rappotte un grand criminal d~ ~9S
aml. que je dous demand~ 1a permission dG vous pr~senter.ft A
cos mots, 11 tira de sa poche uno' main d t 4corch4, eette main
~tait affreueo, noir8, s~che, tr~e longue at comroe cr1~~~~, les
muscle., dtune forca extraordinalt6, ttaient tatenus ~ Itlnt~­
rieur ot ~ ltext6rleur par une lenlbre de peau parchem1n~a. los
ongles jaunes, ~tra1ts, ~t81ont re8t~s au bout des dc1gtSi tout
cola ::lsntalt le sc~l~rat d·una 11oue. -rlgurez-vous. dlt mo';,
ami, qu'on vendelt l'Qutre jour los d6froques d'un vieux soreior" ~~~
bien connu dans toute 10 cQntr~e; 11 allai t au sabbat tous liaS· . ; ,:,::~
samedls sur un manche ~ balei, pratlquait la magi&blo~~he o~~,
noiro, donnelt aux vaches du lait bleu at leur feiseit porter
18 quaua co~me celle du compagnon de Saint Antoine. Toujours
ast-l1 que ce v1eux grodln avalt une grande affection pOUl' eetts
maln. qui, disait-l1, 6tait colle dtun c61~bre crlminel supplici6
en 1736, pour avo!t jott§, la tlto 10 premlbret. dans un puit's sa
femme 1~9itime, en quo! fe10Qnt je trouvG qu'il n t ava1t pas tort.
puis pandu au clacher de l"gllsa 1e cur~ qui l'avait marl~.
Aprba ce doublo exploit, 11 ~te1t ell~ cour1t Ie monee at dans
so carrl&re auesi courts que bien fQmplle, 11 aVQit d6trou8sd
f""" . •
;/,
~
'II
douze voyageurs, enfum6 une vlngtslne de moines dans un cou.vent
et fait un G~ral1 d'un monaet~re de rellg1euses.- Asis que vastu faito de cette borreur? nous ~cr.lamG8-nou8.- Eh parbleu, Jten
rorei mon bouton de sonnotte pour 8f'raye~ mea cr6anciers.- Mon
ami. dit Henri Smith, un grand Angleis tr~s flogmetlque' je crois
que cotta ma'1n est tout slmplement de 10 viands indienne conser..
v~e par un
proced4 nouveau, jo te consel11e d'en feira du bouil10n.- '"Ie ral110% pea. Messieurs, reprit avec le plus grand sangfrold un ~tudlant en m~dGcin8 BUX troia quarts grls, at toi,
Pierre, 81 jtal un consGl1 ~ to donnOr. fals enter-rer chrdtlennoment co ddbrl~ hum&alft, de cralnte que son propt14tolre ne vienn.
te 1& r6c1amer; et puiS, elle e peut-&tre pris de mauvaisas hob!tudeo cotta main, car tu 8e18 18 provorbal "Qui a tu4 ·tuera.- "£t qui a bu bolra M, raprlt ~. l'emphlttvon. L~-dessus, 11 ve~ea
~ l'6tud1ent
un grand verte de punch~ l'autre 1 t ava1a d'un saul
trait at tombs ivre-mort aoua 18 table. Cette sortie fut accuu1111e par des rires formldablesJ at Pierre 41event son vette
et sa1umnt 18 ~aln: -Je bois, dlt-l1, ~ 10 ptochalne vislto de
ton maltre-, puis on perla dtautre chose at chocun rentrs chez
sol.
La lendemaln, comma je passois davant .a porte, j'ontrat
chez lul, 11 ~ta1t environ 2 heures, Je 1e trouvai llsant et fumant. 8th bien. comment VQa-tu? lui dls-je.- Trbs bien, me r~pon­
dlt-il.- Et to main?- ~e main, tu 86 d3 la voir ~ me sonnette ob
je l's1 mise hler soir en tentrant. male b ce propos figure-toi
Qu'un 1mb6ciel quelconque, sans doute pour me fe1ra uno mau.aiae
488. fa~ca. Got vonu car1110nnar • me porte vel's m1n~lt, j'st d8-"~
mand6 Qui 6tait l~f maie pomme per.eonne ns me r~ponda!t.• · Je me
auia eeweh' recouch6 at rondOI'm!."
en ce moment, on sonna, c'6tait 10 ptoprietalre. peroonnage
gross10r at fort impertinent. 11 entre eens sBluer~ .~onsieur.
.~
dlt-i1 II mon ami, jo VOU$ prie d'anlevor imm6ci1otoment 10 charo-'
gno ~ue vous avaz pendue ~ votzs cordon de aonnetto, oans qual
je me vorrai fore' de vous donner cong~.- Aonsleur, roprlt Pierre
Qvee bOQucouP de 9ravlt4, vous insultez une maln qu~ no 1e m6tlte
pas, sachez qu'el1e Q appartenu h un homme fort bion ~levd. 8
~
La propri6taire tourns les talons at aortlt comma 11 4tait
entr~. Pierre 1G auiv!\, d6crocha sa main et l'attaha A 10 sonnette pandue dens son alc&ve. aCole V8ut mioux, dit-l1, eetts
main, comma le nrr~re, 11 faut fUQurlr u des Trapp1stes, me donnera des pena~Gs s~r1e~8os tous les Goirs en m'endormant.- Au
bout d'une heure jo le quittal at je rontra1 ~ mon domicile.
Je dormls mol 1e nult sulventa, j'~tBls a91t~, nerveux;
plusieurs fols, je mc r~veilla1 en Bureaut, un moment mIme je
me f1gural qU'un homme s.~talt 1ntroduit chez mol et je
laval pour regQrde~ dans mea armoIres et soue mon lit; enfin, vors
6 heures du mdtin, comma je tommon;ola ~ m'asaoupl~. un coup
violent" frappd A me porte, mo f1 t sauter du "11 t~ '''c:-!6tal t 1e domest!quo de man emi, b peine vatu, pAle at tremblent:" -"A"h Aonsiaurl 8'~crIa-t-il en sanglotant. mon paUVfa ma!tro qu'on a
assassin6.- Je m"ahabl11~ A 1s hAte .et je coa.us che,z Pierre.
La mulson ~tait pleine do monde, on discutait, on s'agltait,
c6dtalt un mouvement lncesoant, chocun p~roralt, racontalt et
coromentQlt l'~v'nement do toutes les fa;ons. Je parvins ~
grand'pelne jusqu'b 1a ehambro, le porte 6tait gard~~ je ma
nom~al. on mo lelsse entrer6 Quatra agents de 18 police dtaient
dobout au milieu, on cernat ~ ls main. ils exsmlnalant, sa pa~­
lalent bas de tamps an temps et ~crlvai8nt; deux docteufa cau801ent pr~s du lit sur lequel Pierre ~tait 6tendu sana connaisaanca. 11 n'~telt pae mort, mals 11 evait un aspect affraysnt. Soa
yeux d~meaur~mGnt ouvarts. aeo prunelloa dl1atdes sembloient
rogardaG fixamant avec una Indlclble 6pouvante une chose horrible
et lnconnuo, ses dOigts 4taient crlsp~G, son corpa, ~ partlr du
manton, l1telt recouvett d'tm drsp qua jo sou1aval. 11 ,,0l'ta1t
su cou las marques de cinQ dolgtB quI 8t~teient "rQfond~ment
enfonc~$ dena 1e chair, quelquos gouttes de sung maculalont sa
chemise. En co moment une chose me frappe, je regarda! par.hesard 10 sonnette de son alc8vG, la maln d'6c:orch~ n'y ~ta1t
plus. Les m6declns l'avalent sans doute anlov6e pour no polnt
Impre8sionner los personnee qui entre'8A.ra1cnt dans 10 chambre.
du blelSs~. cor cotte main 6tait vralment affreuse. Je m'lnf'or-
me
" ,at
.
,II> .
"
-mal polnt de ce qu'elle dtati devanue.
Je coupe molntcnent. dans un Journal du lendamain, le
rdclt du crime avec tOU$ los d4tei18 que Is pollce 8'pU so
procurer. Uole1 ce qu'on y. l1selt:
·Un ettontot horrible a 6t6 commla h1e" sur, Ie personne
d'unjeuns hommo, fIl.Plerra 8 •••• 6tudiant en droit, qui appartiant ~ una dos mol11auroe,tam1l1ea de Normand1e. Ce js"!ne
hornme 6tolt rentrt1 chez lui verG 10 houree du solr. '11 l'snvoya
"
son domastlque. 10 slaut 90nvin, en lui d1s~nt qu'll 4t~it fa~
t19u~ ot qu'1l allait S8 mattrs au lit.
Uers mlnu1e, cat homme
fut r4vel11' tout A coup par 10 sonnotte de son maitre qu'on
agltait svec fureur. 11 aut peur. elluma una luml~re at attendlt; ls sonnette sa tut envlron une minute. puis taprit avec
una tol10 force que 10 domoatiQuG. 6pardu de tsrrour, se pr~­
clplta hors de so chembre at ella r6vull1er 1e conclerge. co
dernier coutut everti~ 18 police at. au bout d'un quart d'heure
environ. CGe derniers enfon;alent 18 porto.
·Un spectacle horrible s'of'rit ~ lou~s yeux, lee meubles
~talent renverada, tout ind1qualt qutuno lutta terrible ava!t
au lieu entro 18 ulctlme at le mclfaiteur. Au ml1it:au do 1e
chambre, sur 10 doa. les meubles :a1des. at le face liv~de. 106
yeux effroyablement dilet~s. 18 jaune P1arre S ••• gia01t sana
mouvemont; 11 portalt au cou lea empreintoe profundas de c1nq
dolgta. t.a ropport du doctour Bourdeau, appel' 1tl1m~d.tQtet!'lent.
dit Que l t agl'B8suur develt 3tro dou~ d'une force prod1gious8
Qt avoi: una main oxtredodlnairemont malgre at nerveU88, car
las doigta Qui ont 101ss4 dana 10 cou comma clnq trous de
ba11GP 5'~teient presque rejoints ~ trovers lee cheirs. Rlan
ne falt eoupgonner 1e ~obilo du crime. n1 qual pout en 3tra
ltQuteur. u
On lisait 1e lendmeain dans 1a mame journal:
"A.PlerrG ~e e•••• 18 victims de l'effroyab1e attentat que
no~s racontiono hier. a reprls connaissanco ~pr~a deux heures
de soln assldus donnds par M.le docteur Bourdeau. Sa vie n'ast
pas en dengel', mala on creint fortement pour sa raison; on nla
aucune trace du coupab10."
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En arfet, mon pouvre ami 'to1' fou; pendant sept mo1s,
j'a11aia 1e voir tous les jours ~ lthospice, mais 11 no recouvra pas una luau," de raIson. Oans son d411re, 11 luI dchappalt des paroles 6traoges at, comma touo 108 fous, 11 avalt
une .x~ Id~e fIxe, at sa croya1t toujoure poursuivl pa~ un spectre. Un jour, on vlnt me charcher en toute hate en me diesnt
qu t !l al1alt plus mel, je ie trouval ~ l'8gonle~ Pendant deux
heuroe, 11 reste fort ce1me, pule tout b coup, se dressant sur
son lIt ma1gr6 80. efforts, 11 8'~crla en agltant las bras at
comms'en prole b une ~pouvantab18 terrcur: .PrGnds-lal prendslal 11 m'~trGn91a, au aecoure, au sccourel 8 11 ftt deux fols
1e tour de 1e chambre en hur1ant, puis 11 tomba m'ort, 10 face
contra terre.
Commo ~1 ~t.alt orpbel1n, je fus chargd de conduirs eon
corps au patlt village P ••• en Normandl0, o~ ses parents 6t01snt enter1'6s. C'est de m3me villags qu'11 venalt, 1e aolr 00
il nous eva!t trouv4s buvant du punch chez louIs R••• at e~ 11
neus avalt pt4sent.~ S8 meln d~"corch6. Sen corps fut enferm6
dans un cercueil de pleGb, at quatre jOUl'S apr~.. ja me promenals trlstment avee le vlcux CU1'6 qui lui avait donn6 ses premlbrea la;ona, dans 18 petIt clmetl~re ob leon creusalt sa
tombe. 11 faise!t UrJ tamps megniflquo, loclel tout bleu rulsa~lelt de lumlbre, 108 olseaux chantalent dans les ronces du
talus o~ bien des '$ls, enfente tau. deux. neus dtians venus
manger des mftres. 11 me s'emblalt encore 1e voir se ftlufl10r 10
long de la hale at se 911aBe~ par le pet!tI trou que je conna1al
sals ~lcn la-baa tout au bout de terrain ob l'on enterre las
p8uvres, puIs noua tavenions a 10 maison, les jouoo at les Ibvros
noires du Jus des fruits quo noua Dvions mangds; at je regardalA
·les ronees. ello8 ~talent covvertes do mOrosi ala,chlnolement j ten
p~ls una, at ja is porta! ~ 1a boucha; 1e curd ava1t ouvert~
son brdvlaire at mormottalt tout bas 80S oremUG, et j'entandAia
au bout de l' allil& l~ bache des fosseyElurs qui creuso·lent 10
tombe. Tout ~ coup, ils noua ap901~ront, le cur~ ferma eon
livro et noue elllmea vail' cs quIlls voulelent. 11s avoiont
trouv~ un ·cercuell.
Dtun ~cu~ de pioche. l1e flrent sauter
10 couvercle et nous apSI';3m08 unsquelette d~mesur~mont long,
couch~ .ur ~e dos, qui, de son oell creux, semble!t encoro
nous"regarder ot noua d~fler: jt~pl'ouver un malaise, je ne sola
pourquol j'6US presque pcur. "Tlensl G'~ctla un des hommes,
regardez done. ls grad!n 0 un ~clonet CQUP~, voll~ sa maln. e
£t 11 raGl88SS ~ c8t~ du corps une grande tudn d'8S4chlh~ qu'11
nOU9 pr6sento. UD!s done, fit l'autea en rloot, on dil'alt qu'll
te regarda et qu'll va to sauter b la gorge ~ourQue tv lui rendes ea main.- Allons mos amls, dlt 1e cur6. lalsee~ le~ morta
en peix at refermez co cercuel1. "OUa creuserons autre part 18
tombe de co p8uvre monsieur Pierre."
La lendemoin tout 6tait fln1 at je repreneis le route de
Paris Qpr~s avo II' lalse6 cinquante francs 8U vleux cur~ pour
dire dos messes pour le rapos de l'Ama de celul dont ncua 8vions
einsi troubl~ 1s s~pulture."
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