Ⅰ Ⅰ - Maison du Jardin

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Eau de jardin
Ode au jardin naturel
D’une pelouse naturelle
à une prairie fleurie
S1 Choix des semences et semis approprié
Quand l’on souhaite créer un gazon, il faut choisir les semences notamment en
fonction de l’exposition du terrain ; est-il humide, ombragé, ensoleillé… ?
Le ray-grass (Lolium perenne), même s’il résiste bien au piétinement, supporte mal
la sécheresse. Semence de base d’une pelouse, il est bon marché. Le pâturin des prés
(Poa pratensis) convient aux terrains de sports et aux talus.
Il y a aussi des graminées, par exemple un mélange avec de la Fétuque (la rouge
supporte bien l’ombre). Les graminées sont esthétiques et ont l’avantage d’avoir une
croissance lente-.
Il existe des variétés récentes de gazon -modifiées par les sélectionneurs- dont la
croissance lente permet de limiter la fréquence des tontes. Les semences rustiques
sont généralement plus résistantes aux maladies et notamment à la rouille.
Pour y semer les espèces adaptées à l’usage et à l’effet désiré, préparer le terrain
grâce à un faux semis (cf. la fiche Quelques conseils pour potager au naturel…). Ensuite, c’est le bon moment pour apporter des nutriments de qualité biologique à la
terre. Enfin, mettez en place les graines à l’automne pour ne pas que les herbes spontanées (de croissance plus rapide) prennent le dessus sur un gazon qui serait semé
au printemps.
S2 L’importance d’une tonte et d’un entretien adaptés
En apparence, une pelouse qui souffre de la chaleur roussit en surface. A la première averse, les racines rejetteront de nouveaux brins d’herbe. Dans tous les cas,
il faut renoncer à arroser la pelouse avec de l’eau potable. Au regard de notre
ressource en eau, c’est du gâchis : que ceux qui souhaitent arpenter un green, se mettent au golf !
Plus sérieusement, nous vous conseillons plutôt de mettre en œuvre un mode de
gestion écoresponsable du gazon.
Il est préférable de couper moins ras la pelouse (dans tous les cas, pas en dessous de
8 cm) surtout quand il fait chaud. La tonte haute a de nombreux avantages. Elle
renforce l’enracinement de l’herbe qui sera plus résistante à la sécheresse. Cette tonte
évitera la levée d’herbes indésirables et le développement de la mousse.
Cette dernière ne se montre envahissante que dans certaines conditions : lorsqu’il
y a stagnation en surface d’eau (parfois suite au tassement du sol), parce que le terrain
est acide ou encore parce que le gazon est inadapté à l’ombre du jardin.
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Pour remédier à la présence de mousse et plus généralement de plantes indésirables, il faut décompacter et aérer le sol avec un scarificateur. Cette action améliore
l’infiltration de l’eau de pluie, il faut procéder de préférence en fin d’été ou au printemps lorsque la terre est peu humide. Certains jardiniers utilisent du sulfate de fer
pour retirer la mousse noircie ; ils doivent ensuite d’autant plus corriger le PH qu’il
s’est davantage acidifié.
Plus généralement, un instrument tel que l’aérateur mécanique peut être utilisé
pour enlever de minces carottes de sol de façon à l’oxygéner et à rétablir le drainage. Il
est aussi possible de se munir de chaussures cloutées pour allier l’utile à l’agréable.
Les tondeuses
(sauf celles qui mécaniquement coupent
l’herbe grâce à l’huile
de coude) nécessitent
des sources d’énergies
qui ne sont pas écologiques. Le pétrole est
une énergie fossile non
renouvelable dont la
combustion rejette des
polluants, l’énergie électrique nucléaire produit,
elle, des déchets dont la
gestion est réellement
La tondeuse mécanique est le modèle plus écologique pour couper
problématique…
une pelouse.
Si la tonte du gazon est moins fréquente, vous diminuerez la pollution sonore et
les émissions de gaz carbonique (des tondeuses à carburant) qui contribuent à l’augmentation globalement inquiétante de l’effet de serre.
L’effet de serre est un phénomène naturel originel. Il est ici nécessaire de
scarifier la pelouse et de la déchaumer au besoin toujours parce que cela permet d’aérer
un sol qui avec le temps s’est compacté ou se feutre.
Pour procéder à la scarification, ratisser en surface (avec un râteau à feuilles par
exemple), ôter la couche de chaume — ces racines denses qui ne se décomposent
pas- car elles étouffent la pelouse, et ceci grâce à des outils en location ou à l’aide d’un
scarificateur. Pour faire cet entretien, attendez l’automne et aérez le gazon tout en le
couvrant de compost car l’application des organismes décomposteurs de la matière
morte n’en sera que mieux stimulée.
La coupe de la pelouse crée à l’extrémité des tiges des blessures qui sont des voies
d’entrée pour les maladies. Pour limiter ce risque, il est conseillé de nettoyer des lames
de la tondeuse avec de l’alcool, comme cela se fait aussi avant d’employer le sécateur
pour tailler des rosiers…
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3 Apports nutritifs
S
Les tontes restitueront rapidement de l’azote, si vous ne les ramassez pas ou si vous
omettez le bac de la tondeuse.
En fin d’automne, Denis Pépin dans son ouvrage Compost et paillage au Jardin
nous conseille de répartir les feuilles mortes sur la pelouse de façon à ce qu’à l’occasion
du passage de la tondeuse les apports nutritifs s’équilibrent : à l’azote de l’herbe coupée, les feuilles ajoutent le carbone. La décomposition de ces matières est comparable
à l’humus : c’est un amendement organique gratuit et fertile.
Au cas où il serait préférable (au cours de la saison par exemple) de ramasser l’herbe
tondue, ne formez pas des tas qui rapidement entreraient en fermentation, dégageant
chaleur et azote sous forme d’ammoniac (à cause de la grande activité bactérienne.)
Les tontes seules et bien sèches peuvent servir de paillage, comme nous l’expliquons dans la fiche 5, pour la plupart des plantes du jardin.
Il était fréquent d’apporter à la pelouse un peu de chaux (1 année sur 3) en automne
pour lutter contre l’acidité du terrain et ceci à raison de 3 kg pour 100 m2.
La chaux a le désavantage d’avoir un effet dévastateur sur la vie du sol, en jardinage
au naturel, on lui préfère la dolomie.
Pour enrichir le gazon, rien ne vaut un compost bien fait (à raison de 0,5 kg au mètre carré à mettre en place en hiver (cela protégera aussi la microfaune du sol en cas de
froid trop rude.) S’il s’agit d’amender au printemps, un engrais organique améliorera
la structure et stimulera la fertilité du sol.
Cette démarche consiste à nourrir le sol pour nourrir la plante, qui ici représente un
gazon.
S4 Verdure et fleurs sauvages : prairie fleurie
La présence d’herbes spontanées dans un gazon n’est souvent pas un signe de négligence. En dormance dans le sol ou se déplaçant au gré du vent, ces plantes couvrent
les espaces laissés nus. Basses dans la pelouse, les herbes spontanées ont souvent une
floraison agréable à l’œil (pâquerette, véronique, bouton d’or…), elles sont notamment
utiles pour nourrir les insectes auxiliaires ou pour vous donner des indications sur
la qualité du sol.
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Vous pouvez aussi choisir de créer une prairie fleurie avec quelques herbacées
sauvages, des fleurs plus encore à votre goût que vous sèmerez dès l’automne pour
admirer à la saison prochaine les premières annuelles du mélange fleuri.
C’est une démarche écologique qui en plus repose sur un entretien minimal. Effectivement, à raison de deux ou trois fauches à l’année vous dessinerez les chemins,
les abords et/ou les espaces de jeux des enfants à votre gré. Pour le plaisir d’accomplir
des gestes oubliés, vous pourrez procéder efficacement à l’ancienne à un entretien au
moyen d’une faux ou d’une faucille.
La Maison du Jardin dispose d’une banque de semences afin de promouvoir la
biodiversité sauvage en insistant sur l’importance de faire correspondre au jardin
les espèces accueillies (c’est-à-dire rechercher l’acclimatation naturelle des cultures).
L’association a par ailleurs identifié quelques professionnels semenciers qui pourront
vous fournir les graines de prairies fleuries en lieu et place des pelouses, passées de
mode pour certains jardiniers.
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