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INGRID WILDI *
( 1963 )
1963
Je nais à Santiago du Chili
le 19 septembre
1968 – 1981
Écoles primaire et secondaire
à Santiago du Chili
1970
Mon père achète un téléviseur
4 SEPTEMBRE
Au Chili on élit pour la première
fois en Amérique Latine un
président socialiste par voie
démocratique, Salvador Allende,
candidat de l’Unité Populaire
1971
Orange mécanique, de Stanley
Kubrick, sort sur les écrans
Raul Ruiz, cinéaste chilien adapte
Palomita Blanca, roman de Enrique
Lafourcade
1973, 11 SEPTEMBRE
Coup d’état militaire au Chili.
Salvador Allende meurt.
Couvre-feu et état de siège
dans tout le pays
1977
Mes premières visites à des
groupes artistiques activistes
Sortie de Saturday Night Fever
avec John Travolta
1981
Immigration en Suisse, à Niederlenz
dans le canton d’Argovie
1986
Première exposition collective
1991
Première vidéo
1995
Participation à l’exposition Mestizos,
organisée par Rosa Martinez à
l’Université de Saragosse, Espagne
2001
Heimat Fabrik, collaboration avec
Mauricio Gajardo pour Expo 02
2002
Tournage au Chili de ¿Aquí vive
la Señora Eliana M?… après 11
années d’absence
2004
De palabra en palabra, exposition
personnelle, Aargauer Kunsthaus,
Aarau et Centre d’Art Contemporain,
Genève
FRANCIS BAUDEVIN
( 1964 )
QUELLE IMPORTANCE?
Né en 1964, c’est aussi à ce moment
qu’est créée à San Francisco,
(la ville avec mon prénom écrit
dedans !) la pièce en do (In C)
de Terry Riley, c’est une des pièces
fondatrices de la musique répétitive. Soit pas moins de 53 brefs
motifs joués dans l’ordre, soutenus
par une pulsation régulière, dont la
durée et le nombre de répétitions
sont laissés à l’interprète, avec
l’intention d’une exécution personnelle spontanée et interactive
sur le plan collectif. Son exécution
n’exige pas de la part des
interprètes de compétences particulièrement virtuoses et se trouve
donc à la portée des musiciens
amateurs. C’est certainement cette
œuvre, ici rapidement décrite,
avec son principe admis et souple
à la fois qui va guider durablement
la plupart de mes intentions
artistiques, straight et cool en
même temps. Bien que j’aie découvert ça plus récemment, Andy
Warhol a réalisé la même année
pour un de ses cousins, un certain
John Wallowitch, une couverture
d’album 33 tours où il eut recours
à l’utilisation non systématique
d’une séquence répétée de différents cadrages photographiques.
Puis de temps en temps, comme
on y est plus attentif, et bien
on croit vérifier d’autres points de
concordance tout à fait révélateurs,
le résultat impeccable d’une
configuration des étoiles…
Mais ce serait toutefois l’année
1967 qui, rétrospectivement et
sans traces autobiographiques,
alors que je jouais tranquillement
à l’aide de briques plastiques et
de camions bolides, me paraît être
l’année la plus géniale sur le plan
des nouvelles idées. C’est en tout
cas un millésime bien souvent
vérifié, les catalogues d’expositions, les films, les disques, les
bouquins, que des super trucs
vachement bien ! Sur un mode de
sélection identique,1968 est déjà
nettement moins top, peut-être
parce que les choses s’accomplissent directement par la révolution,
et non plus à travers des désirs
culturels
LAURENT GOEI
( 1964 )
LORI HERSBERGER
( 1964 )
1967
Mon père achète un mas de vieilles
pierres en Provence, le lieu simple
et sauvage de presque toutes mes
«premières fois». J’y passe une
enfance magnifique
1967
1er prix de déguisement avec son
cousin (en clowns)
1974
Rencontre avec le docteur Arthur
Amort, un des premiers acupuncteurs en Suisse romande. Ma
mère m’y conduit une fois par mois
pour traiter, avec cette méthode
quasiment inconnue chez nous,
mes nombreuses allergies et mon
asthme. Quand je franchis pour la
première fois le seuil de son
cabinet à Vevey, cet homme, qui ne
m’a jamais vu, sévère et très grand
dans sa blouse blanche de docteur
et porteur de lunettes rectangulaires à bords noirs, me tend la
main en me disant gravement :
«Bonjour l’artiste». Ma mère (très
excitée parce qu’elle adore tout ce
qui est docteurs, maladies, hôpitaux etc.) surprise, lui demande :
«Pourquoi avez-vous dit artiste ?»
Et lui de répondre : «Ben, parce
qu’il deviendra artiste ce garçon !».
J’avais dix ans
1975
Si je devais décrire à quel moment
j’ai «découvert l’Art», il me semble
que c’était à Amsterdam devant
la peinture La ronde de nuit
de Rembrandt. En tous cas, je me
souviens avoir acheté la carte
postale et l’avoir collée dans mon
livre de vacances
1977
Presque chaque soir pendant un
certain temps, on voit au journal
télévisé le portrait d’un vieil
homme hirsute qui s’adresse à
nous en ayant l’air de beaucoup
souffrir. Il a une pancarte autour du
cou. Quelques semaines plus tard,
en visite chez les Bonamy, dans
leur ferme qui borde une route
de campagne en allant sur Goult
dans le Vaucluse, je lis dans
Paris Match, avec photos et plans
dessinés à l’appui, l’histoire morbide
et fascinante de Stammheim,
prison avec cellules d’isolement.
On voit le lieu des corps, le pistolet
caché dans le tourne-disque, une
femme pendue. Et un nom qui est
dans toutes les bouches : La bande
à Baader
1980
Je m’abonne au magazine Interview
d’Andy Warhol. Je me souviens
de l’excitation, chaque mois,
de recevoir «mon» magazine en
provenance de New York
1984
New York. Avec mon frère, nous
sniffons du poppers et tout ce
qu’on trouve dans l’ascenseur du
Danceteria. Je vois le Grand
Master Flash et des jeunes Noirs
dansent le smurf dans les vitrines
sur Broadway. Je rentre avec un
T-shirt «I Love New York»
1969
Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club
Band des Beatles – un cadeau de
son oncle
1974
Premier prix d’un concours de
dessin pour enfants, mais
finalement recalé car le jury croit
que quelqu’un de plus âgé l’a fait
à sa place
1975
Joue Ballroom Blitz des Sweet
avec des copains de classe,
concert de Air-guitar
1970
1978
Assiste à son premier concert de
Punk Rock (Siouxie & The Banshees
à Baden, Suisse)
1979
Commence à jouer dans un groupe
punk rock Die Die Heilsarmee
(l’Armée du Salut)
Lancement du fanzine Fuck
1981
Beaux-Arts de Bâle
1987
Concert avec le groupe de rock
psychédélique The Hydrogen
Candymen en première partie du
Gun Club de Jeffrey-Lee Pierce
au Kauflleuten à Zurich
1988
Atelier à Bâle, premiers travaux
à la photocopieuse et vidéos
Rencontre avec William S.
Burroughs à Bâle, réalise quelques
portraits photos
1989
Collaboration avec son amie
à l’époque, Pipilotti Rist, pour
des installations-vidéo
1991
Etudie la sculpture et l’art vidéo
à l’école d’art de Bâle
1995
Hospitalisation de 3 mois suite
à une chirurgie gastrique
1997
Première exposition personnelle
au Kleines Helmhaus de Zurich
Premier atelier à Zurich,
commence à peindre, premières
œuvres en néons
Première collaboration avec une
galerie – Walcheturm à Zurich
1999
Invité par Harald Szeemann
à Aperto, Biennale de Venise
2001
Burnout, performance-moto à
downtown New York, deux jours
avant 9 / 11
1989
Rencontre avec Thomas Hirschhorn
qui voit en moi plus l’artiste que
le graphiste
2003
Exposition personnelle au
Kunsthaus de Zurich
2006
Exposition collective Efecto
Downey, Buenos Aires, Argentine
1993
Naissance de ma fille Margaux-Helen
2005
Catalogue raisonné :
Cœur synthétique
* INGRID PAULA DEL
CARMEN WILDI MERINO
1994
Naissance de mon fils Wim-Lionel
2006
Vit et travaille à Berlin
Michelle Bachelet, première
femme présidente du Chili
1960
1968
1ers pas sur la lune à la télévision en
noir et blanc
1985
Départ à Zurich pour les Arts Déco.
Je fais un diplôme de graphiste
2005
Participation au pavillon suisse
de la Biennale internationale d’art
de Venise avec Portrait Oblique
GERDA STEINER
& JÖRG LENZLINGER
( 1967 / 1964 )
1980
1987 – 2007
Planification et exécution de tirs
de gauffres
Import-export de chaussettes
à doigts japonaises
Réalisation de vernissages sur
navires de fret
Revendication de la perte de la
maîtrise de soi et organisation
d’un massage de masse
1990
Exploration de l’âme australienne
à travers le médium ’’holy Jelly’’
Entretien de jardins de nuit,
grottes et plantes envahissantes.
Incitation à des épreuves de
bravoure
Echauffement de systèmes
nerveux végétatifs
Culture d’engrais et orgie
de fleurs artificielles
Mise en évidence des
bouleversements relatifs au
bonheur du glacier
2000
Vente de bananes suisses
en Guadeloupe
Création d’un parc national
à Montréal downtown
Reconstruction de l’Oberstübli.
Construction d’une machine
patriotique
Edification d’oasis, de grottes de
pierres, de salons sur forêts vert
tilleul, fontaines de jouvence et
forêts cérébrales
2010
CLAUDIA & JULIA MÜLLER
( 1964 / 1965 )
UGO RONDINONE
( 1964 )
A
CHRISTOPH DRAEGER
( 1965 )
CHRISTOPH DRAEGER
( 1965 ) (suite)
YAN DUYVENDAK
( 1965 )
MASSIMO FURLAN
( 1965 )
1948, 08 OCTOBRE
Naissance de Johnny Ramone,
guitariste du groupe punk
Ramones.
1960
1965, 23 FÉVRIER
Décès de Stan Laurel, acteur
américain
08 OCTOBRE
Naissance de Massimo Furlan
1970, FIN DE LA DÉCENNIE
Adhésion à Amnesty International
1970
1980’s
Isle Weber, Fischli/Weiss et Meret
Oppenheim, les masques, surtout
ceux du Lötschental, jusqu’aux
bijoux corporels des hommes néogéorgiens, tout Jane Austen et les
sœurs Brontë
1980
1980
deprisa deprisa, le film de Carlos
Saura sur la témérité et l’anarchie
de la jeunesse dans l’Espagne
post-franquiste
1983 / 86
Tom Cruise dans Risky Business
et Top Gun. Ou quand des films
déclenchent une fascination sur
sa propre honte
1987 / 88
La scène artistique allemande
avec des expositions majeures
telles que Skulptur Projekte
in Münster de 87 et en 1988
BiNationale à Düsseldorf et Boston
Dans les années 90, les reines
de Beauté et les Indiens
1994
Los Angeles, nous nous demandons
1990
toujours pourquoi, mais la fascination demeure
1995
Dessins dans l’espace, les premiers
dessins muraux à la Kunsthalle de
St Gall
Bouvard et Pécuchet de Flaubert,
un super livre sur deux dilettantes
universels et curieux, qui se lancent
sans cesse avec excès et élan dans
de nouveaux champs d’activité
Séries télévisées : Twin Peaks et
Six Feet Under
2000 2000, CIRCA
Amitié avec quelques artistes et
galeristes de Karlsruhe, qui s’est
approfondie depuis et développée
fructueusement
2000
Random Signs, une série de dessins
au stylo bille : une œuvre-clef
créée à New York
Installation en trois parties avec
objets, peintures murales et
dessins pour vidéos : Unsere Erde,
ihre Völker, ihre Schätze
2010
1974, HIVER
Hôpital de Davos : alité deux
horribles semaines en raison d’une
infection. Je me souviens encore
de l’odeur forte et âcre du
formaldéhyde. Pour tuer le temps,
je réalise une série de dessins à
grande échelle de batailles
d’Indiens qui est acclamée par
tous les patients et le personnel
médical
1986, PRINTEMPS
Première présentation à l’école
d’art d’une sculpture de bois,
censée représenter un cristal.
Je l’appelle : Krystallsprengkörper
(cristal explosif). Mon professeur,
Guido Nussbaum, place l’œuvre
avec délectation devant toute
la classe et déclare à voix haute :
cette sculpture est MAUVAISE
1988
Toujours à l’école, je vends ma
première oeuvre ; une pièce
réalisée avec Martin Frei et Urs
Lehmann, intitulée Postmodern Icon.
L’acheteur est notre professeur,
l’artiste Roman Signer
1990, AUTOMNE
Premier studio à Bruxelles. Ma
copine vient de me quitter. J’ai très
peu d’argent. Toute la journée, je
peins le studio en blanc et installe
un poêle à bois avec une cheminée
en pierre de 6m. La cheminée
s’effondre, remplissant mon studio
tout blanc de suie et tous les murs
sont à nouveau noirs. Il commence
à neiger. Entrant à la Gare du Midi,
je me retrouve face à un cadavre.
Je décide de marcher, me demandant pour le reste de ma vie si je
pourrai aller plus bas que ça
1992, AUTOMNE
J’enseigne 3 mois dans un collège,
j’emmène ma classe d’adolescents
à Lausanne voir Posthuman, l’exposition de Jeffrey Deitch. Le baiseur
d’arbre de Paul McCarthy et la
femme de Kiki Smith déféquant un
amas de 5m de haut, entre autres,
impressionnent fortement les étudiants et leur professeur du même
coup. Le même soir j’emmène la
classe à un concert de punk des
Godfathers, où je révèle les secrets
de la danse pogo – ma manière de
me sauver de leurs questions
compliquées sur le destin de l’art
contemporain
2000, HIVER
Première exposition individuelle à
New York (Apocalypso Place, avec
Reynold Reynolds). Nous installons
les restes d’une maison détruite à
l’échelle 1 : 1, ce qui remplit
entièrement la galerie de détritus.
Je reçois rapidement la requête
d’un étudiant en art qui souhaite
devenir mon assistant. J’obtempère et
comme première mission, lui fait
démonter la pièce qu’il aimait tant.
Des montagnes de déchets.
Brûler ce que l’on adore…
1969, JUILLET
Mes parents louent une télé
noir-blanc et on passe la nuit
couchés devant pour regarder
l’alunissage. Je suis transi
1970, 14 MAI
Regarde passer Sonia Gerber
caché dans les buissons. Le soir
même, j’incarne Superman en
pyjama debout sur mon bureau
1993, AUTOMNE
Première exposition individuelle
avec OCI (Office of Cultural
Intelligence) à la galerie ADO à
Anvers dans la série Critical Distance
initiée par Luk Lambrecht. Après
le vernissage, Arno van der Mark,
membre leader de OCI, m’explique
que dans l’art je vais devoir choisir
entre ma carrière et mes amis.
Je vais donc manger avec mes
amis car il n’y a pas de place pour
eux au dîner des collectionneurs
1972, 12 JUILLET
Obtention d’un autographe
d’Emerson Fittipaldi à la piscine
de Morges
1973, 07 AVRIL
18e Concours Eurovision de la
Chanson. Patrick Juvet chante
Je vais me marier, Marie pour la
Suisse
1980, OCTOBRE
Je regarde un concert de Diana Ross
à Las Vegas à la télé. Je l’enregistre
et connais encore toutes les
chansons par cœur
1997, AUTOMNE
Harald Szeemann nous invite à la
Biennale de Gwangju pour montrer
la vidéo Apocalypse Now (réalisée
avec Martin Frei). Un mauvais
calcul d’emploi du temps et notre
vol est réservé un jour trop tard :
nous ratons le vernissage et le
dîner des artistes. Plus important,
notre pièce est installée sans son
et Szeemann est incapable de
nous fournir des haut-parleurs.
La dispute qui s’en suit fait que
jamais plus je ne serai représenté
dans une expo de Szeemann.
GROSSE erreur. J’aurais mieux fait
de me taire.
1998, PRINTEMPS
Présentation d’un projet solo
(Puzzled, Statements avec la
galerie Urs Meile) à Art Basel 29.
Lors du vernissage VIP, Tina Turner
arrive et manœuvre ses talons
aiguilles sur les 3-4 mètres cubes
de pièces de puzzle que j’ai empilés.
Au dîner plutôt anti-glamour
(Bratwurst et frites), mon galeriste
raconte la journée pleine de
succès en exagérant quelque peu
l’épisode Tina … Je suis obligé de
rectifier ses propos en public et il
déclare finalement : «Tu es peutêtre un bon artiste, mais en tant
qu’être humain, tu es un trou du
cul.» En dépit de cela, nous
continuons à travailler ensemble
jusqu’en 2003
2001, AOÛT
Incendie d’une caravane en
Pennsylvanie (non loin du futur lieu
du crash du vol United 93) en vue
de ma prochaine exposition à New
York, une installation intitulée :
If you lived here you would be dead
now. Le carton d’invitation montre
des pompiers noyant les flammes.
Les cartes postales sont envoyées
le 11 septembre… wrong place,
wrong time
1975, 12 MAI
Je gagne un prix au concours de
dessin Alcool et circulation
1977, 16 SEPTEMBRE
Sortie du film La Montagne du dieu
cannibale avec Ursula Andress.
Quelque chose change en moi
1978, 16 MARS
Je m’achète la cassette de Blondes
Have More Fun de Rod Stewart
1978, 20 MAI
Création de Café Müller par
Pina Bausch
1982, 11 JUILLET
L’équipe d’Italie gagne la Coupe
du monde de football
1995, JANVIER
Je m’ennuie à la Cité des Arts
de Paris et regarde beaucoup
la télé. Je chante des chansons
aussi
1997, AOÛT
Lady Di meurt. Je suis à Genève
2001, SEPTEMBRE
Le monde devient ce qu’il est.
Je suis à Barcelone. Une année
après, j'enregistre des images
à la télé et je fais Œil pour œil
2007
Je regarde la télé au Caire
1962
1963
1964
1965
1966
1967
ALEXANDER
BIRCHLER
ANDREAS
DOBLER
FRANCIS
BAUDEVIN
CHRISTOPH
DRAEGER
CHRISTOPH
BÜCHEL
GERDA
STEINER
PIPILOTTI
RIST
BOB
GRAMSMA
LAURENT
GOEI
YAN
DUYVENDAK
MARIANNE
MUELLER
MARKUS
WETZEL
LORI
HERSBERGER
MASSIMO
FURLAN
ELODIE
PONG
INGRID
WILDI
JÖRG
LENZLINGER
FABRICE
GYGI
CLAUDIA
MÜLLER
TERESA
HUBBARD
UGO
RONDINONE
JULIA
MÜLLER
SIDNEY
STUCKI
UNE QUESTION DE GÉNÉRATION
DU 16 FÉVRIER AU 29 AVRIL 2007
MUSÉE D’ART CONTEMPORAIN DE LYON
AVANT-PROPOS
PAR MICHEL RITTER, COMMISSAIRE DE L’EXPOSITION
DIRECTEUR DU CENTRE CULTUREL SUISSE DE PARIS
Une génération d’artistes suisses nés sur une même période de 5 ans,
de 1962 à 1967, s’est affirmée sur la scène nationale et internationale.
À travers cette sélection non exhaustive d’une vingtaine d’artistes,
l’exposition UNE QUESTION DE GÉNÉRATION souhaite montrer la riche
diversité créative de cette «lignée aléatoire». Il s’agit aussi bien sûr d’un
prétexte fortuit qui m’est apparu seulement après avoir fait un premier
choix artistique. Cette coïncidence m’a plu.
Et ce d’autant plus que je cherche à me démarquer de cette vogue
apparue parmi certains curateurs de monter leurs projets autour d’une
thématique sophistiquée, portant un titre anglais le plus souvent, et
qui très vite, se révèle stérile de sens.
Mais ceci n’enlève rien à la pertinence du thème de la génération en
tant que phénomène temporel captivant ou à travers les références
et influences qu’elle génère et qui la stimule à la fois. La diversité dont
fait preuve cette génération relève-t-elle d’une certaine richesse
créatrice ou d’une particularité hasardeuse ?
3
4
5
1962
PIPILOTTI RIST
(Entlastungen) Pipilottis
Fehler, 1988
(photogramme)
Vidéo, 11'12''
Courtesy de l’artiste et bdv
(Bureau des vidéos), Paris
Blutclip, 1993
(photogrammes)
Vidéo 2'40''
Musique : Sophisticated
Boom Boom/Netz Maeschi
Courtesy de l’artiste et bdv
(Bureau des vidéos), Paris
6
TERESA HUBBARD /
ALEXANDER BIRCHLER
Johnny, 2004
(photogramme)
Vidéo couleur, son, 3'51''
Courtesy des artistes et
Galerie Bob van Orsouw,
Zurich
7
1963
MARKUS WETZEL
...secretly, I would
like to see the island
as a wolf, 2007
Animation vidéo couleur,
son, 8'43''
Courtesy Hilger Gallery,
Vienne et Stux Gallery,
New York
BOB GRAMSMA
Seebach, OI#0785, 2007
Portes et fenêtres de
récupération, dimensions
variables
Courtesy l’artiste et
Haswelllediger & Co.
Gallery
8
INGRID WILDI
Si c’est elle, 2000
(photogrammes)
Vidéo couleur, son,
11'48''
Courtesy de l’artiste
ANDREAS DOBLER
Page 8
Slidescape, 2006
Huile, acrylique, spray
sur toile, 167 x 250 cm
Courtesy Alexandre
Pollazzon Ltd., Londres
Page 9
Stoner Pond, 2006
Huile, acrylique, spray
sur toile, 167 x 250 cm
Courtesy Alexandre
Pollazzon Ltd., Londres
9
1964
GERDA STEINER &
JÖRG LENZLINGER
Il pleut, 2007
Bâches, pots, urée
Courtesy Gerda Steiner
& Jörg Lenzlinger
LAURENT GOEI
Le Blues des Abattoirs,
un hommage à Nick Cave,
2007 (photogramme)
Vidéo couleur et n/b, son,
7'53''
Courtesy de l’artiste
FRANCIS BAUDEVIN
Hi Blue, 2006
100 x100 cm
Collection de l’artiste
Ups, 2007
157 x 324 cm
Collection de l’artiste
Saint-Etienne, 2006
123.5 x 141 cm
Collection de l’artiste
10
UGO RONDINONE
The Dancer and the Dance,
2002
18 piliers en aluminium/
résine, 16 haut-parleurs,
son, lecteur CD, amplificateurs, dimensions variables
Collection du Fonds national
d’art contemporain,
Ministère de la culture et
de la communication, Paris,
Inv. FNAC 05-941
Lessness, 2003
Plexiglass, haut-parleurs,
DVD, 280 x 400 x 40 cm
Collection particulière
Courtesy Fundación
Almine y Bernard
Ruiz-Picasso para el Arte
LORI HERSBERGER
Optical Sound, 2007
Peinture fluorescente et
acrylique sur aluminium,
300 x 780 cm
Courtesy Galerie Mehdi
Chouakri, Berlin et
Galerie Thaddaeus Ropac,
Salzbourg-Paris
CLAUDIA & JULIA MÜLLER
Idylls II, 2007
Installation, animation
numérique, 6'40", acrylique,
banc gravé, bois couleur,
45 x 145 x 42 cm
Collection du Argauer
Kunsthaus, Aarau
11
1965
SIDNEY STUCKI
Losing Control, 2007
Acrylique, dimensions
variables
Courtesy de l’artiste
YAN DUYVENDAK
Œil pour œil, 2002
(photogrammes)
Vidéo couleur, son, 5'55''
Courtesy Yan Duyvendak
& videoart.ch
CHRISTOPH DRAEGER
Ma génération (The End
of the Remake), part 1,
2007
Installation, restes
de la performance
Courtesy Galerie Anne
de Villepoix, Paris
12
FABRICE GYGI
Tour, 2000
Bois, acier galvanisé,
200 x 200 x 450 cm
Courtesy Galerie
Guy Bärtschi, Genève
Minoviras, 2000
Skaï, plastique, ballon
Collection de l’artiste
Guirlandes, 2005-2006
Inox, nylon
Collection de l’artiste et
courtesy Galerie Chantal
Crousel, Paris
MASSIMO FURLAN
International Airport, 2005
(photogramme)
Vidéo couleur, son, 18'10''
Courtesy Galerie G.-P. &
N. Vallois, Paris
13
1966
MARIANNE MUELLER
La ligne 1 / RER A,
1994 / 2006
(photogrammes)
Vidéo couleur, son,
stéréo, 7'10''
Collection de l’artiste
ELODIE PONG
Je suis une bombe, 2006
(photogrammes)
Vidéo couleur, son, 6'12''
Sample 1 : Are friends
electric ?/ *Melk Prod
Carine Charaire
Musique : Michael Hilton
14
CHRISTOPH BÜCHEL
Parade, 2005
(photogrammes)
DVD, couleur, son, 9'36''
Courtesy de l’artiste et
Hauser & Wirth
Zurich Londres
15
NOTICES BIOGRAPHIQUES
(par ordre alphabétique)
FRANCIS BAUDEVIN
Né en 1964 à Bulle,
vit à Genève
ANDREAS DOBLER
Né en 1963 à Bienne,
vit à Zurich
YAN DUYVENDAK
Né en 1965 en Hollande,
vit à Genève et Barcelone
LAURENT GOEI
Né en 1964 à Lausanne,
vit à Zurich
FABRICE GYGI
Né en 1965 à Genève,
vit à Genève
La peinture de FRANCIS
BAUDEVIN récupère notre
environnement visuel
immédiat : pochettes de
disques, logos d’entreprises,
emballages de pâtisserie,
conditionnements de
médicaments. Les indices
textuels sont effacés,
restent les symboles
géométriques et colorés à
décoder. Selon cette
logique,la toile Ups (page 10)
reprend le motif des
enveloppes express de la
société de messagerie.
Hi Blue est un zoom sur
la pochette d’un album
de musique, tandis que
S.t. (Richemont) cite le
logo géométrique d’une
ligne de magasins de
chaussures.
L’œuvre picturale d’ANDREAS
DOBLER compose avec
figuration, surréalisme et
matiérisme. Il recourt à la
bombe, la laque, l’encre
dans l’élaboration de toiles
qui relèvent tantôt de la
science fiction et du jeu
vidéo, tantôt du psychédélique et d’un onirisme trash.
Architecture futuriste
larguée dans un espace
improbable, les situations
imaginées frappent par
leur humour et une sorte
d’insubordination. Souvent,
c’est du détail que provient
le décalage, voire la parodie.
Ainsi, dans Stoner Pond
(page 9), les Nymphéas de
Monet sont localisés dans
un parc urbain, dominés
par des chiffres monumentaux que l’artiste donne
comme ceux possibles de
sa mort.
Ses performances (qu’elles
soient chantées, télévisuelles ou cinématographiques), s’organisent autour
d’un jeu vertigineux et
virtuose entre les images
et les modèles des médias
et leur difficile incarnation
dans un seul être humain
par le biais du spectacle
vivant. Œil pour œil (page
12), ce sont 6 minutes de
zapping à travers l’actualité télévisuelle du mois
de septembre 2002,
6 minutes de têtes de la
télévision projetées à même
la tête de Yan Duyvendak,
et ce n’est plus «big
brother» qui nous regarde,
mais nous sommes big
brother regardant, et nous
voyons, les yeux dans les
yeux, l’ennemi que nous
sommes à nous-mêmes.
www.duyvendak.com
CHRISTOPH DRAEGER
Né en 1965 à Zurich,
vit à New York
MASSIMO FURLAN
Né en 1965 à Lausanne,
vit à Lausanne
L’œuvre protéiforme de
LAURENT GOEI repose sur
les relations qu’il tisse
entre sa vie privée, l’actualité et la culture pop.
Il donne une dimension
affective personnelle à
des messages publicitaires ou images de presse
qu’il s’approprie, utilisant
des codes visuels connus
ou habituels qu’il dévie,
mettant en scène des
liens de proximité avec
des personnes qu’il aime
ou admire. Le Blues des
Abattoirs, un hommage
à Nick Cave (page 10) fait
partie de ces déclarations.
Le road-movie hybride
égrène les paroles d’Abattoir
Blues, morceau de l’album
éponyme du dandy australien. L’autoroute nocturne
sert de piste d’envol à la
musique. Un couple danse
collé au sol et collé l’un à
l’autre. Ce patchwork
improbable fait le portrait
d’une histoire d’amour au
romantisme éraflé et
rock’n roll.
Les catastrophes, les destructions sont des thèmes
récurrents des installations
hyperréalistes, photos
et documents-fictions de
CHRISTOPH DRAEGER.
Cette fois, il y ajoute une
dimension pop avec le
remake de My Generation
des Who, partie intégrante
d’une trilogie débutée à
Birmingham et intitulée
The End of the Remake
(page 12). L’installation
présentée dans
l’exposition est en effet le
reste de la perfor-mance
réalisée le jour du
vernissage avec des
complices, lors de laquelle
il pousse la reprise jusqu’à
la dévastation de la scène
et des instruments de
musique. Le titre date de
1965, année de naissance
de l’artiste. La vidéo
Blow Up, (The End of the
Remake), part 2, reprend
un autre moment de
destruction musicale dans
le film éponyme
d’Antonioni (1966)
www.christophdraeger.com
La performance de
MASSIMO FURLAN
International Airport
(page 13) prend ses origines
– comme ses travaux
précédents – aux sources
du souvenir et de l’invention de soi. L’artiste
revisite ici une anecdote
de l’enfance liée à une
histoire individuelle
et intime mais aussi celle
d’une même génération,
celle qui allait le dimanche
après-midi voir décoller
les avions à l’aéroport.
Le public revit cette
situation burlesque en
assistant à la tentative
d’envol du performer.
www.massimofurlan.com
À la fois sculpteur, graveur
mais également peintre
et vidéaste, FABRICE GYGI
utilise un vocabulaire
formel minimal et précis
dans le but de dévoiler les
mécanismes autoritaires
de nos sociétés. Ses matériaux (l’aluminium, le bois,
l’acier, le cuir) sont bruts,
froids mais paradoxalement
sensuels. Les motifs (la
barre, le pylône, la tribune)
convoquent épure et
urbanité. Ses œuvres sont
comme les signes concrets
de la tension qui caractérise nos rapports sociaux.
Gygi fait émerger des
questions graves sur les
pouvoirs et sur la violence
des rapports humains. La
Guirlande (page 13) aux
pointes d’inox est menaçante et séduisante à la
fois. Arme ou bijou géant,
elle est une épée de
Damoclès pour le visiteur.
La sculpture gonflable
Minoviras oscille comme
son nom l’indique entre
outil guerrier et virus. La
Tour en bois fonctionne
comme un poste d’observation : carcéral ou ornithologique selon l’humeur.
CHRISTOPH BÜCHEL
Né en 1966 à Bâle,
vit à Bâle
CHRISTOPH BÜCHEL est
un des représentants
majeurs d’un nouveau
courant d’art politique et
subversif qui s’est développé depuis quelques
années en Suisse.
Son travail prend le plus
souvent la forme de
reconstitutions d’intérieurs chaotiques.
Appartements conçus
comme des bunkers de
survie, boutique offrant
tout l’équipement de
première nécessité aux
sans-abri, ou usines de
travailleurs clandestins
désaffectées, ces décors
hyperréalistes évoquent
la menace de l’apocalypse
imminente. La guerre et
le pouvoir corrupteur de
l’argent sont deux des
cibles favorites de l’artiste
qui n’hésite pas à faire
preuve lui-même d’une
certaine violence dans son
rapport au spectateur.
Parade (page 15) est à
l’origine un programme de
la télévision nationale
iranienne qui a été diffusé
sur le web par le Ministère
des Affaires étrangères
d’Israël.
16
BOB GRAMSMA
Né en 1963 à Uster, vit à
Reeuwijk (NL) et Zurich
BOB GRAMSMA réalise des
installations et des sculptures, impressionnantes par
leur capacité à occuper
l’espace et à le transformer.
Il utilise fréquemment des
éléments d’architecture ou
des fragments de véhicules,
en détourne l’usage et la
disposition pour créer des
volumes et des atmosphères
inattendus. Seebach,
OI#0785 (page 8) est une
installation multistrate
composée d’une centaine
de fenêtres récupérées
sur une vieille maison
à Seebach en banlieue
de Zurich. Pour l’artiste,
« (...) dans ce pavillon,
il n’est pas question d’un
passage traditionnel entre
un état/endroit/situation/
psychologie et un autre. Les
fenêtres font office de ponts
multiples en connectant
rien avec rien, des ponts qui
connectent des motifs complexes et compliqués. »
LORI HERSBERGER
Né en 1964 à Bâle,
vit à Zurich
LORI HERSBERGER peint
depuis les années 90 après
avoir longtemps pratiqué
les médias digitaux. Le
travail sur la couleur et la
mise en espace du tableau
deviennent alors deux
paramètres essentiels
dans sa démarche artistique où demeure toutefois
une touche électronique :
ses toiles colorées au
pistolet à compression
sont illuminées de couleurs
flash et balafrées de
pigments fluorescents, les
cadres éclairés de néons.
Ses bas-reliefs composés
de miroirs, Fuzzy Space,
(page 4) aux inclinaisons
diverses fragmentent
l’espace et décuplent l’effet
des surfaces fluorescentes
d’Optical Sound (page 11) .
www.lorihersberger.com
TERESA HUBBARD /
ALEXANDER BIRCHLER
Née en 1965 à Dublin et né
en 1962 à Baden (Suisse),
vivent à Austin (USA)
Dans Johnny (page 8),
la balade militaire When
Johnny Comes Marching
Home est jouée par
un jeune trompettiste en
uniforme de fanfare.
Sa performance n’est pas
accompagnée par le reste
de l’orchestre d’adolescents
dont les visages filmés en
plans fixes se succèdent
au son du morceau martial.
Ce silence crée une tension palpable et provoque
une certaine vulnérabilité
parmi les jeunes gens.
www.hubbardbirchler.net
CLAUDIA & JULIA MÜLLER
Nées en 1964 et 1965
à Bâle, vivent à Bâle
Les deux sœurs travaillent
ensemble depuis 1992 :
dessins, peintures murales,
installations et projets
vidéo (page 11). Après
s’être concentrées sur
des thèmes personnels,
elles s’attachent désormais
aux formes de représentation socio-culturelles :
situations quotidiennes,
coutumes populaires
ou dispositif muséal.
Par leurs dessins à même
le mur et par la suite les
«dessins-vidéos», elles
ont offert à ce médium une
nouvelle dimension développant ainsi des espaces
d’une légèreté et immatérialité exceptionnelles.
MARIANNE MUELLER
Née en 1966 à Zurich,
vit à Zurich
PIPILOTTI RIST
Née en 1962 à Grabs
(Suisse), vit à Zurich
MARIANNE MUELLER s’est
surtout fait connaître par
ses réalisations photographiques. Son propre corps,
sous toutes ses coutures,
a été décliné dans de
nombreux auto-portraits.
Après un travail vidéo
remarqué pour un projet
de l’Exposition nationale
suisse en 2002, dans lequel
elle avait subtilement
décalé les repères géographiques et temporels
faisant d’une scène banale
un moment illusionniste,
MARIANNE MUELLER
présente dans le programme vidéo un travail inédit.
Dans La ligne 1 / RER A
(page 14) des escaliers
publics sont filmés de loin,
traversés de part en part
par la foule dispersée. Les
marches blanches sont
ponctuées par les passants
qui l’arpentent. Le regard
privé capte la sphère
publique à son insu.
www.mariannemueller.ch
PIPILOTTI RIST (page 7)
a exploré en profondeur
le médium vidéo et ses
modes de présentation.
Ses premières vidéos sont
imprégnées de son goût
pour la musique et la culture pop. Depuis les années
1990, ses vidéos à la poésie
acidulée ont gagné l’espace
d’exposition par le biais
d’installations vidéo logées
dans du mobilier ou d’autres
dispositifs ingénieux. Ses
explorations du corps,
de nos sens, les rituels et
tabous sont à la fois
intimes et joyeusement
divertissantes.
www.pipilottirist.net
ELODIE PONG
Née en 1966 à Boston,
vit à Zurich
Son œuvre se présente
sous des formes multiples :
photographies, sculptures,
installations, performances
et vidéos. ELODIE PONG
construit un paradoxe :
l’exposition de corps qui,
tout en se donnant comme
sujets de l’image, détournent leur visibilité au
service de la dialectique
du dire et ne pas dire,
du cacher et du montrer.
La vidéo Je suis une bombe
(page 14) a été primée
aux concours des bourses
fédérales en 2006.
Un panda géant fait une
démonstration de danse
érotique et ôte sa tête
pour se transformer en
une belle jeune femme au
monologue introspectif
et intense : “Je suis une
bombe, je suis sublime.’’
www.elodiepong.net
UGO RONDINONE
Né en 1964 à Brunnen
(Suisse), vit à New York
Des arbres translucides,
des sculptures crayeuses,
un clown triste, tout le
travail d’Ugo Rondinone
sécrète une mélancolie
poétique doublée d’une
réflexion sur la modernité.
Lessness (page 11), un X
monumental en plexiglass
noir emprunte son titre à
un néologisme de Samuel
Beckett qui désigne à la
fois l’infini et le manque.
Le X obstrue l’entrée de
l’exposition en même temps
qu’il en marque symboliquement le début, distillant une douce mélodie.
La sculpture The Dancer
and the Dance (page 11)
déployée dans l’espace
semble citer les modules
géométriques de Sol
Lewitt, mais le son de
respiration amplifiée qui
s’en échappe et les
dessins (quelques moments
de la vie d’un corbeau)
montrent que l’artiste fait
là aussi un usage détourné
du Minimal Art.
GERDA STEINER &
JÖRG LENZLINGER
Née en 1967 à Ettiswil et
né en1964 à Uster (Suisse),
vivent à Bâle et Uster
GERDA STEINER & JÖRG
LENZLINGER collaborent
depuis 1997. Gerda est
connue pour ses peintures
murales englobant l’espace
dont les lignes courbes et
les couleurs franches
rappellent les motifs
psychédéliques des années
60. Jörg s’est spécialisé
dans les expérimentations
à base d’urée fabriquée
artificiellement qui se
transforme en stalactites
hautes en couleur et des
paysages «organocristallins». Les deux
artistes conçoivent de
grandes installations
(page 10) entre mini pays
des merveilles et laboratoire qui distillent des
histoires avec un charme
amusant et des flashs
d’ironie.
www.steinerlenzlinger.ch
SIDNEY STUCKI
Né en 1965 à Genève,
vit à Genève
Sidney Stucki opère dans
l’interzone de la musique
techno et des arts visuels.
Pour lui, les éléments
picturaux et musicaux
sont indissociables. La
peinture murale abstraite
Losing Control (page 12),
du nom d’un titre du DJ
techno minimal DBX, fait
écho à des variations
rythmiques et séquentielles typiques de cette
musique électronique. En
transposant le graphisme
et les modèles formels de
la techno (la boucle, par
exemple), c’est surtout une
rythmique nouvelle que
Sidney Stucki introduit dans
le champ des arts visuels.
Dans Head Shaking, une
tête (robot ? humain ?) se
balance en parfaite cadence
avec un son électronique.
MARKUS WETZEL
Né en 1963 à Schaffhouse,
vit à New York
MARKUS WETZEL (page 8)
aime à créer virtuellement
des mondes fantaisistes
qui se présentent, le plus
souvent, sous la forme de
mondes insulaires imaginaires envisagés comme
des lieux idéaux. Ces îles
n’existent pour l’instant
que dans son imagination
et sous la forme d’images
numériques et d’animations réalisées à partir de
programmes informatiques.
Mais progressivement la
frontière entre la fiction et
la réalité tend à s’effacer :
l’artiste emploie de plus
en souvent des éléments
tangibles (eau, sable, bois)
et recrée des situations
qui rappellent la réalité
insulaire (son de vagues et
du vent).
INGRID WILDI
Née en 1963 à Santiago
du Chili, vit à Genève
INGRID WILDI mêle habilement dans ses vidéos
l’universel et l’intime. Elle
réactualise les codes du
documentaire au sein de
l’art vidéo. L’esthétique est
brute, sans sophistication,
si ce n’est le croisement
de la trame narrative. Dans
Si c’est elle (page 9), trois
hommes dressent le
portrait entremêlé d’une
femme. Chacun égrène ses
souvenirs maternels
propres mais c’est l’image
de la Mère universelle qui
se dessine à travers leurs
récits.
17
Cette revue a été conçue
à l’occasion de l’exposition
UNE QUESTION DE
GÉNÉRATION au Musée
d’art contemporain de Lyon,
du 16 février au 29 avril 2007
Direction technique
Fabien Bret
Musée d’art contemporain,
Lyon
Publication
Régie technique
Samir Ferria
Musée d’art contemporain,
Lyon
Conception graphique
Alexandra Ruiz &
Stéphane Delgado
Exposition
Commissariat général
Thierry Raspail
Musée d’art contemporain,
Lyon
Commissariat de
l’exposition
Michel Ritter
Centre culturel suisse,
Paris
Régisseur artistique
général
Thierry Prat
Musée d’art contemporain,
Lyon
Assistantes d’exposition
Marie-Cécile Burnichon
Musée d’art contemporain,
Lyon
Léa Fluck
Centre culturel suisse,
Paris
Technique et sécurité
Didier Sabatier
Musée d’art contemporain,
Lyon
Régie des œuvres
Xavier Jullien
Musée d’art contemporain,
Lyon
Stagiaire
Bérengère Bosset
Musée d’art contemporain,
Lyon
Textes
Les artistes
Marie-Cécile Burnichon
Léa Fluck
Photographies
Vues de l’exposition
et photographies
des œuvres :
Blaise Adilon
Photographies
de la performance
de Christoph Draeger :
Claire Durlin
Léa Fluck
Communication
Cécile Vaesen
Elise Vion-Delphin
Musée d’art contemporain,
Lyon
Impression
Imprimerie Delta,
Chassieu
Elsa Guigo
Centre culturel suisse,
Paris
Coédition du
Centre culturel suisse
de Paris et du Musée d’art
contemporain de Lyon
Direction administrative
Catherine Zoldan
Musée d’art contemporain,
Lyon
Katrin Saadé-Meyenberger
Centre culturel suisse,
Paris
Service des publics
Isabelle Guédel
Musée d’art contemporain,
Lyon
18
Conception
Léa Fluck
© Musée d’art
contemporain de Lyon
et Centre culturel suisse
de Paris
www.ccsparis.com
www.moca-lyon.org
Nous remercions
tous les artistes pour
leur implication ainsi
que les prêteurs
sans qui cette exposition
n’aurait pas été possible :
la Fundación Almine y
Bernard Ruiz-Picasso
para el Arte,
le Fonds national d’art
contemporain, Ministère
de la Culture et de la
Communication, Paris,
le Argauer Kunsthaus,
Aarau
Ainsi que les galeries
Guy Bärtschi, Genève ;
Chantal Crousel, Paris ;
Alexandre Pollazzon
L.t.d., Londres ;
Hauser & Wirth,
Zurich Londres ;
Nicolas Trembley
pour ses conseils et
Michel Ritter
pour sa confiance
Cette exposition a été
réalisée dans le cadre
du festival La belle voisine,
la création contemporaine
suisse à Lyon et en
Rhône-Alpes
et a bénéficié du soutien
de Pro Helvetia, Fondation
suisse pour la culture
FABRICE GYGI
( 1965 )
SIDNEY STUCKI
( 1965 )
CHRISTOPHE BÜCHEL
( 1966 )
MARIANNE MÜLLER
( 1966 )
ELODIE PONG
( 1966 )
1937
Everybody’s Autobiography,
Gertrude Stein : “There is no
there there”
1966
Naissance – Famille d’ouvriers
dans la banlieue de Zurich
1960
1966
Blow Up, Michelangelo Antonioni
John Baldessari utilisait des
photographies et des textes, ou
juste du texte — sur toile, comme
dans Semi-close-up of Girl by
Geranium
1970
Gertrude Stein:
Ida : a novel (1941)
1973
12 FÉVRIER
Chantal Akerman :
Je, tu, il, elle (1974)
13 FÉVRIER
Anne Teresa De Keersmaeker :
Rosas danst Rosas (1983)
14 FÉVRIER
Lindsay Cooper & Sally Potter :
The Gold Diggers (1983)
15 FÉVRIER
16 FÉVRIER
17 FÉVRIER
18 FÉVRIER
1979
Mon Premier groupe, Discolokosst,
Electro Punk
19 FÉVRIER
20 FÉVRIER
21 FÉVRIER
22 FÉVRIER
1986
Je suis très intéressé par la peinture
américaine, Rothko, Frank Stella,
Barnett Newman, Kenneth Noland,
Ellsworth Kelly et c’est à ce moment
que je fais mes premières peintures
abstraites
1988
J’ouvre la Galerie La Régie, lieu
d’expérimentation artistique
où j’ai pu faire les premières
expositions personnelles d’artistes
tels que Fabrice Gygi, Francis
Baudevin, Nicolas Fernandez,
Alexandre Bianchini, Hervé
Graumann et montrer des travaux
de John Armleder, Carmen Perrin
pour n’en citer que quelques-uns
1989
Production de mes peintures
coulées, monochromes et
bichromes
1992
Sakö, Basic chanel, Robert Hood,
la techno minimal prend beaucoup
d'importance dans mes activités,
mais aussi la house de Chicago,
sous les labels Dancemania, Trax,
Relief, avec des producteurs
comme Paul Johnson, Dj Funk
ou Dj Deeon
1995
Sortie de mon disque BULBS
à l’occasion de la foire de Bâle
aux éditions Ecart
1999
Premier Wall Painting (Flyer)
dans mon exposition personnelle
à la galerie Forde à Genève
2005
Création du groupe Femmes
Friquées
1974
A Woman Under the Influence,
John Cassavetes
Marguerite Duras :
L’Amant (1984)
C’est à travers le film expérimental,
la danse contemporaine et la
littérature d’avant-garde que je
découvre l’art
1980
1983
J’arrête de me refuser à photographier et d’être photographiée.
Je prends mes premières photos
avec un appareil photo Kellogg’s
Cornflakes
1989
Rencontre avec P.C. (1959-1994)
1990
Sigmar Polke : Das photographische
Werk à Baden Baden
Je publie Selbdritt
1990
Devil Town, Daniel Johnston
1990
1991
It’s Only Art!, Karen Finley
1998
Assistante de Robert Frank
Premier livre d’artiste
A Part of My Life, Edition Scalo.
1999
J’adore Boris Mikhailov :
Unfinished Dissertation et Case
History
2000-2002
Réalisation de Standing Still /
Travelling Slowly (vidéo)
Voyage à travers le monde, deux
fois par mois un autre aéroport
Animation vidéo sonore
2002
Production de meubles design
1972-1971
What’s wrong with this picture?
1&2, Owen Land
2005
The Flock, Édition Steidl.
Un éleveur de pigeons qui vivait
sur le toit de ma maison à Brooklyn
2007
Collaboration avec Peter Regli
et Dan Perjovschi à Bucarest
2000-2001-2002
House & Garage / Jungle / Mixed
Tape, Oliver Payne & Nick Relph
2000
2003
Living a Beautiful Life,
Corinna Schnitt
“Camera Gun”, Lech Kowalski
2006
No Paraderan, Marco Berrettini /
*Melk Prod
HOLE, Christoph Büchel
2010
TERESA HUBBARD /
ALEXANDRE BIRCHLER
( 1965 / 1962 )
PIPILOTTI RIST
( 1962 )
ANDREAS DOBLER
( 1963 )
BOB GRAMSMA
( 1963 )
MARKUS WETZEL
( 1963 )
1960
1961
Sergueï Pavlovitch Korolev :
…Attention, Attention... man has
entered open space
«...Yesterday, today and tomorrow»
1970
1963
Je nais l’année où Gyorgy Ligeti
joue Poème symphonique pour
100 métronomes
«Les dix dates importantes
qui vont marquer ma démarche
artistique et ma vie sont encore
à venir
Le petit box de garage de mon
père a un énorme impact sur
ma perception
Paix, sérénité de l’esprit,
nuages, sourires, clitoris,
sable, arbre, mains,
le goûter de 4 heures,
silence»
Presque tout ce que je construis,
découvre ou expérimente est
connecté à ce centre de ma
jeunesse
1972
Mes parents nous achètent
un chien, un Whippet
C’est ma première notion
d’espace «ambigu»
1974, DÉCEMBRE
Décès de mon grand-père
1978
Première expérience d’alcool
en sortie de classe à Dijon
1986, 23 JANVIER
Décès de Joseph Beuys.
Triste hiver à Schaffhouse,
la neige couvre le paysage…
1980
1986 – 1987, ÉTÉS
Le Nord en été. Je passe deux étés
dans une ancienne usine de
Norvège septentrionale à pêcher,
lire et peindre. Fantastique
1982
Voyage au Maroc
1987
Exposition de mes peintures
à la Kunsthalle de Bâle
1989
Achat d’une voiture à Los Angeles
1990, DÉCEMBRE
Histoire d’amour à New York
1989
Au port de Papeete, je fais mon
premier «mauvais» dessin – Je me
mets à penser sérieusement à
faire de l’Art
1990
1993
Je produis mes premiers travaux
«d’espace vide»
1995
Participation à la comédie
Dreamboat Schwamiland avec
le cabaret Götterspass à Zurich
Voyage au sud de l’Inde en hiver
Au-delà de ces dates et des chefs
d’œuvres de l’art, les plus grandes
inspirations sont les relations et
les collaborations avec ma famille,
mes amis et l’odeur renversante
de ma fille Liv à sa naissance
1996,
11 SEPTEMBRE – 09 OCTOBRE
We built the necessary
architecture, furniture and art
for the situation : un projet en
collaboration avec Urs Hartmann
au Kunsthof de Zurich
1997, PRINTEMPS
Island project : premières idées
insulaires lors de ma résidence
à Paris où j’ai des désirs d’exil
sur une île
2000, PRINTEMPS
Subway station : je construis ma
première station de métro à
Boeblingen, Allemagne, pour
la ligne de métro Markus Wetzel
‘en collaboration’ avec Martin
Kippenberger
2000 – 2001, HIVER
Wildbrook : un projet de film,
d’architecture et d’art avec Urs
Hartmann au Kunsthof de Zurich
2000
2001, 01 SEPTEMBRE
J’arrive à Manhattan pour une
année de post-diplôme.
10 jours exactement avant 9 / 11
2004, 29 DÉCEMBRE
Love : premier baiser à ma copine
2004
Exposition au Magasin de Grenoble
2005, PRINTEMPS
Japon : résidence de 3 mois,
je construis une station de métro
dans une forêt de bambou
2006, 18 JUIN – 31 AOÛT
I’ll be you if you’ll be me : je vis
sur une très petite île suédoise
inhabitée pour un projet vidéo
avec Åsa Elzén
2010

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