Revue 2009 - Yacht Club Classique

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Revue 2009 - Yacht Club Classique
Challenge Classique Atlantique
CCA 2009
2
Yacht Club Classique - YCC
2/06/09 13:27:55
CCA_2009_couvertureoli.indd 1
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Editorial
Editorial
Naviguez !
Please, sail !
François Frey, pour le Yacht Club Classique
François Frey, for the Y.C.C.
En ce jour où s’ouvrent la revue et la saison du Challenge Classique
Atlantique, quand les développements du Yacht Club Classique se
renforcent tous azimuts comme vous le lirez dans nos pages, il m’est
apparu nécessaire de vous faire une confidence.
Cette confidence est d’autant plus importante que 2009 est une année
charnière pour notre institution dans la mesure où les dirigeants fondateurs
seront statutairement renouvelés à l’automne prochain.
Those days, a new regatta season is opening for the Yacht
Club Classique and for all the friends of the Challenge
Classique Atlantique, all along the French Atlantic coast.
This year is a very special one for us, as many projects
are becoming new and pretty realities– as you will read
further – and as the leading team of the club will change
in November, for the first time of our young history. That’s
why I think the moment is right to tell you something very
personal and important to me.
Malgré la tentation, point de potin croustillant sur telle contrallée de
l’histoire du yachting, sur les dessous des œuvres vives de tel canote ou
sur les derniers essais malheureux pour réduire le rating d’un autre ! La
confidence que je vous propose me vient des anciens qui nous inspirent.
Les présidents Jacques Albrecht et Jean-Claude Menu, gênés comme des
gamins de l’hommage que nous rendions à travers leurs personnes à la
génération des inventeurs de Plymouth - La Rochelle et du premier circuit de
régates international organisé de ce côté-ci du monde, semblaient heureux
de retrouver dans notre assemblée les prémices d’une communauté de
bonheurs qui ne leur était pas étrangère.
Car enfin, nulle jauge n’a plus de sens lorsque nous sommes sur l’eau,
ferraillant contre celui qui ce jour-là va juste un peu plus vite que nous, nulle
régate n’est plus cruciale que la prochaine et nulle archive n’est plus estimable
que celle qui reste à découvrir… pour la partager sans réserve !
Hors des contingences du temps, les yachts classiques déclenchent suffisamment
de passion pour faire de beaux centenaires – Owl, Tuiga et Lady Trix en intègrent
cette année le club respecté. Comme ils suscitent aussi la passion renouvelée
de générations d’équipages et de techniciens qui font perdurer et transmettent
les arts absolument nécessaires à l’existence du fil ténu qui préserve ces objets
de plaisir vaguement inutiles.
Alors, pour faire réellement vivre nos bateaux, et pour continuer à enchanter
marins des sept mers et passeurs du patrimoine maritime sous toutes ses formes
comme pour susciter des vocations d’armateurs et d’équipiers classiques…
bon sang, naviguez !
François Frey
For once, this important message has nothing to do with
a secret information regarding the restoration, the history
or the performances of such classic yacht – even if three
new centenarians from the club will be celebrated this
year : the splendid Tuiga of Fife, Owl of Shepherd and
Lady Trix of Mylne. No, what’s in my mind is inspired by
our fathers-in-yachting, this strange and very friendly
band of people, from both sides of the Channel, who
re-invented after World War II the offshore races that
still guide our action, such as the famous Plymouth-La
Rochelle.
When we recently had a party to honour our friends and former Presidents of the
Société des Régates Rochelaises, Jacques Albrecht and Jean-Claude Menu,
I both realized that they could not understand they were already part of our common
history... and that they really felt as happy as kids, to see in our community the
same kind of friendly crew they had left, about 40 to 50 years earlier!
As a few other artistic and useless objects in a way, classic yachts motivate
and develop the strongest passions : the passion of the sailors who maintain
and transmit their very original way of sailing and the passion of generations of
carpenters and craftsmen who take care of them, finally with the same love.
To let this kind of magic going on, classic yachts and their common heritage live,
for God’s sake, I simply want to ask you once more... please, sail !
Amitiés salées !
Salty regards !
Identifier les voiliers Classiques
Identification of classic boats
L’année 2008 des classiques a commencé très fort, puisque le YCC et
la FFVoile se sont mis d’accord pour que les organisateurs de
régates et surtout les plaisanciers et les spectateurs puissent enfin
identifier d’un seul coup d’œil les commodes Louis XV qui régatent,
des autres bateaux !
Le moyen le plus simple ? Une identification dédiée placée dans leur
grand-voile, une numérotation dédiée aux yachts classiques terminée
par un splendide C majuscule… pour Classique, évidemment !
La mise en place de ce dispositif a déjà commencé, et celui-ci sera
désormais géré pour la FFVoile par le Yacht Club Classique.
Une raison de plus, pour les armateurs qui ne l’auraient pas encore fait,
de venir rejoindre la flotte du club « qui ne traîne pas sur les vases » !
Les démarches à suivre à la fin de la revue.
Pangur Ban
In 2008, both the French Sailing Association and the Yacht
Club Classique have joined their efforts to help anyone concerned
(regatta organizers, spectators...) identifying the very special classic
yachts.
The solution has emerged very simply: why then not adding a simple C
– for Classic - between FRA and the number of the yacht?
Since then, boats from the YCC fleet just need to ask the club for a free
reference among the new range of identification numbers. Managed
by the club on behalf of the French Sailing Association, that also
allows us restoring the old sails numbers, which for some of them had
disappeared along the times.
And for yachts that were born and first registered on the Clyde... about
nothing to change!
La fLotte du YCC 2009
The 2009 YCC fleeT
YACHT
ARCHITECTE
AnnéE
LOnGUEUR
TYPE
n° VOILE
ActeiA
AndreyAle
ArtAko
Bilou Belle
Bryell ii
cArpe diem
cAtinA Vi
chAntAlAuBe
christABelle ii
christinA ii
cutty tou
dAuphin Vert
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doris
eloise ii
esquirol ii
FAlcon oF Boston
GiGhA
GriFFon
GullVeiG
JeAn le Bleu
JoshuA
Just pure
khAyyAm
kotAyA
krAken ii
lA mArsA
lAdy trix
lornA
mArGuerite
melissA
minAhouet
mordicus
mowGli
nAn
orAnA
owl
pAnGur BAn
pAnurGe
pAtch
petit sAle
petite lAnde
rose noire ii
sABA
sAn mArco ii
seAGull
sequAnA
sinBAd
tete en Bois
thAlAmus
tuiGA
VAriAG
Viken
ViolA
wi-ki
woodstock
ZwerVer ii
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JouBert
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cArter
Britton chAnce
roy
BeltrAmi
merle
cornu
VAn essen
nicholson
cornu
cornu
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VAn de stAdt
mylne
lemAire
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serGent
knocker
ABrAhAnson
stephens
VernAZZA
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serGent
mylne
clArk
serGent
rhodes
GAurAud
Brix
serGent
FiFe
mAc Gruer
shepherd
stephens
cornu
sunden thor
BernArd
Alden
cornu
illinGworth
cornu
mylne
cornu
mylne
Brix
serGent
FiFe
cArter
Bertin
FiFe
wustrAu
cornu
stephens
1963
1995
1964
1967
1968
1994
1936
1950
1967
1966
1930
1958
1961
1966
1957
1961
1955
1959
1967
1951
2008
1962
1950
1939
1953
1950
1983
1909
1948
1958
1966
1912
1932
1964
1896
1966
1909
1953
1964
1966
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1992
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1964
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1903
1957
1950
1961
1963
1909
1968
1939
1908
1921
1965
1956
11,30
10,00
12,70
11,30
11,40
7,05
14,20
7,40
12,00
12,80
14,65
16,20
11,30
11,25
13,50
11,80
12,00
7,30
12,45
17,78
sloop mAïcA
motoryAcht
sloop
sloop tinA
sloop mAïcA
côtre Aurique
sloop 8mJi
sloop
ketch
sloop B
sloop 8mJi
FiFty Bermudien
sloop
sloop tinA
yAwl
sloop
sloop
sloop
sloop
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sloop Grondin
ketch
sloop
côtre
côtre
sloop
côtre Aurique
sloop Aurique
sloop
côtre
yAwl
yAwl Aurique
sloop
yAwl VArnA
sloop 8mcr
sloop
ketch Aurique
yAwl
sloop
sloop
côtre Aurique
Goélette Aurique
yAwl
sloop mAïcA
sloop
côtre Aurique
sloop houAri
sloop
sloop
ketch
côtre Aurique15mJi
sloop tinA
sloop Bermudien
côtre Aurique
sloop
sloop
côtre
FrA 4188
nc
esp 1269
FrA 4335 c
12,10
9,60
18,30
7,30
10,00
11,00
8,76
10,00
11,75
12,50
14,95
7,80
12,20
19,30
12,80
17,00
11,50
9,50
7,70
6,00
16,40
14,05
11,35
9,50
7,50
8,60
11,60
8,00
14,40
23,20
11,00
9,40
12,75
16,00
7,25
17,20
FrA 17 c
sui 1
FrA 89 c
FrA
FrA 1802 c
FrA 25 c
FrA 4156 c
FrA 2019 c
FrA 4417 c
FrA 1489 c
FrA 1588 c
9
FrA 4242 c
FrA 194 c
FrA 2 c
swe 243s
FrA 273 c
FrA 1953 c
FrA 532 c
FrA 1983 c
FrA 13 c
FrA 1948 c
FrA 69 c
FrA 1912 c
FrA 28 c
FrA 15 c
k8
nc
FrA 54 c
FrA 1925 c
FrA 123 c
FrA 6 c
FrA 2729 c
FrA 2706 c
FrA 4034 c
FrA 1903 c
FrA 1957 c
FrA 9 c
FrA 61 c
FrA 2752 c
d3
FrA 4386 c
FrA 1939 c
nc
FrA 33 c
ned 1038
Couverture / Cover page:
Class Maïca - www.maica.fr
© Stéphane Hupin
Sommaire
SummarY
Editorial
Identifier les voiliers classiques
p1
Editorial
Identification of classic boats
la flotte du YCC 2009
the 2009 YCC fleet
p2
sommaire
Rédacteurs, Photographes
et Traducteurs
summary
Writers, Photographs
and Translaters
p3
Ces Yachts qui naviguent
Transat Classique
Championnat du monde des 8MJ
En Norvège
Antigua Classic Regatta
De Trégor en Classique
these yachts are sailing
Transat Classique
p4
retour vers nos futurs
Survol du Challenge Atlantique
2008
Les centenaires de la saison
back to our futures
Flight over the CCA 2008
The centenarians of the
season
p 10
Une courte histoire du Royal
Cork Yacht Club
p 20
p 60
les résultats du CCa 2008
Résultats du Trophée JC Langlois
Résultats de la Coupe Marguerite
the CCa 2008 results
p 22
la saison 2009
Jauge Classique 2009
Démarche à suivre pour devenir officiellement un yacht classique
Régates du CCA : Programme 2009-05-08
p 62
le site du Yacht Club Classique
p 63
renaissances et restaurations
Rose noire II : courte histoire d’une longue restauration
le Challenge Classique atlantique 2009
La Coupe des 2 Phares et la Coupe du Patrimoine
p 53
les yacht club du Yacht
Club Classique
La maison de la Douane
p 54
p 24
le coin du charpentier
Tout ce que vous voulez savoir sur les vernis
p 26
le divan classico vélique
p 30
Etre Jury, c’est quoi ?
p 32
Histoires de vainqueur
Pangur Ban : la saga du Chat
Blanc
p 34
architecture et yachts
classiques
Olin Stephens et les yawls
p 38
the yacht club of the YCC
The old custom house should be
our yacht club
p 56
Patrimoine vivant
Patrimoine quand tu nous tiens
la Course des 3 Phares
Coupe des 3 phares, le retour
aux bons soins des voiles
Règl(es d’)âges
p 50
the 3 lighthouses race
Coupe des Trois Phares :
vintage is back
A Short History of the Royal Cork
Yacht Club
p 58
Les plans du vainqueur 2008 : Pangur Ban
Challenge Classique atlantique N
Olin Stephens and the yawls
architecte de yachts classiques
Biographie d’Olin J. Stephens 1908 - 2008
p 40
Cinéma et yachts classiques
CCA 2009 - Le film
p 42
Yachts Classiques et YCC
Ports et flottes classiques : accueil et écueils
p 44
boire et manger pour naviguer mieux
Cambuses et Gourmets
Recettes
p 46
o
2 - mai 2009
directeur de la Publication : François Frey, Président du Yacht Club Classique YCC
rédacteur en Chef : Philippe Payen
régie publicitaire : Philippe Lepage
traductions/translation : Béatrice de La Patellière - François Frey
Jean Jacques Ollu - Philippe Payen
ont collaboré à la revue CCa : Claude Harlé, Béatrice de La Patellière, Marie - Ange Frey, Livia
Grandi, Bernard Ballanger, Bruno Barbara, Olivier Beau, Dermot Burns, Bertrand Chéret, François
Frey, Gérard Friess, Bruce Johnson, Bertrand Kerrand, Gilles et Alain Minos, Jean Jacques Ollu,
Christian Pichard, Philippe Payen, Alain Rocca, Jacques Taglang
Plans de Pangur ban : François Chevalier
Plans de la Maison de la douane : Philippe Lavigne
Photos : Odile Boyé Carré, Solenn Kerrand, Agnès Narveaux, Marie Aude Nallard, Soizick de Tilly,
Bruno Barbara/CANDELA, Olivier Beau, François Bellat, François Frey, Gérard Friess, Stéphane
Hupin, Eric Giraudon, Baptiste Kieken, Pierre Laville, Philippe Lepage, Alain Milbéo, Tim Wright /
Photoaction.com
impression de la revue : Imprimerie Rochelaise
Rue du pont des Salines - BP 197 - 17006 La Rochelle cedex 01 - France
Maquette et graphisme : Bleu Citron - www.bleu-citron.fr & Marie Miagkoff
Challenge Classique atlantique CCa est la revue du Yacht Club classique
Maison de la Douane - Rue de l’Armide - 17000 La Rochelle - France
www.yachtclubclassique.com
annonceurs : Hennessy - Jean Baptiste Rautureau - Mercedes - Assurance MADER - Conseil
Général Charente Maritime - Bouvet Ladubay
Ces Yachts qui naviguent - These Yachts are sailing
Ces Yachts qui naviguent
These Yachts are sailing
Transat Classique
Transat Classique
There had been the very last preparations, the embraces, the warm greetings
to the rival boats, who had become friends for the
most part, the trips back and forth along the line, the
final minutes counted down by the committee boat
and then a final blast on the horn from the Abeille
Bourbon: the start line was crossed.
Jean-Jacques Ollu
Il y a eu les tout derniers préparatifs, les
embrassades, les chaleureux saluts adressés
aux bateaux concurrents, devenus amis pour la
plupart, les allers et retours le long de la ligne,
les minutes que le bateau comité égrène et puis
un dernier coup de corne lancé depuis l’Abeille
Bourbon : la ligne est franchie.
From the edge of the bay of Douarnenez, twenty four
classic yachts had just begun the first transatlantic
race exclusively for classic yachts: The Transat
Classique Lagassé, after its eponymous sponsor.
A south westerly wind gusted at 25 knots, the fleet
tacked from side to side along the coast in the direction
of the Raz de Sein. Present, notably, were Petite
Lande, an exact reconstruction of Kinkajou, an Alden
design of 1927, Mistral, a 25 metre lugger, a Herreshof
design of 1938, Faïaoahe, a 20 metre neoclassical
Bermudian cutter, a Ribadeau-Dumas design, Stiren,
a 1959 yawl built by the Pichavant boatyard to a
Stephens design and, of course, Khayyam, an Olin
Stephens designed 18 metre Bermuda sloop and her
vivacious crew.
Du fond de la baie de Douarnenez, vingt-quatre
yachts classiques viennent de prendre le départ
de la première course transatlantique réservée
aux yachts classiques : la Transat Classique
Lagassé, du nom de son sponsor éponyme.
Vent de sud-ouest établi à 25 nœuds, avec
rafales, la flotte tire bords sur bords le long
de la côte en direction du raz de Sein. Il y a
là, notamment Petite Lande, reconstruction à
l’identique de Kinkajou, plan Alden de 1927,
Mistral, goélette aurique de 25 mètres, plan
Herreshof de 1938, Faïaoahe, cotre bermudien
de 20 mètres néo-classique, plan RibadeauDumas, Stiren, yawl de 1959 construit par
le chantier Pichavant sur plan Stephens et,
bien sûr, Khayyam, plan Olin Stephens, sloop
bermudien de 18 mètres, et son sémillant
équipage.
This first stage, windy from the outset, had to take us
to Morocco, to Agadir, where the fleet was to meet up
before continuing on to St Barts.
Michel Vanek at the helm, Bilou-Belle headed at a
good pace to the Pointe du Vent when suddenly she
sprang a leak. Even with all pumps running and a
constant chain of buckets, it was not good. We could
Cette première étape, qui s’annonce ventée,
not stop it. It was unthinkable for us to sail on to the
doit nous conduire au Maroc, à Agadir, où la
Raz de Sein until we had been able to deal with it. The
flotte a rendez-vous avant de s’élancer vers
stubborn hose was finally repaired and the necessary
Saint Barth.
En baie de Douarnenez, le jour du départ.
work was carried out. As dusk fell we were alongside
Michel Vanek à la barre, Bilou-Belle file
La Vieille. The Bay of Biscay laid before us. We
bon train vers la Pointe du Vent lorsqu’une
would
need
almost
three
days
of sailing, with the mainsail reefed in and staysail
voie d’eau se déclare. Toutes pompes en marche, noria de seaux, rien n’y
set, in constantly rough seas, especially when approaching the continental shelf
fait. On ne parvient pas à étaler. Il n’est pas envisageable de nous engager
break, to reach Cape Finisterre and, with it, the refreshing Portuguese trade
dans le raz de Sein avant d’avoir pu l’affranchir. La durite récalcitrante est
winds. Cape St Vincent was passed with our genoa poled out, with winds of 30
enfin repérée et reçoit le traitement qu’elle mérite. Au crépuscule, nous
knots and commensurate sea conditions. The strong currents from the North
sommes par le travers de la Vieille. Le Golfe de Gascogne s’offre à nous.
were with us right up to our approach to the Moroccan coast. In one day, BilouIl nous faudra presque trois jours de navigation, grand voile arrisée et ORC, dans
Bell had sailed almost 215 nautical miles!
une mer toujours aussi formée, spécialement à l’approche des accores, pour
A light breeze was waiting for us in the Bay of Agadir where we came across
atteindre le Cap Finistère et, avec lui, les confortables alizés portugais. Le cap
our friends on Khayyam and we crossed the finish line as night fell, second in
Saint Vincent nous trouve génois tangonné, avec 30 nœuds de vent et la mer qui
compensated time. Our Moroccan friends had done things well: the welcome
lui est associée. Le fort flux de Nord ne nous quittera pas jusqu’à l’approche des
was grand; three ministers attended the prize giving ceremony.
côtes marocaines. En un jour, Bilou-Belle aura parcouru près de 215 milles !
Des petits airs nous attendent en Baie d’Agadir où nous croisons nos amis
de Khayyam et c’est la nuit tombée que nous franchissons la ligne d’arrivée,
deuxième en temps compensé. Nos amis marocains ont bien fait les choses :
l’accueil est grandiose ; trois ministres assisteront à la remise des prix.
Three months later, all the teams were once more at Agadir, ready to do battle.
Our emotional departure on 28 November was accompanied by a light breeze.
We headed towards the south of the Canary Islands together with some others,
but the majority of the fleet had chosen to go round to the north.
Challenge Classique Atlantique 2
Ces Yachts qui naviguent - These Yachts are sailing
Trois mois plus tard, tous les équipages sont
de retour à Agadir, prêts à en découdre.
Émouvant départ le 28 novembre dans les
petits airs. Nous faisons route vers le Sud des
Canaries accompagnés de quelques-uns,
alors que le plus gros de la flotte a choisi de
les contourner par le Nord.
Portés par notre grand spi jaune, nous nous
maintenons à une trentaine de milles de la
côte marocaine. C’est là que devraient se
trouver les vents les plus favorables. Mal nous
en a pris : nous restons encalminés durant de
longues heures … Les jours qui suivront nous
feront davantage songer à une navigation
en Manche durant l’été qu’à une traversée
de l’Atlantique par les alizés. Polaires, cirés,
pluies incessantes, violents grains, l’un nous
surprend sous spi et nous couche, liston dans
l’eau.
Le plus fort des alizés semble se trouver dans
le Sud et nous poursuivons dans cette voie
jusqu’au 20e parallèle, avant de tourner notre
étrave vers Saint Barth.
À l’exception de deux journées de grand
calme, le vent ne nous quittera plus et se
montrera même parfois enthousiaste : le front
pluvio-orageux qui nous barre la route nous
cueille avec 45 nœuds de vent durant près de
10 heures. La mer est très forte, nous courons
vagues de trois-quarts arrière, grand voile
affalée. Et puis, il y a aussi les moments de
grâce : cette rencontre improbable et pleine
de poésie avec Petite Lande, au milieu de
l’Atlantique.
Carried by our large yellow spinnaker, we kept
at a distance of thirty nautical miles from the
Moroccan coast. It was there that the most
favourable winds should have been found. But
we have misjudged: we were becalmed for
a good few hours… The days that followed
made us think more of a summer voyage in the
English Channel than crossing the Atlantic on
the trade winds. Fleeces, oilskins, incessant
rain and violent gusts of wind, one of them hit
the spinnaker and pulled the boat over to one
side, rubbing strake in the water.
The strongest of the trade winds seemed to be
in the south and we headed that way until we
reached the 20th parallel, where we turned the
bow towards St Barts.
Jolies glissades dans les alizés portugais
Apart from two days of extreme calm, the
wind deserted us no longer and even seemed
enthusiastic at times: the stormy front that
blocked our way battered us with winds of 45
knots for almost 10 hours. The sea was very
strong, we were making stern quarter waves,
mainsail lowered. But there were also moments
of respite: the improbable meeting with “Petite
Lande”, filled with poetry, in the middle of the
Atlantic.
Over the course of the days that followed, a
correspondence was struck up with Pen Duick,
remarkably led by Juliette Hennequin, Faïaoahe
and Khayyam, whose crew, tired of sewing up
and joining together, threatened to mutiny!
After twenty four days at sea, with reserves of
water (and rum) almost exhausted, the lights of
Au fil des jours, une correspondance s’est
St Barts began to take shape in the darkness.
instaurée avec Pen Duick, remarquablement
It was before dawn that, in jubilation, we
menée par Juliette Hennequin, Faïaoahe et
Roulis rythmique au milieu de l’Atlantique
crossed the finish line. We were ranked third in
Khayyam dont l’équipage, lassé de recoudre
compensated time.
et rabouter, menace de se mutiner !
Après vingt-quatre jours de mer, réserve d’eau (et de rhum) presque épuisée, les
With the exception of a broken slide and a batten pocket that had to be repaired,
lueurs de Saint Barth se dessinent dans la nuit. Et c’est avant l’aube que, dans
we suffered no other damage apart from the start at Douarnenez.
la liesse, nous franchirons la ligne d’arrivée. Nous sommes classés 3e en temps
compensé.
After a happy stay in St Barts, to round off the voyage in great style, we finished
À l’exception d’un coulisseau cassé, d’un gousset de latte qu’il a fallu réparer,
with a family cruise to Martinique.
nous n’aurons pas connu d’autres avaries que celle qui nous a surpris au départ
à Douarnenez.
Joyeux séjour à Saint Barth et, pour achever ce voyage en beauté, croisière
familiale jusqu’en Martinique.
Challenge Classique Atlantique 2
Ces Yachts qui naviguent
CHAMPIONNAT DU MONDE DE 8M JI
EN NORVEGE
Antigua Classic Regatta
Gilles et Alain Minos
Claude Harlé
Les frères Gilles et Alain Minos avec Cutty Tou terminent à la 3e place.
© Tim Wright / www.photoaction.com
Noblesse oblige, c’est le 8M JI Sira, propriété de sa Majesté Harald V et barré
par lui-même qui remporte la Coupe Sira devant le finlandais Siija et Cutty Tou.
Alouette de Iris Metten, barré par Eckhard Kalier, enlève la victoire en catégorie
moderne. Quant à Asago de Kjell Nilson, il s’adjuge la victoire en gréement
aurique.
Ce Championnat du Monde 2008 des 8 mètres était organisé par le Royal
Norvegian Yacht Club au tout début du mois de juillet. Le plan d’eau des régates
se situait au sud de l’île de Hanko près de Fredrikstad à une centaine de
kilomètres d’Oslo, au sud-est de la Norvège.
25 bateaux étaient au départ, répartis en 4 catégories. 9 nations étaient
représentées : Norvège, Canada, Suisse, France, Royaume-Uni, Allemagne,
Danemark, Suède et Finlande.
Dès les premiers jours, le vent était au rendez-vous. Sud-est 16 à 18 nœuds puis
sud-ouest 10 à 15 nœuds avec des nuages qui en disaient long. Du courant,
une rivière voisine, des hauts-fonds, du vent, tous les ingrédients pour une belle
bagarre !
Après un début de course difficile dans des conditions musclées, Cutty Tou
termine la compétition à la 3e place avec seulement 9 points du premier. Deux
places de premier et trois places de second dans la dernière manche n’ont pas
suffi à effacer la prestation moyenne du 1er jour !
Après avoir participé à la Transat Classique entre Douarnenez, Agadir et Saint
Barthélemy, Khayyâm, son skipper Jean Christian Fandeux et des amis d’enfance
ont mis le cap sur Antigua. Pour participer à la Classic Yacht Regatta avant de
retraverser vers la France.
Initialement organisée pour les grands yachts naviguant en charter, cette régate
est à la fois une confrontation sportive dans les alizés et un extraordinaire
spectacle. Où peut-on ailleurs que dans les eaux antillaises voir se croiser des
voiliers de 76 à 135 pieds armés par des équipages aussi professionnels ?
La démesure de la survivance des années bat son plein sur l’eau et à terre.
Et l’équipage amateur de Khayyâm est entré dans l’Histoire.
Et les images d’une belle histoire.
Bords à bords : Cutty Tou ( Nicholson design),
coque jaune et Catina (Fife design), coque blanche
Challenge Classique Atlantique 2
Khayyâm au débridé dans l’alizé
Ces Yachts qui naviguent
De Tregor en Classique
Olivier Beau
... A 2009
DE 2008 ...
Ils étaient 38 à régater en Baie de Lannion à l’occasion de la 1 édition de la
Trégor Classique du 27 au 29 Juin. Des Aile venues de l’YCIF pour goûter à la
navigation en mer, des Cormoran, des Requin et des croiseurs tels que Onyx et
Mowgly qui se préparaient à la Transat Classique, Sirius, Anwinn et Raan.
ére
Fort de ce succès, le Yacht Club de Trébeurden a décidé de renouveler
l’expérience du 11 au 13 septembre 2009 en tenant compte des suggestions
des concurrents de 2008 : parcours diversifiés pour les deux classes, plus de
manches, parcours plus près des côtes. La date a été revue pour mieux s’insérer
dans le calendrier des courses sur les deux rives de la Manche et dans celui du
CCA.
Tout laisse augurer qu’il y aura un beau plateau puisqu’il y a déjà 11 bateaux qui
ont manifesté leur intention de participer dont Acteia, Saba et Griffon parmi les
habitués des épreuves du CCA. Mais il y aura aussi des Anglais qui viendront
Elendil, un Drac sur plan Mauric
Samedi, premier jour de régate qui démarre sous un ciel gris, un vent de 15 à 20
nœuds et une mer courte qui rend les bords de près un peu pénibles pour certains.
Mais les Aile ouvrent la marche avec une aisance insolente pour des voiliers qu’on
dit plutôt adaptés aux eaux calmes. Le ciel se dégage et la dernière manche de
la journée est l’occasion de faire sous le soleil et dans les embruns un parcours
côtier de Trébeurden à Beg Léguer en passant au large de Locquémeau.
Le dimanche, le soleil et le vent sont encore au rendez-vous. Le départ est donné
pour un parcours de 20 milles le long des côtes de la baie de Lannion.
Dans la classe yachting léger Tam-Tam, Cormoran du YC de St Briac, s’adjuge
la première place devant Voyelle, une Aile de l’YCIF. Onix sera en tête des
habitables.
Le plan Sergent, Mowgli et le Cormoran Lubie Bleue
défendre leurs couleurs : il faudra bien se tenir !
On a aussi l’objectif de faire une fête à terre pour le public qui pourra visiter
les bateaux sur les pontons et suivre les régates sur un grand écran où seront
affichées en temps réel les positions des bateaux et des images prises par des
caméras embarquées.
Ainsi, cette deuxième édition de la Trégor Classique devrait être, plus encore
que la première, une belle rencontre de voiliers classiques sur le magnifique plan
d’eau de la baie de Lannion. Un moment de plaisir partagé par tous, régatiers
et spectateurs. Un moment de vie maritime intense, dans l’esprit de la belle
plaisance.
L’envol de la flotte de Cormoran avec Blue Bird et Korrigan
Challenge Classique Atlantique 2
Retour vers nos futurs
- Back to our futures
Survol du Challenge Classique 2008
Flight over the Challenge Classique 2008
Philippe Payen
Avec la complicité de François de Mao Ti Toï, de Benoît de Chrisando,
de Bertrand de Kraken 2, de Didier de Pangur Ban, de François de Sinbad.
Challenge Classique Atlantique 2008
Tout ce que des marins ont vécu et que tant d’autres aimeraient bien connaître.
De 1998 à 2008, les régates du Challenge Classique Atlantique ont rassemblé
423 voiliers aux gréements et aux tonnages fort variés.
Témoignant de la vitalité du championnat, les 12 épreuves du millésime 2008
furent courues par 75 navires. Ce qui représente environ 400 armateurs, skippers
et équipiers à se croiser, se déventer, se mouiller parfois, se hâler toujours pour un
résultat personnel inestimable : j’y étais !
Autre constat essentiel pour la propagation de la race vélique classique : la montée
en puissance de la parité sur nos coques patrimoniales jusque-là cantonnées à
accueillir majoritairement des mâles mal rasés convertis en moines de près salés.
Nous embarquons désormais plus de charmantes et efficaces matelotes dans
nos cockpits que l’Assemblée Nationale et le Sénat n’exhibent d’élues dans leurs
hémicycles respectifs.
Enfin, le Challenge Classique 2008 aura été l’année où les triangles véliques
bermudiens s’inclinèrent au passage du quadrilatère aurique centenaire. Chapeaux,
casquettes, bérets, canotiers, bâchis et bobs bas à l’architecte, au gardien et aux
équipiers de l’impériale Viola !
With the friendly complicity for the copy : François from Mao Ti Toï,
Benoît from Chrisando, Bertrand from Kraken 2, Didier from Pangur Ban,
François from Sinbad.
All that sailors lived and that many
others dreamed to live.
First of all, it seems important to notice than, from 1998 to 2008, the races of the
Challenge Classique Atlantique have welcomed 423 classic boats of various rigs
and lengths.
In 2008, witness of the vitality of the championship, the 12 events of the season
were raced by 75 ships. Representing about 400 owners, skippers and crews
mainly minded to cross the line first, to rob & catch the wind to each other, to get
wet sometimes and to tan always for a unique personal goal: I was there !
There is another important fact dedicated to the propagancy of the classic sailing
mankind: the growing of parity aboard our patrimonial hulls which used to embark
bad shaved males before they become salted monks. Henceforth, we embark
now, more charming and efficient sailor ladies than you can discover sitting in the
hemicycles of the french Assemblée and Senat.
At last but not least, le CCA 2008 was the year when the bermudian triangle sails
bowed before one quadrilateral centenarian gaff rig. Hats, caps and berets off for
the architect, the keeper and the crew of the imperial Viola !
Le fan club de Moonbeam à Brest
The Moonbeam aficionados in Brest
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Challenge Classique Atlantique 2
Histoires de vainqueur
08
Challenge Classique Atlantique 2
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Retour vers nos futurs - Back to our futures
1er au 3 mai
La Semaine Classique de La Rochelle
The Classic Week in La Rochelle
Bon, d’abord, on n’a pas couru le jour de l’ouverture de la chasse au podium !
Du coup, ça s’affairait dans le bassin du Musée Maritime. Avec des séances
d’intoxication psychologique. Comme Sinbad qui hisse son nouvel asymétrique
black. Tandis que d’autres plongeent sous la flottaison pour traquer l’alguette
sournoise briseuse de filets d’eau.
Comme ne pas naviguer n’est pas s’endormir, les équipages se retrouvèrent à la
fin du jour pour partager les grillades de moules au foin (coutume locale) et les
sardines au BBQ (spécialité internationale).
Deuxième jour. Au matin, sortie printanière, les uns tirant les autres aux moteurs
(déjà) fatigués. Griffon l’admiraler dévot normand priait pour ses soupapes.
Belles régates dans les courants et sous le pont de Ré.
Et encore deux beaux événements le soir. L’exposition Viola sur France 1 avec
l’amicale participation de May Fife McCallum et la remise officielle des clefs du
Club house du YCC par Maxime Bono, le député-maire de La Rochelle.
Pour les résultats, Lady Trix monta sur le podium et Christina 2 passait la ligne
de départ en seconde position derrière Bryell 2.
First day. Ok, ok, no race this day because the fast Kyrielle stopped in Saint
Gilles Croix de Vie and Pangur Ban got seasick problems in Port Joinville. Not
Pangur Ban, her crew, of course. Fraternity of sailors is not only a word, so the
crews decided to wait for their two amigos.
So, in the Maritime Museum harbour, some crews intended psychological
intoxication. Among them, Sinbad hoisted up her new black assymetric.
Second day. We locked out for the first regatta of the season among streams and
piers of the Ré bridge.
Another 2 nice events at night. When Fay Mc Callum Fife opened the Viola
exhibition on board of France 1 and when the Mayor of La Rochelle, Maxime
Bonnot, officially gave the (big old) key of the future Club House of the YCC.
The cute gaff rigged Lady Trix won the regatta.
Fiona vague de vitesse - Fiona, speed wave
12
Challenge Classique Atlantique 2
Retour vers nos futurs - Back to our futures
Pangur Ban devant les Moutons - Pangur Ban sailing to the Moutons lighthouse
8 au 11 mai
La régate du Centenaire à l’île d’Yeu
et le Trophée François Sergent
The centenarian regatta to Yeu island
and the François Sergent Trophy
Pour la montée vers Yeu, l’anticyclone s’étale tellement que les vents portants
annoncés demeurèrent des effets d’annonce. Que reste-il de nos amures,
s’interroge-t-on dans les cockpits classiques. Certains guettent le départ.
D’autres s’affairent en cuisine. Quelques uns dorment.
Soudain, des risées mutines animent les pennons. Les spis montent tandis qu’un
événement d’anthologie se concocte devant les Sables d’Olonne: la ligne de
départ invisible à 2 heures du matin ! Noir départ, ligne épique opaque. Ballet de
lucioles tricolores en tête de mat, cliquetis des winches dans la nuit, claquement
de voiles inconnues. Pas de heurts, que du bonheur. Et c’est parti !
Le vent n’attendait que le coup de canon pour s’éveiller. Il est monté d’un cran
et les étraves ont fait leur boulot. Au petit matin nous avions Yeu dans les yeux.
Et des poches en dessous.
Gros dodos à Port Joinville et belle fête le soir pour célébrer Viola.
Yeu le retour. Pied dedans tout dessus au ras de la côte et des parcs ostréicoles
suivi d’un long bord de spi jusqu’à La Rochelle. Envolée de Petite Lande sous
l’allure de prédilection des goélettes tandis que la fringante vieille dame Viola
tient la distance et fait sa belle en tête. Respect.
Troisième jour. Le Trophée François Sergent.
Départ cagouille au coup de canon mou dans une molle. Avec autant de mou
partout, on aurait pu nourrir tous les chats charentais. Ensuite, le vent est monté
et on s’est bien amusé. Bryell 2, Kyrielle et Lorna M. ont fait le podium sous l’œil
bienveillant de Paule Sergent.
The ride to Yeu. We have had a good weather. But no wind. So, we started engines,
gastronomy and beverage. The sun gently fell down and stars jumped in the sky.
Charente specific nice picture.
But quietly, light airs reanimated the fleet. One by one, spinnakers climbed the
masts.
But this night couldn’t be a normal one. Because the Race Committee created a
new way of departure: the invisible line at 2 a.m.! Dark departure, epic one.
Top masted tricolor lights ballet, night winches clanks, unknown sails rustling.
We hardly understood that the wind had only waited for the signal! It suddenly blew
and stems began to work. The fleet runned in the dark night under spinnakers.
Deep sleeping in Port Joinville and a party at night to celebrate the old Viola of
Fife.
7 au 8 juin
Les Jauges Classiques à La Trinité
Dans l’air frais du samedi matin la flotte s’ébroue et c’est Kyrielle qui fait le
meilleur départ. Très vite, Pen Duick I, Faiaoae, Bryell 2, Lorna et Pangur Ban
allongent la foulée. Suivis par toute la flotte titillée par la perspective roborative
de la superbe paella annoncée pour la fin de la régate.
Le lendemain matin, c’est dans la fraîcheur dominicale que les concurrents
guettent les faibles risées. Pangur Ban suit les nuages et gagne la manche.
Au final, Bryell 2, Pangur Ban et Orana sont vainqueurs des Jauges
Classiques.
Back to La Rochelle. Runs along the coast among oyster parks and a direct spi
ride. The schooner Petite Lande flew under fisherman. On her bowsprit, Viola, the
old lady rules the waves. Best regards. Third day. François Sergent Trophy.
Snaily race departure. Then, the wind blows up and everybody had fun.
Jauges Classiques regatta in La Trinité
In the Saturday morning fresh air, the fleet wake up and the Illingworth sloop
Kyrielle passed the line in the best condition. Followed by Pen Duick 1. Every
sailor excited by the promise of a gorgeous “paella” at night.
Morning after was a light one. Looking for light winds under clouds, Pangur Ban,
the Stephens yawl, won the game. And Bryell 2, Pangur Ban, Orana were winners
of the Jauges Classiques.
14 et 15 juin
Echappée Classique à Quiberon
Echappée Classique in Quiberon
Challenge Classique Atlantique 2
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Retour vers nos futurs - Back to our futures
27 au 29 juin
Les Rendez-vous de la Belle Plaisance
à Bénodet
Dans plaisance il y a plaisir et malgré la météo mi-figue mi-raisin, ils sont venus,
ils sont tous là. Dites 33 et le compte est bon.
Une première régate de mise en jambes où Pangur Ban, après avoir franchi in
extremis la ligne sous sa voilure neuve, démontra divinement la parole biblique :
les derniers seront les premiers (Saint Marc 10, 28-31). Jésus marcha sur l’eau,
Pangur Ban y vola.
Cette première régate fut le hors-d’œuvre de l’immanquable rendez-vous de
Pors Meilhou où « les langoustines aux yeux bleus s’offrent langoureusement
sur leurs couches gluantes de varech humide aux appétits des rudes marins »
(Yvonic Glazic, chantre bigouden trop vrai pour l’être). Retour nocturne plein gaz
à creuser le courant montant.
Le lendemain, samedi, c’est brume sur le plan d’eau. Aïta en profite pour faire
le meilleur départ. Pangur Ban, qui prend goût à la victoire, est poursuivi par
Kyrielle et Bryell 2.
Mouillage déjeuner sous les éoliennes de Penfret et lancement d’un « tout droit »
vers Bénodet. Presque tout droit, il y a quand même des balises et des cailloux.
Zaleda, Lobelia et Dame Jeanne s’octroient les meilleurs départs tandis que
Gullveig arrive en tête.
Le lendemain matin, les bulles s’arrondissent dès le départ. Avant que le retour
dans l’Odet et la ligne d’arrivée laisse libre cours à un festival de croisements
limites et de tribords musclés dont les équipages raffolent : le tribord border
line.
Deux règles simples en cas de croisement défavorable de type tribord border
line.
a) Tu vises soigneusement le barreur adverse avec ton étrave tandis
que ton équipage, mâchoires serrées, le dévisage avec des regards
terribles.
c) Tu fais mine, lorsqu’il abat en grand pour éviter d’être coupé en deux,
de t’étonner de voir son bateau si proche du tien. Tu le salues avec
un grand sourire en lançant « C’est bon, ça passe ! »
Belle Plaisance rendez-vous in Benodet
Despite the bad meteo, 33 boats came. If you know Benodet, you easily
understand why they came. If you don’t know, let’s come once.
For the first regatta, Pangur Ban, dressed with new sails, passed the departure
the least and arrived the first. The least will be the first as Marc said in the Bible.
Jesus walked on the water, Pangur Ban flew !
After this race, the fleet sailed down the Odet river to the famous langoustines
rendez-vous at Pors Meilhou.
Froggy saturday morning departure and lunch behind Penfret. Then a straight
on start back to Benodet. Slaloming rocks and buoys. The finish line becomes a
hard festival of crossings. And starboards border line exhibition.
a/ you aim personally the opponent helmsman with your stem while your crew,
jaws tighted, stare at him with terrible eyes.
b/ you pretend, after his boat get off your way quickly, to discover his boat so
closed to yours. With a large smile, you shout : how are you, my friend?
Normally, in these situations, the show can go on. Normally, if no one breaks
each other.
La Coupe des 2 phares. The fatal
prologue
Congratulations to Tête en Bois et Joshua for their ignorancy of regatta rules
and mainly idiot regatta sailors principles. Because they won the race with their
mind and not muscles and computers.
So, it’s really important to criticize the use to forsake a real arbitrator woman,
on board a dinghy, closed to an useless buoy. The world knows the chivalrus
courtesy of the YCC sailors. This day, each racer salute the lady and enquire
about her well-being. And, of course, immediatly forgot the good mark.
Car ça finit toujours par passer. Parfois ça casse. On a des exemples et des
noms. Mais comme dirait le Président : « Komm, komm, geh loss ! Viens par ici,
fout le camp ! » ou encore « On va s’faire un va t’en-venir»
14 au 22 août
La Coupe des 2 phares
Le prologue fatal
Félicitations salées à Tête en Bois et à Joshua, leurs victoires sont celles de
l’indépendance du marin de mer face aux diktats de la régate de bouées. Haro
sur les autres concurrents qui ont viré la bouée d’avant la bonne.
Toutefois, il convient de s’élever contre une pratique qui consiste à abandonner
une véritable Arbitre Honoraire de la FFV, sur un canot pneumatique, à proximité
d’une bouée inutilisée dans le parcours. On connaît la courtoisie chevaleresque
qui règne au YCC. Ce jour-là, chaque plaisancier régatier classique salua la
dame avec respect et lui tourna autour en s’enquérant de son bien-être. Il serait
utile que le Comité de Course, soucieux de ses petits fanions multicolores et de
ses coups de canon bruyants, intègre enfin des valeurs morales.
Retour au port - Back to port
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Challenge Classique Atlantique 2
Retour vers nos futurs - Back to our futures
Douarnenez - La Rochelle. Moonbeam et
Bryell 2 explosent le record !
Douarnenez - La Rochelle. Moonbeam
and Bryell 2 blow up the record
La coutume penn sardin veut que la sortie de la baie de Douarnenez s’effectue
en 3 ou 4 bords. Ce jour-là, le vent, remontant au nord, autorisa des caps directs
sur le raz de Sein. Du coup, Moonbeam alla faire visiter les accores de la longue
côte à sa quille.
Usually, you leave the large west oriented bay of Douarnenez with 3 or 4 tacks.
Derrière le grand Fife, la flotte débridait ses écoutes sous le soleil montant,
tournait la Vieille (respectueusement) avant de hisser les spis dans le vent
faiblissant.
Toujours devant, Moonbeam embouquait le passage du Trouziard, établissait
son immense foc ballon et accélérait l’allure droit au sud.
La nuit descendait sur la longue course tandis qu’un vent à battre des records
s’établissait.
Le lendemain, ils furent quelques privilégiés pour accueillir Moonbeam qui
explosait le record détenu par Pesa depuis 1998. Pas très loin derrière, Bryell 2
et son équipage de forcenés amélioraient le même record de 10 minutes.
La remise des prix fut particulièrement spectaculaire. Pangur Ban reçut le prix de
la Coupe des 2 Phares, Moonbeam se voyait attribuer la coupe Bouvet Ladubay
du patrimoine maritime et Minahouet, le grand dundee né à Royan en 1912, eut
un prix spécial récompensant sa reconstruction.
This day, the northwind allowed direct ways to the raz de Sein. So, Moonbeam,
the big Fife, made her keel visiting the hills of the long coast.
Behind her, the fleet ran under the sun, turned around the Vieille (respectfully)
before hoisting spinakers. But Moonbeam, under her wide ballon jib, sailed too
fast to be catched.
The night fell on the long race whereas a good strong wind - made for records settled.
In the next morning, Moonbeam explosed the times of the race. Followed by the
“little” Bryell 2 and her frantic crew.
Pangur Ban received the Coupe des 2 Phares Cup, Moonbeam The Bouvet
Ladubay patromonial Cup and Minahouet – born in 1912 – a special refit Prize.
Bryell 2, le départ n’est pas lancé mais l’équipage se concentre déjà
Challenge Classique Atlantique 2
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Retour vers nos futurs - Back to our futures
Navigation fluviale sur la Charente - Fluvial sailing to Rochefort
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Challenge Classique Atlantique 2
Retour vers nos futurs - Back to our futures
26 au 28 juillet
Les Voiles de Légende de La Baule
The Voiles de Légende in La Baule
Au début, il y eut la pluie ; Et à la fin, aussi. Battante, lourde, orageuse. Avec des
moustiques. Entre les ondées préalables et celle – énorme - de clôture, le soleil
et les thermiques gonflèrent les cœurs et les voiles.
Si les heures de navigation furent courtes pour des raisons de marée, elles n’en
furent que plus intenses. D’autant plus intenses que le programme des régates
débute par « Petit Déjeuner au Club » et termine par « Open Bar au Club ».
Entre ces deux moments forts, on va faire un tour de bateau devant la plage.
Malgré l’absence de quelques uns qui se remettaient du rythme des 2 Phares,
la flotte fut top. On vit s’affronter Viola, Pangur Ban, Bryell 2, Saba, Sinbad, Doris,
Lady Trix, Lulu, Pen Duick, Viola, Aile 6, Lady Trix accompagnés par les Dragon,
Requin, Soling et Tofinou. On remarqua quelques « officiels » dans les cockpits :
Pierre Follenfant, Yves Pajot et Bruno Peyron.
Il y eut des lignes franchies trop tôt et des skippers penauds, un départ très
chargé où Bryell 2 se fit étouffer (de rage) tour à tour par Saba, Viola et Pen Duick,
un bord de louvoyage effectué en ligne droite, des spis en distribil à foisons et
Sinbad qui avait ses nerfs de chute.
Lady Trix, l’ardente presque centenaire qui titille les bouts dehors sans vergogne,
gagne l’épreuve. Suivie de Bryell 2 et de Pangur Ban.
Rain, rain, rain. From the first day to the last one. Heavy, stormy one.
With mosquitoes. And sometimes pale sun and hot winds.
Because of tides, the times for sailing are rather short. But intense.
With the specific way of sailing in La Baule. The races begin with an open
breakfast and close with an open bar. Hard job to be a sailor, isn’t it ?
Between those two periods, you sail in front of the large sandy beach.
Some official skippers as Bruno Peyron, Pierre Follenfant and Yves Pajot
participated at the race.
The old and pretty Lady Trix, almost centenary, won the regatta.
With the two ennemies, Bryell 2 and Pangur Ban.
The Grek Challenge
Grek is not Greek from Greece but the name of the coffee Grinder in gaelic from
Brittania. The kitchen ustensil that people used to warm coffee on their stove.
But, the main originality of this regatta is that crews can choose the side to turn
around the island. Go to West or to East.
At departure, the whole fleet saild to the west.Apparently. Except for Lorna who,
after her oriental tour, won the race!
23 et 24 août
Le Défi Grek
Avant de dépeindre l’originalité du
Défi Grek, il convient d’apporter
une petite précision. D’abord,
l’appellation officielle des charmants
habitants de Groix est Grésillonne
pour les dames et Grésillon pour
les messieurs. Le surnom de Grek
n’est nullement homérique. Il s’agit
juste d’une histoire de cafetière que
les îliennes laissaient toujours sur le
feu. En brezhoneg, cafetière se dit
Grek.
Donc le Défi Grek ne se déroule
pas en mer ionienne mais autour de
l’île de Groix. Avec une particularité
débridée : on choisit son sens de
giration. Par l’Ouest ou par l’Est.
Au coup de canon, toute la flotte
part à l’ouest. En apparence du
moins. Remontée vers Pen Men
puis descente vers les Chats sous
spi. Orana est en tête, Juste Pure lui
colle au train suivie par Dem Deil,
Pangur Ban et Bryell 2.
Orana arrive premier en temps réel.
Uniquement en temps réel, car, à
l’issue d’un tour oriental en solo,
Lorna rafle la victoire. Autre victoire,
celle de Panurge qui remporte le
Trophée Soaz attribué au dernier
arrivé du troupeau.
Viola, Khayyam, Sinbad, Saba, Griffon et les autres à quelques mètres de la bouée
Challenge Classique Atlantique 2
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Retour vers nos futurs - Back to our futures
Régate en famille et dans les petits airs - Family regatta in light airs on board
Déventé, touché - Under wind, no wind
13 et 14 septembre
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Le Trophée Harlé et la Classique
du Pavois
The Harlé Trophy and the Classique
du Pavois
L’anticyclone continental s’imposait durablement. L’espérance de beau temps
motiva les équipages et 26 yachts se présentèrent. On salua le retour d’anciens
comme Rose Noire et sa nouvelle coque blanche. Et l’arrivée de nouveaux venus :
Maïca l’helvétique au mat spaghetti, Kotaya, Ninita, Noora, Saint Paul, Bue Island,
Jane.
Il est 4h30 du matin dans la bassin du Musée Maritime. Les marées n’attendent pas
et les moteurs fument dans la nuit pluvieuse. C’est Plaisance mais pas Byzance.
Merci pour les cafés croissants très matinaux servis sur France 1. Vive le Yacht
Cocooning Club !
Le Trophée Harlé fut l’occasion d’une belle empoignade dès le départ. A deux
reprises Lorna et Mao Ti Toï devancent Pangur Ban sur la ligne. Puis la flotte
s’étale, les spis se déploient, empannage, bords de près, chassés croisés et
l’arrivée en temps réel se joue à quelques secondes entre Maïca et Bryell 2
suivis de près par Viola.
Rentrée au bassin des Chalutiers pour accueillir Notre Dame des Flots, annoncer
les résultats, remettre les prix et dîner dans l’Encan.
Départ le lendemain pour la Classique du Grand Pavois. Chrisando , Sinbad et
Kotaya lancent les hostilités.
Quelques duels s’organisent sous le soleil. Il semble qu’une partie des équipages
ne songe qu’à profiter du beau temps pour un dernier bronzage avant l’hiver.
Régate tellement cool que Saba, tribord amure, manqua d’un cheveu d’aborder la
Recouvrance de Brest cachée sous son génois.
Au classement du CCA, Pangur Ban l’emporte sur Bryell 2.
The high pressions were on our masts. And 26 yachts participated.
4.30 a.m. nice morning rain in the Maritim Museum. Engines smoked. Special
thanks to our sailing male nurses who prepared black coffe and french buttered
croissants. Hourra for the Yacht Cocooning Club!
Hard fight on the line between Lorna and Mao Ti Toï.
And battle on the arrival between Maïca and Bryell 2.
Back to the port museum to welcome Notre Dame des Flots and dine with the
songs of a folk band.Hoisted up the John B. Sails!
Next morning, the sun is stronger than the wind. And crews seemed to prefer
tanning than racing. Very cool regatta, so cool that Saba missed to collide the 42
meters 2 masted Recouvrance, hidden behind her genoa.
Pangur Ban wins the race before Bryell 2.
Challenge Classique Atlantique 2
Retour vers nos futurs - Back to our futures
4 octobre
La Charente classique
The Charente classique
Désormais ancré dans les mœurs, le départ à la Marseillaise est un concept
simple. Les plus rapides partent en dernier afin que tout le monde puisse
arriver en même temps.
Au programme, c’est mer plate, vent léger et départ vent arrière.
Et là, on pige total l’appellation marseillaise. Ligne de départ en solo et vent
arrière, c’est comme la pétanque phocéenne : tu tires ou tu pointes. Le spi,
on le hisse avant ou après la ligne ?
Ce sont donc 22 fiers navires qui prirent des départs interrogatifs dans le
froid glacial.
C’est donc parti, un bord arrière puis des enchaînements dans la baie qui
s’achèvent par des virements sous l’île d’Aix.
Son de corne final sur Bonnie Lass pour la dernière régate de la saison
2008.
A nous la Charente et la superbe soirée à la Corderie Royale.
The rules of the traditional last race of the season are based on a special
departure: The Marseillaise. Only understandood by the French but welcome to
other nations. The order of departures is calculated on ratings. So, the quickest
boat starts the least. Ok? Except that your are quite alone to calculate the good
time to pass the line. And this day, you have to choose to hoist the spinnaker
before or after the line. Oh, Lord, won’t you buy me a colored TV.
Epilogue
Pangur Ban et son équipage terminent vainqueur du CCA 2008. La victoire de
leur yawl est un très bel hommage à son génial architecte, Olin Stephens.
Avant de partir ce 13 septembre 2008, il disait : « aussi loin que je me
souvienne, j’ai toujours voulu dessiner des bateaux rapides ».
So, 22 proud classic boats made hot departures in the frozen air.
And stop the race under the island of Aix before a Charente streaming 3 hours
slalom under sail to Rochefort.
Epilogue
Pangur Ban and her crew are the winners of the CCA 2008. The victory of
their yawl represents a respectfull homage to her genius architect, Mister Olin
Stephens.
Before his death, on September 13th 2008, he said: « as far as I remember,
I always wanted to design fast boats ».
Thalamus par beau temps dans l’axe de la Plate et de la Vieille
Challenge Classique Atlantique 2
19
Retour vers nos futurs - Back to our futures
Les Centenaires de la saison
The Centenarians of the season
Livia Grandi pour Owl, Gérard Friess pour Lady Trix, Jacques Taglang pour Tuiga
Elles sont nées en 1909 - Born in 1909
Owl
Owl
Plan de Frederic Sheppard construit en 1909 dans le chantier White Brothers à
Southampton (UK), Owl est un bateau qui a toujours navigué.
Designed by Frederic Sheppard and built in the White Brothers shipyard in
Southampton, Owl nevers stopped sailing.
Rallongé dans les années ’20 (chantier suivi par l’architecte), volé dans les
années ’60, transport de charbon dans les Nouvelles Hébrides et retrouvé
démâté en Nouvelle Calédonie, Owl est arrivé en France dans les années ’70.
L’actuel armateur en est tombé amoureux lors d’une virée à Saint-Malo avec des
amis en 1990.
Jumboised in the twenties, stolen in the sixties, discovered without masts in New
Caledonia, coal tramper in the New Hebrides, Owl was rebuilt and re launched in
1996. And sailed again from Bretagne to Canaries, West Indies and New York. In
1998, her keel discovered the Meditterranean Sea for the first time.
In 2001, Owl won the the firts regatta of the America(s
Cup Jubille in Cowes. And now, the old lady sailed from
Porto Rotondo, Sardenia.
Mis en chantier dans le sud de l’Angleterre, depuis sa
remise à l’eau en 1996 Owl a énormément navigué : la
Bretagne, les Canaries, les Caraibes, New York. Mais
un des moments les plus émouvants ce fut en 1998 :
la première fois en Méditerranée ! Quelle émotion de
passer le détroit de Gibraltar !
We are happy and proud to be a part of the life of our
pretty centenarian lady.
Longueur Hors tout : 21,50 m
Longueur à la flottaison : 14,20 m
Longueur au pont : 16,80 m
Tirant d’eau :
2,40 m
Largeur : 3,80 m
Surface de voile :
170 m²
En 2001 Owl participe au Jubilée de la Coupe Amérique
à Cowes en remportant la première régate.
Depuis il est basé à Porto Rotondo, en Sardaigne.
Nous sommes heureux et fiers de faire partie de la vie
de cette belle dame des mers aujourd’hui centenaire !
Lady Trix
Lady Trix
La lady fut dessinée par Alfred Mylne et construite par le chantier Malcom en
1909 pour la jeune demoiselle Howden, fille d’un important client de l’architecte.
Le voilier navigua longtemps sur la rivière Clyde en Ecosse, avant de venir
s’installer, en 1999, à l’Ile aux Moines dans le Golfe du Morbihan.
C’est là que Gérard Friess, équipier sur Viola (Fife 1908), découvrit la coque
abandonnée dans un chantier « pareille à un fantôme ». Et qu’il en tomba
éperdument amoureux.
Il confia Lady Trix au chantier Candela à La Rochelle
où Bruno Barbara et Patrick Moreau réalisèrent un
fabuleux travail de restauration. « Comme la séduction du
Stradivarius sur le virtuose »
Designed by Alfred Mylne and built by Malcom shipyard in 1909 for Mrs. Howden,
the young daughter of a Mylne big customer, to sail on the Clyde River (Scotland)
Lady Trix remained Scottish till 1999 when their last owners decided to bring her in
l’Ile aux Moines, in this wonderful & exceptional site of “Le Golfe du Morbihan”.
Dimensions Longueur hors-tout :
Longueur au pont :
Longueur à la flottaison :
Maître bau :
Tirant d’eau :
Surface de voile :
20
Owl
9 m 70
8 m 76
5 m 74
2 m 13
1 m 32
52 m² au près
When Gerard Friess , the current owner and usual crew onboard Viola ( Fife 1908),
advised by its owner, the Shoe Maker Yvon Rautureau
to join the Traditional Sailing World, saw her for the 1st
time in Brittany, asleep in a shipyard, like a ghost , waiting
wisely for a new Lover, he literally fall in love for her &
jumped into this new world, full of enthusiasm & passion.
The old Lady was then sent to La Rochelle to spend
a full year into the expert hands of Bruno Barbara, his
team (Candela Shipyard) & Patrick Moreau to get lovely
& passionately restored as a Stradivarius ready to seduce
the best Orchestra Maestro…
Pen Duick & Lady Trix au combat
Challenge Classique Atlantique 2
Retour vers nos futurs - Back to our futures
Tuiga
Tuiga
Actuel porte-drapeau du Yacht Club de Monaco, Tuiga fait partie
de la poignée des derniers 15 Mètre J.I. qui naviguent encore de
nos jours, sur les 19 construits à l’origine.
Il fut construit en 1909 pour l’ami du roi d’Espagne Alphonse XIII,
le duc de Medinacelli chez William Fife & Son à Fairlie, afin de
donner la réplique au yacht royal également réalisé à partir d’un
plan Fife, Hispania.
Le duc étant un excellent yachtsman, on raconte que lorsque les
deux yachts régataient l’un contre l’autre, Tuiga laissait gagner le
yacht royal…
Vainqueur du Fastnet en 1935, le bateau a été superbement
restauré en 1990 par Fairlie Restoration qui a strictement respecté
les plans d’origines.
Actually symbol of the Monaco Yacht
Club, Tuiga is on the last 15MJI who sailed
among the 19 originally built.
© C.Borlenghi
She was built for the Duke of Mediacelli,
a friend of King Alphonse XIII of Spain, by
William Fife & Son in Fairlie, for being the
sparring partner of King’s yacht, Hispania.
Winner of the Fastnet Race in 1935, Tuiga
has been perfectly restored by Fairlie
Restoration.
Tuiga vue du ciel
© Philippe Gavin
Longueur extrême : 28,70 m
Longueur hors-tout : 23,18 m
Longueur à la flottaison : 15,68 m
Maître bau :
4,3 m
Tirant d’eau : 3,0 m
Surface de voile : 3
70 m²
Tuiga en course
Challenge Classique Atlantique 2
21
‘
Les resultats du CCa 2008 - the CCa 2008 results
LeS reSuLtatS du CCa 2008
2008 CCa reSulTS
RG
YACHT
architectes
Date
Year
Classes 1 à 3
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
21
23
24
25
26
27
28
29
30
31
32
33
33
35
36
37
38
39
40
41
42
43
43
43
46
46
48
48
48
48
52
53
53
53
53
53
53
53
53
53
53
53
53
53
53
53
53
53
pAnGur BAn
Bryell ii
lornA m
orAnA
sinBAd
kyrielle
christinA ii
sABA
mArGuerite
mAo titoi ii
chrysAndo
tete en Bois
khAyyAm
pAnurGe
ViolA
thAlAmus
JoshuA
sylphide
yori iV
mAicA
eloise 2
doris
pAtch
GriFFon
pen duick
VelA
lA mArsA
woodstock
kotAyA
lAdy trix
Just pure
FionA
skAl
rose noire ii
krAken ii
rAAn
moonBeAm oF FiFe
deAm deil
pAtriot
christABelle ii
lulu
VoGAn
GullVeiG
huFF oF hArklow
AnGelinA
petite lAnde
mordicus
rhun predou
tAlenduic
ninitA
sAn mArco ii
noorA
JAne
AitA
cArpe diem
dAme JeAnne
ellAd
FliBustier
kAnthAnA
kAtAree
loBellA
seA scAmp
seAGull
stiren
ZAledA
phrynee
simmernocht
Andromede
sAint pAul
stephens
mAAs
clArk
mAc Gruer
mylne
illinGworth
VAn essen
illinGworth
serGent
stephens
liddstone
Brix
stephens
cornu
FiFe
serGent
knocker
humBlot
tAlmA BertrAnd
illinGworth
serGent
cArter
sunden
lemAire
FiFe
cornu
serGent
rAynAud
VernAZZA
mylne
ABrAhAnson
FiFe
rhodes
cornu
derVin
illinGworth
FiFe
cornu
reimers
cornu
1948
1964
1948
1959
1950
1964
1966
1964
1958
1969
1937
1961
1939
1964
1908
1964
1962
1968
1948
1964
1957
1968
1966
1967
1898
1960
1983
1965
1953
1909
1950
2005
2006
1964
1950
AAs
sAlAnder
Fox
1903
1961
1962
1966
1897
1947
1951
1951
Alden
Brix
1992
1932
humBlot
BurGess
cornu
1973
2004
1965
norin
roy
cornu
FiFe
cornu
1972
1998
1958
1957
1945
roBB
cornu
mylne
stephens
mcGruer
cornu
1959
1956
1836
1903
1936
1966
1961
humBlot
derVin
1960
rABot - cAilleBotte
Semaine
Classique
Régate du
Centenaire
Tro
Cantarel
phée
Sergent
Les Jauges
Classiques
Echappée
Classique
Belle
Plaisance
Coupe des
2 Phares
Voiles de
Légende
Défi
Grek
Trophée
P. Harlé
Classique
du Pavois
Charente
Classique
LR
LR - Yeu
2008
LR
La Trinité
Quiberon
Bénodet
BR-DZ-LR
La Baule
Groix
LR
²LR
LR
Rochefort
DNC
99
95
96
91
98
95
100,25
98
95
97
99
93
96
94
85
110,25
109
104
108
98
99
97
93
92
95
94
87
100,25
99
96
98
100,25
99
95
98
96
92
94
91
84
99
100,25
97
98
95
96
100,25
97
98
93
99
97
98
90
100,25
92
87
93
83
90
83
99
84
95
93
DNC
90
85
88
92
95
86
100,25
92
90
86
DNC
89
DNC
90
92
91
86
96
94
89
94
96
103
94
102
106
97
96
98
93
94
97
98
92
96
91
88
93
86
97
100,25
98
97
89
86
82
89
DNC
84
95
87
DNC
91
DNF
99
87
DNC
96
100,25
94
DNF
84
85
83
84
88
89
85
86
94
91
82
DNC
85
88
87
100,25
92
91
93
91
94
89
85
107
DNC
91
93
88
DNC
DNC
DNF
83
93
92
90
87
86
95
99
DNF
84
94
90
88
83
DNC
NJ
NJ
NJ
NJ
NJ
NJ
NJ
DNC
NJ
NJ
DNC
91
99
83
DNC
82
DNC
83
DNC
DNC
DNF
DNF
DNF
NJ
DNC
82
96
95
90
93
85
91
105
99
98
DNC
93
94
100,25
87
84
DNC
en Bleu : les yAchts qui pArticipAient cette Année pour lA première Fois Au ccA
22
95
92
92
90
96
100
97
101
88
89
97
97
Challenge Classique atlantique 2
NJ
NJ
‘
‘
Les resultats du CCa 2008 - the CCa 2008 results
reSuLtatS du trophee J C LaNgLoiS 2008
1
2
3
4
5
5
5
8
9
10
10
10
10
14
14
16
16
16
19
19
21
21
21
24
25
26
26
26
26
26
YACHT
Bryell ii
pAnGur BAn
doris
kyrielle
sABA
sinBAd
lornA m
AitA
mAo titoi ii
ZAledA
JoshuA
pen duick
orAnA
VoGAn
chrysAndo
christinA ii
FionA
loBellA
stiren
krAken ii
GriFFon
khAyyAm
VelA
ViolA
dAme JeAnne
eloise 2
pAtch
mAGuerite
Just pure
kotAyA
‘
RG
architectes
mAAs
stephens
cArter
illinGworth
illinGworth
mylne
clArk
norin
stephens
mAc Gruer
knocker
FiFe
mAc Gruer
AAs
liddstone
VAn essen
FiFe
cornu
stephens
derVin
lemAire
stephens
cornu
FiFe
cornu
serGent
sunden
serGent
ABrAhAnson
VernAZZA
Date
Year
Semaine
Classique
Régate du
Centenaire
Trophée
Sergent
Les Jauges
Classiques
Echappée
Classique
Belle
Plaisance
Coupe des
2 Phares
LR
LR - Yeu
2008
LR
La Trinité
Quiberon
Bénodet
BR-DZ-LR
7
7
1964
1948
1968
1964
1964
1950
1948
1972
1969
1966
1962
1898
1959
1947
1937
1966
2005
1956
1963
1950
1967
1939
1960
1908
1958
1957
1966
1958
1950
1953
7
4
1
7
4
4
1
7
7
7
4
7
4
7
7
4
7
1
1
Défi
Grek
Trophée
P. Harlé
Classique
du Pavois
La Baule
Groix
LR
²LR
4
4
7
4
1
7
7
7
7
7
1
Voiles de
Légende
4
1
1
4
4
7
7
1
4
4
7
7
4
1
1
4
7
7
1
1
7
4
4
7
7
4
1
1
1
1
1
4
1
1
4
4
1
4
4
4
4
1
1
1
1
1
1
1
1
1
CLaSSemeNt de La Coupe marguerite 2008
Pts
RG
EqUIPE
YACHT
Semaine Classique de la voile
Coupe des 2 Phares
La Rochelle
BZ - DZ - LR
hollAndAis
Bryell ii - christinA ii _ lornA
194,00
311,00
Bik
JoshuA - sABA - tete en Bois
181,00
297,00
les
stephens
khAyyAm - mAo titoi iii - pAnGur BAn
177,00
217,25
4
les
serGent
eloise ii - lyciA - mArGuerite
179,00
212,00
5
les
ecossAis
seAGull - sinBAd - ViolA
188,00
505,00
1
478,00
2
394,25
3
391,00
188,00
les
les
Challenge Classique atlantique 2
23
Aux bons soins des voiles
Bertrand Chéret
Règl(es d’)âges
Je ne peux rien pour qui ne se pose pas de questions. Confucius
Voici donc la question de l’ami Jacques :
- Je propose… que tu fasses un papier sur les principaux réglages pour aller vite
en classique… Qu’en penses-tu ?
ça dépend, répondait Fernand (Je parle de Fernand Hervé)
On prétend que dans la Grèce antique, les carènes des véloces trières étaient
inspirées par les plus jolies pucelles du pays. Plus près de nous, d’autres
s’inspirèrent du maquereau : les temps changent. De même ceux qui, par ailleurs,
pensent comme Brummell que les canons de l’élégance consistent à se fondre
dans le moule de la mode se trompent : nos Classiques ne sont pas classiques,
puisque originaux.
Le Grand Charles, à qui l’on reprochait son physique répondait : On ne peut
ressembler à tout le monde quand on est quelqu’un.
Différents, ils ne laissent pas indifférents. On les reconnaît. Hors normes, ils sont
singuliers et pluriels par leurs exigences. En conséquence, ils ne supportent pas
tous le même traitement. Ils peuvent même réagir viscéralement à certaines des
potions magiques de nos sorciers actuels ; signe qu’ils sont bien vivants.
Être dans le vent, c’est une obsession de feuille-morte. Jean Guitton.
Revenons à la question : que faire pour faire courir vite ces trempés d’histoire ?
Comment réactiver leur circulation sans dégrader ce qui fait d’eux des notables ?
Je ne vois qu’une seule réponse qui convienne à tous : Les aimer. (C’est l’amour
plus que la raison qui les anime, mais je ne vous apprends rien.)
Quand on vous voit, on vous aime. Quand on vous aime, vous voit-on ? Jean
d’Ormesson.
Trop d’admiration, de déférence, ne conduiraient-elles pas à l’indulgence voir à
l’ignorance ? Sans amour, il est impossible de comprendre ce qui affecte votre
coursier, ses travers intimes. Il faut se raisonner, composer avec son mal être.
S’il présente des allergies, vous pouvez hurler, il n’entendra pas, vous pouvez
taper du poing, vous serez le seul à avoir mal. Commencez plutôt par l’écouter
avec attention, puis avec délicatesse, en le titillant un peu, demandez-lui ce qu’il
aime ou refuse. Après, cherchez s’il est opportun de réduire ses points faibles
ou de renforcer ses points forts ; toujours avec son accord, bien sûr. On ne règle
pas un Stradivarius, on s’accorde avec lui.
24
3 / La percussion
Plus le bateau est lourd et plus il est difficile de l’arrêter. Pour passer le clapot il
faut une bonne force vive, du poids et de la vitesse (1/2 mV2), d’où la nécessité
de sacrifier plus ou moins de cap à la vitesse. Plus le voilier est petit et léger et
plus c’est le cas.
4 / La puissance
Pour arracher la masse on a besoin d’un moteur puissant. À défaut de surface,
on joue sur la cambrure des voiles. Au près, par vent faible, on recherchera des
voiles creuses (on ne démarre pas en côte en quatrième).
Le voilier bien lancé et suffisamment toilé, on peut tenter d’affiner les voiles
pour en réduire la traînée vélique et améliorer le compromis : cap / vitesse. (Sur
eau plate et à mesure que le vent monte). Une fois lancé, la masse permet
d’entretenir la vitesse, notamment en cultivant le vent apparent. (On évitera tous
mouvements intempestifs susceptibles de briser l’élan.)
5 / La forme
Roulis
Ils sont de la génération « bon rouleur, bon marcheur ». Ils sont tellement en
forme qu’ils roulent des mécaniques.
Les sections en arc des carènes, pensées pour limiter la surface mouillée,
facilitent leurs ronds de jambes, mais leur rythme trop endiablé peut conduire
en enfer. Pour limiter l’excès, vous pouvez changer de trajectoire (quitter le plein
vent arrière) ou de réglages (Spi moins brassé et plus bridé, ou grande voile
légèrement ramenée dans l’axe, avec chute bien tendue)
Tangage
Paul Valéry trouvait qu’ils picoraient bien la mer.
Facilités par leurs extrémités fines, ils tanguent volontiers. Cette balançoire
provoque des sautes, du vent apparent, qui vont croissant à mesure qu’on s’élève
dans la voilure. Pour s’auto adapter, celle-ci à besoin de vrillage, avec une chute
assez libre. Pour garder de la puissance, on maintient plus de volume de bordure
qu’on ne ferait sur eau plate dans les mêmes forces de vent.
Les choses sont complexes, il ne faut pas les rendre plus compliquées. Restons
sur les traits les plus communs de nos estimés compagnons (compagnes, si
vous êtes anglais)
Leur première caractéristique vient de leur belle constitution : un déplacement
forcément majestueux. Ce physique se retrouve à plusieurs niveaux de leur
performance.
6 / L’inertie de masse en rotation
En ligne, on ne se préoccupe que du déplacement total. En rotation, on doit,
de plus, se soucier, des moments d’inertie, c’est-à-dire de la distance des
différentes masses constituantes par rapport à leur centre de rotation. Il peut
s’agir d’un lacet (changement de direction), du tangage ou du roulis. Plus la
masse est éloignée de son axe de rotation et plus, dans un premier temps, elle
résiste au déplacement, mais plus elle l’accentue s’il se produit. (Ex. : l’ancre sur
l’étrave peut d’abord freiner le tangage avant de l’amplifier). Aptes au tangage,
nos Classiques s’accommodent mieux d’un centrage des poids.
1 / L’enfoncement
Agissant au cube, une surcharge pondérale agit peu sur l’enfoncement, la
surface mouillée et donc la friction de carène. (Une carène sale est beaucoup
plus néfaste). Comparés aux voiliers modernes, nos classiques se débrouillent
plutôt mieux dans les petits airs que dans la brise.
7 / Le gréement
Contrairement aux gréements modernes, il peut être nuisible de le souquer. Les
mâts, les coques en bois sont susceptibles d’en souffrir.
Plus généralement un peu de jeu permet d’amortir les mouvements parasites
subits par la voilure et dont on vient de parler.
2 / L’inertie de masse
En route, plus le voiler est lourd et plus il est difficile à lancer. La priorité est de
trouver la vitesse cible, la meilleure pour les conditions de vent et de mer du
moment, avant d’aller chercher le meilleur cap. Par vent faible, cela conduit à
se rapprocher plus ou moins du vent de travers, l’allure la plus raide, avant de
chercher le cap cible. (La recette vaut aussi pour le vent arrière)
Chaplin ce n’est pas tout à fait la vérité, mais c’est plus beau que la vérité. Michel Serrault
Sinbad au débridé, rien n’est horizontal mais c’est beau
Le coin du charpentier
Tout ce que vous vouliez savoir sur les vernis
Bruno Barbara
Généralement, lorsque un yacht classique aborde un ponton ou un
quai, le badaud sympathisant s’émerveille de la qualité des vernis juste
avant de s’inquiéter du temps consacré à leur perfection.
Bruno Barbara, ébéniste, charpentier de marine, restaurateur de yachts
classiques, skipper, chef d’entreprise et lauréat 2007 du Talent du Bienêtre – récompense dédiée à l’excellence du savoir-faire - nous livre
ses réflexions et ses conseils pour réaliser, entretenir et conserver de
beaux vernis.
Les vernis constituent la vitrine des bois qu’ils protègent et participent
ainsi indéniablement à l’éclat de nos voiliers. Pour résister à leurs deux
principaux prédateurs, le soleil et l’eau, ils doivent être appliqués avec
précaution et en couches multiples. Un entretien suivi et les toiles de
protection préserveront ensuite durablement leur aspect.
Voici quelques observations destinées à sensibiliser et conseiller l’a
(r)mateur dans son approche de ce sujet sensible.
Relevé
Un généreux lessivage jusqu’aux moindres recoins permettra de chasser toutes
les particules déposées et de localiser plus facilement les zones dégradées.
L’idéal est de récurer à cette occasion les lattes de teck nu, sur lesquelles la
pellicule cotonneuse qui se forme progressivement sous l’action des intempéries
favorise les rétentions de poussières. Le brossage et les décapants ravinent le
bois, contrairement aux tampons verts utilisés avec un détergeant ménager.
Les rétentions d’eau
L’eau n’est néfaste que lorsqu’elle reste longtemps prisonnière au contact du
vernis. En effet, détrempé en permanence, le film se ramollit, le bois se gorge
d’eau, et pour finir le tout se sépare. Un plan de pont et des menuiseries bien
conçus prennent soin d’éviter ces situations. Le décollement du vernis peut
aussi venir d’une infiltration par un joint décollé entre deux pièces. Peu de
solutions dans ce cas si ce n’est de recoller, car dès que les pièces ne forment
plus un ensemble homogène, les mouvements ou simplement les variations
d’hygrométrie suffisent à laisser passer l’eau. Rappelons qu’à la construction
toutes les faces en contact doivent être imprégnées de colle, ou si l’assemblage
ne se fait que par liaison mécanique, il est indispensable de peindre ou de vernir
les surfaces avant leur assemblage pour garantir la perméabilité des faces entre
lesquelles l’eau pourra s’infiltrer.
Bois nus
Le décapage chimique, salissant et polluant, peut être indispensable pour les
surfaces compliquées ou fragiles. Le décapeur thermique, d’utilisation délicate,
est d’une bonne aide pour dégrossir la mise à nu sous de fortes épaisseurs.
Les bois à nus seront poncés au grain 180, après le 120, voire le 80 selon
les essences. Les ponceuses font un travail souvent trop puissant et aveugle
dans des mains innocentes, et laissent toujours des traces circulaires qui ne
réapparaissent très disgracieusement qu’après 2 ou 3 couches de vernis. Un
racloir tranchant, le juste grain sous la cale à poncer appropriée font un travail
tout aussi efficace, en silence, toujours dans le sens du fil. Les épaisseurs de
vernis dégradé mais aussi la fine couche de bois décoloré doivent être érodées
totalement, au risque de voir réapparaître des nuances jaunâtres à l’application.
La vérification est facile avec un chiffon imbibé de diluant.
26
Le matériel, le vernis
Le choix du matériel utilisé pour la préparation et l’application joue un rôle
essentiel dans le plaisir, l’efficacité et la qualité du résultat des opérations. On
trouvera dans la gamme professionnelle les grattoirs, abrasifs, pinceaux et vernis
à sa convenance. Les produits bi-composants forment dès leur polymérisation
un film dur, étanche et peu souple. Son utilisation doit être limitée aux surfaces
inertes telles que bois moulés, lamellés collés et contreplaqués, et ne présentant
pas le moindre risque d’infiltration d’eau par quelque joint ou perçage. En effet,
contrairement aux produits microporeux, ils ne laisseront à l’humidité infiltrée
aucune possibilité de s’évacuer, entrainant tâches et pourriture partout ou elle
restera emprisonnée. Au contraire, les vernis (et peintures) mono composants
resteront plus souples et respirant. Le respect des instructions précisées dans la
fiche technique complète demandée au fournisseur du vernis (dilution, temps de
séchage, températures, hygrométrie…) donne la garantie du résultat optimum.
Le masquage
C’est un détail qui n’en est pas un. On se souvient du scotch blanc laissé quelques
jours ou quelques semaines de trop autour des peintures, que l’on a passé plus de
temps à enlever que passé à tout le reste. Pire encore, certains adhésifs laissent
migrer des agents dans les supports sur lesquels ils restent trop longtemps, qui
interdisent ensuite le séchage des produits appliqués.
On choisira la bande de masquage bien spécifique, au minimum 25mm, voire un
confortable 50mm de large, onéreuse certes, qu’on ne laissera jamais plus d’une
semaine en extérieur, jusqu’à 3 semaines au sec et à l’ombre.
Les surfaces à vernir seront délimitées au départ par ce masquage. Il sera
soigneusement positionné et marouflé (pressé vigoureusement au contact du
support) sur les surfaces sèches et dépoussiérées, pour éviter les surprises au
démasquage. Sans avoir à revenir au bois nu et ses fastidieux décapages et
ponçages.
La poussière
Sur des bois à nu, l’aspiration puis un essuyage général avec un chiffon
légèrement imprégné de diluant évitera de relever les pores du bois nu ; sinon un
linge humidifié à l’eau est suffisant par la suite. On évitera le papier qui perd ses
constituants.
L’égrainage
Cette opération ne consiste, comme son nom l’indique, qu’à supprimer les
impuretés inévitablement accumulées dans le film de produit, ou encore les
pores du bois soulevés par les couches d’impression. On en profite pour niveler
partiellement les irrégularités laissées par le pinceau. Un abrasif au grain 320 est
suffisant, il réduira surtout le risque d’enlever l’épaisseur préalable (le comble !),
en particulier sur les arêtes les plus exposées. Le grain 240 convient à l’égrenage
d’un film plus ancien avant de nouvelles couches préventives.
L’accroche dite « chimique » autorise l’application de plusieurs couches sans
ponçages intermédiaires, à condition de ne pas dépasser environ 3 jours entre
2 couches successives. Ainsi, on peut idéalement superposer 3 ou 4 premières
couches avant d’avoir à faire le premier égrenage.
Support de winch sur Dem Deil
À défaut, on doit assurer une accroche dite « mécanique » de la nouvelle couche
sur la précédente par un léger ponçage, garantissant l’ancrage du produit dans la
surface ainsi « déglacée » ; les produits mono composants autorisent de larges
plages d’utilisation au regard de l’hygrométrie et des températures. Mais on peut
difficilement réduire les temps de durcissement avant sur couchage ou ponçage
autrement que par une bonne ventilation et une température supérieure à 15°C,
soit en général 24 h (72 h à 2 semaines pour les coulures !).
Le reflet
Sinon, la fastidieuse mise à nu de la totalité sera obligatoire, comme c’est si
souvent le cas pour tous ceux qui se laissent séduire par la belle allure des trois
premières couches, se promettant d’y revenir bientôt, ou trop optimistes sur les
qualités d’un produit.
Année après année, on progresse dans cet art. Je vous rassure : on finit presque
par aimer ça, en tout cas c’est l’incontournable prise de conscience pour savourer
à leur juste valeur les bois étincelants de nos espars, superstructures de ponts
ou aménagements.
A l’application, la bonne gestuelle et le contrôle visuel permanent permettront
d’éviter les redoutables manques ou coulures, et d’enlever aussitôt un poil de
pinceaux perdu. Il suffit de toujours se positionner pour faire miroiter l’éclairage
et ainsi visualiser parfaitement l’état de la surface travaillée.
Épaisseur du film
En particulier pour les vernis extérieurs, c’est l’épaisseur formée par les couches
successives qui offre la protection durable. Érodées progressivement par
l’exposition au soleil, 6 à 8 couches avant la saison peuvent suffire, mais il faudra
soigneusement retoucher sans tarder les moindres points d’usure ou éclats, et
reconstituer à l’automne l’épaisseur perdue pendant l’été. 3 couches épaisses par
un beau week-end d’automne, puis au printemps 3 nouvelles plus soignées, on
repart tranquille et rutilant pour la saison. On peut ainsi espérer tenir 4 ou 5 ans
sans avoir à revenir au bois nu après les fastidieux décapages et ponçages.
Les conditions météo
Dans la pratique une séance de vernis commence par le bon choix de la période,
en particulier si on travaille en extérieur. Des conditions anticycloniques sont
idéales, mais en gros, tout temps sec avec vents faibles est favorable.
Les tauds de protection
Les tauds, toiles de protections amovibles mises en place pendant les périodes
d’inactivité, sont la solution radicale contre les rayonnements destructeurs.
Partout où c’est possible, l’investissement représenté par leur confection sera
vite compensé par la durabilité apportée aux vernis qu’ils recouvrent. Il faut éviter
les couleurs foncées, sous lesquelles le bois peut chauffer, se dessécher et faire
craquer le vernis. Un tissu perméable laissera le bois respirer, tout en régulant
les variations hygrométriques diurnes et saisonnières.
Le rinçage
De retour au port, le rinçage et l’essuyage des vernis enlèveront les cristaux de
sel et autres dépôts calcaires qui rayent et ternissent le brillant.
Dernières recommandations
Si on termine de vernir trop tard dans l’après midi, la chute de température risque
de ternir le vernis encore frais. Une surface trop chaude ou le vent réduisent le
temps de viscosité idéale, nécessaire pour raccorder la surface terminée avec
la suivante. Au contraire une surface trop froide prolongera excessivement le
temps d’évaporation des diluants, favorisant la formation des coulures.
Pour limiter les marques d’« attaque » du pinceau, son dernier passage doit partir
de la surface la plus fraiche pour s’enlever au-dessus de la surface aux solvants
plus évaporés. Rappelons encore que le silicone est le cauchemar des peintres
et vernisseurs : répulsif sans antidote, il pollue irrémédiablement les surfaces
du bord où il s’est un jour invité. Disséminé par le ponçage ou le nettoyage,
il entraînera une infinité de cratères à chaque particule, sournoisement résistantes
à tout diluant, chiffon vinaigré ou aspirateur.
Conclusion
28
Il faut bien compter une semaine de disponibilité pour une petite « campagne
de vernis » destinée à constituer ou superposer une épaisseur suffisante du film
protecteur.
Le pied de mât de Viola
Bordés et Varangues sur Lady Trix
le divan classico velique
Dr Phil Payne
Chapitre utile lorsqu’on découvre que William Fife Junior et Sigmund Freud furent contemporains.
William Fife, dessin
de Michel Montigné
Jusqu’à
présent,
nul
ne
s’était
risqué à introduire des fondements
psychanalytiques dans les raisons
personnelles et confidentielles qui mènent
un individu à armer et à naviguer sur un
bateau dit classique. Essentiellement
parce que du temps du neuvage des
canotes – il y a 100 ans ou plus ou moins
- on n’avait d’autre choix que celui de
naviguer sur un désormais dénommé
Classique.
Rappelons donc que Classique se traduit
par : qui à vu le jour lorsque le grand
père de l’armateur actuel faisait le jeune
homme ou que l’armateur actuel lui-même
était encore un galopin. Ce qui introduit
déjà des variables dans cette étude
concernant les relations âge du capitaine/
âge du navire et état du navire/état du
capitaine. Yach’ mad, mon bon Sigmund.
La superbe revue CCA paraissant annuellement, nous avons donc pris
le temps de nous allonger scientifiquement sur le divan d’une ravissante
lady centenaire en bois pour débattre des méthodes spirituelles d’aborder
ces lignes. À noter pour l’objectivité de l’étude qu’une tentative analytique
hétérosexuelle se déroula sur la couchette dite matrimoniale d’un voilier de
course croisière connu pour la constance de son angle de gîte et qu’elle fut
déclarée hors sujet (l’analyse, of course).
Nous avons délibérément zappé les relations entre l’homme libre, sa chérie, le
rat et la mer d’après Charles Baudelaire ainsi que les intrusions liées aux tarets
dont la forme phallique et les méfaits intrusifs ont été largement combattus par
l’utilisation de produits néfastes à l’environnement et fastes à l’homme.
Le panel de volontaires fut établi suivant des critères techniques aussi précis
que les motivations qui guident les météorologues dans leurs prévisions
estivales. Il ressort de l’étude un certain nombre d’associations et de tendances
livrées dans leur jus :
• La relation étroite entre le blé et le bois. Il s’avère à l’analyse que si le terme
de bois est utilisé dans son contexte flottant, le blé végétal devient sonnant et
trébuchant. Certains ont affirmé que, dans la même logique végétarienne, ils
utilisaient les transformations alambiquées du raisin, du houblon et de l’orge
pour oublier les quantités de blé nécessaires à tremper dans l’eau un morceau
de bois vernis.
• La confusion oedipienne entre la mère et la mer. Sur un bateau classique •
où l’on touche la mer du bois – le père est iroko, acajou, teck et chêne qu’on
abat. Une sieste dans un bateau en bois dont le pont fuit s’apparente au retour
à l’immersion fœtale. Bonne nuit quand même.
• Les relations sexuelles. On connaît la position des missionnaires sur le sujet.
Toutefois, la douceur des mouvements pénétrants de la quille longue dans la
lame en dit long sur les pulsions libidineuses du plaisir classique.
• L’hypnose de la vague. On constate une certaine confusion entre l’hypnose
due à l’observation de la mer formée depuis la quiétude d’un dog house vernis et
l’apparition corrélative du mal de mer provoquant la contemplation nauséeuse
du seau en plastique encore vide. On sait que l’hypnose classique s’avère
30
inopérante lorsque le thérapeute
engoncé dans son ciré sent monter
en lui des bouffées de chaleur
moites. Il convient alors d’utiliser de
façon classique, l’hypnose éthylique
brutale.
• L’hystérie classique. Elle amène
n’importe quel sujet sain à déambuler
durant des heures le long de quais
déserts, pluvieux et battus par les
vents pour contempler le vestige
pourri d’une épave de yacht plus
ou moins centenaire qu’il rêvera
longuement de faire renaître.
• Voila, c’est fini.
Nous remercions les esthètes,
Sigmund Freud
sybarites,épicuriens et
conservateurs du patrimoine participant à l’enquête dont l’intérêt scientifique
complémentaire porta sur la dégustation comparative de magnums millésimés,
de cubitainers éventés, de malts tourbés, de jaune provençal et d’inconsciences
subséquentes.
Témoignages
Michel Vanek
Si l’on regarde aujourd’hui tous les bateaux dans un port de plaisance, ils se
ressemblent tous, sont tous en polyester et ont pratiquement tous les mêmes
formes. Lorsque notre œil est soudain attiré par la beauté des formes, la qualité des
menuiseries et le choix des bois, La richesse de l’accastillage ancien, le gréement
original etc, ... Bref cette richesse indémodable qui fait que l’on peut rester à admirer
ce bateau en se disant: même s’il est moins confortable et moins rapide, quelle
satisfaction et quel honneur de naviguer sur de tels bateaux.
Comment définir « le bateau Classique » ?
Un bol de nostalgie, une folle envie d’admirer ces belles choses indémodables,
tellement bien construites : élégance, travail bien fait, beauté des bois, sans
oublier les performances. Voilà ce qui provoque un amour éternel pour les bateaux
classiques souvent dessinés par les plus grands architectes du siècle passé. Bien
amicalement,
Christian Février
J’adore autant la voile de l’avenir que celle de tradition. Je ne trouve pas que ce
renouveau des bateaux classiques soit du passéisme, c’est avant tout une défense
de la mémoire. Et sur le plan de l’image c’est ce qu’il y a de plus fascinant, car
ces bateaux ont une gueule, une histoire et leurs équipages sont plein de gens
passionnants.
Bruno Peyron
Ma plus grande surprise fut le plaisir de barre, la simplicité de manoeuvre et l’aisance
insolente du passage dans l’eau de cette carène étonnante. Amoureux des Fife
comme beaucoup, il semble que ce plan Alfred Mylne (Lady Trix) était un peu en
avance sur son époque, comme le montrent les formes arrière, très tendues, qui font
planer ce bijou dès les premières vagues. Autre sujet d’étonnement : nos tentatives
de porter le foc-ballon par 30 nœuds de vent furent d’une insolence qu’il conviendra
de mesurer à l’avenir...
Etre « Jury » c’est quoi ?
Claude Harlé
Pour l’autorité fédérale, dont nous dépendons, nous sommes tous des Arbitres
(Comité de Course, Jury, Jaugeurs, auquel fut récemment ajouté un Directeur de
Course).
Récemment aussi, le mot Jury fut remplacé par Comité de Protestations. Mais
après enquête auprès des usagers, comme l’on dit…, le mot « Jury » est revenu
aussi vite qu’il avait disparu…
On nous désigne pompeusement « le corps arbitral » chacun de nous (chacune,
n’oublions pas les femmes…) ayant une mission bien précise :
• Le Comité de Course gère les parcours, les départs et arrivées de
courses
• Le Jury arbitre les différents entre les coureurs dans le respect
des règles de course
• Le Jaugeur s’assure que le bateau est conforme aux exigences de
la « classe » et des organisateurs de l’épreuve.
Et, dans les grandes épreuves, le Directeur de Course est LE responsable de son
bon déroulement technique. Et quand je dis LE c’est lui qui va en tôle en cas de
gros pépin !
Voici brossé un peu à la louche, et pour ne pas lasser le lecteur, nos destinées
lorsque nous acceptons de participer à telle ou telle manifestation, quelle qu’en soit
la dimension et le prestige.
Mais j’ajouterai dès maintenant, que si nous acceptons de participer au « jeu » des
coureurs - car jusqu’à preuve du contraire, je considère la régate comme un JEU
– c’est que nous avons fait le choix de donner bénévolement de notre temps pour
un sport que nous pratiquons et que nous aimons. Car il ne suffit pas d’avoir une
connaissance purement livresque pour se croire un bon Arbitre.
Si je suis encore aujourd’hui Comité de Course Régional, (enfin je crois), je préfère
et j’ai choisi depuis de longues années, le rôle de Jury pour lequel j’ai obtenu assez
rapidement, je l’avoue ! (grâce à de très bons maîtres), le titre de Juge National.
C’est pas l’bac, que je n’ai jamais eu…. mais ça y ressemble !
Claude Harlé, jury … et navigatrice avant tout !
Hommages respectueux aux Jurys
Force est de constater que nos Jurys incarnent les dernières lampées de ce
précieux cocktail fait d’un zeste de Dalaï Lama, d’un soupçon de Torquemada
et d’une bonne dose de l’incorruptible Eliot Ness. Ces qualificatifs superlatifs
s’appliquant bien entendu à la gestion des bananes, des triangles et des
côtiers.
Le meilleur constat est l’analyse benoîte des conséquences d’une constante
nommée « rappel individuel ». Cette pénalité transforme le skipper aguerri en
galopin chapardeur de pommes pris la main dans le sac. Tête basse, équipage
furieux, le rappelé s’extrait bâbord amure de la meute vociférante tribord pour
effectuer son tour de déshonneur sous l’œil amusé du Comité de Course.
Et puis, il y a Claude Harlé. Arbitre Honoraire Officielle. L’idéale jury féminin,
une main de mère dans un gant pour balourds.
32
Le Comité de Course est, dans la plupart des cas, sur un bateau, étanche ou
mouillant, stable ou instable, selon son poids, sa carène et le vent régnant… où
s’agitent des pavillons qu’une main ferme propulse de bas en haut, puis de haut en
bas… le long des drisses, selon un ordre bien précis et qui normalement doit être
compris des navigateurs en quête de succès…
Le Jury, c’est, disons vulgairement, le « flic de la mer » lorsqu’il patrouille sur l’eau
en suivant la course, et à terre le « punitif » face à une « protestation » exprimée
à l’instant de l’incident puis au retour, rédigée sur un imprimé et remis au Jury qui
devra pénaliser ou non l’un des deux coureurs, selon une procédure dite celle du
« tapis vert » pour faire respecter les règles du jeu (règles de course). La notion
« âme et conscience » est à écarter de nos pensées. Comme me disait l’un de mes
maîtres : « si tu pars dans le sentiment, tu n’as rien à faire là » ! Et pourtant !!!
Après avoir parcouru, depuis plus de 30 ans, tous les espaces maritimes et
accompagné les bambins l’écoute entre les dents, puis les adultes, la même
écoute entre leurs dents plus affûtées… mais pas toujours plus solides !… j’ai voulu
côtoyer d’un peu plus près un univers plein de charme et d’élégance : les Yachts
Classiques, ces grandes dames que l’on appelle de noms féminins, ces jolies
« choses » faites d’un matériau noble : le bois. Ils m’ont permis de découvrir les
courses de haute mer, il y a plus de 40 ans et pour lesquelles j’ai gardé beaucoup
Mais j’ai remarqué que « ces marins-là » ceux dont je parle, sont compréhensifs,
parce qu’ils sont marins et savent que toute option est bardée d’imprévus, comme
d’aller chercher le nuage qui vous fait un pied de nez au dernier moment…. D’aller
ramasser un foc en équilibre instable sur le « bout dehors » sortant généreusement
de l’étrave.
Tout récemment, j’ai reçu un trophée de la Fédération pour honorer mes 40 ans
de bons et loyaux services dans le monde de la voile. Je viens donc de passer de
Juge National à Juge Honoraire.
Que voilà une bonne décision ! penseront certains, plus attachés à l’âge
mathématique qu’à l’expérience acquise au fil du temps, ce temps « time » qui
dans cette discipline apporte chaque jour autant de modestie que de richesse et
de savoir.
J’ai troqué la présidence des grandes épreuves pour celle des Yachts classiques
sans regrets aucun, parce que c’est là que je trouve, au milieu de vous, la convivialité,
la fête, le respect pour ce que je suis et représente.
La Maïca helvétique et Bonnie Lass
de respect et de communion avec ceux et celles qui les font vivre sur l’eau et à
terre ; ceux et celles qui ont reçu, par naissance ou transmission exemplaire, la
technique du geste pour savoir anticiper sur une manœuvre dans le respect des
autres, parce qu’ils savent qu’une maladresse peut être lourde de conséquence
matérielle et parfois physique, sur leur propre bateau ou ceux qui les entourent,
leurs « partenaires de jeu », comme il me plaît de le dire…
C’est la raison fondamentale de mon attachement à ces bateaux et ceux qui les
« montent » comme disait mon grand père à propos des chevaux… C’est d’ailleurs
une belle comparaison, élégance, force et fragilité, qui demandent, attention de
tous les instants. La mer a ses exigences et l’âge de ces bateaux si joliment
conservés, ne le sont que grâce aux heures passées à entretenir, réparer, faire et
refaire les gestes que leurs ancêtres ont accomplis avant eux et qu’ils perpétuent
amoureusement.
Alors que fait un Jury comme moi dans ces courses entre bouées dans la baie de
La Rochelle ou pour de long parcours ? Il ne m’a jamais paru indispensable, mais
il fait partie des Arbitres désignés pour le bon déroulement d’une épreuve, même
la plus simple.
La mer ne s’apprend pas dans les livres, elle se vit. Et grâce à cette culture
accumulée au fil du temps, on devient apte à comprendre et apprécier une situation
météorologique, le comportement d’un équipage dans certaines circonstances,
l’opportunité de prendre telle ou telle décision qui ne semble ni opportune, ni
évidente pour d’autres.
Et je terminerai par cette phrase venue du fond de mes pensées et que j’ai plaisir
à transmettre :
La mer est le plus beau cadeau de la nature, et le seul endroit où l’on soit
maître après Dieu, parce que le châtiment pour la faute commise n’a pas
besoin de tribunal pour être jugé.
Me sentant dès le début, au « chômage » dans ma fonction, j’essaye, depuis
quelques années déjà… d’apporter mon bagage de bourlingueur des mers au
profit de toute cette flotte un peu disparate en taille, en compétences, en capacités
d’affronter ou non des situations météorologiques difficiles.
Avec mon binôme actuel Roland, responsable du Comité de Course, nous ajustons
les parcours, nous prenons des options en fonction de la situation sur l’eau tout
en respectant le programme. C’est très intéressant de lire sur l’eau et dans le
ciel ce qui va se passer et de s’accorder le droit de prendre telle ou telle option.
J’appellerai ça l’intervention intelligente qui consiste à faire le meilleur choix
pour le plaisir partagé avec les coureurs.
Ce n’est pas toujours facile de prendre la bonne décision à cause de la diversité
de vitesses des bateaux. On ne réussit pas à tous les coups.
Mais c’est un univers que j’aime parce qu’il est différent de certains autres ; ceux
dont la « gagne » est l’objectif pour lequel ils s’investissent quel qu’en soit le coût.
J’ai parfois entendu exprimer : « ça passe ou ça casse ». C’est un état d’esprit que
je ne partage pas.
Poser les bouées correctement.
Mieux vaut une bonne discussion que des réclamations.
Histoires de vainqueur
Pangur Ban : La saga du chat blanc
Alain Rocca
Juillet 1998
Mars 2006
Une bande de potes qui font de la croisière sur le vieux ketch Cornu qu’ils ont
magnifiquement retapé décide de s’inscrire à la Coupe des Deux Phares. Départ
de Douarnenez, en compagnie de voiliers mythiques comme Pen Duick III,
Sereine, Joshua… Deux jours de mer comme on n’ose en rêver, avec ballets
de dauphins dans l’étrave, ciel totalement dégagé, mer belle et vent portant, et
arrivée au petit jour entre les deux tours de La Rochelle.
Cela fait presque deux ans que j’avais repéré l’annonce. Qui ne tente rien n’a rien.
Je prends contact avec Peter Koenig. Le voilier est toujours à vendre. Un yawl
Stephens de 38 pieds, dans la série des Loki. Construit en 1953 chez Abeking et
Rasmussen. Cela me dit quelque chose. Exact : dans un des premiers numéros
de la Yachting Classique, il y a un article sur le premier numéro de la série, le
fameux Loki. Un plan de course-croisière, avec qui les premiers propriétaires
avaient, pour leur première navigation, effectué la traversée de l’Atlantique Nord,
à quatre et sans moteur, pour venir glaner quelques coupes de régates chez les
Anglais.
Enorme. La bande a pris le virus de la régate classique, et ne le quittera plus.
Tant et si bien qu’à force de ténacité et en profitant de la prime donnée à l’époque
aux voiliers qui faisaient le plus grand nombre de courses, Cantarel –car c’est
ainsi que s’appelait le vieux Cornu- réussit à monter sur la troisième marche du
podium du Championnat 2000, celui qui avait vu toute la flotte aller taquiner les
rosbifs*…
C’était bien, mais la bande en voulait plus.
Le fidèle croiseur classique est vendu en 2004, avec pleurs et gros pincement au
cœur, et commence la quête.
Et c’est moi qui m’en charge, ancien propriétaire du Cantarel, et du genre têtu
(mon patronyme maternel et breton, Lazennec, signifie « petit âne »). Visites
au fond des ports, dépouillement de la presse nautique, heures passées sur
Internet, rien ne va. Trop cher, ou pas assez course, ou en trop mauvais état…
Assez vite, pourtant, je repère sur le site de Peter Koenig, grand broker de
Hambourg, un joli 38 pieds dû au crayon de Stephens, photographié dans
le style avec lequel Benjamin Mendlowicz fixe sur la pellicule les voiliers des
lacs du Maine. Trop cher, et
pourtant la photo est tellement
belle qu’elle me reste dans
un coin de la tête. Les mois
passent, et toujours rien qui
ne convienne.
Je commence à être accroc. J’apprends par Peter que le voilier est au sec depuis
deux ans dans un chantier danois, et sur les photos du dossier, il tape fort… bien
sur, il est au-dessus de nos moyens. Mais qui ne tente rien n’a rien. J’embarque
Blatrix, le charpentier, Hébert le skipper, et Christian le coq, et le 11 mars, nous
débarquons au chantier Walsted à Truro, au sud du Danemark.
Je me souviens de l’impression très forte que nous avons tous ressenti, lorsque
la coque s’est dévoilée, posée sur ses tins, recouverte d’une bâche bleue, juste
devant l’endroit où nous venions de nous garer. Impression suivie de deux jours
de bonheur total, à regarder le bateau sous toutes les coutures, dans un froid
polaire mais avec un temps magnifique, et dans l’environnement idyllique du
chantier de la famille Walsted, au bord de l’eau dans ces paysages de mer
Baltique, comme un golfe du Morbihan démultiplié à l’infini. A nous extasier
devant l’intelligence du plan de pont, l’ergonomie de l’aménagement intérieur, et
la qualité de la construction. Le bateau est en bon état, « dans son jus », ayant
conservé l’essentiel de son équipement
d’origine. Il est très bien équipé pour
la régate, et, mis à part une remise à
niveau des pompes et de l’électricité
du bord, il semble prêt à repartir.
Pour la forme, Peter nous en fait visiter
un autre, et nous montre d’autres
photos. On pourrait aller les voir, nous
dit-il. Inutile. Nous sommes cuits.
Dans le retour en voiture vers l’aéroport
de Copenhague, nous échafaudons
tactiques et stratégie pour faire
comprendre aux propriétaires que
nous devons être les acheteurs du
Pangur Ban, puisque tel est son nom.
Les propriétaires sont deux anglais,
Nigel et Derrick. Ils ont ramené Pangur
Ban par cargo d’Amérique du Nord,
où ils l’avaient acheté en 1997, eux
aussi tombés sous le charme. Après
quelques années de régates sur les
côtes du Devon, il étaient montés avec
Il y a bien un 8 MCR de Cornu,
construit chez Jezequel, qui
irait parfaitement. Mais le
propriétaire y est tellement
attaché qu’il ne peut pas
envisager de s’en séparer.
Régulièrement, je reviens
surfer sur le site de Peter
Koenig. Il est toujours là, tirant
sur sa bouée…
Chantier d’hivernage
34
Challenge Classique Atlantique 2
Histoires de vainqueur
nc
même… Le problème, c’est que ce ne sont pas des gestes
de bienvenue, mais des gens qui veulent nous prévenir que
le flot nous entraîne vers le vieux pont ! Et ça dégénère, très
vite comme toujours en bateau. L’étai vient s’accrocher dans
le haubanage du pont pendant que le cul du bateau monte
dans le courant. Je n’arrive pas à y croire. Après 1200 milles
de navigation sans problème, venir se prendre le vieux pont
du Bono ! Heureusement pour nous, notre bonne étoile
veillait. Les mêmes personnes qui nous avaient prévenu se
sont précipitées sur le pont, et réussissent à décrocher l’étai.
Moteur à fond, Pangur remonte peu à peu face au courant et
se dégage. Plus de peur que de mal. Grâce à leur présence
d’esprit, Pangur a évité la cata.
Pangur Ban découvrir la Baltique. De vrais amateurs, avec
qui le courant passe très bien. Ils font un bel effort sur le prix
annoncé : à la fin du mois d’avril, je deviens copropriétaire avec
Didier Hébert et Benoît Martin - Gousset de Pangur Ban.
Nous hésitons un temps à le rapatrier par la route. Mais
l’occasion est trop belle. Nous n’allons pas nous priver de
l’occasion de prendre en main notre nouveau coursier, et nous
décidons de le ramener en Belgique à la voile. Une croisière
des îles danoises de la Baltique au port du Bono, cela ne se
refuse pas. Mais cela se prépare un minimum. Nous passerons
ainsi plusieurs séjours à Truro, au printemps 2006, pour
réarmer Pangur Ban, en parallèle avec les quelques travaux
de demandés au chantier Walsted. Et le 8 juillet 2006, Didier
Hébert et moi quittons les estacades du chantier, cap au sud,
avec 1 200 milles devant l’étrave.
ça y est. Le bateau est à nous, il flotte dans nos eaux. Nous
avons un hiver devant nous pour préparer le Pangur Ban à
affronter ses futurs concurrents du CCA 2007. Bien à l’abri
sous le hangar du Chantier du Golfe, qui était déjà la base
arrière du Cantarel, nous bichonnons le Pangur Ban. Rien
d’important : peinture et vernis, vérification de l’armement, et
première tentatives pour améliorer l’étanchéité des capots et
des boîtes dorades.
Quelques jours en Baltique, avant d’emprunter le canal de Kiel
et ses mastodontes. Puis l’embouchure de l’Elbe, à quelques
milles du chantier Abeking et Rasmussen dans lequel Pangur
Ban a été construit en 1953 sous le non de Bikini, pour un
anglais du nom de Ecclestone. Un petit passage en mer du
Nord devant les îles frisonnes, avant de se glisser dans le
réseau de canaux hollandais et de l’Issermer, pour resurgir
en Mer du Nord à la hauteur de Nieuport, en Belgique. Les
équipages défilent, et peu à peu la Bretagne se rapproche.
Pangur Ban embouque le Pas de Calais. Puis, alternant
étapes et traversées, Le Havre, Cherbourg, les anglonormandes, Lézardrieux, la pointe de Bretagne… Et, pendant
un magnifique week end d’Octobre, poussé par une belle brise
de Sud-ouest, Pangur Ban franchit la passe de Port Navalo .
Le 22 octobre 2006.
Avril 2007
C’est parti. Pangur Ban se présente sur sa première ligne de
départ du Challenge Classique 2007. Une première saison
de course, en demi-teinte, comme disent les chroniqueurs
sportifs. Une carène visiblement très affûtée. Un rating qui
ne nous pénalise pas trop. Une vraie faiblesse dans les petits
airs. Plus à l’aise au portant que lorsqu’il faut faire du cap…
Son allure favorite, c’est le secteur qui va du bon plein bien
arrivé au petit largue. Là, c’est une bombe.
1200 milles de croisière durant lesquelles Pangur Ban nous
a confirmé ses qualités. Très sûr par tous les temps, rapide, avec un magnifique
passage dans l’eau. Sans aucun doute, ce voilier peut faire des merveilles sous
réserve de disposer des bras nécessaires et de le régler correctement. Et, cerise
sur le gâteau, l’assurance de ne pas passer inaperçu ! Pas une étape durant
laquelle, tous âges, nationalités ou sexe confondus, l’équipage n’ait pas reçu de
félicitations sincères sur la fière allure de Pangur Ban… Par contre, il mouille.
Parce qu’il est bas sur l’eau, déjà, et parce que l’étanchéité des superstructures
est… anglaise ! Sur Pangur Ban, ciré obligatoire dès que ça souffle, et celui qui
aura laissé son duvet sur la couchette risque fort de dormir dans une serpillière
humide.
Et pas un pépin. Rien n’a lâché, à part une pompe de cale électrique achetée par
moi en promotion au Danemark, et qui n’a tenu que jusqu’à Cherbourg…
Nous avons pourtant frôlé la cata : après 1200 milles de navigation impeccable,
je me présente devant l’entrée du Port de Bono, voiles ferlées, au moteur,
femmes et enfants à bord. Debout dans le cockpit, la barre entre les jambes,
je me prépare à faire un premier tour d’inspection pour venir ensuite me
placer le long du quai pour désarmer le bateau… Grand beau temps. Le lieu
est idyllique. Le roi n’est pas mon cousin. Je vois bien quelques personnes qui
font de grands gestes en agitant les bras. Qu’est-ce qu’ils sont gentils, tout de
Par contre, nous découvrons que les voiles sont cuites. Parfaites pour le
convoyage depuis le Danemark, elles ne sont plus utilisables en régate. Et enfin
la manœuvre. Pour nous qui avions l’habitude du fond du peloton sur notre
sympathique Cantarel, tout change. Avec Pangur Ban, on peut être devant… Du
coup, dès que l’on est derrière, ça énerve ! Et nous découvrons que si la course
en père peinard, c’est cool, lorsque l’on navigue sur une bête de race, c’est une
autre adrénaline.
Tout l’équipage se rappelle avec une larme à l’œil que lors de la première Coupe
des Deux Phares en 1998, on ne laissait que le barreur sur le pont à l’heure du
dîner, on affalait le spi au coucher du soleil pour aller dormi jusqu’au matin…
Sur Pangur Ban, nous découvrons que de laisser dormir un équipier au passage
du raz de Sein nous fait perdre deux places parce que le spi n’a pas été renvoyé
assez vite…
Tout prend ainsi une autre dimension : navigations approximatives, manœuvres
imprécises, erreurs tactiques, coque trop sale, se traduisent impitoyablement par
le creusement des écarts avec ceux qui nous précèdent…
Nous sommes passés sur une autre planète. Sur Cantarel, Christian veillait à un
avitaillement soigné qui garantirait à l’équipage des repas trois étoiles. Sur Pangur
Ban, menu sandwiches, riz, fruits secs, chasse au poids et écoute légère…
Challenge Classique Atlantique 2
35
Histoires de vainqueur
Pangur Ban et son équipage finissent tout de même à la cinquième place du
championnat.
Pas mal, pour un début dans la cour des vrais coureurs : Vainqueur du CCA
2008
Nous avons appris à mieux régler le bateau. Didier Hébert, à force d’heures
passées à skipper le Pangur Ban, commence à en maîtriser de mieux en mieux
toutes les finesses. Et pour couronner le tout, nous gagnons en rating en ayant
remplacé nos vieilles voiles lattées par des voiles sans lattes !
Retour au chantier du Golfe dès l’automne 2007.
Cette fois-ci, c’est du sérieux. Pour pouvoir tirer -encore plus- sur la bête,
Francois Blatrix reprend toute la structure arrière de la coque. Nous améliorons
plein de détails du plan de pont. Et pour donner le maximum du potentiel vélique,
commande d’un jeu de voiles tout neuf. Remis à l’eau pour la Semaine du Golfe,
le résultat est stupéfiant. Aucun d’entre nous n’aurait pu imaginer l’impact de ces
nouvelles voiles et du raidissement de la structure.
Dès le début de la saison, la bagarre commence avec les têtes de listes du
classement, et en particulier le Bryell d’enfer, skippé par l’un des maîtres équipiers
du leader incontesté du Challenge, l’intouchable Kraken. Rien n’est joué jusqu’à
l’avant dernière course.
Pangur Ban au largue dans la brise devant Belle-Ile
36
Challenge Classique Atlantique 2
histoires de vainqueur
Dernier jour du Grand Pavois à La Rochelle, c’est la Coupe Harlé, avant dernière
course de la saison. Et une fois de plus, notre bonne étoile s’en mêle.
Belle brise, mer plate, et un rapport entre les bords de près et de portant qui nous
est très favorable. Nous sommes quatre à bord. Didier, Benoît, et moi, les trois
copropriétaires, et le frère de Benoît.
Et pour la première fois, nous ne faisons aucune faute.
Aucune faute.
Allant même jusqu’à gratter dans le dernier bord le Sinbad du Président 200 m
avant la ligne ! Bryell est arrivé avant nous, en temps réel, et déclenche sa
montre. Mais ce jour là il ne pouvait rien.
Nous franchissons la ligne avec quelques secondes d’avance sur notre handicap.
C’est joué.
Pangur Ban est champion du Challenge 2008.
Quelques heures plus tôt, Olin Stephens s’était éteint.
A notre manière, Pangur Ban et son équipage lui rendions hommage.
* Pangur Bán – le chat blanc - est un poème irlandais, écris au 8e
siècle par un moine irlandais à propos de son chat.
* Rosbifs : l’un des surnoms donné aux Anglais qui traitent les
Français de Froggies.
Challenge Classique atlantique 2
37
architecture
rchitecture et yachts classiques
oLiN StepheNS & the YawLS
olin STephenS & The YawlS
Bruce Johnson
NE sous EstiMEz Pas l’artiMoN
doN’t uNdErEstiMatE tHE MizzEN
On sait que Rod et Olin furent d’ardents défenseurs du gréement de yawl. En
réalité, c’est Rod qui en fut le principal promoteur. Il y a de nombreuses raisons
à son engouement mais il semble que l’une des principales fut de pouvoir
manœuvrer correctement dans les ports sans utiliser le moteur de ses voiliers.
Et la souplesse d’utilisation de ce type de gréement se prête particulièrement
au contrôle du bateau. Au port comme en mer. J’ai ajouté à ces lignes l’un de
ces croquis que Rod adorait réaliser pour ses différents clients. Celui-ci s’intitule
« Combinaisons de voiles pour la navigation océanique ».
D’autre part, Rod écrivit un article (septembre 1982) intitulé « Ne sous estimez
pas l’artimon »
Il y a deux raisons de base d’apprécier les gréements de yawl et de ketch. La
première et la plus importante est la possibilité de réduire aisément des surfaces
de voiles fractionnées. La seconde réside dans l’adaptation optimale du bateau
dans tous les types de vent et de mer. Ce qui est particulièrement utile aussi pour
gagner un mouillage étroit ou jeter l’ancre. Mais aussi pour repartir aisément
sous voiles.
Regarding the use of the yawl rig which was highly favored by Rod and Olin, it was
really Rod who pushed the rig type. There are a number of reasons but being
Rod, to start with, he liked to handle a boat well in any harbor, and often without
an auxiliary engine so the backing of sails and so forth made this easier. The
flexibility of the rig is easily understood. I have attached a typical plan that Rod
loved to create for various clients entitled « Typical Sail Combinations for Ocean
Racing »
I also realized that we have a copy of a brief article ( september 1982) by Rod
Stephens about the subject, entitled « don’t Underestimate the Mizzen », and
who better to tell the story than Rod.
There are two basic reasons for considering the yawlor ketch rig. First, and most
obvious, is to permit reduction in the size of individual sails which could be difficult
to handle because of their size. The second reason is to provide improved control
of sail balance over a wide range of wind and sea conditions. Additional reasons
include advantages in tight maneuvering under sail and more control when sailing
to a restricted anchorage or mooring and when getting under way.
Yawl Rig-Typ-Sail
38
Challenge Classique atlantique 2
architecture et yachts classiques
Challenge Classique atlantique 2
39
Architecture de yachts classiques
Biographie d’ Olin J. Stephens
1908 - 2008
Jacques Taglang
« D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu dessiner des bateaux
rapides, » expliquait l’architecte naval américain Olin J.Stephens à l’occasion de
son centième anniversaire, le 13 avril 2008.
Et d’ajouter : « Les bateaux les plus agréables à regarder sont les plus faciles à
mener ».
Rien d’étonnant donc à ce que des yachts comme Pangur Ban, Khayyam l’exZwerver, Zwerver II et Artako, tous membres de la flotte du Yacht Club Classique
et présents aux épreuves du CCA soient devenus des classiques !
Découvrant la voile à 12 ans, Olin publie son premier plan à 20 ans.
En juillet 1931, Dorade, son yawl remporte la transat en équipage NewportPlymouth et, dans la foulée, le Fastnet ! C’est le 7e dessin du cabinet new-yorkais
Sparkman & Stephens fondé le 11 novembre 1929. À leur retour, les Stephens
père et fils – Olin et Roderik – ont droit à une tiker tape parade sur Broadway.
À 23 ans, Olin garde la tête froide : « Ce fut une expérience, amusante, mais le
meilleur fut de rentrer à la maison pour retrouver une vie normale… »
Désormais, aucune grande course-croisière ne lui résiste.
La transatlantique Newport-Bergen avec Stormy Weather (1935), le Fastnet – dix
fois ! – comme avec Zwerver II en 1961 ! En 1969, Morning Cloud s’adjuge la
Sydney-Hobart suivi, en 1975, par Kiaola III dont le record tiendra 21 ans.
Le terrain de jeu d’Olin s’étend autour du monde lorsque Sayula II, un Swan 65,
remporte la première Whitbread 1973-74 imité par Flyer en 1977-1978 !
Dès l’apparition des J Class, en 1930, Olin s’intéressait à l’America’s Cup.
« À l’époque je voulais gagner, toujours, intensément, et je suppose que c’est la
raison pour laquelle j’y suis souvent parvenu ».
Sans compter sa participation dans la victoire de Ranger en 1937 (plan W.S.
Burgess), il remportera la Cup à 6 reprises, comme son aîné Herreshoff, ne
considérant jamais comme sienne la seconde victoire d’Intrepid en 1970
(vainqueur en 1967) tant Britton Chance l’avait modifié.
Olin Stephens à la barre de Ranger en compagnie de Gertrude
Vanderbilt. Vers 1937.
C’est au début des années 1980 que le « Sorcier de Manhattan » prend sa
retraite après avoir signé plus de 2200 plans.
Toutefois, jusqu’à sa mort en septembre 2008, il restera présent sur le circuit
des régates, suivant avec attention les évolutions de l’America’s Cup comme le
développement des yachts classiques.
En 1997, Olin montait à bord de Dorade qui venait d’être restauré :
« Lorsque je repris la barre (66 ans plus tard !), une même émotion me submergea,
comme une vague. »
L’émotion d’un éternel jeune homme...
Pangur Ban au mouillage au Bono.
40
Challenge Classique Atlantique 2
Architecture de yachts classiques
Les boîtes dorade
Loki Class
« Loki Class »
Le document tiré de la revue américaine Yachting, janvier 1953, est une publicité
de la firme de Manhattan « Sparkman & Stephens, » plus connue par sa signature
S&S.
Vainqueur de la Course des Bermudes en Classe C en 1950, le dessin de Loki
séduira la clientèle de S&S, à telle point que l’on parlera de la « Loki Class ».
Outre la publicité de S&S, deux plans de yawls sont publiés dans ce numéro :
Palawan – longueur hors tout 14,40 m (S&S) et Ocean Queen V – longueur hors
tout 16,61 m (Philip L. Rhodes) et un important article est consacré à un autre
yacht gréé en yawl, Caribee, un plan de Rhodes de 1937 (Longueur hors tout :
17,68 m).
Preuve qu’en relançant et en dynamisant ce type de gréement avec Dorade, en
1931, Olin avait fait œuvre de pionnier.
Challenge Classique Atlantique 2
41
Cinema & Yachts Classiques
Challenge Classique Atlantique
2009 - le film
Christian Pichard
Citation de Roman Polanski à propos de Pirates :
« Tourner un film sur l’eau, c’est l’enfer. J’aurais dû le savoir,
depuis Le Couteau dans l’eau. Une fois de plus j’ai eu droit à
la phrase rituelle : « On n’a pas vu un temps pareil depuis vingt
ans. » Rien n’a été facile, il fallait tourner par des vents de force
8 ou 10 et le bateau était assuré jusqu’aux vents de force 5.
Un cargo dont le capitaine voulait voir un galion de près, ça
ne lui était jamais arrivé, a heurté et détruit la proue… On a
eu des dizaines d’histoires comme ça, tous les ingrédients
d’un bon film d’aventures dont nous aurions été les héros. À
chaque instant il fallait décider vite, trancher… et savoir dans
quelle langue le faire : dans l’équipe il y avait des Français, des
Anglais, des Italiens, des Polonais et les Tunisiens qui parlaient
uniquement arabe, langue que je ne parle malheureusement pas.
C’était Babel, sauf que nous, nous sommes allés jusqu’au bout. »
(Polanski par Polanski, Ed. Chêne, 1986)
Avec ces caméras de point légères, les membres des équipages,
à qui est confié une caméra, filment à leur manière la vie à bord,
les événements de la course, la mer, le vent, le soleil, la pluie, les
manœuvres, les temps morts, les coups de bourre, les repas, la
personnalité de chacun, les coups de gueule, les coups du sort, les
rires, les angoisses, les frayeurs, les quarts de jours, les quarts de
nuit.
La mer et le vent font la loi, la course l’histoire.
deux de ces caméras embarqueront sur des bateaux différents à
chaque course pour saisir, toute au long de la saison, les caractères,
les ambiances, la vie à bord de tous les voiliers.
La quatrième caméra demeurera sur le même bateau les 14 épisodes
Skipper et acteur
durant. Caméra portrait. Un bateau et son skipper.
Nous avons choisi Didier, skipper et copropriétaire de Pangur Ban, avec
lequel il est arrivé premier au terme de la saison 2008. Cette année, il défend
son titre. Didier est à la barre de Pangur Ban depuis seulement trois ans. Un été
pour le ramener du Danemark au Bono et deux saisons de courses du Yacht
« Challenge Classique Atlantique 2009 » est une série de films
Club Classique de La Rochelle. Le couple est maintenant bien soudé, l’homme
documentaires, en 14 volets de 10 minutes qui suivent les hommes et les bateaux
a appris son voilier, ses qualités et ses défauts, sa meilleure allure, ses limites.
lors des courses organisées par le Yacht Club Classique de La Rochelle.
L’homme est haut en couleur, attachant, le bateau est racé. Avec ce personnage
La saison de courses 2009, organisée par le Yacht Club Classique de La
récurant nous créons une histoire dans l’histoire de la saison de course.
Rochelle, se décline en 14 manches entre avril et octobre, sur un bassin qui
s’étend de La Rochelle à Trébeurden.
Les trois caméras enregistreront un son direct, voix et atmosphère, ambiance
pour donner plus de corps, d’émotion à l’image lors du montage.
Sur la ligne de départ, de 12 à 30 yachts classiques. Ces magnifiques voiliers ont
Au montage, le son direct sera utilisé synchrone ou off, pour garder la trame
tous été construits pour la course ou la plaisance entre 1896 et 1968. Coques
de la scène sur les image de l’action, ponctué par des séquences de musique
en bois, ils ont été sauvés et restaurés avec amour dans les règles de l’art, par
originale, composée pour cette série.
des passionnés. Ils ont leur caractère, leur âme, leurs exigences, leur humeur,
leurs caprices.
Les 4 sources d’images permettront un montage vif, nerveux, dense, rythmé.
Ces voiliers sont une partie de l’histoire de la mer et des hommes.
Un pilote a été réalisé en octobre 2008 sur la course Charente Classique.
14 courses… 14 aventures… 14 films vécus de l’intérieur, au plus près de l’action.
Bienvenue à bord du film dont les yachts Un premier pilote a été réalisé lors de la régate
Les bateaux engagés ont de l’âge, de la bouteille, mais toujours fringants. Les
de la Charente Classique (visible sur le site).
classiques sont les stars.
équipages sont en course, c’est du sérieux… Stratégies, options, calculs. Tout le
Initié, produit et financé par Lazennec Producmonde en veut et les équipages se tirent la bourre. La course c’est la course !
tions, www.lazennec.com le documentaire
Tous ces voiliers sont de vieilles dames fragiles dont il faut obtenir le maximum
Le sujet 2009 est le Challenge Atlantique et
est diffusé en 8 épisodes de 10/12 minutes
avec douceur, respect.
la défense de son titre par le vainqueur 2008 :
4 caméras suivront les voiliers et les marins sur chacune des courses.
La première caméra, embarquée à bord d’une vedette rapide à moteur, couvre
l’ensemble, l’extérieur, le paysage de la course. Elle passe d’un concurrent à un
autre. En plans larges pour décrire l’évolution de la course, visualiser la place
des bateaux sur le plan d’eau, découvrir les différentes options.
En plans rapprochés pour apprécier l’allure, l’esthétique des voiliers en action,
vivre les duels que se livrent les concurrents bord à bord, les manœuvres, les
coques, les voiles, les femmes et les hommes.
Les 3 autres caméras sont confiées aux équipages de 3 voiliers participants pour
donner plus de vie, de nerf, de relief, de sentiments aux films.
42
sur le site du Yacht Club Classique, tout
au long de la saison. Les épisodes pouvant
être relayés par les diffuseurs TV locaux ou
nationaux qui désirent suivre le Challenge.
Réalisé par Christian Pichard, les tournages
sont effectués à partir d’une caméra embarquée
sur une vedette, et de 3 caméras installées pour
chaque course à bord de voiliers participant au
Challenge.
Les 8 épisodes seront ensuite réintégrés
dans un film documentaire de 1 h 30, édité en
DVD, qui sera disponible pour les fêtes de fin
d’année.
Challenge Classique Atlantique 2
Comment le chat blanc défendit son titre.
De belles images, de grands moments et des
voiliers classiques engagés pour le plaisir des
acteurs et des spectateurs.
Ce film représente une initiative particulièrement originale dans le monde du yachting
classique ouvert à toutes et à tous tel que le
défend le Yacht Club Classique.
Bienvenue à bord du film aux diffuseurs et
aux entreprises dont les publics partagent les
mêmes images et les mêmes valeurs que celles
des équipages du Yacht Club Classique.
Histoires de vainqueur
Challenge Classique Atlantique 2
43
Renaissances et restaurations
Ports et Flottes Classiques :
accueil et ecueils
François Frey
Faciliter l’accueil des classiques qui naviguent tout au long de la saison du CCA : l’affaire et l’intérêt de tous les acteurs !
Le Yacht Club Classique accueille en son sein des bateaux parfois séculaires,
issus de la régate et de la course-croisière. Il est le créateur et le promoteur
du Challenge Classique Atlantique, un ensemble homogène d’une douzaine
d’épreuves du même type qui, organisées depuis 1996 avec les plus prestigieux
clubs de la façade atlantique, sont fréquentées chaque année par 80 bateaux
environ, pour une moyenne de 25 participants à chaque étape. Nous savons bien
les responsables portuaires et municipaux concernés conscients de toutes les
dimensions de notre approche du yachting classique : la régate, bien sûr, mais
aussi la conservation des objets, des techniques et des usages de cette marine
si particulière… et la communication vers tous les publics de la passion que
portent ces bateaux historiques !
En effet, l’une des plus marquantes caractéristiques de ces voiliers réside dans
leur mobilité devenue légendaire. Malgré l’impossibilité technique pour l’immense
majorité d’entre eux de pouvoir être déplacés de site en site sur des remorques,
les participants au CCA mettent un point d’honneur à participer à plusieurs
régates – parfois toutes, d’ailleurs – afin de contribuer au développement des
régates patrimoniales… et à l’animation des sites concernés !... À la différence
donc d’autres flottes aux dimensions moins imposantes (Requin, Dragon, voire
6MJI…) qui sont pour leur part transportées par voie routière la veille de la
course, puis repartent le soir du dernier jour par le même moyen, les classiques
ne peuvent quant à eux généralement arriver que le week-end précédent par
convoyage maritime, et repartir du port le week-end suivant, selon la même
voie…
Si nous ne pouvons prendre en compte cette particularité ancienne – maintenant
bien anachronique compte tenu des flottes généralement engagées en course
– pour un coût acceptable, seuls les bateaux locaux pourront participer aux
44
régates, ce qui sonnerait la fin des efforts que nous faisons depuis toutes ces
années pour créer cette dynamique qui bénéficie à tous aujourd’hui, les ports et
leur environnement touristique compris!
À l’occasion de l’édition 2009 de notre revue, le YCC publie donc pour la
première fois une sorte de carte de synthèse des conditions pratiques d’accueil
que réserve chaque port concerné, lors de la venue de la flotte à la régate locale
du CCA.
Certains ports nous ont déjà entendus sur ce sujet – La Rochelle, Brest, Le
Crouesty, Rochefort, Bénodet, Arcachon, Trébeurden… Nous avons par ailleurs
pu déjà concrètement avancer sur ce sujet avec Gérard d’Aboville, le Président
de la Fondation du Patrimoine Maritime et Fluvial, Patrick Schnepp, le directeur
du Musée Maritime de La Rochelle, Patrick Dubois, le Directeur Général de la
SAGEMOR et Alain Gautier, le Président de l’Association des Ports de Plaisance
de l’Atlantique.
C’est ainsi que nous avons sollicité, avec les clubs organisateurs, la collaboration
active de chaque port concerné lui proposant bien vouloir inviter gratuitement la
flotte des classiques qui participera à la régate locale du CCA, une semaine
avant l’épreuve et une semaine après celle-ci, d’une part pour permettre aux
armateurs et équipages d’organiser la logistique grâce à laquelle ils seront
présents sur leur site, et d’autre part aussi pour permettre au public de profiter
pleinement de cette flotte exceptionnelle lors de son passage.
D’autres ports, comme celui de Port Joinville, sont restés fidèles à leur
désintéressement des problématiques spécifiques de cette flotte. Refusant
même de dialoguer sur le sujet, ils privent leur site de belles régates et de belles
ambiances portuaires, toujours appréciées du public !
Voici le résultat de ces démarches...
Challenge Classique Atlantique 2
Renaissances et restaurations
Réduction élégante de fort tirant d’eau
épreuve
Localisation
Dates
Accueil portuaire
La mise en bouche vers Ars
La Classique du Crouesty
Semaine du Golfe du Morbihan
Ars en Ré
25-26 avril
une semaine avant et une semaine après
Mouillage forain à La Patache le 25 au soir
gratuit
Du 11 au 30 mai
gratuit
Du 11 au 30 mai
gratuit
Les Jauges Classiques de la Trinité
Echappée Classique à Quiberon
Rendez-vous de la Belle Plaisance
Voiles de Légende
La Trinité sur Mer
Port Haliguen
Bénodet
Le Pouliguen
6-7 juin
13-14 juin
26-28 juin
11-13 juillet
2 jours avant et 2 jours après
gratuit
11 au 15 juin
gratuit
21 juin au 4 juillet
pas de réponse du port
Coupe des Deux Phares
Lorient - La Rochelle
12 - 15 août
Au départ à Kernevel : remise de 50% sur le prix moyen,
soit 19 euros quelle que soit la taille du bateau
Défi du Bar
Trégor Classique
Trophée Philippe Harlé
Classique du Grand Pavois
Charente Classique
Tour de l’Ile de Ré
Trebeurden
La Rochelle
La Rochelle
La Rochelle - Rochefort
29 août
11 au 13 sept.
26 sept.
27 sept.
17 octobre
une semaine avant et une semaine après
gratuit
une semaine avant et une semaine après
compris dans l’inscription
une semaine avant et une semaine après
gratuit
une semaine avant et une semaine après
gratuit
une semaine avant et une semaine après
gratuit
16-17 mai
Le Crouesty
Le Crouesty - Le Bono 21-24 mai
Vannes
Challenge Classique Atlantique 2
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Boire, manger pour naviguer mieux
Cambuses et Gourmets
Béatrice de Saba, Bertrand de Kraken 2, Bertrand d’Acteia, Didier de Fiona, Didier de Pangur Ban, Georges et Michel de Sinbad, Yvon de Viola.
Question : que faites-vous au milieu d’une tempête ?
Réponse : des pommes de terre grosse louloute.
C’est une spécialité pour tempêtes…
Gérard Borg, écrivain, navigateur dans Les Tétragonautes
Les adresses et les recettes communiquées n’engagent que leurs auteurs qui
tiennent à demeurer anonymes mais dont la rédaction se réserve de diffuser
les noms si cela s’avérait nécessaire.
Ce chapître est bien entendu ouvert à toutes les tables qui souhaitent accueillir
spécialement les excellents convives que sont les équipages du Yacht Club
Classique.
Bars et Restos
Au Pouliguen : le Barapon avec Anne et Loïc pour ses uniques crêpes
« crousti-moileuses », ses galettes « retour de mer » ou Andouille/fromage/
moutarde.
Au Bono : le Petit Mousse au Bono
A Locmariaquer : le bar de la cale du Guilvin
A Vannes : le Rive gauche à Vannes
A La Trinité : le Quai
A Saint Goustan : le Chasse marée
A La Rochelle : André
A Groix : l’Escale, chez Soaz
Sur l’Ile de Sein : Chez Annick. Le meilleur ragoût de homard du monde !
A Port Manech : le bistrot de l’écailler ouvert de pâques à septembre.
Spécialités marines et 2 plats chauds : Homard frites ou entrecôte frites.
Assistance aux bateaux de passage et possibilité de mouillage, belle carte
des vins
Open bar à suivre
Mouillages Les mouillages, suivant la nuit passée, blanche ou sereine, sont d’enfer ou
l’enfer. Tout dépend de quel côté on place ses mauvais penchants à rouler
d’un bord sur l’autre et à rappeler nerveusement sur la chaîne d’ancre.
. Yeu : les Sioux et les Vieilles
. Saint Marcouf
. Les Evens
. Houat : grande plage côte sud et Salus côte sud ouest
. Ecosse, Hébrides intérieures : île de Canna, mouillage superbement protégé
des vents de suroît avec une vue imprenable sur Mull au sud, et surtout vers
Skye, ses falaises et ses montagnes, les Cuillins, qui culminent à plus de
1000 mètres
. Landevennec
. Ster Wenn à Belle île
Sinbad derrière l’île de Canna.
46
Challenge Classique Atlantique 2
Boire, manger pour naviguer mieux
Recette
Cotriade
par Bertrand (pour 6 personnes)
Cassolette à la Paimpolaise
par Béatrice (pour 4 personnes)
Simplissime, rapide, efficace, chic et pas chère.
Le marché se fait en fonction de la pêche pour le poisson.
Ingrédients • 600 g de poissons sans arêtes (queue de lotte) ou n’importe quel poison
pêché du jour (à la mitraillette par exemple) et débité en filets.
• 300 g de crevettes décortiquées + fruits de mer si disponibles
• 100 g de crème fraîche
• 1 boîte de bisque de homard
• sel, poivre, échalote, 1 verre de whisky
• 1 sauteuse profonde avec couvercle
Préparation
• faire suer doucement l’échalote (huile d’olive + beurre) dans la sauteuse
• rajouter les filets ou queues, laisser dorer gentiment
Optionnel : faire flamber avec le whisky
• mélanger la bisque de homard + crème fraîche, sel, poivre et verser
le mélange sur le poisson. Laisser reprendre l’ébullition
• couvrir et faire mijoter doucement 10 minutes (ça ne doit pas bouillir
pour préserver les chairs)
• ajouter les crevettes et/ou les fruits de mer en fin de cuisson
Présentation
Servir très chaud avec des pâtes fraîches ou du riz
La cotriade est une soupe de poisson du littoral Breton. Comme la bouillabaisse
sur les côtes provençales. Jadis, lorsque les bateaux de pêche arrivaient, les
pêcheurs triaient les poissons au moment de leur arrivée au port. Les poissons
communs étaient mis de côté et les poissons plus nobles (soles, turbots etc...)
réservés à la vente. Pendant que les pêcheurs vendaient leurs poissons, les
autres membres de leur famille préparaient cette soupe à base de beurre ou de
saindoux, d’oignons de pommes de terre et des poissons communs.
Ces ingrédients étaient cuits, parfois, directement au port, sur des « cotrets »,
morceaux de bois sur lesquels on calait un gros chaudron.
Ingrédients
• 25 grammes de beurre ou de saindoux
• 3 gros oignons, 2 belles tomates, 8 pommes de terre pelées
• Thym, laurier et autres herbes aromatiques, 1 cuillère à soupe de persil
haché
• 1 demi-litre de muscadet
• 1,5 kg d’un mélange de poissons divers (grondins, rougets si possible,
en plus de votre pêche…)
• Pain coupé en fines tranches
Préparation
• Faire revenir les oignons coupés en quartiers dans une grande marmite avec le
beurre ou le saindoux. Mouiller avec 2,5 litres d’eau
• Ajouter les tomates et les pommes de terre coupées en quartiers, parfumer
avec le thym, le laurier et les herbes aromatiques. Porter à ébullition et cuire
15 minutes
• Ajouter les poissons détaillés en tronçons avec éventuellement 1 ou 2 têtes
de gros poissons (les poissons gras ne doivent pas dépasser le 1/4 du poids
total)
• Incorporez le demi-litre de muscadet (vous buvez le reste avec les copains)
• Poursuivre la cuisson 15 minutes.
Présentation
Servir la soupe sur le pain coupé en fines tranches, servir à part le poisson et les
pommes de terre accompagnés d’une vinaigrette avec le persil haché.
Challenge Classique Atlantique 2
47
Boire, manger pour naviguer mieux
risotto aux fruits de mer
par Michel et Georges (pour 6 personnes)
À l’origine, le risotto est une entrée servie en Italie. Ce qui est magique avec le
risotto, c’est qu’il se prête à beaucoup de mariages et de fantaisie. Et surtout
qu’il est facile à réussir. En fonction des désirs ou des restes à bord, cette
recette a l’avantage de pouvoir remplacer les fruits de mers par une multitude
d accompagnements tels que lardons, tomates, ou mieux avec des calamars à
l’encre que l’on achète en boite
recette pour ceux qui se reconnaîtront
Sandwiches variés mous humidifiés au préalable à avaler de
préférence avec un vieux fond de cubitainer éventé. Ils contiendront
tout ce que l’on ne supporte pas à terre : vieux saucisson, morceaux
de pneus, escarres de bois, huile de vidange, …
ingrédients
• 500 g de riz arborio
• 500 g de moules, 500 g de palourdes, 250 g de calamars, 250 g de
crevettes,
• 1 oignon, 1 gousse d’ail, 15 cl d’huile d’olive, 15 cl de vin blanc sec, 1 litre
de bouillon de bœuf
• 20 g de beurre, 30 g de parmesan fraîchement râpé
• Quelques brins de persil, sel, poivre
Préparation
• Nettoyer les poissons et les coquillages à l’eau salée.
• Faire ouvrir les coquillages dans une cocotte avec 1 c. à soupe d’huile d’olive
et réserver.
• Décortiquer les crevettes et les couper en 4, découper également les calamars
en petits morceaux.
• Effeuiller et ciseler le persil.
• Dans une poêle, faire revenir quelques instants les morceaux de calamars à
feu vif dans un peu d’huile afin qu’ils ne rendent pas trop d’eau. Laisser réduire
et mouiller avec un peu de vin blanc.
• Éplucher l’ail et l’oignon et les hacher finement.
• Dans une casserole faire revenir doucement le hachis ail/oignon dans l’huile
restante, ajouter le riz.
• Bien remuer à la cuillère en bois afin que le riz s’imprègne de gras, puis
mouiller avec le vin ajouté en 2 fois sans cesser de tourner jusqu’à celui-ci soit
totalement absorbé.
• Verser une louche de bouillon, le laisser absorber par le riz, puis en ajouter une
2e sans cesser de remuer.
• Continuer à mouiller le risotto au fur et à mesure qu’il absorbe le liquide.
• À mi-cuisson, remplacer le bouillon par le fond de cuisson des coquillages et
continuer jusqu’à ce que tout soit absorbé. Après 16 min de cuisson environ,
le riz sera cuit juste al dente.
• Hors du feu, ajouter les fruits de mer, le beurre, le parmesan et le persil.
• Saler, poivrer et bien mélanger, délicatement.
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Recette du
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Challenge Classique atlantique 2
Boire, manger pour naviguer mieux
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Challenge Classique atlantique 2
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Renaissances et restaurations
ROSE NOIRE II : courte histoire
d’une longue restauration
Jérôme Leygat, skipper de Rose Noire II
Rose Noire II a une histoire extraordinaire.
Commandé aux Chantiers Vandernotte à Nantes en 1963, sur un plan d’Eugène
Cornu, par Henry Rey (adjoint au maire de Nantes, ministre du Tourisme,
Secrétaire d’Etat aux DOM-TOM, membre du Conseil Constitutionnel,
organisateur avec André Malraux et Pierre Lefranc de la manifestation du 30 mai
1968 aux Champs-Elysées), ce yawl bermudien mis à l’eau en 1964 part d’abord
en Manche « courir l’Anglais » sous le nom de Vindilis (va l’chercher !), trace de
nombreux sillages en Bretagne sud avant de partir aux débuts des années 70
en Méditerranée aux mains d’un nouveau propriétaire.
En 1980, une association de réinsertion de délinquants le rachète et effectue
pendant deux décennies quelques milliers de journées de navigation sur
toutes les côtes d’Europe. En 2000, avec le soutien de l’amiral François Bellec
et de l’expert du patrimoine maritime Daniel Charles, il est classé monument
historique.
En 2003 et 2004, deux tempêtes essuyées durement révèlent l’état d’usure du
bateau, somme toute normal eu égard à son grand âge (40 ans, aïe!). Il est
alors mis à terre aux Chantiers du Guip et laissé en l’état, faute de moyens
financiers suffisants pour entreprendre
le gros travail de restauration qui
s’imposerait.
L’objectif de cette association est des plus clairs : « promouvoir le passé
maritime de la France et de la Région des Pays de Loire, conserver dans
le patrimoine national des bateaux d’intérêt historique et notamment le
yawl Rose Noire II, l’un des derniers yachts classiques conçu et construit
en Pays de Loire, classé Monument Historique, développer la pratique du
nautisme et soutenir des actions sociales et environnementales liées à la
mer. »
En 2008, l’association maintenant propriétaire du voilier bénéficie du soutien
financier d’un mécène principal, le groupe vendéen Boistech et d’autres mécènes
de notoriété comme la Fondation du Crédit Agricole, PRB, la DRAC des Pays
de Loire, le Conseil Général de Vendée, le port de plaisance de St Gilles Croix
de Vie, etc. (plus de 25 à ce jour), sans compter les nombreux adhérents et
bénévoles qui n’ont pas compté leurs heures pour finaliser la restauration depuis
la mise à l’eau, en mai 2008 (refonte de la tête et de l’emplanture du mât, pose
de nouveaux balcons, de chandeliers en inox et de nouvelles filières, pose de
balcons de mât, remplacement de tous les haubans, mise en place d’un bas-
Quand nous le découvrons fin 2004
à Brest, le coup de foudre est immédiat. Nous en devenons propriétaire
au début de l’année 2005. Commence
alors au Guip une passionnante première phase de travaux : restauration
de la charpente, remplacement des
membrures et des bordés atteints par
le pourrissement, boulonnage inox de
la structure, rivetage à neuf de toute la
coque. Au cours de l’été 2006, nous le
rapatrions en Vendée pour la finition
de la coque (flipotage, vernis, laque),
la restauration du pont, la remise à
neuf de l’électricité, la reprise de tous
les aménagements intérieurs et la
restauration du gréement d’origine.
Evidemment, le coût des travaux dépassant quelques peu nos prévisions
les plus pessimistes, nous créons
l’association Rose Noire en 2007,
ce qui va nous permettre de faire appel à nombre de soutiens particuliers,
de partenaires et de mécènes et d’entrevoir un peu plus sereinement la fin
des travaux.
La beauté du Yaul au près
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Challenge Classique Atlantique 2
Renaissances et restaurations
étai, d’un faux-étai largable et de ses bastaques, nouvelle peinture de pont et de
cockpit antidérapante, rénovation du mât d’artimon, renforcements des taquets
en bois, installation d’un dispositif pour ses trois spinnakers, remise en place de
son pilote automatique originel, pose d’un guindeau électrique, check-up complet
de son nouveau moteur, aménagement marin des menuiseries intérieures,
doublement des réservoirs d’eau, etc.)
Rose Noire II a pu alors tirer ses premiers bords en toute sécurité lors des régates
du Bois de La Chaise, en août dernier, en accueillant son premier équipage âgé
de 6 à 66 ans…
Premières impressions : ce bateau vénérable (mais 44 ans, est-ce si vieux ?)
a bien un potentiel qui ne demande qu’à s’exprimer. Avec ses voiles d’origine (ou
presque), nous dépassons par mer belle les 6 nœuds au près serré et les 8 au
débridé, et cela encore sans spi (tangon en fabrication).
En chantier et sortie de chantier
Quelques autres manches courues au Trophée Philippe Harlé et à la Classique
du Grand Pavois nous confirmeront ses bonnes dispositions qui promettent…
pour cette année 2009.
Maintenant que ces grands travaux sont derrière nous, je peux vous affirmer
évidemment que la rénovation d’un bateau ancien de qualité n’a rien
d’insurmontable, quelque soit son état présent mais c’est surtout parce qu’il
porte en lui-même une part de notre patrimoine historique et qu’il n’est donc
pas impossible de fédérer quelques énergies autour d’un tel projet, en créant
une association par exemple, ce qui vous permettra d’intéresser de nombreux
philanthropes amoureux de la belle plaisance, la loi sur le mécénat permettant un
dégrèvement d’impôts égal à 60% de la valeur des dons, jusqu’à concurrence de
5 pour 1 000 du chiffre d’affaire (art. 238 bis du code Général des Impôts modifié
par la loi du 1er août 2000). Voilà, j’espère que ces quelques informations vous
auront un peu fait partager la passion qui a animé chacun des acteurs de ce projet
ambitieux pendant les 10 000 heures nécessaires à cette rénovation magistrale,
de l’initiateur au réalisateur, en passant par les charpentiers, les menuisiers, les
peintres , les mécanos, les conseilleurs et les payeurs, salariés, mécènes ou
simplement bénévoles, sans oublier les premiers équipiers intrépides qui n’ont
pas craint d’essuyer les plâtres l’été dernier, en compagnie de votre serviteur.
Challenge Classique Atlantique 2
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Renaissances et restaurations
Tete en Bois, c’est tout moi !
Philippe Virondel alias Doudou & Philippe Payen
place au Musée Maritime… j’adore l’ambiance conviviale qui règne à l’occasion
des manifestations. Quelle reconnaissance pour mon travail que de pouvoir dire :
« Moi, mon bateau, il est au Musée Maritime ! ».
C’est un extrait de ma lettre de motivation pour être agréé sur les quais du Musée
Maritime. J’ai été agréé.
La participation active aux régates du YCC
Première régate. Le Grand Pavois 2001. En 2003, première Coupe des deux
phares de Douarnenez à La Rochelle sous canicule. Une quinzaine super avec
quelques gueules de bois et une place de 2e lors d’un prologue.
Depuis, je n’ai pas manqué une coupe des Deux Phares et chaque année, je suis
le plus petit bateau.
En 2004, nous n’étions que 6 bateaux à prendre le départ de la coupe des Deux
Phares montante entre La Rochelle et Douarnenez. Le coup de vent annoncé
ne s’est pas fait attendre. Je me suis dérouté sur Groix, vent plein arrière, grand
voile ferlée et foc n°1 devant. Nous étions au-dessus de 10 nœuds ! Esquirol, un
plan Illingworth de 11,80 m, étant passé à l’ouest de Sein (par peur du raz) a vu
son anémomètre monter à 67 nœuds du côté d’Ar Men ! Autrement dit, on sentait
pas le renfermé ! Bilan de l’aventure : un coinceur de poulie violon abîmé, autant
dire rien du tout (Tête en Bois est dur au mal !)
En 2006, ma première victoire avec le Trophée Sergent et une manche gagnée
à la Semaine de la Voile de La Rochelle.
En 2007, première semaine du golfe du Morbihan. Un grand moment de bonheur
avec une bouteille de rhum sur la tombe de Moitessier au Bono.
Tête en Bois le soir, mal au crâne au matin
La période de restauration
J’achète Tête en Bois en juin 1996 chez le charpentier de marine Daniel Despierre.
Le pont est à refaire mais le reste de la coque semble en bien meilleur état que la
suite ne le montrera.
C’est en juin 2000 que je le mets à l’eau après une balade sur un ber roulant tracté
à 5 km/h par un 4X4. Depuis la Sauzaie et le hangar agricole où il a passé près
de 4 ans.
Quatre années de restauration durant mes temps libres. Remplacement de virures,
de barrots, du pont (refait en CTP et latté en iroko). Doublement de membrures et
réfection du roof et du cockpit. Hormis l’agrandissement de la table à cartes, je n’ai
pas modifié l’intérieur.
Ajoutons un calfatage total, le surfaçage de la coque et le changement de toutes
les pièces galvanisées par de l’inox (chandeliers, balcon, charnières de safran,…).
Une fois sur l’eau, il a fallu le regréer et l’accastiller. Soit près d’un an de plus.
Enfin, première sortie d’essai en novembre 2000 !
L’entrée au Musée Maritime
Je suis un passionné de « vieux bouts de bois », j’ai fait 6 ans de restauration
de meubles anciens avant de me reconvertir dans la construction nautique. Tête
en Bois était en très mauvais état quand j’ai commencé le travail mais, pour tout
dire, je ne suis pas mécontent du résultat et à ce titre, je pense qu’il aurait sa
52
2008. Premier rassemblement de Brest pour moi. Le mercredi précédent la
manifestation, j’ai essuyé un coup de 9 en mer d’Iroise et arrivant de Bénodet,
sacrée sensation dans le goulet bord à bord avec Babar et une jonque. Des surfs
impressionnants d’autant plus que Tête en Bois était un peu trop toilé mais je ne
pouvais plus réduire. Le démarreur ne voulant rien savoir, j’ai fait mon arrivée à la
voile sous un grain terrible, dans la nouvelle Marina du Château (heureusement
presque vide) dont je ne suis pas mécontent.
Tête en Bois, un plan Victor Brix de la série des Mordicus construit en 1961 aux
chantiers Glehen à Audierne.
L’architecte
Victor Brix est le fils de A.Brix, mathématicien et amiral général du tsar Nicolas II.
Architecte naval et polyglotte - il parle 13 langues - il émigre en France en 1917,
Victor BRIX est architecte naval de formation et parle 13 langues.
Il s’installe à Paris et collabore avec les plus grands architectes ­français de l’époque. Très eclectique, il dessine toutes sortes de bateaux, depuis le Cormoran de
4,5 m jusqu’à Lumberjack, une goelette de 27 m.
Mais ­aussi des bateaux de pêche ou des navires à passagers pour le lac Léman.
On a retrouvé dans ses archives des plans de trois mâts et de sous marins.
De 1936 à 1957, il est interné en hopital psychiatrique.
Ce qui ne l’empêche pas de reprendre ses plans du Mordicus de 1923
(7,50 m) pour créer le Mordicus Viking de 8,15 m comme Tête en Bois.
Challenge Classique Atlantique 2
Le Challenge Classique atlantique 2009
La Coupe deS 2 phareS
et La Coupe du patrimoiNe
Bernard Ballanger
2009, la Coupe des 2 Phares ne franchit aucun raz et fait son
spectacle en longeant la côte entre Lorient et les Glenan.
Une excellente raison de participer pour les voiliers classiques
qui souhaitent naviguer exclusivement sur la côte altantique.
Organisée par Le Yacht Club Classique, La Société Nautique de
Larmor-Plage, La société Bouvet-Ladubay, et Le Musée Maritime
de la Rochelle.
La Coupe des Deux Phares 2009 et la Coupe du Patrimoine
Maritime
Du mercredi 12 au vendredi 14 août :
200 milles nautiques de Lorient à La Rochelle, en virant devant Port
Tudy
à Groix, en traversant les Glénan et en laissant Belle-Ile à bâbord.
Le samedi 15 août :
Coupe Bouvet-Ladubay du Patrimoine Maritime.
Dans les vieux ports et sur les quais de La Rochelle suivie de la Remise
des prix et du dîner des équipages.
Challenge Classique atlantique 2
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Le Yacht Club du Yacht Club Classique - the yacht club of the YCC
La NeCeSSite
de La maiSoN de La douaNe
The old CuSTom houSe Should be our YaChT Club
François Frey
Chaque yacht club se définit par une ambiance, un équilibre, une couleur et une
tonalité qui lui sont propres. Dans l’absolu, tout club pourrait vraisemblablement
vivre sans domicile fixe, paraphrasant le vieil adage parlementaire, « là où
ses membres sont réunis, se tient… » le yacht club ! et Dieu sait combien les
membres de notre yacht club savent se réunir et… se tenir !
Pourtant, dans l’imaginaire collectif des marins de plaisance – des « armateurs
au plaisir » – le Yacht Club est bien avant tout un lieu de retrouvailles, un havre
de cuirs et de bois, aux parfums de sel mêlé au cigare et à la tourbe…
La Rochelle réclamait ce lieu depuis plusieurs décennies. Nous en rêvions
depuis l’idée même, préalable à la création du Yacht Club Classique. Le club
de nos rêves était au pied des Tours de La Rochelle, comme une survivance
d’octroi maritime que n’honoreront plus désormais que quelques survivants
de bois, de bronze et de coton d’Egypte, convergeant des sept mers vers leur
repère partagé. Le club de nos rêves dormait… et avec l’appui et la confiance de
la municipalité de La Rochelle en notre entreprise, il va désormais revivre, dès
2009, l’année de son centenaire !
Toute l’équipe du YCC est désormais – aussi – tendue vers le but de restaurer
ce lieu comme elle sait restaurer les bateaux : avec patience, amour, soin du
détail… et du partage.
Des donateurs privés et des entreprises nous ont déjà rejoints dans cette
entreprise… ne vous privez pas de venir leur prêter main forte !
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Every yacht club owns its particualr color and atmosphere. So, every yacht club
could basically be the changing place where its members met. And we know that
meetings represent the main occupations of the YCC members.
Otherwise, in the collective imaginary of ”marins de plaisance” which means
simply yachtmen or ”ship owners of pleasure boats” (special thanks to François
for this bloody french jeu de mots – NdT), the yacht club represents first of all a
place to gather in a world of leather, woods, salty and windy sentences, cigars
and turb.
For many years, La Rochelle has claimed for its own classical yacht club. And
we have dreamed about it for a long time, even before the birth of our Yacht Club
Classique.
We knew that this yacht club was standing close to the towers of La Rochelle.
As a survival of old maritim toll house times, full of souvenirs of sails, bronze,
Egyptian cotton coming from the seven seas. But, despite our goodwill, the yacht
club of our dreams was sleeping.
Then, the municipality of La Rochelle trusted and helped our project, in 2008, the
year before the centenary of the old Maison de la Douane.
So, the YCC team will undetake the restoration in the same way than for its boats:
with patience, passion, details and sharing.
Some private givers and firms already partcipate.Many thanks to them and
welcome to others.
Challenge Classique atlantique 2
Le Yacht Club du Yacht Club Classique - the yacht club of the YCC
DEVENIR MEMBRE DONATEUR FONDATEUR
DU YACHT CLUB DU YCC
les donations
Personne Physique : 1000 euros
Entreprise et Personne Morale : 5000 euros
Déduction fiscale des dons : 50%
les avantages
Mention officielle au sein du yacht club
Droit d’accès à vie au club house
Mise à disposition du club house (hors frais d’exploitation)
pour une soirée annuelle
Challenge Classique atlantique 2
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Patrimoine vivant
Patrimoine quand tu nous tiens
Le plastique, c’est fantastique,
Mais l’acajou, c’est tellement plus doux
Patrick SCHNEPP Créateur et conservateur du Musée Maritime de La Rochelle
« L’amour porté aux navires est profondément différent de l’amour que
ressentent les hommes pour toutes les autres œuvres sorties de leur
main parce qu’il n’est pas entaché par l’orgueil de la propriété. »
Joseph Conrad
Certains bateaux ont une âme. Un jour, une nuit, nul ne s’en souvient, un cerveau
dérangé par les zéphyrs malicieux décida d’aller à la mer naviguer pour son
seul plaisir. Progressivement, une secte d’illuminés se mit à croître. Et, bord à
bord, les bateaux les plus véloces, empruntés aux pirates et aux contrebandiers,
engagèrent des courses effrénées. Enfin, au dix-neuvième siècle, ces ébats
acharnés générèrent des navires spécifiques et des règles particulières :
le yachting était né.
Des architectes-charpentiers de navires poussèrent à la perfection l’art de
construire ces navires en bois. Ils utilisèrent les plus belles essences, dont, pour
certaines, seuls les noms nous sont parvenus.
À la même époque, de lourdes fumées commencèrent à souiller les horizons,
déchirant les océans et traçant des routes rectilignes au mépris des vents. Les
temps de la marine à voile étaient comptés. Une inexorable agonie s’annonçait.
Pendant ce temps-là, la secte d’illuminés porta à sa quintessence l’art de la
construction navale en « bois d’arbre ». Les adeptes du bel art restèrent les
ultimes gardiens de cette pratique millénaire.
De sublimes machines à taquiner le vent, d’ultimes chefs-d’œuvre sont nés à
cette époque.
Un siècle plus tard, les flottes commerciales des grands voiliers et les toiles
colorées des essaims de la pêche avaient toutes disparues. Aujourd’hui, il n’en
subsiste plus que quelques-uns.
En France, au début des années 80, la tardive prise de conscience d’un
« patrimoine maritime » conduisit au classement au titre de Monument Historique
de « La Duchesse Anne », de « Mad Atao » et du yacht ­« Winibelle II ».
Moonbeam dans ses œuvres
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Challenge Classique Atlantique 2
Patrimoine vivant
C’est à cette époque que les bateaux bois revinrent à l’honneur sous l’appellation
de « vieux gréements ». Les premières fêtes de Douarnenez en 1988, puis le
grand rassemblement patrimonial de Brest en 1992 apportèrent une brillante et
populaire consécration. C’était la grande revanche des bateaux traditionnels de
travail.
Les yachts étaient tenus à distance par des défenses en pneu et, souvent, par le
mépris affiché par des équipages rustiques.
Un patrimoine sensible et dispersé se délitait doucement au hasard des ports. Le
Dervin familial, le Sergent au passé prestigieux, le Cornu associatif, l’Illingworth
au palmarès impressionnant étaient isolés, oubliés dans un archipel de monotone
monotypie de plastique…
En 1993, le Musée Maritime de La Rochelle lance en Atlantique la première
course-croisière ouverte aux yachts classiques : « la coupe des deux phares. »
Les amis de Douarnenez acceptent avec enthousiasme l’invitation des Rochelais
formulée en ces termes : « nous venons avec des bateaux, vous faites une ligne
de départ et nous faisons une ligne d’arrivée à La Rochelle ». Une épreuve
magique était née.
Le Musée Maritime reçoit cette magnifique flotte sur le bassin des Chalutiers de
La Rochelle, à l’ombre du France I et à côté du mythique Joshua.
Les talents de François Frey, nouvel arrivant, fin régatier, propriétaire de
« Sinbad » et ingénieur digne descendant de Dixen Kemp, pimentèrent le jeu,
avec la création de la Jauge Classique.
Il convenait aussi de rendre hommage aux propriétaires de bateaux classiques
naviguant, de valoriser leur volonté de restauration dans un esprit le plus
proche possible de l’état d’origine de leur yacht. Après la préservation du
« savoir naviguer », c’était la consécration du « savoir entretenir » et du « savoir
restaurer ». C’était aussi une reconnaissance des artisans dont le talent s’exerce
dans un esprit d’excellence. C’est dans cet esprit que nous avons créé « La
Coupe du Patrimoine », un prix récompensant la préservation active d’un
patrimoine d’exception.
Le jury, présidé par votre serviteur, regroupe des experts, des journalistes, des
architectes navals, des acteurs culturels du patrimoine maritime, des charpentiers
de marine. Nous visitons les bateaux, disséquons, examinons, débattons et
attribuons.
Pas de coupe sans partenaire prestigieux : Bouvet-Ladubay, fameux producteur
de vin de Loire associe son nom au prix et monte à bord. Patrice Monmousseau
est le complice idéal. Entiché de tradition, soucieux de qualité et de patrimoine
culturel, c’est un bonheur pour lui de remettre « la coupe Bouvet Ladubay du
patrimoine » dans laquelle, depuis presque une décennie, les équipages
vainqueurs baignent leurs lèvres dans le délicieux nectar, tandis que retentit
l’hommage « Bouvet, Bouvet, Bouvet bien ! »
Liste des navires à qui fut attribuée la prestigieuse
COUPE BOUVET-LADUBAY DU PATRIMOINE
2000 - Viola, plan Fife, 1908 & Pesa, plan Max Oertz, 1911
2001 - Owl, plan Shepherd, 1909
2002 - Dauphin vert, plan Cornu, 1958 & Westward of Clynder, plan Mac Gruer, 1959
2003 - Rose noire, plan Cornu, 1954
2004 - Sinbad, plan Mylne, 1950
2005 - Lorna, plan Clark, 1948
2006- Actéia, plan Illigworth, 1963
2007 – Pangur Ban, plan Stephens, 1948 et Mowgli, plan Sergent, 1964
2008 – Moonbeam, plan Fife, 1903
Rejoignant Joseph Conrad, Yvon Rautureau aime à rappeler ainsi la philosophie
qui anime les propriétaires de yachts classiques :
« Viola ne m’appartient pas. Elle n’a jamais appartenu à qui que ce soit.
En fait, et comme les douze autres qui m’ont précédé, je n’en suis que
le gardien… ».
Challenge Classique Atlantique 2
57
la Course des 3 phares - the
t
3 lighthouses race
Coupe deS troiS phareS, Le retour...
Coupe deS TroiS phareS : vinTage iS baCk
François Frey
Créée par le Musée Maritime de La Rochelle en des temps immémoriaux,
la Coupe des Deux Phares est l’épreuve reine du Challenge Classique Atlantique,
la course-matrice qui forgea l’idée de toutes les autres. Au-delà cette épreuvesource pour nous, existe un Everest, né il y a dix années maintenant :
la Coupe des Trois Phares.
Launched by the Maritime Museum of La Rochelle as classic yachting was just
emerging of the Atlantic part of the world, the Coupe des Deux Phares has been
until today the reference regatta that inspired all other classic French cruising
races since then. Above the Cup, an Everest was born about 10 years ago, called
Coupe des Trois Phares.
The leading idea of its design had been the
ultimate mix between British and French
classic sailors, people of the Great and the
Small Cornwalls... and people from the
South.
The first course was an incredible Falmouth to
Douarnenez and La Rochelle... that we would
have so much more loved if the participants
had really come from both sides of the
Channel.
L’idée qui présida à sa création était le bouillon des
cultures, la mixité ultime, entre marins britanniques
et français ; entre gens de la Grande et de la Petite
Cornouailles, et gens du Sud.
Le premier trajet de cette ultime régate off shore fut
un superbe Falmouth – Douarnenez – par Eddystone,
excusez du peu : Viola et son maître s’en souviennent
encore… - pour terminer à La Rochelle.
Du grand bonheur… malheureusement pas
suffisamment partagé à notre goût, puisque le
plateau resta totalement français !
Tens years later, the YCC and friends from
Brest, the Royal Cork Yacht Club and those
from the Classic Channel Regatta have just
started to designing a new Coupe des Trois
Phares.
Two fleets will be involved: one starting from
Cork as the second one will sail from a port
of the south west coast of England and then
both gather in Brest for an incredible joining
feast before heading south to La Rochelle.
I even heard Scottish friends were already
expected!
Dix ans plus tard, pour fêter l’idée et ouvrir nos
bras… nous relançons la machine à rêver à l’horizon
de la saison 2010.
Imaginez le rendez-vous de deux flottes : l’une quittant
Cork, et l’autre d’un port du sud ouest de l’Angleterre
pour rejoindre Brest par les Scilly, au terme des
260 milles de la première manche.
Après avoir fêté les retrouvailles des Celtes et des
Saxons, la flotte unifiée filera vers La Rochelle.
Welcome on board this new Coupe des Trois
Phares, expected in August 2010.
Août 2010, le rendez-vous est déjà pris par les
Irlandais, les Anglais, les Français et, je l’ai entendu,
quelques Écossais en mal d’aventures !
Bienvenue dans notre nouvelle Coupe des Trois
Phares.
Vue aérienne de Crooshaven
58
Challenge Classique atlantique 2
..
la Course des 3 phares - the 3 lighthouses race
uNe Courte hiStoire du roYaL Cork
YaCht CLuB
a ShorT hiSTorY of The roYal Cork YaChT Club
Dermot Burns - Royal Cork Yacht Club Archivist
L’idée de naviguer par plaisir naquit aux Pays-Bas au début du 17e siècle.
C’est durant cette période que le roi Charles II d’Angleterre, en exil aux
Pays-Bas, s’enticha de ce nouveau passe-temps.
Charles revint d’exil avec un yacht du nom de Mary qu’il fit naviguer
sur la Tamise.
don
Gui
CYC
du R
C’est ainsi que la plaisance devint un loisir populaire à
Cork et que fut créé le « Water Club of the Harbour of
Cork ».
Connu aujourd’hui sous le nom de Royal Cork Yacht
Club. Qui possède le privilège incontestable d’être le
plus ancien yacht club du monde.
Depuis son origine, le Royal Cork est devenu un club
de 2000 membres qui accueille les championnats du
monde entier.
Les membres du Royal Cork Yacht Club ont le privilège
de visiter les nombreux ports de France et, bien sûr,
La Rochelle.
Basé à Crosshaven, le Royal Cork Yacht Club et la
superbe côte sud de l’Irlande ne sont qu’à 2 jours de
voile de la France. Alors, n’hésitez pas à nous rendre
visite, vous serez bien accueillis.
Sometime in the early 1600s, the idea of sailing for private pleasure started to take
root in the Netherlands. Later that century, during the Cromwellian years, King
Charles II of England was in exile in the Netherlands and while there he became
aware of this new and exciting pastime. In 1660 after his restoration to the English
crown and return from exile, Charles was presented with a yacht called Mary
by the Dutch, which he sailed enthusiastically on the
Thames. So the private sailing started become popular
in Cork and the “The Water Club of the Harbour of Cork «
was founded. It is known today as the Royal Cork Yacht
Club and it is the oldest yacht club in the world.
Based in the castle on Hawlbowline Island, the
membership according to a set of rules known to us
today as «The Old Rules».
Shortly before 1806 the club moved to the nearby town
of Cove as the British Admiralty decided that they had a
greater need for Hawlbowline Island than we had.
By 1806 the Water Club of the Harbour of Cork had
started to refer to itself as the Cork Harbour Water Club.
During the 1820s, following the fashion of the few other
clubs that had emerged by then, it changed its name to
include the word «Yacht» and dropped the word «Water»
and became known as the Cork Harbour Yacht Club.
Later on that decade it dropped «Harbour» and became
the Cork Yacht Club. In 1831 King William IV granted
the club the privilege of using the prefix «Royal» and it
became known as the Royal Cork Yacht Club.
One of the very first sporting heroes, Sir Thomas Lipton,
who challenged for the America’s Cup sailing his famous
series of yachts called Shamrock was admitted to the
club in 1900.
Looking forward into the 21st century, the Royal Cork
goes from strength to strength, total membership is
around 2000, our facilities are unparalleled in Ireland
and continue to improve, major World, European &
Irish Championships are hosted in the club regularly.
Cork Week, which is held every two years, is regarded
as Europe’s best fun regatta bar none and attracts
contestants from all over the world.
Over the years members of the Royal Cork Yacht Club
have had the privilege of visiting the many beautiful ports
in France including of course La Rochelle. The home
of the Royal Cork Yacht Club in Crosshaven and the
wonderful south coast of Ireland is less than two days
sailing from France, so come and visit us - you will be
very welcome.
Cruachan sur la Clyde en 1936
Emblème du RCYC
Challenge Classique atlantique 2
59
La saison 2009
Jauge CLASSIQUE 2009
En collaboration avec les clubs organisant les épreuves du CCA qui utilisent la Jauge Classique
Chers amis,
Méfiez-vous ! Cette jauge est injuste, cette jauge ne tient même pas compte
de tous les cas particuliers et cette jauge avantage forcément les « autres »
bateaux… bref : cette jauge est une jauge, c’est-à-dire le moins mauvais alibi que
nous avons su construire pour vous envoyer vous faire rincer sous la pluie, quand
le plein été ressemble à décembre, avec l’idée saugrenue de montrer à vos plus
petits et plus grands camarades que vous êtes bien meilleurs marins qu’eux !
Cela dit – comme l’ont reconnu lors de leur première réunion les éminents
membres du très récent Comité de Jauge Classique – cette jauge se soigne,
puisqu’elle se nourrit année après année des précédents résultats de régates, et
qu’elle reste forte sur les basiques de son cahier des charges, posé il y a treize
ans déjà par un directeur de musée, un comité de course et un armateur, par
ailleurs marins, esthètes et surtout amoureux des Classiques, qui s’étaient mis en
tête de réunir la flotte de l’Atlantique :
a- Transparente et reposant sur l’auto déclaration
b - Gratuite et libre d’usage
c - Permettant un classement général unifié d’une flotte parfois séculaire et
en tout cas toujours fortement hétérogène
d - Engageant directement équipages et armateurs à maintenir la flotte au
plus proche de l’état d’origine des bateaux, tout en maintenant une position
sans dogme sur les apports réels sur le plan de la sécurité, du confort et
de la maintenance que peuvent apporter certaines solutions nouvelles
e - Capable de se remettre en cause après chaque saison
Cette année est charnière à plusieurs titres pour la Jauge Classique : nous
resserrons notre collaboration avec la FFVoile sur le sujet des handicaps, et de
façon plus large, la création du Comité de Jauge va enrichir et diversifier nos
débats en dehors des habituels échanges absconds entre spécialistes – qui ne
naviguent pas toujours – pour confronter leurs idées aux opinions des armateurs
et régatiers, eux aussi parties prenantes de nos travaux. Nous allons par ailleurs
refondre en deux étapes – adaptation basique en 2009, puis site totalement
autonome en temps réel pour 2010 – l’interface de calcul et de publication en
ligne des certificats de jauge, afin de vous aider à vous réapproprier l’outil et la
démarche. Enfin, nous constituons un groupe de Correspondants de la Jauge
Classique qui, le long du littoral atlantique, pourront également aider les armateurs,
les équipages mais aussi les clubs à mieux comprendre et mieux maîtriser le
dispositif.
Comme vous le voyez, cette saison s’annonce donc encore pleine de vie du côté
de la Jauge Classique, qui montrera même pour la première fois le bout de son
nez en Manche lors de la Trégor Classique !
Ça va en faire, des malheureux…
Amitiés salées !
Pour le Comité de Jauge Classique,
François Frey,
Président du Yacht Club Classique
La Jauge Classique est la meilleure façon de garder le sourire!
60
Challenge Classique Atlantique 2
La saison 2009
Demarche a suivre pour devenir
officiellement un Yacht Classique
François Frey
Avant de pouvoir arborer le C de Classique dans les voiles,
il convient de suivre ce mode d’emploi, très simple et très officiel.
Au moment de la demande
• L’armateur prend soin de vérifier que le bateau répond aux critères de
définition d’un yacht classique tel que reconnu par le Conseil d’Administration
du Yacht Club Classique.
• L’armateur vérifie que le yacht bat pavillon français.
• L’armateur est membre du Yacht Club Classique – catégorie Armateur • L’armateur a établi sur le site dédié un certificat de Jauge Classique selon le
dispositif promu et coproduit par le Yacht Club Classique.
Ce certificat a été vérifié et validé par le Yacht Club Classique.
• L’armateur prend connaissance sur le site Web du Yacht Club Classique des
numéros de voiles déjà attribués. Ces numéros figurent par ailleurs sur les
certificats de Jauge Classique en ligne.
• L’armateur propose au Conseil d’Attribution du Yacht Club Classique un
numéro de voile parmi ceux qui ne sont pas encore attribués, sous la
forme
FRA XXXXX C où XXXXX est un numéro de un à cinq chiffres
En priorité, l’armateur cherche à proposer un numéro de voile en regard avec
les données historiques du yacht (numéro de voile anciennement attribué
au bateau, y compris non français bien sûr, numéro de plan de l’architecte,
année de lancement…)
Le Conseil d’Administration vérifie que la demande est complète, et statue
sur l’attribution de numéro de voile. Le dossier comporte en particulier les
éléments suivants :
. certificat de jauge validé par le YCC et signé de l’armateur
. lettre manuscrite de demande précisant le numéro souhaité
. copie de l’acte de francisation
. règlement
L’armateur et le Conseil d’Administration s’étant mis d’accord sur le numéro, la
demande est transmise par le Yacht Club Classique à la Fédération Française
de Voile pour examen et validation finale.
À la suite de cette validation, la Fédération Française de Voile émet un
certificat transmis à l’armateur et en copie au Yacht Club Classique.
Les informations sur le numéro de voiles du yacht classique sont ensuite
mises en ligne sur le site Web du yacht Club Classique et sur celui de la
Fédération Française de Voile.
Challenge Classique Atlantique 2
61
‘
La saison 2009 - the 2009 season
regateS du CCa : programme 2009
2009 CCa programme
62
MaNifEstatioN
datE 2009
liEu
orgaNisatEur
La mise en bouche
25 - 26 AVril
(hors ccA) - Vers Ars en ré
ycc
La cLassique Du crouesty
16 - 17 mAi
GolFe du morBihAn
BAie de quiBeron
yccA
La semaine Du GoLfe
21 Au 24 mAi
GolFe du morBihAn
BAie de quiBeron
yccA - l A semAine du GolFe
Les JauGes cLassiques
6 - 7 Juin
l A trinité
snt
L’échappée cLassique
13 - 14 Juin
BAie de quiBeron
ycq
Le renDez-vous De La beLLe
pLaisance
26 Au 28 Juin
Bénodet
yco
Les voiLes De LéGenDe
11 - 13 Juillet
BAie de l A BAule
yclB
La coupe Des Deux phares Dont
coupe bouvet-LaDubay Du
patrimoine
12 - 14 Août
15 Août
Le Défi Du bar
29 Août
La tréGor cLassique
11 Au 13 septemBre
tréBeurden
yct
Le trophée phiLippe harLé
La cLassique Du pavois
26 septemBre
27 septemBre
pertuis chArentAis
pertuis chArentAis
ycc
ycc
La charente cLassique
17 octoBre
rocheFort
ycc
lorient - l A rochelle
BAssin des chAlutiers
tour de l’ile de
Challenge Classique atlantique 2
ré
ycc - snl
mmlr
ycc
Le site du Yatch Club Classique
Le Site du YaCht CLuB CLaSSique
Daniel Fouray
http://www.yachtclubclassique.com
Voici, en quelques mots, les fonctionnalités principales.
Au centre de la page d’accueil, le paragraphe a vos écoutes, vous renseigne
sur la prochaine régate immédiatement à venir. Vous pourrez accéder aux
instructions de courses, à la fiche d’inscriptions et aux détails éventuels de cette
course.
Le lien en haut à gauche Calendrier vous amène au programme complet
du Challenge Classique Atlantique pour l’année. Cette page vous permet de
consulter les instructions de course (lorsqu’elles sont mises en ligne, le nom de
la régate est en rouge), les résultats et le compte-rendu.
Juste au-dessous vous pouvez voir l’actualité qui vous informe sur les
événements récents du YCC.
• Par le lien album photo YCC vous pouvez visualiser ou ajouter des
photos et des commentaires à cet album qui est mis à votre disposition afin
de diffuser vos photos personnelles concernant le YCC
• Une partie intranet est également accessible aux membres du Yacht
Club Classique.
Les liens de la colonne de gauche de la page d’accueil vous permettent,
entre autre :
• inscriptions en ligne : Pour vous inscrire à une ou plusieurs régates du
CCA ainsi que vos équipiers
• bourse équipiers : Pour vous inscrire ou visualiser les propositions
d’embarquement ou les disponibilités d’équipiers éventuels
• licences ffv : Pour faire votre demande de licence FFV en ligne par
l’intermédiaire de notre responsable licence membre du YCC
• Dans la partie Jauge, toutes les informations concernant la Jauge
Classique et, dans quelques temps, la possibilité de calculer en ligne,
la jauge de votre bateau soit pour des simulations, soit pour obtenir un
certificat définitif après vérification par nos jaugeurs officiels
• La partie tools box vous offre des informations utiles sur la navigation
dans le cadre du YCC
• La partie droite de la page d’accueil vous permet, outre les informations du
paragraphe YCC qui vous renseignent sur la structure et l’équipe du Yacht
Club Classique, d’accéder au chapitre du Patrimoine avec le recueil des
chants de marins, un aperçu de notre projet de Club house et Nos Petites
Annonces Nautiques où vous trouverez une sélection d’offres de vente
faite par nos membres.**
• Mais l’élément fondamental du YCC c’est l’inventaire des Yachts
Classiques. Grâce à l’interface proposée, vous pouvez faire des
recherches multicritères sur un Yacht ou intégrer facilement un nouveau
bateau à la base de données.
Challenge Classique atlantique 2
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CCA_2009_couvertureoli.indd 2
2/06/09 13:28:03
Challenge Classique Atlantique
CCA 2009
2
Yacht Club Classique - YCC
2/06/09 13:27:55
CCA_2009_couvertureoli.indd 1
w w w.yac htc lubc lassique.c om

Documents pareils