Généalogie et Contribution à l`Histoire de Saint Jean de Chevelu

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Généalogie et Contribution à l`Histoire de Saint Jean de Chevelu
N°1
Association
“Les Descendants de Benoît Million-Rousseau
depuis 1639”
Généalogie et Contribution à l’Histoire de
Saint Jean de Chevelu
Siège Social : chez la Présidente : Colette Million-Rousseau-Badet
3 rue de Stalingrad 73000 Chambéry
adresse courriel : [email protected]
Conseil d’administration :
Trésorière: Marie-Claude Soudan-Michaud
Secrétaire : Nicole Plattier dit Curtet
Patrick Bediez, Joseph-René Clocher, Charles Horny, Christiane Lascaux-Tournier, Elise MichaudPaccoud, Jacky Pillard.
Genèse de l'Association et de la Cousinade 2004
Généalogistes-amateurs isolés, nous sous sommes contactés par l’intermédiaire
de bulletins spécialisés; nous avons échangé nos informations et lorsque nous avons acquis la
certitude que nous descendions tous les 5, (Colette, Patrick, Charles, Jacky et Nicole), de Benoît
Million Rousseau nous nous sommes rencontrés.
Chacun a présenté son travail et c'est avec un très grand plaisir que nous voyions
nos découvertes individuelles se compléter les unes les autres comme les pièces d'un puzzle d'où
surgissaient une foule de personnages, chaînons de notre histoire, grâce auxquels nous existons
aujourd'hui.
Notre passion commune pour l’histoire de nos ancêtres et de leur village, a créé
entre nous un fort courant de sympathie et nous a encore plus motivés pour approfondir nos
recherches tant aux Archives* que sur le terrain.
Le testament de Benoît, découvert dans le registre du Tabellion de Yenne, aux
Archives de Chambéry, nous a, momentanément, comblés, d’autant que celui de son frère,
établi le même jour et figurant à la page suivante du registre, le complétait avantageusement.
En un après-midi, nous faisions connaissance avec toute la famille : père, frère, soeur, enfants,
gendres, bru, petits enfants et même quelques relations de voisinage.
Les actes consignés dans le Tabellion nous offrent, malgré leur lecture rendue
difficile, à la fois par le style et par la calligraphie, une sorte d'énorme album-photos qui nous
révèle des instantanés extrêmement vivants du quotidien de nos ancêtres du XVIIe au XIXe
siècles.
Dès notre seconde réunion, l’idée de réunir, à Saint Jean de Chevelu notre
berceau d'origine, les descendants actuels de Benoît, nous est apparue évidente.
C'était très enrichissant de connaître nos aïeux mais ce serait réjouissant de partager nos
découvertes avec les Cousins, connus ou inconnus, issus de ces mêmes aïeux. "L'Association des
Descendants de Benoît Million Rousseau depuis 1639" était née, et le dimanche de Pentecôte
2004 retenu pour voir ce grand rassemblement familial.
Depuis, d'autres cousins généalogistes ont rejoint le petit noyau initial, au sein du
"conseil d'administration".
Parisienne de naissance et venue tardivement en Savoie à la recherche de la
jeunesse de mon grand père, né à Saint Jean de Chevelu, plus précisément à Champrond en
1872,
j'ai glané ici et là des infos, des légendes, des anecdotes, des images qui trouvent leur
place, il me semble, dans ce livret consacré à Saint Jean de Chevelu.
Ainsi, très modestement, j'espère contribuer à l'histoire des chevelans, et peut-être
susciter de nouvelles vocations de chercheurs, amoureux des vieux grimoires.
Bonne promenade à travers les siècles en compagnie de Benoît et des siens.
Nicole Plattier dit Curtet
*Archives Départementales de Chambéry: 244 Quai de la Rize - 04 79 70 87 70 http://www.sabaudia.org
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Saint Jean de Chevelu
Pour les descendants de chevelans dispersés de par le monde, voici comment se
présente leur berceau originel, situé dans une région appelée l'Avant-Pays Savoyard ou Petit
Bugey.
Cette petite commune, à 7 km de Yenne, et à 20 km de Chambéry par le Tunnel du
Chat, nichée au creux d'une cuvette où brillent deux petits lacs, est entourée, à l’ouest, par la
montagne de Lierre, au nord par la montagne de La Charvaz et au sud par la montagne de
la Dent du Chat qui la domine de ses 1390 m,
D’après les textes anciens on sait que Chevelu existait déjà en 1125 sous le nom de
Capilutum, puis a porté différents noms au cours des siècles : en 1232 Chevellutum, en 1260
Chavellu, puis Chevellu, et au XVIIIe siècle Chevelluz.
On retrouve trace de la paroisse au XIIIe siècle sous le nom de Capellanus de
Chevelutum, puis au siècle suivant, Capellanus de Cheveluton, pour devenir Capelutum au
XVIe siècle et enfin, apparaît sur le cadastre sarde de 1738 Saint Jean de Chevelu.
Sur l'un des lacs, au temps jadis, il y avait une islette qui se déplaçait les jours de grand
vent. Jacques Pelletier du Mans, ami de Ronsard, l'avait remarquée lors de son passage en
Savoie en 1571.
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"Une autre islette au petit lac mouvante
De chevelu montre quel cartier vente
Car là dessus s'est un arbre produit
Qui sert de voile au vent qui la conduit."
Maintenant elle n'existe plus car elle s'est collée contre la terre ferme.
Nous empruntons la description faite par l'équipe de "Histoire des Communes Savoyardes.
Chambéry et ses environs* :
"Les beaux paysages de la cuvette reposante des lacs de Chevelu, des
coteaux de vignobles et de pentes boisées, coupées de falaises et
d’escarpement, sont mis en valeur par buttes ou becs de roche
où sont
perchés de vieux villages, châteaux, chapelles, calvaires aux vues
imprenables, tous desservis par un réseau de routes et chemins en corniche".
Le centre du village se trouve à 334 m d’altitude; les hameaux, dispersés sur les flancs
des monts alentours sur plus de 1200 hectares, se nomment : Bergin, Champrond, Chevelu, La
Grande Forêt, la Petite Forêt, Monthoux, la Plattière, Saumont, la Servagette, Vernatel, Saint
Jean, la Fromentière, Gemilieu, la Mandaz, la Perrotière, les Pingeons, le Taba, les Vignes.
La population a fluctué au fil du temps. On a compté 343 chevelans en 1756, 905 en
1848, 646 en 1911, 450 en 1936, 338 en 1975 et 589 au dernier recensement.
Saint Jean de Chevelu fait partie de la "Communauté de communes de Yenne" créée
récemment, qui comprend La Balme, Billième, La Chapelle Saint Martin, Jongieux, Loisieux,
Lucey, Meyrieux-Trouet, Ontex, Saint Paul sur Yenne, Saint Pierre d'Alvey, Traize, Verthemex et
Yenne, toutes communes où nous retrouvons trace de nos ancêtres.
De même, nous avons découvert que plusieurs d'entre eux avaient vécu au Château
de la Grande Forest, à différentes époques. En effet, si nous descendons d'une branche de la
famille de la Forest (au XVIIe siècle),
au moment de la Révolution, la maison-forte
appartenait à une autre branche, qui la vendit à son fermier qui n'était autre que notre aïeul
François Million-Rousseau, descendant de Benoît.
En remontant dans les temps plus anciens, le château de Champrovent appartint
également à des membres de notre famille, comme le château de la Muraz.
Ces demeures, datant du moyen-âge, ont diversement résisté aux assauts du temps
et de l'Histoire; leurs tours ont été tronquées au ras de leur toiture suite à l'application
rigoureuse de l'arrêté du 8 pluviose an XI, dans le but de ne plus "offenser l'égalité".
Le plus important, le plus célèbre MONUMENT, si l'on peut dire, est sans conteste le
Mont du Chat, avec, à son sommet, la fameuse Dent ! Imposant, il a inspiré les poètes, et ...
l'imagination populaire.
* Histoire des Communes Savoyardes -Chambéry et ses environs -le Petit Bugey" de Philippe Paillard, Michèle Brocard,
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Lucien Lagier-Bruno, André Palluel-Guillard. Editions Horvath
Il était une fois
le Mont du Chat ...
La Montagne du Chat est une imposante barrière de terre et de rochers qui ferme
l'horizon vers le Lac du Bourget et Chambéry. Les pentes sont raides, le terrain, peu propice à
l'agriculture, est recouvert en grande partie
de forêt.
Montaigne franchit le Col du Chat en 1581:
"Déjà nous vinmes passer le Mont du
Chat, haut, roide, et pierreux mais nullement dangereux ou mal aisé, au pied
duquel se siet un grand lac, et le long
d'icelui un château nommé Bordeau*"
(Journal de Voyage en Italie)
Dans
les
temps
très
anciens,
l'appelait le Mont Muni. Pourquoi
on
le mont
Muni devint-il le Mont du Chat ?
Joseph-René Clocher* explique :
"Les chroniqueurs du Moyen-âge font
mention, dans leurs écrits, de l’existence
d’un affreux matou qui terrorisait tout le
monde au passage du Col. Il laissait passer
dix neuf personnes mais dévorait toujours la
vingtième !
Heureusement un soldat qui s’en revenait
chez lui, courageux et bien inspiré, eut
l’idée de faire bénir son fusil par le curé
avant d’escalader les pentes de la
montagne. La bête frappée en plein
coeurroula jusque dans le lac.
Peut-être
n’en
serions-nous
pas
encore vraiment débarrassé ? Au dire de certains, elle ne serait pas morte et les jours d’orage,
par ses colères elle ferait chavirer les barques sur le Lac du Bourget.
Est-ce ce maudit chat qui, par ses exploits a donné le nom à la montagne ? ou plutôt
est-ce le nom de la montagne qui a inspiré la naissance et la propagation de cette légende ?
Gardons-nous de trancher entre ces deux graves hypothèses."
* devenu Bourdeau
* Joseph-René Clocher: auteur de plusieurs livres sur l'histoire de la région, dont le plus récent : "Voyage d'Histoire en pays de
Yenne". (lui aussi descendant de Benoît Million-Rousseau)
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Une autre histoire circule dans les chaumières qui nous est contée par Joseph-René
Clocher et que nous appellerons :
La spécialité gastronomique des moines de l’hospice du Col du Chat
"Au Moyen-âge, les moines étaient réputés pour la qualité des diots qu’ils
fabriquaient. Il paraît même que le diot du Mont du Chat s’était taillé une place de
choix dans le fief du légendaire saucisson de Lyon. Un jour, un brave lyonnais
aperçut en coupant son diot - ô horreur - un doigt humain ! La moulinette avait
mal fait son travail.
La maréchaussée, intriguée par la disparition d’un certain nombre de voyageurs
devant traverser le Col mena une enquête. Quelle ne fut pas sa stupeur de
découvrir que ces malheureuses personnes avaient toutes été accueillies par les
moines, qui pratiquaient l'hospitalité à l'envers, si l’on peut dire. Les pauvres
voyageurs confiants qui s'arrêtaient là pour se réconforterétaient
immanquablement trucidés et les messieurs à robe prélevaient leur chair afin d’en
garnir leurs diots !"
Est-ce cette chair qui donnait un si bon goût ??? Fait divers authentique ou légende
destinée à agrémenter les longues veillées hivernales ? Notre conteur ne se prononce pas.
Par contre, ce qui est certain, c’est la construction, par les romains, d’une route
empierrée de 4 m de large, reprenant probablement le tracé d’un chemin gaulois.
Les découvertes archéologiques successives montrent que la Montagne du
Chat fut fréquentée par les hommes depuis la nuit des temps. Alexandre Héritier a trouvé
dans son champ une hachette préhistorique.
Quant à J.B. Mercier, il a découvert, lors de fouilles en 1936, des objets datant des
IIIe et IVe siècles et Claude Duc un vase contenant 240 pièces de monnaie en bronze.
Les ruines qui ont subsisté au col jusqu'en 1825 étaient vraisemblablement les vestiges
d'un temple gallo-romain dédié à Mercure et à Mars.
D’ailleurs, au XVIe siècle, Alphonse Delbène écrit :
"Le Mont du Chat, situé entre le Rhône et le Lac du Bourget est très peu difficile à
gravir et lorsqu’on sera parvenu au sommet et qu’on verra les murs d’un vieux
sanctuaire encore debout, une pierre se présentera au regard sur laquelle sont gravées
des lettres romaines capitales, mais que, à cause de leur trop grande antiquité,
personne ne peut en comprendre le sens."
Le poète, au XIXe siècle, décrit notre montagne, vue du Lac du Bourget, en ces termes:
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"A gauche, le Mont du Chat dresse pendant deux lieux contre le ciel une ligne
haute, sombre, uniforme, sans ondulation à son sommet, on dirait un rempart
immense, nivelé par un cordeau. A peine à son extrémité orientale, deux ou trois dents
aigües de rocher gris interrompent la monotonie géométrique de sa forme , et
rappellent que ce n'est pas une main d'homme, mais la main de Dieu qui a pu jouer
avec ses masses."
LAMARTINE
Et "l'enfant du pays", devenu homme de théâtre célèbre, au XXe siècle, Charles DULLIN raconte:
"Je suis né dans un vieux château* adossé à une montagne qui a trois aiguilles en forme de
dents, celle de droite est une grosse molaire,
celle de gauche est une dent pointue qui se
détache menaçante comme si elle voulait
mordre dans les nuages ... Elle règle la vie de
la contrée, donne l'heure, annonce les orages,
tantôt se rapproche de vous, tantôt s'éloigne
vivante et mystérieuse, on l'appelle "la Dent du
Chat".
Mais ce fut aussi un lieu de travail
car il y avait des mines de fer au Mont du Chat,
qui furent exploitées jusqu'en 1855 .
Au col, on peut voir sur le côté
Le Col du Chat au début du XXe siècle
gauche en montant de Saint Jean de Chevelu un oratoire, dédié à Notre dame de Bon Secours.
Il a été édifié à la fin du XIXe siècle par trois jeunes gens de Saint-Paul sur Yenne, qui après s'être
égarés dans la montagne à cause du brouillard retrouvèrent miraculeusement leur chemin.
Le Tunnel du Chat
Même avec ses modestes 638 m d'altitude, le col du Chat a toujours été un obstacle
pour les échanges entre la région de Yenne et le val du Bourget.
En 1881, Victor Barlet, premier maire de Saint Jean de Chevelu et premier conseiller
général du canton de Yenne après l'Annexion, envisage le percement d'un tunnel routier.
Quelques années plus tard, l'ingénieur Maurice Mollard, natif de Saint Jean de Chevelu, propose
différentes solutions, dont une ligne de chemin de fer à crémaillère .
D'autres projets continuent à fleurir mais aucun n'aboutit.
Il faut attendre 1928 pour que le nouveau projet de percement d'un tunnel présenté par
Maurice Mollard soit adopté et réalisé en un temps record. Les crédits votés en juin 1928, les
travaux commencent au mois d'avril de l'année suivante du côté du Bourget-du-Lac et au mois
de juin, les travaux débutent du côté de Saint Jean de Chevelu.
Le 5 décembre 1929, les mineurs font sauter le dernier bouchon de roches qui sépare les deux
galeries. Les hommes ont tout lieu d'être fiers de la rapidité du travail et de sa précision, car les
axes respectifs des deux portions creusées ont un écart de 3 cm seulement.
Il est le plus long tunnel routier français de l'époque, 1575 m, et est livré à la circulation en avril
1932.
De nos jours, la Montagne du Chat est fréquentée essentiellement par les promeneurs.
Plusieurs chemins pédestres conduisent au sommet et vers la Dent. Parvenu là-haut, on découvre
un panorama extraordinaire qui s'étend de part et d’autre de l’arête: au sud, la chaîne des
Alpes, en contre-bas le Lac du Bourget, au nord la vallée de Chevelu, les petits lacs, le village, les
coteaux avec leurs vignobles, au loin le Rhône : c’est magnifique.
* Charles Dullin (1885-1949), né au château de Chatelard, à Yenne, fondateur du théâtre parisien l'Atelier, "artiste inspiré, a
exercé une profonde influence sur plusieurs générations de comédiens et de metteurs en scène."
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Les Million - Rousseau
Benoît, Joseph, Baltazard, François
et les autres ...
La première source où nous sommes allés puiser est l’état civil ; puis dès que nous
sommes remontés avant la Révolution, nous nous sommes plongés dans les registres
paroissiaux. Pour Saint Jean de Chevelu, les plus anciens datent du début du XVIIe siècle , mais
ils sont parcellaires. A partir de la fin du XVIIe, nous disposons d’une suite de registres
apparemment complète, mais dont certains exemplaires ont été détériorés au fil du temps au
point d’en rendre certaines pages quasiment illisibles.
D’autre part, dans
ces temps lointains, les curés notaient seulement le nom et le
prénom du baptisé, sans mentionner sa filiation et avec une grande fantaisie dans
l’orthographe, ou l’ajout des sobriquets; ceci nous oblige à effectuer des recoupements avec
d’autres sources, notamment le Tabellion, pour recomposer les liens familiaux.
Le Tabellion, institué en Savoie, par le duc Victor-Amédée II en 1697, devait enregistrer
tous les actes passés chez les notaires : testament, contrat de mariage, acte de vente, de
succession etc ...
Composé de gros registres, conservés aux Archives Départementales*, il représente un véritable
trésor d’informations sur nos aïeux qui nous dévoilent leurs préoccupations, leur liens affectifs,
leurs coutumes.
C’est pourquoi nous allons parcourir différents documents illustrant le début de la lignée
Million Rousseau. Nous présentons la retranscription intégrale du testament de Benoît et celle
du contrat de mariage de son petit-fils Baltazard, malgré l’aspect ardu du langage notarial de
XVIIIe siècle. D’ailleurs, ne réussissant pas à déchiffrer quelques mots, nous les avons remplacé
par (...) en attendant le jour où un spécialiste viendra combler ces lacunes.
Cependant, pour ne pas rebuter nos lecteurs, nous résumons les autres actes pour en extraire le
plus significatif, et nous avons représenté les compositions familiales par deux graphiques afin
d’aider aux repérages des générations.
Pour compléter les documents d'archives, nous éditons les fiches, tirées de notre logiciel de
généalogie, de Benoît et de son fils Joseph. (les numéros correspondent aux numéros Sosa
concernant l’ascendance de Nicole Plattier dit Curtet)
Entrons maintenant dans le vif du sujet.
Le 31 décembre 1728, le notaire, Joseph Goybet, se déplace à Monthoux, chez les
frères Million-Rousseau pour rédiger trois actes : les testaments des deux frères, Benoît et
Claude, et un acte de vente entre Claude Everard et François Héritier.
Claude Million-Rousseau révoque son testament précédent en date du 28/02/1725, chez Me
Goybet, malheureusement , acte non communicable par les A.D. Nous ne saurons donc pas s’il
avait une femme et des enfants auparavant, mais, fin 1728, il nomme comme héritiers sa soeur,
Josephte, et ses neveux, les enfants vivants de Benoît.
Il décède le 26 mars 1729, à l’âge d’environ 90 ans.
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Testament de Benoît
31 décembre 1728
L’an mil sept cent vingt huit et le trente et un décembre depuis midy à Monthoux dans la maison des
frères Million dit Rosseau par devant moy notaire royal collégié soussigné et les témoins cy sus nommé et
personnellement établi et au titre (...) Benoît fils de feu Claude Million dit Rosseau natif et habitant du dit lieu
de Monthoux lequel considérant qu’il n’y a rien de plus certain que la mort qu’il n’y a rien de plus incertain que
le jour et l’heure dicelle et se voyant dans un âge fort avancé et accablé de maladie quoique de bon sens
mémoire et entendement a voulu pendant que raison domine en lui disposer de ses biens par forme de
testament (...)
actif et disposition de dernière volonté de la manière que s’en suit premièrement ayant fait le signe de la
croix et recommande son âme à Dieu charge ses héritiers cy sus nommé de faire célébrer après son décès
pour le repos de son âme six grandes messes devant l’autel du saint Rosaire de la sainte église de Saint Jean
de Chevelu et six autres messes basses devant le maître autel du dit lieu et encore deux messes dans la
chapelle du dit lieu de Monthoux laissant le surplus de ses funérailles (...) de ses dit héritiers lesquels il charge
de s’en acquitter (...)
le dit testateur donne et lègue par droit de légat et institution particulière délaisse à Pierre son fils la somme
de deux livres payables par les héritiers cy sus nommés une année après le décès du dit testateur (...) tous
droits de légitime supplément dicelle carte tribellianique part d’argent et autres généralement quelconque
que le dit Pierre pourvoit espérer dans les hoiries de son dit père et de feu Claude Vuaz sa mère en quoique le
tout puisse consister et moyennant le dit lequel il puisse et (...)
de tous ces biens et héritages quelconques il donne et lègue par droit de légat et institution particulière à
Joseph, Catherine et Pierre, frère soeurs enfant de feu Jean Million Rosseau et petit fils du testateur la somme
de deux cent livres payables à chacun leur parts dans deux années après le décès du dit testateur et c’est
outre la somme de cent huitante livres ci devant (...) par le dit feu Jean Million de laquelle somme le dit Jean
a charge ses dit enfants de tenir compte sur les droits qui leur pourraient compter dans l’hoirie du dit Benoît
Million ainsi que la déclaration par luy faite lors de son décès (..) par moy notaire le vingt quatre may mil sept
cent vingt six et c’est pour tous droits de légitime supplément dicelle carte tribellianique part d’argent et
autres quelconque que les dit Joseph, Catherine et Pierre Million dit Rosseau pourroient espérer dans l’hoirie
du dit testateur et de feu Claude Vuaz leur mère moyennant quoi il les (...)
de cette exécution de ses biens et héritages quelconques il donne et lègue comme dessus à la Pernette
Million sa fille, femme de François Plattier la somme de cinq sols payable l’année de son décès (passage
illisible) (...)
le dit testateur exhorté de ne pouvoir rien léguer aux hôpitaux de la province du lieu (...) et de la sainte
religion de St Maurice et Lazare et d’autant que le chef du testament consiste à l’institution héréditaire à
cette cause le dit Benoît Million testateur et de sa propre bouche nommé et institué les héritiers à seavoir
Joseph, Jean-Claude et Claude Million dit Rosseau ses enfants tout trois par égale part et portion par
lesquels il veut et entend ses dettes et frais funéraires entre eux payés (...) et révoque tout autre testament
et disposition de dernière volonté qu’il pourrait avoir prise.
Noble Pierre fils de feu noble (...) Courtois d’Arcollière seigneur de la maison forte de Prélliand et de noble
Philibert Courtois de Préliand son fils, de Jacques fils de Pierre Berthet natif et habitant la paroisse d’Yenne, de
François fils de feu François Héritier, Claude de feu Anthelme Plattier natif et habitant de St Jean de Chevelu,
Benoît fils de feu Joseph Duluet natif de (...), de Joseph fils de feu Antoine (...) natif de Loisieux et habitant à
Saint Jean, témoins requis qui ont signé et encore pour la plus grande validité du présent en présence
d’humble Benoît fils de feu Jean Champriond et de humble François fils de Joseph Million dit Guenin dit Bret
natif et habitant de la dite paroisse.
J.Goybet notaire
Copie intégrale de l’acte du registre du Tabellion 2 C 1239 fol 338 (A.D. Chambéry)
Benoît Million-Rousseau décède le 13 janvier 1729 "à l’âge d’environ 90 ans".
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Million - Rousseau Benoit, N° 576
Fils de MILLION ROUSSEAU Claude, N° 1152 et de ?
Deuxième enfant de Claude.
Né vers 1639
Décédé le 13/01/1729 à St Jean de Chevelu, Monthoux à environ 90 ans
Cultivateur propriétaire à Monthoux
Uni avec VUARD ou Vuaz ou Everard Claudine, N° 577 le ? à ?
Née vers 1646 à Billième
Décédée le 24/04/1712 à St Jean de Chevelu à l'âge de 66 ans
7 enfants, au moins, sont nés de cette union :
1. MILLION ROUSSEAU Jean
Né le 26/02/1677 à St Jean de Chevelu
Union le 17/06/1710 à St Jean de Chevelu avec HERITIER Jeanne
Décédé le 01/06/1726 à St Jean de Chevelu à l'âge de 49 ans
2. MILLION ROUSSEAU Joseph, N° 28
Né le 03/04/1680 à St Jean de Chevelu, Monthoux
Union le 25/06/1712 à St Jean de Chevelu avec BIZET dit la Branche
Claudine, N° 289
Décédé le 10/07/1754 à St Jean de Chevelu, Monthoux à l'âge de 74 ans
3. MILLION ROUSSEAU Benoite
Né le 30/05/1683 à St Jean de Chevelu
Décédée le14/09/1704 à St Jean de Chevelu
4. MILLION ROUSSEAU Pernette
Née le 30/03/1689 à St Jean de Chevelu
1ère Union le 04/08/1711 à St Jean de Chevelu avec PLATTIER ROSSET JeanFrançois
2 ème Union le 15/02/1746 à St Jean de Chevelu avec BRODAZ Marc
Décédée le 03/04/1763 à St Jean de Chevelu à l'âge de 74 ans
5. MILLION ROUSSEAU Jean Claude
Né le 24/10/1691 à St Jean de Chevelu, Monthoux
Union le 24/09/1729 à Chapelle du Mont du Chat avec GAYFIER Anthelmette
Décédé le 04/03/1757 à St Jean de Chevelu à l'âge de 65 ans
6. MILLION ROUSSEAU Claude
Né le 18/04/1698 à St Jean de Chevelu, Monthoux
Union le 16/08/1729 à St Jean de Chevelu avec MILLION Claudine
Décédé le 07/07/1761 à St Jean de Chevelu à l'âge de 63 ans
7. MILLION ROUSSEAU Pierre
Né le ?
Décédé entre 1729 et 1762 (cité dans le testament de son père en 1728 et dit
décédé dans la transaction partage de 1762)
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Mappe Sarde
Hameau de Monthoux
Le 9 avril 1728, l’Intendant général de Savoie est chargé par lettre patente du roi VictorAmédée II d’organiser la cadastration de tout le territoire de la Savoie. Il s’agit de faire un
relevé topographique le plus exact possible de toutes les parcelles, et d’en déterminer le
revenu brut, puis le revenu net après avoir déduit les coûts de production. L’entreprise a pour
but d’établir le montant de l’impôt sur le revenu de la terre.
Le géomètre, l’agrimenseur, ou mesureur, et l’estimateur arrivent à Saint Jean de
Chevelu le 4 janvier 1731.
Ils nous ont laissé une très grande carte* ainsi que plusieurs gros registres contenant les
informations sur la nature de chaque parcelle, le lieu, les dimensions en mesures de Savoye et
en mesures de Piémont, le nom du propriétaire.
Les parcelles sont répertoriées suivant leur nature: bois, broussailles, champ, chapelle,
chatagneray (sic), château, cour, étable, étang, grange, gravier, jardin, maraix (sic), paturage,
maison, masure, moulin, roc, tepe, verger, vigne. Elles ont chacune un numéro, et leur surface est
inscrite dans les deux mesures.
La liste concernant les frères Million Rousseau qui exploitent en indivis les terres héritées
de leur père, Benoît, est trop longue pour être reproduite dans son intégralité, nous en citons
seulement quelques extraits.
Million Joseph et frères dit Rousseaux :
3330 : Vigne sous Monthoux
3495 :Vigne à Saint Jean
4147 : étable à pourceaux
de 4139 à 4147 : cour, granges etc...
dont N°4144 : Maison (dans la zone
rouge)
Plus : vignes à Tranchiboud, à la Poyat,
champ au Biollay, à Comba billien, à
Champ-rond, maraix dessous la Rine
etc...
Le total : 35 journaux, 390 toises, 7 pieds*
Monthoux
(mesures de Savoye)
Aymé Plattier dit Rousset (le scribe a mal orthographié le nom) ne possède que 4 journeaux et 2
toises en 21 parcelles, tandis que Charles de la Forest est propriétaires de 118 journeaux, 328
toises, 6 pieds, et Joseph de la Forest 149 journeaux, 231 toises, 3 pieds, dont le château et le
moulin.
*d’après le CD de la mappe de Saint Jean de Chevelu, ainsi que des registres de la Sous-Série 1 C 154-5052 ; C 4055, C 4056
détaillant la composition de chaque parcelle.
* 1 journal = 2948,38 m2 ; 1 toise : 7,371 m2.
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21 janvier 1749
Contract dottal d’entre Baltazard
Million dit Rossiaud e t l’Henriette fille
de Maurix Barlet
L’an mil sept cent quarante neuf et le vingt un du mois de janvier deux heures apres midy a Yenne dans la
maison du Sr Prudent Belly ou habite (... ...) chatelain ont comparu en personne par devant moy notaire
collegié Royal soussigné et présents les temoins en fin nommés Baltazard fils de Joseph Million dit Rossiaud né
et habitant de la paroisse de St Jean de Chevelu et l’Henriette fille de Maurix Chaffard dit Barlet native et
habitante de la paroisse de Jongieu lesquels (...) sous l’autorité et consentement de leur père commun icy
presents voulant effectuer les mutuelles propositions de mariage Entre eux intervenues ont promis se prendre
pour légitime epoux et epouse et les fins se representent en face de notre St mere l’église pour y recevoir la
benediction nuptiale a la premiere requisition de l’un d’yceux a peine (... ..... . ............)
il est de coutume de constituer dotte aux filles pour aider aux marys a supporter plus facilement les charges
du mariage a cette causes (...) j’ay personnellement établi et constitué le dit Maurix fils de feu François
Chaffard dit Barlet né et habitant la dite paroisse de Jongieu lequelle (...) pour luy et les siens a constitué en
dotte et pour le dot et mariage de la ditte Henriette et pour elle aussi Baltazard Million dit Rossiaux son futur
epoux tous d’eux icy present et acceptant pour eux et les leurs a seavoir la somme de quatre cent livres , un
coffre de noyer fermant a clef tenant environ quatre bichettes un habit neuf complet de saergette valant six
aulne de toile melé neuve et une genisse sortant du lait payable la ditte somme et genisse dans ... le temps
de trois ans a compter dès ce jour sans interest jusques au dit temps et les coffre, habit et toile le jour de la
celebration des noces le tous a peyne de tous depend dommages et interests a l’obligation de ses bien
présent et futurs qu’ils se constitue tenir et c’est la dite somme et effet cy dessus pour tous droit paternels et
maternels légitime suplément d’ycelle et part d’augment et autre generalement quelconque que la dite
future epouse pourroit avoir demander et pretendre dans l’hoire de ses dit pere et mere a tous lesquelles de
l’hautorité de son dit futur epoux et yceluy sous l’authorité de son dit pere elle a renoncé et renonce des
apresent. Comme pour les ( .. .... ) la dite future epouse se constitue les meubles et linges cy apres
premierement deux habit complet l’un de serge a la dauphine et l’autre de sergette moitié usées # sept
corps l’un a manches et les autres six sans manches moitiés usées trois paires de manche deux de ratine et
l’autre de demy ratine trois juppe de my drapt six tabliers dont trois d’indienne et trois de cotton moitiés
usées et c’est outre ses autres habits et linges quotidiens.
Le tout quoy le dit futur époux délivre (...) en son pouvoir et comme toute dotte merite augment a cette
cause le sont j’ay personnellement établi et constitué les dit Joseph fils de feu Benoît dit Rossiaud et au besoin
le dit futur époux sous l’authorité d’yceluy les quelles degré pour et les leurs ont fait augment a la dite future
epouse presente et acceptante de la somme de deux cent livres la quelle jointer a la constitution cy dessous
compose celle de six cent livres que le dit Joseph Million dit Rossiaud (...) et hypothèque surtout et (...) ses
biens present et futurs pour les (...) et posseder par la dite future epouse et les siens par droit de gage et
hipoteque jusques a l’entiere restitution tant de la dite dotte et augment que prosjet et (...) sans que les fruits
d’yceux puissent luy etre imputer en fait ny diminution du capital le tout ainsy convenu et promit observer
par les parties aux pleines respectueux de tous depend dommages et interest sous l’obligation reciproque
de leurs biens present et futurs et sous toutes autres clauses requises.
Fait et prononcé au dit lieu en présence de Guillaume fils de feu Anthelme Carron de la dite paroisse de
Chevelu, et de Sébastien fils de Romain Vincent de la dite paroisse de Jongieu témoins requis.# et deux brebis
ut sup x et brebis ut sup, une chemisette de ratine rouge toute neuve ut sup.
Les partie et témoins sont illiterés*. De ce enquis le prix contient trois pages de minute et par moy dit notaire
expedié pour l’office du tabellion qui y (...) par Amé Rubod.
Note : * illiterés: illettrés
Copie intégrale respectant l’orthographe utilisée. Nous avons souligné les passages nous semblant les plus intéressants.
12
Le mystérieux
Baltazard Million Rousseau
Baltazard est donc le petit-fils de Benoît et le fils de Joseph et de Claudine Bizet dit la
Branche.
Nous avons relevé les actes de baptêmes, de mariages ou de décès de ses enfants où
son prénom original et unique chez les Million Rousseau a attiré notre attention.
Mais, malgré des recherches acharnées, aucun d’entre les cousins généalogistes n’a réussi,
jusqu’à ce jour, à trouver la date de sa naissance, pas plus que celle de sa mort, alors que nous
avons celles de ses frères et soeurs ? Un vrai mystère !
Cette absence dans les registres paroissiaux nous intrigue beaucoup, et c’est avec une
grande satisfaction que nous avons déniché son contrat de mariage dans le Tabellion de Yenne,
l’an dernier, ce qui nous a permis de trouver l’acte de mariage dans les registres paroissiaux de
Jongieux : le 4 février 1749.
A ce propos, nous remarquerons la propension des Million Rousseau à aller chercher leurs
épouses en dehors du village (ce qui complique notre travail !).
Nous le rencontrons sous le double prénom de François-Baltazard dans le testament de
son père, mais c’est la seule fois. Sa mère l’évoque, comme partout ailleurs, en le nommant
simplement Baltazard.
Nous déduisons des indications fournies par divers documents qu’il serait décédé entre
1768 et 1774 mais le flou ne nous satisfait vraiment pas et nous lançons un avis de recherche :
que la personne qui tombera sur les dates de naissance et de décès de notre Baltazard veuille
bien nous contacter dans les meilleurs délais !
Nous reproduisons ci-après des extraits des testaments de ses père et mère, et de la
transaction-partage de 1762, avec en illustration, un tableau de la constellation familiale
concernée par ces actes.
Son contrat dottal, comme on disait en ce temps-là, avec Henriette Barlet Chaffard (ou
Chaffard dit Barlet, selon les cas) nous apprend qu’il respecte la coutume de compléter la dot
versée par son beau-père par un augment.
13
Million - Rousseau Joseph, N° 288
Fils de MILLION ROUSSEAU Benoit, N° 576 1639 -13/01/1729
et de VUARD ou Vuaz Claudine,
N° 577
1646 - 24/04/1712
Né le 03/04/1680 à St Jean de Chevelu, Monthoux
Décédé le 10/07/1754 à St Jean de Chevelu, Monthoux à l'âge de 74 ans
Il a épousé à l'âge de 32 ans, le 25/06/1712 à St J. de Chevelu, BIZET dit la Branche Claudine, N° 289
Née le 11/09/1692 à Jongieux Décédée le 31/05/1774 à St Jean de Chevelu à 81 ans
7 enfants, au moins, sont nés de cette union :
1. MILLION ROUSSEAU Claudaz
Née le 09/05/1713 à St Jean de Chevelu
Union le 07/07/1733 à St Jean de Chevelu avec MILLION dit BRODAZ Jean
Décédée le 31/12/1788 à St Jean de Chevelu à l'âge de 75 ans
2. MILLION ROUSSEAU Sébastien
Né le 17/09/1717 à St Jean de Chevelu
Union le 25/04/1752 à St Jean de Chevelu avec HERITIER dit GACHE Anne
Décédé le 08/10/1771 à St Jean de Chevelu à l'âge de 54 ans
3. MILLION ROUSSEAU Marguerite
Née le 17/03/1720 à St Jean de Chevelu, Monthoux
Union le 18/07/1740 à St Jean de Chevelu avec CHAMPROND dit GAYMIN Benoit
Union le 04/02/1765 à St Jean de Chevelu avec DUPRAZ dit ROUGE Séraphin
Décédée le 10/04/1768 à St Jean de Chevelu à l'âge de 48 ans
4. MILLION ROUSSEAU Antoine
Né le 13/03/1723 à St Jean de Chevelu, Monthoux
Décédé le 11/10/1770 à St Jean de Chevelu à l'âge de 47 ans
5. MILLION ROUSSEAU François Balthazard, N° 144
Né le ?
Union le 04/02/1749 à Jongieux avec CHAFFARD BARLET Henriette, N° 145
Décédé entre 1768 et 1774
6. MILLION ROUSSEAU Françoise
Née le 28/02/1729 à St Jean de Chevelu
Union le 04/02/1749 à St Jean de Chevelu avec CARRON dit POLONAIS Anthelme
Décédée le 20/10/1777 à St Jean de Chevelu (73) à l'âge de 48 ans
7. MILLION ROUSSEAU François
Né le 19/08/1735 à St Jean de Chevelu
Décédé le 02/10/1736 à St Jean de Chevelu à l'âge de 13 mois
14
Extrait du
Testament d’Honorable Joseph Million Rousseau
20 mai 1754
Joseph Million Rousseau de Monthouz, paroisse de St Jean de Chevelu par Me
Goybet , dans la maison des frères Million Rousseau à 11 h du matin.
"Joseph fils à feu Benoît Million Rousseau, lequel considérant qu’il n’y a rien de
certain que la mort ni rien de si incertain que le jour et l’heure d’ycelle et voyant son
âge avancé étant de bon sens, mémoire et jugement entendement grâce au bon Dieu
a voulu pendant que raison domine en luy disposer de ses biens par le présent
testament (…) et disposition de dernière volonté … de la manière qui s’ensuis.
Premièrement ayant fait le signe de la sainte Croix et recommandé son âme à Dieu,
elisant la sépulture de son corps, l’âme en étant séparée dans le tombeau de (...)
charge les héritiers cy bas nommés de payer, de faire célébrer incontinant après son
décès, 8 messes basses et 2 grandes pour le respect de son âme à raison de 10 sols
chacune pour les basses et les grandes à raison de 20 sols pour être célébrées par le
Révérend Curé du dit lieu dans l’église de Saint Jean laissant (...) de ses funérailles à
la discretion de ses héritiers et les charges de s’en acquitter honnêtement suivant la
faculté de son hoyrie" (...)
Faire "quelques légats aux hopitaux du lieu de la province" (...)
"Lègue à la Claude mariée à Jean MILLION BRODAZ, la Marguerite mariée à
Benoît GAYMIN, la Françoise mariée à Anthelme CARRON, ses 3 filles, à
chacune 20 livres".
A Claudine BISET sa femme fruits et revenus de tous ses biens meubles et
immeubles.
Pension annuelle viagère de "6 bichettes de froment, 6 bichettes de seigle, 10 bichettes
de mesle, 1 de pois, 1 de fèves, 6 barils de vin, 15 livres d’argent, l’usage d’un
membre de maison à choisir sur ceux …. l’usage d’1 tonneau, (…), les meubles de
cuisine dont elle pourra avoir besoin, payable de 6 mois en 6 mois par avance".
Propriété de ses biens à François-Balthazard, Sébastien et Antoine, "ses fils, tous
3 à part égale"…
En présence du Rd Antoine Gaviet, prêtre curé de St Jean de Chevelu, de Séraphin
Million Ranquin, Sieur Prudent Belly, bourgeois de Chambéry habitant à Billième,
Jean François Million Brodaz, Charles à feu Benoît Navella, Joseph à feu
Louis Larochette Gueimard, Pierre à feu Jean Claude Novellaz cousin de
Monthouz, témoins requis.
Notes relevées aux Archives de Chambéry : Tabellion : 2C 1256
15
Les Protagonistes de la Transaction-Partage
1762
Benoît
Million Rousseau
1639-1754
Claudine
Vuaz
1646-1712
Joseph
1680-1754
Jean
1677-1726
Pierre
Jean-Claude
1691-1757
Claude
1698-1761
Anthelmette
Gaiffier
Claudine
Million
Claudine
Jeanne
Héritier
Bizet dit la
Branche
Sébastien
Pierre
François
Antoine
Anne
Héritier
Baltazard
Claude
Henriette
Barlet
Pierrette
Dupasquier
On voit, sur fond jaune, les trois frères et le cousin qui se partagent les biens hérités de
leurs Pères et de leurs Oncles, sur fond vert, les hommes Million Rousseau décédés avant cette
transaction, et sur fond blanc les épouses, toutes vivantes en 1762.
Nous remarquons l’absence des filles Million Rousseau : en effet, suivant les usages de l’époque,
ayant été dotées à leur mariage, et bénéficiaires d’un peu d’argent lors des successions, elles
sont écartées du partage des terres et des bâtiments.
Testament de Claudine Bizet dit la Branche
Claudine Bizet dit la Branche, qui rédigera son testament 12 ans plus tard, alors que ses
fils seront décédés, désignera sa belle-fille, Anne Héritier, (1732-1808), veuve de Sébastien, fille
de Pierre et de Françoise Gache, comme son héritière universelle en expliquant la raison de ce
choix. (voir page 18)
Claudine
Bizet dit la Branche
Joseph
Million Rousseau
Sébastien
Baltazard
Anne
Henriette
Barlet C.
Héritier
Antoinette
Jeanne
Anthelmette
Marie-Anne
Marguerite
Anthelme
Pierre
François
François
l’Aîné
le Cadet
Josephte
16
Claude
Françoise
l’Aînée
Françoise
Anthelme
Perret
Anthelme
Jean Million
Carron
Brodaz
Marguerite
Benoît
Gaymin
Sébastien
Claude
Claudine
Transaction de Partage
entre les
frères à feu Joseph Million dit Rosseau
et
Claude à feu Jean Claude Million dit Rosseau
5 août 1762
"Au village de Monthoux dans la maison des consorts Million Rosseau, il est ainsi que Benoît
MILLION ROSSEAU disposant de ses biens ait institué pour ses cohéritiers universels Joseph,
Jean-Claude et Claude ses enfants par égale part par le testament du 31/12/1728 (...)
lesquels ont vécu en communion de même que le dit Claude après les décès de Joseph
et Jean-Claude avec Baltazard, Sébastien, Antoine et Claude, ses neveux et ces derniers
font de même soutenus après le décès du dit Claude leur oncle arrivé l'année dernière;
mais ne pouvant plus soutenir cette communion et afin de faire subsister entre eux l'union
et l'amitié qui doit régner entre parents quoique divisés de biens ils se sont décidés de
procéder à une division de leur hoirie générale tant des bons procédés de leurs ayeuls
que de ceux acquis par leurs pères et oncle respectifs et du tout faire 3 lots égaux dont
l'un seroit choisi par le dit Claude à feu Jean-Claude, le second par les dits frères à feu
Joseph, et le 3e resteroit pour la portion du dit Claude et (...) cette dernière portion seroit
divisée en 4 lots dont il en appartiendroit au dit Claude à feu Jean-Claude et les autres 3
resteroient au dit Baltazard, Sébastien et Antoine MILLION tant pour leur chef que comme
droit ayant de Pierre MILLION ROSSEAU leur oncle et de Pierre à feu Jean Million Rousseau.
leur cousin. Aux quels partages ils ont procédé par l'entremise de leurs parents et ceux
communs et m'ont requis de leur donner acte".
Suit la description de toutes les parcelles sur 8 pages
TEMOINS : Maurix CHAFFARD dit BARLET (SOSA: 290) Humbert BAUDIN, "illitérés ainsy que les
parties".
NOTAIRE : Prudent BELLY
Archives de Chambéry : 2 C 1261 fol 129 et suivants
17
Extrait du
Testament de Claudine Bizet,
veuve de Joseph Million Rousseau
2 janvier 1774
"L'an 1774, le second jour du mois de janvier au village de Monthoux sur les huit heures du matin
dans la maison appelée La Rochette appartenant aux héritiers de feu Sébastien MILLION-ROUSSEAU
par devant moi Prudent DUPASQUIER notaire royal soussigné et (...) les témoins en fin nommés s'est
en personne établie et constituée Honorable Claudine fille de feu Benoit BISET dit la BRANCHE,
veuve de Joseph MILLION-ROUSSEAU, native de Jongieux."
Sépulture : cimetière de cette paroisse
Funérailles : son héritier s'en occupera
Pas de légats aux hôpitaux de la sacrée religion des Saints Maurice et Lazare
Trois livres au curé de cette paroisse pour 6 messes, payables après son décés
1 livre à la Confrérie du Rosaire érigée dans la dite église pour réparation de la chapelle.
"Donne et lègue aux honorables Anthelme François l'aîné, Pierre, Claude, François le cadet, et Josephte
enfants de feu Baltazard M-R son cher fils, Françoise l'aînée femme d'Anthelme PERRET, Françoise la
cadette, Antoinette, Anthelmette, Jeanne, Marguerite, et Marie Anne, filles de feu Sébastien M-R aussi son
cher fils et tous les sus nommés, les petits fils et filles à chacun d'eux leur légitime telle que de droit, les
instituant tous ses héritiers particuliers quant à ce item donne et lègue à Françoise et Claudine M-R ses filles,
la première, veuve d'Anthelme CARRON, et la seconde, femme de Jean MILLION-BRODAZ, et à Sébastien
et Claude fils de feu Benoît GAYMIN et de Marguerite M-R sa fille, à chacun d'eux la somme de cinq sols
payables lorsqu'ils feront comter leur droit, au moyen de quoi elle les prive et les exclut de son hoirie, eu
égard que ses filles ont été suffisamment dottées suivant leur état et leur condition; et de tous ses biens et
droits dont la testatrice n'a depuis disposé, elle a institué et de sa propre bouche nommé pour son héritière
universelle honorable Anne fille de feu Pierre HERITIER dit GACHE, veuve dudit Sébastien M-R, sa chère
belle-fille par laquelle elle veut et entend ses dettes et légats être payés et ses volontés accomplies et c'est
eu égard que la dite héritière a bien de soins et attention pour elle et que c'est elle seule qui lui rend tous
les secours en affaire dans son âge avancé, léguant en outre à Françoise la cadette son coffre bois noyer
fermant à clef."
Témoins : Sieur Claude fils de feu Pierre HERITIER, Anthelme fils de Jean MALLIET, François et Jean
fils de Prudent HERITIER, Claude fils de feu Antoine HERITIER, Antoine fils de feu Claude JANIN,
Prudent fils de feu Benoît BLANC, "tous natifs et habitant de cette paroisse témoins requis."
"Le sieur Claude HERITIER et le dit MALLIET ont signé au bas de la minute". "Reçu trois livres pour le
droit.
Archives de Chambéry : tabellion 2 C 1273 fol 19
18
C’est arrivé au Village
Nous présentons divers documents qui racontent des événements exceptionnels
survenus au village, et des épisodes de la vie quotidienne, dont nous avons eu
connaissance en compulsant les vieux registres des Archives.
- Récit d’une double noyade dans le lac de Chevelu (1728)
- Mémoire du prix des cierges pour les enterrements (1733)
- Compte-rendu d’un procès (1761-1766)
- Délibérations des Conseils de la commune (1769-1793)
- Conséquences de la Révolution (1799 - 1803 - 1817)
- Notes municipales (1810 & 1811)
Parallèlement à la reproduction des documents originaux que nous avons lus aux
Archives Départementales de Chambéry, nous en proposons la copie en caractère
d’imprimerie; mais, là non plus, nous n’avons pas toujours été en mesure de déchiffrer tous
les mots et nous sollicitons l’indulgence du lecteur.
19
Le second septembre mil sept cent vingt huit
est decedé et le troisieme a été enterré Joseph
fils de Claude Platier et de feue Françoise
Platier sa femme par moy
Pasquier curé
20
Double Noyade à Saint Jean de Chevelu
Joseph se meurt à la Platière, il demande à recevoir les derniers sacrements. Seule
personne disponible en cette période de travaux agricoles, son grand-oncle, Anthelme, le
cordonnier, qui s’empresse de descendre au village, malgré ses 74 ans.
Laissons le Vicaire Pasquier nous conter le drame.
le second septembre mil sept cent vingt huit a
été ensevely dans le cimetière de l’église paroissiale
de St Jean de Chevelu Antelme Platier apres
avoir été tiré du Lac du dit Cheveluz ou il
s’etoit noyé par un accident funeste le trente
aoust dernier conduisant a la Platière dans un mauvais bateau
noble Reverend Joseph de Navette prieur de Léaz curé
du dit Chevelu qui alloit au plus vite confesser un
malade. Le dit Antelme Platier étoit homme de
probité et a toujours donné des marques d’un vray
catholique et d’un bon chrétien, ont été présents
a son enterrement noble Philibert Courtois d’Arcoliere
de Preilliant, Hugue Platier, Jean et Jean Claude
Suchet, Joseph Renéry, en foy de quoy iay signé le
present acte dans la cure du dit Chevelu le
second septembre mil sept cent vingt huit
requiescat in pace.
Pasquier curé
Jehan Platier dit Neveu
Claudine Million dit Bret
ca 1620 -1685
Joseph Platier Neveu
x
Claudina Blanc
Claude Platier Neveu
x
Françoise
Platier Rosset
Anthelme Platier dit Neveu
Jean François Platier Neveu
1654-1728
x
x
Marie Maillet
Josephte Vivier dit Goddard
Hugue Platier
x
Jeanne Philippe dit Cesar
Joseph Platier
1704-1728
21
22
Référence : registre paroissial de St Jean de Chevelu
Noyade de noble Joseph de Navette
curé de Chevelu
Le trente un aoust mil sept cent vingt huit a
été ensevely dans l’église paroissiale de Saint Jean
de Cheveluz noble Joseph de Navette, prêtre, prieur
de Léaz et curé de Saint Jean de Chevelu, par Révérend
Jean Belly, prêtre et sacristain d’Yenne à
l’assistance de sept autres prêtres voisins du dit Chevelu.
étant le dit noble Joseph de Navette décédé le jour
précédent, par un funeste accident, s'étant noyé sur
le lac de Chevelu en passant sur un mauvais bateau
allant au plus vite confesser un malade à la
Platière; étant tiré de l'eau tout ce qu'il a pu
faire a été de recevoir l'absolution par moy soussigné
prêtre et son vicaire et l'extrême onction, ont été
présens au dit enterrement noble Philibert Courtois
d’Arcolière de Preillant et noble François du Goy
de la Mure en foy de quoy j'ay signé le présent acte
a la cure de Chevelu. Le trente un août mil sept
cent vingt huit # agé d'environ soixante deux ans
ut sup.
Pasquier
requiescat in pace
Révérend Noble Joseph Navette a été pleuré
de tous ses paroissiens et des paroisses circumvoisines,
car il était véritablement le père des pauvres par les
aumônes considérables cachées et publiques qu’il faisoit.
Il étoit le secours des malades et le consolateur des
affligés. je ne doute point que Dieu ne l'aye reçeu
dans le sein de sa gloire par tant de bonnes oeuvres
qu’il a envoyées devant lui.
Pasquier
noble reverend messire Joseph de Navette Curé
de Chevelu, prieur de Lea qui mourut comme s’ensuit
par un privilège particulier demeura suspendu dans
l'eau sans que le sommet de sa tête plongea de sorte
qu'on le trouva droit dans l'eau quoiqu'il eu onze
pieds d'eau ou il perit funestement il mérite bien que
ses successeurs se souviennent de lui dans leurs prières
par le bon ordre dans lequel il a laissé la paroisse et par
les réparations considérables qu’il a fait à l’église et au presbytère
car le jour de sa mort il faisait blanchir son église. requiescat in pace
23
traces,
de
ce
qui est écrit au
dos de l’original
24
Mémoire des Droits que les Rds Curés de
St Jean de Chevelu (demandent) pour les enterrements
1733
Pour l’enterrement d’un qui communie
dix huit sols
Pour l’enterrement d’un qui ne communie pas
douze sols
Pour les chandelles lorsque le curé les fourni
deux sols
par chandelles
Pour les flambeaux lorsque le curé les fourni
dix sols
par flambeau et pour le flambeau de l’anniversaire*
douze sols
Les parents ou héritiers sont obligé de fournir les chandelles,
flambeaux a l’enterrement, comme aussi lorsqu’ils veulent
les faire mettre à l’anniversaire et a la fin de
l’anniversaire, s’ils sont pauvres le curé fournit pour
mettre à l’anniversaire deux chandelles a l’autel et deux
sur la représentation et dit la messe grande ou petite
et pour les mettre a l’anniversaire ils doivent payer
trente sols. Et a la fin de l’anniversaire il fournit deux
chandelles a l’autel et deux sur la représentation de la
messe. Ils doivent donner trente sols qui font trois (...)
pour l’anniversaire tant pour la messe chandelles
que offrandes qu’ils font tous les dimanches pendant
l’anné les parents qui fournisse la luminaire donnent aussy pour l’anniversaire
pour la place lorsqu’ils ne sont pas de la paroisse six (...)
que le curé est obligé d’employer aux reparations de l’eglise.
* Anniversaire : l’anniversaire de la date du décès les années suivantes ?
Archives Départementales de Chambéry : registre paroissial de Saint Jean de Chevelu
Copie respectant l’orthographe originale.
25
Procès de Noble Philibert Drujon
contre
le Conseil de la Paroisse
d’après le dossier étudié aux Archives Départementales de Chambéry, côte: 112 E dépôt 1
Les comptes-rendus du procès se composent d’un grand nombre de feuillets reliés en
plusieurs “paquets”, plus ou moins abîmés, rédigés par différents greffiers dont la calligraphie
est diversement compréhensible.
Nous avons dégagé de l’ensemble les grandes lignes de l’affaire qui s’est déroulée
sur 5 années.
Philibert Drujon réclame que la pierre qui sert de couverture à la voûte souterraine
contenant le tombeau de sa famille, située à l’entrée de l’église de Saint Jean de Chevelu,
soit replacée comme elle l’était avant les travaux exécutés sur l’ordre du Conseil de la
Paroisse.
Les sindics refusent arguant que rien ne prouve que cette pierre sépulcrale lui
appartienne car ils savent que ni sa mère, ni ses enfants n’ont été ensevelis dessous.
26
4 Juin 1761
comparution au greffe de Chevelu et par devant le greffier de
Noble Philibert DRUJON, demandeur,
en présence de son procureur* Me DAVIET contre
"Les Sindics et Conseil de la Paroisse de St Jean de Chevelu, défendeurs".
Noble Philibert Drujon, est dit
"chevalier de l'Ordre militaire des Saints Maurice et Lazare*, lieutenant d'un bataillon
d'invalides de Montmeillan, venu expres à cheval" (2 jours aller et retour).
Premier jugement :
"rejette donc par non pertinence et fin de non recevoir".
Noble Philibert Drujon est débouté, mais il fait appel.
Le 20 May 1764 : audition des témoins :
Les "honorables" Jacques Collin, Prudent Héritier, Joseph Héritier dit Pinson, Sébastien
Million dit Rossiaud, Anthelme Carron seront "cittés à la requête de Noble Drujon", ainsi
que Claude Janin, Joseph Héritier dit Maridaz, Baltazard Plattier, Joseph Laurent, dont
nous avons relevé les témoignages.
Nous restituons le témoignage de Joseph Héritier dit Maridaz de façon exhaustive ;
par contre, afin d'éviter de fastidieuses répétitions nous résumons ceux de Claude
Janin, Baltazard Plattier, Joseph Laurent et Joseph Carron.
* Sindics : mandataires de la commune : rôle de régisseurs et de procureurs.
régisseurs : ils administrent les biens, dirigent les constructions de nouveaux bâtiments, discutent avec les
autorités.
procureurs : ils représentent en justice le corps moral de la commune, ils peuvent poursuivre devant les
tribunaux les responsables d'atteinte à la propriété communale. Ils dépendent d'un conseil de membres élus
dont ils sollicitent l'avis.
* Procureur : représentant, avocat ?
* Ordre militaire des Saints Maurice et Lazare : l'Ordre de Saint Maurice fut créé en 1424 à Ripaille par le duc Amédée
VIII pour 6 chevaliers très méritants, puis en 1572 il fut réuni par le pape à l'ordre de Saint Lazare de Jérusalem. Il
devient dès lors, l'ordre courant de la Maison de Savoie et, après avoir subi de multiples réformes, existe encore
aujourd'hui,
27
28
Témoignage de Joseph Héritier dit Maridaz
Honorable Joseph fils de feu Jean Heritier
dit Maridaz natif et habitant de St Jean de
Chevelu temoin produit, assisté, assermenté
remontré, et lecture a luy faite comme au
precedent a deposé comme cy appres.
Qant au premier article je dis, et
depose que j'ignore ou le père du seigr
demr* a été inhumé, j'ay oüys dire sans
seavoir par qui dans le tems que
moururent la mère du seigr demr et
deux de ses enfants il y a environ cinq
ou six ans que ces derniers avoient étés
inhumés au devant de son banc proche
des fonds baptismaux, et je vis en effet
les dimanches suivants que les briques
que j'avois vus auparavant sur la ditte fosse
n'etoient pas encor replacés, et que la
avoit été fraichement remué, j'ignore
ou le frère du demr a été inhumé,
Quant au second article je dis et depose
que j'ay toujours oüys dire que la place
des messieurs Drujon pour s'enterrer est
* seignr demr : abréviation pour seigneur demandeur
29
30
au devant
de leur banc
dans l'esglise
de St Jean de
Chevelu a costé
des fonds baptismaux
laquelle place est eloigne d'environ quatre a
cinq pieds d'une grande pierre qui existe
a la porte de l'esglise, laquelle pierre quant
elle seroit levée empecheroit que les particuliers
entrassant dans la dite esglise autrement qu'on
a vu de chaque costé.
Nous avons fais au dit temoin lecture des
interrogatoires a repondu
Quant au premier l'endroit ou l'on dit
qu'est la place du seigr Drujon dans
l'esglise de St Jean de Chevellu au devant
de leur banc comme j'ay dis cy dessus
n'est couvert que de briques, et j'ignore si
l'endroit ou j'ay vu une grosse pierre en
entrant dans la dite eglise apartient au
demr.
Et quant au second j'ay oüys dire il y a
environ 3 ou 4 ans que l'on fit
mettre en croisé des pierres plattes au
souspied de la ditte esglise et que l'on avoit
pour lors remué de quelques pouces la ditte
grosse pierre pour l'alligner aux autres
et que pour lors plusieurs personnes
virent une voute sousterraine au
dessous de la dite pierre.
31
32
Sur les generaux interrogations a repondu
J'ay quarante deux ans, je suis marchand
commerçant, j'ay environ trois cent livres de
biens, et je ne (suis) point parent allié, creancier,
debiteur, ny domestique des parties.
Lecture faitte de sa deposition a repondu
j'y persiste, et je n'y veux rien changer,
ajouter, ny diminuer, et etant illitteré* a
fait sa marque.
marque dudit témoin
Philippe juge
J Dubettier
Honorable Baltazard a feu François Plattier
natif, et habitant de St Jean de Chevelu
temoin produit assigné, assermenté,
remontré, et lecture a luy faitte comme
les précedants a deposé
Pour ce qui est du premier fait je dis
que je ne me rappelle pas , ny oüys dire
ou le pere et le frere du seigr demr
ont etés inhumés non plus que ses
enfants, mais je puis vous dire avec
verité que j'ay assisté a l'enterrement
de sa mere qui etoit de même que moy
* Illeteré : illettré
33
Quelques témoignages
Honorable Joseph Carron fils de feu Pierre, natif et habitant Chevelu, âgé de 27 ans,
éleveur et laboureur, 100 livres de biens.
Clerc de Chevelu depuis une dizaine d'années, il a assisté aux enterrements de la mère
et du fils du demandeur. Demandant au révérend Gariod, curé de Chevelu, où ils
devaient faire la fosse, avec Guillaume Carron, le curé leur répondit de la faire où ils
voulaient. Ils l'ont creusée devant le banc de la famille. D'autre part, il se trouvait dans
l'église, il y a 3 ou quatre ans lorsque "les maçons ayant remué la pierre qui est à
l'entrée de l'église j'observai, de même qu'eux qu'il y avait un caveau ou une voûte" en
dessous, sans savoir à qui cela appartenait. Il signale qu'il n'a pas d'autre lien avec le
demandeur que d'avoir tenu sur les fonds baptismaux un de ses enfants.
Claude Janin fils de François, natif et habitant la paroisse de Saint Jean de Chevelu,
âgé de 66 ans, laboureur, déclare 300 livres de biens, est illettré.
Il est demeuré pendant trois ans au service de Jean et Charles Carron, frères, clercs de
Chevelu, 30 ou 36 auparavant. De ce fait, il portait la croix aux enterrements. Il se
souvient avoir porté la croix à l'enterrement de François Drujon, père de Philibert et
qu'on l'enterra devant le banc.
Joseph Laurent fils de feu Charles natif de Saint Paul et habitant Saint Jean de Chevelu
depuis 26 ou 27 ans, âgé de 50 ans, laboureur, 100 livres de biens.
Il sert en qualité de clerc de l'église de Chevelu depuis environ 4 ans, mais n'a assisté à
aucun des enterrements de la famille Drujon. Cependant son fils, Guillaume et Joseph
Carron lui ont dit, après avoir inhumé la mère et les enfants du demandeur, qu'ils les
avaient placés à côté des fonds baptismaux, au devant du banc.
Baltazard Plattier, fils de François, natif et habitant de Chevelu, âgé de 56 ans,
laboureur, 600 livres de biens.
Il a aidé à inhumer la mère du demandeur, qui était comme lui "de la confrérie du
Rosaire", dans le tombeau près des fonds baptismaux, et non près de la porte.
34
Sentence du 8 août 1764
Philibert Drujon a réussi à démontrer que ses aïeux paternels et maternels avaient été
ensevelis dans ce tombeau en 1716, bien que depuis, les autres membres de la famille
aient été enterrés devant le banc, près des fonds baptismaux.
"Le maintenant dans la possession du dit tombeau, les sindics sont condamnés
à replacer la dite pierre de la manière qu'elle étoit avant le mois d'avril 1761,
avant qu'on ait refait le sous pied de l'église"
Ordonnance rendue le 8 janvier 1765
Les défendeurs ayant à payer à Noble Drujon, dans un
"bref délay
la somme de 354 livres, 4 sols et 8 deniers."
1766
Exécution de l'ordonnance de 1765
sinon ils en seraient responsables en
"leurs propres et privés noms".
Il est convenu qu'ils payeront en plusieurs fois.
Manifestement, le Conseil de la paroisse renâcle à payer des dommages à Philibert Drujon, qui
lui, veut absolument avoir gain de cause en relançant la justice en 1765 et 1766.
35
36
Extrait du Livre des Délibérations
du Conseil de Saint Jean de Chevelu
1769
L’an mil sept cent soixante neuf et le treize février
à Chailleres dans la maison du secretaire soussigné ont
comparu honrables Jean Million Brodaz sindic, Prudent
Heritier, Joseph Pinjon, et Claude Roussaux Conseillers de la
paroisse de St Jean de Chevelu, François Heritier dit Cantre
autre conseiller se trouvant absent a passé a sa place
honorable Jacques Collin sindic de l’année derniere j’ay tous
dument assemblés par devant moy dit secretaire du dit
lieu soussigné, en execution de la requête présentée au
Senat par Messire Jean Louis de la Saumiere Marquis
d’Yenne et de Chevellu le dernier janvier proche passé
occasion d'un banc que le Seigneur et Marquis d’Yenne
en qualité d’acquereur des biens du Chateau de Gemillieu
a fait placer dans l’eglize du dit Chevellu audevant la Chapelle
de St Antoine, la dite requête intimée au dit conseil par
exploit du quatre du courant signé Ambrois Ycelle
chargée de son decret du susdit jour dernier janvier
signé par son Excellence le Seigneur premier président
Salteur et par le seigneur Adami de l’avis du Senat
Lettre ensuitte du dit jour portant de comparoitre dans
huit jours au banc de Me Blanchet actuaire au dit
Senat, a quel effet le dit Conseil a député le dit Roussaux
conseiller l’un deux pour au nom du dit Conseil
se presenter et comparoitre par devant le dit Me Blanchet
pour repondre au contenu en la dite requête, contre laquelle
le dit Conseil déclare n’avoir rien aucune opposition à former
et que ce n’est point eux ny par leur ordre que le dit banc
a été deplacé, ignorant meme qui l’a derangé, donnant
37
Archives Départementales de Chambéry : liasse des Communautés du Sénat : St Jean de Chevelu
côte : B 6953
38
pouvoir au dit député de faire a le juger toutes
incombences, requise et ne ce faire, icy approuvées
par le dit conseil ainsy délibéré les ans, jour et lieu que
dessus et ont les dits sindic et Conseil fais leurs marques
étant illitterés de ce enquis, a l’original du présent
couché dans le livre de délibération du conseil et
par moy secretaire susdit soussigné expédié par extrait
au susdit Député le requerant le sus dit jour et an.
J Goybet secrétaire
Résumé :
Le 13 février 1769, Joseph Goybet, secrétaire du Conseil de la Paroisse de Saint Jean de
Chevelu, par ailleurs notaire royal, a réuni le Conseil chez lui à Challières, pour répondre à
une requête présentée par le Marquis de Yenne, propriétaire du Château de Gémillieu.
Celui-ci se plaint du déplacement d'un banc qu'il avait placé devant la chapelle de St
Antoine, dans l'église de Chevelu.
Cette requête a été transmise au Conseil par Ambrois, après avoir été visée par le premier
président du Sénat, le seigneur Salteur, (descendant d'un de nos ancêtres) et le seigneur
Adami.
Le Conseil dit ne pas avoir fait déplacer ce banc ni connaître l'auteur de cet acte, et
donne pouvoir au député de défendre cette position.
Les membres du Conseil font leurs marques, étant illettrés.
Joseph Goybet va expédier un extrait de cette délibération au député.
39
40
Extrait des Registres de la
Commune de Saint Jean de Chevelu
1793
Du vingt neuf janvier mil sept cent quatre vingt
treize l’an second de la République Française dans
l’eglise paroissiale de la commune du dit St Jean assemblés et
convoqués paisiblement et sans armes le plus grand
nombre ne s’étant élevées aucune difficultés sur les
droits et qualités des cytoiens a été procédé a la formation
d’une nouvelle municipalité conformément à la
proclamation du six du courant par scrutin
Rd Louis François Galley a la pluralité des voix a
été elu et nommé president d’age, le cytoien Gabriel
Dupasquier notaire public a eté elu secretaire et les
citoiens Louis Drujon, Philibert Heritier et Prudent
Heritier scrutateurs et chaque citoien aiant mis son
bulletin a ensuitte en l’assistance de tous les citoiens
eté procedé au dépouillement du scrutin, le citoien
Claude Heritier a la pluralité absolue des voix a eté
elu et proclamé maire, le Citoien François Million dit
Rousseau a eté elu #procureur de la commune, les
citoiens Claude Million Rousseau, Antoine Malliet, Joseph
feu François Heritier, Jean Collin et Joseph Carron
dit l’avocat a la pluralité des voix ont eté elus et proclamés
officiers municipaux, et ensuitte a eté procedé a la
nomination et election des douze notables et la pluralité
des voix s’est trouvée reunis en faveur des citoiens
François fils de Benoit Jacquet, Joseph Plattier Curtet
Anthelme Heritier Pinjon, Joseph Heritier Regalaz, Joseph
Michaud, Antoine Janin, Vincent Magnin, François
Heritier Cantre, Claude a feu Pierre Vincent, Joseph Plattier
41
Archives Départementales de Chambéry : liasse concernant les communautés du Sénat, Saint Jean de Chevelu : Côte : B6953
42
dit Goddard, Antelme Perret, Claude Pravaz dit Peraudet
a l’unanimité des voix a été élu et proclamé pour trésorier
le citoien Jacques Collin, tous les susnommés ont conformément
à la dite proclamation prettés le serment d’être fidéles
à la loy de soutenir et maintenir l’égalité et la liberté
ou de mourir en les deffendant de servir chacun leurs
fonctions en gens d’honneur et de probité. Les proclamations
cy dessus aiant été ainsi faittes le président a déclaré la
séance levée de tout quoi a été dressé le présent procès
verbal à l’origine duquel le dit président, les scrutateurs
le dit Claude Heritier maire, François Million procureur,
Claude Million, Antoine Malliet, Jean Collin et Joseph Carron
officiers municipaux ont signés, Jacques feu François Heritier
autre officier municipal, les douze notables et le dit Collin
trésorier n’ont pas signé de ce enquis pour moy secretaire
qui ai le présent expédié au dit François Million procureur
et requérant # prochain ut supra
par extrait
G Dupasquier
Sre
Notes :
Conseil municipal élu le 29 janvier 1793 :
Maire : Claude Héritier
Procureur : François Million Rousseau (1754-1833, époux de Françoise Richard, futur acquéreur du
Château de la Grande Forêt sosa 72)
Trésorier : Jacques Collin (1729-1805)
Secrétaire : Gabriel Dupasquier (1744-1794 époux d'Antoinette Sarde de la Forêt sosa 74)
Officiers Municipaux : Claude Million Rousseau, Antoine Malliet, Joseph Héritier, Jean Collin,
Joseph Carron
Notables élus : François Héritier Cantre, Anthelme Héritier Pinjon, Joseph Héritier Regalaz, François
Jacquet, Antoine Janin, Vincent Magnin, Joseph Michaud, Anthelme Perret, Joseph Plattier dit
Curtet (1747-1811, veuf de Claudine Everard-Curtet, époux en 1793 de Vincente ChamprondTournier sosa 64) Joseph Plattier dit Goddard, Claude Pravaz dit Perraudet, Claude Vincent.
43
44
Lettre
de
Jacques Colin,
au
préfet
La Platière
Au préfet du Département du Mont Blanc
Jacques Colin domicilié de la Commune
de Chevelu
domaines
Cn*Jacques Cozlin
propriétaire
Pour se retenir
les biens d’une
chapelle
domestique.
n°206
5p
ventose
an 12*
Vous expose, Citoyen Préfet, que depuis le commencement
de la révolution, il est en instance par devant les autorités
administratives pour se retenir la paisible jouissance de
quelque pièce de terre d’une valeur infiniment modique
et par la contrariété des évènements, il n’a pu encore
obtenir aucune détermination. Voici le fait.
Gaspard Plattier disposant de ses avoirs par acte du 15 7bre*
1685 Bruisset notaire fonda une chapelle dont le temple etait
situé dans l’enceinte de sa maison; il la dotta avec quatre
pétioles de terre de la contenance de deux journaux
17.9 toises* en déclarant que sa volonté n’etait pas d’aliener
ses biens affectés à cette dottation, mais d’en conserver
perpétuellement le domaine à sa famille.
L’exposant possède la maison où est la Chapelle et les biens
y affectés depuis plus de 30 et 40 ans, en qualité d’héritier
médiat de Gaspard et Anthelme Platier.
Le 16e fructidor an 6 l’administration municipale du canton
d’yenne, consultée par l’administration centrale sur le mérite
d’une réclamation faite par l’Exposant, à l’égard des baux
dont il s’agit, fut d’avis de surseoir à toute mise à l’enchère
et au payement de cence.
Les pièces étaient déposées dans les bureaux du Département
où elles furent consumées lors de l’incendie du 22 frimaire
An 7 * avant qu’il eut été pris aucune détermination et
des lors le pétitionnaire a continué de jouir paisiblement
sans avoir été interpellé par personne, ni pour les les fruits
ni pour le fonds.
aujourd’huy la fabrique de l’Eglise prétend s’approprier
45
Généalogie de la famille
Plattier - Colin (Cozlin)
Gaspard Plattier x
1602-1666
Geneviève Fabri
1599-1655
Anthelme Plattier x Charlotte Gariod
1636-1696
? -1713
Catherine Plattier x Gaspard Rossillon de Gemilieu
1685-1750
1665-1728
Claudine Rossillon de G. x Baltazard Colin
1710-1744
1691-734
Petit pont près de la Plattière
Ce petit pont très ancien servait de passage aux
piétons, tandis que les chevaux passaient à gué.
Jacques Colin
1729-1805
Jean Cozlin
1761-1816
x
Philiberte Juillard
1724_1802
x
Berthier Péronne
1764-1850
Anthelme Cozlin x Claudine Héritier dit Cantre
1794 - ?
1795 - ?
Si, curieusement, nous n'avons pas relié Gaspard Plattier à la branche Plattier dit Curtet, nous
remarquons dans sa descendance les noms de Tournier, Héritier dit Marridaz, Michaud, Pillard,
Cleyet-Merle ... nos cousins. ( se reporter aux Annexes N°1 Descendance de Gaspard
Plattier)
46
l’objet de cette fondation. Il ne paraît pas qu’elle puisse
y avoir aucun droit.
A la vérité le pétitionnaire ne peut pas produire le titre
constitutif de cette Chapelle parce qu’étant d’une date
antérieure à la création du tabellion on ne sait où en
prendre l’original et la copie qu’en tenait lieu a été incendiée
au département.
Sursi à toute mise à l’enchère jusqu’à ce que les autorités
supérieures aient statué.
28 Nivose An 7*
Résumé de la situation :
Jacques Colin est propriétaire de la Maison et de la Chapelle de la Platière. Suite aux
nouvelles lois révolutionnaires, on veut mettre cette Chapelle en vente aux enchères et
Jacques Colin doit payer des impôts; il demande un sursis en attendant que "les autorités
supérieures aient statué".
Observation :
Gaspard Plattier s’est remarié, après le décès de Geneviève Fabri en 1655, avec Jeanne
Drujon en 1656.
Anthelme Plattier apparaît dans les registres du village pour son mariage avec Izabeau de
Gémilieu, le 8 août 1655, il est dit fils de Gaspard; dans les actes de naissance de ses enfants,
on spécifie qu'il est notaire ducal, bourgeois de Chambéry. Devenu veuf, il épouse Charlotte
Gariod qui lui donne 9 enfants, au moins, dont Catherine que l'on retrouve dans plusieurs
actes du tabellion et propriétaire de la Platière dans les registres de la mappe.
Charlotte Gariod s’était mariée en premières noces avec Pierre Bellon dont elle a eu deux
filles. Par ce mariage elle est une ascendante des Plattier dit Curtet.
Notes :
* Cn
* 15 7bre
* 1 journal
* 1 toise carrée
* 16 fructidor an 6
* 22 frimaire an 7
* 28 nivose an 7
: citoyen
: 15 septembre
: 2948, 3816 m2
: 7, 370954 m2
: 2 septembre 1798
: 12 décembre 1798
: 17 janvier 1799
Archives départementales de Chambéry : liasses concernant les communautés du Sénat, Saint Jean de
Chevelu : référence : B 6953
47
48
18 ans plus tard, suite de l’affaire de
la Chapelle de la Plattière
Jacques Colin* est décédé depuis 12 ans, son fils Jean a disparu l’année
précédente, en 1816; c’est donc son petit-fils Anthelme qui reçoit cette
quittance. (nous ignorons qui était Antoine ?)
Nous soussigné curé et membres de la fabrique de l’église
de St Jean de Chevelu avons arrêté comte* final avec les Srs*
Antoine et Jean Cozlin Anthelme Cozlin héritiers de Sr Jean Cozlin
pour les censes des biens de la Chapelle ditte de la Plattière par eux
dues pour avoir tenu ou retiré les censes des dits biens depuis et
y compris l’an cinq de la République jusqu’à la fin de mil huit
cent seize # les dittes censes arrivant a la somme de six cents
quarante francs. Sous le revenu annuel de trente deux francs
non compris les impositions qu’ils ont payé laquelle somme
de six cent quarente francs a été dépensé tant pour la Reparation
a l’eglise que pour la celebration de messes pour les fondateurs
et a leur intention. Le tout en suite de l’abandon qui en avoit
eté fait a la fabrique par arrété de Mr le préfet de Chambéry
et nous leur delivrons la présente pour leur servir de quittance
a St Jean de Chevelu le second mars
#
seize at supra
mil huit cent dix sept
j.f. Marquet curé (...) le renvoie( .. ...)
François Rousseau
F Michaud
M. Heritier
Claude Million Rousseau
marque
+ d’anthelme heritier pingeon
Notes :
* Comte = Compte
Srs = Sieurs
Colin s’est transformé en Cozlin
Archives Départementales de Chambéry : référence : 112 E dépôt1
49
Million-Rousseau François (l'Aîné), N° 72
Fils de MILLION ROUSSEAU François Balthazard, N° 144
et de CHAFFARD BARLET Henriette, N° 145
Née entre 1723 et 1725 Décédée le 14/01/1784 à St Jean de Chevelu
Né le 08/04/1754 à St Jean de Chevelu , Monthoux
Décédé le 18/07/1833 à St Jean de Chevelu au Château de la Grande Forêt à 79 ans
Il a épousé à l'âge de 22 ans, le 11/09/1776, à Novalaise, RICHARD Françoise, N° 73
Née le
?
à Novalaise
Décédée le 23/10/1828 à St Jean de Chevelu , Château de la Grande Forêt
12 enfants, au moins, sont nés de cette union :
1. MILLION ROUSSEAU Henriette
Née le 04/01/1778 à St Jean de Chevelu
Union le 25/06/1804 à St Jean de Chevelu avec MACHET dit le RACT Joseph
2. MILLION ROUSSEAU Pierre
Union
Né le 09/05/1780 à St Jean de Chevelu
avec GAY Marie
Union le 14/02/1813 à St Jean de Chevelu avec CURTET Gabrielle
3. MILLION ROUSSEAU Louis François
Union le 02/09/1812
Né le 18/02/1782 à St Jean de Chevelu
avec REVERDY Anthelmette
Décédé le 04/01/1842 à St Jean de Chevelu à 59 ans
4. MILLION ROUSSEAU François Marie L'Aîné N° 36 Né le 22/07/1783 à St Jean de Chevelu
Union le 18/05/1802
avec DUPASQUIER Pierrette N°37
Décédé le 18/06/1837 à St Jean de Chevelu à 53 ans
5. MILLION ROUSSEAU Claude
Né le 02/12/1785 à St Jean de Chevelu
Décédé en 1833 à 47 ans
6. MILLION ROUSSEAU Antoinette
Née le 09/12/1787 à St Jean de Chevelu
Union le 03/02/1807 à St Jean de Chevelu avec MICHAUD Pierre
Décédée le 30/06/1844 à St Jean de Chevelu à 56 ans
7. MILLION ROUSSEAU Joseph
Né le 04/01/1790 à St Jean de Chevelu
Décédé le 16/08/1862 à St Jean de Chevelu à 72 ans
8. MILLION ROUSSEAU Josephte
.
Née le 13/02/1794 à St Jean de Chevelu
Union le 02/09/1812 à St Jean de Chevelu avec DUPRAZ dit ROUGE Louis Claude
Union le 03/02/1819 à St Jean de Chevelu avec DUPRAZ dit ROUGE François
Décédée le 12/03/1830 à St Jean de Chevelu à 36 ans
9. MILLION ROUSSEAU Antoine
Union le 03/09/1816 à St Paul sur Yenne
Né le 24/03/1796 à St Jean de Chevelu
avec MAMIOT de LA MURAZ Jeanne Marie
Décédé le 06/07/1878 à St Paul sur Yenne à 82 ans
10. MILLION ROUSSEAU Benoit
Né le 25/03/1798 à St Jean de Chevelu
Décédé le 26/04/1874 à St Jean de Chevelu à 76 ans
11. MILLION ROUSSEAU Anthelme
12. MILLION ROUSSEAU Jean
Union le
Né le 03/03/1801 à St Jean de Chevelu
Né le 04/11/1803 à St Jean de Chevelu
avec DEMEURE Jeannette
Décédé en 1888 à St Jean de Chevelu à 84 ans
50
Le fermier devient ... "châtelain"
Nous retrouvons la famille Million-Rousseau en la personne d’un des fils de Baltazard et
d’Henriette Chaffard-Barlet : François l’Aîné, notre ancêtre.
Nous n’allons pas répéter ce qu’a décrit fort bien Colette Million-Rousseau-Badet, notre
présidente, dans son mémoire sur les Million-Rousseau*, mais simplement rappeler que le 25 mai
1792, à 38 ans, François loue le domaine du Château de la Grande Forêt, propriété du Comte
de Grenaud. Puis, après le décès de ce dernier, l’héritière, Marie Victoire de Grenaud, veuve
Chabod le lui vend le 22 septembre 1803 pour 35.555 francs*.
Marie-Victoire s'avère être une descendante de Philibert de la Forest, (XVIIe siècle)
comme Antoinette Barbe Sarde de la Forêt que nous retrouvons dans notre arbre généalogique
ascendant. Ce Château du moyen-âge, propriété de nos ancêtres nobles revient dans la famille
grâce à notre aïeul fermier. La Révolution l'a amputé, malheureusement, du sommet de ses
tours.
François l'Aîné rédige son testament le 3 juillet 1833* : il partage ses biens agraires, entre
ses 5 fils vivants, donne en plus à Joseph le moulin de la Pataz et divise le Château en deux : la
moitié nord est attribué à François-Marie, la moitié sud à Benoît.
De succession en partage, la famille Million-Rousseau a quitté petit à petit le Château.
Il est encore imposant mais a "subi des ans l'irréparable outrage" et c'est triste de le voir tomber
en ruines. Un espoir de l'admirer un jour dans sa splendeur ressuscitée réside dans l'acquisition
récente par un amateur, non chevelan, qui envisagerait de le restaurer, ce que nous souhaitons
très vivement.
* "Les Million-Rousseau, Monthoux, la Grande Forêt, la Palette à Saint Paul sur Yenne" déposé à la Mairie de Saint Jean de
Chevelu.
* Archives Départementales de Chambéry : côte : B 6953
* Testament chez Me Reveyron
51
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52
Notte de ceux qui sont allés
travailliés a la montagne pour
de cendres les monchon* le
onze jeanvier de 1810
Seavoir Jean Platier Rosset
un
Antoine Cozlin
2
fait
Joseph Gouvert meuniés
3
Claude Michaux
4
fait
Joseph Heritier Regalla
fils d’Antoine F
5
Pierre fils de Claude Lorant
6
dit Copoux
Jean Malliet fils d’Antoine
7
Le domestique de François
Heritier dit Cantre
8
Le domestique de Mr le Juge
de paix
fait
Prudant Padeilla fils de Benoit
10
Antelme Godard
11
fait
Jean fils de Antelme Heritier
dit Pinjon
fait
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9
12
d’autre part il ay deja
12
Marc Heritier dit Compagnyon
qui ny a pas fait grand chose
fait
13
Ceux de la Vacheryes ce sont
puis édé sur le soir après
avoir reduit 33 ........ et
quelque ....., et 4 monchont
que lon les a recommandés
de portés dan leur cour dépui
le grand bachat* que l’on les
payeroit
*Monchon : souche
*Bachat : bassin, abreuvoir
Archives Départementales de Chambéry : Référence : A.D. 73 : 112 E dépôt 1
53
54
Les Chevelans
et la naissance du Roy de Rome
Liste de ceux qui sont choisis pour aller faire un tas de bois
sur chaque Dent de la Montagne lundi 20 du courant pour
des feux de réjouissance qui seront éclairés à la tombée de la nuit
le 2 juin 1811 à raison de la naissance de S.M. le Roy de Rome.
1 Claude Rousseau de la Vacherie
2 Le grand François Jacquet
3 Sébastien Héritier dit Perdalaz
4 Claude Molard remplasent
François Vincent dit Pittiolin
5 Prudent Héritier soit un de ses domestiques
6 Philibert Blanc
7 Anthelme Héritier à feu Joseph
8 François Plattier dit Goddard n’y a
pas été
9 Joseph Carron dit L’Avocat
10 Anthelme Jacquet dit Galliand
11 François Héritier dit Pingeon
(tailleur)
12 François Michaud fils de François
13 François Million dit Brodaz n'y a pas été
14 Anthelme Jacquet le charpentier ou son fils ainé
15 Le fils de Joseph Jacquet à feu Paul
Le sieur Baltazard Héritier membre du Conseil
Municipal, les commandera et les inspectera.
Fait au bureau de la Mairie de Chevelu le 19 may
1811.
Archives Départementales de Chambéry : 112 E dépôt 1
55
de la Platière à Champrond
Platier,
Plattier,
Plattier Rosset,
Plattier dit Rosset,
Plattier Neveu,
Plattier dit Neveu,
Plattier Grosjean,
Plattier Boné,
Plattier dit Boné,
Plattier Beauné,
Plattier dit Beauné,
Plattier Goddard,
Plattier Curtet,
Plattier dit Curtet
la Platière
On trouve tous ces noms à Saint Jean de Chevelu ! Ont-ils tous la même origine ? ??
Il est permis de le penser, mais jusqu’à présent, les registres paroissiaux, trop imprécis, ne
répondent pas à cette question. Les actes du Tabellion et la mappe confirment certaines
déductions, mais nous devrons continuer à ” fouiller” aux archives pour tenter de dénouer tous les
fils.
Au XVIIe siècle, les Plattier vivent tous à la Platière, mais il est probable que ce lieu ne
recouvre pas seulement la Maison forte mais tout un hameau.
Nous avons rencontré dans les pages précédentes deux Anthelme Plattier, l’un notaire ducal,
propriétaire de la Maison de la Platière, le second, cordonnier, qui se noya dans le lac de
Chevelu. Avaient-ils des ancêtres communs ???
Les différents Plattier
Suivant les actes le dit est inscrit ou non, Plattier est orthographié avec un seul ou deux T et Boné
subit des variantes suivant la fantaisie du curé ou de l’officier d’état civil. Nombre de nos aïeux
étaient illettrés et n’attachaient donc pas d’importance à l’orthographe; ils souhaitaient
simplement qu’on les distingue les uns des autres en se donnant des sobriquets, devenus partie
intégrante de leurs patronymes mais évoluant dans le temps. Nous n'avons pas réussi à les relier
tous.
Par contre, ce dont je suis sûre, (les actes de naissance de leurs enfants le prouvent) c’est
que les Plattier dit Curtet sont issus du mariage de Joseph Plattier dit Rosset avec Claudine Everard
Curtet en 1768.
Seulement, ce Joseph a contracté trois mariages, s’étant retrouvé veuf à deux reprises, et
les enfants issus de ses deux autres unions portent le nom de Plattier tantôt assorti de Curtet,
tantôt de Rosset. Donc des demi-frères et soeurs ont porté des noms dissemblables, sans compter
qu’une même personne peut être déclarée différemment lors des événements successifs de sa
vie.
D’autre part, il suffisait d'aller se marier dans un village voisin pour perdre un de ses deux
noms. Par exemple, à Yenne, Joseph Plattier Rosset devient Rosset quand il épouse Louise Rubod
en 1718, et inversement Baltazard Plattier Rosset est devenu Plattier, tout court en épousant
Gasparde Baudier.
Mais, revenons à des documents concernant directement mes ascendants .
56
Joseph Plattier dit Rosset, de la Platière
devient ... Joseph Plattier dit Curtet, de Champrond
"Insinué le 4 aoust 1768
Contrat dottal de Joseph fils d’Antoine
trois livres quinze sols
Plattier dit Rosset de Chevelu et Claudine
Lajeusne* fille de Gaspard Curtet du dit lieu
L’an mil sept cent soixante huit et le huit may a dix heures du matin a St jean
de Chevellu dans la maison de Joseph Carron dit lavocat par devant moy notaire royal
collégié soussigné en présence des témoins cy bas nommés ont comparu Joseph fils d’Antoine
Plattier dit Rosset et Claudine lajeusne fille de Gaspard Everard dit Curtet qui
m’ont representés que par le traité de mariage entr'eux fait du consentement de leurs
père respectifs, il a été convenu que le dit époux irait habiter avec le dit Gaspard Curtet
et que celluy cy et ledit Antoine Plattier feraient chacun une constitution a leurs dits fils et filles avant"
la célébration du mariage.
Gaspard fils de feu François Everard dit Curtet né et habitant Champrond donne la moitié
de
tous ses biens, bâtiments, droits, actions, pour que les futurs époux "en fassent et disposent
comme bon leur semblera après son décès, en s’en réservant l’usufruit pendant sa vie".
Antoine à feu Aimé Plattier dit Rosset donne à Joseph la somme de 30 livres.
Témoins: Philibert à feu Balthazard Carron, Sébastien à feu Joseph Million Rousseau, Claude à feu
Jean Million Rousseau.Les parties et les témoins sont illettrés; le notaire : Goybet.
Alors que la coutume veut que la
jeune épousée parte vivre chez les parents
de son mari, ici c’est l’époux qui va dans la
maison de son beau-père. Ce dernier est
veuf et il a besoin de bras pour s’occuper de
sa
maison
et
de
sa
petite
exploitation
agricole.
D’ailleurs, cela sera explicite dans le
contrat
du
second
mariage
de
Joseph
(Claudine décède le 19 février 1782) avec
Vincente Champrond Tournier : donation
faite par Gaspard Everard Curtet à l'épouse
"en vue de soins et services qu'il espère
à Champrond
recevoir à l'avenir des époux, à la dite Vincente épouse future présente et humblement le
remerciant".
*Claudine est la 2e fille de Gaspard portant ce prénom.
A.D. de Chambéry : registre du Tabellion 2C 1267 fol 1170
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58
La demande en Mariage*
Air de la Pernette
Amis qu’allons nous faire
Et bien puisqu’il en va ainsi
Nous ne sommes plus que cinq
Dit la femme de Curtet
Pour travailler tous ces biens
Il faut que ce soit vite fait
Si tu voulais me croire
Mais toi prends-y bien garde
On te marierait bien
Je garde la maîtrise
On te marierait bien
Jusqu’à ce que je sois en Paradis.
La Marion m’a fait voir
La Pernette bien sage
Une fille trente ans
Ne vous contrariera pas
Je suis devenu son galant
Elle a été bien élevée
Si vous vouliez mon père
Et puis tous vous y savez
Ce serait d’abord fait
Nous aimons tous la paix
Cette fille me plaît.
De tous les temps à jamais.
De chez qui donc est-elle ?
Va-t-en trouver le maire
Sont-ils de braves gens ?
Te faire proclamer
Ont-ils de bons parents ?
Et parler à monsieur le curé
La fille est-elle bien sage ?
Nous ferons bien le reste
A-t-elle son gagne-pain
Et tout ça ira bien
Au bout de ses deux mains ?
pour que tu sois content.
Elle est de chez Gayffier
Le curé me demande
Elle est sortie d’Adam
Six francs pour nous marier
Comme tous les autres enfants
Et trois pour chanter la messe
Elle sait couler la lessive
Oh que cet homme est cher
Donner le tour du van
le maire ne prend rien
N’a jamais connu les bancs.
Lui n’est jamais content.
*Titre donné par Joseph-René Clocher qui a découvert ce texte aux Archives de Chambéry : côte 44 F 111
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Bonjour à ma Pernette
Ne vous chagrinez pas
Nous avons des terres et peu de prés
Les vignes qui sont belles
Ne nous manquent pas
Vous voyez notre étable
Voilà de monsieur le maire
Le bien bon certificat
Nous sommes ici pour les affaires
Dont nous avons parlé
Bénissez monsieur le curé
Bénissez bien
Le mariage de Pernette
Les coffres à grain qui sont vides
et le mien.
A cause de Saint Jean
Ne seront pas ainsi cette année
Tous les blés sont bien beaux
Et du vin nous en avons
Plus que nous n’en boirons.
Tu sais bien maître Plattier
Ce que tu disais l’autre jour
Les neufs francs de papier
Sont-ils prêts d’abord ,
Si tu n’as rien dans ta bourse
Si par hasard il manquait
Du blé ou bien du vin
Nous avons toujours un bon voisin.
Nous ne ferons rien
Nous ne faisons gens d’église
Rien pour rien.
Notre maître nous laisse
Jamais dans l’embarras
D’autres n’y feraient pas.
Je connais votre sorte
Voilà bien vos neuf francs
Soit je passerai par cette porte
Et bien mon pauvre ami
Sais-tu que ton désir
Il est pour moi un vrai plaisir
Mais quand on quitte son père
Et que l’amour convient
Je sortirai de l’autre côté
Mariez-nous vite Monsieur
Mariez-nous bien
Et que demain cette grand-messe
Se passe bien.
La mère toujours rit.
Remarques :
le galant fait briller à sa "future" les qualités de l’exploitation familiale qui va l’accueillir : culture de céréales, de
vignes, élevage de bovins, puisqu’il y a une étable
Le père semble avoir un statut de fermier, dont le Maître saurait se montrer généreux lorsque les récoltes sont
mauvaises.
Cette alliance s'annonce sous les meilleurs auspices, alliant la raison et l'amour, la joie exprimée par la Pernette et
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Notre cloche, que c’est dommage
Elle ne peut pas sonner*
Pour apprendre mon mariage
Et battre le grand chanter
Il faudrait ce me semble
La refondant
Que celui qui a fait la fonte
Fut payé.
air grace à la mode
Bonjour beau père
Me voilà donc chez vous
Bonjour belle mère
Embrassez nous tous
Adieu marguerite
Adieu mon petit
Bonsoir la compagnie
Air que tout le monde sait sauf le monde neuf
Amis il est question de boire
Buvons à l’épouse du jour
Elle vient dans un nouveau séjour
travailler à l’ile de Citerre
Ah que son entretien est doux
Qu’elle mérite de gloire
Elle aime à rire
Elle aime à boire
Elle aime à chanter comme nous.
Nous supposons que cette chansonnette a été crée par un parent ou un ami du jeune marié pour être chantée à
la fin du repas de mariage, tout comme cela se fait encore aujourd’hui. L’auteur est peut-être un Dupasquier,
puisqu’elle s’est trouvée conservée au milieu des sévères actes notariés de cette famille.
Joseph-René commente :
"Malgré son apparente naïveté, c’est tout une tranche de la vie rurale traditionnelle que cette chanson nous
présente. Les préoccupations du monde paysan s’y font jour : besoin de force physique pour continuer
l’exploitation d’une ferme dans un temps où le machinisme n’est pas encore développé, aléa des récoltes à
cause des intempéries, précarité de la condition de fermier. La mentalité campagnarde, elle aussi,
transparaît dans ces quelques couplets anonymes : poids de l’autorité paternelle, importance de la
renommée familiale, conformisme aux traditions, mouvement d’humeur face au curé qui réclame l’argent."
* Les cloches ont été déposées au moment de la Révolution, et souvent fondues pour récupérer le métal. La
déception du galant est touchante car il voudrait que son bonheur soit carillonné.
62
Acte de Mariage
d’Aimé Plattier dit Curtet et de Pernette Gaifier
Quelle ne fut pas la surprise de Nicole Plattier dit Curtet, lorsque son cousin Joseph-René
Clocher lui transmit la traduction de cette chanson, de reconnaître, à travers les couplets,
l’histoire du mariage de ses ascendants Aimé Plattier dit Curtet et Pernette Gaiffier, ses "Sosa
32/33".
Elle avait relevé plusieurs années auparavant leur acte de mariage dans les registres de l’état
civil de la Chapelle du Mont du Chat et là, elle les "VOYAIT" vivre !
Aimé est le fils de Joseph Plattier dit Rosset devenu Curtet et de Claudine Everard Curtet.
Orphelin de mère avant l'âge de 7 ans, il a connu une première belle-mère, Vincente
Champrond-Tournier qui lui a donné plusieurs demi-frères et soeurs. Puis, à son tour, elle est
décédée et son père s'est remarié avec Françoise Pravaz dit Vertu (vraie marâtre, semble-t-il,
puisqu'elle prévient Aimé qu'elle entend garder la maîtrise de la maisonnée jusqu'à sa mort !),
Aimé est né le 22 juillet 1775 et a donc presque 29 ans au moment de son mariage.
Pernette Gaiffier (avec un ou deux F, et Y ou i, selon les actes), est la fille de Claude, de la
Chapelle du Mont du Chat et de Jeanne Mottard dit Novel, originaire de Bourdeau. Née le 28
octobre 1774, elle approche de la trentaine.
La cérémonie du mariage a lieu à la Chapelle du Mont du Chat, et le couple va
s'installer à Champrond chez les Plattier. Ils auront, au moins 4 enfants, dont deux garçons qui
décéderont avant l'âge de 5 ans.
L'aîné, Claude (1805-1864) épousera Anne Héritier dit Marridaz (Sosa 16/17), dont il aura Joseph,
futur époux de Jacqueline Million-Rousseau (Sosa 8/9).
La cadette, Antoinette (1813-1866) épousera Joseph Clocher.
Aimé meurt à 52 ans laissant Pernette veuve; elle lui survivra 30 ans, sans se remarier.
63
P
J ph,
,
Million-Rousseau Jacqueline, sosa 9
Fils de PLATTIER dit CURTET Claude,N°16 Né le 03/07/1805 et Décédé le 07/12/1874 à St J. de Chevelu
et de HERITIER dit MARRIDAZ Anne, N°17 Née le 12/07/1806 et Décédée le 11/09/1879 à St J. de Chevelu
Né le 19/08/1838
à St Jean de Chevelu , Baptisé le 20/08/1838 à St Jean de Chevelu
1. Parrain : HERITIER dit MARRIDAZ Joseph François, Né en 1807 à St J. Chevelu, maréchal-forgeron
2. Marraine : HERITIER dit MARRIDAZ Claudine, Née en 1813 à St J.de Chevelu , de St J.de Chevelu
.
Décédé le 11/02/1919
à Meyrieux Trouet, Hameau de Sangfroid à l'âge de 80 ans
1. Témoin : PADEY Jean Marie dit Marius, Né en 1886 à Meyrieux Trouet, Cultivateur, neveu,
2. Témoin : DUPASQUIER Etienne, Né en 1873, Menuisier, a vécu à Meyrieux Trouet
.
Il a épousé à l'âge de 25 ans, le
06/04/1864 à St Jean de Chevelu,
MILLION ROUSSEAU Jacqueline, N°9
fille de François Million Rousseau et de Josephte Jacquet N°18 et 19
Née le 09/12/1841 à St J. de Chevelu
Décédée le 06/06/1894 à St J. de Chevelu à l'âge de 52 ans
Références : 1. Arch.Municipales, photocopie de l'acte de mariage, 2. A.D. 73, contrat de mariage
11 enfants sont nés de cette union :
1. PLATTIER dit CURTET Claude
2. PLATTIER dit CURTET François
Né en 02/1865 à St Jean de Chevelu, Champrond
Né le 05/01/1867 à St Jean de Chevelu, Champrond
Décédé le 06/12/1891 à l'âge de 24 ans
3. PLATTIER dit CURTET Marie-Antoinette Née le 15/02/1869 à St J. de Chevelu, Champrond
Union le 19/08/1886 à Meyrieux Trouet avec PADEY Anthelme
Décédée le 09/09/1949 à Meyrieux Trouet à 80 ans
4. PLATTIER dit CURTET Antoinette, Joséphine Née le 11/11/1870 à St Jean de Chevelu
5. PLATTIER dit CURTET Joseph,N°4
Né le 12/06/1872 à St Jean de Chevelu
Union le 27/07/1901 à Nantes avec POHER Justine , N° 5
Décédé le 12/10/1950 à Paris à 78 ans
6. PLATTIER dit CURTET Anne (Claudine) Née le 19/01/1874 à St Jean de Chevelu
Union le 07/07/1906 à St J. de Chevelu avec DUPRAZ dit CURT Charles
Décédée le 14/03/1954 à St Paul sur Yenne à 80 ans
7. PLATTIER dit CURTET Louise Marie
Née le 28/11/1875 à St Jean de Chevelu
Union
avec GAY François
Décédée le 23/05/1948 à Lyon à 73 ans
8. PLATTIER dit CURTET Jean
Né le 22/01/1878 à st Jean de Chevelu
9. PLATTIER dit CURTET Marie (sexe masculin) Né le 15/05/1880 à St Jean de Chevelu
Union le 19/10/1912 aux Echelles avec BOISSON Lucie Mathilde
10. PLATTIER dit CURTET Eugène
Union en 1919
11. PLATTIER CURTET Antoine
Union
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Né le 13/01/1883 à St Jean de Chevelu
avec BALLAND Marie Joséphine
Décédé en 1938 à Rambervillers à 54 ans
Né le 27/04/1885 à St Jean de Chevelu
avec BARIN Joséphine
Décédé le 07/03/1966 à 80 ans
Album - Photos
Enfants de Joseph et Jacqueline
Marie-Antoinette N°3
Joseph N°5
Anne Claudine N°6
Eugène N°10
Antoine N°11
16 enfants
2 enfants
1 enfant
2 enfants
2 enfants
Des 11 enfants de Joseph et Jacqueline, nous avons retrouvé la trace des 5 ci-dessus. Nous
avons répertorié 27 de leurs petits-enfants, et 32 de leurs arrière-petits-enfants, en sachant qu’il
nous en manque. Nous ignorons la descendance de Marie parti aux Echelles; quant à Claude,
Jean et Antoinette-Joséphine, nous ne savons rien de leur destin.
Mariage d’un petit-fils de Joseph et Jacqueline : "Marius" Padey
de G à D : Mr Perriand, Oncle Plattier, Mère du marié
7 août 1920
à Meyrieux-Trouet, au hameau de Chanfroid
Jean-Marie Padey dit Marius, fils aîné de Marie-Antoinette Plattier dit Curtet et d’Anthelme Padey (décédé),
avec Marguerite Labeye
65
66
Joseph Million Rousseau et Joseph Plattier dit Curtet
sommés de payer leurs dettes
L’an mil huit cent soixante et quinze et le vingt
huit août, je, Pierre Michel Lucien Runette huissier reçu près
le tribunal civil de Chambéry en résidence à Yenne soussigné.
A la requête du sieur Justin Antoine propriétaire
domicilié à Yenne.
Ai donné citation aux Sieurs Joseph Million Rousseau
et Plattier Joseph dit Curtet, tous deux cultivateurs domiciliés à
Saint Jean de Chevelu, pour comparaître par devant Mr le
Juge de paix du canton d’Yenne dans la salle ordinaire de ses
audiences le mercredi compté premier septembre prochain à huit
heures du matin.
A l’effet de se concilier si faire se peut sur la demande
que le requérant se propose de porter contr’eux devant le
tribunal compétant tendant à les faire condamner à lui payer
conjointement et solidairement, 1° la somme de trois cents francs
prêtés verbalement dans le courant du Mois d’avril 1873 remboursable
le onze juillet de la même époque 2° celle de cent francs pour prêt
verbalement fait dans le courant du Mois de juin 1873
remboursable dans le courant du Mois d’Août de la même
année avec intérêts depuis lors et pour s’entendre en outre
toujours solidairement condamner en tous dépens de l’instance
sous toutes réserves utiles et protestation de droit.
Leur déclarant que faute par eux de paraître ils en
courront l’amende portée à la loi.
A cet effet et pour que les sus nommés ne l’ignorent je
leur ai donné et laissé à chacun séparément copie du présent en leur
domicile ou je suis allé parlant savoir.
Pour Plattier Curtet à la personne de sa mère
pour le sieur Million Rousseau à la personne de sa mère
Coût : 11 francs dument employé ..
(... .... .. .... .....)
Note : Joseph Million Rousseau (1851-1926) est l’époux de Marie Machet
Joseph Plattier dit Curtet (N°8) est l’époux de Jacqueline Million Rousseau (N°9)
Ils sont beaux-frères.
67
Monthoux brûle
pendant un mariage
Le 12 mai 1875, a lieu, à Monthoux, le banquet du mariage de Claude Million-Rousseau*,
fils de Guillaume et Charlotte Michaud, avec Françoise Michelier dit Croiset, du Bourget du Lac, fille
de Joseph et Françoise Choulet.
Après le repas, des jeunes invités du Bourget, probablement éméchés, pensent se
divertir en brûlant avec des cigarettes les crins de l'âne du marié. Mais cette plaisanterie de
mauvais goût a bientôt des conséquences fatales.
La pauvre bête, la queue en flammes, communique, en se débattant, le feu à la paille
de l’écurie. Malgré les efforts des personnes présentes, le feu attisé par le vent, atteint
rapidement les toits de chaume des maisons tassées autour de chemins étroits. Le temps est
sec, l’eau manque et le vent redouble de violence, au point d’emporter des tisons jusqu’au
village de Vernatel, dit-on.
La chapelle est sauvée ainsi que quelques maisons, mais la liste des sinistrés ci-dessous
montrent l’ampleur des dégâts*. La maison des parents du jeune époux brûle en premier, et
l’on ignore où se passe la nuit de noces. Cependant, la famille ne déserte pas Monthoux pour
autant et actuellement, la cave des vignerons Michel* et Xavier Million-Rousseau, vraisemblablement construite sur l’emplacement de la maison détruite, attire de nombreux connaisseurs.
M : maison
G : grange
C: cave
E : étable
Blanc Jean : M n°31
Dupraz Louis : M et G n° 30, cave n°39
Bryon de Chambéry : G, E n° 29
Larochette François : M et G n°35
Brodaz Pierre :M n°4
Magnin François : M et G n°34
Brodaz Claude : M n°5 et n°19,E n°27
Ménard Antoine : M n°16,G n°28, G n°33, G et C
Brodaz Pierre : M n°23
n°33 b,E n°37
Brodaz Marguerite fme Dupraz François : M n°8
Million Brodaz J.M. :M n°36, G n°38, E n°38 b
Carron Vincent : M n°9 et n°9 b, G n°40
Million Brodaz François Marie : G n°13, G et E n°15
Dupraz Jean feu Vincent : M n°1 n°2
MILLION Rousseau Guillaume : M n°11, G n°14
Dupraz Jean feu François : M n°10, G n°10 b
Million Rousseau François: M n°12, n°12 b, n°12, G
Dupraz Pierre : M n°17
n° 2
Dupraz Albert : M n°3
Navette Antoine :M n°6
Dupraz Albert Jean :G et E n°21
Navette François :M, C n°20, n°20 b, M n°22
Dupraz Etienne : G et C n°32
Plattier Anthelme : M et G, E n°18, n°24
*Claude est le petit-fils de Claude M.R. et de Josephte Jacquet.
*Archives Ponts et Chaussées de Yenne : on peut y consulter le plan du hameau après l’incendie avec la liste des
bâtiments détruits.
*Michel Million Rousseau est actuellement conseiller municipal, maire-adjoint de St Jean de Chevelu comme plusieurs
de nos ancêtres le furent.
68
Le Château
de la
Grande Forêt
inspire
les artistes
Le Château de la Forest a inspiré,
en 2002, cette remarquable aquarelle à
notre
cousin,
Marcel
Héritier
Marrida(z),
auteur également du blason de l'Association.
Ce descendant de Benoît Million Rousseau,
artiste peintre et graveur, installé en Corse,
participe régulièrement à des expositions
aussi bien en France qu'à l'étranger.
Par ailleurs, nous avons eu connaissance d'un tout petit livre "Londres, 1955"*, dans lequel
l’auteur, Henri Thomas, tient une sorte de journal intime, dont une partie est rédigée lors d’un
séjour au Château de la Grande Forêt.
Voici les extraits concernant le Château :
page 15
Enfin tous les bagages ont quitté l’appartement; bien qu’il y ait encore de grosses fatigues à
prévoir avant la Grande Forêt, nous serons plus tranquilles ce soir.
pages 16/17
Saint Jean de Chevelu en Savoie. Il y a des serpents peints montant le long des portes dans
cette résidence-masure immense appelée le Château de la Grande Forêt, où vivait avant
nous Paul Louis Guigues.
pages 18/19
Dans la pièce où se tient le fermier Pierre, tout est noir ou brun, même la lumière, halo
roussâtre sur Pierre qui lit le journal devant son poële qui est d’un noir brillant; la table
arrondie et le poële forment un mobilier suffisant.
(...) La lune les nuages le vent les nuages la lune la montagne le vent. Dans la pièce du bas
où je fume la pipe, la fumée disloquée et entraînée rapidement montre que notre espace
domestique est fait de courants d'air entrecroisés.
* Illustrations de Philippe Hélénon, Editions Fata Morgana, paru en 1999
69
page 19
"La contrée se distingue jusqu’à présent par ses ravins et ses orages. Tout est toujours de
l’autre côté d’un ravin, et au prix d’un long détour. Et durant ce détour, on craint d’être
surpris par l’orage."
pages 20/21
page 22
sa femme, qui gravissaient la pente, portant dans une claie une grande charge de foin. La
voiture avait-elle versé durant la nuit ? Joli-Brunet s’était-il parfaitement arrêté au lieu de
remonter la pente à la sortie du ravin, et le percepteur et sa femme avaient-ils rentré tout
le foin morceau par morceau, à l’aide de cette claie ?
page 23
Toute la journée broyer les couleurs de la page que j’écris le soir - huit ou dix lignes plutôt ... et
je me dis : pourvu que le fil tienne - cette suite qui m’est présente maintenant, pourvu qu’elle
soit là demain au rendez-vous de l’écriture.
J’écris sur le vieux pétrin, qui ne contient pas de farine. Le chat Rousseau vient toujours
à la même heure, vers dix heures du soir. Il s’endort devant un trou de souris. La souris pointe
son nez et lui file sous le nez. Il ne se réveille pas.
page 24
Dans cette immense pièce pleine de courants d’air, il y a aussi une grosse souche dans la
cheminée sans feu. Elle est en forme de chien taillé par P.L. Guigues. Le chien a deux pierres
brillantes à la place des yeux, c’est assez effrayant. Ce regard me gêne tant que je vais brûler
la souche.
*Le percepteur : Jules Million Rousseau (1890-1977) fils de Joseph (1851-1926) et de Marie Machet (1858-1936) époux de
Marie Françoise Gavand (1898-1978), a laissé des informations, fort intéressantes, sur la famille.
70
page 26/27
Eclairer le fourneau = allumer
Ca luit bien = ça brûle bien
C’est d’abord la nuit = c’est bientôt la nuit
Racines jaunes = carottes
Carottes = betteraves
Les paniers = tous récipients (aussi bien cuvettes)
Machiné* = barbouillé (d’un visage)
Le vieux Rousseau, notre voisin, dit : "Les médecins, la
terre cache leurs fautes."
En ouvrant la porte de ce réduit, je provoque la chute
d’une panoplie de faux rouillées qui s’écroulent à mes
pieds. Elles étaient disposées en étoile au-dessus de
cette porte.
page 31
La menace du froid et des conditions sordides (si l’on ne
balaie pas, si l’on ne va pas chercher de l'eau, du bois,
des provisions) fait que, dès que l’on
cesse
de
travailler manuellement, on est malheureux.
Le père Rousseau s’en accommode mieux que nous, car dès qu’il a fini son travail, il ne tarde
pas à aller se coucher.
page 33/34/35
La probité et la gentillesse que nous trouvons chez presque tout le monde ici, et surtout chez
nos voisins les Rousseau d’en haut et les Rousseau d’en bas, me font rêver qu’un autre Rousseau
a bien pu puiser dans ses heureux souvenirs savoyards la conviction que l’homme est né bon.
Dans la campagne lorraine ou normande, il se serait sans doute fait une autre idée de
l’homme.
La qualité du langage est frappante: “ On a connu
que la vache cherchait le veau”, dit la vieille Fine. “Le
feu ne tire pas, avec ce temps mort.”
- Quand les montagnes sont cognées de neige, dit le
vieux Rousseau.
Dans un ciel noir troué d’argent, il y a des courants
d’air tiède dans la campagne, coupant les chemins.
Les forêts qui couvrent la pente de la montagne sont
revêtues à cinq heures du soir de teintes violettes,
rouges, ocre...
Le "château" est sur une des racines de la Dent du
Chat, entre deux ravins; dans l’un descend un assez
fort petit torrent qui faisait marcher autrefois un
moulin; dans l’autre ravin se traîne un ruisselet dans un
fouillis d’arbres ténébreux.
Fine, Joséphine Ladorme
Les
descentes
sont
bavardes,
silencieuses, les chutes muettes.
Ailleurs le ciel est une cigale.
les
remontées
épouse d’Anthelme Million Rousseau
*Note : un visage barbouillé se dit, en Savoie, “machuré” et non “machiné” nous fait remarquer Joseph-René Clocher
71
Colette
Million-Rousseau
Badet,
présidente
de
"l'Association
des
Descendants de Benoît Million-Rousseau" nous fait part des impressions
et souvenirs que lui ont inspiré la lecture de ces pages.
"Les descriptions sur le château, les alentours, les voisins sont saisissantes
de vérité et m'ont replongée dans mon enfance avec beaucoup
d'émotion.
En effet, quand j'allais faire les foins avec mon grand-père* et mes
parents* sur les terres de la Grande Forêt, je côtoyais ces gens là :
Le fermier Pierre (dit de la Pataz car il habitait une vieille maison située en contre-bas du
château au lieu-dit la Pataz). Je n'ai pas encore pu retrouver sa filiation.
La vieille Fine* qui n'était autre que la mère d'Albert Million-Rousseau dit Mamé et bien sûr,
Jules le Percepteur*.
J'aidais aussi ma mère à nettoyer "notre" partie de château avant l'arrivée des locataires qui
venaient surtout en été.
P.L.Guigues en a sans doute été le premier. Comme j'aimerais que mon grand-père et mon
père soient encore là pour pouvoir raconter la vie du château !
A ma connaissance, il n'y a eu de locataires que dans "notre" moitié de château".
Conclusion ... provisoire
Cette imposante maison-forte semble garder encore secrètes mille histoires que nous brûlons de
connaître. Puisse l'avenir nous aider à les découvrir.
Nous n’avons pas encore eu le loisir d’étudier l’histoire de nos branches nobles, nous en dressons
seulement la liste dans les Annexes ci-jointes; si nous ne nous sommes pas trompés, nous
descendrions d'Humbert aux Blanches mains, Comte de Savoie !
Il nous reste beaucoup de recherches à effectuer, de nombreuses heures à passer aux Archives à
déchiffrer les vieux papiers, à explorer les rayons des bibliothèques, à parcourir les chemins
savoyards sur les pas de nos aïeux, en cueillant la gentiane pour tenter de composer la potion
qui “chasse les douleurs d’estomac, la migraine et toutes sortes de maladies”
selon les
recettes, du curé de Chevelu, couchées dans le registre paroissial de 1724.
Beaucoup de travail, mais aussi beaucoup de plaisir nous attendent pour les années à venir, et
nous envisageons de les partager à nouveau avec tous ceux qui s’intéressent à l’histoire de
Saint Jean de Chevelu sous la forme d’un numéro 2 ... sans doute, d’un numéro 3... peut-être ?
C’est ainsi que nous ne pouvons émettre qu’une conclusion ... provisoire en ce printemps 2004.
* Grand-père : Jean-François Million-Rousseau, (1896 -1984), époux de Jeanne-Marie Navette, fils de François M.R. (18701930) et de Jacqueline Dijoud.
*Parents : Louis Million-Rousseau et Simone Raffin.
*La vieille Fine : Joséphine Ladorme épouse d'Anthelme Million-Rousseau (né en 1890) fils de François M.R. (né en 1850) et
d'Annette Plattier dit Goddard.
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Noms rencontrés dans
les Généalogies Plattier et Million Rousseau
ALBERT (d’)
EVERARD MILAN
MILLION ROUSSEAU ou ROSSIAUD
BARLET ou BARLET dit CHAFFARD
FILLIOUZ
MOTTARD dit NOVEL
BEGET
FOREST (de la )
MOYRIA (de)
BELLON
GACHE
MOIROUD ou MOYROUD
BERLION
GAIFFIER ou GAIFIER ou GAYFFIER
NOVEL
BERTHET ou BERTHIER
GARIOD
PADAY dit VERROMEX
BESSON
GAVIOD
PALATIN
BIZET dit la BRANCHE ou BISET
GIRARD
PASQUIER
BLANC
GOY (du)
PADEY
BOISSIER dit de LORIOL
GOY de la MURAZ (du)
PERNELLAND SUCHET
BORRAZ
GUGARD
PERRET
BOUVERAT
HERITIER
PEYSIEUX
BOUVIER
HERITIER CANTRE
PHILIPPE dit CESAR
BOVET (de)
HERITIER dit MARRIDAZ
PLATIER ou PLATTIER
BRODAZ
HERITIER PINGEON
PLATTIER BONE ou BEAUNE
CARRON dit l’AVOCAT
JACQUET
PLATTIER CURTET ou dit CURTET
CARRON dit MICHET
JACQUIN
PLATTIER dit NEVEU
CARRON dit POLONAIS
JANIN ou JANNIN
PLATTIER ROSSET ou dit ROSSET
CARRON GAILLIAND
JANIN dit DUGAS
POCHOY
CHAFFARD BARLET
LABAYE dit MAYDOUX ou Meydoux
POMIER ou POMMIER
CHASTELLARD (du)
LAROCHETTE MENARD
PRAVAZ dit VERTU
CHAMPROND-TOURNIER
LAURENT
REVERDY
CHEVALERY
LAURENT dit PESSIERE
RICHARD
CLERC
LORIOL (de)
RUBOD ou RUBOZ
CRETANEAU dit MARIN
LOUYS dit LOMBARD
SALTEUR ou SALTEUR de la SERRAZ
CURTET
LUQUAI(S ou N)
SARDOZ ou SARDO ou SARDE
DALMAIS
MACHET
SARDE de la FOREST
DAVIER
MAGNIN
SAVOIE (de)
DELILYE ou DELYLYER ou DESLIER
MAILLET
TIERRY
DEMEURE
MAMIOT
TIPHENE
DOGNIN
MASSON
THOMAS LOVATIER
DUPASQUIER
MASSON dit TARDY
TOURNIER
DUPRAZ
MICALOZ
VEYSSELET dit DOGUET
DUPRAZ dit ROUGE
MICHAUD
VINCENT
EVERARD
MILLION
VIOLLON
EVERARD dit CURTET
MILLION BRODAZ
VUARD ou VUAZ
Liste non exhaustive, se reporter pour plus de détails aux Annexes
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Document réalisé en 2004, à l'occasion de la première "Cousinade" des Descendants de Benoît
Million-Rousseau, par Nicole PLATTIER dit CURTET,
21 rue A.France
94270 Le Kremlin-Bicêtre
[email protected]