Autriche : Güssing, une ville exemplaire en matière d`énergies

Commentaires

Transcription

Autriche : Güssing, une ville exemplaire en matière d`énergies
Autriche : Güssing, une ville exemplaire en matière d'énergies renouvelables
La ville de Güssing, dans la province du Burgenland (est de l'Autriche), se veut la championne européenne des
énergies renouvelables.
«Gussing est la seule ville en Europe totalement autonome en énergie, aucune autre ville n'ayant encore atteint
les 100% d'autonomie grâce aux énergies renouvelables», affirme Reinhard Koch, directeur du Centre européen
des énergies renouvelables de Güssing.
Les énergies renouvelables, contrairement aux énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon), utilisent des flux
inépuisables d'origine naturelle (soleil, vent, eau, croissance végétale).
«Il y a une quinzaine d'années, la région de Gussing était la plus pauvre d'Autriche, et la population, confrontée
à des difficultés économiques, était obligée de partir chercher du travail ailleurs. Il fallait faire quelque chose»,
indique le patron de ce centre de compétence pour les énergies renouvelables.
Les élus locaux ont alors décidé de mettre en place un nouveau plan énergétique, mettant à profit la grande
quantité de biomasse (les matières organiques produites par les végétaux et les animaux) disponible dans la
région, afin de remplacer les énergies fossiles par des énergies renouvelables.
L'application de ce plan, piloté par le Centre européen des énergies renouvelables, un organisme sans but
lucratif, a ainsi permis la création progressive de 35 installations de production d'énergie, sous forme de
sociétés d'économie mixte avec la participation des agriculteurs locaux pour l'approvisionnement des matières
organiques.
Des centrales de production de biogaz pour la production de chaleur et d'électricité à partir de maïs, de trèfle et
d'herbe, de biodiesel pour la production de ce carburant à base d'huile de colza, de gazéification du bois pour la
cogénération de chaleur et d'électricité, et des installations solaires thermiques (eau chaude et chauffage), et
photovoltaïque (électricité) ont ainsi été mises en place.
L'éolien n'a pas été développé faute de sites suffisamment ventés. «Aujourd'hui, nous avons une avance de trois
ou quatre ans sur le reste de l'Europe dans les technologies des énergies renouvelables», estime Reinhard Koch.
La centrale électrique de gazéification du bois pour la production combinée de chaleur et d'électricité «est la
première du genre au monde», assure Daniela Augustin, guide du Centre européen des énergies renouvelables.
La capacité de cette centrale, qui alimente des réseaux électrique et de chauffage urbain, est de 2 MW pour
l'électricité et de 4,5 MW pour le thermique. «Les 2 MW suffisent à couvrir les besoins en électricité de
Güssing toute l'année», selon Daniela Augustin. Les 4,5 MW couvrent les besoins de la ville en eau chaude et
une partie du chauffage. L'énergie ainsi produite revient environ 30% moins cher que le mazout, assure-t-elle.
«L'énergie est produite localement alors qu'elle était achetée à l'extérieur auparavant, indique M. Koch. Nous
produisons chaque année 70 millions de Kwh pour le chauffage, 28 millions de kwh pour l'électricité et 8.000
tonnes de biodiesel».
Tous les véhicules municipaux de la ville, qui compte 4.400 habitants, fonctionnent avec un carburant d'origine
renouvelable.
La qualité de l'air à Güssing s'est très nettement améliorée: «Nous économisons 120.000 tonnes de CO2
(dioxyde de carbone, un des gaz à effet de serre, principal responsable du réchauffement climatique, ndlr) par
an grâce à ces énergies renouvelables», fait valoir le patron du Centre des énergies renouvelables.
Emmanuel Angleys (AFP) (19/06/2006)
Rocbaron veut devenir une commune 100 % énergies renouvelables
Dans le Var, à Rocbaron, commune de la Provence Verte, en treize ans, entre 1995 et 2008, le produit de la taxe
professionnelle est passé de 30 000 E à 350 000 E. En 1995, la commune de 2 000 habitants comptait quatre
petits commerces et une vingtaine de TPE artisanales.
Aujourd'hui, Jean-Claude Félix, son maire, à l'origine de cette transformation avec son équipe - tous ont été élus
sur ce projet et déjà réélus deux fois - estime que le village abrite près de 4 000 habitants. Le recensement qui a
débuté mi-janvier devrait le confirmer. Vingt commerces et 50 entreprises, représentant 240 emplois directs,
sont maintenant installés au centre du village et sur la zone de Fray Redon, situé à deux kilomètres du centre.
Un minibus relie les deux pôles. D'une superficie de 10 ha, cette zone a été lancée en 1997.
A ces 240 emplois, il faut ajouter les 150 salariés d'une société d'aide et de service à domicile, Uniservice, dont
le siège se trouve à Rocbaron et qui travaille sur l'ensemble du canton. Dix demandes de permis de construire
pour installer de nouveaux commerces, soit 50 emplois supplémentaires, sont en cours d'étude.
A la satisfaction de ceux déjà présents, pour attirer de nouveaux habitants et entrepreneurs, la municipalité a
créé une crèche, une médiathèque, une garderie périscolaire ouverte de 7 h 30 à 18 h 30, des ateliers
périscolaires fonctionnant après la cantine, un service enfant jeunesse, un stade, une salle de danse classique
(200 élèves)...
Le résultat ne s'est pas fait attendre. Rocbaron est parmi les petites communes du Var l'une des plus
dynamiques. Le budget d'investissement est passé de 341 000 E en 1995 à 1,625 ME en 2008. Celui de
fonctionnement de 1 ME à 3,17 ME. La commune a doublé son effectif pour le porter à 55 agents.
Une zone d'activités dédiée aux éco-entreprises
Jean-Claude Félix et son équipe, qui ont reçu le soutien du département et des chambres consulaires, veulent
aller plus loin. Ils veulent faire de Rocbaron un village 100 % énergies renouvelables et 0 % CO2.
Jean-Claude Félix, ancien cadre d'Havas communication - il est à la retraite depuis juin dernier - explique : « un
Rocbaronnais, ingénieur de formation, Léon Hamus m'a initié aux énergies renouvelables. Et si on était
autonome en énergie ! m'a-t-il suggéré. Et de m'expliquer qu'un village autrichien, situé sur la frontière
hongroise Güssing, dans le Burgensland, y est parvenu. J'étais sceptique mais je suis allé voir ».
Cela fait maintenant cinq ans que la commune travaille le sujet. « Nous avons modifié le PLU en conséquence
pour créer une zone d'activités de 10 ha, réservée aux seules entreprises qui relèveront des domaines de l'écohabitat et de l'éco-énergie. Déjà des entreprises de dimension nationale et internationale ont montré leur intérêt
pour notre projet qui a eu le soutien de la Provence Verte et de la communauté de communes du Val d'Issole ».
La préfecture ayant demandé le déplacement de la zone, sa création va être retardée d'un an.
En revanche, c'est au plus tard en 2010 que devrait commencer à fonctionner une ferme photovoltaïque de 12
ha - les terrains sont en cours d'acquisition - capable de produire l'équivalent du tiers de la consommation
d'électricité de la commune. Représentant un investissement de 12 ME, elle sera réalisée avec une entreprise de
Güssing, le Centre Européen des énergies renouvelables.
A plus long terme - Jean-Claude Félix souhaite qu'il soit réalisé pour la fin de son troisième mandat en 2014 Rocbaron devrait abriter une usine de cogénération d'électricité par méthanisation et distillation du bois. Située
à proximité d'une nouvelle zone d'habitation de dix hectares « Le hameau », l'usine fournira aux logements l'eau
chaude et le chauffage.
Une usine équivalente existe dans le village autrichien. Elle consomme 20 000 tonnes de bois par an, génère 13
ME de ressources pour la commune et donne du travail à près de 300 personnes. Le maire de Rocbaron
souhaite, avec ce projet, répondre au dernier appel d'offres lancé par le ministère de Jean-Louis Borloo sur la
biomasse.
[email protected] Philippe Issalis, le 9 février 2009

Documents pareils