le choix de la qualité - Chambre d`Agriculture de Nouvelle Calédonie

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le choix de la qualité - Chambre d`Agriculture de Nouvelle Calédonie
500 F
Elevage
N°137 • Août 2013
Partenaire d’un
développement agricole durable
Volaille de Nouvelle-Calédonie
le choix de la qualité
Végétal
Le premier guide
Phytosanitaire calédonien > p.18
PORTRAIT
Jean-Claude Birot,
éleveur porcins au Mont Dore > p.40
Agri-tourisme
Les produits fermiers de Jean-Louis Dumont
18
24
sommaire
4 > Brèves et revue de presse
6 > Dossier de la CANC
• Rouille des myrtacées
• Développement du réseau d’épidémiosurveillance
• Dock des engrais
édito
12 > Filière végétale
• Gérer la rouille des myrtacées en
pépinière
• Pluies exceptionnelles, les agriculteurs
durement touchés
• Le premier guide Phytosanitaire
calédonien
Le mot
du président
24 > Filière élevage
• Volaille, le choix de la qualité
28 > Dossier
• Une mission d’échanges et de partages
• Rencontres Océaniennes de l’agriculture
biologique
28
38 > Partenaire
• Adecal, technopole de NouvelleCalédonie
40 > Mieux connaître les
agriculteurs
• Jean-Claude Birot, éleveur porcins au
Mont Dore
43 > Fiche produit
• Le saucisson de cerf
44
44 > Agriculture durable
• Compostage des déchets verts
• L’arachis Pintoi, une plante de
couverture
57 > Machinisme agricole
• Le décompacteur à dents courbes
64
58 > Page économique
• Exonération de TGI
• La facturation, un acte obligatoire
60 > Formation
• Lancement du certiphyto
64 > Agri-tourisme
• Jean-Louis Dumont
66 > Petites annonces
N°137 • Août 2013
La Calédonie Agricole est une publication de la Chambre
d’agriculture de Nouvelle-Calédonie, BP 111 - 98845 Nouméa
cedex, tél. 24 31 60 - Fax : 28 45 87. Directeur de publication :
Gérard Pasco. Directeur de rédaction : Yannick Couete.
Rédacteur en chef : Pierre Ardorino, Sophie Golfier. Rédacteurs : Philippe Caplong, Bernard Angonin, Laura Henry
Fanny Contensou, Clément Gandet, Pierre Ardorino, Julie Deffieux. Photos : Sébastien Mérion, Pierre Ardorino. Réalisation :
International Concept Pacifique, tél. 24 35 20. Régie publicitaire : Agence Calédonienne de Publications, tél. 24 35
20. ISSN : 1257 - 0397. La Calédonie Agricole est tiré à 3500
exemplaires sur les presses de Artypo.
© photos. S.Mérion - canc - DR
N°137 Août 2013
Ce troisième numéro de l’année 2013 de votre magazine La Calédonie Agricole paraît traditionnellement
pour la Foire de Bourail. Cette grande manifestation, qui précède les Foires des Iles Loyauté (Lifou
cette année) et du Nord (Koumac), est toujours un
moment fort pour les agriculteurs et éleveurs calédoniens. C’est un évènement incontournable, qui réunit
les acteurs de l’agriculture, les élus, les décideurs du
territoire et le grand public. C’est donc un moment
privilégié pour dresser un premier bilan de l’année en
cours, analyser la conjoncture agricole et plus globalement l’évolution de notre métier.
Fort est de constater que l’année 2013 a bien mal
commencé avec le passage de la dépression Freda.
Les fortes pluies de début juillet ont ensuite ruiné les
espoirs de production de la très grande majorité des
agriculteurs de plein champ. Le coup est très dur, cet
incident climatique exceptionnel est survenu au plus
mauvais moment de l’année. Certains agriculteurs
auront bien du mal à s’en remettre malgré les dispositifs d’aides mis en place.
Bien que le monde de l’élevage ait quant à lui été
globalement épargné par ces incidents climatiques, il
n’en demeure pas moins que la filière porcine souffre
terriblement de l’augmentation du prix des intrants,
et plus particulièrement de l’aliment. Ceci dans un
contexte où le prix d’achat aux éleveurs est réglementé et qu’il n’a pas évolué depuis 1997. Au regard
de la dynamique enclenchée dans la filière bovine,
qui se redresse progressivement, nous avons engagé
un travail similaire aux côtés du syndicat des éleveurs
de porcs et avec l’ensemble des partenaires associés
à cette filière. L’objectif est bien de trouver des solutions pérennes et permettre de redonner des perspectives à une filière majeure de notre agriculture.
Concernant ce numéro de La Calédonie agricole,
nous avons le plaisir de vous présenter le premier
guide phytosanitaire calédonien, qui vient de paraître.
C’est un outil indispensable pour l’ensemble des
professionnels. L’objectif est de « Produire plus
et mieux », dans l’intérêt des producteurs et des
consommateurs, tout en préservant l’environnement.
Je retiendrais également la démarche engagée dans
la filière avicole, qui permet de valoriser le travail des
éleveurs pour une production de poulet de chair de
qualité.
Je vous souhaite donc une bonne lecture de votre
magazine et vous assure que la Chambre d’agriculture est à vos côtés pour vous accompagner quotidiennement dans votre métier.
Gérard Pasco,
Président de la Chambre d’agriculture
de Nouvelle-Calédonie
LA CALÉDONIE AGRICOLE
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l’actu...
En bref...
DOM-TOM
La loi sur la défiscalisation
Hommage
DECES DE MICHEL BOUSCAT
L’ensemble des élus et salariés de la Chambre d’agriculture tiennent à rendre hommage à Michel Bouscat, décédé des suites d’une longue maladie. Bien connu des
agriculteurs, Michel a travaillé de nombreuses années au marché de Gros géré par la
Chambre d’agriculture. Il a fortement contribué à faire du marché de demi gros, ce qu’il
est devenu aujourd’hui, le Marché Broussard.
Hommage
DECES DE CHRISTOPHE LAMBERT
L’ensemble des élus et salariés de la Chambre d’agriculture tiennent à rendre hommage à Christophe Lambert, président du groupements techniques vétérinaires (GTV),
décédé d’une crise cardiaque le dimanche 23 juin 2013 à Farino. La constance de son
engagement envers la brousse, l’agriculture et la profession vétérinaire ont permis
notamment la création de la société des groupements techniques vétérinaires, partenaire incontournable des questions de santé animale en Nouvelle-Calédonie.
Nessadiou
TRANSFERT EMBRYONNAIRE
La Station d’élevage de Nessadiou de la Chambre d’agriculture, participe à l’opération
de transfert embryonnaire coordonnée par l’UPRA bovine dans le cadre de l’introduction de la Race Belmont red. 29 embryons ont été reposés sur 48 vaches préparées.
Les résultats sont bons, à l’image des années précédentes. Un diagnostic de gestation
sera fait mi-août.
IAC
RECHERCHES EN
PROVINCE NORD
Une quinzaine de chercheurs de
l’Institut Agronomique néo-Calédonien
(IAC) a participé au séminaire sur la
recherche scientifique en Province
Nord qui s’est tenu du 19 au 21 juin à
Poindimié. L’occasion de balayer les
études portées par l’IAC, faire un état
des connaissances et participer aux
réflexions sur les nouvelles perspectives à mettre en œuvre pour mieux
répondre aux attentes des collectivités
du Nord.
PPNU
PROVINCE SUD
La Chambre d’agriculture et la
province Sud organisent une 3ème
opération de collecte de produits
phytosanitaires non utilisés (PPNU)
en province Sud. Pour y participer
vous pouvez contacter la Direction du
développement rural de La Foa au 44
31 53 ou Laura Henry à la Chambre
d’agriculture au 24 31 60. La fiche
d’inventaire est disponible sur le site
internet de la Chambre d’agriculture
www.canc.nc
PPNU
PROVINCE NORD
La Chambre d’agriculture et la
province Nord organisent la première
collecte de produits phytosanitaires
non utilisés (PPNU). Elle aura lieu fin
août début septembre. Les personnes
ayant participé à l’inventaire seront
contactées pour leur préciser les
dates et lieux de collecte.
4
LA CALÉDONIE AGRICOLE
Le premier Ministre, Mr. Jean-Marc AYRAULT,
en déplacement le 27 juin 2013 en Martinique, a
annoncé dans son «Discours aux acteurs économiques et aux employeurs» le maintien du
dispositif de défiscalisation au profit des territoires d’Outre-mer, en particulier pour «les petites
entreprises et les entreprises de taille moyenne»,
et l’expérimentation d’un crédit d’impôt pour
certaines entreprises lors d’investissements dans
les DOM-TOM.
Cette information a été confirmée par le Ministre
de l’Outre-mer, Victorin LUREL, le 11 juillet lors de
la 3ème réunion de l’instance de concertation sur
la réforme de la défiscalisation Outre-Mer. Les dernières réunions auront lieu fin juillet, afin de définir
les indicateurs d’activité et leur seuil. Dans l’attente
du vote de la loi en fin d’année, les demandes des
acteurs économiques calédoniens restent toujours
fortes, notamment sur la décentralisation et la
simplification
de la procédure
d’agrément
fiscal, et sur le
relèvement du
plafond actuellement fixé à 2
millions (18.000
euros).
Le maintien
du dispositif de défiscalisation, tel que nous le
connaissons actuellement, n’est pas encore
acquis.
JURIDIQUE
GAEC, EARL
Le décret n° 2013-566 du 28 juin 2013 vient
d’être publié au Journal officiel. Il porte sur l’extension et l’adaptation à la Nouvelle-Calédonie de
dispositions du code rural et de la pêche maritime
(partie réglementaire). Il concerne plus spécialement les groupements agricoles d’exploitation
en commun (GAEC), et l’entreprise agricole à
responsabilité limitée (EARL). Plus d’informations dans le prochain numéro de «la Calédonie
agricole» car l’application effective de ces formes
sociétaires necéssite des adaptations de la règlementation Calédonienne.
N°137
Août 2013
Chambre d’Agriculture
Lifou
A la demande des nouveaux élus de la
Chambre d’agriculture aux iles Loyauté,
le président Gérard Pasco, le vice-président Noréné Warekaicane , accompagnés du directeur Yannick Couete, de
Clément Gandet et de Bernard Angonin
se sont rendu à Lifou les 22 et 23 juillet.
Ce déplacement a permis de rencontrer
des producteurs de l’île, de recueillir
leurs attentes et de définir les axes de
travail à venir. Machinisme (broyage
forestier...) à la maîtrise des ravageurs
(punaises sur avocatier, papillon piqueur
sur agrumes…) ont été au cœur des
discussions. Une commission de pilotage
Iles Loyauté, présidée par Pierre-Benoit
Wangane, avec les représentants de la
province, a ensuite permis de faire le point
sur l’avancement de projets communs
(machinisme, centre de gestion, suivi
des DIA,…). Elle a également permis
d’acter un travail de regroupement des
agriculteurs par district pour mobiliser
tous les partenaires sur les besoins des
agriculteurs par bassin de productions.
SECURITE AU TRAVAIL
L’évaluation des risques professionnels
A compter du 1er janvier 2013, toutes les
entreprises de plus de 10 salariés, quelles
que soient leurs activités, sont soumises à
l’obligation d’engager la démarche d’évaluation des risques professionnels.
Pour aider chaque entreprise à répondre à
cette obligation réglementaire, la Direction
du Travail et de l’Emploi, en partenariat
avec la CAFAT, organise des sessions d’information sur l’identification et l’évaluation
des risques professionnels, ainsi que la
formalisation du dossier d’évaluation.
Pour connaître les dates des prochaines
sessions d’information.
Contactez Laura Henry à la Chambre
d’agriculture au 24 31 60
DECHETS ORGANIQUE
ETAT DES LIEUX
La province Sud a organisé, le 13 juin, la restitution de l’état des lieux des productions de
déchets organiques. Cela a permis d’identifier le gisement de déchets organiques présent en
province Sud. Les déchets provenant de l’agriculture et de l’élevage représentent 34% des
déchets organiques, ils proviennent principalement des élevages hors-sol.
CHAMBRE D’AGRICULTURE
POINDIMIE
L’antenne de la Chambre d’agriculture de Poindimié a déménagé. Elle se situe désormais
à côté de la DDE-E et des chambres consulaires (CCI et CMA). Les horaires et numéros de
téléphone restent inchangés (7h30 à 11h30 – 12h30 à 16h30 excepté le vendredi 15h30 – tél
42 40 40).
SMAG
REEvaLUATION
L’avenant salarial de l’accord professionnel de la branche Exploitation Agricole signé en décembre 2012 proposait au gouvernement un alignement du SMAG brut sur le SMG brut pour
une mise en ouvre dès 2014 sur une période minimale de 5 ans.
Le MEDEF, a réalisé une simulation pour planifier cette phase transitoire. Le premier point est
d’estimer le montant du SMG en 2018. En considérant une inflation de 1,5 à 2% sur les prochaines années, le SMG et le SMAG seraient alors de 165 963 xfp mensuel. Soit une augmentation de 3% par an du SMAG pendant 5 ans. En contrepartie, l’abattement actuel de 75% sur
leurs cotisations devra être réduit, afin de trouver l’équité entre tous les secteurs d’activité.
Au final, le salarié verrait ainsi une augmentation de salaire net de 24,46 % sur cette période
pour toucher un salaire net de 145 732 xfp au lieu de 121 780 xfp en 2013.
Il semble difficile, pour les employeurs, de supporter le surcoût engendré. Plusieurs pistes de
réflexion sont actuellement menées. Un article plus détaillé fera le point sur les avancées de
ces travaux.
N°137 Août 2013
Publication
AFD
Approche comparée des évolutions
économiques
des Outre-mer
français
L’Outre-mer français, mise
à part la Polynésie française, a connu au cours de
la décennie qui a précédé la
crise de 2008 une croissance économique
remarquable portée par le secteur marchand. Malgré ce dynamisme, des retards
en matière d’équipement, d’aménagement
et de certains services publics, par rapport aux régions de métropole, subsistent.
En Guyane et en Polynésie française, les
gains de croissance sont plus faibles que
l’accroissement de la population, d’où un
PIB par habitant qui stagne. La crise économique récente, qui a touché fortement la
plupart des territoires ultramarins, montre
que cette croissance est fragile.
La présente étude est une analyse comparative des données macroéconomiques
disponibles pour les départements et collectivités d’Outre-mer sur la période 19982010. Les résultats ont été présentés le
25 novembre 2011, lors de la troisième
conférence économique AFD-CEROM sur le
thème : « Créer de la valeur ajoutée et de
l’emploi en Outre-mer ».
Aides a l’abattage
Complément de prix
L’ERPA verse un complément de prix en
Francs par kg de viande abattue aux éleveurs sur la base des feuilles d’abattages
et de l’attestation d’abattage ERPA. Le nom
de l’éleveur qui fait abattre ses animaux
doit figurer sur ces documents. Pour tout
renseignement, n’hésitez pas à contacter
l’ERPA : Audrey GUYOT au 26.09.63.
LA CALÉDONIE AGRICOLE
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de la Chambre d’agriculture
Les dossiers
venue d’une
scientifique australienne
Rouille des myrtacées,
n Du 13 au 17 mai 2013, Fiona Giblin, scientifique australienne mandatée par le SIVAP, est
venue sur le territoire afin de réaliser une expertise relative à l’impact de ce champignon sur la
famille des myrtacées.
L
a rouille des myrtacées sévissant depuis quelques années chez nos voisins australiens, ceux-ci ont désormais
un recul appréciable dans
la gestion de ce champignon pathogène. Il en ressort que l’éradication
est impossible et qu’il faut désormais
vivre avec. Il convient donc désormais de limiter sa propagation en
privilégiant, la sensibilisation, la formation et l’information auprès des
professionnels et du grand public.
En guise de recommandations, Fiona
Giblin a proposé
d’apporter des options de gestion et
des conseils aux
pépiniéristes, de surveiller l’impact de la
maladie, d’effectuer
des collectes de semences, de sélectionner les espèces tolérantes et enfin
d’encourager le public et les profes-
sionnels à fournir un retour d’information.
Développement du
réseau d’épidémio-surveillance
n L’équipe du Groupement de défence sanitaire végétal s’étoffe afin de mettre en place un
réseau d’épidémio-surveillance sur l’ensemble du territoire. Cette équipe permettra un meilleur accompagnement des agriculteurs sur la problématique du suivi des cultures.
A
fin de développer un réseau
d’épidémio-surveillance, le
GDS-V a recruté des agents
qui vont suivre l’évolution
de certains organismes nuisibles sur
différentes cultures. Ces données
vont permettre d’acquérir des données sur le comportement et l’impact
de certains organismes nuisibles. De
plus, ces données vont permettre de
tester puis, valider, des protocoles
d’observations qui deviendront des
outils pour mesurer et anticiper des
explosions de populations de certains organismes nuisibles.
Travaillant en étroite collaboration
avec les techniciens provinciaux et
les différents techniciens de groupe-
ment professionnels (GDCSA, ARBOFRUITS, etc.), les techniciens
du réseau d’épidémiosurveillance
jouent un rôle d’avertisseur pour
les agriculteurs et les techniciens de
terrain qui sont en charge de proposer des préconisations de stratégies
ou de méthodes de lutte auprès des
agriculteurs.
Agents du GDS-V
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LA CALÉDONIE AGRICOLE
N°137
Août 2013
de la Chambre d’agriculture
Les dossiers
Des changements
au Dock des engrais
n Le Dock des engrais à Ducos permet aux agriculteurs des trois provinces de s’approvisionner depuis des décennies en engrais et amendements. La Chambre d’agriculture de NouvelleCalédonie qui en assure la gestion a réalisé, depuis ces dernières années, des travaux de sécurisation vis-à-vis des risques d’incendie et travaille sur différentes options de déménagement
de cette activité, trop à l’étroit dans un dock qui a fait son temps.
R
ien que pour l’année 2012, la
Chambre d’agriculture a vendu près de 4 000 tonnes (plus
de 80 références) d’intrants aux
agriculteurs, dont 60 % ont été stockés
puis livrés à partir du dock des engrais.
Les 40 % restants ont été acheminés directement sur les exploitations agricoles
par le biais de commandes spéciales.
Des volumes en augmentation
Si l’on constate une augmentation permanente des volumes, peu de travaux
sur le dock des engrais ont été réalisés
ces dernières années. A la demande
de la direction de l’industrie des mines
et de l’énergie de Nouvelle-Calédonie
(DIMENC), la Chambre d’agriculture a
fait faire une étude sur les dangers liés à
l’activité de stockage des engrais. Cette
étude a permis d’écarter tout risque
d’explosion du dock en l’absence de
marchandise dangereuse à base de nitrate d’ammonium. Les conclusions de
l’étude révèlent que le principal risque
est l’incendie.
Un plan d’investissement a donc été mis
en œuvre visant notamment la réduction du risque incendie ainsi que la mise
en place d’un plan d’opération interne
(POI) pour la gestion des situations
accidentelles.
Vers une délocalisation
du Dock
Si des travaux sont en cours de réalisation pour la sécurisation du Dock, ils ne
permettent cependant pas d’augmenter
l’espace disponible qui s’avère être de
plus en plus limité. Face à cette situation
d’un dock vieillissant, trop petit, et surtout enclavé dans Nouméa, les élus de
la Chambre d’agriculture ont mené une
réflexion associant ses partenaires que
sont les provinces et la Nouvelle-Calédonie sur une possible délocalisation
du dock. L’objectif est de construire un
dock plus en conformité avec les évolutions des exigences réglementaires. Un
espace de stockage plus important est
nécessaire pour correspondre à l’activité
actuelle et répondre davantage à la personnalisation des demandes des agriculteurs en termes de référence. Enfin,
ce projet devra se réaliser en dehors de
Nouméa tout en restant à proximité du
port (coût du fret).
Dans l’attente de la réalisation de ce
projet à moyen terme (3 à 4 ans), la
Chambre d’agriculture travaille différentes options de délocalisation
partielle. Ces sites de stockage permettraient de rapprocher le lieu de distribution des zones de productions agricoles, notamment sur la zone de La Foa
et en province Nord.
Quelle différence entre engrais et amendements ?
L’engrais est un fertilisant qui apporte des éléments nutritifs utiles notamment pour favoriser ou accélérer la croissance des
végétaux et améliorer leur floraison. Son effet est relativement rapide. Il faut néanmoins faire la différence entre les engrais
naturels d’origine minérale ou organique (utilisables en agriculture biologique) et les engrais chimiques.
L’amendement est davantage utilisé à long terme. Il améliore ou rééquilibre la structure du sol, l’enrichit aussi mais de façon
plus diffuse. Il existe les amendements organiques tels que les matières sèches végétales, et les amendements minéraux tels
que le gypse, la chaux, les cendres de bois. Leur diffusion est lente mais régulière et constante.
Bien noter qu’il est indispensable de connaître la nature de son sol et les exigences des productions végétales envisagées
afin d’apporter ce qu’il faut au moment où il faut. Les amendements sont généralement introduits dans les parcelles en
amont de l’installation des cultures tandis que les engrais sont apportés à des moments clés du cycle de développement de
la plante.
8
LA CALÉDONIE AGRICOLE
N°137
Août 2013
végétale
Filière
Gérer la
rouille des myrtacées
en pépinière
Depuis l’arrivée de la rouille des myrtacées en début d’année, l’inquiétude
est grande vis-à-vis de son impact en Nouvelle-Calédonie. Une mobilisation
générale, sous la coordination du SIVAP s’est structurée. La Chambre d’agriculture est
le coordonnateur du groupe de travail sur la gestion de la rouille chez les pépiniéristes.
L
Document technique réalisé par le GDS-V en partenariat avec l’Association Interprofessionnelle d’Horticulture de Nouvelle-Calédonie, l’AIHNC et le SIVAP
e champignon en cause est Puccinia psidii. Il attaque des espèces végétales de la famille des
myrtacées uniquement. La liste
des hôtes connus hébergeant Puccinia
psidii est présentée en fin d’article. La
liste des espèces pouvant être touchées
en Nouvelle-Calédonie par le champignon n’est pas encore connue et à fortiori concernant les myrtacées endémiques.
Différents symptômes
Il existe plusieurs rouilles en Nouvelle-Calédonie avec des symptômes
différents. Le champignon est capable
d’effectuer l’ensemble de son cycle de
développement sur une même plante
hôte. Il se développe sur les jeunes tissus en croissance, principalement les
jeunes feuilles et bourgeons et dans une
moindre mesure sur les inflorescences et
les fruits. Les sacs renfermant les spores
peuvent survivre plusieurs semaines. La
germination des spores est favorisée par
une forte humidité et des températures
entre 15 et 25°C. Dans ces conditions le
développement de spores à spores peut
être de 10 à 14 jours, ce qui peut cau12
LA CALÉDONIE AGRICOLE
ser des situations épidémiques dans les
mois favorables.
Les conditions qui favorisent le développement du champignon sont :
- les poussées végétatives
- une forte humidité
-des gouttes d’eau sur le feuillage pendant 6 heures ou plus (pluie, rosée,
eau d’irrigation)
- des nuits entre 15 et 25°C
-
une faible luminosité et des nuits
d’au moins 8 heures augmentent la
germination des spores
Les conditions qui peuvent freiner son
développement sont :
-des températures inférieures à 15°C
et supérieures à 30°C qui bloquent la
germination des spores.
-l’âge des tissus, la littérature reporte
que des feuilles âgées de plus de 40
jours sont résistantes au champignon.
La dispersion des spores du champignon se fait naturellement par le vent,
les insectes et la pluie. Les ouvriers et
animaux domestiques dans la pépinière
sont des vecteurs d’augmentation du
taux de dissémination.
Les symptômes généraux
La présence de cette rouille se manifestent par :
-des petites taches pourpres avec un
léger halo (jaune) chlorotique à la
surface de la feuille,
-
de grandes lésions pourpres (violettes) lorsque les taches se rejoignent,
-des pustules de rouille jaune vif (les
spores) sous la feuille correspondent
à une jeune infection,
-
les spores jaunes vif sont ensuite
apparentes sur les deux côtés de la
feuille (infection mature),
N°137
Août 2013
Filière
végétale
-
des petites et grandes lésions
pourpres et l’altération des feuilles
qui se tordent,
-les lésions plus anciennes peuvent
contenir des pustules de rouille
brunes/grises sur les lésions (vieilles
spores).
Les symptômes peuvent être légèrement différents selon les espèces. Le
champignon sera plus actif sur les semis
et jeunes plants, pouvant provoquer leur
mort.
La gestion de la maladie en pépinière
Au vu de ces informations techniques, il
est important d’appréhender la gestion
de la rouille des myrtacées au sein de
l’entreprise à 4 niveaux. Chaque pépinière représentant une situation particulière, les points suivants pourront
guider le pépiniériste à mettre en œuvre
les mesures qu’il estimera adaptées ou
envisageables dans son cas, dans le but
de gérer au mieux la maladie au sein de
son entreprise.
N°137 Août 2013
Surveillance et gestion
de l’environnement immédiat
autour de la serre
Si possible, laissez vos véhicules en dehors de la zone de production.
Exercez une surveillance régulière des
myrtacées aux alentours de l’entreprise.
Lors des traitements phytosanitaires de
la pépinière contre la rouille, les restes
de bouillie peuvent être utilisés pour
pulvériser les myrtacées présentes aux
alentours de la pépinière en commençant par les arbres situés au vent par
rapport à la pépinière.
Gestion des flux de personnes
et de matériel végétal
Limitez l’accès de votre pépinière au
personnel uniquement.
Enlevez les plants de myrtacées se
situant dans les allées ou le parking si
possible, afin d’éviter des foyers de propagation.
Votre personnel doit éviter, si possible,
les contacts avec des plantes hôtes avant
d’arriver au travail.
Organisez votre pépinière en regroupant vos myrtacées. Cela fait gagner
du temps au niveau des traitements et
diminue les quantités de bouillies à utiliser. Dans ce cas choisissez une partie
de la pépinière située sous le vent ou à
l’abri des vents dominants. Une séparation avec des filets brise vent pourrait
être un plus. Si des cas de rouille sont
avérés dans l’entreprise, un traitement
général des plants en pépinière est fortement recommandé avant de déplacer
les plants de myrtacées (limitation de
risques de dispersion des spores).
Désignez une personne ou un nombre
limité de personnes en charge des myrtacées et établissez une chronologie
logique dans les interventions (intervenir sur les myrtacées en dernier dans le
planning de travail journalier). Evitez le
plus possible les contacts inutiles avec
les plants infectés.
L’idéal serait d’organiser un principe de
marche en avant.
La mise en place d’une procédure de
nettoyage et désinfection des zones de
travail, des outils et du personnel intervenant sur les myrtacées serait un plus.
Désinfecter et aiguiser régulièrement
les outils de taille en chaque début de
journée.
Désinfecter à chaque changement de lot
à tailler, afin d’éviter ou limiter la propagation de maladies.
LA CALÉDONIE AGRICOLE
13
végétale
Filière
Gestion du risque phytosanitaire :
réception de nouveau matériel
végétal
Réception des lots au mieux dans une
zone de quarantaine isolée. Eviter de
rentrer ce matériel végétal dans votre
zone de production de plants pour
éviter une contamination.
Traçabilité : connaissance de la
provenance du matériel végétal et la
situation sanitaire de la zone de provenance.
Si des procédures de contrôle, de
désinfection des plants et locaux sont
en place dans l’entreprise, suivez-les.
Il est important de désinfecter régulièrement les surfaces de production
entre chaque culture notamment les
serres de multiplication avec leurs
tablars et réaliser un vide sanitaire.
Un bain désinfectant au sol serait un
plus avant l’entré dans la serre.
Selon la provenance, le moment de
l’année et la famille végétale, le pépiniériste estime le risque :
Si le risque est faible : inspection du
matériel végétal avant entrée dans la
serre (100% jusqu’à 20 sujets, 20%
au-delà 20 sujets).
Si le risque est élevé :
a)la personne apportant les plants
ne doit pas circuler dans l’entreprise ainsi que son véhicule et
doit rester dans la zone prévue au
déchargement,
b)
traitement fongicide préventif
avec un produit systémique,
14
LA CALÉDONIE AGRICOLE
c)mettre les emballages des plants
dans des sacs plastiques ou dans
un contenant fermé,
d)
les évacuer au dépotoir le plus
rapidement possible.
Interdiction de laisser les emballages
traîner dans l’entreprise ou de les jeter à la décharge de l’entreprise.
Concernant les lots de graines :
traitement fongique par poudrage
(produit à base de mancozèbe).
Surveillance et gestion
dans la serre
Mesures agronomiques pour réduire les conditions favorables au
développement de la rouille :
• Augmentez l’espacement entre
plants : cela améliore l’aération,
réduit l’humidité et les contacts physiques entre feuillage, améliore la
couverture du feuillage par les bouillies de traitements phytosanitaires,
• Arrosez le matin plutôt que le soir
pour favoriser le ressuyage rapide
de l’eau sur le feuillage,
• Espacez la fréquence des arrosages,
• Evitez de trop pousser les plants
par une gestion raisonnée de la fertilisation,
• Préférez une technique d’arrosage
au goutteur (l’aspersion ou la brumisation favorisera la dispersion et
la germination des spores).
Une surveillance régulière de vos
plants de myrtacées est nécessaire
surtout lors de l’émission des nouvelles pousses. Préférez les actions
de taille après un traitement fongique
en respectant les délais de ré-entrée
(DRE ou DAE).
Ramassez les feuilles et branches
mortes, matériel végétal issus de
l’élagage ou de l’entretien des plants
dans des contenants couverts et les
acheminer dans un endroit dédié au
compostage ou à l’enfouissement
(pensez à désinfecter les contenants
avant et après utilisation).
Le lieu dédié au compostage devra
être disposé dans un endroit sous le
vent de la pépinière.
Les techniciens effectuant un suivi
technique à l’intérieur des serres
veilleront à commencer leurs inspections par les serres les plus saines et
les endroits les moins touchés par la
rouille.
Programme
de traitement phytosanitaire
Selon sa situation et sa stratégie de
gestion du risque, le pépiniériste aura
à décider s’il met en œuvre des traitements fongiques de façon préventive
(sans que les symptômes n’aient été
observés) ou des traitements curatifs
(déclenchés suite à l’observation de
symptômes sur feuilles).
En cas d’utilisation de produits fongiques (particulièrement pour les
produits à action systémique) il sera
primordial d’alterner les matières actives en utilisant des produits de classement FRAC (Fungicide Resistance
Action Committee) différents afin
N°137
Août 2013
Filière
végétale
d’éviter le développement de souches
résistantes.
La liste des produits phytosanitaires
à usage agricole utilisables vis-à-vis
de la rouille des myrtacées peut être
consultée sur le site de la Chambre
d’agriculture à l’adresse suivante :
http://www.canc.nc/productions-vegetales/gds-v.html
Données complémentaires :
Lors des traitements phytosanitaires
si les myrtacées ne sont pas isolées, il
est recommandé de traiter l’ensemble
des plants de la pépinière.
Les produits systémiques peuvent
être appliqués au pulvérisateur. Les
produits de contact doivent être appliqués à l’atomiseur pour assurer
une couverture du dessous du feuillage.
En cas d’utilisation d’un mouillant
dans les traitements au cuivre pour
améliorer l’adhérence du produit,
faire un test préalable sur quelques
sujets pour s’assurer que la bouillie
n’est pas phytotoxique pour la plante.
Destruction de plants malades
Si l’entreprise n’a jamais été touchée
par la rouille, à l’apparition des 1°
cas, le pépiniériste peut décider d’éliminer ses plants atteints pour diminuer le risque de pression parasitaire.
Cette mesure peut aussi faire partie
de sa stratégie de protection. Il devra
alors :
Pulvériser l’ensemble des plants de
N°137 Août 2013
Matériel végétal réceptionné et propagation
Conditions très
favorables au
développement du
champignon
Plants en élevage
Fongicide Systémique
(traitement à la réception)
1er traitement
15 jours
15 jours après
après
Contact ou
Systémique
Systémique
translaminaire
1er traitement
1 mois après
1 mois après
Conditions moyen(Traitements de protection des
pousses végétatives)
nement favorables
ou défavorables
au développement
du champignon
(périodes sèches
Systémique
Contact ou
translaminaire
Contact
et/ou fraiches)
Traitements alternatifs : alterner les traitements au cuivre, à l’huile et à l’huile de neem
Traitement des graines : poudrer les graines avec un produit commercial à base de Mancozèbe
myrtacées (ou tous les plants si les
myrtacées ne sont pas isolées) en utilisant un produit systémique
-ne pas manipuler les plants pendant au moins 24h,
-disposer les plants infestés (plantes
+ substrat) dans des sacs plastiques doublés et fermés et garder
les sacs fermés au soleil pendant
15 jours puis mettre les déchets
végétaux à la déchetterie,
-désinfecter les pots par immersion
dans l’eau de javel ou autre désinfectant.
Myrtacées répertoriées
pour l’instant
en Nouvelle-Calédonie
comme hôte
Archirodomyrtus spp.
Arillastrum spp.
Carpolepis spp.
Cloezia spp.
Metrosideros spp.
Sizygium spp.
Syzygium jambos
ATTENTION, un désinfectant est
un produit dangereux sous certaines
conditions d’utilisation ou de stockage ! Lire attentivement la fiche
technique ou la fiche de sécurité ou
se rapprocher de son technicien de
zone.
Syzygium ngoyense.
Syzygium wagapense
Syzygium pancheri
Syzygium macranthum
Uromyrthus spp.
LA CALÉDONIE AGRICOLE
15
végétale
Filière
Pluies exceptionnelles,
les agriculteurs durement touchés
Les pluies torrentielles des 2 et 3 juillet ont été un désastre pour les agriculteurs.
L’intensité des pluies a atteint un triste record avec 700 mm enregistrées en
24 heures à la station de la rivière Blanche (extrême sud). Préparation de
sol, début des récoltes, ce phénomène pluvieux ne pouvait pas plus mal tomber…
Véritable coup dur pour les agriculteurs, quelques mois seulement après Freda.
U
n phénomène pluvieux était
bien annoncé par Météo
France mais pas de cette ampleur. Pour Claudine Verger,
agricultrice au Mont Dore et vice-présidente de la Chambre d’agriculture
« vu la période, personne ne s’attendait à
un tel désastre. Après la dépression tropicale
forte Freda, ces intempéries surviennent au
pire moment pour les agriculteurs, notamment en grandes cultures et en plein champ.
La période est habituellement consacrée à la
préparation des sols ou à la récolte. C’est là
que l’on commence à reconstituer notre trésorerie. Avec ces pluies, c’est notre trésorerie
qui s’envole… Pour rester positif, on peut
dire que l’on a eu de la chance qu’il n’y ait
pas en plus du vent ». C’est un véritable
coup dur pour les agriculteurs, pour le
moral. « Malgré l’aide précieuse des dispositifs d’indemnisation des calamités agricoles, des collectivités et la solidarité de la
population, beaucoup d’entre nous auront
bien du mal à s’en remettre » poursuit
l’agricultrice.
Des filières fortement impactées
Pour Patrice Robelin, agriculteur à
Bourail, « les 10 ha plantés en maïs sont
intégralement perdus. Côté squash, ce n’est
guère mieux. Sur les 15 ha plantés, 10 ha
sont perdus et pour ce qui est du reste, on
risque d’avoir des surprises sur les rendements. Ces deux cultures étaient plantées
16
LA CALÉDONIE AGRICOLE
depuis un mois. On arrive au mois d’août
et je n’ai quasiment plus rien en terre. On
va faire le maximum pour replanter mais
les terres sont encore très mouillées, certaines
sont toujours impraticables ».
particuliers les agrumes à cette saison)
risquent de souffrir d’asphyxie sur les
sols qui tardent à ressuyer. De nombreux fruits risquent donc de tomber
avant d’avoir atteint le stade de récole.
Pour Sandro Cargnelli, Directeur
de France Calédonie Tropic Export
(FCTE), « Pour notre saison export de
squash, c’est un véritable désastre. Notre
fenêtre de commercialisation est très serrée
à l’exportation. Nous bénéficions d’un créneau étroit pour écouler notre production à
notre acheteur au Japon. Après, on entre directement en concurrence avec les gros pays
exportateurs ; 130 ha de squash sont bel et
bien perdus. Nous avons repoussé la date limite de plantation pour essayer de replanter
au maximum. Dans l’état actuel des choses,
au mieux, nous arriverons à atteindre les
250 tonnes sur les 300 prévues. Non seulement c’est une perte sèche de 50 tonnes mais
en plus, l’exportation devra se faire sur un
seul bateau au lieu de trois habituellement.
On a une grosse crainte, et incertitude sur le
prix auquel nous allons pouvoir vendre cette
production ».
Si les dégâts sont évidents sur les
cultures en pleine terre (maraîchage,
squashs, tubercules…), il faut s’attendre également à des pertes sur les
vergers plus ou moins importantes
selon les conditions climatiques à
venir. En effet, les arbres fruitiers (en
Des mesures exceptionnelles
« La Commission flux et cotation a été
avancée pour tenter de limiter les problèmes
d’approvisionnement en fruits et légumes
mais il faut rester solidaire » précise Claudine Verger. « Le reflexe ne doit pas être
d’ouvrir tout de suite les frontières pour
laisser entrer l’import de façon massive.
Le Nord, moins touché, pourra en partie
approvisionner la population en fruits et
légumes. Il convient donc de sensibiliser les
calédoniens à continuer d’acheter les produits locaux pour soutenir les agriculteurs ».
Une cellule de crise a été mise en place.
Les agriculteurs et éleveurs assurés
à la Caisse Agricole Mutuelle Agricole (CAMA) ont eu un délai pour
déposer leur déclaration de sinistres
et devraient pouvoir être indemnisés
rapidement. Les élus de la Chambre
d’agriculture veilleront, dans les différentes commissions où ils siègent, à ce
que la solidarité des collectivités soit
bien actionnée pour que cet épisode
pluvieux ne soit pas responsable de la
disparition d’agriculteurs, en particulier en phase d’installation qui sont les
plus fragiles.
N°137
Août 2013
végétale
Filière
Le premier
guide Phytosanitaire
calédonien
Le premier guide phytosanitaire de NouvelleCalédonie vient de paraître. Ce guide est un outil
indispensable pour l’ensemble des professionnels
du monde agricole afin d’utiliser au mieux les produits
phytosanitaires. Il aidera à répondre aux attentes des consommateurs, tout en
respectant l’environnement et en conservant un niveau de production.
L
e guide phytosanitaire de
Nouvelle-Calédonie
est
l’aboutissement d’une collaboration entre le GDS-V
(Groupement de Défense Sanitaire
du Végétal de la Chambre d’agriculture) et le SIVAP (Service d’Inspection
Vétérinaire, Alimentaire et Phytosanitaire de la DAVAR). Le travail a été
réalisé par l’équipe du GDS-V durant
un an et demi. La première étape a été
la consultation de l’ensemble des partenaires et agriculteurs sur les données
nécessaires à éditer dans le guide. La
seconde étape a été la transmission de
la base de données des produits phytosanitaire du SIVAP. Cette base de données a servi à la construction du guide
phytosanitaire. Puis, un comité technique réunissant les trois provinces,
le SIVAP et la Chambre d’agriculture
a validé les informations en tenant
compte des données disponibles dans
la base de données mais surtout des
besoins du monde agricole. Ce nouveau guide phytosanitaire a également
été conçu à partir des dernières fiches
techniques et fiches de données de sécurité disponibles. Cela peut entrainer
quelques différences lorsque les pro-
18
LA CALÉDONIE AGRICOLE
duits ont été homologués il y a 5 ans,
voir plus pour ceux ré-homologués.
Un second comité technique plus élargi (Direction du travail et de l’emploi,
SMIT, CFPPA…) a acté sur la forme
du guide afin qu’il soit accessible à
tous. Ce guide n’aurait pas vu le jour
sans le soutien financier de l’APICAN.
L’objectif du guide ?
Mieux connaitre les produits phytosanitaires pour une meilleure utilisation
et répondre ainsi aux enjeux de société.
L’utilisateur de produits phytosanitaires trouvera des informations sur
l’utilisation de ces produits mais aussi
sur les bonnes pratiques agricoles.
Pour qui le guide a-t-il été conçu ?
Pour l’ensemble des utilisateurs de
produits phytosanitaires à usage agricole. C’est aussi, pour les techniciens,
un outil de discussion pour le conseil
et l’accompagnement des agriculteurs
dans l’évolution des pratiques et dans
le choix des produits.
Comment l’obtenir ?
Il sera distribué gratuitement dans les
antennes de la Chambre d’agriculture,
Arbofruits, Biocalédonia, la Maison
de la vanille… Un seul exemplaire
par personne ou par exploitation vous
sera distribué. Une fiche d’information
devra être remplie pour recevoir votre
guide.
Le guide en quelques chiffres
• 5000 exemplaires,
• 955 pages,
• 352 produits phytosanitaires,
• 25 produits autorisés en agriculture
Biologique,
• 20 personnes ont participé à la création ou à la relecture du guide.
Attention, les homologations de produits phytosanitaires évoluent sans
cesse. Ce guide n’est qu’un document
technique, la seule liste officielle sur les
produits homologués en Nouvelle-Calédonie est la liste de la DAVAR. Elle
est consultable sur www.davar.gouv.nc
Comment
le guide est-il construit ?
Le guide phytosanitaire de NouvelleCalédonie est structuré de façon à avoir
à portée de main l’ensemble des informations pour utiliser le bon produit, à
N°137
Août 2013
Filière
e répertoire des
L
produits est composé
de «fiche produit».
La première partie
de la fiche apporte
des informations
générales sur le
produit et permet de
connaître le produit.
végétale
Comment lire le
répertoire des
produits ?
La seconde partie
liste les cultures et
les ravageurs sur
lesquels le produit
est homologué en
Nouvelle Calédonie.
la bonne dose, sur la bonne culture et
au bon moment. Il permet d’avoir une
information homogène sur les produits
phytosanitaires. Le guide se structure
en trois grandes parties.
lonner les appareils de traitement,
calculer des doses de produits, les
conditions de stockage des produits,
les équipements de protection individuelle (EPI)…
1- Les conseils et informations La partie conseils et informations est
divisée en quatre chapitres. Elle se
trouve au début du guide. Pour une
bonne compréhension du guide, il est
important de commencer par lire ces
chapitres :
• Le dernier chapitre comprend les
annexes dans lesquelles on retrouve
notamment les contacts des partenaires du monde agricole et quelques
définitions utiles.
• Le premier chapitre est un rappel de
la réglementation sur l’utilisation des
produits phytosanitaires mais aussi
sur les autres réglementations comme
la réglementation du travail.
• Le second chapitre s’intitule « Qu’estce qu’un produit phytosanitaire ? ».
Il donne les explications sur les informations que l’on retrouve sur l’étiquette du produit mais aussi sur « les
fiches produit » du guide.
• Le troisième chapitre décrit les
bonnes pratiques agricoles. Il donne
des informations pratiques pour étaN°137 Août 2013
2- Le répertoire des produits Le répertoire des produits est le cœur
du guide phytosanitaire. C’est dans
cette partie que vous allez trouver les
informations relatives aux produits. Il
est divisé en quatre parties, fongicides,
insecticides, herbicides et les produits
divers. Afin de faciliter la recherche,
chaque partie a une couleur. Puis dans
chaque partie, les produits sont triés
par ordre alphabétique selon leur nom
commercial :
- Les fongicides en violet,
- Les insecticides en orange,
- Les herbicides en vert,
- Les produits divers.
3- Les index Il y a deux types d’index, l’index des
substances actives et des spécialités
commerciales et l’index des spécialités
commerciales par culture et par usage.
L’objectif est de localiser le produit
dont vous avez besoin.
• L’index des substances actives et des
spécialités commerciales, est trié selon
les quatre familles de produit fongicides, insecticides, herbicides, produits
divers. Ensuite, les substances actives
sont classées par ordre alphabétique.
Pour chaque substance active vous
avez les noms commerciaux des produits la contenant.
• L’index des spécialités commerciales
par culture et par usage vous permet
de trouver en fonction d’une culture et
d’un organisme nuisible quel produit
utiliser. Pour faciliter les recherches,
les cultures sont regroupées en grande
famille.
Par exemple :
• Légumes,
Légumes racines et tubercules,
Tubercules tropicaux,
Ignames.
LA CALÉDONIE AGRICOLE
19
végétale
Filière
Comment
utiliser
le guide ?
Le guide peut être utilisé dans différentes situations. Soit à partir des « fiches
produit » pour connaitre les usages d’un produit, soit à partir des index pour rechercher
une matière active ou un produit utilisable sur une culture.
1er exemple
J’ai une parcelle de bananier, j’utilise
l’effeuillage pour lutter contre la cercosporiose mais cela ne suffit pas. Je
cherche un produit contre le cercosporiose.
Méthode de recherche 1• D
ans l’index des spécialités commerciales par culture et par usage (page
851), je recherche ma culture (bananier). Les produits utilisables sur bananier sont page 871,
2• A
partir de la page 871 du guide, je
vais trouver l’ensemble des produits
autorisés sur bananier,
3• La cercosporiose est une maladie fongique, alors je cherche dans les produits fongicides (violet),
4• Je trouve alors une liste de produits
homologués pour contrôler cette maladie, page 871 et 872,
5• Je regarde si j’ai un de ces produits
dans mon local phytosanitaire. Je me
réfère ensuite à la « fiche produit »
dans le répertoire des produits pour
connaitre les conditions d’utilisation
6• Si je n’ai pas un de ces produits dans
mon local phytosanitaire, je regarde
l’ensemble des produits de la liste, et je
vais acheter le produit qui correspond
le plus à mon activité ,
a• Je peux l’utiliser en agriculture biologique, en PBI, etc…,
b• Je choisis un produit homologué sur le
maximum de mes cultures, afin de ne
pas avoir une grande quantité de produits (réduction des déchets, réduction des dépenses),
c• Je vérifie si il est disponible sur le territoire dans un conditionnement qui
correspond à la taille de ma structure.
2
1
3
4
22
LA CALÉDONIE AGRICOLE
4
N°137
Août 2013
Filière
végétale
2ème exemple
J’ai un produit phytosanitaire, Oberon
2 SC, dans mon local phytosanitaire,
et je souhaite savoir si je peux l’utiliser
sur ma culture de courgettes et tomates
à la fois contre les aleurodes et les acariens.
Méthode :
1• L’Oberon 2 SC est un insecticide.
Je recherche donc dans les pages
oranges du guide phytosanitaire.
Les produits sont triés par ordre
alphabétique,
2• S
i je ne trouve pas le produit dans
le guide phytosanitaire, je me réfère
à la liste de la DAVAR (source officielle).
a• Si le produit n’est pas sur la liste de
la DAVAR, c’est un PPNU (produit
phytosanitaire non utilisé),
3• U
ne fois que j’ai trouvé le produit,
a• je vérifie la date de fin d’homologation,
b• Je regarde si les cultures que je souhaite traiter font partie de la liste.
Oui les courgettes sont des cucurbitacées et les tomates des légumes à
fruits.
c• Je vérifie que les ravageurs qui me
posent problème font partie de la
liste (colonne « usage »). Il y a bien
aleurode sur cucurbitacées et sur
légume à fruits par contre je ne peux
pas l’utiliser sur les acariens car le
produit est seulement pour acariens
sur poivron,
d• Je regarde le délai avant récole
(DAR). Sur Oberon 2 SC, il est de
1 jour. Je dois attendre au minimum
1 jour avant de récolter,
e• J e regarde les remarques...
e
b
c
d
e
e
a
3ème exemple
Dans mon local phytosanitaire, je n’ai
plus de Iotril (herbicide) et je veux savoir si je peux utiliser un autre produit
avec la même matière active pour ma
production d’oignon.
Méthode :
1• Je recherche la matière active du
produit Iotril sur l’étiquette ou la
fiche technique. Lotril est un herbicide, sa substance active est l’ioxynil,
2• P
uis, je recherche dans l’index des
substances actives et des spécialités
commerciales. Je trouve l’ensemble
des produits avec la même substance active,
3• Je recherche si j’ai un de ces produits dans mon local phytosanitaire.
Par chance, j’en ai deux, le Totril et
le Preskil,
4• Je recherche dans le guide phytosanitaire si je peux les utiliser sur
oignon.
5• Je peux utiliser le Preskil mais pas
le Totril, car celui-ci n’a pas d’usage
sur oignon,
6• Je vérifie les conditions d’utilisation
et les doses.
2
N°137 Août 2013
LA CALÉDONIE AGRICOLE
23
élevage
Filière
Volaille
de Nouvelle-Calédonie,
le choix de la qualité
Rien ne sert d’essayer de concurrencer le poulet brésilien ou asiatique en
matière de prix. Les éleveurs calédoniens ont fait le choix de la qualité. Depuis plusieurs
années, des acteurs de la filière se sont engagés dans cette voie.
F
in 2008, la filière avicole
représentait 12,7 % de la
production agricole finale,
avec un chiffre d’affaire de
1,4 milliard de F.CFP.
Fin 2011, elle était la
seconde production animale et représentait
16,1 % de la production agricole
finale dont 552
millions de FCFP
liés à la viande de
poulet issue de la réforme des pondeuses
et de la production de
poulet de chair.
Pour autant, le
territoire continue d’augmenter ses
importations. En 2011, elles représentaient 1,89 milliards de FCFP et
près de 9240 tonnes, en augmentation de 26 % en valeur contre 10,4 %
en volume. En 2012 les importations ont représenté 1,93 milliards
de francs et près de 9 000 tonnes.
En 2012 toujours, la filière avicole a
commercialisé 793 tonnes de poules,
poulets, coquelets et chapons pour
un chiffre d’affaires de 593 millions
de francs. Des certifications qualités, type poulet fermier, ou poulet
bio permettront aux consommateurs d’identifier sans ambigüité la
production locale de qualité pour
laquelle la demande est forte.
Initiatives locales
Deux structures, le GIE MERU
et le Lycée Do Néva, mettent en
place des méthodes qui leur permettent, ou vont leur permettre, de
répondre aux attentes des consommateurs tout en prenant en compte
les contraintes administratives et
économiques du territoire. Le GIE
Meru attend l’obtention de sa certification « qualité supérieure » d’ici
la fin de l’année. Le lycée de Do
Neva souhaite quant à lui, étudier
la mise en place d’une production
certifiée biologique sur la base
d’une alimentation produite sur
l’exploitation.
réflexion plus large sur le développement agricole en tribu et la valorisation de plantes endémiques.
durant les 10 mois de l’année scolaire.
Les poussins sont achetés au couvoir
de Koé et élevés en bande dans deux
bâtiments de conception rustique avec
des parcours extérieurs grillagés. Le
parcours offre un espace en extérieur
de 2 m2 par poulet, la journée, et ce
La SCA Do Neva
Le lycée agricole de Do Neva a mis
en place une production de volailles
au travers une exploitation constituée
en SCA. Elle sert de support de formation pour les élèves, en particulier
pour les CAPA, et les classes de 3ième
et 4ième. Elle est aussi le support d’une
24
LA CALÉDONIE AGRICOLE
L’atelier avicole
L’atelier avicole de Do Neva produit
25 poulets de race cou nu par semaine
N°137
Août 2013
Filière
élevage
à partir de la 4ème semaine d’élevage.
Les parcours sont déjà en partie plantés en Ambrevade (Cajanus) pour les
protéines et en piment pour la purge
des animaux.
Un employé permanent réalise le suivi
d’élevage à raison de 2h par jour en
moyenne. L’ensemble des tâches de
conduite d’élevage (alimentation, entretien locaux, vide sanitaire, et abattage) sont réalisées avec les élèves.
Aujourd’hui l’exploitation est dépendante des provendiers pour l’alimentation de ses poulets. L’alimentation
représente 53% du coût de revient
d’un poulet. Le lycée souhaite porter
un projet technique priorisant l’autonomie alimentaire, et la valorisation
de la biodiversité végétale locale.
Vente directe
Le lycée possède un abattoir avec
une autorisation d’hygiène simplifiée
(AHS). La salle d’abattage dispose
d’un système d’électro narcose, d’un
bac de trempage et d’une plumeuse.
La seconde pièce permet la prépara-
tion et le conditionnement des poulets
entier en barquette, avant leur congélation. Enfin, une pièce fait office de
sas sanitaire pour les ouvriers (habillement, hygiène).
L’abattage a lieu tous les lundi matin
sur des poulets choisi entre leur 10ème
et 14ème semaine d’élevage.
Avec une marge d’environ 10 % sur la
vente d’un poulet moyen de 1,52 kg à
750 FCFP/Kg, l’exploitation couvre
tout juste ses frais en proposant à la
vente un produit compatible avec les
ressources financières des habitants de
la région.
Les dimensions techniques et sociales du projet
Pour Thomas Carlen et son équipe,
la production de volailles de chair sur
parcours correspond aux attentes des
jeunes élèves. Des productions polyculture élevage, sur de petits ateliers,
sont en adéquation avec les aspirations agricoles des populations mélanésiennes. Certains élèves pourraient
ainsi porter des projets d’installation à
l’issue de leur formation au lycée.
L’équipe pédagogique cherche à établir un itinéraire technique de polyculture élevage. L’idée est de réfléchir à
l’élaboration d’un cahier des charges
qui permettrait la mise en place d’une
production certifiée BioPasifika, basée sur un schéma de production garantissant l’autonomie alimentaire sur
l’exploitation. Cette démarche s’inscrit dans la durée et doit s’appuyer sur
un partenariat technique avec 2 ou 3
exploitations et étudier, avec un appui
scientifique, la valorisation de la diversité floristique calédonienne, comme
source d’aliment sur les parcours. Par
exemple, le Cajanus cajan ou pois
d’angole, aussi appelé Ambrevade en
Nouvelle-Calédonie, ou Pigeon pea
dans le pacifique, peut être incorporé
après simple broyage jusqu’à 25%
dans la ration (1).
(1)
: Utilisation de la graine de Cajanus cajan dans les éle-
vages traditionnels de monogastriques en Nouvelle-CalédonieGrimaud P.. 1988. Maisons-Alfort : ENVA, 154 p..
Thèse Dr Vétérinaire.
L’exemple du GIE MERU
Le GIE Meru et ses 27 producteurs
ont relancé la production avicole sur la
Côte Est. Créé en 2004 par cinq producteurs, avec le soutien de la province
Nord et de l’ERPA et la Chambre
d’agriculture pour l’appui à la comptabilité, ce groupement d’éleveurs défend un modèle de filière qui souhaite
faire valoir la qualité des poulets fermiers élevés sur parcours.
Du fait de l’impossibilité d’acheter des
N°137 Août 2013
aliments biologiques et les contraintes
que cela implique pour obtenir une
certification Bio Pasifika (aliment produits sur place, stockage…), le GIE
souhaite s’orienter vers la mise en
place d’un label poulet fermier. La production sur parcours, c’est-à-dire avec
un espace minimum par volaille à l’extérieur, est le cœur de l’itinéraire technique proposé aux éleveurs du GIE et
devrait servir de base au label. Selon le
GIE Meru, le cahier des charges d’une
norme de qualité supérieure pourrait
retenir les règles suivantes :
-
souche génétique à croissance
lente,
-80 % de céréales dans la ration sans
farine animale avec finition au maïs
les 3 dernières semaines (en veillant
à ne pas produire un poulet trop
gras ni dépasser un taux de jaunissant naturel),
LA CALÉDONIE AGRICOLE
25
élevage
Filière
- 84 jours d’élevage minimum,
-les arches doivent être mobiles, et
déplaçables sur un parcours de 1 ha,
avec lâcher en plein air à partir de la
3ème semaine,
-les vaccinations contre la coccidiose,
la bronchite infectieuse et la maladie
de Gamborro sont autorisées mais
le traitement antibiotique ne peut
être pratiqué qu’en curatif uniquement,
-être à moins de 2 heures de route de
son lieu d’abattage.
L’augmentation du prix des aliments
Très sensible à la problématique de la
vie chère, la GIE Meru souhaite maintenir un produit de qualité à 1 000 F/
Kg, accessibles à tous les consommateurs du territoire. La plus grosse
contrainte, pour conserver ce prix
de vente, est l’augmentation du prix
des matières premières. Un contrôle
du prix de l’aliment par les pouvoirs
publics serait idéal. Il y a eu, durant
les sept derniers mois, trois augmentations du prix de l’aliment consécutives
à la hausse mondiale du cours du maïs.
Localement, la hausse de prix intégrée
dans le plan de la filière maïs est aussi
répercutée dans les élevages. De 59 F/
kg en 2004, le prix au kilo d’aliment
atteint aujourd’hui 75 F/kg.
La production des 30 tonnes mensuelles d’aliments par le GIE n’est pas
aujourd’hui envisagée au regard des
contraintes techniques et organisationnelles. Mais il travaille en étroite collaboration avec son fournisseur sur la
26
LA CALÉDONIE AGRICOLE
Le casse-tête de l’alimentation animale certifiée
d’origine biologique
Les éleveurs de volailles adhérents à l’association Bio Calédonia ont une réelle
volonté de certifier leurs productions avec la norme BioPasifika. Le cahier des
charges implique de nourrir les volailles uniquement avec des aliments certifiés
d’origine biologique. Malheureusement, il est impossible pour ces éleveurs de
se procurer ou d’importer des aliments complets pour volailles certifiés d’origine
biologique car la protection de marché interdit l’importation de ces aliments. Les
provendiers locaux assurent en quantité et en qualité la fabrication des aliments
conventionnels pour animaux. Ils reconnaissent leur impossibilité à créer une
filière d’aliments certifiés biologiques pour des raisons économiques (silos de
stockage séparés, nettoyage de toute la chaine de production pour de faibles
volumes de production). Le problème majeur est d’ordre règlementaire. La Nouvelle-Calédonie, ne dispose pas de textes règlementaires sur la qualité biologique.
Elle ne reconnait pas les organismes internationaux d’accréditation et de certification des productions biologiques. Il est donc impossible de dire que tel ou tel
fournisseur propose un aliment certifié biologique. Règlementairement parlant,
il n’y a donc aucune distinction de faite à l’import entre aliments biologiques ou
conventionnels. Tous sont donc mis à la même enseigne et soumis aux règles de
protection de marché. Une nouvelle réglementation doit donc être mise en place.
Elle permettrait notamment de désigner l’organisme qui sera habilité à délivrer les
Autorisation Administratives d’Importation.
composition de la ration, légèrement
trop grasse actuellement, afin d’optimiser la rentabilité de l’aliment (gain de
poids sur kg ingérés).
Principe de fonctionnement du
groupement
Avec l’aide financière et technique
(dont un vétérinaire) de la province
Nord, le GIE a pu installer les premiers
éleveurs : fournir les œufs, les équipe-
ments (arches, abreuvoirs, mangeoires),
construire un couvoir avec son propre
élevage de reproducteurs, construire un
abattoir d’une capacité de 1000 poulets/jour et enfin mettre en place une
équipe technique et commerciale.
Actuellement, un « fond installation »,
géré par une commission du GIE,
permet la sélection et l’accompagnement de nouveaux candidats. Après
N°137
Août 2013
Filière
élevage
une période de formation si nécessaire,
le nouvel éleveur peut bénéficier de 3
arches, d‘abreuvoirs, de mangeoires,
de poussins, et l’aliment pour 1 lot.
L’investissement de 1,3 à 1,5 MFCFP
est pris en charge dans le cadre d’une
subvention provinciale, et l’éleveur rembourse 30 mensualités de 10 000 FCFP
pour couvrir la part non subventionnée.
La commission installation du GIE accompagne les projets d’installation mais
peut aussi retirer les outils de production quand la conduite d’élevage ou la
rentabilité économique n’est pas au rendez-vous. Le taux d’échec est de 30 %.
Le GIE administre et coordonne les
calendriers de production de ses adhérents. Le suivi technique régulier permet d’optimiser la commercialisation.
Le GIE regroupe aujourd’hui 27 éleveurs et emploie 11 salariés.
L’accompagnement des éleveurs va
jusqu’à l’inscription au registre de l’agriculture et au RUAM. Malgré les lourdeurs administratives, cette démarche
est nécessaire, en particulier pour disposer d’une comptabilité du Centre de
Gestion Nord. Le statut du GIE n’est
plus adapté au regard des dispositifs
d’intervention public. Une structuration
en coopérative serait certainement plus
adéquate.
Les règles de base de la conduite
d’élevage
En moyenne, un éleveur reçoit 150
poussins par mois pour permettre la
N°137 Août 2013
production de 11j2 bandes par an. La
conduite d’un lot se fait sur 12 semaines
de croissances et 15 jours de vide sanitaire.
Chaque éleveur dispose d’un planning
individuel : livraison des poussins,
pesées à 1, 3 et 9 semaines. L’accompagnement technique autour des pesées,
permet de suivre la croissance des poulets au regard de références standards
(courbe de croissance SCAC, et de la
meilleure productrice Adelaide), et de
faire l’état des effectifs et des pertes en
cours d’élevage.
La présence quotidienne de l’éleveur
est indispensable à raison d’1h30 en
moyenne pour obtenir de bons résultats. La distribution d’aliment se fait 2
fois par jour, tôt le matin et dans l’aprèsmidi, pour maintenir une alimentation
à volonté. Si l’élevage est bien conduit,
le revenu des éleveurs est d’environ de
45 000 à 50 000 FCFP/mois.
L’abattage et la commercialisation
Le GIE réalise deux abattages par
semaine et l’atelier de découpe transforme environ 50% de la production. Le
conditionnement a lieu le jour même,
et la livraison le lendemain. L’abattoir
réalise aussi des prestations d’abattage
pour des éleveurs indépendants. Une
démarche qualité HACCP a été mise en
place, permettant d’identifier, évaluer et
maitriser les dangers significatifs vis à
vis de la sécurité des aliments.
la production. La coordination entre les
différents producteurs, l’abattoir et un
réseau de distribution est un des atouts
du GIE qui garantit un approvisionnement régulier et permet de s’adapter
aux besoins des acheteurs.
Le commercial du GIE, boucher de
formation, dispose d’un réseau sur tout
le territoire. Malgré un marché fluctuant, l’ensemble de la production du
GIE est vendue à l’échelle territoriale.
Les augmentations de production des
grosses structures ont une incidence sur
la commercialisation mais la qualité des
produits du GIE est reconnue et recherchée. Le volume commercialisé est
d’environ 1,6 tonnes de viande
par semaine, soit l’équivalent
de 75 tonnes par an.
Objectif 2013 : certification
« poulet fermier »
La certification poulet
Fermier est l’objectif
prioritaire et devra être
effective pour la fin de
l’année 2013. Les éleveurs et techniciens,
lorsqu’ils ont rédigé le cahier des charges du GIE,
se sont largement inspirés
de celui « du poulet de Loué »
bien connu en métropole,
et localement celui de la
province Sud et des travaux de l’ERPA.
Le GIE assure la commercialisation de
LA CALÉDONIE AGRICOLE
27
le dossier
Echanges et partages
sur des thématiques communes
Une mission conjointe de la Chambre d’agriculture et de la commission
de l’agriculture et de la pêche du congrès a été organisée à l’occasion
du salon international de l’agriculture de Paris. L’objectif était de faire découvrir
aux élus des projets structurants en lien avec les problématiques de l’agriculture calédonienne.
Retour sur les temps forts…
L
a mission était composée
de représentants de la commission du Congrès, MM.
Yeiwene, Vittori, Goromido, Régent et de la Chambre d’agriculture, MM. Warekaicane, Couete
et Gandet.
Le but était d’étudier l’organisation
des marchés de fruits et légumes ainsi que de s’intéresser aux méthodes
du transfert des innovations aux
agriculteurs et le suivi technique.
Autre sujet de préoccupation : la
mise en place de synergies entre les
différents services agricoles.
L’Institut du Végétal
Situé dans le centre régional d’expérimentation agricole de Saint-Exupéry (CREAS), l’Institut du Végétal
est un lieu d’expérimentation pour
les plantations de maïs, de blé et
de sorgho. Son conseil d’adminis28
LA CALÉDONIE AGRICOLE
tration est composé d’agriculteurs
des départements voisins, ainsi
que deux coopératives de la région
Rhône-Alpes.
Centre d’accueil d’expérimentation
et de recherche appliquée, cette
structure régionale, de type association loi 1901, a pour objectif la
promotion et le développement de
l’expérimentation et de la recherche
appliquée en créant des partenariats
pour l’élaboration et la diffusion des
résultats. C’est aussi un appui et un
lieu de référence pour l’information
et la formation au travers des colloques au champ et des visites des
parcelles.
Les agriculteurs, membres de l’association du CREAS, ont mis en
place des partenariats notamment
avec l’institut du végétal Arvalis
en charge des grandes cultures céréales, maïs, pois protéagineux. Des
références technico-économiques et
agronomiques sont produites, directement applicables dans les systèmes
de production et piloté par des agriculteurs.
Stations de recherche, sites expérimentaux, fermes d’application,
laboratoires, Arvalis compte 35 sites
implantés sur l’ensemble du territoire national. Il s’agit de diffuser
aux producteurs des techniques et
des informations, leurs permettant
de s’adapter à l’évolution des marchés, pour les rendre plus compétitifs tout en respectant l’environnement.
Axes de travail du CREAS :
•Les techniques de travail du sol,
avec l’étude des effets de techniques sans labour avec travail
superficiel, jusqu’au semis direct.
Ce travail est conduit en agriculN°137
Août 2013
le dossier
ture conventionnelle et biologique.
•Expérimentations sur la tolérance
à la sécheresse des cultures d’hiver
et d’été (blé, maïs, sorgho). Il s’agit
d’améliorer le choix des espèces et
des variétés pour une meilleure efficience de l’eau et rechercher des
stratégies plus économes.
•L’étude de modes alternatifs de
production, afin de mettre au
point des itinéraires techniques intégrant davantage d’interventions
mécaniques pour le désherbage ou
des systèmes de production économes en intrants et respectueux
de l’environnement.
•Mesurer les risques de transfert de
nitrates et de produits phytosanitaires dans la nappe phréatique.
L’objectif de la rencontre avec la délégation consistait surtout à échanger sur le dispositif d’évaluation des
risques de transferts de nitrates et
N°137 Août 2013
de résidus phytosanitaires dans les
plantations.
Présentation de l’essai sur la case
lysimétrique effectué depuis 2006 :
La station a expérimenté différentes
cultures de maïs et a installé dans les
champs des cases lysimétriques. Ce
dispositif expérimental permet de
mesurer en plein champ les quantités d’eau infiltrées et drainées dans
le sol, afin d’évaluer les impacts
des pratiques agricoles (l’utilisation
des produits phytosanitaires et des
engrais) sur la qualité de l’eau. L’objectif final est de proposer aux agriculteurs des itinéraires techniques
qui préservent la qualité de l’eau,
garantissent la qualité de leurs produits tout en assurant la rentabilité
de leurs exploitations.
L’essai s’est réalisé sur une parcelle
ayant une nappe phréatique utilisée
en eau potable par la communauté
urbaine de Lyon et les agriculteurs.
Sa superficie est de 3 hectares sur laquelle trois espaces ont été déclinés :
• pour une rotation maïs, pois, blé,
tournesol avec irrigation,
• pour une monoculture de maïs
irriguée,
•pour un couvert permanent laissé
en jachère.
La case lysimétrique est enterrée à
1,4 mètre de profondeur pour récupérer et analyser les résidus phytosanitaires dans l’eau. De 2006 à
2011, plus de 1600 échantillons ont
été récoltés et 58 substances actives
sont recherchées depuis le début de
l’essai.
Les critères de détermination se
fondent sur :
•l’analyse multi-résidus avec une limite de quantification (LQ) : 0,05
LA CALÉDONIE AGRICOLE
29
le dossier
µg/litres et avec une limite de détection (LD) à partir de 0,02 µ g/litres.
Enfin, il arrive qu’une substance soit
détectée mais non quantifiée en raison de la teneur comprise entre LD et
LQ,
•l’analyse glyphosate et AMPA avec
un seuil de 0,1 µg/litres.
Parmi les 58 substances actives (SA)
recherchées depuis le début de l’essai,
certaines ont été détectées parmi :
•les herbicides tels que la déséthylatrazine et la déisopropylatrazine qui
sont des métabolites de l’atrazine,
•les fongicides : l’azoxystrobine, le
lutriafol etc
•les insecticides avec la théfluthrine
et la deltaméthrine, la pyrimicarbe
etc…
Concernant la répartition des SA, 42 %
ont été quantifiées, 41% restent non détectées et 17% sont détectées mais non
quantifiées. Les résultats de cette étude
montrent qu’avec le respect des bonnes
pratiques agricoles, la production de
maïs n’est pas incompatible avec la
préservation de la qualité du réservoir
d’eau potable.
Le Marché de gros de Lyon
Le Marché de gros de Lyon est le seul
Marché de gros privé de France, contrairement aux 16 MIN (Marché d’intérêt
national). Plus de 300 000 tonnes de
marchandises y transitent chaque année, pour desservir plus de 2500 clients
30
LA CALÉDONIE AGRICOLE
en grosse majorité implantés dans la
région Rhône-Alpes. Il a été créé pour
remplacer l’ancien MIN de Lyon, trop
petit, plus aux normes sanitaires et surtout enclavé en centre-ville. Ce projet,
porté par des investisseurs privés, à
hauteur de 40 millions d’Euros, a bénéficié uniquement de 25 % d’investissements publics pour compensation liée
déménagement. Le nouveau Marché de
gros a ouvert sur 12 ha et 35 000 m² de
bâtiments en 2009, après 5 années pour
mener ce projet avec les collectivités et
la Chambre d’agriculture.
Il s’agit d’une copropriété des grossistes
qui ont la maîtrise de l’outil, via une
Association Syndicale Libre (ASL).
Le Carreau des producteurs présents
sur le site du Marché de gros, est né
de la compréhension par les acteurs
locaux de la complémentarité entre les
métiers d’agriculteurs et de grossistes.
Ce Carreau permet un meilleur écoulement des fruits et légumes locaux. Il
est composé de 80 cases de 16 m² qui
accueillent une soixantaine d’agriculteurs réguliers.
Le Carreau est géré par l’association du
Carreau des producteurs avec l’appui
de la Chambre d’agriculture, sa présidente est également membre du Bureau
de l’ASL (Marché de gros).
Le comité interprofessionnel de la
noix de Grenoble (CING)
En Nouvelle-Calédonie, l’absence
actuelle d’organisation allant de la
production à la commercialisation ne
facilite pas l’écoulement et la valorisation des productions locales. La mise
en place d’une régulation au travers
d’accords interprofessionnels gérés par
une interprofession, offrirait davantage
de perspectives aux agriculteurs et à
tous les autres acteurs de cette filière.
La rencontre avec une interprofession
avait pour but d’échanger sur les modalités d’organisation d’un comité interprofessionnel pour l’organisation des
marchés.
La Noix de Grenoble est le premier
fruit à obtenir une appellation d’origine contrôlée (AOC) en 1938, via son
Interprofession. Elle est cultivée sur
un territoire de 259 communes qui regroupent plus de 1100 producteurs. Le
Comité Interprofessionnel de la Noix
de Grenoble, gestionnaire de l’appellation, a été reconnu par arrêté comme
une interprofession en 2009. Lors de
l’évolution réglementaire de la gestion
des signes de qualité en 2006, la filière
Noix de Grenoble a fait le choix de
constituer deux sections.
La section organisme de défense et de
gestion de l’appellation (ODG), est
chargée du suivi et du contrôle du cahier des charges de l’AOC. Elle est en
charge :
•d’assurer la qualité et la traçabilité du
produit,
N°137
Août 2013
le dossier
•de la mise en place d’un plan de
contrôle avec un organisme certificateur,
•d’organisation et le suivi des
contrôles internes/externe,
•de
missions
pédagogiques
lorsqu’il s’agit expliquer aux
opérateurs les contraintes réglementaires et de contrôles, souvent réalisés par des prestataires
de services.
•La section interprofessionnelle
qui s’occupe de la valorisation
et de la promotion de la Noix de
Grenoble. Elle est en charge de :
•Développer le dialogue entre les
acteurs de la filière
•Contribuer à la gestion et au développement de son marché
•Développer les politiques de qualité
•Assurer la connaissance et le
suivi du potentiel de production,
du produit et de sa commercialisation
•Définir, coordonner, et mettre en
œuvre la politique de communication de la filière.
L’avantage de l’interprofession est
l’organisation pyramidale comprenant les producteurs et les entreprises qui ont la possibilité de
négocier les prix. Cela permet des
échanges réguliers entre les producteurs et les opérateurs commerciaux qui permettent de contribuer
à la bonne gestion et au dévelopN°137 Août 2013
pement du marché de la Noix de
Grenoble.
Le CING regroupe l’ensemble des
opérateurs de la filière : producteurs (1130), expéditeurs (75) et les
metteurs en marché (18 dont 2 sont
des coopératives). Son budget provient des cotisations des producteurs à l’hectare (2600 XPF/Ha)
et des metteurs en marché (1800
XPF/ tonne de noix réceptionnée).
Réseaux d’élevage (Viande) de
l’Ain
Le dispositif RECP (Réseaux
d’Élevage pour le Conseil et la
Prospective) associe les Chambres
d’agriculture, l’Institut de l’Élevage et près de 2 000 éleveurs au
niveau national (9 exploitations
bovines de l’Ain).
Il s’agit d’un outil unique de
connaissance des systèmes d’élevage tant pour approvisionner en
références les conseillers d’élevage
et les éleveurs que pour conduire les
études nécessaires à l’adaptation
des systèmes aux changements de
contexte économique, environnemental ou réglementaire. Le réseau
d’élevage de la Chambre d’agriculture de l’Ain, rencontrée durant la
mission, travaille en partenariat
avec l’Institut de l’élevage afin de
faciliter le suivi annuel des fermes.
Cela permet aux conseillers d’élaborer des références techniques et
économiques pour les éleveurs en
activité ou les futurs éleveurs, via :
•Le recueil des données comptables
•Le recueil des données techniques (poids des veaux, nombre
de veaux, ….)
•Les données Identification Pérenne Généralisée (IPG)
•Les journées d’échanges entre
éleveurs
•La comparaison avec résultats
régionaux et nationaux.
Le suivi du réseau d’élevage permet de comparer la variabilité des
résultats. Chargé du suivi des neuf
exploitations de l’Ain, M. Gillier,
technicien de la Chambre d’agriculture, indique que ce travail lui
permet de déterminer les causes
de variation des productions et
conseiller, de manière pertinente,
les éleveurs. De plus, le suivi annuel au travers de cas type, permet
de disposer des données sur :
- le fonctionnement d’un troupeau
avec un descriptif du lieu d’exploitation,
- la main d’œuvre,
- le cheptel,
- la charge de travail en termes de
naissances et des mises à l’herbe,
- les surfaces au travers les fauches,
- les apports d’engrais,
- l’alimentation
- etc.
LA CALÉDONIE AGRICOLE
31
le dossier
Enseignements de la mission
Recherche et expérimentation en agriculture
•Impliquer les représentants des agriculteurs dans les organismes de décisions, afin qu’ils soient plus impliqués
dans la définition des axes de travail,
des programmes de recherche.
•Améliorer le dispositif de transfert
des résultats vers les agriculteurs, via
l’implication des centres dans la formation et l’organisation de journées
techniques dans les champs.
•Permettre une plus grande prise en
compte des résultats en termes d’applications concrètes pour les agriculteurs dans l’évaluation des programmes.
Devenir du Marché de gros de Ducos
•Rechercher une plus grande implication des grossistes dans la vie du
Marché de gros et de la filière fruits et
légumes.
•Remettre en place un carreau des producteurs pour faciliter écoulement
de la production locale dans le cadre
d’un travail plus global à mener sur la
relance de la dynamique du Marché
de gros au sein des filières fruits et
légumes.
32
LA CALÉDONIE AGRICOLE
Organisation du marché des fruits et
légumes
Relance du travail porté par la Chambre
d’agriculture et la Chambre de commerce et d’industrie en 2009 sur la mise
en place d’une Interprofession Fruits
et légumes. A ce jour, la filière Viande
a mis en place son interprofession qui
est devenue le lieu de concertation et de
validation des évolutions du marché de
la viande (exemple de la classification
du veau). Pour ce qui est de la filière
fruits et légumes, certains professionnels avaient préféré opter pour la mise
en place d’un accord interprofessionnel par produits plutôt que la mise en
œuvre d’une interprofession. Or, malgré quelques avancées, la mise en place
d’accords uniquement par produit n’a
pas apporté d’évolution significative sur
la régulation du marché. Les problèmes
structurels sont toujours les mêmes.
Inciter les organisations professionnelles et les administrations agricoles
à se regrouper sur un même site, afin
de :
•Favoriser les rapprochements et les
synergies entre les structures au service des agriculteurs,
•Proposer aux agriculteurs un lieu
unique d’accueil et de services.
AGRAPOLE, un pôle
d’excellence pour la
recherche, le développement et le management de
l’innovation.
Ce pôle de compétences des
filières agricoles et alimentaires
regroupe plus de 50 organisations professionnelles agricoles et
agroalimentaires.
L’objectif commun poursuivi par
l’ensemble des partenaires de ce
pôle unique en Rhône-Alpes est de
permettre de favoriser des synergies entre les différentes structures,
métiers et compétences chargées
d’impulser et d’accompagner le
développement de l’agriculture et
de l’agroalimentaire régional dans
tous ses aspects.
N°137
Août 2013
le dossier
Rencontres
océaniennes
de l’agriculture biologique à Nouméa
une expérience réussie en Nouvelle-Calédonie
La Chambre d’agriculture a organisé, du 1 au 5 juillet 2013, le premier meeting
technique du POETCom avec le soutien du gouvernement de la NouvelleCalédonie, du Fonds Pacifique et de la CPS et en partenariat avec l’association
Biocalédonia. Nous vous proposons de vous présenter plus en détail ce qu’est le
POETCom et les enseignements de cette semaine de rencontres et d’échanges.
L
a communauté océanienne
pour l’agriculture biologique et le commerce éthique
(POETCom) est une association sans but lucratif. Elle fédère des
groupements d’agriculteurs, des organismes de soutien aux agriculteurs, des
ONG, des acteurs privés, des instituts
de recherche et des organisations publiques actifs dans 14 pays et territoires
du Pacifique.
Incubation d’une nouvelle organisation au sein de la CPS
Le secrétariat du POETCom hébergé à
Suva (Fidji) au sein de la division des
ressources terrestres de la CPS, fait office d’organisme fédérateur et de porteparole du mouvement de l’agriculture
biologique dans la région. Partage
d’information, mise en réseau, renforcement des compétences, mise en place
34
LA CALÉDONIE AGRICOLE
d’un système régional de certification
destiné à favoriser l’accès aux marchés
et le développement des échanges…
A travers ces différents dispositifs de
coordination, le POETCom cherche à
atteindre les objectifs suivants :
• améliorer la sécurité alimentaire et
nutritionnelle à l’échelle locale et régionale,
• améliorer les revenus des agriculteurs
en les aidant à mieux valoriser leurs
productions sur les marchés locaux et
d’exportation et à réduire leur dépendance à l’égard des intrants importés,
• améliorer la santé des populations en
leur offrant un meilleur accès à des
aliments d’excellente qualité, propres,
nutritifs,
• promouvoir des systèmes agricoles
diversifiés, productifs et durables, capables de résister à la crise mondiale,
• protéger et mettre en valeur le milieu
naturel, en encourageant le recours à
des pratiques de gestion respectueuses
de l’environnement.
En janvier 2012, le poste de coordonnateur du POETCom a été pourvu grâce
à des financements de l’Union Européenne. Cette nomination a permis de
progresser sur des points clés tels que les
négociations sur les équivalences de la
Norme d’agriculture biologique océanienne, de la mise en œuvre des mécanismes de gouvernance du POETCom,
la mise en place de son système de garantie biologique.
Contexte actuel de l’agriculture biologique en Océanie
Loin d’être un concept nouveau pour
l’Océanie, l’agriculture biologique est
en résonance avec les systèmes agricoles
traditionnels qui ont résisté à l’épreuve
du temps. Si aujourd’hui de nombreux
N°137
Août 2013
le dossier
pays ont développé une agriculture
plus intensive, beaucoup d’agriculteurs
continuent de produire sans intrants
chimiques. Le fait que l’agriculture
biologique ne se réduise pas à la simple
somme des pratiques traditionnelles,
est de plus en plus reconnu. Les agriculteurs de la région doivent affronter
un éventail de risques et de problèmes
climatiques nouveaux. Ils doivent en
outre mettre en place des cultures de
diversification, alimenter des populations de plus en plus nombreuses, alors
que les surfaces cultivables se réduisent
et se dégradent par endroits. Dans de
nombreux cas, il convient de valoriser
les pratiques traditionnelles en mettant
en avant l’agrobiodiversité tout en perfectionnant les techniques biologiques
afin d’allier méthodes et connaissances
traditionnelles aux techniques et enseignements modernes.
Certification
Il existe actuellement deux options de
certifications dans la région : les sysN°137 Août 2013
tèmes participatifs de garantie (SPG) et
la certification par tiers.
Le premier SPG de la région a été créé
en Nouvelle-Calédonie en 2009, c’est
l’association Bio Calédonia qui a reçu
l’autorisation du POETCom d’utiliser
la marque « Bio Pasifika dès 2010. Le
deuxième SPG, Bio Fetia, a été créé en
Polynésie Française et agréé en juillet
2012. D’autres sont en cours de constitution au SAMOA, aux Kiribati et à
Fidji.
A ce jour 8 367 producteurs répartis
dans neuf Etats ont déjà été certifiés
par tiers, ce qui représente une superficie d’environ 46 335 ha. Quatre des
principaux organismes de certification
opérant dans la région sont NASAA
en Autralie), Biogrow en Nouvelle-Zélande, et Australian Certified Organic
et Bioagricert pour la Polynésie Française et l’Europe. Ils se sont engagés à
fournir le service de certification selon
la Norme Océanienne d’Agriculture
Biologique
Les marchés intérieurs, exportation
En règle générale, les marchés intérieurs des produits certifiés bio sont assez
peu développés, voire inexistants. Les
produits biologiques sont encore peu
différenciés des produits. Dans les pays
touristiques, cette industrie offre des débouchés intéressants (Fidji, Cooks,…).
L’objectif est de développer une offre
de restauration océanienne et biologique en s’approvisionnant auprès des
producteurs bio du pays.
La plupart des produits certifiés par
tiers dans la région sont destinés à l’exportation. L’Australie et la NouvelleZélande, de par leur proximité, constituent, les débouchés les plus évidents.
Cependant, certains pays exportent
vers le Japon, l’Europe et les Etats Unis.
Pour la première fois, en septembre
2011, l’ensemble des produits biologiques de la région ont été présentés
sous la même bannière du POETCom
au salon international d’Auckland en
Nouvelle-Zélande.
LA CALÉDONIE AGRICOLE
35
le dossier
Plan d’action
La CPS s’était doté d’un plan stratégique 2008-2012 pour le développement
de l’agriculture biologique en Océanie.
La mise en œuvre de ce plan a été retardée faute de ressources humaines et de
capacités financières suffisantes pour
atteindre les objectifs et les cibles fixés.
Des progrès ont été cependant réalisés
dans la mise en œuvre des infrastructures pour développer l’agriculture biologique et le commerce dans la région.
Cependant la mobilisation sur l’appui
technique a peu progressé. La dimension technique, sera l’un des points
majeurs du plan stratégique 2013-2017
du POETCom via, la formation, la vulgarisation, l’expérimentation dans des
fermes pilotes et la mise en réseau des
organisations.
Rencontres 2013 à Nouméa
Le peu d’échanges techniques, de mise
en commun des expériences dans la région a poussé la Chambre d’agriculture,
en collaboration avec l’association Bio
Calédonia, à proposer à la CPS d’organiser, en juillet 2013, un colloque sur le
partage des savoirs faire techniques. Ces
rencontres techniques ont pu avoir lieu
grâce aux financements par le Fonds
Pacifique (Etat), le gouvernement de la
Nouvelle-Calédonie et la CPS. Au final,
17 personnes des Etats et Territoires de
la région, chercheurs, formateurs, agriculteurs ont pu échanger durant 4 jours
sur les résultats de leurs travaux, expériences.
Ces rencontres ont permis de mettre en
avant les résultats des travaux et expé36
LA CALÉDONIE AGRICOLE
riences conduits sur des problématiques
communes à l’ensemble des producteurs biologiques :
• résultats des essais de production de
biopesticides à la ferme et utilisation
de plantes hôtes d’auxiliaires (CPS et
Université du Pacifique Sud au Samoa
et à Fidji),
• pratiques d’alimentation à base d’intrants locaux pour les élevages de
porcs et de volailles (NARI, institut
de recherche de Papouasie NouvelleGuinée, Université d’Honiaria Iles
Salomon, …),
• production biologique de taros d’eau
(CPS-Fidji),
• dispositif de formation pratique de
la jeunesse à l’agriculture biologique
(Kustum Garden Iles Salomon, Youth
concil aux Tonga),
• valorisation des déchets verts et autres
via la création de plateformes communales de compostage (Titikaveka
Growers Association , Iles Cook),
• intérêt de la pratique des systèmes de
polyculture-élevage en agriculture biologique (Titikaveka Growers Association , Iles Cook),
• production semi-artisanale d’engrais
liquides à base de déchets de poissons
(Bioagri-NC, Nouvelle-Calédonie),
• formation des bénévoles aux inspections d’exploitations agricoles dans
le cadre des systèmes participatifs de
garantie (Bio Calédonia, NouvelleCalédonie),
• développement de méthodes non
chimiques de contrôle de la tique des
bovins (GDSA-CANC, Nouvelle-Calédonie),
• mise en place d’une unité de production de semences pour les agriculteurs
biologiques (Fiji Organic Association,
Fiji).
Afin de favoriser les échanges sur les
savoir-faire développés dans la région,
les permanents du POETCom se sont
vu confier comme feuille de route, de
proposer des solutions opérationnelles
et pragmatiques pour créer une plateforme commune de connaissances en
agriculture biologique.
Annulation du Festival Bio
à Houaïlou
Pour finir cette semaine de travail,
des visites de parcelles mais surtout
des rencontres entre les délégués des
Pays et Territoires de la région étaient
programmées le vendredi 5 juillet à
Houaïlou à l’occasion du second festival Bio. Malheureusement, les fortes
précipitations ont obligé le comité d’organisation à annuler la manifestation.
Beaucoup de producteurs, à Houaïlou
comme dans de nombreuses autres
communes, ont perdu la quasi-totalité de leur production. Le meeting de
Nouméa s’est donc achevé par des
visites d’exploitations sur Boulouparis
(Grégoire Baudonnel) et Païta (Rucher
Natcha) qui ont permis de mettre en
avant le système de commercialisation
des paniers de légumes et le savoirfaire des apiculteurs calédoniens.
N°137
Août 2013
Partenaire
Adecal,
Technopole de Nouvelle-Calédonie
L’Agence de Développement Economique de la Nouvelle-Calédonie a été créée
en 1995. Elle regroupe l’ensemble des pouvoirs publics et les représentants de la
communauté d’affaires. Jusqu’à 2011, ses principales missions étaient la promotion et
la prospection internationale, le développement des relations économiques extérieures, la
coopération régionale, et la coordination du programme ZoNéCo. Fin 2011, des missions
complémentaires lui ont été confiées en matière d’innovation, de transfert, et de formation
au travers la création de la technopole de Nouvelle-Calédonie.
L
a technopole est une initiative issue d’une réflexion collaborative entre les pouvoirs
publics, le monde de l’entreprise et les organismes de
recherche, dont l’objectif global est de
contribuer au développement économique durable et solidaire de la Nouvelle-Calédonie. Plus spécifiquement,
la technopole, qui constitue une « interface » entre le monde de la recherche
et celui du secteur privé, doit fournir un
appui aux entreprises calédoniennes,
en matière d’innovation et de transfert
technologique, pour les aider à accroître
leur compétitivité. Elle doit aussi favoriser l’émergence de projets ou filières
innovants, dans des secteurs pré-identifiés.
2 ans après sa création, l’Adecal Technopole, dont les premières thématiques
prioritaires sont la valorisation des ressources biologiques maritimes et terrestres, est désormais constituée d’un
pôle « marin », d’un pôle « terrestre », et
de 6 centres technologiques. Ces centres
font la particularité de la Technopole
calédonienne et lui permettent de disposer, et de faire bénéficier à ses par38
LA CALÉDONIE AGRICOLE
tenaires, d’un ensemble d’outils et de
compétences humaines et techniques,
aquacoles et agricoles. Ce dispositif doit
être complété par la mise en place d’un
incubateur d’entreprises innovantes,
dont les activités devraient démarrer en
2013.
Pôle « valorisation des écosystèmes marins »
La Technopole développe depuis 2012
au sein de son pôle « marin », un programme d’innovation et transfert sur les
écosystèmes marins, visant notamment
à renforcer la compétitivité de la filière
crevetticole existante, à créer de nouvelles productions aquacoles en partenariat avec des entrepreneurs locaux,
et à développer des filières d’avenir
comme la pisciculture ou la production
de microalgues.
Le Pôle « marin » s’appuie ainsi en
2013 sur 3 centres techniques dont un
est en cours de construction :
Le Centre Technique Aquacole de
Saint-Vincent, ou CTA, situé à Boulouparis dont les travaux sont axés principalement sur la crevetticulture. Pour la
période 2012-2015, ses objectifs sont,
notamment, de transférer les résultats de la recherche au secteur privé,
d’assurer un suivi de la filière crevetticole, de conduire des expérimentations
visant à améliorer la compétitivité des
entreprises aquacoles, et de renforcer
et développer des activités de diversification aquacole. Les travaux sont mis
en œuvre dans le cadre de programmations annuelles élaborées au sein de
comités techniques associant les acteurs
du privé, du public, et de la recherche.
Le Centre Calédonien de Développement et Transfert en Aquaculture
Marine, ou CCDTAM, situé à Koné,
dont l’objectif est le développement de
la pisciculture marine, filière innovante,
en vue de diversifier les productions
locales, et potentiellement les exportations, de produits de la mer. Deux
espèces ont été sélectionnées, le pouatte
et la loche truite, sur la base de critères
techniques et commerciaux, et notamment de la demande sur les marchés
local et à l’export. La constitution d’un
cheptel de géniteurs en 2012 a permis de
réaliser des premiers essais de reproduction et d’obtenir des premières larves
N°137
Août 2013
Partenaire
d’une des 2 espèces. Des essais de grossissement seront réalisés début 2014, au sein d’une
ferme pilote dont l’implantation est prévue à
Touho. D’autres essais pourront également
être réalisés dans des bassins à terre.
Le Centre Technologique des MicroAlgues,
ou CTMA, est en cours de développement
dans le cadre de l’un des projets phares du
Pôle Marin. Il s’agit du projet AMICAL,
en partenariat avec IFREMER, qui vise à
créer une filière innovante de production de
microalgues en Nouvelle-Calédonie, dont les
marchés cibles pourraient aller de l’alimentation animale et humaine au biocarburant,
en passant par la cosmétique et la santé. Le
CTMA comprend un laboratoire d’étude
le LEMA, basé à Nouméa et un laboratoire
d’application et transfert, le LTMA, dont la
construction est en cours à Koné. Ces infrastructures sont financées par le CIOM (Comité
Interministériel pour l’OutreMer). Suite à
la livraison du LEMA en mai 2013, les premiers travaux consistant à sélectionner dans
des « photobioréacteurs » des algues locales
sur leur potentiel de croissance ont débuté.
Les premières souches devraient être mises en
culture au LTMA fin 2013 début 2014.
Le Pôle marin comprend également le programme de « R&D » ZoNéCo qui est coordonné depuis 2002 par l’ADECAL. Ce
programme a pour vocation d’identifier des
lacunes de connaissances nécessaires à la gestion et la valorisation durables des ressources
marines calédoniennes, et à les combler en
N°136 Juin 2013
finançant des projets de recherche ou des
projets pilotes. Des essais aquacoles sur la langouste ou la bêche de mer sont en cours dans
ce cadre.
Un autre projet emblématique de la technopole est celui de la valorisation des déchets
de poissons dont l’objectif est de contribuer, à
terme, à la mise en place d’une filière de valorisation de l’ensemble des déchets des pêcheries locales (environ 1000 tonnes par an). Un
projet pilote doit démarrer à Lifou en 2014,
afin, d’une part, de valider avant transfert
éventuel une technologie adaptée en partenariat avec une société néo-zélandaise, et d’autre
part de tester les voies de valorisation possibles
des produits finis (ex : engrais de poissons à
tester par le pôle terrestre).
Pôle « Valorisation des écosystèmes
terrestres »
Suite à la récente dissolution de l’Association
interprovinciale de gestion de centres agricoles
(AICA), le Centre de Promotion de l’Apiculture (CPA), le Centre de Recherches et
d’Expérimentations Agronomiques (CREA)
et le Centre des Tubercules Tropicaux (CTT)
ont été intégrés à l’ADECAL – Technopole
pour former son pôle « terrestre ». Le CREG
a quant à lui intégré, pour partie, le Conservatoire des espaces naturels de Nouvelle-Calédonie (CEN) et pour l’autre partie, la Direction
de l’Environnement de la P. Sud.
Au sein du pôle terrestre, deux comités techniques par an et par centre sont organisés
annuellement afin de réaliser un bilan des
actions menées et d’établir une planification
pour les années à venir en collaboration étroite
avec les partenaires ; l’objectif de ces comités
étant de développer des partenariats forts et
constructifs avec, d’un côté la recherche et, de
l’autre, les socioprofessionnels.
Globalement, les axes de travail du pôle terrestre sont : orientation vers l’agriculture durable, transfert de technologie et de matériel
biologie sain et sélectionné, diversification
des filières, développement des collaborations
avec les socioprofessionnels et le monde de la
recherche, renforcement de la démarche participative et contribution au développement de
l’innovation.
Ces axes se traduisent concrètement par des
actions telles que : la mise en place d’expérimentations et de tests (produits phytosanitaires, différents types de ruches, essais variétaux, etc….), la mise au point d’itinéraires
techniques performants et innovants (amélioration des systèmes de cultures, gestion de
l’eau, etc …), la création de nouvelles variétés (notamment dans le domaine des tubercules tropicaux), le développement de projets
pilotes innovants de production (parcelles
de validation chez les producteurs, représentant actuellement près de 130 ha pour le programme « semis sur couverture végétale », cf.
LCA n°136, parcelles semencières pour la
filière « tubercules tropicaux »), l’organisation
de formations, la mise en place d’appuis techniques ….
LA CALÉDONIE AGRICOLE
39
agriculteurs
Mieux connaître les
Portrait Jean-Claude
Birot,
éleveur porcins au Mont Dore
Mécanicien de
formation, Jean-Claude
a très vite pris goût à
l’élevage. A la sortie de
son diplôme obtenu à
l’école rurale artisanale
(E.R.A), il travaille 9 ans
chez Renault, Simca,
puis à son compte. En
parallèle, il élève quelques
porcs. Aujourd’hui, JeanClaude, aidé de sa femme
et ses deux filles, produit
une viande de qualité sur
son exploitation au Mont
Dore
J
ean-Claude s’installe en 1976,
avec son épouse. « Au début
nous n’avions que quelques bêtes.
Moi, je travaillais comme mécanicien et mon épouse faisait du maraichage. Tout l’argent gagné était automatiquement ré investi dans l’élevage. Il
m’aura fallu quinze ans pour pouvoir
en vivre pleinement. Aujourd’hui, je ne
cherche plus à agrandir mon cheptel. J’ai
par contre encore plein de projets de réaménagement pour améliorer mon mode
de fonctionnement. Ayant tout fait nousmême, on a fait quelques erreurs dans
la conception que l’on rectifie au fur et à
mesure. »
de sa production est en classe extra.
« Avoir une bonne génétique est essentielle mais ça ne fait pas tout. Pour faire
de la viande de qualité, il faut avant tout
savoir travailler ses bêtes, disposer de bâtiments adaptés, d’aliments de qualité et
bien sûr maintenir un bon état sanitaire
de son troupeau ».Etant sélectionneur,
l’UPRA vient peser les animaux à 5
mois, vérifier l’épaisseur du gras, les
applombs, les parties génitales, compter les tétines, vérifier la conformation
générale de l’animal. Les animaux
hors normes sont vendus à l’OCEF
et ceux sélectionnés sont vendus via
l’UPRA.
Pour se tenir informé, Jean-Claude
est abonné à de nombreuses revues.
« Nous avons tout appris sur le tas et par
mes lectures. » Un vétérinaire traitant
suit son élevage et vient toutes les trois
semaines.
Jean-Claude est le premier éleveur
à s’être lancé dans la production de
ses aliments. « J’ai investi dans des silos
et je prépare mes aliments à base essentiellement de blé, tourteau de soja, acidé
aminé… A l’aide d’un nutritionniste,
venu en mission à la demande de l’UPRA,
il m’a élaboré plusieurs formulation pour
la gestation, la lactation, la sélection, les
porcelets deuxième âge… Ma consommation est de 85 tonnes/mois, c’est une des
Naisseur, engraisseur, sélectionneur
Jean-Claude est naisseur, engraisseur
et sélectionneur et travaille beaucoup
sur la qualité de ses produits. 90%
40
LA CALÉDONIE AGRICOLE
N°137
Août 2013
Mieux connaître les
agriculteurs
principales charges de production, alors autant
faire que la qualité soit constante. Par exemple,
dernièrement, j’ai eu du soja broyé moins finement. Le gain moyen quotidien de mes animaux
a immédiatement diminué. Comme je fais un suivi de près sur quelques bêtes, je m’en suis aperçu
très vite mais cela montre à quel point il faut être
vigilant sur ce que l’on donne à manger, quand et
comment. »
Une filière structurée
« Aujourd’hui j’ai 165 truies mères, ma production annuelle est d’environ 3500 porcelets.
Tous les 21 jours, 20 truies mères mettent bas
en moyenne 13,5 porcelets. Côté ventes, l’OCEF
me prend 42 porcs/semaine. Je vends également
quelques porcelets sur pied de 18 à 30 kg aux particuliers. La demande de l’OCEF de porcs a augmenté. Certains éleveurs ont pris le risque d’augmenter leur production mais cela ne rentre pas
dans les quotas officiels. Du coup, si la demande
vient à baisser nous n’avons pas de certitude de
vendre notre production mais cela ne joue que sur
une partie de notre production. Il faut souligner
que l’OCEF est un outil essentiel et indispensable
pour la profession. Les porcs sur pieds sont récupérés le mardi par L’OCEF et sont vendus dans
la semaine. Nous n’avons pas à démarcher pour
N°137 Août 2013
écouler notre production, nous n’avons pas non
plus à gérer l’abattage de nos bêtes et donc pas à
investir dans des abattoirs. Un éleveur, qu’il soit
de Nouméa ou de Koumac a la certitude d’écouler
ses quotas et d’être payé dans les 20 jours. Sans
l’OCEF, beaucoup d’éleveurs ne pourraient pas
faire face aux coûts liés à l’abattage et à l’écoulement de leur production. En bref, la production
serait entre les mains de deux ou trois gros producteurs. »
Une baisse de rentabilité
« Aujourd’hui, la situation devient difficile avec
d’un côté l’augmentation du prix des matières
premières et toutes autres charges operationnelles,
et de l’autre, le prix fixe du porc qui n’a pas évolué depuis 1997. En 2001, le prix du blé était de
27,5 F/Kg, il est de 54 F aujourd’hui soit 97%
d’augmentation. Le sorgo a augmenté de 45% et
l’aliment porc engrais de 46%. Il s’agit là de prix
en vrac, donc réservé à ceux qui ont une capacité
de stockage importante. L’aliment conditionné
est encore plus cher. J’ai aussi relevé le prix des
matériaux qui servent à la construction de nos
bâtiments, la fourchette d’augmentation oscille
entre 18% et 90%. Dans ce contexte, c’est très
difficile d’investir. Beaucoup d’entre nous parviennent tout juste à couvrir leurs charges. Cer-
tains éleveurs ont dû mettre la clef sous la porte. »
Jean-Claude a aussi mis en place sur son
exploitation un système de séparation du
lisier. « J’ai cherché une solution pour traiter mes
déchets. J’ai donc réalisé 5 bassins de décantation.
Le lisier est d’abord envoyé dans une fosse de 200
m3. A travers une vis sans fin, le lisier est pressé.
La partie dure extraite sert de fumier et l’eau de
pressage décante dans 5 bassins. Mon fumier est
donné en grande partie pour le reboisement essentiellement dans le sud et à des agriculteurs. »
En plus du travail sur son exploitation avec
son épouse et ses deux filles, Jean-Claude
s’investit beaucoup dans la profession. Il
est président du Syndicat des éleveurs, naisseurs, engraisseurs de Nouvelle-Calédonie,
président de l’UPRA porcine, président de
la commission des prêts du Crédit agricole
et il assiste également aux réunions sur les
conventions céréalières de l’ERPA. Cet investissement a un coût et il n’est pas rare de
le voir travailler des WE entiers pour récupérer le retard accumulé lors de ces travaux.
Si Jean Claude ne s’était pas blessé en travaillant, on pourrait peut-être également
ajouter à cette longue liste d’activité, champion de «PYM» tant le nombre de coupes
présentes dans son salon est élevé.
LA CALÉDONIE AGRICOLE
41
Fiche produit
saucisson
de cerf
Le
Le cerf Rusa, connu de tous les calédoniens
tient une place à part sur le Territoire.
D’abord, pour son côté gustatif et ensuite
pour celui de loisir avec la chasse. Il figure
même sur les billets de banque ! Fortement
consommé en Nouvelle-Calédonie, le saucisson de
cerf est présent sur tous les étals. Focus sur un produit
« 100% calédonien »…
L’introduction du cerf Rusa en Nouvelle-Calédonie date du 6 février
1870 avec 12 cerfs en provenance de
Java. Libérés de la ferme école-jardin
de Yahoué, ils envahissent progressivement le reste de la Grande-Terre.
Les premiers dégâts dans les cultures
ont été rapportés en 1882 et les premières battues pour tenter de s’en débarrasser ont été organisées en 1921.
Depuis, le cerf Rusa, très répandu
sur l’ensemble de la Grande Terre est
un véritable fléau. Il n’en reste pas
moins très apprécié pour ses qualités
gustatives et pour l’activité de chasse.
Le saucisson de cerf,
une institution
La viande de cerf est très appréciée
par ceux qui peuvent s’en procurer.
Malgré une forte population de cervidés, cette viande reste pourtant difficile à trouver sur les étals des bouchers. Très consommée en brousse,
notamment grâce à la chasse, elle se
fait plus discrète sur les étals des boucheries. Le cerf est, en revanche, très
connu de tous par l’intermédiaire du
fameux saucisson de cerf, véritable
N°136 Juin 2013
institution en Nouvelle-Calédonie.
Les recettes sont nombreuses et diffèrent bien entendu d’un producteur
à l’autre. Chacun apporte sa touche
mais la base reste la même. Un tiers
de graisse de porc (ferme), deux tiers
de viande, essentiellement des « bons
bas morceaux » et un assaisonnement qui ne se dévoile pas comme
ça. Une fois hachée (pas trop finement), la mêlée (mélange de viande
et de gras de porc haché) assaisonnée doit reposer au moins 24 heures
en chambre froide. Une fois la préparation reposée, vient l’étape de
l’embossage, qui consiste à remplir
de mêlée les boyaux qui peuvent être
naturels ou industriels (en fibres animales). Viennent enfin les étapes du
fumage et du séchage.
L’agrément d’hygiène
La structuration de la filière veut que
tout producteur de saucisson achète
sa viande, soit auprès de l’OCEF,
soit auprès d’un abattoir agréé.
Pour pouvoir vendre sa production,
il faut donc disposer d’un agrément
d’hygiène. Selon le type d’agrément
obtenu, le producteur est habilité a
vendre sa production dans les commerces, soit il est limité à de la vente
directe. Dans tous les cas, un numéro
d’agrément doit être apposé sur le
saucisson. Dans la pratique, il n’est
pas rare de voir toutes sortes de saucissons sur les étals, mais tous ne disposent pas d’agrément.
Le saviez-vous
La naissance du saucisson est le fruit
de la rencontre entre deux savoir-faire :
celui des éleveurs gaulois et des salaisonniers romains. On retrouve des
recettes de saucisson datant du temps
de l’empire romain.
Au moyen âge, un nouveau métier est
créé, celui de «chaircuitier». Il invente
de nouveaux types de saucissons et
organise leur commercialisation.
Le mot saucisson apparaît en France
en 1546.
LA CALÉDONIE AGRICOLE
43
durable
agriculture
Compostage de
déchets verts,
une expérience réussie
Le compostage consiste à faire fermenter en situation aérobie, c’est à dire en
présence d’oxygène, des déchets organiques, pour obtenir un amendement riche
en humus. Le produit obtenu est stabilisé, hygiénique et peut-être commercialisé.
Retour sur cette expérience réussie au Lycée Agricole de Pouembout...
U
ne grande variété de déchets
peut être compostée. Parmi
les déchets compostables, il
faut distinguer ceux riches
en carbone (le bois, la paille, le carton, le papier…), qui structurent le
compost. Et ceux riches en azote
(les effluents d’élevage, l’herbe
verte, les refus de tri de produits
maraîchers, les déchets des industries agroalimentaires…) qui vont
donner de l’énergie aux micro-organismes. Théoriquement, il faut que
le rapport C/N (quantité de matière
carboné sur la quantité de matière
azoté) soit compris entre 20 et 30. Si
le rapport est trop élevé, le compost
aura du mal à monter en température, la durée de compostage sera rallongée et les chances d’hygiénisation
diminuées. A l’inverse, si le rapport
C/N est faible, il est possible que le
compost évolue vers une fermenta-
44
LA CALÉDONIE AGRICOLE
tion anaérobie, ce qui produira des
odeurs désagréables. Selon les types
de déchets, ils peuvent être compostés seuls ou associés. Par exemple, le
fumier (paille et effluents d’élevage)
peut être composté seul, comme les
déchets verts car ils sont composés
de lignine mais aussi d’azote avec la
tonte, les feuilles vertes.
Les avantages du compost
Le compostage est un procédé qui
possède des avantages non négligeables pour la valorisation de la
matière organique. Le premier avantage est qu’il dégage peu d’odeur
durant l’ensemble du processus de
compostage et que le produit fini a
une odeur de terre. En respectant un
plan d’épandage, il peut-être épandu
avec peu de nuisances olfactives. Le
second avantage est que le produit
est stable biologiquement et il est
donc facilement stockable. Si les andains sont correctement montés en
température, le risque d’introduire
des pathogènes est limité. C’est un
amendement organique qui permet
de maintenir la fertilité des sols.
Il existe cependant quelques inconvénients. Une plateforme de compostage demande un savoir-faire qui
s’acquiert avec l’expérience. Il faut
maitriser correctement l’ensemble
du processus pour obtenir un produit fini de bonne qualité. La qualité
du produit fini dépendra aussi de
la qualité des déchets entrants sur
la plateforme. Le second inconvénient est le besoin en main d’œuvre
polyvalente pour gérer la plateforme
(conducteurs d’engin, prise de températures, gestion de l’irrigation…).
Une plateforme de compostage demande de l’espace et doit respecter
la réglementation sur les installaN°137
Août 2013
agriculture
durable
“
Le compostage est un procédé qui possède des
avantages non négligeables pour la valorisation
de la matière organique
tions classées pour la protection de
l’environnement (distance des habitations, type de plateforme…).
Le matériel pour le compostage
Les plateformes de compostage sont
soumises à la réglementation sur les
installations classées pour la protection de l’environnement ICPE.
Au dessus d’1 tonne de production/
jour, les installations doivent avoir
des plateformes bétonnées avec la
récupération des jus. Dans le cadre
de ce pilote, dont le volume est inférieur aux conditions des ICPE, une
plateforme en schiste est autorisée.
Le matériel acquis pour les besoins
de la plateforme est composé d’un
broyeur à fléaux, d’un retourneur
d’andain, d’un système d’arrosage
et d’une sonde de température. Par
ailleurs, la mobilisation d’un tracteur de l’exploitation est nécessaire
à la manutention du retourneur.
Il est important de dimensionner le
matériel en fonction de la taille de
la plateforme mais aussi du type de
déchets arrivant sur site.
N°137 Août 2013
Quelques données économiques
et de temps de travail
La plateforme du lycée agricole
a permis de donner des résultats
technico-économiques de l’activité
de compostage. C’est une première
en Nouvelle-Calédonie. La plateforme est gérée par une personne à
LA CALÉDONIE AGRICOLE
45
durable
agriculture
Restitution
Le lycée agricole et les partenaires
du projet invitent les agriculteurs
à une restitution publique le mercredi 28 août 2013 à 9 h sur la plateforme de compostage du lycée
agricole.
46
mi-temps, ses activités activité vont
de la réception des camions jusqu’à
la vente des sacs de compost. Les
activités qui demandent le plus de
temps aujourd’hui sur la plateforme
sont le broyage avec 2 h/m3 broyé.
Le temps de travail dépend du matériel utilisé. La seconde activité est
le criblage car il est fait de façon
artisanale avec une grille sur une
remorque.
D’un point de vue économique, 52%
des coûts sont relatifs au matériel
(amortissement, utilisation …), 37%
des coûts sont la main d’œuvre (les
salaires et l’ensemble des charges) et
le reste sont pour le fonctionnement
et autres achats (irrigation, analyses
du compost, sac d’emballages..).
l’environnement et de la maitre de
l’énergie) et la province Nord. Le
financement a permis d’acquérir
du matériel spécifique (broyeur, retourneur) et d’avoir une personne à
mi-temps pour la gestion de la plateforme.
Les étapes clés du compostage
Le Lycée Agricole de Pouembout
a mis en place en 2012, une plateforme-pilote de compostage financée par de l’ADEME (Agence de
Le broyage des déchets. Au fur et à
mesure que les déchets sont broyés,
les andains sont constitués. Le
broyage permet aussi l’homogénéisation des andains.
LA CALÉDONIE AGRICOLE
La réception des déchets verts.
Ils sont livrés par le syndicat intercommunal de VKP (SIVOM). Les
déchets sont triés pour éliminer
les corps étrangers (ferrailles, plastiques, gravats…) et les végétaux ne
passant pas dans le broyeur (palmes
et branches de plus de 15cm de diamètre). Cette étape permet d’avoir
une base de qualité pour faire du
compost.
La dégradation (phase thermophile). Une fois les déchets mis en
andain, le processus de compostage
commence. C’est un procédé en aérobie (avec de l’oxygène), des micros
et macro-organismes vont dégrader
la matière organique. Durant cette
période, les températures et l’humidité sont contrôlées régulièrement
afin de piloter au mieux le compost.
Lors de ce processus, une montée en
température permettra l’hygiénisation du compost. Cette phase dure 2
mois, régulièrement les andains sont
retournés pour apporter de l’oxygène et ils sont irrigués en fonction
des besoins.
La maturation (phase mésophile)
dure entre 2 et 4 mois. Le produit
se stabilise pour avoir le même degré
de biodégradabilité que le sol.
Le criblage permet de calibrer le
compost pour enlever les fractions
pas assez dégradées. Suite au criblage, le compost peut être vendu en
sac ou en vrac.
N°137
Août 2013
L’Arachis pintoi • plante de couverture pour
la protection et
la vie des sols
Fiche Technique
L’érosion et la pression des mauvaises herbes sur les
parcelles de cultures sont deux problèmes majeurs
en agriculture. Le maintien ou la mise en place d’une
végétation au sol est une solution pour y remédier.
L’Arachis pintoï, légumineuse pérenne rampante, présente
de nombreux avantages et favorise notamment l’activité
biologique du sol. Elle est d’ores et déjà utilisée dans les
vergers en Nouvelle-Calédonie.
Fiche réalisée en partenariat avec
Zacharie Lemerre – Responsable de la station de recherche de Pocquereux – IAC • Gilles Tehau Parzy, Dir. Bio Strategies Pacifique
Qu’est-ce que l’Arachis Pintoï
C’est une légumineuse pérenne rampante et rase, formant un tapis dense en surface. Elle développe une racine pivotante pouvant descendre à plus d’1.5 m. lorsque le sol présente une porosité naturelle favorable ou améliorée par un travail adéquat (sous-solage). Le pivot et les racines
secondaires portent des nodules, organes stockant l’azote atmosphérique capté par la plante.
L’Arachis Pintoï est-elle présente en Nouvelle-Calédonie ?
Originaire du Brésil, elle a été importée en Nouvelle-Calédonie par la Station de recherche fruitière de Pocquereux en 1994. Elle est aujourd’hui utilisée en couverture de sol dans les vergers
de plusieurs exploitations agricoles et de la station de recherche de Pocquereux.
Quels sont ses atouts ?
L’Arachis pintoï tolère très bien l’ombrage et les engorgements temporaires ;
Il est capable de se développer sur des sols à fertilité moyenne ou pauvres, selon diverses conditions texturales.
Elle dispose d’un système racinaire puissant et présente une très bonne compétitivité par rapports aux adventices ;
Elle fixe l’azote atmosphérique pour le restituer au sol ;
Elle ne grimpe pas, ce qui limite le travail d’entretien ;
Elle se multiplie facilement par bouturage ;
Une fois la couverture bien installée, l’enherbement est maîtrisé.
Et ses inconvénients ?
Son installation peut être lente et nécessite un travail de sarclage durant la phase d’installation
(voir plus bas, comment remédier à cette contrainte).
Une fois installée, son éradication peut être difficile.
Pour quelles cultures l’Arachis Pintoï est-elle recommandée ?
Pratiquement toutes les cultures tropicales sont concernées : les vergers, les fruitiers à cycle annuel (bananiers, ananas…), mais aussi les vanilleraies, caféries. L’Arachis pintoï peut également
être associé aux cultures de céréales (en système de semis sous couvert végétal).
Les intérêts environnementaux et agronomiques
L’Arachis pintoï protège les sols contre l’érosion, même sur forte pente. Cette action peut être
optimisée en associant l’Arachis à des plantations de haies, sur les courbes de niveau.
Il améliore la structure du sol grâce à un système racinaire pivotant et dense ;
C’est un refuge de biodiversité : il favorise l’augmentation de l’activité biologique du sol (micro
et macro-organismes) ;
Il protège l’activité biologique contre les UV et l’échauffement néfaste et maintient l’humidité
du sol ;
Il améliore les caractéristiques chimiques du sol (fixation de l’azote -50 Kg/ha/an-, recyclage
de Ca, Mg, K et Oligo-éléments, forte aptitude à l’assimilation du phosphore, accroissement du
stock de carbone dans les sols grâce à la production de biomasse).
N°137 Août 2013
LA CALÉDONIE AGRICOLE
49
Fiche Technique
L’Arachis pintoi • plante de couverture pour
la protection et
la vie des sols
Quels en sont les intérêts économiques ?
Ceux-ci sont liés aux intérêts agronomiques et environnementaux pré-cités.
L’amélioration des caractéristiques physico-chimiques des sols par l’utilisation de l’Arachis pintoï peut induire une
augmentation des rendements et une réduction des apports d’engrais minéraux.
Le temps de travail est réduit tant au niveau de la préparation des sols que de gestion de l’enherbement.
Comment se procurer l’Arachis Pintoï et quelle variété choisir ?
La Station de Recherche Agronomique de Pocquereux (IAC) a importé des semences en provenance d’Australie et
les multiplie aujourd’hui par bouturage. Elle invite les agriculteurs à venir se procurer des boutures d’Arachis Pintoï en
quantité significative pour ensemencer leurs parcelles.
Comment implanter l’Arachis Pintoï ?
L’Arachis pintoï peut être multiplié à partir de semences ou de boutures.
Les semences sont chères et pas toujours disponibles, mais leur importation est possible.
Dans ce cas, il faut veiller à intégrer dans la commande, le « rhizobium symbiotique ». Constitué d’organismes vivants,
il sera utilisé pour praliner les semences et facilitera leur germination. Le pralinage sera constitué du rhizobium, de
calcaire, de gomme arabique et d’un peu d’eau afin d’enrober les semences par « collage ».
Il est cependant plus facile de procéder à une multiplication de l’Arachis pintoï par bouturage.
L’IAC obtient de très bons résultats en bouturant sous serre, sur plaques alvéolées, avec brumisation.
La densité de plantation recommandée est de 4 à 5 boutures/m2 (soit 40 000 à 50 000/ha).
Selon un travail d’expérimentation réalisé par l’université d’Hawaï avec cette même densité de plantation et sur une
surface de 4000 m2 en agriculture biologique, le travail de bouturage et de repiquage nécessite environ 15 heures de
préparation, 25 heures de mise en terre et 80 heures de désherbage manuel réparties sur les 8 premiers mois d’implantation.
La distance de plantation recommandée sur le rang et en inter-rang est de 30 à 40 cm.
Afin de faciliter le travail d’implantation sur la parcelle, la distance inter-rang acceptable peut aller jusqu’à 1 mètre.
Néanmoins, dans le cas où l’utilisation d’herbicide n’est pas envisageable pour contrôler les adventices (agriculture
biologique), il faut privilégier une implantation la plus dense possible.
Au bout de combien de temps peut-on espérer des résultats intéressants ?
Selon les résultats combinés des expérimentations de l’université d’Hawaï et de celles de l’IAC, en respectant les densités de plantation préconisées ci-dessus, la couverture du sol pourra parvenir :
• à 25% au bout de 4 à 8 mois ;
• à 50% au bout de 6 à 16 mois ;
• de 70% à 100% au bout d’un an à deux ans.
Un fauchage régulier dès que la couverture du sol est supérieure à 70% permet de stimuler le développement et d’obtenir une couverture de 100% plus rapidement.
Au bout d’un an de couverture totale, l’activité biologique du sol est 2 à 4 fois plus importante que sous tapis synthétique ou en l’absence de couverture végétale. La température du sol est plus faible et son humidité plus élevée.
Comment maîtriser des adventices jusqu’à couverture complète du sol ?
Afin de maîtriser les adventices, le temps de la couverture complète du sol par l’Arachis Pintoï, l’IAC procède à un
paillage abondant sur le rang de repiquage des boutures.
Une solution de repiquage consiste, lors de la préparation du sol, à épandre un grand nombre de boutures sur la parcelle qui seront ensuite enfouies superficiellement par un passage de cover-crop en position ouverte afin de ne pas les
sectionner.
50
LA CALÉDONIE AGRICOLE
N°137
Août 2013
Le décompacteur à dents courbes
FICHE Technique
Définition technique :
Outil d’ameublissement profond à dents rigides.
Utilisations :
Ce matériel est avant tout destiné à annuler un compactage
du sol qu’il soit naturel (jamais cultivé) ou artificiel lié à
des passages intempestifs d’animaux (pâturage) ou de
matériels (récolte). Il est souvent utilisé pour réaliser des
ameublissements profonds en remplacement du labour
(travail en double passages croisés).
Conditions d’utilisations :
• Vitesses d’avancement entre 3 et 6 km/h.
• Profondeur de travail : 35 cm maxi pour 25 cm utile.
• Equidistances entre dents : 55 à 65 cm maxi.
• Puissance absorbée 25 à 30 Ch. /dent.
MODE DE FONCTIONNEMENT :
Cette catégorie de matériel travaille en cisaillement
(ouverture du sol par la dent) en fendillement (fissuration
du sol) et en brassage vertical partiel (remontée de terre au
passage de la dent).
L’efficacité du décompacteur à dents courbes est
directement lié à l’état physique du sol (friable à sec) et à
l’écartement des dents (55 à 65 cm).
La vitesse d’avancement doit être adaptée aux conditions de
sol (compacité, humidité).
Avantages
- Grand pouvoir de
pénétration avec des
socs étroits.
- Outils adaptés
pour des travaux de
préparation du sol
(passage croisé) en sol
argileux friable à sec.
- Effet de brassage
vertical non
négligeable.
- Respect de la
structure du sol.
inconvénients
- Faible incorporation
de la matière organique
de surface.
- Peut laisser un état de
surface très bouleversé
en conditions sèches.
- Rapport poids
puissance du tracteur :
50 kg/Ch. minimum.
Equipements associés aux dents :
• Rouleau cage associé ou non
à des roues de jauge. Utilisé
pour un tassement des mottes
avec un effet d’écrasement.
• Le report du poids du rouleau
permet une stabilisation
longitudinale de l’appareil.
• Rouleau à disques gaufrés à
double rangées de disques
alternés.
• Travail en effet de coupe
assurant un pseudo
déchaumage.Ce type de
rouleau n’est associé qu’aux
décompacteurs.
• Socs à ailettes : ils sont utilisés
lors du second passage en cas
d’un double passage croisé.
• Les ailettes assurent un
bon brassage de l’horizon
travaillé mais réduisent le
pouvoir pénétrant des dents
contrairement aux socs étroits.
Option particulière indispensable :
Sécurité par boulon ou non-stop (automatique) obligatoire afin de protéger les dents et le bâti en cas de choc
contre une souche ou la présence d’obstacle souterrain.
N°137 Août 2013
LA CALÉDONIE AGRICOLE
Chambre d'agriculture de Nouvelle Calédonie, Plateforme Machinisme Agricole
57
économie
page
Exonération de la Taxe
Générale d’Importation
Chaque produit entrant sur le Territoire est soumis à différentes taxes
à l’importation dont la Taxe Générale d’Importation (TGI). La délibération
modifiée 69/CP, du 10 octobre 1990, fixe les modalités d’octroi des régimes
fiscaux privilégiés à l’importation dont l’exonération de TGI.
Il existe deux grandes catégories d’articles exonérés :
conditionnement et le transport pour
la commercialisation.
Agrégation
• Les biens d’investissements
Les matières premières sont des produits qui rentrent dans le processus
de fabrication des produits finis, en
subissant une transformation. La
notion de « matières premières »
peut être plus complexe pour des
entreprises agricoles que pour des
entreprises de transformation de
type industriel. Ces dernières doivent
déposer une demande auprès de la
Direction des Affaires Economiques
(DAE) qui présentera les demandes
auprès du Comité des Productions
Locales. Les entreprises seront alors
exonérées pendant 5 ans.
Pour pouvoir être agréé, vous
devez :
• être inscrit au registre de l’agriculture (ce qui implique d’être à jour
de sa cotisation et de sa mise à
jour au registre),
• tenir une comptabilité (Centre de
Gestion du Nord, Bureau de Gestion Agricole, comptable privé),
• être assujetti à l’impôt sur les bénéfices agricoles (faire une déclaration).
Ce sont les équipements et biens
immobilisés qui rentrent directement dans l’activité professionnelle
telle que décrite sur le RIDET (outils
mécanisés, stock yard, véhicules de
travail …). Il est donc important de
mettre à jour votre RIDET si votre
activité a évolué. Par exemple si vous
commencez une nouvelle activité sur
votre exploitation, comme la mise
en place d’un atelier de poules pondeuses en complément de votre activité de maraichage.
Les biens d’investissements sont les
immobilisations qui vont s’amortir,
c’est-à-dire s’user sur plusieurs années. Les agriculteurs peuvent soient
les acquérir directement, soit passer
par un cabinet de défiscalisation (cf
LCA n°136).
• Les matières premières
Il s’agit de produits rentrant dans
la composition des produits et les
emballages permettant d’assurer le
58
LA CALÉDONIE AGRICOLE
Pour les agriculteurs, la procédure est
plus simple : les intrants exonérables
pour les différentes filières végétales,
animales, sylvicoles et d’aquacoles
sont repris directement dans l’annexe
5 de la délibération 69/CP. La notion
de « matières premières » y est plus
large, car tout ne se retrouve pas automatiquement dans les productions
agricoles, mais participent à leur élaboration. Enfin, les emballages servant au transport et à la commercialisation sont aussi listés.
La TGA et la TGI ?
La Taxe Générale sur l’Activité
(TGA) serait applicable au cours de
l’année prochaine. La TGA, dans
l’ancienne version, devait remplacer
5 taxes existantes dont la TSS et la
Taxe de base d’Importation (TBI).
Mais, comme dans toute réforme
sur la fiscalité, il est important de
rester vigilant quant aux modifications apportées.
N°137
Août 2013
éco’
Page
Fiche pratique
La facturation,
un acte obligatoire
Toute vente de produits effectuée dans l’exercice de votre activité à un
professionnel doit faire l’objet d’une facture.
Toute vente de produits effectuée dans
l’exercice de votre activité à un professionnel doit faire l’objet d’une facture.
C’est au vendeur qu’incombe l’obligation de rédiger et de transmettre la
facture au vendeur. En cas de livraison
multiples et de facture récapitulative,
toutes les informations doivent être
inscrites sur l’ensemble des documents.
Pour les producteurs de fruits et légumes, il existe un régime de limitation de la marge commerciale entre le
prix de vente unitaire (PU), c’est-à-dire
quand vous vendez votre production,
et le prix limite de vente au consommateur (PLVC). Vous êtes donc tenu
de mentionner le prix de vente maximum sur votre facture. Vu les dernières
délibérations sur le double étiquetage,
toutes les mentions sont importantes.
Les différentes possibilités, selon
votre interlocuteur :
• Votre client est un détaillant :
PLVC = 1.35 x votre prix de vente unitaire
• Votre client n’est pas détaillant :
PLVC = 2 x votre prix de vente unitaire
Mais sur certains produits, il existe de
plus une limite à cette marge commerciale :
• 300 F CFP/kg pour les salades et les
tomates,
• 150 F CFP/kg pour les courgettes,
choux, carottes, citrons et limes,
• 100 F CFP/kg pour les oignons et les
concombres.
Exemple d’une facturation d’un agriculteur à un colporteur, sur un bordereau du marché de gros.
Producteur tu- es...
• Producteur, tu en seras responsable ;
• Le numéro, tu incrémenteras ;
• Ton identité, tu déclineras ;
• La date et lieu, tu noteras ;
• Le produit, tu mentionneras ;
• La quantité, tu pèseras ;
• Les prix unitaire, tu mentionneras ;
• Le prix maximum de vente, tu
détailleras ;
• La signature, tu apposeras ;
• En plusieurs exemplaires, tu la
feras ;
• Au marché de gros, tu déposeras ;
• Les bons de livraison, tu regrouperas.
Vie du registre de l’agriculture
Au 10 juillet 2013, 2 708 agriculteurs étaient inscrits au registre de l’agriculture, répartis façon suivante :
Nbre d'agriculteurs
inscrit au RA
SUD
NORD
101
31
Inscrit définitif
1643
785
148
2576
Total général
1744
816
148
2708
Sous engagement
• 65% en province Sud • 30% en province Nord • 5% en province Iles.
Depuis le 1er janvier 2013, 125 personnes se sont inscrites et 53 ont demandé leur
radiation. Sur les 2 576 inscrits, 2065 ont réglé leur cotisation en 2013, soit 80%
pour un montant total de 7,7 millions F CFP.
N°137 Août 2013
Provinces
ILES
NC
132
SUD
NORD
ILES
NC
Inscriptions 2013
75
45
5
125
dont avec
engagement
52
15
0
67
dont définitif
23
30
5
58
Radiations
34
17
2
53
Solde 2013
41
28
3
72
LA CALÉDONIE AGRICOLE
59
Formation
Lancement du
CERTIPHYTO
en Nouvelle-Calédonie
Pour le bien-être de tous, tout acte professionnel portant sur l’utilisation, la
distribution, la vente de produits phytopharmaceutiques, sera bientôt soumis
à la détention du certificat individuel pour les produits phytopharmaceutiques.
Plus communément appelé Certiphyto-NC, ce certificat atteste des connaissances
nécessaires à l’utilisation de certains produits phytosanitaires à usage agricole.
La délibération n°217 du 14 août 2012
donnant un délai de deux ans aux utilisateurs de certains produits phytosanitaires à usage agricole, les premières
sessions de formation Certiphyto-NC
ont commencé dès le mois de mai 2013.
Les sessions de formation Certiphyto
vont continuer à un rythme soutenu sur
les années à venir pour former tous les
agriculteurs et distributeurs désirants
obtenir cette qualification.
Qui est concerné ?
Les personnes physiques qui utilisent
certains produits phytopharmaceutiques
à usage agricole telle que prévue par la
délibération n° 217 du 14 août 2012:
• soit pour leur propre compte
• soit dans le cadre de leur activité professionnelle à titre salarié
• soit dans le cadre d’entraide à titre gratuit
Les distributeurs et applicateurs prestataires de services de produits phytosanitaires à usage agricole, telle que prévue
aux articles 39 - alinéa a, et 41 - alinéa
a, de la délibération n° 217 du 14 août
2012.
Comment obtenir le Certiphyto –NC ?
Pour les agriculteurs et leurs employés
par :
• l’obtention d’un certificat attestant de
60
LA CALÉDONIE AGRICOLE
la participation à une session complète
de formation Certiphyto-NC « Exploitant agricole » dispensée par un centre
de formation habilité.
• l’équivalence, pour les exploitants agricoles titulaires de l’un des diplômes,
certificats ou attestations dont la liste
fera l’objet d’un arrêté du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.
Pour les distributeurs et applicateurs de
produits phytosanitaires par :
• l’obtention d’un certificat attestant de
la participation à une session complète
de formation Certiphyto-NC « Distributeurs et applicateurs de produits phytosanitaires à usage agricole» dispensée par
un centre de formation habilité.
• l’équivalence, pour les exploitants agricoles titulaires de l’un des diplômes,
certificats ou attestations dont la liste
fera l’objet d’un arrêté du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.
Quelle est la durée et le contenu de
la formation Certiphyto-NC ?
Pour les agriculteurs et les salariés agricoles : La formation se déroule sur trois
jours et permet de traiter cinq séquences.
La spécificité de cette formation est d’insister sur la mise en situation pratique en
dédiant la dernière journée à de la pratique.
Détails du contenu des cinq sessions du
Certiphyto-NC « Exploitant agricole » :
Séquence 1 - Les risques sanitaires,
réglementation, prévention et bonnes
pratiques
• Cadre réglementaire de la NouvelleCalédonie,
• Définition des produits phytosanitaires
à usage agricole,
• Produits autorisés et produits illégaux,
• Réglementation du transport et du
stockage,
• Utilisation des produits.
Séquence 2 - Les risques environnementaux, réglementation, prévention
et bonnes pratiques :
• Dangerosité pour l’environnement,
• Impact sur plantes non cibles, insectes
utiles, faune sauvage, biodiversité,…
• Connaissance des dangers des produits,
• Situation d’exposition aux dangers,
• Prévention des risques.
Séquence 3 - La réduction des risques
et son application dans l’usage au quotidien :
• Dangerosité des produits,
• Situation d’exposition aux dangers,
• Catégories de populations sensibles,
• Mesures à prendre pour réduire les
risques pour les êtres humains,
• Conduite à tenir en cas d’intoxication
aiguë ou d’accident.
N°137
Août 2013
Formation
Agenda
Séquence 4 - Améliorer et changer ses
pratiques en réduisant le recours aux
produits phytosanitaires chimiques :
• Méthodes et produits de biocontrôle
utilisant des mécanismes naturels,
• Evaluation comparative de l’utilisation
des produits,
• Evaluation de la nécessité d’intervenir:
évaluation du risques/ ravageurs,
• Raisonnement des interventions,
• Choix des produits: efficacité, toxicité,
coût,…
Séquence 5 - Mise en pratiques des
connaissances et autodiagnostic.
Pour les distributeurs et applicateurs
de produits phytosanitaires à usage
agricole :
La formation se déroule sur trois jours
et permet de traiter en quatre séquences,
les connaissances nécessaires aux prestataires de service pour vendre ou appliquer des produits phytosanitaires à usage
agricole.
Séquence 1 - Réglementation :
• Cadre réglementaire de la NouvelleCalédonie,
• Définition des produits phytosanitaires
à usage agricole,
• Produits autorisés et produits illégaux,
• Réglementation du transport et du stockage,
• Utilisation des produits,
• Responsabilité de l’employeur, de l’applicateur,
• Responsabilité vis-à-vis des tiers,
• Législation liée à l’agrément d’entreN°137 Décembre
N°134
Août 20132012
prise,
• Obligations réglementaires en matière
de suivi des produits,
• Réglementation spécifique à l’activité
professionnelle.
Séquence 2 - Prévention des risques
pour la santé :
• Risques liés à l’utilisation des PPUA,
• Mesures à prendre pour réduire les
risques pour les êtres humains,
• Conduite à tenir en cas d’intoxication
aiguë ou d’accident.
Séquence 3 - Prévention des risques
pour l’environnement :
• Risques pour l’environnement et les
principales voies de contamination,
• Prévention des risques.
Séquence 4 - Diagnostic de situation
visant à limiter le recours aux PPUA :
• Techniques alternatives à l’utilisation
des PPUA,
• Evaluation comparative de l’utilisation
des produits dans une perspective d’information.
Où s’inscrire pour suivre la formation
Certiphyto-NC ?
• Auprès du centre de formation ou dans
les antennes de la Chambre d’agriculture,
• Dans les différents CFPPA.
Cette formation est actuellement dispensée gratuitement aux agriculteurs via des
financements de la Nouvelle-Calédonie
et des provinces.
des formations
PROVINCE NORD
• Présentation de la filière bovine
et son environnement économique
et administratif
Octobre 2013 à Pouembout
• Production fourragère, gestion du
pâturage :
17 & 18 septembre 2013 à Pouembout
PROVINCE SUD
• Production fourragère, gestion du
pâturage :
21, 22,23 août 2013 à Nessadiou
.Nouvelles Formations
La CANC innove cette année en
mettant en place des formations
nouvelles pour les agriculteurs :
• Prise en main de l’outil
informatique
durée 1 jour – octobre 2013
• Les bases d’Excel pour pouvoir
calculer son coût de revient
durée 1 jour – dernière semaine du
mois d’août 2013
• Initiation à la commercialisation
des productions agricoles et agroalimentaires
durée 1 jour – septembre 2013
• Communication auprès des
médias
date à définir
LA CALÉDONIE AGRICOLE
61
tourisme
Agri-
Les produits fermiers
de Jean-Louis Dumont
Jean-Louis Dumont est un éleveur de la Tamoa. Il vit sur ses 60 ares de
terre au contact des bêtes. Avec un élevage de cailles de toutes sortes, son
exploitation agricole est aussi un lieu de détente pour les visiteurs d’un jour. Portrait…
C’est petit à petit que Jean-Louis a commencé son élevage de cailles, après l’acquisition de son terrain dans les années
70. A l’époque, il travaillait à la Société
Shell. Mais c’est en 1990, qu’il décide
de tout arrêter pour se lancer dans l’élevage des cailles. Aujourd’hui, il possède
également de la volaille d’ornement,
comme des perdrix et des faisans.
Son activité consiste à faire naitre des
cailles en couveuse, puis de les engraisser en cage. Six semaines plus tard, elles
sont abattues et livrées vers quelques
boucheries, dans les foires et les marchés. Une petite clientèle lui en commande régulièrement. Aujourd’hui, il
possède 1 400 cailles, et en abat environ
400 par semaine.
Oeuf de Caille
64
Un site à la disposition
des amoureux de la nature
Située à 30 minutes de Nouméa, l’exploitation agricole est un lieu idéal pour
passer un moment en toute tranquillité,
en pleine nature. D’ailleurs, Jean-Louis
reçoit régulièrement des groupes de
personnes qui réservent le site pour une
journée à l’occasion d’un anniversaire,
d’une fête ou pour une réunion. Les
gens peuvent amener le nécessaire pour
cuisiner sur place.
Membre du réseau
Bienvenue à la ferme
C’est à l’occasion d’une foire de Bourail
que le réseau Bienvenue à la ferme a
pris contact avec lui pour lui expliquer
Cailleteau
LA CALÉDONIE AGRICOLE
le principe : « C’était en 2001, le réseau
Bienvenue à la ferme recherchait des candidats car l’implantation du réseau en Nouvelle-Calédonie ne datait que d’un an. »
Il a ensuite été invité par le réseau pour
participer à un marché paysan organisé chez Jean-Jacques Delathière, à
la Ferme Auberge de Pierrat. L’année
suivante, Jean-Louis comptait parmi les
membres officiels du réseau Bienvenue
à la ferme. « Lorsque j’ai pris connaissance
du réseau Bienvenue à la ferme, j’ai voulu
m’y joindre pour mieux faire connaître mon
activité, et ainsi pouvoir être en contact avec
plus de personnes. Cette adhésion m’a apportée de la publicité et j’ai pu nouer de bonnes
relations avec les autres membres du réseau ».
Caille
commune mâle
N°137
Août 2013
Agri-
tourisme
Fiche technique
La Caille
Jean-Louis participe à la Foire de Bourail, à la Fête du cerf et de la crevette,
aux marchés paysans qu’organise le
réseau Bienvenue à la ferme, où il y
vend ses cailles sur pied ou destinées à
la consommation.
Il s’est principalement fait connaître par
ses participations aux manifestations
publiques, grâce à Bienvenue à la ferme
ou encore par le bouche à oreilles.
Le saviez-vous ?
L’élevage de la caille s’appelle
la Coturniculture
Caille Blanche
N°137 Août 2013
Nom commun : caille
Genre : coturnix, famille des
phasianidés
Cri : margote ou carcaille
Petit : cailleteau
Durée de vie : environ 3 ans
Poids : 300 à 360 grammes
Habitat : s’élève en cage
Nourriture : aliments spécifiques selon
l’âge :
Petits : nourriture émiettée
Adultes : cailles à l’engrais (vermicelles)
Reproducteurs : caille repro
(vermicelles)
Fécondité : un peu plus de 2 mois en
Nouvelle-Calédonie (environ 35 jours en
Europe).
Sexage : sur les cailles communes :
Caille Tuxedo
Caille
commune femelle
Femelle : plastron clair tacheté de
points noirs.
Mâle : plastron plus clair et uni.
Sur les cailles de couleur unie, il faut
attendre l’apparition des attributs
sexuels
Couvaison : la caille ne couvant pas, il
faut placer les œufs en couveuse entre
16 et 18 jours.
Abattage : environ 6 semaines.
Soins particuliers : les cailles ne
doivent pas être mouillées ou attraper
froid au risque de mourir.
Caille Isabelle
LA CALÉDONIE AGRICOLE
65
Les petites annonces agricoles
Animaux à vendre
13707
Bœufs - Tél. 79 80 48
13706
Taureau SANTA, agé de 7 ans classe espoir
180000F - Tél. 44 31 08
13705
11 génisses F1 brahmousines de 10 à 12 mois.
Prix : 90 000 F/unité - Tél : 76 17 71/42 77 65
13703
La Foa - vends troupeau de vaches Bramousine,
Limousine - Tèl : 78 92 35
13601
Brebis 15000 F - Tél : 90 26 22
13605
Nouméa - 40 rouleaux de 200 m barbelé TEXAS
11,5kg - 5 000 F / rouleau ou 180 000 F le lot
Tél : 26 97 99
13604
Poya - Pelle 951 en état de marche - 600 000 F /
Covercrop 20 disques - 600 000 F - Tél : 77 40 28
13516
Tracteur RENAULT CLAAS, modèle Pales 220-4RM
56cv avec CoverCrop porté Quivogne 1,80m Etat
neuf sept 2009 + divers tuyaux Galva 60 &100
avec tourniquets à voir - Prix 2M5
Tél : 70 30 40
13509
Tracteur New Holland 95 cv 2 800 000f - Enrouleur 90/400 - 1 000 000f - Gaïc 2,50m 1 000f/u
Tél : 82 26 25
Recherche de matériel
13518
GIRO-BROYEUR 2m10 marque GARET
si possible en TBE - Tél : 77 78 86
13609
Niveau brevet professionnel en aménagement
paysagé cherche emploi - Tél : 83 36 97
13517
EOLIENNE en bon état de fonctionnement
Tél : 78 31 78
13608
Recherche emploi de stockman sur tout le
territoire - possède une bonne expérience dans le
milieu equestre - Tél : 72 52 09
13506
Recherche un moteur IVECO 3 CYLINDRES
Tél : 35 18 46
13602
Boulouparis - Recherche Employé agricole
Tél : 35 18 46
13502
Recherche à l’achat Tracteur New Holland Fiatagri 45-66S en état de marche ou en épave pour
pièce - Tél : 81 85 73
Matériels à vendre
13708
Tracteur Hurliman - 100 CV, climatisé avec godet.
100 h de marche , moteur et embrayage refait.
Prix 2 800 000 F - Tél : 78 30 90
Terrains à vendre
13702
Mouirange - tarrain plât de 2,8 ha arboré avec
rivière. Prix : 26 MF - Tél : 41 50 51
13610
Pick Up Utah 5 places, 50 000 km.
1 000 597 F. VHL en défisc, reprise du contrat de
défiscalisation, transfert de préférence à un autre
agriculteur - Tél : 78 63 41
13606
Nouméa - LAND ROVER Td5 manuel HS série
228 000 vendu en l’état avec 6 pneux 700 000 F Tél : 26 97 99
13607
haute Pouéo commune de Bourail - Propriété à
vocation agricole d’une superficie de plus de 100
ha, avec habitation 100 m².
Tél : 79 82 66
13520
POYA - Propriété d’élevage de 165ha + location
cheptel complet, 3 chevaux, matériels, maison
d’habitation, 2 docks
Tél : 84 89 39
13704
Bourail - recherche terrain (Nekou, Col Daoui,
Nandaï), calme entre 1 et 5 ha
Tél : 41 53 31 (dom) - 44 12 36 (bur)
13519
LA FOA, lieu dit Pierrat 20ha prix 30MF
Tél : 44 34 59 / 86 92 67
13513
Mouirange - A vendre exploitation agricole de 33
ha pour cause de santé, excellent chiffre d’affaires
Tél : 77 29 22 / 43 59 20
13505
Païta - Terrain de 9 ha Forêt avec grand creek
pour amoureux de la nature. Prix 20 MF
Tél : 84 49 91
13504
Païta - Terrain de 12 ha Pâturage Forêt. Prix 25 MF
Tél : 84 49 91
Recherche de terrains
13704 Bourail - recherche terrain (Nekou, Col
Daoui, Nandaï), calme entre 1 et 5 ha
Tél : 41 53 31 (dom) - 44 12 36 (bur)
13701
Région de la Foa - Recherche terrain entre 10 et
20 ha - Tél : 92 16 88
13508
Dumbéa - Agriculteur recherche terrain de 2 à 5
ha - Faire offre - Tél : 76 64 50
Végétaux à vendre
13507
Kaala Gomen - Balles rondes de foin pour paillage. Prix 2500 F / balle
Tél : 47 67 70 / 79 10 24
13603
Au Cap à Bourail - terrain de 19ha45 en bord de
rivière, entièrement cloturé
Tél : 79 51 77
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N°137
Août 2013

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