les textes du site atlas-igoudar

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Les textes du site
Histoire et Culture
Origines Vie & Espèces - Architecture - Gravures rupestres
Sépultures et sanctuaires - Habitat - musique - littérature
Dernière mise à jour le 14/08/2016
Introduction
Ce site a pour but de réveiller la conscience concernant un héritage culturel qui est en grand
danger faute d'entretien. Atlas-Igoudar rassemble plusieurs facettes de la culture berbère et
montre cette continuité depuis Îles Canaries jusqu'à l'Oasis de Siwa en Egypte.
L’ambition du site Atlas Igoudar est d’être 100% culturel, laïque, et sans ambitions politiques.
L’Habitat fortifié
Au Maroc
Plusieurs Igoudar servent encore aujourd'hui à la conservation des provisions et richesses des
populations locales et, malheureusement, d'autres sont laissés à l'abandon et commencent à
tomber en ruine. Notre savoir sur les Igoudar est si médiocre qu'il existe un gouffre surprenant
entre leur haute importance économique et culturelle dans l'histoire et les connaissances
scientifiques et médiatiques que l'on en a.
Agadir, singulier de Igoudar : le mot a de multiples significations, notamment grenier collectif
fortifié, village, falaise ou mur. Agadir a le sens de "mur" dans le Sud et dans le Moyen Atlas,
qui emploient Igherm pour désigner la forteresse et de "forteresse" et "grenier collectif" dans
les parlers du groupe Tachelhit qui connaissent "Igherm" avec le sens de "mur en pierre
sèche". On les trouve un peu partout dans le Maghreb : en Algérie, Libye, Mauritanie, Tunisie
et même en Afrique subsaharienne.
Son utilité principale est d'emmagasiner les richesses et les réserves alimentaires. Mais c'est
aussi une place de transactions commerciales, de lieu de rencontre, de fondouk pour les
caravanes. C'est la "Jamaa" (assemblée des habitants du douar) qui décide de la construction
ou des réparation de l'Agadir. Souvent construit en trois étages, parfois jusqu'à cinq, et sont
composés de chambres ouvertes vers l'intérieur et muni d'escaliers.
Afrique
Egypte
L'oasis de Siwa
(Siouah) est l'extrémité occidentale des régions de l'Afrique du Nord où l'usage de la langue
berbère s'est conservé. L'oasis abrite le temple de l'oracle d'Amon, divinité à tête de bélier, son
nom "Imen" signifie "le Caché", l'origine de son culte remonte à 10.000 ans et viendrait de
Libye - sable se dit "ammos" en grec. Le temple est célèbre dans l'histoire pour avoir accueilli
Alexandre le Grand.
L'oasis de Siwa s'abreuve des nappes souterraines et les deux grands lacs sont allimentés par
l'eau de drainage d'une agriculture multimillénaire où s'accumulent les sels qui viennent saturer
l'eau. La commercialisation des produits du palmier dattier avec les caravanes des routes
transsahariennes est très ancienne.
Libye
Le grenier collectif de Qasr al Haj.
Edifiée au XIIIe siècle sur quatre niveaux, la première partie de son nom (Ksar = château en
arabe) évoque une forteresse. La seconde (Al Hajj) évoque le créateur du grenier : "Al Hajj" est
en effet "celui qui a accompli le Pèlerinage". Autre trace notable laissé par le créateur : le
grenier est composé de 114 cellules, soit le nombre de sourates (chapitres) que comporte le
Coran.
Libye - Kabaw
Originaire du XVe siècle, il est composé de 300 cellules environ. Même partiellement ruiné, il
reste superbe.
Tunisie
Chenini
Chenini est un village troglodytique berbérophone du sud de la Tunisie situé à 18 km de
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Tataouine. Juché sur une butte à environ 500 mètres d'altitude. Il s'agit d'un lieu de stockage
des réserves alimentaires et des biens de valeur qui servait également de refuge en cas
d'attaque.
Ksar Ouled Soltane
Situé au sud-est de Tataouine, est l'un des plus remarquables grenier de Tunisie. Il offre la
particularité de disposer d'une deuxième cour, datant du XIXe siècle, qui prolonge la première
construite au XVe siècle environ. Il dispose de 400 cellules de stockage, appelées ghorfas, qui
sont réparties sur quatre ou cinq niveaux. Il y a d'autres greniers à Tazaghdent, Techout et Béni
Oussine.
Douiret
Douiret est un village berbère du sud-est de la Tunisie. Situé à 20km de Tataouine. Il se divise
en deux parties : le village ancien, constitué d'habitations troglodytiques creusées dans les
collines, et le nouveau village situé à flanc de colline. L'ancien village est formé de petites
habitations, appelées ghiren (pluriel de ghar signifiant grotte). Les populations qui ont construit
ce type de villages fortifiés sont appelées les Jbaliya (gens de la montagne).
Algérie
Ghoufi
Taillé en cascades dans la roche argileuse, ces balcons naturels ont attiré l'homme depuis la
nuit des temps. Ces habitations datent de quatre siècles. Un long canyon, qui abrite l'Oued
Abiod (Ighzir Amellal), traverse toute la contrée de Tifelfel à M'Chouneche. Au tournant de
chaque balcon se trouve un village au milieu duquel se dresse une taqliath, un bâtiment de
plusieurs étages contenant un nombre de chambres égal au nombre de familles, servant à
l'entrepôt des récoltes et des provisions.
Timimoun
Située à l'ouest du plateau de Tademaït. La ville domine la Sebkhra qui est l'ancien site de ce
qui fut autrefois tantôt un fleuve, tantôt une étendue lacustre. Timimoun est entourée d'un
ensemble d'oasis qui bordent le grand erg occidental. Il y a de nombreux siècles des bateaux
empruntaient la Sebkhra, comme en attestent des écrits anciens ainsi que la tradition orale.
Certains villages de ses rives auraient des noms de ports, aujourd'hui disparus.
Algérie
Ghardaïa
Ghardaïa, fondée en 1048 ou 1053 sur la rive droite de l'Oued M'zab et en amont des quatre
autres centres de la Pentapole par deux frères Slimane et Mohammed ben Yahia, cette ville
devint rapidement la capitale commerciale du M'zab.
Les maisons de Ghardaïa sont accolées, ce qui a pour effet de réduire les surfaces exposées
au soleil. Les ruelles, étroites, sinueuses, protègent du soleil. La ventilation de la rue est
assurée par les passages couverts, ol l'air subit une forte accélération, même par vent faible.
La Chebka, ce plateau rocheux du nord du Sahara est entaillé par l'oued M'zab. C'est ici qu'au
+Xe siècle s'installèrent les Ibadites, une communauté berbère mise au ban pour sa vision
dissidente de l'Islam. Pour les Ibadites, la région du M'zab fut d'abord un refuge. Il leur fallait
trouver un endroit sûr pour échapper aux persécutions menées par les califes fatimides.
Au XIe siècle, ils y fondent cinq cités fortifiées : les ksour d'El-Ateuf, de Bou-Noura, de
Ghardaïa, de Melika et de Beni-Isguen.
Ghardaïa tire son nom du mot amazigh tagherdayt. Aujourd'hui capitale du Mzab. Sa date de
fondation est 1048 ou 1053. C'est une cité (Aγerm) de type ksourien. Son architecture
traditionnelle a largement inspiré l'œuvre de Le Corbusier.
De sa splendeur architecturale, il est incontestablement évident de retenir la forme futuriste du
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mausqolée de Sidi Brahim El Atteuf, construit hors des murs il y a près de mille ans. Le
mausolée a servi de modèle au Corbusier pour édifier, en 1953, la célèbre chapelle de
Ronchamp, en Haute Saône.
Mzab
La région du Mzab a été peuplée par des communautés troglodytes à partir du Néolithique. On
connaît assez mal ces premiers habitants. En tout, le Mzab a vu naître 25 cités aujourd'hui
disparues. Durant l'Antiquité, les romains notèrent la présence de rares campements nomades
numides avant Jésus-Christ, berbères ensuite.
À partir du Xe siècle, après la chute de leur empire Rostémide et soucieux de laisser une
distance dissuasive avec leurs détracteurs fatimides, les survivants de la famille royale
guidèrent leurs citoyens dans la région inhospitalière de la Chebka (filet), où ils entamèrent la
construction de leurs villes fortifiées.
Mêlés aux populations berbères présentes, ces premiers habitants du Mzab s'appelèrent les
Béni Mzab (enfants du Mzab).
Beni-Isguen
Fondée en 1347 au confluent de l'oued N'tissa et de l'oued M'zab, elle ne fut d'abord qu'un
petit village grossi au XVIe siècle d'éléments émigrés de Ghardaïa. C'est aujourd'hui, après
Ghardaïa, la ville la plus importante de la Pentapole.
Ville sainte du M'zab, foyer intellectuel de l'Ibadisme, Beni-Isguen occupe une position toute
particulière dans la sentimentalité mozabite. Sa rigoureuse propreté, la belle ordonnance de
ses rues et de ses maisons, ses remparts intacts attirent l'attention.
Beni-Isguen a perdu son ancienne importance commerciale au profit de Ghardaïa située à 2
km seulement. Elle possède cependant un marché aux enchères quotidien très couru qui est
une sorte de bourse de l'artisanat.
Algérie
Sources chaudes
Hammam Essalihine
Hammam Essalihine (Aquae Flavianae) ex-Fontaine-Chaude, est un bain romain qui existe
depuis 2.000 ans.
D'après les inscriptions le complexe a été exploité ou probablement reconstruit vers la dynastie
des Flaviens dans le temps de Vespasien en +69. Une autre inscription indique que le lieu a
subi une réparation par Septime Sévère en +208. Il existe des centaines de sources ou
fontaines chaudes en Algérie, et certaines de ces sources ont été utilisées depuis des milliers
d'années.
La température de ses eaux avoisine les 70 °C, sa composition chimique lui confère des
propriétés thérapeutiques indiquées pour les maladies rhumatismales, respiratoires et
dermatologiques. La station thermale dispose de 40 cabines pour bain thermal, de 5 piscines
d'eau chaude et enregistre jusqu'à 700.000 visiteurs annuels. Situé dans une région
montagneuse et forestière (Aurès) au climat particulier, c'est un lieu de prédilection pour les
nombreux touristes. La piscine romaine circulaire est unique au monde et le vestige a été
réhabilité récemment.
A ce paysage naturel unique allié aux vestiges antiques où se situe la station thermale
Hammam Essalihine s'ajoutent de nombreuses structures d'accueil existantes ou programmées
dans le cadre de projets d'investissement afin d'accueillir les visiteurs. La source de Hammam
Essalihine est très riche en minéraux, cette eau est si pure qu'elle n'a besoin d'aucun filtrage.
Elle refroidit naturellement avant d'arriver dans les bassins où elle est continuellement brassée.
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De récents travaux ont permis de réaménager 45 chambres pour loger visiteurs et curistes. Le
complexe thermal offre tous les soins appropriés aux cures : matériel de relaxation, de
massage, de rééducation fonctionnelle en plus des séances d'hydrothérapie que dispense un
couple de kinésithérapeutes.
Les bains ont permis à d'autres structures d'accueil privées et publiques de voir le jour.
Hammam Meskoutine
Hammam Meskhoutine (bain des damnés) se situe à 15 km de la ville de Guelma au nord-est
de l'Algérie et est une des nombreuses stations thermales de cette région.
Le nom du site vient de la légende de Hammam Meskhoutine.
La température de l'eau de Hammam Meskhoutine n'est dépassée au niveau planétaire que
par celle des geysers d'Islande. Elle atteint effectivement une température de 97 °C, son débit
est de 1 650 litres par seconde : près de 100.000 par minute. L'eau a édifié aux cours des
millénaires une majestueuse cascade en calcaire riche en couleurs et en formes.
Sur le site on trouve également de nombreuses formations de formes conoïdes.
Hammam Chellala désigne un complexe thermal se trouvant sur les lieux. Hammam Dbegh
désigne quant à lui la commune.
Mauritanie
Chinguetti
Fondée à la fin du XIIIe siècle, la ville fut un important centre de commerce caravanier entre
l'Afrique du Nord et l'Afrique noire, et surtout la plus grande métropole culturelle de la région
depuis le début du XVIe siècle. Elle témoigne d'un mode de vie traditionnel, centré sur la
culture nomade, de la population du Sahara occidental. Elle est devenue la 7e ville sainte de
l'islam sous le nom de "ville des bibliothèques".
Mali
Bandiagara
Cette falaise est la limite orientale d'un plateau gréseux situé au sud-est du fleuve Niger. La
falaise domine la plaine sableuse du Seno-Gondo. Dans la paroi d'un couloir rocheux nommé
"toloy" et situé non loin de Sangha, une grotte a livré les premières traces d'occupation
humaine : des greniers faits de boudins de glaise superposés, de la poterie et des restes de
végétaux, remontant aux -IIIe et -Iie siècles. Cette phase culturelle est nommée toloy. Treize
siècles plus tard, ces greniers furent réutilisés par les Tellem.
Mali
Tombouctou
Timbuktu, aussi appelé Le Chagrin des oiseaux, est un film dramatique franco-mauritanien
réalisé par Abderrahmane Sissako, sorti en 2014.
Partiellement tourné à Oualata (Mauritanie), le film est présenté en sélection officielle au
festival de Cannes 2014 – dont c'est le seul long métrage africain en compétition – où il
remporte le Prix du jury œcuménique et le Prix François-Chalais récompensant les valeurs du
journalisme. Il est sélectionné pour représenter la Mauritanie à l'Oscar du meilleur film en
langue étrangère aux Oscars du cinéma 20154. Il est récompensé par sept Césars en 2015
dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur.
Au Mali, des islamistes investissent la ville de Tombouctou et y imposent la charia. Ils
bannissent la musique, le football, les cigarettes, procèdent à des mariages forcés, persécutent
les femmes et improvisent des tribunaux qui rendent des sentences injustes et absurdes.
Malgré la férocité de leur répression, la population résiste avec courage. Les premiers
campements des nomades berbères et touaregs remontent aux premiers siècles de
l'histoire écrite. La ville n'apparaît cependant dans l'histoire qu'au XIVe siècle quand l'empereur
du Mandé, Mansa Moussa, fait construire à partir de 1325 la mosquée Djingareyber, par
l'architecte Abou Ishaq es-Sahéli, qui est achevée en 1328. En 1353, le voyageur tangérois Ibn
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Batouta visite la ville.
Tombouctou connait son apogée au XVIe siècle, jusqu'à la chute en 1590 de l'Empire songhaï.
La ville passe alors sous domination Saadienne de Marrakech c'est le Pachalik de Tombouctou.
En octobre 1591, se produit un soulèvement de la population, dont les plus illustres savants
(incluant Ahmed Baba) sont exilés à Marrakech. En 1760, les Touaregs chassent les derniers
Marocains de la ville.
L'Empire peul du Macina conquiert la ville en 1825.
Destrucrion par le feu de manuscrits ancien par les islamistes en 2013. Institut Ahmed Baba Tombouctou.
Ksar el Barka
Situé dans la région du Tagant, entre Tidjikja et Tichitt. Ksar el Barka fut fondé par les Kountas
venus de Ouadane en 1690.
Niger
Djado
Le Niger est un carrefour grand comme deux fois la France où se côtoient peuples sédentaires
et nomades. Le village de Djado est situé sur l'ancienne route caravanière entre Agadez et
Bilma. Le village, maintenant abandonné, fut jadis prospère grâce à ses salines. Le plateau de
Djado abrite aussi des gravures rupestres.
Le Grand Zimbabwe
On considère généralement que les premiers résidents du Grand Zimbabwe, le peuple Shona,
s'implanta ici vers -400. La construction et l'occupation de la ville continuèrent jusqu'au XVe
siècle. Le type de pierres trouvées sur le site donne une indication de la stratification sociale.
Le Grand Zimbabwe est le nom donné aux ruines d'une ancienne cite d'Afrique méridionale,
située à une quinzaine de kilomètres au sud de la ville de Masvingo, dans le sud du Zimbabwe.
Elle fut autrefois le centre d'un vaste empire connu sous le nom d'Empire Monomotapa (ou
Munhumutapa), qui couvrait les territoires des actuels Zimbabwe (qui prit son nom de la ville) et
du Mozambique.
Niger
Tahoua
Tahoua se trouve à la limite de la zone des cultures et de la zone sahélienne où nomadisent les
Peuhls, les Arabes et les Touaregs, au centre d'une région pastorale et agricole dont
l'aménagement est poursuivi sur les sites de culture de contre-saison par les populations
nomades sédentarisées à Keita, Konni, Bouza et Abalak.
Ethiopie
Monastère de Debre Damo
L'Ethiopie se trouve au cœur de l'histoire de l'humanité. Le pays abrite les restes parmi les plus
anciens hominidés connus. Des recherches menées dans la région d'Axoum montrent que la
région est occupée par une population de l'âge de pierre depuis environ -10.000.
Le monastère de Debre Damo est un monastère éthiopien orthodoxe situé près de la ville
d'Aksoum. Etabli sur une plate-forme montagneuse, il est accessible uniquement à l'aide de
cordes en cuir d'une longueur de quinze mètres et son accès est interdit aux femmes. Il compte
plus de 600 moines.
L'Église d'Éthiopie affirme avoir été fondée par Philippe au Ier siècle, mais elle ne devient
religion officielle du royaume d'Axoum qu'au IVe siècle.
Lalibela
Lalibela, capitale du Royaume d'Aksoum à partire du +XIIe siècle sous la dynastie Zagwe. Elle
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est suivie de la dynastie salomonienne qui lui succède à partir du +XVe siècle. Lalibela est une
cité monastique située à 2 630 mètres d'altitude sur le flanc sud-ouest des monts de l'ancienne
province du Lasta, dans l'actuelle région Amhara en Éthiopie. Ville sainte des chrétiens
orthodoxes d'Éthiopie, elle reste célèbre pour ses onze églises monolithes médiévales taillées
et creusées à même le roc, dont la plus célèbre, Bete Giyorgis (Église Saint-Georges), date de
huit siècles.
Le site de Kada Gona, à Hadar, a livré certains des plus anciens outils taillés connus à ce jour.
Ils datent de 2,3 à 2,5 millions d'années avant le présent. Ces premiers outils sont des galets
aménagés présentant un bord tranchant. Des découvertes archéologiques récentes montrent
que les habitants de l'Éthiopie actuelle pratiquaient l'art rupestre vers -10.000. De nombreuses
peintures ont été retrouvées dans les régions d'Hararghe, Gamu-Gofa, du Tigré et en Érythrée.
Gondar
Fasil Ghebi
Fasil Ghebi est une fortification située en Éthiopie et inscrit depuis 1979 sur la liste du
patrimoine mondial. Il s'agit de l'ancienne résidence du souverain Fasiladas d'Éthiopie (163267). Ses successeurs aux XVIIe siècle et XVIIIe siècle ont fait eux-aussi construire des palais
et divers bâtiments dans cette enceinte (gebi en amharique).
De nombreux édifices se trouvent à proximité. Le style architectural particulier est influencé par
les cultures indiennes et arabes.
Dongola
La Makourie (Makuria) était un royaume situé dans ce qui serait aujourd'hui la région
s'étendant du nord du Soudan au sud de l'Égypte. Il est l'un des trois royaumes Nubiens qui ont
émergé après la chute du royaume de Méroé, qui a dominé la région de -800 à l'an 350. Le
royaume de Makourie s'étendait le long du Nil de la troisième cataracte à un endroit situé entre
la cinquième et la sixième cataracte. Le royaume de Makuria (IVe siècle) avait le contrôle des
voies d'échanges, des mines, et des oasis de l'est à l'ouest de la région. Sa capitale est
Dongola, et le royaume est parfois connu sous ce nom. À la fin du VIe siècle, le royaume se
convertit au christianisme.
Kenya
Gedi
Les ruines de l'ancienne ville de Gedi sont situées près de Malindi et la côte.
Des perles de Venise ou des vases de Chine témoignent de l'activité musulmane commerciale
avec le monde alors connu du +XIII au +XVIe siècle. Gedi avait une mosquée et de grandes
maisons de pierre. Les maisons étaient complexes pour leur temps et disposaient d'une salle
de bains et de toilettes. Les rues étaient pavées et drainées. La ville fut abandonnée au XVIe
siècle à cause d'une expédition punitive de Mombasa contre Malinda. Vers la fin du XVIe
siècle, la ville fut réoccupée provisoirement par les nomades Oromo, une tribu du Somalie.
Burkina Faso
Forteresse de Loropéni
C’est la mieux préservé des dix forteresses que compte la région du Lobi. Il s’inscrit aussi dans
un ensemble plus large d’une centaine d’enceintes en pierre, reflétant la puissance du
commerce transsaharien de l’or. Vieilles d’au moins mille ans selon des découvertes récentes,
ces ruines sont situées près des frontières du Togo et du Ghana. L’emplacement a été occupé
par les Lohron ou les Koulango qui contrôlaient l’extraction et la transformation de l’or dans la
région à l’apogée de cette exploitation aurifère (XIVe au XVIIe siècle). Beaucoup de mystère
entoure ce site dont une large part n’a pas encore été fouillée. Au cours de sa longue histoire,
Loropéni semble avoir été abandonné à plusieurs reprises. L’abandon définitif est intervenu
entre le début et le milieu du XIXe siècle. Comme pour tout l’ouest de l’Afrique, le Burkina Faso
a connu un peuplement très précoce, avec notamment des chasseurs-cueilleurs dans la partie
nord-ouest du pays (-12 000 à -5 000 ans), et dont des outils (grattoirs, burins et pointes) ont
été découverts en 1973.
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Les greniers de Niansogoni
Le village de Niansogoni, est un village Wara. Les Waras forment un sous-groupe de l'ethnie
sénoufo répartis en plus de 30 sous-groupes. Le pays sénoufo, lui, s'étend sur trois États : le
Mali, la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso. Niansogoni en sénoufo signifie "entre les collines". Les
greniers à riz, mil ou maïs sont les symboles du statut social de ces paysans guerriers. Les
Lobi perpétuent les cultes, le mode de vie et l'organisation sociale de leurs ancêtres, ainsi que
leur fabuleuse architecture de terre. Dans les grandes fermes forteresses, la nuit, humains et
animaux cohabitent. Le territoire actuel du Burkina Faso a été le siège des royaumes mossis,
des royaumes peulhs, du royaume Gouîriko, des royaumes Gulmanceba et du royaume
Touareg. Colonisé par les Français sous le nom de Haute-Volta, le pays devient indépendant
en août 1960.
En visitant une maison lobi, on ne peut qu'être frappé par la multitude d'autels, de tailles et de
formes variées, qui s'y trouvent, depuis les grandes structures en terre érigées en face de la
porte, au fétiche placé sur le toit, en passant par les différentes poteries contenant les
"médicaments" et les autels domestiques à l'intérieur des chambres.
Egypte
Les Oasis du Désert
Les principales Oasis sont ceux de Kharga, Dakhla, Farafra et Siwa. L'oasis d'al-Kharga est la
plus au sud des cinq grandes oasis du Désert occidental, en Égypte. Située à environ 200 km
de la vallée du Nil, elle s'étend sur 150 km mais sa largeur ne dépasse pas 30 km. Cette riche
oasis comporte plusieurs sources et puits d'eau naturelle dont la température, qui atteint 43 °C,
est réputée comme particulièrement efficace pour le traitement des rhumatismes et des
allergies. Les Égyptiens ont occupé les oasis dès l'Ancien Empire, mais ce sont des époques
perse, puis ptolémaïque et romaine que datent la plupart des vestiges antiques découverts à ce
jour, en particulier le temple d'Hibis, édifié en grande partie sous Darius Ier. Le dieu principal de
Kharga est Amon, désigné sous un nom local, Amenèbis, "Amon d'Hibis", Amon est l’une des
principales divinités du panthéon égyptien et du panthéon berbère, dieu de Thèbes. Son nom
Imen, "le Caché" ou "l’Inconnaissable", il est Imen achâ renou, "Amon aux noms multiples".
Ethiopie - Konso
Le pays Konso est situé à 50 km au sud du lac Chamo, à l’est des plaines arides et dépouillées
du bassin inférieur de l’Omo. L’aspect des villages konso diffère des villages des autres ethnies
de la région. Pour se défendre des attaques des animaux sauvages et pour se protéger des
coulées de boue, ils encerclent leurs villages d'un rempart de basalte et de terre séchée de 3 à
4 mètres de haut. Dans l’enceinte, les huttes sont si rapprochées que leurs toits parfois se
chevauchent.
Le Paysage culturel du pays konso,
est un site aride de 55 km², avec des terrasses en pierre et des fortifications, situé sur les hauts
plateaux d’Ethiopie. Il constitue un exemple spectaculaire d’une tradition culturelle vivante
remontant à vingt-et-une générations (plus de 400 ans) et adaptée à un environnement sec et
hostile. Le paysage témoigne du partage des valeurs, de la cohésion sociale et des
connaissances en ingénierie de ses communautés.
Les rituels associés au culte des anciens tiennent un rôle capital dans la communauté konso.
Ils promeuvent l’appartenance au groupe et la solidarité entre ses membres. Les Konso érigent
des totems (1 m de haut environ) en bois sculpté, les wakas, sur les tombes de leurs anciens,
sur le bord d’une route ou dans les champs que cultivait le défunt.
Le site présente également des statues de bois anthropomorphiques, disposées en groupe
pour représenter les membres respectés de leurs communautés et les événements héroïques
de leurs vies. Elles sont un témoignage exceptionnel et vivant de traditions funéraires sur le
point de disparaître. Les stèles de pierre présentes dans les villes expriment un système
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complexe marquant la disparition de générations de chef
Les Konso sont des agriculteurs sédentaires chevronnés, les seuls du sud-ouest éthiopien à
s’adonner à la culture en terrasse sur les flancs des collines rocailleuses. Les cultures
dominantes sont le coton et différentes variétés de millet. Les grains de ce dernier sont moulus
par les femmes, puis transformés en galettes qui constituent la nourriture de base des Konso.
L’espace habitable est constitué d’une ou de deux huttes familiales et de plusieurs petites
huttes qui font office de grenier à grain. Les membres du même groupe s’associent pour la
célébration des rituels, pour la construction des huttes, des remparts, et pour l’entretien des
murs de soutènement des terrasses. Ils participent aussi communément aux travaux des
champs, à la poterie, à la récolte du miel et à l’évidage de calebasses pour en faire des
récipients à lait ou à beurre.
Somba
Tamberma
Les Somba forment un ensemble de peuples établis dans la chaîne de l'Atacora, au nord-ouest
du Bénin, également de l'autre côté de la frontière, au Togo. Ils comprennent plusieurs sousgroupes, dont les Bètiabè, les Bètammaribè et les Bèsorbè (Bénin), ainsi que les Tamberma
(Togo). Construits à l'origine pour se protéger des attaques ennemies et des bêtes sauvages,
les Tata Somba ont une architecture très singulière. Ces maisons fortifiées, sont constituées de
trois tours avec un étage destiné à se protéger des fauves : les habitations et les réserves de
nourriture se concentrent donc à ce niveau.
Les animaux domestiques occupent quant à eux le rez-de-chaussée, au milieu, la terrasse
dallée est utile pour faire sécher les récoltes. Les plans de cet habitat Otommari répondent à
des règles bien spécifiques, chaque élément de construction correspond à une fonction ou à un
symbole.
La porte de la façade principale est toujours orientée à l'ouest, à l'abri des pluies et de
l'harmattan. L'intérieur est un véritable labyrinthe à la structure complexe.
Certains Tata servent uniquement aux cérémonies d’initiation.
La construction d’un Tata nécessite de la terre argileuse, de l’eau, du bois, des feuilles et du
beurre de karité. Ces matériaux sont recueillis sur place. En général, les hommes des Tata
alentour sont mobilisés pour la construction. La part du travail qui demande moins d’énergie est
confiée aux femmes et aux enfants dont le rôle consiste à aller chercher de l’eau aux marigots
ou à la rivière. Construire un tata devient ainsi une œuvre communautaire.
La terre est d’abord débarrassée de tous ses déchets – cailloux, bouts de bois, tessons de
bouteille, herbes… On en fait ensuite une butte pas très haute au milieu de laquelle on creuse
un large trou dans lequel on verse de l’eau. Les hommes referment le trou avec la terre de la
butte, puis montent dessus et la pétrissent avec leurs pieds. Après cette phase, ils se
répartissent en plusieurs groupes : il y a ceux qui font des boules avec la pâte de terre obtenue,
ceux qui ramassent les boules, ceux qui les passent aux bâtisseurs et ceux qui bâtissent le
Tata. Ces derniers construisent d’abord les tourelles, puis les murs qui les relient.
Le château Somba est le plus souvent orienté ouest-est c’est-à-dire qu’il fait face au bonheur,
donc, tourne le dos au malheur qui ne l’atteindra jamais. Il est aussi divisé symboliquement
dans l’espace en deux parties : le nord de l’édifice est attribué aux femmes et le sud aux
hommes. Par conséquent les cérémonies d’initiation ou de deuil se font pour chacun des sexes
du côté qui lui correspond.
Cette différenciation sexuelle s’observe également au niveau des greniers. Celui des hommes
renferme leurs récoltes telles que le millet, le riz et le sorgho ; dans le grenier des femmes, on
trouve des haricots, des pois, des fruits, des arachides… Le chapeau des greniers est retiré
pour les remplir ou pour y puiser le contenu.
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Canarias
Valeron
Las Cuevas est situé sur la côte nord de l'île de Grande Canarie (Gran Canarian). Sa
construction date de l'âge de pierre. En total, il y a plus de 350 grottes, chambres et silos à
grains. Beaucoup de gens croient que le monastère était l'endroit où les jeunes filles se
préparaient pour le mariage. En son intérieur, on y pratiquait des exercices spirituels... D'autres
pensent que ces grottes étaient utilisées comme greniers, il ne serait pas le seul sur l'île.
D'autres greniers et silos aux îles Canaries : Cuevas de Bisbique - Agaete Cuevas del Gigante
- Aguimes Cuevos La Audiencia - Temisas Cuevas El Draguillo - Telde Cuevas de los Canarios
- Bandama Almogaren de Amurga Village fortifié de Tunte Village fortifié Las Fortalezas Village
fortifié de Tufia - Telde Village fortifié de Tara - Telde Village fortifié Boca Barranco La Restinga Telde...
Las Fortalezas
Village fortifié formé de grottes naturelles et artificielles et de silos à grains, certaines ont des
peintures rupestres.
Almogaren de Amurga
Les grottes de Almogaren de Amurga sur Gran Canarian sont considérées comme un lieu de
culte. Les Gouanches vouaient une importance particulière à l'élément féminin en tant que
symboles de fertilité et de fécondité.
Les Gouaches embaumaient leurs morts, et leur implantation aux Canaries daterait de -3000
BC. Ils éviscéraient leurs morts avant de les remplir d'herbes aromatiques. Ils utilisaient aussi la
sève du dragonnier. On attribuait à l'arbre des vertus magiques et à sa résine des propriétés
thérapeutiques. On trouve au Maroc des dessins rupestres anciens réalisés avec la résine du
dragonnier.
Galdar
Gran Canaria - Galdar
Tumulus gouanche de Galdar, proche du village de Punta de La Gouancha.
Fouilles récentes d'habitations gouanches près de Punta de La Gouancha - Gran Canaria.
La Audiencia
Les grottes de La Audiencia sont un groupe de caves creusées artificiellement, possédant
diverses utilisations: habitations, cuisines, silos, greniers...
Caldera de Bandama
La Caldera de Bandama (Gran Canaria) est un ensemble archéologique se composant de
grottes (appelées Cuevas de los Canarios), d'un groupe d’habitations et de plusieurs greniers
collectifs situés dans le versant intérieur d’une caldera. Ce site se caractérise par la présence
de gravures rupestres.
El Hierro - Tagoror
Un ensemble de vestiges d'habitations gouanches sur l'île de El Hierro. Tagoror en berbère
signifie "espace circulaire de réunion". On en trouve aussi sur Gran Canaria.
Nécropole de Arteara
La nécropole de Arteara est un important ensemble archéologique, situé dans le Gouffre de
Fataga, sur la commune de San Bartolomé de Tirajana, au sud de l'île de Grande Canarie. Il
s'agit d'un vaste cimetière gouanche, qui abrite environ 2000 tombes en tumulus, dressées au
moyen de pierres de lave il y a près de 2000 ans. Classé Monument historique artistique,
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l'ensemble funéraire est présidé par un tumulus central de plus grande taille, attribué au
tombeau d'un roi.
USA
Les Anasazis L'histoire de ce peuple reste énigmatique. Les archéologues ont observés
plusieurs phases, dont les dates sont approximatives : la région du sud-ouest des États-Unis a
d'abord été occupée par les peuples de la tradition Sohara -5500 à + 400. Les Anasazis
succédèrent au +VIIIe siècle aux Basketmakers, les "vanniers", implantés dans ces territoires
montagneux et semi-arides.
La sédentarisation progressive de ces chasseurs-cueilleurs, liée au développement de
l'agriculture, aboutit à l'émergence d'une nouvelle culture dite de Pueblo. en référence aux
villages constitués de maisons en briques de terre que les Anasazis du Mesa Verde
construisirent à l'abri des falaises des grands canyons, dans une région accidentée et
verdoyante située au cœur du désert du Colorado.
Le monument national Bandelier au Nouveau-Mexique abrite les ruines de l'ancienne
civilisation amérindienne Anasazi. Ces ruines sont moins bien conservées que celles de Mesa
Verde mais sont tout aussi intéressantes. Les Anasazis vivaient littéralement accrochés dans
les falaises découpées des "Mesa" dans lesquelles ils creusaient des alcôves et plantaient les
poutres de leurs maisons.
Cette civilisation maîtrisait parfaitement la construction de maisons en pierre de plusieurs
étages, la poterie, la vannerie et l'irrigation. Les sites les plus connus sont White House,
Antelope House et Mummy Cave. Les Anasazis désertèrent la région pour des raisons mal
connues, écologiques (érosion, sécheresse) mais aussi humaines (guerres). Une partie des
habitants migra vers les Mesas des Hopis.
Pérou - Llactapata
Llactapata - Llaqtapata ne semble pas seulement avoir été un site de cérémonie mais aussi un
grenier et de dortoir pour son "voisin sacré", le Machu Picchu.
Les Incas abandonnèrent leurs villes et leurs cités devant l'invasion des Conquistadores avides
de trésors après la capture et la mise à mort du dernier chef inca, Tupac Amaru, en 1572.
Pérou - Equateur - La Route de l'Inca
Le Qhapac Ñan (le chemin du chef) était la voie royale (5000 km reliant la Colombie via
l'Equateur, le Pérou, la Bolivie et l'Argentine) de la circulation des marchandises à travers tout
l'Empire inca.Si les Incas cherchaient tant à contrôler les vallées chaudes des Andes, c'était
uniquement pour obtenir des terres aptes à la production de la coca. Le pouvoir inca organisait
à la fois sa production et sa distribution. Une partie était réservée aux sacrifices religieux et une
autre, importante, était redistribuée pour la consommation humaine.
L'agriculture, développée au sein de laboratoires agronomiques sophistiqués. Des greniers, les
"qolqas", disposés tout au long du réseau routier,
contenaient les aliments déshydratés. Au cœur de l'Empire, la région de Cuzco concentrait de
nombreuses réalisations : centres urbains et
cérémoniels de Choqek Iraw, Pisac, Machu Picchu ou Chinchero; greniers de Phuyupatamarca
ou d'Ol-lantaytambo; forteresses de Puka Pukara,
Runkurakay ou Pikillacta, porte de Cuzco en direction du lac Titicaca.
Parmi les objets d'orfèvrerie qui nous sont parvenus, certains évoquent clairement cette
dimension reli-gieuse que l'on a souvent associée à l'activité des chamanes. C'est bien le cas
notamment des tablettes à inhaler la poudre de Yopo (Anadenanthera peregrina),
hallucinogène toujours utilisé par les chamanes amazoniens, ou encore des fameux "poporos",
récipients à chaux consommée lors de la mastication des feuilles de coca par les anciens
Muiscas, et utilisés de nos jours par les Koguis de la Sierra Nevada en Colombie.
Moray, le cercle des agronomes
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Caractéristiques du paysage andin, le procédé de cultures en terrasses est antérieur aux Incas.
Mais il fut repris et amélioré par ce peuple au génie agricole stupéfiant. Témoin ces étranges
cuvettes, profon-des jusqu'à 150 mètres. Chacun de ces quatre cercles, formé de ter-rasses
disposées en anneaux, servait de centre d'étude agronomique où l'on faisait des essais pour
améliorer les plantes cultivées dans tout l'Empire. En créant une série de microclimats, cette
réalisation unique au monde permettait de faire muter les espèces.
Pérou Tambo Machay
Située près du chemin des Andes, la construction inca est en fait la neuvième huaca du
premier ceque d’Antisuyu et aurait servi de maison à l’Inca Yupanqui, le père d’Amaru Tupac,
lorsqu’il allait chasser. Hormis le sacrifice d'enfants, ce lieu aurait été témoin d'holocaustes de
toutes sortes. Aussi surnommé le "Bain de l’Inca", Tambo Machay recèle deux fontaines
toujours fonctionnelles et plusieurs niches qui auraient pu servir d’abris aux gardes de l’Inca.
Les murs de l’édifice sont constitués de blocs de pierre et constitue une œuvre de maçonnerie
polygonale.
Tambomachay ou Tambumachay (en quechua, tanpu mach'ay signifie « lieu de repos ») est un
site archéologique situé dans la Vallée sacrée des Incas à environ huit kilomètres de Cuzco et
près du site archéologique de Puca Pucara.
Pérou - Chan Chan - Chimu
Chan Chan est un site archéologique de la région péruvienne de La Libertad, au nord de
Trujillo. Chan Chan fut construit par le royaume de Chimor (de la culture Chimú), une
civilisation qui se développa sur les ruines de la civilisation Mochica. La cité de terre de Chan
Chan fut construite entre 850 et 1470, et fut une capitale impériale jusqu'à sa conquête par
l'Empire Inca au XVe siècle. La ville comptait environ 30000 habitants.
Chan Chan est composée de dix citadelles fortifiées, comprenant des salles de cérémonie, des
chambres mortuaires, des temples, des réservoirs et des résidences. Chacune de ces
citadelles a une configuration rectangulaire avec une entrée sur son côté septentrional, de
hautes murailles, et un labyrinthe.
Pérou - Mochicas
La culture moche (mochica) est une culture précolombienne qui s'est étendue tout au long de
la côte nord péruvienne, à peu près entre l'an 100 et l'an 700 après J.C. Elle était
contemporaine de la culture Nazca qui occupait la côte sud péruvienne, se situant
chronologiquement entre l'ère Chavín (horizon ancien) et l'ère Chimú, mille ans avant l'Empire
des Incas.
Les Mochicas disposaient d'un haut niveau technologique dans différents domaines,
notamment en matière d'irrigation et de métallurgie. Ils avaient réussi à maîtriser le désert
grâce à un système d'irrigation ingénieux, en détournant les rivières et construisant des
canaux. Ils pouvaient alors développer une agriculture excédentaire, et par-là même des
liaisons commerciales avec les autres peuples environnants de la côte, des Andes et même
d'Amazonie.
Pérou
Caral
Le site archéologique de Caral, situé dans le désert près de la côte pacifique du Pérou, dans la
région de Lima, province de Barranca, à 180 km au nord de Lima, est le vestige de la plus
ancienne cité précolombienne d'Amérique connue à ce jour. Elle fut construite par la civilisation
dite de Caral, encore appelée Norte Chico ou Caral Supe. Les analyses au carbone 14 de
roseaux retrouvés en son sein datent sa construction entre -2000 et -2600, ce qui fait d'elle la
plus vieille ville américaine et l'une des plus anciennes au monde, contemporaine des grandes
pyramides d'Egypte.
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Le site de Caral, est en fait un ensemble de sites archéologiques qui aurait abrité la première
civilisation américaine entre -2627 et -2100. La population locale d'alors est estimée entre 5 et
10 mille habitants répartis sur une quarantaine de sites : Caral, Miraya, Lurihuasi, Pueblo
Nuevo, Era de Pando, Allpacoto, Peñico, El Molino, Piedra Parada, Aspero, Chupacigarro,
Huacache, Cerro Blanco, Cerro Colorado, Jaiva, Pando, Liman et Capilla. Parmi les objets
retrouvés par les archéologues, on compte des instruments de musique, fabriqués à base d’os
de pélicans et de condors, ainsi que des éléments faisant penser que cette civilisation utilisait
des hallucinogènes.
Pérou - Marcahuamachuco
dans les Andes péruviennes, une cité de 1.600 ans, un millénaire de plus que l'illustre
sanctuaire inca de Machu Picchu, émerge peu à peu de la végétation et de l'oubli, mais garde
ses secrets. On ignore à quelle culture elle appartenait, même si on sait que les édifices ont été
construits vers +350 et +400.
Marcahuamachuco - en quechua, "peuple des hommes au bonnet (en forme) de faucon - est
l'objet d'études depuis les années 1900.
Occupant un plateau de 240 hectares perché à 3.700 mètres d'altitude : des groupes d'édifices
parfois monumentaux, avec des murs de pierre arrondis, de 10 à 15 mètres de haut. Voire
davantage, tant les remblais, la terre accumulés sur des siècles, masquent encore les
proportions.
Colombie - Ciudad Perdida
Nichée au cœur de la jungle à 1.200 mètres d'altitude, cette immense cité en gradins fut le plus
grand centre urbain de Colombie, fondé par les Taironas, un ensemble de peuples encore mal
connus qui vé-curent entre le IIe siècle et 1650, en ce temps-là, les versants environnants
étaient cultivés. Les actuels indiens Kogis présents sur le site seraient leurs descendants
directs. Ils appellent l'endroit Teyuna.
L'agriculture était la principale activité et cultivaient du maïs, du coton, des calebasses et de la
coca. De nos jours, seule la population masculine indienne consomme de façon traditionnelle
les feuilles de coca (aizhu) que les Kogis transportent dans leur inséparable petit sac en agave,
accompagné du poropo, la boîte à chaux, qu'ils tiennent toujours à la main.
Bolivie - Tiwanaku
La civilisation de Tiwanaku a pris naissance sur la rive sud du lac Titicaca, à plus de 3 800
mètres d'altitude, aux environs du site archéologique de la Cité du Soleil de Tiahuanaco. Les
Aymaras, le plus ancien peuple des Andes, disaient que la cité de Tiwanaku était celle des
premiers hommes de la Terre et qu'elle avait été créée par le Dieu Viracocha avant même la
naissance du soleil et des étoiles.
Selon certaines hypothèses littéraires controversées, émises par Arthur Posnansky ou Rolf
Müller et relayées par des journalistes comme Robert Charroux ou Serge Hutin, la construction
de la plus ancienne cité de cette civilisation remonterait à plus de 12 000 ans. Elles se fondent
notamment sur différentes constructions interprétées comme des quais, mais qui se trouvent à
une distance du lac qui ferait remonter leur construction à -17 000 ans, à l’époque où le lac
aurait pu longer ces constructions.
Mexique - Chichen Itza
Chichén Itzá est une ancienne ville maya située entre Valladolid et Mérida dans la péninsule du
Yucatán, au Mexique. Chichén Itzá fut probablement, au Xe siècle, le principal centre religieux
du Yucatán. Le site doit son nom à des sources d'eau souterraines : Chi signifie "bouche" et
Chén, " puits".
Itzá, " sorcier de l'eau" en maya yucatèque, est le nom du groupe qui, selon les sources
ethnohistoriques, constituait la classe dirigeante de la cité.
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À plus d'un égard Chichen Itzá demeure une énigme : sa chronologie, à cheval sur le
Classique terminal et le Postclassique ancien, demeure floue.L'identité des Itzá est incertaine
et, surtout, la nature exacte des liens indéniables entre la cité maya et le Mexique central fait
toujours l'objet de débats.
Mississippi
Cahokia
La civilisation du Mississippi
L'un des traits distinctifs de cette culture a été la construction d'importants monticules de terre,
poursuivant ainsi la tradition des cultures précédentes des Mound Builders. Cahokia, le plus
grand site, est situé près de l'actuelle East Saint Louis, occupé depuis +800, son apogée se
trouve entre les XIIe et XIIIe siècles. Monk's Mound, le
grand centre cérémoniel de Cahokia reste la plus importante construction en terre pendant
toute le Préhistoire du Nouveau Monde.
La région de Cahokia reste inoccupée jusqu'au +VIe siècle : à partir de ce moment, des
Amérindiens se rassemblent en villages et vivent des produits du jardinage. Au IXe siècle le
peuplement devient plus dense et qu'une société complexe voit le jour. Les greniers à maïs
demandent une gestion administrative et relèvent d'une certaine centralisation. La population
défriche les environs et va de plus en plus loin pour rapporter du bois. Ces grands travaux de
canalisation conjugués à la déforestation auraient favorisé des inondations catastrophiques.
Mexique
Teotihuacan
Les premiers bâtiments de Teotihuacan (à 40 km de Mexico) ont été datés des environs de 200. La plus grande pyramide, la pyramide du Soleil, a été terminée vers l’an +100. La
construction de la cité commença au Préclassique récent, vers -300. À cette époque, le bassin
de Mexico comptait deux centres importants : Cuicuilco au sud-ouest du lac Texcoco et
Teotihuacan au nord-est du lac. Lorsque, vers -50, le volcan Xitle ensevelit Cuicuilco,
Teotihuacan devint le seul centre dominant de la vallée.
La cité connut son apogée entre 150 et 450 de notre ère. Elle était alors le centre d'une
civilisation importante. La cité s'étendait sur 30 km² et abritait une population de plus de 150
000, voire 200 000 habitants. Teotihuacan contrôlait les importants gisements d'obsidienne
d'Otumba et Sierra de las Navajas. Des preuves archéologiques suggèrent que Teotihuacan
était une ville multi-ethnique, avec des quartiers distincts occupés par les Otomi, les
Zapotèques, les Mixtèques, les Mayas et des peuples nahuas. Les Totonaques ont toujours
prétendu que c’était eux qui l'avaient construite.
Uxmal
Uxmal est une antique cité maya de la période classique. Uxmal est située dans l'État mexicain
du Yucatán, à 78 km au sud de Mérida, et à 15 km au sud-est de Muná. Le nom d'Uxmal vient
d'un mot maya yucatèque qui signifierait "Trois-foisconstruites".
Son essor, son apogée et son déclin couvrent une période assez brève aux IXe / Xe siècles.
Gouvernée par des dirigeants compétents et stimulée par une alliance de courte durée avec
Chichen Itza, Uxmal a maintenu son apogée pendant quelque cent cinquante ans, d'environ 800 à -950.
Traditionnellement, Uxmal est associé au groupe maya des Xiu. Leur ancêtre Hun Uitzil Chac
Tutul Xiu aurait été le fondateur d'Uxmal. On retrouve également son nom cité dans les Livres
de Chilam Balam. La région est restée longtemps peu peuplée, malgré la fertilité du sol de la
vallée de Santa Elena : les cénotes y sont moins nombreux qu'ailleurs dans le Yucatan et l'eau
est rare. La situation change au VIIIe siècle grâce à un progrès technique : la construction de
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chultuns, des citernes souterraines où l'on peut stocker l'eau.
Tula
Tula (Tolan) est la capitale légendaire des Toltèques. Le terme Toltèques provient du nahuatl
(Toltecayotl) et désigne les "Maîtres Bâtisseurs". Cette culture s'est développée de +900 /
+1.200. Les Toltèques ont pour origine un peuple nomade qui regroupait aussi les ancêtres des
Chichimèques. Leur religion était de type chamanique. Les dieux étaient cosmiques mais leur
religion a aussi généré la grande figure de Quetzalcóatl. Il y a de grandes ressemblances
stylistiques entre Tula et la ville Maya de Chichén Itza. Tula a été conquise par les
Chichimèques en 1168.
Les traces d'incendie semblent indiquer qu'elle a connu une fin brutale, peut-être aggravée par
une période de sécheresse qui eut lieu entre 1149 et 1167 et qui coïncida avec le déclin de la
culture toltèque.
Au sommet de la pyramide B se trouvent quatre statues colossales, connues sous le nom
d'Atlantes, qui soutenaient le toit d'une salle. La pyramide B est également connue sous le nom
de Temple de Tlahuizcalpantecuhtli, "Le Dieu Quetzalcoatl sous la forme de la planète Vénus".
Oaxaca
Monte Albán
Monte Albán est un important site archéologique qui a connu son apogée lors de la période
zapotèque entre +200 et +600. mais qui aurait été fondé par le peuple Olmèque. Il est situé à
10 kilomètres de la ville d’Oaxaca. Les traces humaines les plus anciennes qui ont été
enregistrées dans cette zone datent de -500. Les principaux édifices se développèrent en
noyaux isolés et leur fonction essentielle fut le déroulement de cérémonies religieuses
publiques ou privées.
Les flancs des montagnes étaient aménagés d’un nombre important de terrasses où l’on trouve
des maisons de pierre et des sépultures communes. L’analyse des artefacts et des gravures de
cette période permet de démontrer une forte influence de la culture olmèque. Monte Albán est
abandonnée vers le milieu du +VIIe siècle.
Edifice des es Danzantes :
Les gravures représentent des personnages nus dans des positions de contorsion. C’est l’un
des bâtiments les plus anciens du site.
Pérou
La Vallée Sacrée
Avec ses constructions militaires, religieuses et agricoles, le site avait une triple fonction. On
pense que Písac défendait l'entrée sud de la Vallée Sacrée, tandis que Choquequirao
(Choqek'Iraw) défendait l'ouest et la forteresse d'Ollantaytambo, le nord.
Le site archéologique inca de Písac est l'un des plus importants de la Vallée sacrée des Incas.
Les ruines de Písac se trouvent sur une colline à l'entrée de la vallée.
Les ruines sont réparties le long de la crête en 4 groupes : Pisaqa, Intihuatana, Q'Allaqasa, et
Kinchiracay.
Intihuatana comprend plusieurs thermes et temples, dont le Temple du Soleil. Q'Allaqasa, qui
est construit sur un éperon rocheux dominant la vallée, est aussi appelé la citadelle.
Le versant de la colline est strié de terrasses agricoles construites par les Incas et toujours
utilisées. On peut très bien se rendre compte ici comment les incas ont réussi à mettre en
culture les pentes abruptes des montagnes.
Choqek'Iraw
Choquequirao ou Choqek'Iraw (en Quechua : Chuqi K'iraw, "le Berceau d'or"). Le site a
probablement été construit pendant le règne du roi Inca Pachacuti Inca Yupanqui, ou
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Pachacutec, et est considéré comme ayant servi de dernier bastion de résistance et de refuge
des Fils du Soleil réfugiés de Cuzco lors de son siège, en 1535 et menés jusqu'à Choquequirao
par Manco Capac II.
Les ruines de Choquequirao sont constituées de bâtiments et terrasses situés à différents
niveaux.
Les plus grandes constructions du site sont de typiques terrasses Incas. Un temple, des
bâtiments administratifs et les quartiers de résidence des aristocrates sont situés autour de la
place centrale. En bordure du site s'étalent les quartiers populaires, rassemblés en un petit
village. Il y a de nombreux canaux d'irrigation, aqueducs et sources.
La plupart des constructions sont bien préservées et ont été bien restaurées. La fouille et la
restauration du site sont toujours en cours.
Wiñay Wayna
Les terrasses de Wiñay Wayna, laboratoire agronome proche de Machu Picchu . Les surplus
agricoles étaient stockés dans des "qolqas", greniers offrant des conditions de conservation
optimales. On y cultivait aussi de la coca comme aussi à Choqek'Iraw. La coca est de tous les
déplacements !
Centre névralgique de l'Empire Inca, la région de Cuzco concentrait les cultures (maïs,
tomates, coca et quinoas) et les greniers.
Pentes aménagées, systèmes d'irrigation et laboratoires agronomes (Wiñay Wayna et Moray)
attestent du savoir-faire agricole des Incas. Le transport des produits sur le Qhapac Nan (le
chemin du chef) était très surveillé. Le Qhapac Nan était la voie royale de la circulation des
marchandises à travers tout l'Empire inca sur 5.000 km de routes principales et plusieurs
dizaines de milliers de kilomètres de chemins secondaires.
Ce gigantesque réseau reliant la Colombie au Chili, via l'Equateur, le Pérou et l'Argentine.
Ollantaytambo
Ollantaytambo, renferment des pierres travaillées avec une admirable perfection ; cependant
ces constructions correspondent à une époque très ancienne et bien antérieure à l'histoire des
Incas. Des analyses d’ADN ancien établissent la preuve d'un peuplement humain sur ce site au
cours de la période -600 à -400.
La forteresse se compose de cinq étages de terrasses donnant sur le ravin, et de six sur la
vallée, sans compter une longue muraille fortement épaisse qui lui sert de base.
La carrière d'où les Indiens ont tiré leurs matériaux pour construire les fortifications est située
de l'autre côté d’un torrent, à une hauteur prodigieuse (des blocs taillés et prêts à être enlevés
attestent que la forteresse est restée inachevée). Dans la carrière on divisait la pierre, en la
chauffant, suppose-t-on, par la combustion de paille, et ensuite par une projection d'eau froide,
qui déterminait la rupture en morceaux de toutes dimensions.
Pérou - Machu Picchu
La Vallée Sacrée
Machu Picchu (du quechua machu, vieille, et picchu, montagne) est une ancienne cité inca du
XVe siècle, perchée sur un promontoire rocheux qui unit les monts Machu Picchu et Huayna
Picchu sur le versant oriental des Andes centrales. Son nom aurait été Picchu ou Picho.
Selon des documents du XVIe siècle, Machu Picchu aurait été une des résidences de
l’empereur Pachacutec.
Quelques-unes des plus grandes constructions et le caractère cérémonial de la principale voie
d’accès au llaqta démontreraient que le lieu fut utilisé comme un sanctuaire religieux. La région
du Picchu, située à mi-chemin entre les Andes et la forêt amazonienne fut une région colonisée
par des populations issues des montagnes, des régions de Vilcabamba et de Cusco.
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La construction du Temple de la Lune, avec ses galeries souterraines, semble plus ancienne
que le reste du site de Machu Picchu.À 2 438 mètres d’altitude, les ruines sont à cheval sur la
crête entre deux sommets : le Huayna Picchu (Wayna Picchu), signifiant "jeune montagne" et le
Machu Picchu, signifiant "vieille montagne". C’est le Huayna Picchu qui surplombe le site sur la
plupart des images de la cité.
Le Qhapaq Ñan (nom quechua signifiant "chemin royal" - et fréquemment remplacé par
l'expression "chemin de l'Inca".
Les chemins précolombiens sont nés de façon concomitante à l’essor des premières
civilisations andines : Caral, Chavin, Nazca, Mochica… C'est sous l'empire Wari qu'un premier
réseau de voies de communication aurait été édifié. Les Incas ont hérité de ce maillage
territorial pour l’ériger, le consolider et l’organiser en un système de communication centralisé
original, disposant d’infrastructures propres.
Pérou - Wayna Picchu
Le Huayna Picchu (Wayna Picchu) se situe au Pérou dans le versant oriental de la cordillère
des Andes. Il se trouve sur le même promontoire que le Machu Picchu. Situé à quelques
centaines de mètres au nord de l'ancienne cité inca, son sommet culmine à 2 720 m d'altitude,
dominant d'environ 360 mètres le site historique de l'ancien site inca.
Les vallées avoisinantes formaient une région densément peuplée et qui avait augmenté de
façon spectaculaire sa production agricole à partir de la période inca en 1440.
La communication entre les régions était rendue possible grâce au réseau formé par les huit
chemins incas qui allaient à Machu Picchu (voir Chemin de l'inca). La petite cité se différenciait
des populations voisines par la singulière qualité de ses grands édifices.
Vue depuis le Wayna Picchu sur le site de Machu Picchu.
Remarquez le même type d'éhelle come dans certains Igoudar du Maroc.
Bolivie
Puma Punku
Puma Punku est un vaste complexe culturel en temple situé à Tiwanaku en Bolivie. En aymara,
le nom Puma Punku signifie "la Porte du puma". Elle est située près de la rive sud-est du Lac
Titicaca, sur le plateau andin à une altitude de 3 800 mètres.
Le site est connu pour ses traces d'architecture en éléments préfabriqués encastrables. La
théorie des évolutionnistes qui avance que ces mégalithes furent transportés au moyen de
rondins de bois et d'épaisses cordes ne tient pas la route.
La carrière de ces blocs géants se trouve sur la rive ouest du Titicaca, à quelques dix miles de
distance. Il n’y a aucune technologie connue dans tout le monde antique qui aurait pu
transporter des pierres de ce poids et de cette dimension. Même aujourd’hui, avec toutes les
avancées modernes en ingénierie et en mathématiques, nous ne pourrions pas réaliser une
telle structure. Sa position au sud de l’Akapana peut avoir joué un rôle important car il y a un
bon point de vue sur une montagne sacrée loin à l’est.
Certains de ces blocs font plusieurs dizaines de tonnes et ils sont parfaitement taillés et ciselés
comme s’ils avaient été fabriqués avec des outils modernes. Certaines entailles sont parfaites,
de même largeur et même profondeur du début à la fin comme s’ils avaient été fait au laser.
Une partie des pierres semblent bien plus ancienne et massive que celles du site principal de
Tiwanaku. Des pierres de plus de 100 tonnes, anciennement attachées par des jointures
métalliques énormes, jonchent le sol. Une structure en pierre, que les archéologues
reconnaissent comme des quais d'un port. Le rivage actuel du lac Titicaca se trouve à 15 km.
Certains disent que le lac aurait pu border ce site il y a 900 ans, d'autres estiment cette date à
12.000 ans, avec la fin de notre dernière ère glacière.
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Le type de pierre utilisé pour fabriquer ces mégalithes est principalement le granite incluant de
la diorite, qui sont deux proches parents. Cette pierre est très dure, le granite étant la deuxième
pierre la plus dure après le diamant. Pour arriver à un tel degré de précision au niveau des
coupes et entailles, il aura donc fallu des outils à pointe diamantée.
Belize
Caracol
Le temple Caana est la plus grande structure de Caracol. Sa disposition rappelle les temples
en "triade" du site préclassique d'El Mirador. Certains gradins de la pyramide étaient couverts
de salles voutées. Les phases anciennes abritent des tombes non identifiées. Caracol possède
un nombre important de sacbeob qui relient le centre à la périphérie. Le site comprend trois
‘aguadas’ ou points d'eau répertoriés. Il a deux stèles représentant des reines.
Occupée dès le Préclassique, la cité Maya de Caracol demeura un site modeste au Classique
ancien. La cité fut impliquée dans les guerres entre Tikal (Guatemala) et Calakmul (Mexique)
aux +VIe et +VIIe siècles. Caracol possède un réseau particulièrement remarquable de
sacbéob (chemin surélevé) : il totalise près de 70 km de routes partant du centre de la cité qu'il
relie à des sites satellites sur près de 300 km2.
Belize
Lamatai
La plus grande partie du site de Lamatai au Belizeest restée inexplorée jusqu'au milieu des
années 1970. Le travail de recherche et de restauration des archéologues s'est concentré sur
les plus grandes structures, principalement le temple aux masques de jaguar et le grand
temple. La vue du sommet de ce dernier temple donne sur la jungle et le lagon voisin de la
New River.
Lamanai (de "Lama'anayin", crocodile sous l'eau en langue maya, est un site archéologique
maya localisé dans le nord du Belize à l'embouchure de la New River dans le district d'Orange
Walk. Le nom du site est d'origine précolombienne. Il a été repris par les missionnaires
espagnols et se retrouve sur une inscription maya sous la forme Lama'an'ain. Lamanai a été
occupée de façon continue depuis l'Époque préclassique jusqu'au début de l'époque coloniale.
Guatemala
Tikal
Tikal signifie "le lieu des échos". La fondation de Tikal se situe aux alentours de -700. Elle
domina toute la zone maya centrale et atteignit son apogée aux +VII et +VIIIe siècles et
désertée vers la fin du IXe siècle.
Centre administratif et cérémoniel. La population logeait dans des huttes, aujourd'hui
disparues. A l'époque maya, les différents groupes de monuments étaient reliés entre eux par
un réseau de "sacbeob" – pluriel de "sacbe" qui signifie "blanc chemin", chaussées dallées et
surélevées et qui rayonnaient sur des kilomètres autour de Tikal.
La grande majorité des structures remontent à la période classique (+500 / +900) mais
recouvrent toutes des fondations d'édifices plus antiques. Sur la place, s'ouvrent dans le sol
trois orifices conduisant à des chambres souterraines creusées dans la roche calcaire. C'est
l'un des 280 "chultuns" découverts à Tikal, ces réserves où les Maya entreposaient leurs
provisions.
Au nord de la place, s'élève une acropole formée par un groupe de quatre temples et plusieurs
édifices cérémoniels étagés sur des plates-formes.
Guatemala
Yaxha
Yaxha est un site archéologique maya situé sur les rives du lac Yaxha dans le département du
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Petén au Guatemala, à une trentaine de kilomètres au sud-est de Tikal. Le nom de Yaxha
signifie "eau verte" en maya.
Ce site de grande taille (le troisième du Guatemala après El Mirador et Tikal) compte plus de
500 structures, dont quarante Stèles, treize autels, neuf temples-pyramide, deux terrains de jeu
de balle et des Sacbeob qui relient les trois acropoles : centre, nord (appelée aussi Maler) et
est. Le sommet du temple 216 offre la meilleure vue sur l'ensemble du site et le lac.
Du sommet de la pyramide de 'l'Acropole est', on voit la lagune qui s'étend, avec en son centre
une île, laquelle abrite le site post-classique de Topoxté.
À l'occupation classique de Yaxhà, alors délaissée, correspondit donc plus tard un nouveau site
- dans une architecture plus marquée par le Mexique central - et construit par des populations
qui connaissaient pourtant l'emplacement de Yaxhà.
Honduras
Copan
Copán est une ancienne ville maya qui a donné son nom à l'actuelle ville de Copán Ruinas,
ainsi qu'à la capitale (Santa Rosa de Copán) du département de Copán, situé à l'extrémité
ouest du Honduras. Son ancien nom semble avoir été Xukpi, une combinaison des mots "xuk"
(coin) et "pi" (paquet). Cette ville, qui a connu son apogée au +VIIe siècle, a été abandonnée
aux environs du Xe siècle. Conformément à l'idéologie qui se propage dans les cités mayas
dès la fin de l'Époque préclassique, autorité politique et religieuse se confondent à l'Époque
classique.
Les rois de Copán étaient des "k'uhul ajaw" - divins seigneurs, médiateurs entre le monde
humain et les puissances surnaturelles. Il semblerait que ce soit un problème environnemental
qui ait provoqué la chute de Copán, à cause de la déforestation - on estime qu'à la fin du VIIIe
siècle, il n'y avait plus un seul arbre dans les 30 km à la ronde - liée à la densité croissante de
la population, celle-ci fut obligée de cultiver les versants abrupts de la vallée et, et de défricher
toujours plus. Cette spirale infernale aurait entraîné un appauvrissement des terres et des
inondations.
Mexique
Mayapan
Le site archéologique de Mayapán occupe une superficie de 4 km2 à l'intérieur d'une enceinte
de 8 km de long et de 2 m de haut, protégeant quelque 600 structures, pour la plupart
résidentielles. On pense que Mayapán abritait entre 6.000 et 15.000 personnes. Suite à une
révolte, tous les bâtiments ainsi que leurs fondations ont été brûlés et détruits. Une pyramide
centrale est une version plus petite du "Castillo" de Chichen Itza, il y avait aussi quelques
temples de taille modérée et un palais (dont existent seulement les fondations).
En 1221, les Mayas se révoltent contre les seigneurs Maya-Toltec de Chichén Itzá. Après une
courte guerre civile, les seigneurs de plusieurs villes et familles importantes se réunissent pour
restaurer un pouvoir central dans le Yucatán. Il est alors décidé de construire une nouvelle
capitale près de la ville de Telchaquillo, ville du général Hunac Ceel qui a battu les
administrateurs de Chichén Itzá. Cette nouvelle ville est construite à l'intérieur d'un mur défensif
et est appelée "Mayapán", ce qui signifie "étendard du peuple Maya".
Mexique
Kabah
Kabah est un site archéologique maya du sud-est de l’État du Yucatan au Mexique. Kabah se
trouve au sud d'Uxmal, et y est reliée par une grande route ou Sacbé de 18 km de long et 5
mètres de large avec une arche monumentale à chaque extrémité. Kabah est le second plus
grand site archéologique de la région Puuc après Uxmal. Le nom "Kabah" serait une
dénomination archaïque pour "main forte". C’est un nom précolombien du site mentionné dans
une chronique maya. Un autre nom est "Kabahaucan" soit "serpent royal dans la main". Cette
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région était habitée au milieu du -IIe siècle.
La région est parsemée de ruines encore recouvertes par la forêt. Le site possède un grand
nombre de panneaux sculptés, linteaux et portes et encadrements de porte dont beaucoup ont
été enlevées pour être placés dans des musées. Les sculptures représentent les dirigeants de
la cité et des scènes de guerre.
Mexique
Labna
Labná est un centre de cérémonie en ruines de la civilisation Maya dans l'État du Yucatan au
Mexique.
Labná se situe au sud ouest de l'État, au sud d'Uxmal ; ses coordonnées sont 20.09.6 nord et
89.35 ouest.
Le site abrite un grand palais à deux étages, quelques temples pyramidaux et une sorte d'arc
de triomphe décoré. L'architecture est de style Puuc et fait un usage excessif de structures
imbriquant des pierres taillées sur mesure et de peintures dont notamment des masques de
Chac, le dieu de la pluie au long nez.
Le site de Labna a été construit au cours de la période classique finale. Une date
correspondant à 862 est inscrite dans le palais.
Mexique
Calakmul
Cette puissante cité maya fut habitée pendant plus d'un millénaire, avant d’être engloutie par la
jungle après son abandon.
À son apogée, Calakmul administrait un vaste domaine marqué par l’inscription largement
répandue de son glyphe-emblème, qui est caractérisé par le signe de la tête de serpent et qui
se lisait Kaan.
Calakmul était le siège de ce que l'on a appelé le Royaume du Serpent. Ce Royaume du
Serpent a régné, comme Tikal, au cours de la plus grande partie de la période classique.
L'histoire de la période maya classique est dominée par la rivalité entre Tikal et Calakmul,
assimilée à une lutte entre deux superpuissances Maya.
La grande rivalité entre ces deux villes a peut-être été fondée sur d’autres raisons qu’une
simple concurrence pour l’accès aux ressources. Leurs histoires dynastiques révèlent des
origines différentes et la concurrence intense entre les deux puissances et pourrait avoir eu
des fondements idéologiques.
Mexique
Edzna
Edzná est un site archéologique maya du puuc ancien au Campeche. Il contient l'un des rares
exemples au Yucatán de pyramide maya dont les étages sont pourvus de chambres voûtées.
Edzná, signifie en maya "la maison des hommes qui connaissent l’eau". Située dans la partie
inférieure d’une vallée, Edna était à l’origine régulièrement inondée à la saison des pluies. Pour
résoudre ce problème, ses habitants construisirent un réseau complexe de canaux pour le
transport des marchandises, des personnes et pour se défendre des attaques extérieures.
Ses masques de stuc, son jeu de balle, son amphithéâtre et son système complexe de canaux
placent ce site au sein de l’élite des villes précolombiennes les plus avancées du Mexique.
Edzná entama son déclin et en +900, quand des envahisseurs mirent la ville à sac.
Mexique
Mitla
Mitla était une cité précolombienne du Mexique occupée par les Zapotèques et par les
Mixtèques dans l'actuel État d'Oaxaca, à 40 km au sud-est de la ville moderne d'Oaxaca. Son
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nom lui vient de "Mictlan", qui signifie "lieu des morts" en nahuatl. Les Zapotèques l'appelaient
"Lyobaa", ce qui signifie "Lieu du repos".
Son architecture est caractérisée par des frises géométriques constituées de pierres façonnées
et assemblées avec une grande précision.
Selon certains, ces mosaïques pourraient symboliser l'image du Serpent à Plumes. D'autres
sont plutôt d'avis que ces motifs identifieraient des lignages. Un travail de restauration a débuté
il y a quelques années. Depuis un accès sous terre, on peut voir dans le deuxième quadrilatère
deux tombes, dont l'une abrite la "colonne de la vie". La légende voudrait qu'en l'enserrant de
ses bras, on puisse savoir combien d'années il vous reste à vivre. Proche de Mitla se trouvent
les cascades de Hierve El Agua et ses canalisation de 2.500 ans.
Hierve El Agua
Hierve el Agua est une formation géologique particulière implantée dans l'état d'Oaxaca au
Mexique.
Ces formations géologiques ont été créées par des sources dont l'eau est sursaturée en
carbonate de calcium et autres minéraux. Lorsque l'eau arrive à la surface, l'excès de minéraux
est déposé. Le mécanisme de formation est identique à celui de la formation des stalactites
formées dans une grotte. La température de ces sources varie entre 22 et 27 °C.
Une des cascades appelée "cascada chica" a été artificiellement aménagée pour permettre la
baignade dans deux bassins dont les murs sont entièrement recouvert par le dépôt naturel de
sels minéraux. La température de ces sources varie entre 22 et 27 °C. Le débit des sources
varie de manière importante entre la saison sèche et la saison humide.
95 % des minéraux ainsi déposés sont du carbonate de calcium. Cependant les couches
profondes de ces formations géologiques ainsi que le système hydrologique qui leur donne
naissance ont été très peu étudiés.
Le carbonate de calcium donne une couleur blanche ou blanchâtre à ces formations. D'autres
minéraux sont également présents, comme l'argent, le baryum et le fer. Ces impuretés jouent
un grand rôle sur la couleur des stalactites. Ces eaux très riches en minéraux sont réputées
pour leurs propriétés thermales.
La zone des cascades présente également un intérêt archéologique. Il existe un système
d'irrigation et de terrasses construits par les Zapotèques, il y a 2500 ans. Il est probable que ce
site ait été également un site sacré. Des études ont montré que ce système d'irrigation était
unique au Mexique, puisque l'irrigation était une chose rare dans les cultures préhispaniques. Il
ne reste que des vestiges de ces canaux mais les études archéologiques n'ont pas encore été
réalisées de manière complète.
En plus des bassins artificiels, un complexe touristique a été construit, avec des sanitaires, des
cabines pour se changer, deux piscines, des bungalows, des tables de pique nique et des
zones pour installer des restaurant. Bizarrement toutes ces installations neuves ne sont pas
utilisées. De nombreux baraquement avec de petites buvettes sont situées juste à proximité.
Mexique
Tulum
Tulum (Quintana Roo) est une ancienne cité maya. La ville dont le nom signifie murailles en
yucatèque s'appelait en fait Zama (l'aube). Bâtie sur un promontoire, elle permettait de
surveiller les routes commerciales maritimes. Les canoës mayas longeaient la côte jusqu'au
Panama où ils échangeaient le sel et le miel de la région contre le cacao, le jade et
l'obsidienne. Tulum était alliée à la cité de Mayapan.
La fondation de la cité semble remonter à 564. De récentes analyses tendent à démontrer que
Tulum eut un rôle majeur du XIIIe au XIVe siècle.Tulum fut un centre religieux et commercial
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prospère à partir de 1200 environ, jusqu'à la conquête espagnole. La cité était encore habitée
par les populations mayas lors de l'arrivée des conquistadors
espagnols, mais elle fut abandonnée au cours du XVIe siècle. La muraille ceint le centre de la
cité des côtés Ouest et Nord-Sud. On dénombre 5 accès et deux tours d’observation. Un
nombre très important d’habitations se trouvaient à l’extérieur de la muraille. À l’intérieur de la
cité on observera les traces d'une seconde muraille de protection.
Mexique
El Tajin
Les recherches archéologiques faites à El Tajín et sur les sites voisins montrent que la région a
été occupée au moins depuis 5600 avant notre ère et ont montré comment les nomades
chasseurs-cueilleurs ont fini par devenir des agriculteurs sédentaires, construire des sociétés
plus complexes avant l’émergence de la ville d'El Tajin.
Le site aurait été occupé par les Totonaques à partir du Ier siècle, puis serait devenu, lors de la
chute de Teotihuacan vers le VIIe siècle, une importante cité et la capitale des Totonaques
jusqu'au début du XIIIe siècle.
La religion était basée sur les mouvements des planètes, des étoiles, du Soleil et de la Lune, et
le jeu de balle ainsi que l’usage du pulque jouaient un rôle très important. Cela a conduit à la
construction des pyramides, avec des temples et dix-sept terrains de jeu de balle. El Tajín a
prospéré jusqu'au début du XIIIe siècle, époque où elle a été détruite par un incendie, sans
doute allumé par une force d'invasion. La ville a été abandonnée en 1230 après J.-C., peut-être
en partie à cause des attaques des Chichimèques. Les Totonaques ont créé la colonie voisine
de Papantla après la chute d'El Tajin.
Mexique
Palenque
Le nom maya de la cité est Lakam Ha, qui signifie "Grandes eaux", en référence aux
nombreuses sources et cascades que l'on peut trouver à travers la ville. La cité était déjà
abandonnée lors de la conquête du Mexique au XVIe siècle. La pyramide de Palenque se
dresse au milieu d'un vaste ensemble de ruines de l'époque maya et elle porte le nom de la
petite ville mexicaine bâtie à quelques kilomètres de là. On estime que les Mayas fondent
Lakam Ha au Préclassique vers -100.
Au bout d'un escalier de 22 m menant au coeur de la pyramide se trouve
un grand sarcophage de pierre rouge et fermé par une dalle, contenant un squelette dont le
visage était recouvert d'un masque de jade.
Sur la dalle est représenté un homme, le dieu ailé de Palenque, qui semble se trouver à bord
d'une sorte de véhicule mécanique volant, projetant de la fumée. Certains y voient l'image d'un
pilote, un astronaute.
La dalle de Palenque ou dalle de l'astronaute est l'une des découvertes archéologiques qui
suscite encore de nos jours le plus de controverses et de débats parmi les scientifiques et les
passionnés de l'histoire Maya sur sa signification.
Elle couvrait la tombe de K'inich Janaab' Pakal Ier (23 mars 603 - 28 août 683),
aussi connu sous le nom de Pacal II et de Pacal le Grand, est le plus célèbre souverain de la
cité-État maya de Palenque. Il monte sur le trône à l'âge de 12 ans le 29 juillet 615, et vit
jusqu'à l'âge de 80 ans.
K'inich Janaab Pakal Ier accède au trône alors que Palenque, qui avait subi plusieurs attaques
de Calakmul, était au plus bas. Il succède à un souverain mystérieux connu sous le nom de
Muwaan Mat. Son père, K'an Hix Mo pourrait être d'origine étrangère et certains auteurs
22
spéculent même que Pakal serait né ailleurs qu'à Palenque.
Mexique
Yaxchilan
Yaxchilan est une ancienne cité maya située à l'est de l'État du Chiapas, au Mexique. Le site
archéologique se trouve dans une boucle en fer à cheval du fleuve Usumacinta, qui fait office
de frontière naturelle entre le Mexique et le Guatemala. Le nom antique de la ville serait Pa'
chan. Yaxchilán, le nom que l'archéologue Teobert Maler a donné au site, signifie "pierres
vertes" en langue maya. Nous ne savons que peu de choses de ses premiers souverains,
hormis leur nom. Yopaat Bahlam I, fondateur d'une longue dynastie, est monté sur le trône le 2
août 320 alors que Yaxchilan était encore un site mineur.
Yaxchilán dominé de plus petits sites tels que Bonampak, et a été longtemps en guerre avec
Piedras Negras (Guatemala), qui lui disputait le contrôle de la route commerciale de
l'Usumacinta et, au moins pendant un certain temps, avec Tikal ; c’était une ville rivale de
Palenque, avec lequel Yaxchilan a fait la guerre en 654.
Yaxchilán atteignit le faîte de sa puissance pendant le long règne du Roi Itzamnaaj Bahlam
III, mort à plus de 90 ans en 742. La plupart des monuments que l'on voit actuellement sur le
site datent de son règne et de celui de son fils Oiseau-Jaguar IV.
Yaxchilan est connue pour son grand nombre d'excellentes sculptures et ses superbes linteaux.
A gauche : Le Linteau 24, structure 23, Yaxchilan. La sculpture dépeint un rituel sacré de
saignée ayant eu lieu le 24 octobre 709. Le Roi Itzamnaaj Bahlam III est montré tenant une
torche, alors que son épouse Dame K'abal Xook tire une corde à travers sa langue.
A droite : Le Linteau 25 fait penser à la Dalle de Palenque.
A gauche: Linteau 15 : British Museum, La sculpture dépeint l'invocation du Serpent à Plumes
par une des femmes de Oiseau-Jaguar IV.
A gauche: Linteau 15 : British Museum, La sculpture dépeint l'invocation du Serpent à Plumes
par une des femmes de Oiseau-Jaguar IV.
A droite : Stèle 35 / Structure 21, "Etoile-du-Soir", la mère de Oiseau-Jaguar IV.
Guatemala
Piedras Negras
Piedras Negras est le plus grand des sites archéologiques maya situés le long de la rivière
Usumacinta au Guatemala. Situé à quarante kilomètres en aval de Yaxchilan, il fait partie du
Grand Parc archéologique du Département du Petén. Il tire son nom espagnol actuel de la
couleur noire des pierres dans la rivière toute proche. Son nom maya, que l'on ne connaît que
depuis peu, était "Yocib" (l'entrée).
C'est en étudiant les inscriptions de Piedras Negras que Tatiana Proskouriakoff a jeté les bases
du déchiffrement de l'écriture maya.
Actif dès le préclassique, Piedras Negras a connu des hauts et des bas. Une inscription de
l'Autel 1 fait remonter sa fondation à une date mythique en Compte long qui correspond à 4691, c'est-à-dire avant même le début de l'ère actuelle selon les Mayas. Vers +460, le
souverain de Yaxchilan semble avoir capturé celui de Piedras Negras, dont nous ignorons le
nom exact et, qu'à défaut de mieux, on appelle Souverain A.
Les bâtiments de Piedras Negras étaient ouverts sur l’extérieur, aérés même, d’une façon
radicalement différente de la tradition conservative du Petén. On ne compte que peu d’édifices
à Piedras Negras qui traduisent la mode architecturale du Petén : avec un plan qui insère une
chambre minuscule sous un toit
massif doté d’une crête. Ses ruines sont aussi vastes que celles de Tikal, mais beaucoup
23
moins visitées par les touristes. Piedras Negras rejoint Palenque et Copán pour la délicatesse
du tracé, ses magnifiques panneaux muraux débordants.
C'est sur ce site maya classique, célèbre pour ses monuments sculptés, que les spécialistes
décodèrent pour la première fois le glyphe signifiant "accession au pouvoir". Une percée qui
révéla que les glyphes mayas conservaient la mémoire d'évènements historiques réels.
Amérique
Super Adobe
Baptisée Super Adobe, allusion aux premières maisons en terre crue (adobe) construites pas
les colons espagnols en Californie. Elle est en outre alimentée en énergie propre et bénéficie
d'une climatisation naturelle, grâce à des ouvertures judicieusement placées. Ces prototypes
ont ainsi attiré l'attention de la Nasa.
Nader Khalili (22 février 1936-5 mars 2008) est un architecte d'origine iranienne, installé aux
États-Unis depuis 1971. Ancien architecte de gratte-ciel, il a fait aboutir son concept
d'habitations universelles dans le Cal-Earth Institute qu'il anime à Hesperia.
La caractéristique de ces habitations, résistant aux incendies, aux tremblements de terre et ne
coûtant presque rien, repose sur le fait que les matériaux qui ont servi à les élaborer viennent
des terres environnantes. La terre est ensuite rassemblée dans des sacs fermés puis empilés
et fixés avec des fils barbelés. Tout est après dans la forme arrondie, pour les petits dômes
comme pour les grandes maisons : tout repose sur l'arc. Une fois montée, la maison est brûlée
de l'intérieur et une coquille de terre cuite vient sceller l'édifice.
Cette technique de construction intéresse aussi les Nations unies. Le Haut Commissariat pour
les réfugiés (HCR) et le Programme au développement (PNUD) sont venus étudier de près les
prototypes d'Hesperia au début des années 2000. Des mini-dômes ont été construits sur les
sites des tremblements de terre en Iran en 2002 et au Pakistan en 2005.
Colombie
Organizmo
“Il s’agit de se mettre en conformité avec le cycle de la nature en réalisant quel est notre
impact, explique la responsable de l’organisation, Ana Maria Gutierez. Soit on a une attitude
consumériste : on prend – on jette, sans se soucier. Soit on a une attitude plus réfléchie et on
essaie de tenir compte des cycles et de l’environnement qui nous entoure.”
L’ONG organise régulièrement des ateliers de formation à cette forme de bio-architecture. Cela
se passe dans les environs de la capitale colombienne Bogota. Les stages durent au minimum
deux semaines, durant lesquels on se met à l’heure du développement durable.
Les murs de paille seront recouverte de terre. Cette technique a un grand succès en France.
Eurasie
Turquie
Hasankeyf
Ce site de plus de 4000 habitations troglodytiques, dont certaines ont 10.000 ans, disparaîtra
sous les eaux d'un barrage en 2014. Certains monuments, de la ville elle-même, datent du XIIe
au XVe siècle, époque où Hasankeyf était une étape importante sur la Route de la Soie. La
place fut successivement Macédonienne, Parthe, Sassanide, Romaine, Byzantine, Omeyyade,
Abbasside et Artoukide.
Urarta
La civilisation Urartéenne prend naissance vers le -IIe millénaire dans la région du lac de Van,
la société est alors à dominante pastorale et non sédentaire.
Le royaume d'Urartu est né vers le -IXe siècle sur le haut-plateau arménien, autour du lac de
Van dont Tushpa (Kalesi) fut la capitale dont la citadelle est représentative du plus ancien stade
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des forteresses et a servi de modèle. Tushpa était alimenté par le canal de Menua la reliant à
une source.
Les forteresses étaient de vrais centres administratifs et faisaient office de lieu de
stationnement des troupes et d'entrepôts. L'élevage de chevaux de guerre et la métallurgie du
bronze étaient des spécialités urartéennes.
Ils ont aussi fortement développé l'irrigation pour une agriculture intensive. L'Etat organisait la
redistribution des ressources entre les régions commandées par les différentes forteresses qui
servaient de centre de pouvoir local, de stockage et de redistribution. Les tablettes retrouvées
dans les citadelles concernent ses activités de gestion des stocks.
Cappadoce
Les tufs volcaniques faciles à creuser et l'existence de sources permettent le creusement de
véritables villes souterraines, avec greniers, étables, citernes, bassins, réfectoires et
habitations. La notion de Cappadoce est à la fois historique et géographique. Aujourd'hui elle
désigne la région située entre Kayseri et Aksaray. Une brillante civilisation, révélée par le site
Alacahöyük de l'âge de Bronze (-2500). La région est envahie par les Hittites au -IIe millénaire,
et intégrée à leur Empire et établissent leur capitale Hattusha. Cette région est alors une zone
de commerce avec les Assyriens à cause des mines d'or, d'argent et de cuivre.
Vers -1200 l'Empire hittite s'écroule, envahi par les Peuples de la Mer et les Phrygiens. Vers 1100 la Cappadoce est conquise par les Assyriens, puis par les Mèdes, par les Cimmériens et
par Cyrus le Grand en -546. Les Perses appellent le pays Katpatuka – Pays des Chevaux de
Race. La région devient indépendante sous le roi Ariarathe I en -330 et fonde une dynastie. En
+17 elle est intégrée par Tibère à l'Empire romain. Le christianisme s'y répand aux +IIIe et +IVe
siècles. Au VIIe siècle la Cappadoce est envahi par les Abassides. Les raids arabes harcèlent
la région jusqu'au IXe siècle.
Syrie
Ayn Dara
Le temple de Aïn Dara ou Ayn Dara (à 67 km d'Alep) remonte au -Xe siècle, à la période néohittite.Le site tient son nom d'une source qui se trouvait à 700 m à l'est du tell. On suppose que
le temple était dédié à Ishtar, déesse de la fertilité. Les vestiges monumentaux du temple,
notamment des lions, ainsi que des sphinges imposants ont été retrouvés au nord-est de
l'orthostate au lion, à l'extrémité de l'acropole. À l'origine, les murs étaient décorés d'un rang
d'orthostates où une rangée de lions faisait face à des sphinx ailés. On pense que les Hittites
sont issus de la civilisation des Kourganes qui ont été forcés de migrer via les Balkans vers
l'Anatolie et la Syrie en plusieurs vagues de -4400 / -1900. Mais ce n'est qu'à la fin du -IIIe
millénaire que l'archéologie atteste des mouvements de population des Balkans vers l'Anatolie
et la Syrie. Des populations de langue louvite semblent s'installer vers -2300/-2200 : de
nombreuses cités d'Asie Mineure, dont Troie, sont ravagées. Une seconde vague vers -2000/1900 semble s'être installée plus calmement, ce sont les populations parlant le hittite-nésite,
essentiellement dans la boucle du fleuve Halys. Des Neo-Hittites se sont installés dans la
région d'Alep en Syrie vers le -Xe siècle.
Syrie
Tell Mardikh - Ebla
Ebla, dont parlent les anciens textes mésopotamiens, est situé au Sud d'Alep et dont premier
niveau d'habitation (Mardikh I) correspond à la seconde moitié du -IVe millénaire. Sa position
stratégique, à la porte d'un col donnant accès à la Méditerranée permit à ses rois, à partir de 2.500, d'étendre leur domination sur le moyen Euphrate et une partie de la Syrie. Dix-sept mille
tablettes ont été retrouvées dans l'ancienne bibliothèque du palais royal. Elles comportent des
archives économiques, des traités d'alliance, des épopées et des hymnes religieux.
L'apogée de la période dite proto-syrienne correspond à la seconde moitié du -IIIe millénaire
(niveau Mardikh II B), donc à l'Âge du bronze ancien et aux Dynasties archaïques III ainsi
qu'aux périodes des Empires d'Akkad et d'Ur III de basse Mésopotamie. Cette période est
25
avant tout connue grâce aux nombreuses tablettes documentant la vie du royaume vers les XXVe / -XXIVe siècles (niveau Mardikh II B1), et qui ont fait la renommée du site. Il s'agit de
l'apogée d'Ebla en tant que puissance politique.
Syrie
Tell Al-Rawda
Tell Al-Rawda, au centre de Syrie, un cas extrême parmi une des plus anciennes villes
connues. Cette ville circulaire a été fondé vers -2.500, en pleine steppe aride, loin des zones
traditionnellement urbanisées, à 150 km de l'Euphrate et de la Méditerranée, sur un oued en
eau quelques jours par an seulement. Les études paléo-environnementales ont montré que les
conditions sont restées les mêmes depuis le –IIIe millénaire.
Elle s’inscrit dans une série de villes de même type, dont on a découvert la structure
géométrique récemment, notamment grâce aux prospections géophysiques qui y ont été
réalisées. Ce modèle urbain très particulier, qui apparaît en Syrie du Nord dès les débuts de
l’urbanisation de la Syrie, a fait l’objet d’un programme de recherche spécifique.
Syrie
Qatna
Qatna est une cité antique située en Syrie à 200 km au nord de Damas, sur l'actuel site de Tell
Mishrifeh. C'était la capitale d'un royaume qui fut l'un des plus importants de la région dans la
première moitié du -IIe millénaire, et avait encore une certaine puissance dans la seconde
moitié de ce même millénaire. La cité qui s'est développée depuis le début du -IIe millénaire
était un point important de passage sur les routes de commerce de la région.
Plusieurs dynasties de rois s'y sont succédé pendant presque mille ans, développant une
culture raffinée, un artisanat, et utilisant l'écriture cunéiforme. Le site de Qatna est occupé
depuis le Néolithique.
Ce sont les archives de Mari qui nous renseignent de manière indirecte sur l'histoire du
royaume de Qatna, entre la fin du -XIXe siècle et la première moitié du -XVIIIe siècle. Cet État
est alors l'un des plus puissants de Syrie et de tout le Proche-Orient. Son grand rival est son
voisin du nord, le Yamkhad, dont la capitale se trouve à Alep.
La prise de Mari en -1761 par Hammourabi de Babylone, marquant la fin des archives dans
cette ville, réduit notre connaissance de Qatna et de la situation politique de la Syrie en général
pour les décennies suivantes. D'après ce que semblent indiquer les archives d'Alalakh (fin XVIIIe siècle - début -XVIIe siècle), Qatna serait passée sous le contrôle du Yamkhad, l'ennemi
séculaire.
Le palais royal était entouré des résidences des élites de la cité. Le petit lot de tablettes
économiques cunéiformes écrites en akkadien retrouvé à l'intérieur semble indiquer qu'elle a
appartenu à un moment à un certain Zariya. Un autre grand bâtiment de l'acropole a livré une
statue acéphale datant du Bronze moyen (-XVIIIe -XVIIe siècle), de facture typiquement
syrienne, représentant sans doute un roi de Qatna. Un quartier artisanal ainsi qu'un petit
cimetière datant aussi du Bronze moyen ont également été exhumés à proximité de ces
bâtiments.
À côté de la salle du trône située dans le secteur nord-est du palais, un couloir long de
quarante mètres s'enfonçait dans le sol sur une profondeur de sept mètres pour mener à un
puits de cinq mètres de profondeur, ouvrant sur un complexe funéraire souterrain. Un lot de 75
tablettes cunéiformes a été retrouvé dans le couloir, parce qu'elles sont tombées à cet endroit
lors de l'effondrement de l'étage supérieur, quand le palais fut détruit. Elles datent du règne du
roi Idanda, qui est à situer vers le milieu du -XIVe siècle. Une partie est en akkadien, alors
qu'une autre est en hourrite.
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Cet ensemble fonctionnait comme un complexe funéraire royal de la dynastie régnant à Qatna.
Cette découverte est exceptionnelle dans la mesure où ce complexe n'a jamais été pillé, et a
pu livrer cet endroit tel qu'il était au moment de la destruction du palais. On a ainsi pu
rapprocher ces découvertes archéologiques de ce que nous rapportent divers textes de la Syrie
du -IIe millénaire (à Ougarit et Emar), mentionnant le rite funéraire du kispum, un banquet
réunissant les membres de la famille royale et leurs ancêtres, parfois divinisés à cette période.
Le Royaume Amorrite
Le développement de Qatna à la période amorrite (-2004 / -1595) est établi par l'archéologie,
puisque c'est de cette époque que datent les impressionnantes murailles qui protègent la
cité. Pour le début de cette période, on a retrouvé un sphinx en pierre venu d'Égypte, inscrit au
nom d'Ita, fille du pharaon Amenemhat II (-1928/-1895), qui établit les contacts entre Qatna et
le pays des Deux Terres.
Qatna est toujours la capitale d'un royaume aux -XVe siècle et -XIVe siècle. Il ne s'agit plus
d'un royaume de premier rang, mais plutôt d'un royaume secondaire, devenu vassal du
Mitanni, puis de l'Égypte, à l'époque des lettres d'Amarna, quand un certain Akizzi règne sur cet
État. C'est après cela que Qatna passe sous domination hittite, quand Suppiluliuma Ier
s'empare de la Syrie. Cela s'est apparemment fait dans la violence à Qatna, si on date de ce
moment les destructions retrouvées sur le site. Les Égyptiens reprennent le contrôle de la ville
sous Séthi Ier, vers -1300.
L'entrée du complexe funéraire était gardée par deux statues en basalte représentant chacune
un personnage masculin assis sur un trône, main droite posée sur un vase tandis que la
gauche était repliée sur le ventre, selon un style typiquement syrien du -XVIIIe / -XVIIe siècle.
Le complexe est organisé autour d'une salle centraleouvrant sur trois autres salles de
dimensions plus modestes. La grande pièce renfermait un sarcophage en bois, dans lequel les
restes de trois individus ont été retrouvés, ainsi que de nombreuses céramiques, et des
banquettes avaient été aménagées sur ses côtés.
Divers objets de grande valeur ont également été mis au jour dans cette pièce : bijoux en or ou
pierres précieuses, vaisselle de luxe, etc. La petite salle située sur le côté sud de la grande a
livré d'autres céramiques, dont un vase en serpentine portant le nom du pharaon Amenemhat
III. La salle ouest contenait un sarcophage renfermant les restes de deux individus, dont un
portait un collier en pierres précieuses, tandis que la salle était remplie d'ossements.
Syrie
Jerf al-Ahmar
Jerf al-Ahmar - Tell Barsip est actuellement sous les eaux du barrage de Tichrine.
Au nord de la Syrie, ce site montre comment les hommes du Néolithique, tout en ensemençant
les champs avec du seigle ou de l'orge, ne se sont plus contentés de huttes. Ils ont construit
des demeures plus confortables aux murs de pisé et reposant sur des assises de pierres.
Ici, comme à Mureibet ou à Abu Hureyrah, l'humanité a connu sa plus grande révolution :
l'agriculture.
D'autres régions du Proche-Orient revendiquent le même honneur. A l'époque Néolithique
précéramique, sur le moyen-Euphrate, les premiers planteurs de blé, les premiers éleveurs de
moutons et de bœufs ont eu l'idée d'attirer les grâces du ciel sur leurs récoltes et leurs
troupeaux en invoquant la Déesse-Mère et le Dieu Taureau.
En conséquence de la guerre civile syrienne, Kobané est passée sous le contrôle du
mouvement kurde Yekîneyên Parastina Gel depuis 2012, pour qui cette région est un grand
symbole tant stratégique que culturel. En juillet 2014, l'État islamique essaie de prendre le
contrôle de la ville, puis de nouveau en septembre 2014, la ville se fait surnommer le
"Stalingrad du Moyen-Orient."
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En juillet 2014, l'État islamique essaie de prendre le contrôle de la ville, puis de nouveau en
septembre 2014, la ville se fait surnommer le "Stalingrad du Moyen-Orient."
Il y a une vive résistance de la population contre de violentes attaques de E.I fin Septembre –
début Octobre 2014. Le 7 Octobre la bataille faisait râge. Les femmes jouent un grand rôle
dans la résistance, motivées elles le sont.
Le site archéologique de Mureybet est situé sur la rive gauche de l'Euphrate, en Syrie. Il
remonte au Néolithique précéramique A (-9.000 à -8.500), c'est-à-dire à la mise en place de
l'agriculture avant même l'utilisation de la céramique.
Le site a fait l'objet de fouilles de sauvetage avant la mise en eau du lac Al-Assad formé par le
barrage de Tabqa.
Jerf el Ahmar est situé entre la frontière turque et le barrage de Tichrine sur le Moyen-Euphrate.
Occupé de -9200 à -8500, il est un des rares sites témoignant des tous débuts de l'agriculture.
Les habitants du Proche-Orient ont accompli, entre -9500 et -7500, dans les vallées du
Jourdain et de l'Euphrate, une des plus importantes révolutions dont ait bénéficié l'humanité.
Grâce à l'existence de céréales et de petits ruminants sauvages, ces chasseurs-collecteurs
sont devenus producteurs de subsistance en inventant l'agriculture puis l'élevage.
Tell Abu Hureyra est un site de la vallée de l’Euphrate (nord de l’actuelle Syrie, nord-ouest de
l’ancienne Mésopotamie), qui a été le siège d’une occupation humaine entre -9.500 et -5.900.
Site proche de l'Euphrate, il a été l’objet de fouilles en 1972 et 1973 avant son engloutissement
sous les eaux du lac Al-Assad à la suite de la construction du barrage de Tabqa et de la mise
en eau de ce dernier en 1976. Ce site porte des traces parmi les plus anciennes de la
domestication des plantes et des animaux.
Le passé répand en nous ses mille vagues – Friedrich Nietzsche
La naissance de l'Etat Islamique a ses origines dans un lointain passé. C'est l'aboutissement
de l'ingérence de l'Occident au Moyen Orient, en Afrique et ailleurs. On se rappelle les
Croisades et la connivence entre les Chevaliers du Temple et les intégristes de l'Ordre des
Hachichins de Masyaf et d'Alamut. On se rappelle le démantèlement de l'Empire Ottoman
après la Première Guerre Mondiale. On se rappelle la Deuxième et la naissance de l'Etat
d'Israël.
Et, plus récemment, "la révolte arabe" ou "le printemps arabe" qui a été provoqué et soutenue
par l'Occident et qui s'est propagé via les Réseaux Sociaux, cette plaie du XXIe siècle. En
déstabilisant ou en détruisant les régimes en place de Kadhafi, en Libye et d'Assad en Syrie et
en fournissant les rebelles en armes, qui se sont divisés en plusieurs groupuscules aux
idéologies et aux intérêts contraires, ils ont déstabilisé toute l'Afrique du Nord et tout le Moyen
Orient.
L'Etat Islamique s'est développé dans les décombres du régime d'Assad et de Saddam
Hussein.
Sa création remonte à 2006, lorsqu'Al-Qaïda en Irak forme avec cinq autres groupes jihadistes
le Conseil consultatif des Moudjahidines en Irak. Le 13 octobre 2006, le Conseil consultatif
proclame l'État islamique d'Irak (EII), lequel se considère à partir de cette date comme le
véritable État de l'Irak, puis également, à partir de 2013, de la Syrie. Initialement lié à Al-Qaïda,
l'EII s'en est progressivement affranchi, pour s'en séparer tout à fait en 2013.
Le 9 avril 2013, l'EII devient l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL) ou État islamique en
Irak et al-Sham (EIIS), parfois désigné par l'acronyme arabe Da'ech / Daesh utilisé de manière
péjorative.
Tous les sites archéologiques de Syrie et d'Irak sont en péril, ainsi que la culture des minorités.
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Hama
Norias
Hama, Hamah et parfois Hamath, est une ville en Syrie, connue dans l'Antiquité sous le nom
d'Epiphania.
De la forteresse au centre de la ville il ne reste guère que la colline sur laquelle elle était
construite en bordure de l'Oronte. Elle fut le théâtre de violents affrontements entre les Frères
musulmans, les nationalistes arabes du Baath irakien, la gauche syrienne et l'armée Syrienne
de Hafez el-Assad en février 1982.
Lors de la révolte arabe en 2011 une rébellion armée éclate contre le pouvoir en place de
Bachar el-Assad, qui réprime violemment les manifestations pro-démocratie dont Hama est l'un
des foyers d'origine.
De nombreux massacres ont lieu à Hama ; les chars de l'armée syrienne rentrent le 31 juillet
2011, repartent le 10 Août pour revenir le 15 Décembre.
Damas-Alep, un axe presque à la verticale, ponctué de villes étapes qu'entrelace l'Oronte.
Après Homs, centre industriel et troisième ville de Syrie, on aborde Hama, la belle, aux norias
légendaires.
Au Moyen Âge, on en dénombrait plus de trente, il n'en reste plus qu'une douzaine. Hama est
proche du site d'Ebla et d'Apamée.
Le terme de noria est une appellation générique employé pour désigner tous mécanismes
servant à élever de l'eau. Les norias sont classifiées selon deux groupes. Les norias de type
ascensionnel, qui utilisent l'énergie hydraulique pour fonctionner (comme les pompes, les
béliers et les colonnes d'eau) et constitue l'ancêtre des pompes hydrauliques modernes. Les
norias de puisage direct, qui fonctionnent suivant le principe du chapelet hydraulique (comme
les roues à aubes, les roues à godets, les meuses, les pouzarenques, les puiserandes). Cela
peut être une grande roue à ailettes installée sur un cours d'eau et actionnée par le courant, ou
un chapelet de godets fixés à cette roue qui élève et déverse l'eau dans un aqueduc associé,
qui la distribue.
Dans les zones sans cours d'eau, des machines hydrauliques, appelées roue persane ou noria
par extension, étaient aussi utilisées pour remonter l'eau des puits, et ainsi irriguer les cultures.
Dans ce cas, c'était le plus souvent un cheval, un mulet ou un bœuf qui, les yeux bandés,
faisait tourner la roue.
Liban
Soirces Oronte
Baalbeb
L'Oronte jaillit entre les massifs du Liban et de l'Anti-Liban, à la hauteur d'Héliopolis (l'actuelle
Baalbek). Il arrose sur une longueur de 600 km les villes de syriennes d'Émèse (Homs),
Aréthuse, Épiphania (Hama), Larissa et Antioche pour se jeter dans la méditerranée à la
hauteur de Séleucie de Piérie.
L’histoire de Baalbek remonte au moins à la fin du -IIIe millénaire. Baalbek était une ville
phénicienne florissante où était célébré le culte de Baal, le dieu de l'orage et de la pluie chez
les Phéniciens et les Cananéens.
La ville fut ensuite appelée Héliopolis, "Ville du Soleil". Selon certaines hypothèses, ce nom fut
donné au Baalbek de l’époque hellénistique, car les Grecs identifiaient Hélios, dieu du Soleil, à
Hadad. D’autres affirment que la ville antique reçut ce nom à l’époque romaine, lorsque MarcAntoine la concéda à Cléopâtre. Les vestiges visibles remontent surtout à l’époque romaine.
Plusieurs tremblements de terre, destructions et autres constructions médiévales firent perdre à
Baalbek une partie de sa splendeur ancienne. Le dernier grand tremblement de terre date de
1759, et fit s’effondrer trois des neuf colonnes du temple de Jupiter. Le festival d’été de
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Baalbek, qui a commencé en 1955, a pourtant fait revivre la Ville du Soleil.
La grande énigme de Baalbek :
"La pierre de la femme enceinte" ou "Pierre du Sud", (en arabe : Hadjar el Hibla) située sur le
site de Baalbek est, tout comme les deux monolithes à proximité, parmi les plus longs
monolithes jamais taillés et transportés par l'humain.
Le nom "pierre de la femme enceinte" provient, selon la légende, d'une femme enceinte qui
aurait amené la population naïve de Baalbek à croire qu'elle savait déplacer la pierre géante si
on acceptait de la nourrir jusqu'à la naissance de son enfant.
La pierre faisait partie d'un Trilithe, deux autres monolithes semblables ont été découverts à
proximité.
Le site archéologique fut transformé en citadelle arabe. Une mosquée fut construite sur le site à
l’aide de pierres trouvées sur place; les murs du temple de Jupiter furent déplacés de quelques
mètres pour en faire une formidable muraille.
Byblos
Byblos est habitée de manière continue depuis plus de 7.000 ans, ce qui en fait l'une des plus
anciennes villes du monde. Les traces les plus anciennes d’une occupation humaine sur le site
sont celles d’un village de pêcheurs du Néolithique, établi probablement vers -5000. Dès le -IVe
millénaire Byblos est un centre commercial actif, trafiquant surtout avec l’Égypte antique avec
laquelle elle exporte du bois du Liban. Ce rapprochement de l’Égypte a un effet durable sur l’art
et la culture de Byblos, elle devient un centre religieux important où l‘on pratique le culte
d’Osiris.
Byblos faisait aussi commerce de textile et de vêtement avec la Mésopotamie, notamment avec
la ville de Mari et également avec les Minoens de Crète. Les souverains Amorrites de Byblos
se font enterrer dans des tombeaux avec des objets égyptiens (Tombeau d’Ahiram, roi au -XIe
siècle). Elle est mentionnée dans la Bible, se référant à la nationalité des bâtisseurs du Temple
de Salomon (-970 / -931). Elle se caractérise aujourd'hui par son antique port de pêche, son
site romain et son château croisé, Byblos est une des plus vieilles villes du monde
continuellement habitée.
Sidon
Sidon ou Saïda en arabe (en phénicien Sydwn ou Saidoon), fut dans l'antiquité la capitale
incontestée de la Phénicie. La ville était construite sur un promontoire s'avançant dans la mer.
Ce fut le plus grand port de la Phénicie sous son roi Zimrida, au -XVIIIe siècle. Elle est aussi
appelée Sagette ou Sayette durant les Croisades (nom donné par les Francs) et Sidon dans la
Bible. Son nom signifie "pêcherie".
D'après la Genèse, l'antique Sidon est l'une des plus vieilles villes de la côte phénicienne,
fondée par Tsidone, fils de Canaan, lui-même petit-fils de Noé.
Elle est la capitale du royaume cananéen aux environs du -XVe siècle. Avec Tyr et Byblos, ses
rivales, elle développe le commerce maritime et devient l'un des plus importants ports de la
Méditerranée orientale aux environs du -XIIIe siècle, avant sa dévastation par les Peuples de la
mer. Vers -1200, elle est prise par les Philistins et c'est alors Tyr qui passe au premier plan. Elle
est ensuite soumise aux puissances du Proche-Orient. Tributaire de l'Assyrie, s'étant révoltée,
Assarhaddon la détruit en -677. La ville est reconstruite par les Babyloniens, et reprise par les
Perses vers -540.
Tyr
L’histoire de Tyr se confond avec l’histoire de Sidon principalement parce que, sur plusieurs
périodes, les deux villes étaient unifiées. Hérodote, qui visite la ville en -450, est informé par les
prêtres du temple de Melqart que la ville avait été fondée en même temps que le temple et que
Tyr était habitée depuis 2300 ans, ce qui nous donne la date de -2.700. Cette date fut attestée
30
par l’archéologie, le sondage ayant livré vingt-sept niveaux ; le premier niveau remonte au
premier quart du troisième millénaire. Elle figure dans les textes égyptiens du deuxième
millénaire pour sa situation stratégique méridionale.
Tyr participe de façon majeure à la colonisation phénicienne et fonde Carthage (la "Nouvelle
Ville") en -814.
Ainsi l'hégémonie phénicienne sur la côte au sud de la Phénicie s’est étalée jusqu’à Ascalon
qui est devenue une "cité des Tyriens" à l’époque perse.
Quand Nabuchodonosor II accéda au trône babylonien, après la chute de Ninive en -612, il
assiégea Tyr pendant treize ans (-585 / -572). En 539, Cyrus prend Babylone. Intégrés dans
l'empire perse achéménide, les Phéniciens fournissait des flottes aux souverains achéménides
(surtout pour leurs guerres contre les Grecs).
Liban
La Vallée de la Bekaa
La culture du cannabis dans la plaine de la Bekaa est une pratique qui remonte à la nuit des
temps. Depuis la guerre civile de 1975 à 1990, la plante a permis à diverses milices de se
financer et a fait du Liban l'un de ses plus gros exportateurs au monde (après le Maroc).
La plaine de la Bekaa, aussi appelée simplement Bekaa, en arabe, est, malgré son nom, un
plateau situé dans la partie orientale du Liban encadré à l'ouest par le mont Liban et à l'est par
l'Anti-Liban. Baalbek marque la séparation entre, au nord, le bassin de l'Oronte et, au sud, le
bassin du Litani.
La création du Liban sous mandat français, séparée de la Syrie, n’a jamais été acceptée par le
régime de Damas. La région, historiquement, était en effet rattachée aux villes syriennes de
l’intérieur : Homs, dans l’antiquité, puis Damas, à l’époque mamelouke et à l’époque ottomane,
la gouvernaient de plus ou moins loin.
Les autorités syriennes n’acceptèrent jamais cette amputation territoriale et considérèrent
depuis leur indépendance en 1946 le Liban comme leur arrière-cour légitime.
A la culture du pavot, ancienne dans la région, est venue s’ajouter la culture du cannabis,
généralisée depuis les années 1920, et en plein essor depuis la guerre civile. Sous les
pressions américaines, dans les années 1990, Damas avait contribué à l’éradication des
cultures de cannabis et de pavot dans la Bekaa. Mais les laboratoires de transformation ont
néanmoins continué à fonctionner. Ces cultures ont depuis été réintroduites sous la houlette de
trafiquants turcs et sous la surveillance des autorités syriennes.
Dans le contexte de la guerre civile syrienne, la Bekaa constitue à nouveau un espace
stratégique sous haute tension. C’est en effet de cette région que partent les armes destinées
aux rebelles. Des roquettes syriennes ont touché à plusieurs reprises la Bekaa, notamment à
Baalbek, fief historique du Hezbollah.
Entre enclaves sunnites qui soutiennent la rébellion syrienne, contribuant notamment à soigner
des blessés qui arrivent de Syrie, et villages chiites affichant leur soutien au Hezbollah libanais,
dont on sait qu’il soutient désormais ouvertement le régime de Bachar al-Assad.
Fourzol
Fourzol, à 5 km de Zahlé, site de grottes, tombes anciennes, et de sanctuaires cananéens,
romains et byzantins, ainsi que les vestiges d'un temple romain à Wadi al Habis.
Anjar
Anjar est l'unique site du Liban datant de l'époque omeyyade. Anjar n'a été découverte par les
archéologues qu'à la fin des années 1940. Anjar diffère des autres sites archéologiques du
Liban qui peuvent parfois se prévaloir d'une histoire ininterrompue depuis leur fondation à nos
jours. Anjar paraît n'avoir vécu que quelques décennies au début du VIIe siècle de notre ère.
31
Anjar conserve toutefois son mystère : selon certains elle fut construite sur l'emplacement de la
ville antique Chalcis La ville a toutes les apparences d'une ville romaine et cela bien qu'elle soit
l'œuvre du calife Omeyyade Al-Walid Ier.
En 1939, les autorités françaises installent à Anjar des familles entières d’Arméniens
originaires des montagnes du Musa Dagh. Ayant déjà subi le génocide de 1915, les Arméniens
sont évacués à Anjar.
De 1984 à 2005, Anjar est le Quartier Général des services de renseignements syriens au
Liban. C'est aussi un centre illégal de tri et de détention, contrôlé par services secrets syriens.
Arménie
Grottes de Khndzoresk
Khndzoresk est situé dans les montagnes de Syunik, proche de Goris, au Sud de l’Arménie. Le
point d’intérêt majeur de ce site se trouve à quelques kilomètres du nouveau village: il s’agit de
«l’ancien Khndzoresk», une ville troglodyte habitée jusqu’au milieu du XXe siècle. Les
villageois habitaient les cavités naturelles et artificielles creusées dans les tufs volcaniques. Au
fond des grottes se cache l’église Sainte-Hripsimé datant du XVIIe siècle.
L'Arménie, dotée d'un riche héritage culturel, est une des plus anciennes civilisations au
monde.
La région, notamment autour du mont Ararat (désormais totalement situé en Turquie), qui a une
importante signification religieuse pour les Arméniens, est peuplée depuis la Préhistoire. Les
archéologues continuent de trouver des preuves selon lesquelles l'Arménie était un ancien
centre de civilisation, avec l'Urartu, rival de l'Assyrie.
Arménie - Turquie
Ani
Ani est située dans la province turque de Kars, juste au sud de la frontière arménienne. Elle se
trouve près de la ville d'Ocaklı et de l'Akhourian, un affluent de l'Araxe, qui forme la frontière
entre l'Arménie et la Turquie. Aujourd'hui en ruine, la ville fut la capitale de l'Arménie vers l'an
mille, et elle est d'ailleurs surnommée "Capitale de l'an mille" et la "ville aux mille et une
églises". Bien qu'un habitat soit attesté sur le site depuis le -IIe millénaire, la date de sa
fondation n'est pas connue. Il existe déjà une forteresse à l'époque du royaume d'Urartu.
Ani devient tout d'abord la forteresse des seigneurs de la famille Kamsarakan vers le Ve siècle,
puis elle passe sous la main des Bagratides qui quittent la ville de Kars et sa forteresse
perchée au IXe siècle. Le Xe siècle et l'an mil est l'époque de la splendeur d'Ani. Ani se
développe, s'agrandit grâce à sa situation sur une route commerciale, et est donc le centre
religieux, administratif et aussi culturel de tout l'Arménie médiévale vers 992.
Elle est prise par les Mongols en 1231 ou 1236. Au XIVe siècle, une dynastie turcomane, les
Qara Qoyunlu, en fait sa capitale. Après la prise de la ville par Tamerlan à la fin du siècle, les
Qara Qoyunlu transfèrent leur capitale à Erevan. La ville est complètement abandonnée.
Ouzbékistan
Ayaz Kala
Autrefois, cette région était fertile et fut l'une des premières au monde à pratiquer la viticulture,
comme en témoignent trois pressoirs mis à jour lors de fouilles archéologiques dans la plus
ancienne forteresse (Ayaz Kala 1).
Le site d'Ayaz Kala est composé de 3 forteresses :
- Ayaz Kala 1, un refuge défensif datant du -IVe ou début du -IIIe siècle, situé sur le sommet
d'une colline à plat.
- Ayaz Kala 2, un fort féodal datant probablement du +VIe au +VIIIe siècle.
- Ayaz Kala 3, une garnison fortifiée et un refuge, datant principalement du +Ier au +IIe siècle.
Toprak Kala
Toprak Kala dans le Khorezm (Karakalpakstan) était l'emplacement d'une ville ancienne
fortifiée, construite en terre crue au sommet d'un promontoire. Tout autour se trouve le désert
32
du Kyzyl Koum qui s'étend jusqu'à la mer d'Aral.
D'autres citadelles parsemaient ce territoire, elles avaient pour but de défendre, des
agressions des nomades, les populations habitant dans ce territoire autrefois fertile car irrigué
grâce à des canaux détournant l'eau de l'Amou Darya.
Cette ville s'est développée à partir du -1er siècle et a été abandonnée au +VIe siècle à la suite
d'attaques de turcs nomades qui ont dévasté les canaux, privant d'eau ce territoire.
Samarcande
L'occupation du site de la ville de Samarcande date du paléolithique inférieur elle est l'un des
berceaux de la civilisation des peuples de l'Asie centrale. Le musée de Samarcande offre
quelques exemples de silex taillés trouvés sur place. Le site archéologique est appelé Afrasiab.
Samarcande, connue alors sous le nom de Maracanda, a vu Alexandre le Grand (-329). Il ira
plus loin vers l'Inde mais la Sogdiane marque la limite de ses conquêtes en direction de l'Asie
centrale.
Elle fut conquise par les Musulmans en 712 et brilla particulièrement sous le règne des
Samanides. Après la bataille de Talas en 751, où les Musulmans capturèrent des artisans
papetiers chinois, Samarcande devint le premier centre de fabrication du papier du monde
musulman. Le mathématicien, astronome et poète persan Omar Khayyâm (1048-1131) y
séjourna de 1072 à 1074, avant de s'installer à Ispahan en Iran à l'invitation du sultan
seldjoukide Malik Shah Ier. Elle fut ruinée par Gengis Khan en 1220.
Le conquérant turco-mongol Tamerlan a mis trente-cinq ans pour faire de Samarcande, une
capitale légendaire de l’ancienne Route de la Soie. Dès 1370, la cité a attiré artisans et
architectes de tout l’Empire mongol. Tamerlan et son petit-fils Ulugh Beg ont fait venir sur place
les plus grands scientifiques et philosophes des XIVe et XVe siècles, plaçant cette ville au
carrefour des connaissances, des religions et du commerce et laissant en héritage, un
patrimoine précieux.
Après sa mort, la vie intellectuelle et artistique des Timourides se concentre à Hérat en
Afghanistan.
Khiva
Selon la légende, Khiva fut fondée à l'endroit où Sem (le fils de Noé) creusa le puits de Keivah.
Khiva fut, du XVIe siècle jusqu'au début du XXe siècle, la capitale du khanat de Khiva (qui était
dans la région historique du Khorezm, longtemps royaume vassal de la Perse). Le khanat de
Khiva (1512-1920) était l'un des trois khanats ouzbeks issus de la dislocation du khanat de
Djaghataï, avec ceux de Boukhara (qui englobait Samarcande) et de Kokand.
La région particulièrement aride a développé un système d'irrigation complexe à partir du -IIe
millénaire.
Itchan Kala ("Cité intérieure", en turc), qui couvre 26 hectares, est la ville intérieure de Khiva,
retranchée derrière des murailles de brique hautes d'une dizaine de mètres, faisant partie de
l'ancienne oasis, qui était l'ultime étape des caravaniers avant la traversée du désert en
direction de la mer Caspienne et de la Perse.
Bien qu'ayant conservé peu de monuments très anciens, Itchan Kala constitue un exemple
cohérent et bien préservé d'architecture musulmane d'Asie centrale.
Boukhara
L'oasis de Boukhara, active dès l'antiquité, a très tôt attiré la convoitise : déjà au -VIe siècle, les
rois de Perse dont, plus tard, Darius, l'avaient envahie ; puis en -329 , après l'invasion de l'Iran
par Alexandre le Grand, le territoire de Sogdiane, dont faisait partie Boukhara, devint une
possession grecque jusqu'au -IIe siècle. Entre la fin du -Ier siècle et la moitié du +IVe siècle,
Boukhara fait partie du royaume de Kushan.
C'est au début de cette époque que commence à s'établir un commerce avec les pays
d'occident et ceux d'orient. Au Ve siècle, Boukhara est intégrée dans l'État des Hephtalites.
33
Boukhara a été occupée en 710 par les troupes arabo-islamiques durant le califat des
Omeyyades. Au IXe siècle, la ville devient la capitale de la dynastie persane des Samanides
(875-999).
En 999, la ville fut envahie par les Qarakhanides. À cette époque, des monuments, encore
visibles aujourd'hui, furent édifiés : le minaret d'Arslan-Khana (minaret de Kalian), la mosquée
de Magoki-Attari, la mosquée de Namezgokh, le mausolée de Tchachma-Ayoub (la source de
Job).
La ville est intégrée à l'empire des Timourides en 1370. La ville perd de son importance
politique au profit de Samarcande mais en 1506, la dynastie des Chaybanides s'empare de
Boukhara et, dans la seconde moitié du XVIe, Abdullah Khan fit de la ville le centre politique du
khanat de Boukhara.Le khanat de Boukhara (1599-1920), qui englobait Samarcande, fut l'un
des trois khanats ouzbeks issus de la dislocation du khanat de Djaghataï, avec ceux de Khiva
et de Kokand.en 1740, le roi de Perse Nadir Shah envahit le khanat de Boukhara, nomme
comme gouverneur Muhammed-Rakhim-Khan ; ce dernier se proclame émir, fonde une
nouvelle dynastie, les Manghit (1753 / 1920).
Boukhara est également le nom générique donné aux tapis turkmènes, dont le principal centre
de négociation est le bazar d'Achgabat.
Chakhrisabz
Chakhrisabz, également écrit Shahr-e Sabz ou encore Shakhrisyabz, signifiant "ville verte" en
persan, est une ville de l'Ouzbékistan, terre natale de Tamerlan, située au sud de la ville de
Samarcande. Son nom ancien était Kesh (Kash).
Chakhrisabz compte parmi les villes les plus anciennes de l'Asie centrale. Elle a été fondée il y
a plus de 2.700 ans.
Du -VIe au -IVe siècle, elle faisait partie de l'empire achéménide.
Ptolémée,général d'Alexandre le Grand, y capture Bessos, le satrape de Bactriane et
prétendant au trône de Perse, mettant ainsi fin à l'Empire achéménide. Alexandre le Grand
passait certains hivers à Kash ; il y rencontra son épouse Roxanne en -328 / -327.Durant les
premières années de la dynastie timouride, la ville était un lieu apprécié de Timur Lang.
Turquie
Harran
Harran est une ville et un district de Turquie, près de la frontière syrienne, au croisement des
routes de Damas, de Karkemish et de Ninive. C'est également un site archéologique : on peut
y voir les murailles de la cité antique, longues de cinq kilomètres, et d'importants vestiges
médiévaux tel que le château et l'Ulu Camii, une grande mosquée du VIIIe siècle. De nos jours,
subsistent seulement deux villages aux constructions typiques de pierre et d'argile crue
surmontées de coupoles en formes de ruches. La ville a conservé son nom sémitique attesté
depuis -2400. Sa situation géographique, dans la vallée du fleuve Balissos (Balikh), au
croisement de deux pistes caravanières, en a fait un point stratégique. Une de ces pistes reliait
la Syrie à la vallée du Tigre, l'autre conduisait vers l'Euphrate et le golfe Persique à partir de la
vallée du Halys. Harran était également connu dans la haute antiquité pour être l'un des deux
principaux sanctuaires (avec la ville d'Ur) dédiés au Dieu Lune Sin, vénéré par les Sémites de
Mésopotamie.
Turquie
La Lycie
La région est peuplée dès le -IIIe millénaire, des textes Hittites du -XVe siècle mentionnent les
Lukka (Loukou), ils auraient fait partie des Peuples de la mer, on les retrouve plus tard lors de
la bataille de Qadesh, alliés des Hittites qui s'opposaient au Pharaon Ramsès II (-1279 / 1213). Ils sont cités par les Égyptiens sous le nom de Ruku ou Luk. Les Lycéens apparaîssent
cinq siècles plus tard. La région fut conquise par Alexandre Le Grand (-336 / -323), les
Ptolémées, les Séleucides, Rhodes, pour finir romaine puis byzantine.
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Maryakanda
Aryakanda est une ancienne ville lycienne d'origine anatolienne, situé près du village Aykiriçay
sur la route Elmali – Finike dans la province d'Antalya. Les plus anciens vestiges datent du –IIe
millénaire, les plus importantes datent du –VI ou –Ve siècle. La Lycie est une région historique
située au sud de la Lydie en Asie Mineure.
Myra
Myra (Myre) est une ville antique de Lycie, au Sud-Ouest de l'Anatolie, sur le fleuve Myros. Il
semble que ce nom soit lycien, la racine " Myrrh" pouvant signifier "la cité de la déesse mère".
Myra existe depuis le -Ve siècle, elle est citée par Strabon comme étant une ville importante de
la confédération lycienne (-168 à +43). À l'époque romaine, au début de notre ère, Myra était la
métropole de la Lycie et devait en grande partie sa prospérité au commerce du murex et de la
pourpre qui en était extraite.
Myra est surtout connue pour sa nécropole qui est constituée, comme celle de Telmessos, de
tombeaux rupestres percés dans la falaise, que l'on date du -Ve siècle. Les tombeaux sont
décorés d'une représentation soit du mort, soit de ses parents ou encore de ses amis.
Des vestiges romains, partiellement dégagés, comportent pour l'essentiel des thermes et un
théâtre. Celui-ci fut détruit en +141 par un tremblement de terre et rebâti ensuite.
Liban
Bekaa
Vin
Noé, dont la tombe se trouverait dans la mosquée de Kerak, à la sortie de Zahlé, dans la
Bekaa, se serait arrêté sur le mont Sannine au Liban et y aurait planté la vigne. L'Arménie
aussi le revendique.
Le Liban, à l'intérieur du triangle formé par le Caucase (aujourd'hui l'Arménie et la Géorgie), la
Mésopotamie (aujourd'hui l'Irak) et Israël, dans lequel les historiens situent la fabrication des
premiers vins, autour de -6000, est un des berceaux de la viticulture.
- Vers -3000, les Phéniciens exportent leur vin, diffusant le vin libanais à travers le monde. La
réputation du Liban pour ses vins commercialisés par les marchands vénitiens se poursuit dans
le Moyen-Âge.
- En 1517, quand le territoire de l'actuel Liban est absorbé par l'Empire ottoman, la vinification
est interdite, sauf à des fins religieuses.
- En 1857, les missionnaires jésuites introduisent de l'Algérie, alors française, de nouvelles
vignes et de nouvelles méthodes de production, jetant les bases de l'industrie du vin
libanaise moderne.
Le plus ancien domaine est Château Ksara, fondé par les Pères Jésuites en 1857, posant ainsi
les jalons de ce qui deviendra la production de vins modernes libanais. Rapidement s’est ajouté
le Domaine des Tourelles fondé en 1868 par Pierre Eugène Le Brun, un Français établi au
Liban.
Plus tard vinrent d’autres domaines, dont celui de Château Musar, créé en 1930 par Gaston
Hochar père et celui de Château Kefraya créé par Michel de Bustros dans les années 1950.
Ces deux domaines acquièrent rapidement une renommée internationale.
Enfin, une troisième vague de producteurs possédants de petits vignobles se lancent à partir
des années 2000. En font partie, dès 1998, Cave Kouroum, puis Coteaux du Liban en 2000,
Adyar (vin bio des monastères maronites)en 2003, Domaine de Baal (vin bio) en 2006,
Château Oumsiyat (anciennement Château Victor) et l’un des plus récents, Couvent Rouge, du
nom du village où il est situé, (Deir El Ahmar).
Arménie
Areni
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L'apparition du vin se fit bien après la bière, qui nait en même temps que la culture des
céréales, il y a environ 12000 ans, dans ce qu'on appelle le Croissant fertile : la Mésopotamie
et les vallées du Jourdain et du Nil. Les montagnes qui bordent ces régions étaient plutôt
dédiées à l'élevage.
La plus ancienne trace avérée de vinification a été découverte en 2011, dans une grotte du
village arménien toujours viticole d'Areni (Caucase) : des cuves à vin et un pressoir prouvent
qu'on y produisait du vin en -4100.
Appelée lambrusque, la vigne sauvage poussait déjà sur une large part du bassin
méditerranéen voilà plus d'un million d'années. Ses petites baies noires, juteuses et sucrées
étaient portées par des lianes immenses atteignant, à la faveur des arbres, 30 ou 40 mètres de
haut. La grande différence entre les pieds sauvages et les pieds domestiqués est que les
premiers sont à sexes séparés alors que les seconds sont hermaphrodites. On ignore comment
a pu se faire la domestication.
Une récente découverte a encore repoussé la date d'apparition de la vigne et du vin, proche de
la rivière Arpa, près de la communauté d’Areni, dans une caverne composée de trois chambres,
on a trouvé un crâne contenant encore son cerveau, des traces de cannibalisme ainsi que des
vases emplis de pépins de raisin permettant de supposer qu'en ce lieu, il y a 6.000 ans, aurait
eu lieu la plus ancienne vinification au monde. Cette découverte dans le Vayots Dzor a incité la
National Geographic Society à financer une nouvelle campagne au cours de l'année 2010 2011.
Outre fouloir et cuve, ont été identifiés des pépins, des reliquats de grappes pressés, des
sarments de vigne desséchés, des tessons de poterie, une tasse ouvragée dans une corne et
un bol cylindrique servant à boire le vin. Le fouloir, un bassin d’argile d'un mètre carré et de 15
centimètres de profondeur, possédait un conduit pour permettre au jus de raisin de se déverser
dans la cuve de fermentation. Profonde de 60 cm de profondeur, celle-ci pouvait contenir de 52
à 54 litres de vin.
Turquie
Capadoce
Derinkuyu
La ville souterraine de Derinkuyu en Cappadoce est un vrai labyrinthe aux dimensions
colossales. Les salles reliées entre elles par d'étroits tunnels composent un réseau tentaculaire
réparti sur cinq niveaux et plusieurs demi-niveaux. La ville souterraine a été excavée en
colimaçon autour d'un puits central qui traverse tous les niveaux jusqu'à 45 mètres de
profondeur.
La ville servait de refuge aux habitants du village de surface. Située sur une importante voie de
communication reliant le Proche-Orient et les Balkans, la Cappadoce est le théâtre régulier
d'opérations militaires tout au long de son histoire.
Les premières excavations étaient destinées à stocker les grains. Les zones de refuge étaient
plus profondes.
Les villes souterraines étaient accessibles par différentes entrées disséminées à l'intérieur des
maisons et à proximité du village. Des étables et des silos creusés dans la roche ont été
identifiés dans tous les souterrains, toujours à proximité des accès vers l'extérieur. Cette
localisation s'expliquerait par leur utilisation constante tout au long de l'année, contrairement
aux autres pièces.
Derinkuyu est loin d'être un cas isolé dans la région. Une centaine de ces lieux insolites a été
répertoriée à Kaymakli, Sivasa, Ozkonak ou encore Mazi.
La fonction de forteresse est confirmée par la présence dans tous les souterrains de portes en
pierre circulaires en forme de meules. Elles possèdent souvent un trou central servant à la fois
à surveiller l'ennemi et à l'attaquer au besoin par des flèches ou des lances.
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Palestine - Israël
Jéricho
Jéricho est une ville de Cisjordanie, située sur la rive ouest du Jourdain. Jéricho a été
mentionnée pour la première fois dans le Livre des Nombres. Elle est considérée comme une
des plus anciennes villes (bien que ce terme soit aujourd'hui discuté) habitées dans le monde
et les archéologues ont mis au jour les restes de plus de 20 établissements successifs, et dont
le premier remonte à -9 000, à une période où le niveau de la mer Morte était
vraisemblablement beaucoup plus élevé qu'aujourd'hui.
Jéricho a été décrite comme la "ville des palmiers" où d'abondantes sources d'eau tiède et
d'eau froide jaillissent et donnent lieu à la culture de citrons, d'oranges, de bananes, de plantes
oléagineuses, de melons, de figues et de raisins. La culture de la canne à sucre a été amenée
par les croisés. Jéricho est la ville la plus basse du monde avec une altitude proche de -240 m.
Hazor
Hazor était une ville située dans le nord de la Galilée, au nord du lac de Tibériade, entre et
Ramah et Qadesh, sur un terrain élevé dominant le lac Merom (lac Semechonite de l'antiquité)
dans la vallée de la Houla.
La ville haute est occupée depuis le Bronze ancien jusqu'à la destruction de la ville au -VIIIe
siècle. La cité cananéenne est fortifiée depuis le Bronze Moyen II (-1800) jusqu'à sa
destruction à la fin du Bronze récent (-XIIIe siècle). La ville israélite sera fortifiée au Fer II (-Xe)
et le restera jusqu'à sa destruction au -VIIe siècle.
La ville basse de Hazor
Pendant la période cananéenne, Hazor est d'une taille impressionnante, une grande surface
est ccupée en dessous de la ville haute, la cité s'étend sur 80 hectares. C'est la plus grande
ville de Canaan, avec une population estimée à au moins 20 000 habitants. La ville basse est
entourée d'un immense rempart fait principalement de terre surélevée. Elle commence au
Bronze Moyen II, -XIIIe siècle et est détruite définitivement au -XIIIe siècle.
Megiddo
Le site de Megiddo fut habité de -7000 à -500. Le tel de Megiddo est situé à environ 90 km au
nord de Jérusalem et à 31 km au sud-ouest de la ville de Haïfa. Le tel domine la vallée de
Jezreel au nord. Il est connu en arabe sous le nom de de tell el-Moutesellim. L'ancienne ville
de Megiddo a été construite sur un tertre qui se dresse maintenant, suite à l'empilement de
nombreuses couches archéologiques, à presque 21 mètres au-dessus de la plaine.
La cité de Megiddo se situait à un endroit stratégique car elle dominait les principales routes
commerciales et militaires reliant l'Assyrie, Byblos, l'Égypte et l'Arabie. La voie entre l'Égypte et
l'Assyrie est nommée dans la Bible "Route de la mer", Derekh HaYam qui deviendra une artère
importante de l'Empire romain, la Via Maris. La ville était, à l'âge du bronze, une importante
cité-état cananéenne. Elle fut le théâtre de nombreuses batailles décisives.
Israël
Massada
À l’origine, Massada était une simple garnison fortifiée par les premiers princes hasmonéens.
Selon Flavius Josèphe, un historien juif du Ier siècle, Hérode le Grand aménagea la forteresse
en trois vagues successives de travaux, entre -37 et -15 comme refuge contre d’éventuelles
révoltes intérieures et menaces d’une invasion égyptienne. En +66, au début de la Grande
Révolte contre les Romains, un groupe de rebelles juifs, les Sicaires du parti nommé zélotes,
prirent Massada à la garnison romaine qui y était stationnée.
Perché sur un éperon haut de 400 mètres, au sud du désert de Judée, ce nid d'aigle n'a rien
d'une oasis. Mais Hérode l'avait doté d'un système ingénieux : de petites citernes, creusées
dans la paroi de la falaise, étaient alimentées par les eaux de ruissellement; les plus grandes,
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d'une capacité de près de 4.000 m3, étaient approvisionnées par deux oueds voisins, où les
barrages et les aqueducs recueillaient les crues hivernales. Le réseau était complété par des
réservoirs, implantés au sommet du plateau, pour les besoins des habitants.
En 72, le général commandant l’armée romaine de Judée, Lucius Flavius Silva, marcha sur
Massada avec la Légion X Fretensis et 6 cohortes auxiliaires pour faire le siège de la
forteresse. Les légionnaires construisirent un mur d’encerclement, puis une rampe de 100 m de
haut contre la face ouest du plateau, avec des milliers de tonnes de pierres, de terre battue et
de troncs d’arbres.
La rampe fut achevée au printemps 73, après environ sept mois de siège, ce qui permit aux
Romains d’enfoncer enfin la muraille de la forteresse avec un bélier monté sur une tour mobile.
Mais quand les légionnaires pénétrèrent dans la forteresse le 16 avril, ils découvrirent que les
défenseurs avaient mis le feu à tous les bâtiments.
le siège de Massada est devenu un récit populaire illustrant l’héroïsme face à l’oppression, et
les détails les plus douteux du comportement des Sicaires sont désormais souvent relativisés.
La Route de l'Encens
Néguev
Avdat
Avdat ou Ovdat ou encore Oboda est le nom d'une ancienne halte caravanière nabatéenne sur
la route commerciale de l'encens et des épices. Le site se trouve au centre du désert du
Néguev, dans le sud d'Israël. Pendant la période Hellénistique, Avdat était une étape sur la
Route de l'Encens Nabatéenne, une voie commerciale la reliant avec l'Egypte et l'Inde par la
péninsule arabique. L'agriculture s'est développée intensivement durant la période romaine.
Durant la période Byzantine, les grottes des environs étaient habité par des moines.
Le site est situé dans le Parc National d'Avdat. Le site est connu aussi pour ses grottes et
pétroglyphes.
Sur la Route de l'Encens
Jordanie
Pétra
Pétra est située à mi-chemin entre le golfe d'Aqaba et la mer Morte à une altitude de 1.396
mètres au-dessus du niveau de la mer, dans un fond de vallée de la région montagneuse
d'Edom, à l'est de la vallée de l'Arabah. Créée dans l'Antiquité vers la fin du -VIIIe siècle par les
Édomites, elle est ensuite occupée vers le -Ive siècle par les Nabatéens qui la font prospérer
grâce à sa position sur la route des caravanes transportant l'encens, les épices et d'autres
produits précieux entre l'Égypte, la Syrie, l'Arabie du Sud et l'Inde.
Vers le VIIIe siècle, la modification des routes commerciales et les séismes entraînent
l'abandon progressif de la ville de Pétra par ses habitants. La présence d'eau et la sécurité
apportée par le site ont fait de Pétra une halte naturelle au croisement de plusieurs routes
caravanières qui reliaient l'Égypte à la Syrie et l'Arabie du Sud à la Méditerranée, chargées
principalement de produits de luxe (épices et soie en provenance d'Inde, ivoire en provenance
d'Afrique, perles de la Mer Rouge et encens du sud de l'Arabie).
Riche de milliers de tombeaux, la ville avait aussi des thermes et un théâtre de style hellénique.
Romanisée, christianisée, islamisée, puis conquise par les croisées, Pétra fut oubliée jusqu'en
1812. Elle était alors quasi secrète, hantée par des Bédouins jaloux de leur quiétude.
Outre l'or pour les rois, l'encens pour les dieux, la myrrhe pour embaumer les morts ainsi que
des épices et des aromates, les Nabatéens faisaient commerce d'autres denrées précieuses :
le cuivre, le fer, le bois de santal, les tissus de soie, et le café.
Les archéologues nous révèlent que Pétra fut aussi une oasis luxuriante où chantaient
cascades et fontaines. On a trouvé d'abondants vestiges de barrages, canaux, citernes et
aqueducs. La mise en place de ce système implique de solides connaissances. Pour protéger
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la cité des violentes crues hivernales, un imposant barrage est dressé à l'entrée du Siq (lit
naturel du Wadi Moussa) étroit canyon et unique passage pour les caravanes se rendant à
Pétra. Le drainage des sols se montre tout aussi performant.
Arabie Saoudite
Hégra
Le site est surtout connu pour ses occupations nabatéennes, entre le -Ier siècle et le +Ier
siècle. Quelques niveaux plus anciens, datés provisoirement des IVe et -IIIe siècles témoignent
d’une occupation avant l’arrivée des Nabatéens. À l’époque nabatéenne, Hégra est une cité
caravanière à la frontière sud du royaume nabatéen, sur la route reliant Pétra à l’Arabie
heureuse. La ville est ensuite intégrée à la province romaine d’Arabie suite à l’annexion du
royaume nabatéen en +106. L’occupation du site est continue jusqu’au +VIe ou +VIIe siècle,
période de son abandon.
L’organisation spatiale du site montre l’existence d’une zone résidentielle au centre de la ville,
habitée depuis les premières occupations du site jusqu’à son abandon. Des tombeaux
rupestres monumentaux nabatéens – destinés à une catégorie aisée de la population – sont
taillés durant le +Ier siècle sur le flanc des massifs de grès qui s’étendent autour du centre
résidentiel. Des tombes à fosse et des tumuli – ces derniers ayant été construits avant les
tombeaux nabatéens – complètent le corpus des constructions funéraires. Les monuments
religieux, principalement des niches à bétyles, des triclinia rupestres et de plein air et des
inscriptions, caractérisent des espaces voués à l’exercice du culte durant l’époque nabatéenne.
Ceux-ci s’étendent principalement au nord-est du site et aux abords de la zone résidentielle.
Hégra, distante de 600 km de Pétra (Jordanie), est la seconde ville d'importance du royaume
nabatéen. Contrairement à la capitale, les caravaniers ne l'ont pas créée. A leur arrivée vers le
dernier tiers du –Ier siècle, il y avait déjà une petite agglomération qu'ils vont transformer. Les
habitants ont creusé la roche sur 15 ou 20 mètres pour atteindre la nappe phréatique.
Hégra sera abandonnée entre les IVe et VIe siècles. Les trajets caravaniers majeurs avaient
changé depuis longtemps, mais plus tôt que Pétra.
Yémen
La Route de l'Encens
Le Royaume de Saba (version latine) ou de Shéba (version chamio-sémitique) est un royaume
habituellement situé en Arabie du sud, actuel Érythrée, Yémen et nord de Éthiopie. Ce
royaume, évoqué par la Bible et le Coran, a bel et bien existé, mais il est difficile de séparer le
mythe de l'histoire. le Royaume de Saba existait alors en deux parties, des deux côtés de la
Mer Rouge, une partie au Yémen du Sud avec pour capitale Marib (Maryab), et une partie en
Afrique avec pour capitale Axoum.
Des fouilles menées au sud de la ville de Marib ont permis d'exhumer un temple vieux de 3.000
ans, nommé Mahram Bilqis. Selon les archéologues, il s'agit d'un site sacré utilisé par les
pèlerins entre -1200 et -550. Bilqis (ou Makéda) étant l'un des noms qui est attribué à la reine
de Saba par les sources islamiques, cette découverte pourrait constituer une preuve de
l'existence de la mythique reine et confirmer l'ancienne ville de Marib comme étant la capitale
de son royaume.
On a longtemps cru que les royaumes caravaniers du Yémen, Saba, Hadramaout, Marin,
Qataban, avaient dû leur grande prospérité au commerce de l'encens. Les archéologues ont
découvert dans les années '90, qu'en réalité cette opulence reposait sur un extraordinaire
système d'irrigation, qui entraîna également leur chute. Cette civilisation née sur la route de
l'encens fut d'abord agricole, comme à Marib, et son barrage géant associé à des écluses, et à
un réseau de digues et de canaux. Shibam fut capitale de l'Hadramaout au IIIe siècle.
Encens
L'encens, appelé également oliban est une oléo-gomme-résine aromatique. Cette substance
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est produite à partir de la résine d'un groupe d'arbres appartenant au genre Boswellia,
notamment Boswellia sacra. L'arbre serait originaire du Dhofar (Oman). Il y est encore cultivé
aujourd'hui, et est exporté par le port de Salalah. Il existe d'autres lieux de production tels que la
Somalie, le Yémen , et l'Inde. Le Yémen est aussi reputé pour ses apiculteurs nomades, et
produit l'un des miels les plus chers du monde, utilisé comme antibiotique et aphrodisiaque.
Les Égyptiens, firent eux aussi un grand usage de l'encens, qui entrait notamment dans la
composition du kyphi. Le nom même de l'encens dans l'ancienne langue égyptienne est
évocateur. Le mot "netcher" désignait ce qui relevait des dieux ou du divin et c'est le causatif de
ce mot qui était utilisé pour dénommer l'encens : "sénetecher" dont une traduction pourrait être :
"Ce qui rend divin". Même chose chez les Grecs et les Romains. La nature divine de l'encens
est évoquée par Ovide dans ses Métamorphoses.
Sanaa
Les quelques cinq mille maisons de la vieille ville de Sanaa, à 2.300 mètres d'altitude, se
dressent comme un jeu de cubes. Ces maisons traditionnelles, pour certaines vieilles de 400
ans, témoignent d'un savoir-faire ancestral. Les fondations sont en basalte. Les étages sont en
briques cuites.
Le commerce de l'encens et de la myrrhe n'a pas disparu de la région et l'on trouve encore un
grand choix d'épices et d'aromates sur les marchés locaux.
Le pont de Shaharah
Le pont se situe à 2 kilomètres à vol d'oiseau au sud-ouest de Shaharah, une ville du
gouvernorat d'Amran à une centaine de kilomètres au nord-ouest de la capitale Sanaa. Il
enjambe une gorge profonde entre le jebel Al-Emir et le jebel Faish ; le pont est situé près des
sommets de ces deux montagnes, à près de 2 600 mètres d'altitude.
De part et d'autre du pont, le sentier s'élève dans les montagnes avoisinantes par des escaliers.
Les sources divergent quant à la date de construction du pont. Selon certaines, il est érigé au
XVIIe siècle par un seigneur local pour relier deux villages séparés par une gorge profonde et
éviter ainsi un détour dangereux. Selon d'autre, il date de 1905, sous le règne de l'imam Yahya
Muhammad Hamid ed-Din. La construction aurait duré trois ans, pour un coût d'environ 100 000
rials, une somme conséquente pour l'époque. Le pont est construit selon des méthodes
traditionnelles.
La Civilisation de la Vallée de l'Indus
La civilisation de la vallée de l'Indus, ou de l'Indus-Sarasvati (-5.000 / -1.900) est contemporaine
des celles de Mésopotamie et d'Egypte. Certains sites se trouvent sur les rives du cours d'eau
saisonnier Ghaggar-Hakra (autrefois permanent). La plupart des sites se trouvent le long de la
vallée de l'Indus et de ses affluents. La civilisation de l'Indus a été
précédée par les premières cultures agricoles de l'Asie du Sud qui sont apparues dans les
collines du Baloutchistan, comme à Mehrgarh vers -6.500. La poterie y était utilisée vers -6.000.
Les bâtiments principaux étaient construits en briques, cuites et crues, d'une forme
rigoureusement standardisée. La planification urbaine incluait le premier système au monde de
traitement des eaux usées. Les eaux usées étaient dirigées vers des égouts couverts. Les
maisons étaient équipées de salles de bain. Certaines structures ont été identifiées comme
greniers, il y avait donc un surplus de production. Une des caractéristiques de cette civilisation
est son apparente non-violence. Pas d'édifices de fortification, sauf contre les crues,
apparemment pas de temples ou de palais.
Autour de -4.000, une culture régionale originale, pré-harappéenne, apparaît dans la région.
Par la suite, vers -2.600, apparaît une culture unifiée, aplanissant les différences régionales de
sites éloignés de plus de mille kilomètres. On s'interroge toujours sur les causes de la
disparition subite et dramatique de cette civilisation pacifique. Pas d'édifices de fortification, sauf
contre les crues, apparemment pas de temples ou de palais. On a trouvé beaucoup de
statuettes en terre cuite, des objets de bronze, dont un char modelé datant de -2.500, tiré par
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deux chevaux munis de harnais.
Le port de Lothal
Lothal était un centre prospère de -2440 à -1900, période où elle faisait partie de la civilisation
de l'Indus, elle a survécu ensuite comme centre de peuplement jusqu'au -XVIe siècle.
La partie le plus remarquable de Lothal était son bassin de 214 m sur 36 m et 13 m de
profondeur, qui offrait un accostage pour les bateaux marchands. Un chenal au nord le reliait
au fleuve navigable. Près du quai se trouvaient des entrepôts pour le stockage des cargaisons
apportées par les bateaux. Lothal était un centre actif d'échanges avec la Mésopotamie,
l'Égypte et la Perse.
Des problèmes climatiques apparaissent vers -1.900, et vers -1.800 la plupart des cités sont
abandonnées. Une partie de la population se déplace vers la plaine du Gange. Le facteur
majeur pourrait être la disparition de portions importantes du réseau hydrographique GhaggarHakra, identifié par certains comme le Sarasvati. Une catastrophe tectonique pourrait avoir
détourné les eaux. La Sarasvati, jusqu'alors mythique, fait irruption dans la réalité avec des
images satellitaires permettant d'en reconstituer le cours dans la vallée de l'Indus.
La Sarasvati
La Sarasvati est un fleuve qui se serait asséché au cours d'une désertification ayant formé le
désert du Thar, lieu de la localisation de son cours le plus courant. Il serait né de la confluence
de nombreux cours d'eau, dont certains existent toujours comme la Ghaggar, descendant des
contreforts de l'Himalaya dans le nord-ouest de l'Inde et le nord-est du Pakistan actuels. Le
fleuve se serait alors dirigé vers le sud-ouest en restant parallèle à l'Indus pour se jeter dans le
Rann de Kutch ou directement dans la mer d'Arabie.
Une autre théorie parle d'invasion indo-européenne et d'explosion nucléaire...
Les Caravanes de l'Himalaya
De part en part des 2.500 kilomètres du massif himalayen, les routes commerciales et
religieuses ont pénétré la chaîne. Toutes sortes de produits y ont transité selon les époques.
Avant la création des quelques voies carrossables, il fallait près de treize jours de marche pour
aller de la vallée de Katmandou à la frontière tibétaine et un mois encore pour atteindre
Lhassa. Il y avait divers circuits, pour la laine, le sel et le grain, le thé...
Situés sur les plus importantes voies de passage, les royaumes himalayens, comme le Népal,
ont toujours profité de ce flux commercial. Spécialisés dans l'import-export entre le Tibet, l'Inde
et la Chine, ils tiraient leurs ressources des taxes et barrières douanières. Ces routes ont été
bouleversées au XIXe siècle par les anglais puis au XXe siècle par les pays limitrophes (Chine,
Inde, Pakistan) dans des querelles d'intérêts et le Toit du Monde est devenu une vraie
poudrière.
Iran
Persépolis
La construction de Parsa commence en -521 sur ordre de Darius Ier (le Grand -522 / -486).
Elle fait partie d’un vaste programme de construction monumentale visant à souligner l’unité et
la diversité de l’empire perse achéménide, et à asseoir la légitimité du pouvoir royal. Elle fait
appel à des ouvriers et artisans venus de toutes les satrapies de l’empire. L’architecture résulte
d’une combinaison originale des styles issus de ces provinces créant ainsi le style architectural
perse ébauché à Pasargades, également retrouvé à Suse et Ecbatane.
Les constructions de Darius sont ensuite terminées et complétées par ses successeurs.
Après avoir pris la cité en -331, Alexandre le Grand y laisse une partie de son armée et
poursuit sa route, ne revenant à Persépolis que quelque temps après. À l’issue d’une journée
de beuverie en l’honneur de la victoire, Persépolis est incendiée sur ordre du conquérant en
mai -330. Les écrits anciens mentionnent les regrets exprimés plus tard par un Alexandre
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honteux de son geste.
Iran
Bam
La plus grande ville de terre non cuite du monde. Peu de lieux ont la capacité de graver dans la
mémoire une telle image. Pendant l'âge d'or, au +XIIe siècle, Bam produit les soies les plus
fines du monde après celles de la Chine. Autrefois étape de la route de la soie, la citadelle,
appelée en persan Arg-e Bam, date probablement de 2500 ans, de la période parthe. Le
commerce assura longtemps la prospérité de la ville, d’abord sous les Sassanides (+224 /
+642), et plus encore sous la dynastie des Safavides (1502 / 1722).
La dynastie des Kadjar fondée en 1796 par l’Agha Kan régnera en Iran jusqu’en 1925.
L’inexorable déclin de Bam sera précipité par la malédiction de l’Agha Kan, qui se vengera en
1794 de la protection que la ville a donnée à son rival, le dernier souverain de la dynastie
Zend. Comme beaucoup d'autres sites en Iran, la ville avait ses qanâts.
Le 26 décembre 2003, un séisme de magnitude 6,8 fit au moins 40.000 morts et 50 000
blessés.
Iran
Sassanides
Firouzabad
Le Palais d'Ardachir
Construit après +224 par Ardachir, le fondateur de la dynastie sassanide, ultime floraison de la
culture perse avant l'invasion et la conquête arabe.
Les Sassanides régnèrent sur l'Iran de 224 jusqu'à l'invasion musulmane des Arabes en 651.
Cette période constitue un âge d'or pour l'Iran tant sur le plan artistique que politique et
religieux. On considère l'ère sassanide comme l'une des périodes les plus importantes de
l'histoire de l'Iran. Sous bien des aspects, elle représente l'accomplissement au plus haut degré
de la civilisation perse.
Ce fut l'une des deux grandes puissances en Asie occidentale pendant plus de 400 ans. Elle
prit fin lors de la défaite du dernier Roi des Rois Shahanshah, Yazdgard III (632-651). Ce
dernier, après 14 ans de lutte, ne parvint pas à repousser le Califat Arabe, le premier des
empires islamiques. Le territoire de l'Empire Sassanide englobait la totalité de l'Iran, Irak,
Arménie, Caucase sud, l'Asie Centrale du sud ouest, l'Afghanistan occidental, des fragments
de Turquie, de Syrie, une partie de la côte de la péninsule Arabe, la région du Golfe Persique
et des fragments du Pakistan occidental.
Takht-e Soleyman
Takht-e Soleyman (le trône de Salomon) est le lieu le plus sacré du zoroastrisme et de l'empire
Sassanide. Ce site du patrimoine mondial est situé près de la ville de Takab, dans la province
de l'Azerbaïdjan occidental, en Iran. Le site fortifié est situé dans une vallée s'étendant au
milieu d'une mosaïque de champs cultivés à 400 kilomètres à l'ouest de Téhéran. Le site se
compose des restes d'un sanctuaire zoroastrien partiellement reconstruit durant la période
Ilkhanide ainsi qu'un temple de l'époque Sassanide qui était dédié à la déesse perse Anahita
(persan moderne: Nahid).
La légende raconte que le Roi Salomon avait l'habitude d'emprisonner des monstres à 100 m
de profondeur dans le cratère voisin de Zendan-e Soleyman, la "prison de Salomon". Un autre
cratère à l'intérieur des fortifications lui-même est rempli d'eau de source.
Les fouilles archéologiques ont révélé des traces d'une occupation durant la période
Achéménide au -Ve siècle, ainsi que des occupations Parthes dans la citadelle.
Yazd
Dès le XIIe siècle, le caravansérail de Zeyn-od-Dine, à 50 kilomètres au sud de Yazd, a offert
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l'hospitalité aux voyageurs. Il est situé dans les contreforts du Shir Kuh (4.074 m). Tous les 28
kilomètres, ces caravansérails, offrant gîte et couvert, abritaient pèlerins et marchands. Cette
architecture fortifiée garantissait leur sécurité.
Yazd, au cœur de l'Iran, c'est, sur La Route de la Soie, une halte attendue dans la traversée
des déserts du Kavir et du Lut. La ville est entourée de lacs salés.
D'après l'UNESCO, il s'agirait de l'une des plus anciennes villes du monde, après Ur en
Mésopotamie.
Elle était connue en -3.000 sous le nom de Yasatis ou Issatis, située sur la terre des Mèdes. La
Médie s'étendait de la chaîne de l'Elbourz à celle des Zagros.
Yazd est connue comme une ville sassanide, la ville des zoroastriens et des caravansérails.
Elle fut aussi la capitale des dynasties d'Atabakan et des Muzaffarides (début XIVe siècle). Une
communauté zoroastrienne y est toujours présente.
Tours du Silence
A Yazd, les Tours du silence, (dakhma), se trouvent en banlieue, sur des tertres. Le site garde
quelque chose d'âpre et de désolé. Jadis, on ne pouvait pas entrer dans ces tours ; les prêtres
seuls y avaient accès, qui déposaient les morts sur des pierres. Quand les vautours avaient
dévoré les chairs, ils ramassaient les os qu'ils jetaient dans une grande fosse au centre de la
tour.
Le temple du feu des Zoroastriens à Yazd (Ateshkadé) contenait un feu traditionnel qui a été
maintenu allumé par des prêtres zoroastriens sans interruption pendant plus de 1100 années.
Yakhchal
La région est connue pour ses qanats (comme à Marrakech et Erfoud au Maroc), creusés et
entretenus par l'homme, courent sur des distances de plusieurs kilomètres et approvisionnent
les citernes collectives ou particulières. L'hiver rigoureux permet d'approvisionner de grandes
"glacières" (yakhchal) en pisé de plus de 30 mètres de haut, qui conservent la glace durant
toute l'année malgré la chaleur parfois torride en été.
Alamut
Construite vers 840, la forteresse a été prise en 1090 par Hassan ibn al-Sabbah surnommé le «
Vieux de la Montagne », (Chayr al-Jabal) pour servir de base à la secte chiite ismaélienne des
Nizârites, aussi appelés Assassins. Ce surnom est réputé signifier consommateurs de
haschich. Cette interprétation est contestée. Le mot proviendrait du substantif persan assâs
(fondement) ou de l'adjectif assâssâ (fondamental) Assas signifiant également gardien en
Arabe, et par gardien il était sous entendu qu'ils étaient les gardiens de la terre sainte.
Les Nizârites se voulaient des fondamentalistes, et Hassan aimait appeler ses adeptes
"Assassiyoun", ceux qui sont fidèles au "fondement" de la foi. En 1256, la forteresse d’Alamut
se rendit sans combat à l'armée mongole d'Houlagou Khan qui déferlait sur l'Iran. Elle fut
entièrement rasée. La secte s'est alors déplacée en Syrie dans la forteresse de Masyaf. En
1163, Rachid ad-Din Sinan, prend la direction de la secte. Il fait de Masyaf sa résidence et
reprend à son compte le titre de "Vieux de la Montagne".
Iran
Kandovan
Kandovan est un village troglodytique de la province d'Azerbaïdjan oriental, à proximité de
Tabriz, dans le nord-ouest de l'Iran. Le site est semblable aux villages troglodytes de
Cappadoce, en Turquie. Comme en Cappadoce, le sol de la région est formé d'ignimbrite, un
matériau volcanique fin, transporté sur de longues distances, soudé à chaud lors de sa
retombée, et formant de vastes et épaisses nappes. Ce matériau, plus communément appelé
tuf, se taille aisément.
Les habitations troglodytes de Kandovan ont été taillées dans la roche il y a plusieurs centaines
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d'années (trois mille ans pour certaines) et sont encore habitées. Les habitants de la région
prêtent à l'eau minérale de Kandovan des propriétés curatives : elle est considérée comme un
remède aux maladies rénales. Les visiteurs venus de Tabriz ou d'ailleurs en rapportent toujours
plusieurs bidons.
Iran
Ispahan
Des informations sur la ville d’Ispahan à l'époque préislamique sont données par des historiens
et géographes arabes des débuts de la période islamique. Ispahan consistait alors en deux
sites peu éloignés : Jay ou Jayy, le siège des gouverneurs sassanides, et Yahoudiyeh (ou
Yahudiyeh), la ville juive.
Au cours de l’invasion des Seldjoukides et des guerres qui s’ensuivent avec les Bouyides,
Ispahan est détruite. La ville est prise par Toghrul-Beg au début du XIe siècle. C’est Malik Chah
qui reconstruit Ispahan et en fait sa capitale après son accession au pouvoir en 1073.
Cette époque, sous l’impulsion de Nizam al-Mulk (le célèbre vizir de Malik Chah), est une
période de grande prospérité pour la ville. Les revenus de l’immense empire seldjoukide sont
utilisés pour faire de la ville un centre artistique et scientifique important. Des écoles comme la
Nizamiyyah ou la Ibni-Sina sont alors fondées et rayonnent dans la civilisation islamique ; Omar
Khayyam dirige l’observatoire d’Ispahan à partir de 1074 et créé le calendrier persan qui est
encore utilisé aujourd’hui.
Le pont Khaju (Khadjou / Kwaju) est le deuxième grand pont d’Ispahan, édifié cinquante ans
après le Pont Allahverdi Khan (1658). Il présente une structure identique et légèrement
complexifiée avec des brise-flots en éventail permettant des effets d’eau plus spectaculaires. Il
est doté de vingt-trois arches, pour une longueur de 105 mètres et une largeur de 14 mètres. Il
sert évidemment de lieu de passage, mais aussi de barrage pour réguler le cours de la rivière.
Il est généralement admis parmi les spécialistes que ce sont les Safavides qui ont fait passer le
tapis d’une production artisanale assurée par des tribus nomades au statut d’industrie nationale
dont les produits étaient exportés vers l’Inde, l’Empire ottoman et l’Europe. Sur la base de
récits de voyageurs et d’autres sources textuelles, il apparaît que des ateliers de tapis royaux
existaient à Ispahan, Kashan et Kerman.
Depuis l’époque Safavide, Ispahan est resté un centre urbain de production de tapis important.
Château de Bazz
Le château de Bazz, populairement appelé château de Babak, du nom de son propriétaire,
Babak
Khorramdin, est un ensemble fortifié élevé au début du IXe siècle. Il situé au sommet d'une
montagne des forêts d'Arasbaran, dans la province d'Azerbaïdjan de l'Est au nord de l'Iran. Il
se trouve à 6 km au sud-ouest de la ville de Kaleybar.
Le château a été identifié comme le refuge de Babak Khorramdin, chef des Khurramites, qui
combattit en Azerbaïdjan contre le califat abbasside à la fin du VIIIe siècle et au début du
IXe siècle.
Le château de Bazz est finalement conquis et ruiné par l'armée d'Afchin, le 15 août 837, tandis
que Babak est fait prisonnier. Il est exécuté le 4 janvier 838 à Samarra en présence du calife.
Gorgan
Gonbad-e-Qabus (Gonbad-e-Kavus / Gonbad e-Kabus / Gunbad e-Kabus) est une ville dans
la province du Golestan en Iran.
La tour étoilée du mausolée dit Gunbad-e-Kabus, à Gorgan, dans la plaine proche de la
Caspienne, est une réalisation haute de 51 mètres, qui remonte à la dynastie des Ziyarides.
Elle fut édifiée dès 1006 pour le sultan Kabus. Avec une hauteur de 70 mètres (incluant la
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hauteur de la plateforme), elle est la plus haute tour de briques du monde et a plus de 1000
ans.
Une légende raconte que le corps du sultan a été déposé dans un cercueil de verre et était
suspendu au plafond de la tour. L'intérieur de la tour contient des exemples précoces de
décorations utilisant des muqarnas.
Une inscription koufique en langue arabe en bas de la tour dit:
"Ce grand monument a été construit pour Amir Shams ul-Ma'ali, Amir Qabus ibn Wushmgir, à
sa commande, durant sa vie, en l'année 397 après l'Hégire du calendrier lunaire, en l'année
375 du calendrier solaire."
Golfe Persique
Dilmoun & Maggan
Le Golfe est le minuscule héritier d'un gigantesque océan disparu, la Téthys. Voilà cent
quarante-cinq millions d'années, cet océan sépare deux masses, le continent Arabo-Africain et
l'Eurasie. Elles sont issues de la Pangée qui, cent millions d'années plus tôt, unissait ces deux
continents.
Il y a plus de cinq mille ans, les marchands de Dilmoun et de Maggan assuraient les relations
commerciales entre deux des premières civilisations du monde, celles de Mésopotamie et de
l'Indus.
Selon les géologues, il semble que le niveau soit monté en Basse Mésopotamie de 20 mètres
entre le -IXe et le -VIIIe millénaire. Les plus veilles villes du monde, Ur et Uruk se trouvaient au
bord du Golfe (-4.000 à -3.000). Sur les tablettes de Sumer, le nom de Dilmoun apparaît dès
avant -3.000. Ensuite, les Akkadiens, les Babyloniens, puis les Assyriens, les Kassites et les
Élamites qui se succèderont en Mésopotamie ne cesseront d'évoquer dans leurs écrit les
mystérieux pays de Dilmoun, Maggan et Meluhha. Dilmoun semble d'abord un mythe, une
sorte de paradis terrestre où serait né le dieu sumérien Enki, maître des eaux douces.
Sap Bani Khamis, aujourd'hui abandonné, était constitué d'habitations semi troglodytes. Les
maisons sont en pierre sèche. Les bois locaux utilisés pour la construction sont le spina christi,
le genévrier, l'acacia et l'olivier. Des meules à farine sont encore visibles. Comme en
témoignent les terrasses encore accrochées au flanc de la montagne, les habitants pratiquaient
l'agriculture. Le village bénéficiait d'un bon approvisionnement en eau. Un bassin (Bir
Dakhilyah) est encore visible au-dessus des terrasses. Le système d'irrigation est celui du falaj,
caractéristique du pays.
"La Terre de l'Encens" est un lieu dans le Sultanat d'Oman sur la route de l'encens, plus
précisément dans la province du Dhofar. L'endroit inclut des arbres à encens de l’Ouadi
Dawkah, les restes de l'oasis caravanière fortifiée de Shisr/Wubar et les ports commerciaux de
Khor Rori et d’Al-Balid, qui étaient cruciaux au commerce médiéval d'encens et d'une grande
importance archéologique aujourd'hui.
La Terre de l’encens est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.
Khor Rori est un site archéologique d'une l'ancienne ville d'Arabie du Sud, à environ 40 km à
l'est de Salalah dans la région du Dhofar, à Oman, à l'embouchure de l'oued Darbat dans une
baie abritée de l'océan Indien.
Elle peut être identifiée avec le port de Moscha Limen évoqué dans le Le Périple de la mer
Érythrée
C'est à Hili, dans l'émirat d'Oman, qu'on trouve au -IVe millénaire les plus anciens sites
agricoles du Golfe.
Ce puit fait parti d'un système d'irrigation répartissait effectivement l'eau entre tous les
habitants ; elle circulait par gravité depuis les sources jusqu'aux maisons et aux terrains
cultivés. Le complexe comportait des tours de guet pour le protéger, mais aussi des puits
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protégés par des murs en pierre. Ces systèmes sont sur la liste du patrimoine mondial de
l'UNESCO depuis 2006.
Misfah est un village de montagne situé au Nord du Sultanat d'Oman, dans le Djebel Akhdar –
le massif le plus élevé et le plus central des Monts Hajar.
Les systèmes d’irrigation "aflaj" d’Oman sont vieux de 4.500 ans, mais les plus anciennes
ruines subsistant ne datent que d'environ +500. "Aflaj" est le pluriel de "falaj", qui signifie
"diviser en parts" en arabe classique.
Les temps obscurs surviennent au -IIe millénaire, Failakka et Bahreïn, ports maritimes de
Dilmoun, déclinent avec les empires qu'ils desservent. Sumer est ruiné par les pillages
babyloniens puis les invasions kassites. L'Indus sombre pour des raisons mal connues. A
l'époque de l'Empire perse achéménide des caravanes de deux mille cinq cents chameaux et
trois cents gardes ou guides font étape dans les villes du Golfe pour gagner la Mésopotamie.
Tout le monde antique se soigne, se parfume ou embaume ses morts avec les gommes
aromatiques de l'Arabie.
Le Golfe Persique a engendré les plus vieux empires maritimes du monde. Dilmoun et Maggan
(Oman).
Il y a plus de cinq mille ans, les marchands du Golfe assuraient les relations commerciales
entre deux des premières civilisations : Sumer en Mésopotamie, Harappa et Mohenjo-Daro
dans la vallée de l'Indus. Le Dhaw traditionnel est toujours en usage.
Le fort de Bahla est l'une des quatre forteresses aux pieds du Djebel Akhdar, la partie haute
d'Oman. Situé plus précisément à l'oasis de Bahla, il est inscrit depuis 1987 sur la liste du
patrimoine mondial.
Il a été construit par la communauté des Banu Nabhan qui dominèrent la région du XIIe siècle à
la fin du XVe siècle. L'édifice est en adobe avec un soubassement de pierre.
Khazarie
Vers +650, les Khazars fondèrent un royaume indépendant au nord du Caucase aux abords de
la Volga, notamment au détriment des proto-Bulgares, qu'ils chassèrent vers le nord-ouest. Cet
État mal connu est indifféremment appelé Empire Khazar, ou encore Khazarie. La domination
khazare sur les populations slaves ou turques des rives de la mer Caspienne connut sa plus
grande expansion au IXe siècle, sa fortune étant liée à son importance stratégique sur le
commerce de la route de la soie. Initialement dans le Caucase, leur capitale fut transférée vers
750 à Itil ou Atil, à l'embouchure de la Volga.
Initialement païens de tradition chamanique, les souverains et les nobles khazars seraient
d'abord entrés en contact avec le judaïsme, et s'y seraient convertis, par le biais des
populations de Crimée. On pense que ce choix fut éminemment stratégique, dû pour une part à
la nécessité d'avoir une religion monothéiste pour se faire accepter des
populations tributaires et d'autre part, à la nécessité d'opposer une religion originale à la
pression qu'exerçaient à la fois l'occident chrétien (l’Empire byzantin) et l'orient musulman.
Azerbaïdjan
Bakou
Le nom du monument, Giz Galasi, est assez fréquent dans les régions turcophones et vient
probablement du fait que la tour n’a jamais été envahie.
La date de la construction de la tour de la Vierge est inconnue. Une dalle de pierre avec deux
rangées d’inscriptions coufiques est visible en haut à droite de l’entrée. L’inscription dit : "qubbe
(coupole, voûte) Massud ibn Davud". Pendant longtemps et en fonction de ces inscriptions, on
a daté la tour du XIIe siècle. Mais il semble que cette dalle a été apposée sur la tour plus tard.
Au XIIe siècle, la tour de la Vierge est intégrée au système de défense de Bakou et devient la
principale citadelle de la forteresse de Bakou, l’une des plus puissantes forteresses des
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Chirvan Shahs. La tour a été construite en deux étapes. La
première remonte à l’ère préislamique.
Aux XVIIIe et XIXe siècles, la tour de la Vierge sert de phare. Tout d'abord signalé
par le drapeau de la forteresse, le phare est lumineux à partir du 13 juin 1858.
Les Khazars fondèrent peut-être la ville de Kiev, en Ukraine d'aujourd'hui, et sont indirectement
à l'origine de la fondation de la Moscovie, la Russie actuelle, qui s'est construite à partir de la
Rus' de Kiev à la suite de l'invasion de la Khazarie par les barbares ruthènes (rusyns) venus du
nord. Il a été proposé par différents auteurs depuis le XIXe siècle que les Juifs d'Europe de
l'Est descendaient entièrement ou partiellement de Khazars ayant migré vers l'ouest entre le
Xe siècle et le XIIe siècle, lors de l'effondrement de l'empire khazar.
- Arthur Koestler, La Treizième Tribu
Dernier vestige significatif de l’existence de la civilisation khazare, la mer Caspienne est
toujours surnommée la "mer des Khazars".
Heydar
Le Centre culturel Heydar-Aliyev est un complexe, édifié sur l’avenue Heydar-Aliyev de la ville
de Bakou, capitale de l'Azerbaïdjan. Il comprend un centre de congrès, un musée, une
bibliothèque et un parc avec une superficie de 9 hectares. Le projet du centre a été conçu en
2007 par l'architecte Zaha Hadid. Le 20 juin 2012, un incendie se déclare dans le Centre. Le
toit de l'un des trois sections du bâtiment s'est enflammé. Deux heures plus tard, l'incendie est
pratiquement éteint. Il n'y a pas de blessés dans l'incendie et la partie intérieure du complexe
n'a pas été endommagée.
La ville de Bakou est la capitale de l'Azerbaïdjan. Elle se trouve dans l'est du pays, sur la rive
sud de la presqu'île d'Abşeron, au bord de la mer Caspienne. Son histoire débute au -Ier
millénaire, mais les traces écrites les plus anciennes ne datent que du Ve siècle. Au début de
notre ère, l'actuelle péninsule d'Abseron était submergée, le niveau de la Caspienne étant
beaucoup plus élevé. La vallée inférieure de la Koura était également sous eau, comme
l'indiquent des cartes antiques.
Bakou était une étape de la Route de la Soie.
Yanar Dagh
Yanar Dagh «montagne embrasée», est un gaz naturel qui flambe en continu sur une colline de
la péninsule d'Absheron sur la mer Caspienne près de Bakou, la capitale de l'Azerbaïdjan, qui
est connu comme la " terre de feu ".
Volcans de Boue
La réserve de Gobustan, à environ 65 km au sud-ouest de Bakou, fut fondée en 1966 pour
préserver et protéger l'art rupestre de la région ainsi que les volcans de boue et les monolithes
appelés Gaval Dash. C'est la réserve la plus visitée d'Azerbaïdjan.
Elle abrite environ 600 000 peintures rupestres représentant des hommes, des batailles, des
danses, des bateaux, des guerriers armés de lances, des combats de taureaux, des bateaux
chargés de soldats, des caravanes de chameaux, le soleil et les étoiles, etc. Les dessins sont
vieux de 5 000 à 20 000 ans.
Shirvan
Le khanat de Shirvan est un khanat semi-indépendant dont le territoire se trouve situé dans
l'Azerbaïdjan actuel et qui s'est constitué dans le cœur de l'ancien domaine des Shirvanshahs,
annexé par les Séfévides au XVIe siècle. La décadence de l'Iran après le règne de Nadir Shah
donne l'occasion aux dynastes locaux de tenter de s'implanter dans le Chirvan, autour de la
ville de Chamakhi. Ils doivent toutefois lutter entre eux et contre leur puissant voisin, le Khanat
de Kouba.
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Pendant la période de 1767 à 1789, le khanat de Chirvan tombe sous la dépendance directe ou
indirecte de son puissant voisin Fath Ali, khan de Kouba de 1758 à 1789. Le dernier khan de
Chirvan, Mostafa, accepte la suzeraineté russe en 1806. En 1820 il s'enfuit en Iran et le khanat
est annexé définitivement à l'Empire russe.
Tapis de Shirvan - Chirvan
Le tissage des tapis est traditionnellement réservé aux femmes durant l’hiver et en dehors des
périodes agricoles. La laine du printemps (yarpaghi) est utilisée pour les surpiqures et la laine
d’automne (guzem) est utilisée pour la structure et les nœuds. Avant de pouvoir travailler la
laine, elle est d’abord lavée avec de l’eau chaude pour les plus sales. Ensuite la laine est
peignée sur un support à carder plusieurs fois, puis passée dans un rouet pour enrouler les fils
de laine en pelotte. La coloration de la laine est faite à partir de pigments naturels qui varient
donc grandement en fonction des régions de production.
Il existe 2 grands types principaux de métiers à tisser : les horizontaux et les verticaux. De nos
jours ce sont essentiellement les métiers verticaux qui sont utilisés (tapis tissé et tapis noué).
Kazakhstan
Sauran
Sauran est situé à 50 kilomètres de la frontière du Turkestan. Construite en briques crues et
briques cuites, elle fut la capitale de la Horde Blanche de Tamerlan. Les remparts englobent 40
hectares.
Otrar
Otrar, également appelée Farab, est une ville ruinée du sud du Kazakhstan, située sur le SyrDaria. Elle faisait partie du
royaume du Khwarezm quand son gouverneur fit massacrer en 1219 une caravane de
marchands-espions envoyés par
Gengis Khan. Ce fut le point de départ de l'invasion sanglante menée en 1220-1222 par les
armées mongoles en Asie centrale et qui, après Otrar tombé le 16 février 1222, dévasta
Boukhara, Samarcande, Merv et bien d'autres villes de la région.
En 1405, Tamerlan mourut à Otrar alors qu'il partait en campagne contre la Chine des Ming.
Cachmire
Srinagar
Srinagar, du sanskrit shrî signifiant "sainte" ou "richesse abondante" et nagar signifiant "ville",
est une ville du nord-ouest de l'Inde, capitale d'été de l'État du Jammu-et-Cachemire, la
capitale d'hiver étant Jammu.
Srinagar est située dans la vallée du Cachemire, à 1.768 mètres d'altitude, sur le lac Dhal
formé par la rivière Jhelum et ses affluents.
Srinagar aurait été fondée par Ashoka sous le nom de Meruvardhana-svâmin.
La tombe de Jésus sur une petite colline surplombant Srinagar, est un must dans le circuit
touristique de la capitale de la vallée du Cachemire. Ce sont des musulmans, descendants
d’une très ancienne confrérie, qui gardent le Rozabal, "la tombe de Yuz Asaf (Jésus), un grand
prophète venu du Couchant, rescapé d'une crucifixion au pays des Fils d'Israël". Un tombeau
étrange où sont gravés deux pieds avec des marques semblables à celles du fameux Linceul
de Turin.
Beaucoup d’hindous sont persuadés que Jésus est non seulement mort au Cachemire, mais
qu’il est venu s’initier en Inde auprès des sages bouddhistes et hindous lorsqu’il disparut de
Palestine durant son adolescence. De nombreux ouvrages ont été écrits sur le sujet . Le plus
récent d’entre ces livres, est "Jésus a vécu en Inde" de Holger Kersten.
Beaucoup d’hindous sont persuadés que Jésus est non seulement mort au Cachemire, mais
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qu’il est venu s’initier en Inde auprès des sages bouddhistes et hindous lorsqu’il disparut de
Palestine durant son adolescence. De nombreux ouvrages ont été écrits sur le sujet. Le plus
récent d’entre ces livres, est "Jésus a vécu en Inde" de Holger Kersten . Il cite en premier le
voyage en 1887 de Nicolaï Notovitch, juif russe converti à l'orthodoxie, qui visita la lamaserie
Ladakhi de Hemis, près de Leh, capitale du Ladakh et y découvrit des chroniques, dans la
langue palie par des historiens brahmaniques et bouddhistes de l'Inde et du Népal.
Selon le Coran, Jésus n’est pas mort sur la croix. Cela résulte de la sourate 2 verset 157
Ces parchemins prétendent que Jésus était appelé Isaa, qu’il aurait quitté la maison de son
père à 13 ans, aurait vécu en Inde pendant 6 ans. Il aurait survécu à la crucifixion, s’enfuyant
en Inde, en passant par la Perse et se serait établi au Cachemire, où il mourut paisiblement à
l’âge de 82 ans.
Certains des manuscrits découverts en 1945 près de Louxor en Egypte, à Nag Hammadi, font
référence à une autre version de la mort de Jésus. Pour eux, le corps physique étant
fondamentalement mauvais, Jésus ne pouvait pas s’être réellement incarné. Son existence
aurait donc été purement spirituelle, et sa mort sur la croix une totale illusion. S'il est apparu
ensuite dans d’autres régions du monde, ce ne peut être qu’en esprit.
Depuis le déclenchement de la première Guerre indo-pakistanaise en 1947, le Cachemire est
de facto partagé entre l'Inde, le Pakistan et la Chine qui administrent l'État du Jammu-etCachemire pour l'Inde, les territoires de l'Azad Cachemire et du Gilgit-Baltistan pour le Pakistan
ainsi que la région de l'Aksai Chin et la vallée de Shaksgam pour la Chine. l'Inde qui continue
de réclamer l'intégralité du Cachemire historique, à savoir l'Aksai Chin, la vallée de Shaksgam,
le Gilgit-Baltistan et l'Azad Cachemire en sus des territoires qu'elle contrôle déjà.
Le Cachemire
Le cachemire est une fibre animale, provenant de la laine longue et soyeuse de la chèvre de la
province du Cachemire. Il appartient à la famille des tissus endogènes, dont la production et la
fabrication est limitée à la seule zone géographique d'origine des caprins, soit un territoire qui
s'étend du nord du Cachemire indien à l'extrême est du Tibet chinois.
En hiver, pour les protéger du vent glacial et froid (entre -30 et −40 °C), un duvet serré de poils
fins et souples vient doubler leur pelage d'été. Ce duvet, gris foncé, est tondu à la cisaille ou
enlevé à la brosse au moment de la mue de printemps sur la poitrine des chèvres. Il est ensuite
blanchi au moyen d’une préparation de farine de riz, puis teint de diverses couleurs, ensuite
tissé, lavé, assemblé par des coutures imperceptibles, et entouré d’une bordure qui encadre les
dessins.
Le pur cachemire peut être teint et filé en fils, en bonneterie, pulls, chapeaux, gants,
chaussettes et autres vêtements, ou en tissus coupés et assemblés pour des vêtements tels
que manteaux, vestes, pantalons, pyjamas, écharpes, ou couvertures et autres articles.
Jusqu'au XIXe siècle cependant, il était essentiellement utilisé pour produire des châles.
La région du Cachemire est aussi célèbre pour ses tapis en soie et s’enorgueillit d’une tradition
du nouage de tapis qui date de plusieurs siècles. A l’heure actuelle, les tapis sont fabriqués soit
à domicile dans les villages de la vallée du Cachemire, soit dans la ville centrale de Srinagar
dans de petites manufactures de quatre à huit métiers à nouer. La zone de production s’étend
sur des centaines de kilomètres. Des maîtres de nouage et des apprentis travaillent ensemble
sur les métiers. Le maître de nouage explique les couleurs du tapis dans une sorte
d’incantation, et les apprentis font les nœuds correspondants. Le travail en équipe sur le tapis,
qui exige une concentration maximale, se déroule ainsi au rythme du chant du maître. La soie,
le matériau brut du tapis le plus précieux, est travaillée jusqu’à se transformer en œuvre d’art,
avec des motifs complexes et une densité de nœuds pouvant atteindre jusqu’à un million par
mètre carré.
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Italie
Trulli
Le Trulo est une cabane à voûte de pierres sèches, il s'agit, selon le cas, d'un habitat
temporaire ou saisonnier dans les champs ou d'un habitat permanent de petits paysans et
d'ouvriers agricoles. On en rencontre des témoins isolés dans la campagne mais aussi de
véritables agglomérations comme à Alberobello dans la province de Bari. La zone la plus riche
en trulli est la valle d'Itria, entre Alberobello, Locorotondo, Cisternino et Martina Franca. Leur
âge d'or a été le XIXe siècle, qui vit le morcellement des grandes propriétés en petites
parcelles louées par bail emphytéotique et, dans ses dernières décennies, l'extension de la
viticulture.
Les plus anciennes sont du +XIIe siècle et s'inspirent de l'habitat traditionnel de Syrie du Nord
(Harran) découvert par les croisés. Leur âge d'or commence au XIXe siècle pour héberger la
population viticole de la région.
Les pièces sous trullo sont généralement de taille variables, avec différentes niches et alcôves.
Elles peuvent être également jointes les unes aux autres de manière modulable en fonction
des besoins.
Dans la campagne, les trulli étaient construits individuellement ou jusqu'à des groupes de cinq
voire jusqu'à une douzaine de dômes dans les cas les plus développés sans cependant
héberger plus d'une famil
Italie
Sassi di Matera
La ville de Matera est célèbre pour ses habitats troglodytiques, les Sassi.
La Gravina a creusé le calcaire du plateau des Murge, où s'étale Matera. De nombreuses
grottes naturelles ont ainsi été creusées et ont servi de refuge aux hommes depuis le
paléolithique ; ce serait l'un des plus anciens sites préhistoriques italiens. Une ville construite
sur du vide, formée de vides taillés dans le plein de la roche.
Pendant la domination normande, la ville connaît une période de prospérité, on y construit le
château et les remparts. La population s'accroît, elle est contrainte d'occuper les grottes
situées en dehors de la protection des remparts. Elle occupe alors deux amphithéâtres
naturels, le Sasso Caveoso et le Sasso Barisano. Jusqu'au XVIe siècle, la vie s'organise avec
et autour du relief.
Dans les sassi, il y a encore à peine un demi-siècle, vivait toute une population de petits
agriculteurs, de journaliers, d'artisans et de bergers.
Italie - Pompéi et Herculanum
Pompéi est une ville romaine de Campanie. Fondée au -VIe siècle, elle est détruite en même
temps qu'Herculanum, Oplontis et Stabies, lors de l'éruption du Vésuve en l'an +79. Enfouie
sous plusieurs mètres de sédiments volcaniques, préservée des intempéries et des pillages, la
ville tombe dans l'oubli pendant quinze siècles. Redécouverte fortuitement au XVIIe siècle. Le
site archéologique est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1997, avec
Herculanum et Torre Annunziata.
Pompéi fut fondée avant le -VIe siècle (peut-être au -VIIe ou -VIIIe siècle), probablement par un
regroupement de cinq villages osques (pumpe signifie cinq en osque, sur une route
commerciale importante. La ville se développe d'abord vers l'est puis dans les directions nordouest et sud-est jusqu'à atteindre près de 66 hectares, dont 44 d'habitations, le reste étant
constitué de jardins et de champs se concentrant principalement au nord de la voie
d'Abondance.
La cité fut sujette des Étrusques pendant presque cinquante ans (jusqu'en -474). Elle retourna
ensuite dans la sphère d'influence des Grecs, avant d'être englobée dans la zone d'expansion
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des Samnites au -Ve siècle. En -80, Pompéi est transformée par Sylla en colonie romaine : les
riches colons romains remplacent alors les habitants chassés de leurs demeures et s’installent
principalement dans de grandes villas bâties sur le flanc du Vésuve, à l’emplacement des
remparts primitifs.
La cité antique proche de Naples, déjà ensevelie sous les cendres du Vésuve en l'an +79, est
aujourd'hui menacée une seconde fois. A l'automne 2010, des trombes d'eau se sont déversées
plusieurs semaines durant, la Schola Armaturarum s'est effondré tel un château de cartes.
Comme Pompéi, Herculanum fut partiellement détruite lors du
tremblement de terre du 5 février +62.
Fortifications
Pompéi est dotée d'une enceinte de quelque 3 200 m de longueur, qui a connu plusieurs
phases de construction. La première enceinte, construite vers 570 av. J.-C., a été construite en
pierre tendre locale. Elle correspondrait à la période étrusque de Pompéi. Dans un deuxième
temps, à la charnière du -VIe et du -Ve siècle, on la remplaça par une muraille à double
courtine en calcaire, remplie de blocage à l'intérieur, dont la technique fait penser à celle de
l'enceinte de Cumes ou de Naples. Vers -300, on construisit la première enceinte samnite, faite
de calcaire du Sarno, en opus quadratum.
Moulages
Grâce à l'ingénieuse technique de moulage développée par Giuseppe Fiorelli, on peut voir
aujourd'hui les victimes dans l'attitude où la mort les a surpris.
Herculanum
Herculanum (en italien moderne Resina puis Ercolano depuis 1969) était une ville romaine
antique située dans la région italienne de Campanie, détruite par l'éruption du Vésuve de l'an
+79, conservée pendant des siècles dans une gangue volcanique et remise au jour à partir du
XVIIIe siècle.
La maison de Neptune et d’Amphitrite et sa boutique.
La pièce la plus remarquable est le triclinium d'été, installé dans une
petite cour au fond de la maison. La banquette destinée aux convives
est en maçonnerie en forme de U, revêtue de marbre, et s'appuie sur
deux murs dotés de magnifiques mosaïques murales. Au fond du triclinium se trouve un
nymphée (fontaine décorative).
Europe
Les mottes castrales
France
La motte castrale est typiquement un ouvrage de défense médiéval ancien, composé d'un
rehaussement important de terre rapportée de forme circulaire, la "motte". Il existe plusieurs
formes d'édification de ces ouvrages, souvent appelés à tort "motte féodale", il en existe dans
toutes les régions d'Europe.
La plupart du temps le tertre était entouré d'un fossé, le sommet était occupé par une forte
palissade. Un fortin de bois y était aménagé avec une tour de guet analogue à un donjon. La
motte est considérée comme un château fort primitif.
La motte castrale serait apparue aux alentours de l'an mil entre la Loire et le Rhin, le
phénomène s'étant répandu dans tout l'Occident chrétien au cours des XIe, XIIe et XIIIe siècles
selon les régions. La motte est considérée comme un château fort primitif et sa forme évoluera
vers le château-fort.
Progressivement se distingue ainsi une élite guerrière dont la motte castrale matérialise
l'autorité. Le seigneur assure la protection d'un axe commercial ou économique (souvent un
village) et la motte devient l'élément fort de l'organisation spatiale de l'an mille.
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À partir du Xe siècle, il répond toujours en premier lieu à la fonction défensive, mais devient
progressivement la résidence fortifiée d'un puissant et de son entourage.
La motte castrale exista dans presques toutes les région d'Europe.
La motte castrale de Thetford est située dans le Norfolk. Le premier château date du XIe siècle
et il a été agrandi au XIIe et détruit en 1173 par Henry II.
Espagne
Castro de Barona
Le Castro de Baroña est une fortification résidentielle caractéristique de la culture des castros
du nord ouest de la péninsule Ibérique. Connus sous le nom de "culture des castros", ces
ensembles sont emblématiques de l'âge du fer et sont principalement localisés en Galice, dans
les Asturies, la Cantabrie et le nord du Portugal. Pour certains d'entre eux on utilise le terme
citania.
Malte
Hagar Qim
Le site néolithique de Hagar Qim est situé près de la ville de Qrendi, au-dessus des falaises au
sud de l'île de Malte. Les ruines de quatre temples, échelonnés peut être sur une période de
mille ans (-3 600 / -2 500 av. BC), démontrent l'importance du lieu. Les restes de la plus vielle
construction sont aujourd'hui peu identifiables. Au sud du site, des ruines, maintenant
difficilement lisibles, remontent au moins à la phase Mgarr (3 800-3 600 av. J.-C.).
France
Eyzies
Le site des Eyzies-de-Tayac-Sireuil est habité depuis le Paléolithique. Alors que régnait en
Europe la seconde période glaciaire, à l'époque où l'Auvergne voyait s'allumer les volcans de la
chaîne des Puys, les hommes préhistoriques durent abandonner les plaines du nord trop
froides, où s'étaient déjà développées les civilisations abbevillienne et acheuléenne.
Pendant plusieurs dizaines de milliers d'années, les hommes se sont succédé dans ces abris.
Leur civilisation a évolué en même temps que le milieu naturel dans lequel ils vivaient. Le
réchauffement du climat, à la fin du Magdalénien, a poussé les hommes à abandonner les abris
pour vivre en plein air sur des pentes exposées au soleil.
Irlande
Dun Aengus
Dun Aengus ou Dun Aonghus (Dún Aonghasa en irlandais) se situe sur Inis Mór, une des Îles
d'Aran, au nord-ouest de l'Irlande. On ne sait pas exactement quand il fut construit, mais on
pense qu'il date de l'âge du fer ou de la fin de l'âge du bronze (-1000 BC). Selon la mythologie
celtique, cette forteresse aurait été édifiée par le peuple légendaire des Fir Bolg réfugiés dans
l'île après leur défaite, dans la guerre qui les opposa aux Tuatha Dé Danann.
Le Grianan d'Aileach (Ailech) est un site fortifié, ayant connu de multiples périodes d'activité.
Les trois remparts extérieurs en terre datent de la fin de l'âge du bronze, tandis que le Moyen
Âge vit la construction d'un fort de pierres massif. Le corps principal est constitué d'une
forteresse en pierres de l'Âge du fer. Grianán était un centre politique et culturel durant le règne
des premiers chefs irlandais, de 800 BC à 1200 AD environ.
Ecosse
Brock of Gurness
Le Broch of Gurness est une fortification antique écossaise, construit entre 200 et 100 BC. Il
s'élevait à l'origine à 8 mètres de haut. L'entrée ouvre dans la salle principale, où se trouve le
foyer rectangulaire. Entre les deux épaisseurs du mur, sont aménagés de petites cellules et un
escalier de pierre en colimaçon menant à l'étage supérieur puis au toit. Dans la salle
souterraine à laquelle on accède par des marches de pierre, se trouve un réservoir d'eau de
source.
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Skara Brae
Les maisons de Skara Brae possédaient une large salle carrée contenant un grand foyer. Les
habitants utilisaient du bois apporté par l'océan, des fanons de baleine et du chaume de gazon
pour couvrir leurs maisons. Le village bénéficiait même d'un système de canalisations. Le site
de Skara Brae a été occupé à partir de -3100 à -2500 BC. À cette époque le climat s'est
refroidi et est devenu plus humide, entraînant l'abandon du site par ses habitants.
Sardaigne
La civilisation Nuragique se développe en Sardaigne de la fin du -IIIe millénaire au -VIIe siècle.
Son nom vient de Nuraghi, hautes tours tronquées, faites de gros blocs de granit assemblés
sans mortier. Plus de 7.000 de ces tours coiffent les collines de l'île. La légende veux qu'elles
aient été bâties par des géants. On en trouve aussi en Corse. Les Nuraghes avaient un
caractère à la fois civil et militaire, destinés au contrôle et à la défense du territoire, de ses
resources et des récoltes.
De la simple tour de guet on arrive à des édifices complexes comprenant jusqu'à 17 tours
(Arrubiu) et des murs épais de plusieurs mètres. Sous certaines tours se trouve une grotte pour
la conservation des denrées alimentaires (Serbissi). Les habitations sont de plan circulaires et
se trouvent implantées autour de la forteresse.
La culture Nuragique se caractérise aussi par son culte de l'eau, ses “Puits Sacrés” et par ses
tombes mégalithiques en couloir, et on les désigne sous le nom de "Tombes des Géants"
(Arzachena).
Sardaigne
Monte d'Accoddi
Le mont d'Accoddi est un site archéologique mégalithique situé en Sardaigne entre Sassari et
Porto Torres. La première phase de construction est sans doute contemporaine de la culture
d'Ozieri, entre -4300 et -3700.
Le site est unique en son genre dans le bassin méditerranéen. Précédé par des traces de
fréquentation se rapportant à l'époque néolithique, il faisait partie d'un ensemble d'époque pré
nuragique qui a été développé sur le lieu à partir de la deuxième moitié du -IVe millénaire.
La première phase a vu l'établissement de villages composés de cabanes quadrangulaires
appartenant à la culture d'Ozieri, d'une nécropole constituée de tombes à hypogée à domus de
janas, un probable sanctuaire avec menhir, des plaques en pierre pour les sacrifices ainsi que
des sphères en pierre.
Par la suite, des individus appartenant toujours à la culture d'Ozieri ont construit une ample
plateforme surélevée à forme de tronc de pyramide de 27 × 27 m et d'une hauteur avoisinant
5,5 m accessible par une rampe.
Au début du -IIIe millénaire le lieu a été abandonné, des traces d'incendie ont été relevées.
Vers l'an -2800 la structure a été complètement recouverte de remblais retenu par un
revêtement extérieur réalisé à l'aide de grands blocs calcaires créant de fait une seconde
plateforme pyramidale à gradins de 36 × 29 × 10 m accessible à l'aide d'une seconde rampe
de 41,80 m de long, construite au-dessus de l'ancienne. Ce deuxième sanctuaire, connu sous
le nom de "Temple à Gradins" qui rappelle la ziggurat mésopotamienne est attribuée à la
culture d'Abealzu-Filigosa.
Corse
Filitosa offre un incomparable ensemble de monuments mégalithiques et de sculptures
anthropomorphes. La majeure partie des structures actuellement bien conservées datent de la
seconde moitié du -IIe millénaire et perdurent jusqu’au -VIIe siècle. Contemporaine et similaire
à la civilisation Nuragique sarde que certains historiens (Emmanuel de Rougé) assimilent aux
Shardanes ou “Peuples de la Mer” d’origine anatolienne (Sardes, est une ville d’Asie Mineure).
Karl Otfried Müller parle lui d’une tribu de Libyens dont le chef, Sardus, aurait été le premier à
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venir s’installer sur l’île de Sardaigne et étend cette identification à un peuple gaulois, les
Sardones du Roussillon.
Sicile
La Sicile fait géographiquement partie de l’Afrique. Pendant la préhistoire, l’île était reliée à la
Tunisie par une plate-forme continentale. Pendant la dernière glaciation le niveau de la mer
était 100 à 150 m plus bas. Les Sicanes, peuple mégalithique méditerranéen d’origine NordAfricaine ou Ibérienne, habitaient l’île avant l’arrivée des Elymes, venus de Troie après sa
chute, des Sicures, venus d’Italie et des Phéniciens. Elle a été Romaine, Byzantine, AraboBerbère, Normande, Germanique, Française, Aragonaise et Italienne.
Au cours du IXe siècle, la Sicile passe sous domination Arabo-Berbère, sous le contrôle des
Fatimides et appuyés par les Berbères Kutama. Le gouvernement en est confié à la dynastie
Kalbide des Banu Abi l-Husayn. Une deuxième vague migratoire Berbère suivra les famines qui
ravagèrent l’Afrique de 1004 à 1040. La conquête Normande de l’île se fit de 1060 à 1090.
Sicile
Syracuse
La machine d'Anticythère, appelée également mécanisme d'Anticythère, est considérée
comme le premier calculateur analogique antique permettant de calculer des positions
astronomiques. C'est un mécanisme de bronze comprenant des dizaines de roues dentées,
solidaires et disposées sur plusieurs plans. Il est garni de nombreuses inscriptions grecques.
On connaît de la machine d'Anticythère un unique exemplaire, dont les fragments ont été
trouvés en 1901 dans une épave, près des côtes de l'île grecque d'Anticythère, entre Cythère
et la Crète.
L'épave était celle d’une galère romaine, longue d'une trentaine de mètres, qui a été datée
d'avant -87. La machine d'Anticythère est le plus vieux mécanisme à engrenages connu. Ses
fragments sont conservés au musée national archéologique d'Athènes. La nature des
inscriptions suggère une origine sicilienne (Syracuse), où vivaient les héritiers d'Archimède. Il
apparait sur le cadran supérieur les noms de six villes accueillant des jeux panhelléniques,
dont cinq noms ont pu être déchiffrés, dont celui d'Olympie.
Les inscriptions, déchiffrées à 95 %, se divisent en deux types :
- Un texte astronomique étrange à l'avant du mécanisme (les mots Vénus, Hermès/Mercure, le
zodiaque y apparaissent).
- Un "mode d'emploi" à l'arrière, combinant des indications sur les roues dentées, les périodes
de ces roues et les phénomènes astronomiques.
Apostolos Staikos, Euronews : “Le mécanisme d’Anticythère est l’ancêtre des ordinateurs
moderne, c’est aussi l’objet le plus célèbre de l‘épave".
© 2014 euronews 21/10.
Archimède
La légende veut qu'il ait mis au point des miroirs géants pour réfléchir et concentrer les rayons
du soleil dans les voiles des navires romains pour ainsi les enflammer. L'historien romain TiteLive (XXIV-34) décrit le rôle important d'Archimède comme ingénieur dans la défense de sa
ville (aménagement des remparts, construction de meurtrières, construction de petits scorpions
et différentes machines de guerre), mais il ne dit pas un mot de ces fameux miroirs.
Cefalu
Vestiges de toutes les civilisations
Blottie au pied de la Rocca, un promontoire rocheux de 270 mètres de haut, Cefalu, l'ancienne
Kephaloidion grecque, sous ses airs paisibles de petite ville maritime, résume à elle seule toute
l'histoire sicilienne.
Vraisemblablement déjà habitée à l'époque préhistorique, Cefalu apparaît à la fin du –Ve
siècle. Fondée par les Grecs, la ville a été successivement occupée par les Romains, les
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Arabes et les Normands. Ceux-ci, sous le règne de Roger II, lui donnèrent un éclat
incomparable.
La ville a été successivement occupée par les Romains (-254) qui la rebaptisent
Cephaloedium, les Arabes (ixe siècle) et les Normands (XIe siècle). En 857, Cefalu tombe aux
mains des Musulmans avant d'être libérée en 1063 par les Normands dirigés par Roger de
Hauteville. Durant la période normande (1063-1194), la ville se dote de nombreux monuments
et notamment de sa célèbre cathédrale, construite à partir de 1131. À partir de 1194, elle fait
partie du Saint-Empire romain germanique des Hohenstaufen.
De même, il raconte la prise de Syracuse, organisée pendant la nuit non par crainte du soleil,
mais pour profiter du relâchement général lors de trois jours de festivités (généreusement
arrosées) en l'honneur de la déesse Artémis. (XXV-23).
Syracuse fut fondée au -VIIIe siècle par des colons grecs venant de Corinthe.
Trière
Une trière ou trirème, ce dernier terme étant l'appellation latine, est une galère de combat
antique, développée à partir de la pentécontère. Plus court que son prédécesseur, c'est un
navire équipé d'une voile dans lequel prennent place 170 rameurs étagés sur trois rangs, d'où
son nom. Léger et agile, il permet le développement de la manœuvre d'éperonnage grâce au
rostre de bronze monté sur sa proue, technique qui donne lieu aux premières batailles à
caractère réellement naval.
Les pentécontères, premières galères construites, sont des monères birèmes (un niveau, deux
rameurs par rame).
Crète
Habitée probablement depuis le Paléolithique et certainement depuis le Mésolithique (-9.000)
par des peuples venus de Grèce, du Proche-Orient et d’Afrique. Knossos, Phaistos, Malia et
Zakros ont été édifiées vers -1900 et une première fois détruites par un tremblement de terre
vers -1700. L’influence Egyptienne est visible dans les céramiques et les bijoux.
Le site de Knossos fut occupé très tôt, et les fouilles ont révélé pas moins de 10 niveaux
correspondant à l’histoire néolithique de Knossos. Chaque niveau représente 300 ans. Les
premières habitations sont des huttes en pieux de bois et les premières maisons sont de forme
rectangulaires.
Knossos
L'île aurait connu une première vague de peuplement, il y a près de 130 000 ans, par voie
maritime.
À partir de -7000 (époque néolithique), la Crète est envahie par des peuples venant d'Anatolie
qui pratiquent l'agriculture et l'élevage. Les plus anciennes poteries sont trouvées à Cnossos et
Phaistos. Culte de la "Grande Mère", déesse de la fertilité.
Période paléopalatiale : -2100 / -1650.
La Crète atteint une position prééminente en mer Méditerranée. Elle introduit l'écriture
phonétique en Europe à travers deux systèmes contemporains : les hiéroglyphes crétois d'une
part, le linéaire A d'autre part, un millénaire environ avant l'alphabet grec.
Période néopalatiale : -1700 / -1450.
Destruction des palais vers -1700 suivie d'une reconstruction, apogée du système palatial.
Période postpalatiale : -1450 / -1200.
La culture minoenne décline rapidement. Chute de Cnossos. Les Mycéniens envahissent la
Crète. Apparition du système d'écriture dit linéaire B.
-1200 / -67: La Crète vit selon l'organisation sociale dorienne, intégrée à la culture grecque
classique.
Le Disque de Phaistos
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Le disque en terre cuite provient des fouilles du palais de Phaistos et daterait du -Iie millénaire.
Il est couvert sur ses deux faces, de hiéroglyphes imprimés à l’aide de poinçons. C’est donc
l’attestation la plus ancienne d’une inscription réalisée à l’aide de caractères mobiles. Il a été
fabriqué à la main avec une argile de qualité exceptionnelle, très épurée, et d’un grain
extrêmement fin.
Baléares
Les premières traces d'occupation humaine remontent à -5 000 ans BC. L'archipel des
Baléares est contrôlé par les Carthaginois avant de passer sous la domination Romaine. Après
la chute de l'Empire Romain, les Baléares passent sous la domination des vandales.
L'empereur Justinien en fait la conquête en 534. Puis les Baléares passent sous la domination
berbero-musulmane et ce pour presque tout le Moyen Âge. Entre 1126 et 1203, les îles sont
gouvernées par la dynastie berbère des almoravides. Les Baléares sont rattachées à la
couronne d'Aragon entre 1229 et 1287.
Les Taulas
En archéologie, une taula est un mégalithe en forme de T que l'on trouve sur l'île de Minorque
et de Mahon. Les taulas furent construites par la civilisation des talayots entre -1000 et -300
BC. A comparer avec les piliers de Gobekli Tepe en Turquie (-11.000).
Les Talayots
Un Talayot est une construction préhistorique en forme de tour des îles Majorque et Minorque.
C'est un édifice mégalithique construit en pierre, en forme de tronconique semblable à la
nuraghe de la Sardaigne, à la torre Corse ainsi qu'aux sesi de Pantelleria.
Ils avoisinent souvent des Taulas.
Torre d'en Galmés est le plus grand Talayot de Minorque. La civilisation talayotique date de 1.400 BC. Les Talayots découverts jusqu'à ce jour sont au nombre de 274.
Les plus importants sont :
- Llafuda
- Ciutadella
- Trepuco
- Torello
- Talati (sur Mahon)
Chypre
Le site Néolithique de Khirokitia révèle beaucoup sur la société de -7.000 à -4.000 BC. Le
village était entouré d'un mur de 3 mètres de hauteur et 2,5 d'épaisseur. Les bâtiments sont de
structure ronde et l'intérieur était divisé en pièces d'usages divers, pour les réserves de
nourriture, pour le travail. Le village fut abandonné brutalement autour de -6.000 BC, et Chypre
resta inoccupé pendant 1.500 ans jusqu'à l'arrivée de la culture de Sotira. Les relations entre
Chypre (Alashiya) et l'Egypte sont attestées dans plusieurs papyrus et certains bas-reliefs.
Dès le -XIe siècle, Chypre s'organisa en cités-royaumes tel que Paphos dont, selon la tradition,
le fondateur serait Agapinor, le roi de Tegeas du Péloponnèse, qui est serait arrivé à Chypre
après la fin de la guerre de Troie. Au -VIe siècle toute l'île passa aux mains des Perses jusqu'à
la conquête d'Alexandre le Grand qui donna aux royaumes de Chypre leur indépendance. Elle
tomba entre les mains de Ptolémée vers -323 à la mort d'Alexandre.
Grèce
Santorini
Les îles de la mer Egée : Théra (Santorini), Thirassia et Aspronissi, sont les fragments d'une
ancienne île partiellement détruite vers -1.600 au cours de l'éruption minoenne. Son premier
nom aurait été "Kallisté" et aurait été rebaptisée Théra (Thira) en l'honneur du fondateur
mythique de la colonie dorienne, Théras, fils d'Autésion, héros thébain et descendant de
Cadmos. Le nom de Santorin est donné par les Vénitien au XIIIe siècle en référence à Sainte
Irène (Santa Irini).
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Les vestiges d'une ville de la civilisation des Cyclades enfouie sous les décombres de l'éruption
minoenne vers -1.600. Les fresques et objets montrent une très grande influence minoenne.
Les ruines ont été conservées pendant 3.500 ans grâce à cet enfouissement.
Les premières indications d'habitations remontent au Néolithique (-4.500) et on trouve des
traces de métallurgie à partir de -2.500.
L'île avait une position idéale sur la route commerciale entre Chypre et la Crête, et elle atteint
son apogée après -2.000, l'agglomération d'Akrotiri prend alors son caractère urbain avec des
maisons de plusieurs étages.
Grèce
Mycènes
La civilisation mycénienne s'étend de -1550 à -1100 avec son apogée vers -1400 / -1200.
Elle se caractérise par ses palais-forteresses (comme en Crète), ses tombes à tholos et son
écriture, le Linéaire B. Le Palais jouait un rôle d'institution et se chargeait du stockage et de la
redistribution des produits. C'est un centre d'administration, comme l'ont montré les archives
qu'ils ont fournies. L'institution palatiale fait aussi fabriquer, stocker et entretenir des armes
offensives et défensives, entre autres des chars et des chevaux.
Les grands palais sont organisés autour d'un ensemble de cours ouvrant sur plusieurs salles,
dont des magasins et des ateliers, en plus des zones de réception, de résidence et de
stockage.
Le développement de la Grèce continentale à la période mycénienne est lié à l'évolution de la
Crète.
On dispose de traces de céramiques Mycéniennes en divers points du Bassin méditerranéen,
comme en Sardaigne, la vallée du Pô, en Macédoine, en Thrace, en Egypte, Chypre et en
Espagne.
Celtes
La civilisation des Celtes anciens coïncide avec l'âge du fer en Europe (-VIII / -Ier siècle). Les
archéologues divisent l'âge du fer en deux périodes : celle de Hallstatt (du -VIIIe au -Ve siècle)
et celle de La Tène (du –Ve au –Ier siècle. Chez les Celtes, les phases d'urbanisation sont
suivies d'un retour à un habitat dispersé. L'archéologie met en évidence au début du –Ier
millénaire, un complexe culturel celte plus ou moins homogène qui court de l'est de la France
jusqu'à la Bohème.
Constitués d'une myriade d'ethnies, les peuples celtes sont néanmoins unis par la langue, ou
par des langues à la parenté flagrante qui font le lit d'une identité commune. Il y a plus de deux
mille ans, les langues celtes étaient parlées à travers la plus grande partie de l'Europe, de la
péninsule Ibérique à la mer du Nord, jusqu'à la vallée du Rhin, du Danube jusqu'à la mer Noire,
dans le nord de la péninsule des Balkans, même en Asie-Mineure, dans la région de l'Anatolie.
L'Habitat celte
Les zones de stockage, comme les greniers et les silos enterrés, comptent parmi les structures
les plus représentatifs autour de l'habitat. Dans les maisons, une grande partie sert aussi de
lieu de stockage. Les silos ne dépassent pas trois mètres de profondeur et de diamètre. Une
fois les céréales entreposées à l'intérieur, la fosse est fermée hermétiquement par un bouchon
d'argile.
Les femmes celtes semblent loin d'être réduites au rôle d'épouse. Les nombreuses tombes de
personnages féminin éminents, dont celle de la Dame de Vix, en Bourgogne, donnent à penser
que les femmes
occupent une place centrale dans les principautés celtes. Certains experts vont jusqu'à parler
d'une société matrilinéaire. Non loin de la tombe de la Dame de Vix se trouve un sanctuaire,
des habitations, des fortifications monumentales et un palais aux dimensions magistrales sur
les hauteurs du mont Lassois.
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Art Celte
Superstar de l'art celte, le chaudron de Gundestrup, découvert dans une tourbière danoise,
donc hors du monde celte. Le chaudron se compose de 13 plaques en argent et date du –IIe / Ier siècle. Ce chaudron est parcouru de nombreux motifs illustrant la mythologie celte, telles
qu'une représentation de Cernunnos, une autre de Taranis, une encore d'un dieu ou d'un géant
plongeant des guerriers morts dans un chaudron afin de les ressusciter.
A la fin du Hallstatt, au -Ve siècle, certaines tombes sont très riches (Hochdorf -540). Après les
-Ve et -IVe siècles, marqués par l'éclosion d'un art innovant et par un mode de développement
très original, les Celtes semblent renouer avec l'évolution des cultures méridionales. Un peu
partout se constituent des agglomérations artisanales, qui produisent en grandes quantités des
objets en bronze et en fer, et où le commerce se développe. Les oppida apparaissent au siècle
suivant.
Le grand tertre funéraire de Hochdorf, au nord-ouest de Stuttgart, datée d'environ -530,
constitue une source documentaire unique pour l'étude de la société aristocratique celte. Le
tertre fait partie d'une agglomération avec des habitations, zones de stockage, enclos pour le
bétail, greniers au sol ou sur pilotis. Les unités d'habitations sont entourées d'une palissade.
Mer du Nord
Doggerland
La mission britannique Atlantis découvre un monde englouti.
Un monde caché sous l'eau, avalé par la Mer du Nord, a été découvert par des plongeurs qui
travaillent avec les équipes scientifiques de l'Université de St Andrews.
Doggerland, une vaste zone de terre sèche qui s'étendait de l’Écosse au Danemark a été
lentement submergée par l'eau entre -18.000 et -5.500. Les plongeurs de compagnies
pétrolières ont trouvé des restes d'un monde noyé avec une population de plusieurs dizaines
de milliers de personnes qui pourrait bien avoir été le cœur réel 'Europe.
Une équipe de climatologues, archéologues et les géophysiciens ont cartographié la zone à
l'aide de nouvelles données provenant des compagnies pétrolières et a révélé l'ampleur des
terres parcourues par des troupeaux de mammouths.
Les recherches suggèrent que les populations de ces terres submergées auraient pu être des
dizaines de milliers de personnes, vivant dans une zone qui s'étendait de l’Écosse du Nord à
travers le Danemark et jusqu'en bas de la Manche et des îles Anglo-Normandes.
Celtes
Palloza
Le Palloza est préromaine, et celtique. Pallozas ont des similitudes avec les maisons rondes de
l'âge du fer en Grande-Bretagne et les bâtiments de la culture Castro.
Son nom est en fait une corruption de la Galice mot "pallaza", d'abord utilisé dans la fin du 19e
siècle par les ethnographes comme l'allemand Fritz Krüger, qui faisait allusion à la matière
utilisée pour fabriquer le toit. Le nom traditionnel de ces bâtiments est en fait casa de Teito ou
casa de Teitu.
Pallozas ont été utilisés jusqu'à la seconde moitié du XXe siècle, quand l'amélioration des
communications a apporté concepts modernes de construction dans la région. Les Pallozas
survivent dans la Galice, province d'Os Ancares, et dans plusieurs domaines de Candin et de
l'ouest des Asturies. Les pallozas remarquables dans le Bierzan, de Campo del Agua ont été
en grande partie détruites par un incendie dans les années 1980.
Celtes
Morini
Il ne reste presque rien de l'ancienne capitale des Morini.
Les origines de Thérouanne sont encore mal définies. Le nom vient en réalité du celte "Tarvos",
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taureau, avec suffixe en -nna, commun dans le nom des lieux. Autrement dit, lieu où paissent
les taureaux. Seules quelques monnaies, statères Morins unifaces trouvés en surface lors de
prospections pédestres demeurent les seuls témoins de cette période.
Cependant la ville devait selon les sources avoir une importance notoire dans les années -16 à
-12. Cependant la ville devait selon les sources avoir une importance notoire dans les années 16 à -12.
Conquise plus tard par les romains, Tervanna devait devenir le chef -lieu de la Civitas
Morinorum, la capitale des Morins. Occupant une situation certes confinée à l'intérieur des
terres, Thérouanne constituait néanmoins un vaste carrefour où prenaient les directions de :
Boulogne, Sangatte, Cassel, Arras (Chaussée Brunehaut), Amiens et Brimeux.
Les fouilles mettent en évidence plusieurs destructions par le feu, notamment celle du IIe siècle
observée sur la stratigraphie du site archéologique.
Avec le déclin de l'Empire romain, la région fut marquée par de nombreuses invasions,
notamment celles des Francs et des Vandales. Dans ce climat difficile, la christianisation
progresse lentement.
Le premier témoignage certain de la constitution de l'évêché de Thérouanne apparaît sous
l'épiscopat de Saint Omer ou Audomar à qui fut confié en 638 le gouvernement de Thérouanne.
Enclave française dans les territoires de l'Artois, Thérouanne devait mourir de sa position et de
la vengeance opiniâtre de Charles Quint. Ce dernier alerté de la prise de Thérouanne, ordonna,
le 20 avril 1553, qu'elle fût détruite jusqu' aux derniers fondements et y fit répandre
symboliquement du sel.
C'est ainsi que le diocèse de Thérouanne, autrefois le plus riche et le plus étendu de toute
l'Europe occidentale, disparut de la carte et du souvenir des populations locales ; lors de la
réorganisation des évêchés de 1559 Philippe II d'Espagne en partagea le territoire entre
Boulogne, Saint-Omer et Ypres. Les parties francophones échurent à Boulogne et Saint-Omer,
et les néerlandophones à Ypres.
Un village s'installa plus loin à l'emplacement de l'ancien faubourg, à proximité de la Lys.
Au XVIIIe siècle, la vieille ville fut mise en culture et la charrue nivela les derniers témoins de sa
splendeur passée.
Gauchin le Gal est un petit village situé sur la chaussée Brunehaut. Sur la place du village, se
trouve un gros galet de grès de forme ovoïde solidement attaché par une chaîne à un plot de
grès enfoui dans le sol.
Selon la légende, cette pièce avait la fâcheuse habitude de se promener la nuit et d'aller
frapper aux portes des malheureux maris dont les épouses volages pratiquaient l'adultère.
Morini
La racine est probablement le gaulois mori, mer, attesté sous la forme more dans le Glossaire
de Vienne et glosé par le latin mare, mer. De même la forme dérivée morici est glosée par
marini. Morini constitue donc une variante de morici 'marins' et pourrait signifier "ceux de la
mer". On retrouve cette racine dans le nom des peuples Armoricains, de Aremorici "ceux qui
habitent devant la mer". Mori est un proche parent du gallois môr, du cornique et du breton mor.
Ce terme serait issu de l'indo-européen *mori "mer" ou "lagune" qui a également donné le
germanique *mari "mer, lac", cf. l'anglais mere, l'allemand Meer, le néerlandais meer, le vieux
norrois marr, d'où le français mare, le vieux slave morje, le latin mare (français "mer").
Leur langue était celtique. Il résulte, d'après l'analyse de la toponymie (Thérouanne,
Gesoriacum, etc.) que les noms de lieux antiques attestés sur leur territoire sont d'origine
celtique, il en est de même pour les noms des personnages connus et le nom du peuple même.
59
Morini est aussi le surnom, né en Italie, d'un homme à la peau foncée ("comme un maure ou
more" ou encore plus généralement comme "l'habitant du vaste pays appelé autrefois
Mauritania qui englobait le désert du sud de l'Egypte, de la Lybie et la plus grande partie de
l'Afrique du Nord"). Le patronyme Morini est porté aujourd'hui en France par 238 foyers, soit
environ 600 personnes.
En Espagne beaucoup de toponymes contiennent le mot more, comme Castel del More. Un
groupe "Morini" s'est formé en Belgique pour faire revivre la solidarité tribale des ancêtres,
avec son propre groupe musical.
Une autre hypothèse est que le point d'embarquement des troupes romaines vers l'Angleterre
pourrait être une plage aujourd'hui ensablée située à douze milles au nord de Boulogne, sur le
site actuel de Wissant (identifiée dans la chanson de Roland sous son nom saxon Wit-Sand,
Sable blanc). Les modifications importantes du littoral de la mer du Nord dans ce secteur ont
recouvert les sites portuaires de l'époque. Au Moyen Âge, Boulogne est le siège du comté de
Boulogne. Un de ses comtes, Eustache II as Grenons envahit l'Angleterre avec Guillaume le
Conquérant. Il est le père de Godefroy de Bouillon.
Un groupe "Morini" s'est formé en Belgique pour faire revivre la solidarité tribale des ancêtres,
avec son propre groupe musical.
Boulogne-sur-Mer
Après une probable occupation préhistorique, le site est habité primitivement par les Celtes
Morini. Le site de l’actuelle ville de Boulogne serait celui qui a été choisi par Jules César, en 55, pour préparer sa flotte à envahir la Bretagne (l'actuelle Grande-Bretagne), expédition
décrite dans la Guerre des Gaules. César aurait pu installer son camp à l'emplacement actuel
de la vieille ville. Cette dernière ne s'est appelée Bononia (nom celtique) que bien après la mort
de César. Des vestiges romaines ont été identifiés dans la haute-ville actuelle de Boulogne en
1980.
Boulogne sera d'abord nommée en latin Gesoriacum sous Claude, puis Bononia ou Bolonia
vers le +IIIe siècle ; mot d'origine celte. Boulogne devint ensuite sous l'Empire romain le port
d'attache de la Classis Britannica. Certains historiens pensent que l'actuelle basse-ville a pu
être Portus Itius, le port cité par Jules César comme lieu d'embarquement de son armée sur les
galères lancées vers les côtes du Kent pour tenter de conquérir l'Angleterre. Une autre
hypothèse est que le point d'embarquement des troupes romaines vers l'Angleterre pourrait
être une plage aujourd'hui ensablée située à douze milles au nord de Boulogne, sur le site
actuel de Wissant (identifiée dans la chanson de Roland sous son nom saxon Wit-Sand, Sable
blanc). Les modifications importantes du littoral de la mer du Nord dans ce secteur
(remblaiement) ont recouvert les sites portuaires de l'époque.
Au Moyen Âge, Boulogne est le siège du comté de Boulogne. Un de ses comtes, Eustache II
as Grenons envahit l'Angleterre avec Guillaume le Conquérant. Il est le père de Godefroy de
Bouillon.
Champlieu
Champlieu est un lieu de civilisation remontant à la Tène finale, sans doute un vicus ou bien un
oppidum perché mais ouvert. Les premiers bâtiments étaient construits en matériaux légers.
Après la conquête de la Gaulle, le lieu est habité de nouveau dès l'époque augustéenne, soit
vers la fin du -Ier siècle ou le tout début du +Ier siècle. Le mobilier des fouilles permet de
conclure à une activité agricole et artisanale importante, pouvant s'expliquer par une présence
militaire, ce qui confirmerait l'hypothèse du camp romain à proximité.
Le sanctuaire primitif est antérieur à la conquête romaine de la région, et il a survécu en l'état
pendant un certain temps après la conquête, la romanisation ne s'étant pas faite
immédiatement. La structure de ce premier édifice n'est pas très claire ; n'ont été identifiés que
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des fossés d'enceinte, des fosses destinées à recevoir des poteaux et des trous de piquet et
de poteau. Il a dû s'agir le plus probablement d'un édifice sur pilotis. La construction remonte à
La Tène II (-260 / -150), époque de laquelle datent certains objets trouvés, et s'échelonne
jusqu'à La Tène D1 (-150 / -70), comme l'indique le caractère de certaines structures.
Le véritable essor du site commence au +IIe siècle, avec une reconstruction du temple et
l'édification d'un théâtre et des termes. Ces opérations d'urbanisme ont entraîné une
restructuration de l'agglomération : le théâtre remplace un quartier d'habitation en matériaux
légers, et les thermes un ancien quartier artisanal.
À 30 m au sud-est du mur circulaire du théâtre, des thermes présentent des bassins
caractéristiques, avec des restes de chaufferie et d'hypocauste. Ces thermes remontent au IIe
siècle et ont été construites sur un ancien espace commercial ou artisanal occupé dès le milieu
du -IIIe siècle. les fondations des habitations de la cité celto-romaine sont enfouies sous les
champs et sous les parcelles les plus proches de la forêt. Le nom de « chaussée Brunehaut »
est donné dès le Moyen Âge à plusieurs routes dont l’origine n'est pas définie. Généralement
longues et rectilignes, elles semblent avoir relié les cités de la Gaule Belge.
Le zodiaque celte
Le "Dendrodiaque" celte s'organise autour d'une spirale sacrée symbolisant le mouvement et le
temps infini.
Il regroupe les 365 jours de l'année et 40 périodes de longueurs inégales. A chacune
correspond l'un des 19 arbres "maître". Quatre arbres cardinaux les gouvernent : l'olivier,
symbole d'équilibre et de sagesse millénaire; le hêtre, patient et d'une austère économie; le
chêne, arbre sacré abritant le gui symbole d'énergie solaire représentant la longévité, la
puissance, la justice et les traditions; le bouleau, d'une résistance à toute épreuve malgré sa
frêle apparence qui s'épanouit à la lumière du solstice d'été.
Le livre de Ballymote
Leabhar Bhaile an Mhóta
Le Lebor Gabala Erenn, faisant partie du Leabhar Bhaile an Mhóta est l’un des récits irlandais
majeurs de l’époque médiévale. Ce livre, véritable cosmogonie, décrit l’invasion de l'île par six
peuples mythiques héroïques pré-humains, avant l’arrivée et le règne terrestre des Gaëls.
Après avoir été transmis exclusivement de manière orale jusqu’à la fin du VIIIe siècle, ce mythe
fondateur de l'Irlande celtique fut ensuite copié, développé et remanié par les clercs pour qu’il
soit plus en phase avec l’enseignement de l’Église catholique et la culture de l’époque.
La première version écrite du Lebor Gabála Érenn, presque une ébauche (l’Historia Brittonum
de Nennius), date du VIIIe siècle ou du début du IXe siècle. Il existe cinq versions de ce mythe
(R1, R2, R3, Min et K) réparties dans 18 manuscrits rédigés entre le XIIe siècle et le XVIIIe
siècle. La grande similitude avec les runes dites secrètes dont l'usage était uniquement
cryptographique.
L’oracle ou le Tarot celte s’inspire intégralement de l’alphabet de l’Ogham. Chaque carte
correspond à un alphabet, à son tour correspond à une plante. Par ailleurs, chaque plante
détient une interprétation divinatoire.
Genainville
Le site de Genainville est occupé depuis l'âge du fer. D'importants monuments gallo-romains
furent détruits par les invasions barbares en 275 ; ils servirent plus tard de carrière de pierre à
l'époque mérovingienne. Au creux d’un vallon humide, le sanctuaire gallo-romain des Vaux-dela-Celle à Genainville est un site archéologique exceptionnel. Il se compose des vestiges d’un
temple, de bassins monumentaux et d’un théâtre qui pouvait accueillir jusqu’à 4.000
personnes.
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Au -Ve siècle, les Celtes avaient inhumé leurs morts à l’emplacement de la voie dallée
permettant d’accéder au temple.
Le premier temple avait été construit à la fin du premier siècle après J.-C.
Les bâtiments visibles ont été construits vers 200 après J.-C., le site a été abandonné au Ve
siècle.
Le vallon des Vaux-de-la-Celle a donc été occupé pendant plus de mille ans.
Deux états antérieurs aux vestiges aujourd’hui visibles ont été notés. Un premier aménagement
de
pierres de grès daterait de la fin de la période gauloise ou du début de la période antique.
Le site antique s’est implanté autour d’une source vénérée pour ses vertus curatives
dès l’époque gauloise. A l’époque gallo-romaine, des bassins en recueillaient les eaux. Temple
et source se trouvaient au centre d’une aire sacrée (le téménos) délimité par un mur d’enceinte
(Le péribole) à laquelle on accédait par un portique ouvert vers l’est. Deux petits bâtiments
sont connus à l’intérieur du téménos.
La particularité du temple principal construit à la fin du IIe siècle est de présenter deux cellae
accolées qui abritaient chacune une divinité formant un couple gallo-romain :
- une divinité gauloise féminine Rosmerta (symbole de la fécondité agricole)
- une divinité romaine Mercure, l’Hermès des grecs. Plusieurs figurines de ce dieu très
populaire en
Gaule ont été retrouvées sur le site. Il pouvait être accompagné d’un caducée (deux serpents
s’enroulant autour d’un bâton), enseigne des pharmaciens.
Huelgoat
Le chaos rocheux de la vallée du Fao (ou "Rivière d'Argent"), menacé au XIXe siècle sous
l'action des tailleurs de pierre, a été sauvegardé sous la pression de la population locale, à
partir de 1895. La forêt d'Huelgoat est une forêt domaniale vaste de 1147 hectares qui s'est
développée pour l'essentiel sur des terrains granitiques entre 80 et 210 mètres d'altitude, en
bonne partie sur les versants en pente assez forte de la Rivière d'Argent et de ses affluents.
Elle est un reste de l'antique forêt de Brocéliande.
Le Camp d'Artus, oppidum celtique de type murus gallicus, fut le plus important camp gaulois,
vaste de 30 hectares, des Osismes, peuple gaulois.
Ce fut probablement le camp principal des Osismes qui s'étaient ligués avec les Vénètes, les
Coriosolites, les Namnètes, les Riedones et d'autres peuples gaulois (celte) face à l'invasion
romaine. Il a pu servir lors de cette invasion entre -56 et -51. Il est donc nettement antérieur au
légendaire roi Arthur dont il porte à tort le nom.
Au Moyen Âge, Huelgoat fut carrefour entre an hent-meur ("la grande route", axe LorientRoscoff) et an hent ahes ("le chemin d'Ahes") (Ahès est un nom ancien de Carhaix), axe ouestest vers le centre de la Bretagne.
Beaucoup plus tard, la partie nord du camp d'Artus fut réutilisée pour la construction d'une
motte féodale (motte castrale).
Celtes - Irlande
Après la défaite d'Alésia, en -52, la civilisation celte se fond dans le modèle gallo-romain, sauf
dans le nord de l'Ecosse et en Irlande, où le monde celtique connaît une renaissance
inattendue et éclatante. Son ancienne mythologie donne le jour à un monde de légendes et de
nouveaux mythes (la chevalerie de la Table Ronde, les mystères du Graal, les enchantements
de Bretagne, la mortelle passion de Tristan et Iseult. Ils irriguent la littérature européenne au
moment où celle-ci émerge et fondent, aujourd'hui encore, nos imaginations.
Dans la culture celte, l'écologiste trouve un modèle de vie respectueux de la nature, le
mystique une approche fusionnelle de l'âme du monde. La femme celte conforte le féminisme,
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elle qui a bénéficié jusqu'au Moyen Age, dans les îles Britanniques, d'un statut juridique unique,
la laissant maîtresse de son corps et de ses biens.
Situé sur le territoire du petit village de Baile na nGall sur la Péninsule de Dingle, dans le comté
de Kerry, en Irlande, l'oratoire de Gallarus est un petit bâtiment en pierre présenté par
l'antiquaire Charles Smith, lors de sa "découverte" en 1756, comme église paléochrétienne du
VIIe siècle mais dont la date a été remontée au XIIe siècle par l'archéologue et historien Peter
Harbison en 1970. Sa fonction d'origine demeure cependant obscure, en tant qu'église,
monument funéraire ou abri pour pèlerins. Il constitue, au début du XXIe siècle, l'un des sites
touristiques les plus connus de la péninsule de Dingle.
Si Little Skellig n'a jamais abrité que des colonies d'oiseaux de mer, Skellig Michael fut habitée
dès le VIIe siècle. Une petite communauté de moines catholiques s'y est installée, vivant
chichement de pêche et d’un peu de culture, sur un site acrobatique, sans arbres et battu par
les vents. Relevés régulièrement par des bateaux venus d'Irlande, les moines ont entretenu ce
sanctuaire pendant plus de cinq siècles.
Devenue un but de pèlerinage vers l'an 1200, la communauté de Skellig a disparu au profit de
moines catholiques de l'abbaye continentale de Ballinskelligs, qui organisait, quand le temps le
permettait, des passages depuis la terre (île de Valentia ou Portmagee).
Tribus belges en Grande Bretagne
Les Trinovantes est l’un des peuples bretons d'origine belge les plus puissants de la
protohistoire de la Grande-Bretagne, avant l’occupation romaine. Leur nom réapparait au
Moyen Âge dans la légende relative à l’origine du nom de Londres. Geoffrey de Monmouth,
dans son Historia regum Britanniae prétend que le nom est dérivé de "Troi-novantum" ou
"Nouvelle Troie", légende selon laquelle que la Bretagne a été fondée par Brutus de Bretagne
et autres descendants des héros de la guerre de Troie.
Les premières monnaies qui leur sont imputables sont en bronze et datent de -100. Vers -70,
on trouve des statères d’or, puis vers -50 apparaissent des pièces en argent.
Les Iceni ou Icènes étaient un peuple brittonique présent dans la région qui est aujourd’hui le
Norfolk et le Suffolk au nord-est de la Bretagne, entre le -Ier siècle et le +Ier siècle.
Probablement d'origine Belge.
Dans sa Guerre des Gaules, Jules César apparente les Atrébates aux peuples belges
originaires de Germanie qui ont envahi les territoires du Nord de la Gaule entre le -IVe et le -IIe
siècle. Il est probable que c’est au cours d’un de ces mouvements de populations que les
Atrébates se sont installés dans la région d’Arras, où ils ont fondé une cité : Nemetocenna. Ils
correspondent archéologiquement aux Celtes danubiens. Ils descendent de ces peuples celtes
en mouvement au -IIIe siècle tout en s'étant agrégés au substrat celtique préexistant.
Les Iceni ou Icènes étaient un peuple brittonique présent dans la région qui est aujourd’hui le
Norfolk et le Suffolk au nord-est de la Bretagne, entre le -Ier siècle et le +Ier siècle.
Probablement d'origine Belge.
France
Montségur
Il ne reste qu'un pan de mur de cette maison celte, sur les flancs du Saint Barthélémy, sous le
Lac des Truites, anciennement appelé le Lac des Druides, lui même au dessous du Lac du
Diable où la légende veut que les Celtes y jetaient des pièces d'or, et où les Allemands auraient
trouvé quelque or lors de recherches par la SS entre 1941 et 1943. cette plate-forme se trouve
sur le passage de la Voie des Chars, qui permettait d'aller de Montségur ou Nontils (ancien
nom de Montferrier) à Lordat, et dans la Vallée de l'Ariège.
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Prés de la maison on trouve de des très nombreux indices, dont plusieurs tumulus, et le
système d'eau chaude solaire. Sur cette dalle ruissèle de l'eau qui au passage se chauffe au
contact de la pierre chauffée elle même par le soleil. On voit qu'une tranchée a été creusée
pour le trop plein, car, si la quantité d'eau qui ruissèle est trop élevée, elle ne chauffera plus.
L'eau chauffée, ou plutôt tiédie, tombe alors dans un évier en pierre évidée, rapporté. On
pouvait y baigner un enfant, ou laver le linge dans une eau légèrement plus chaude que celle
provenant de la Cascade et des lacs en amont.
Autriche Hallstatt
Le Hallstatt ou Premier âge du fer est une période succédant à l'âge du bronze final et
précédant la période de La Tène ou Second âge du fer. Il tire son nom de celui d'un site
archéologique qui se trouve à Hallstatt dans le Salzkammergut en
Autriche. Dans le massif du Salzberg, les Celtes exploitèrent très tôt les mines de sel. Le sel
permettait aux sédentaires de conserver les aliments, mais garantissait aussi la préservation
de la nourriture transportée sur de longues distances. Il était aussi primordial dans
l'alimentation des troupeaux.
Pour en extraire le sel gemme, les mineurs de l'âge du fer taillaient d'énormes blocs en forme
de U qu'ils retournaient ensuite sur des bâtons pour les transporter. La couleur rouge est due à
la présence d'impuretés dans les cristaux.
La civilisation des champs d'urnes
C'est un ensemble de sites datant de la fin de l'âge du bronze (-1150 / -950), répartis sur une
vaste zone englobant l'est de la France, l'Allemagne, la Suisse, mais aussi le nord de l'Italie et
l'est des Pyrénées. Cette civilisation a précédé la culture de Hallstatt.
Les nécropoles où l'on peut trouver des centaines de jarres diffèrent totalement des lieux
funéraires de la précédente culture dite des tumulus (-1600 / -1200) où les morts étaient
inhumés et recouverts d'un monticule de terre.
La Tène
A partir de -450, les Celtes, jusque-là sédentaires, construisent des oppidums et s'étendent au
sud et à l'ouest de l'Europe. C'est la période faste du deuxième âge du fer. Relié aux grandes
voies fluviales par la vallée du Rhône, le Rhin et le Danube, le site était un carrefour de
circulation important depuis le néolithique. Elle tire son nom d'un site archéologique découvert
en 1857 à Marin-Epagnier, sur la pointe nord-est du lac de Neuchâtel, à
l'embouchure de la Thielle, dans le canton de Neuchâtel en Suisse.
Béguinages
Courtrai
Le béguinage Sainte-Élisabeth (Begijnhof Sint-Elisabeth) de Courtrai a été fondé en 1238 par
la comtesse de Flandre Jeanne de Constantinople. Les 41 maisonnettes actuelles, toutes
blanchies à la chaux, datent du XVIIe siècle. Le béguinage possède la particularité d’avoir été
construit tout près du centre de la ville. C'est un béguinage très attachant avec ses ruelles
pavées bordées des 41 maisonnettes. Il fait partie des Béguinages flamands classés
Patrimoine mondial de l'UNESCO.
Les béguines flamandes, sédentarisées, n’erraient et ne mendiaient pas, contrairement à leurs
consœurs rhénanes par exemple, mais travaillaient. La condition pour devenir béguine était
d’être veuve ou non mariée, et d’être capable de subvenir à ses besoins. L’oisiveté était
proscrite, y compris pour les béguines fortunées qui n’avaient pas besoin de travailler pour
vivre. La plupart des béguines effectuaient des travaux de tissage, de filage, de couture ou de
blanchissage.
Béguinage de Valenciennes
Marguerite Porete, est une femme de lettres mystique et chrétienne du courant des béguines
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(un important courant de piété très actif en Flandres), née vers 1250, brûlée le 1er juin 1310
avec son livre Le Miroir des âmes simples.
Elle exprime son mysticisme dans un livre intitulé Miroir des simples âmes anéanties. Il
présente l'Amour de l'âme touchée par Dieu, et fait parler l'Amour et la Raison en des
dialogues allégoriques. Rapidement ce livre et sa doctrine feront scandale.
Béguinage de Bruges
Vers 1225, un groupe de jeunes filles sans ressource forme une association pieuse de
béguines. Elles s’installent près d’un cours d’eau, en un endroit isolé appelé "La Vigne" (De
Wijngaard), un peu à l’extérieur de la ville, et gagnent leur vie en travaillant la laine pour les
tisserands.
La comtesse de Flandre, Marguerite de Constantinople, les prend sous sa protection en 1245 :
son intervention obtient de l’évêque de Tournai, Walter de Marvis, que l’enclos soit érigé en
paroisse indépendante. Son autonomie est confortée par un privilège accordé par le roi
Philippe le Bel: le béguinage relève uniquement du tribunal royal.
Bruges
Les troubles religieux, au XVIe siècle sont à l’origine de l’incendie (en 1584) de l’ancienne
église du XIIIe siècle. Elle est reconstruite en style gothique en 1604. Nouvel essor au XVIIe et
XVIIIe siècle. Cependant la population a socialement changé : si l’orientation reste religieuse et
contemplative, les béguines sont d’origine aristocratique et leur genre de vie est celui de
chanoinesses. Le recrutement est socialement sélectif, même s’il reste une ouverture aux
"pauvres béguines".
Le portail d’entrée est construit en 1776. Le béguinage est supprimé par l’administration
révolutionnaire française de la fin du XVIIIe siècle. En 1798, ses biens sont dévolus à la
Commission des hospices. Dès 1803, quelques béguines reprennent la vie commune. Le
béguinage survit pendant un siècle. Le déclin semble inéluctable. Cependant le chanoine
Rodolphe Hoornaert prend une initiative au début du XXe siècle. Il fonde une nouvelle
communauté religieuse, les "Filles de l’Église" qui adopte la règle de Saint-Benoît. Le
béguinage est aujourd’hui le "Monastère Bénédictin de la Vigne".
Avec leurs consœurs des autres villes flamandes, les béguines ont bouleversé l'ordre moral de
l'Église, révolutionné les mentalités et modifié le paysage de nombreuses villes de Flandre. On
ne sait pas exactement où et comment est né ce mouvement. Ses premières traces remontent
à la fin du XIIe siècle, à Liège. En moins de vingt ans, il se répand comme une trainée de
poudre, gagne la France, l'Italie, les Pays-Bas, l'Allemagne, la Pologne, la Hongrie.
Amsterdam
Le Béguinage est l'une des plus anciennes (vers 1346) cours intérieures de la ville
d'Amsterdam aux Pays-Bas. Composée d'un ensemble de bâtiments, dont la plupart sont
aujourd'hui des habitations privées, le béguinage abrite également l'Église réformée anglaise
(De Engelse Hervormde Kerk) construite au XIVe siècle, une chapelle, ainsi que la plus vieille
maison de la ville encore debout, la "Maison de Bois" (Het Houten Huys) construite vers 1528.
La dernière béguine à y avoir habité est morte le 23 mai 1971.
Data Centers
Pionen
Suède
Pionen est un ancien centre de la défense civile construit dans les Montagnes Blanches
quartier de Södermalm à Stockholm, en Suède dans les années 1970 pour protéger les
fonctions essentielles du gouvernement de frappe nucléaire.
Il a été transformé en un centre de données par le Suédois fournisseur de services Internet
Bahnhof. Il a ouvert le 11 Septembre 2008 et Bahnhof continue d'utiliser l'installation
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aujourd'hui. En raison de la facilité d'être enterré sous la montagne, garanti par une porte
épaisse de 40 cm, et seulement accessible par un tunnel d'entrée, le centre de données est
capable de résister à une bombe à hydrogène. Le centre de données Pionen est aussi un
centre de colocation. En 2010 WikiLeaks a utilisé les services de colocation de Pionen pour
stocker ses serveurs.
Pionen est un centre de données de profondeur inférieure à 30 m de granit, avec trois liaisons
de données physiques dans la montagne. Aussi, Pionen est situé dans le centre de Stockholm,
avec 1.100 m2 d'espace. Pionen dispose fontaines, serres, la lumière du jour simulée et un
énorme réservoir d'eau salée avec des poissons. Son centre de données dispose de deux
générateurs d'alimentation de secours, qui sont en fait des moteurs sous-marins.
Suisse
En Suisse aussi, beaucoup d’entreprises misent déjà sur des technologies "Green IT",
informatique éco-responsable, afin d’économiser l’énergie utilisée par leurs centres de
données. Le data center de la société Deepgreen, a beaucoup fait parler de lui grâce à la
technologie de son système de refroidissement. Situé près du lac de Wallensee, dans le canton
de Glaris, il devrait être refroidi grâce aux eaux du lac à proximité. Cela lui permettrait de
réduire sa consommation d’énergie de 30%.
Les bases de données étant souvent cruciales au fonctionnement des entreprises, celles-ci
sont très sensibles à leur protection. Pour cette raison, ces centres maintiennent de hauts
niveaux de sécurité et de service dans le but d'assurer l'intégrité et le fonctionnement des
appareils sur place.
Des enjeux environnementaux sont liés à la consommation d'électricité des data centres, et à
leur coproduit qu'est la chaleur, dissipée par les serveurs et les systèmes de stockage en
particulier.
Norvège
En Norvège, l'électricité provient à 98,5% de l'hydraulique. Construit dans un ancien entrepôt
de munition de l'Otan, enfoui sous des roches granitiques, le bâtiment est refroidi à l'aide de
l'eau du Lysefjord, puisée à 100 m de profondeur. Un échangeur de chaleur transfère cette eau
de mer à 8°C vers le système de refroidissement des ordinateurs, sans que les deux liquides
entrent en contact. L'eau de mer est ensuite renvoyée dans le fjord à environ 16°C. Sa
localisation et ses installations donnent aussi à Green Mountain un avantage économique : en
général, l'énergie représente entre 40 et 50% du coût d'exploitation d'un tel lieu. A Rennesoy,
ce coût est compris entre 15 et 20%.
France
Alésia
Le Muséo Parc Alésia est construit au pied du village d'Alise-Sainte-Reine sur deux sites
distincts distants de 2 km, proche du site archéologique d'Alésia et de la statue de
Vercingétorix d'Aimé Millet, sur le thème du siège d'Alésia (bataille décisive de la guerre des
Gaules où s’affrontent en -52 plus de 200 000 soldats de l'armée romaine de Jules César et de
la coalition gauloise de Vercingétorix).
Trente villes du Jura ont revendiqué le titre d'Alésia ! Selon André Berthier, le véritable site
d'Alésia se trouve dans la vallée de Syam, sur le plateau de Chaux et sur la colline de la Côte
Poire, près de Champagne dans l'est du Jura. Pour des raisons politiques on lui interdira de
fouiller le sol. Pendant un siècle et demi, les pouvoirs en place se sont servis à leur gré de ce
symbole national (Alise-Sainte-Reine). Et pourtant le site ne correspond pas à la description de
César.
Bibracte
Bibracte était la capitale du peuple celte des Éduens, développé surtout au -Ier siècle. Centre
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névralgique du pouvoir de l'aristocratie éduenne, c'était aussi un important lieu d'artisanat et de
commerces où se côtoyaient mineurs, forgerons et frappeurs de monnaies sur une superficie
de près de 135 hectares. Les fouilles de la porte du Rebout ont permis de découvrir une
succession de cinq ouvrages dont le plus vieux atteste la présence humaine sur le mont
Beuvray dès le Néolithique.
L'oppidum de Bibracte compte une dizaine de sources et cinq fontaines de la ville datent de
l'époque gauloise ou gallo-romaine. La fontaine Saint-Pierre était un lieu de culte et de
pèlerinage dans laquelle on a retrouvé des pièces de monnaies et des ex-voto. Au sommet du
mont, un espace cultuel celtique (nemeton) d'un hectare a été mis au jour, entouré d'une
palissade et de fossés concentriques. Sous l'actuelle chapelle du XIXe siècle, les fouilles de
1988 ont découvert quant à elles un temple gallo-romain.
De plus, l'abandon de la ville avant le début de l'ère chrétienne n'a pas empêché la poursuite
des pèlerinages effectués dans ces lieux.
Celtes
Instruments
Carnyx
Un carnyx ou carnux est un instrument de musique celtique à caractère guerrier, de l’âge du fer
(L'âge du fer débute vers -2650 en Afrique, vers -1100 dans le monde méditerranéen et vers 800 à -700 dans le nord de l'Europe). Il est utilisé lors des guerres celtes pour contribuer à
effrayer l’ennemi et pour mener les troupes.
Il est constitué d'une trompe verticale pouvant mesurer jusqu'à 3 m, en tôle de bronze ou laiton,
et d'un pavillon perpendiculaire sous forme principalement de hure de sanglier à gueule
ouverte ou de tête de dragon, de cheval ou de serpent.
Le pavillon est équipé d'une languette de bois rivetée pour le carnyx de Deskford découvert en
1816 en Écosse, National Museum of Scotland, et de lames métalliques dans les oreilles pour
le carnyx du site archéologique de Tintignac en Corrèze, pour rythmer le souffle.
Le carnynx, qui par son aspect visuel et par sa sonorité devait contribuer à effrayer l’ennemi,
est sans doute la trompe la plus célèbre.
La Harpe Celtique
La harpe celtique est un instrument de musique à cordes ancien, répandu en Irlande
(clairseach), en Écosse (clarsach), au Pays de Galles (telyn), en Bretagne (telenn) et en Galice
(Espagne), pour jouer et accompagner la musique celtique. Elle jouit d'un regain de popularité
en Bretagne depuis les années 1950. Plus petite que la harpe de concert, elle est plus
maniable. Elle possède un répertoire propre né de l'époque où elle était l'instrument des
musiciens ambulants. Elle fait notamment partie des symboles de l'Irlande.
Bodhran
Le bodhran, pluriel bodhrain, est un instrument de percussion utilisé dans la musique
irlandaise. C'est un tambour sur cadre joué avec un bâtonnet (stick) qui est sans doute dérivé
du daf oriental et plus anciennement d'un tamis, un outil agricole servant à séparer les grains
de leur enveloppe.
Crwth
Le crwth ou crouth, aussi appelée la rote, est un instrument d'origine galloise ou irlandaise,
probablement du Xe – XIe siècle, date à laquelle l'emploi de l'archet est devenu commun en
Europe occidentale. Il s'agit de l'un des derniers instruments dont aient joué les bardes
historiques de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance.
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Fiddle
Dans certains contextes ou traditions, n'importe quel instrument à archet servant à la musique
populaire peut recevoir le nom de fiddle, par exemple le violoncelle (big fiddle) ou la
contrebasse (bass fiddle).
Dans d'autres pays que la Grande-Bretagne, en Norvège ou en Hongrie par exemple, on
rencontre également des types de violons populaires pouvant se ranger dans la catégorie des
fiddles : leur aspect, usage et répertoire différent de ceux des violons classiques. Le mot fiddle
est souvent utilisé pour désigner le violon dans la musique traditionnelle irlandaise, britannique,
klezmer ou tsigane.
La lyre
Les Celtes l'utilisèrent du –VIII au –Ier siècle. La lyre celte se distingue des lyres grecques et
romaines dont la caisse de résonance était faite d'une carapace de tortue. Elle possède une
seconde barre transversale parallèle au joug dont la fonction reste inconnue. La lyre est
l'ancêtre de la harpe.
Dulcimer
Le terme dulcimer est attribué à deux instruments de la famille des cithares :
Le dulcimer du Moyen Âge des pays anglophones, instrument à cordes frappées de forme
rectangulaire ou trapézoïdale, équivalent à la doulcemelle française, dont il a pris le nom par
une modification phonétique. Le hammered dulcimer des pays anglophones, instrument à
cordes frappées plus moderne de forme trapézoïdale, descend du précédent.
Cornemuse
Les origines de la cornemuse sont lointaines et difficiles à déterminer étant donné le peu de
preuves archéologiques dont on dispose aujourd'hui. Elle est mentionnée dès l'époque grécoromaine. On suppose que la cornemuse prendrait ses origines en Égypte antique car de
nombreuses représentations de chalumeaux doubles, tant chez les Grecs que chez les
Égyptiens montrent l'importance de cet instrument. Des débris de ce dernier ont été retrouvés
dans des pyramides égyptiennes ont environ 5.000 ans d'âge.
Moraharpa
C'est l'ancêtre de la Nyckelharpa. Le plus ancien date de 1526, découvert à Mora en Suède.
Nyckelharpa
La nyckelharpa est un instrument de musique traditionnel à cordes frottées d'origine suédoise,
plus précisément de la région d'Uppland, au nord de Stockholm. Il appartient à la même famille
que la vielle à roue et la vièle. Il existe depuis le Moyen Âge (les premières représentations de
l'instrument datent du XVIe siècle) sous différentes formes et connaît aujourd'hui un regain
d'intérêt depuis les années 1970 en Suède et ailleurs. La première forme recensée est la
Moraharpa, instrument plus petit que la nyckelharpa actuelle
Hardingfele
Le Hardingfele (violon du Hardanger), est l’instrument populaire de la Norvège.
C’est un violon incrusté de nacre, décoré à l’encre et qui possède quatre à cinq cordes de
résonance appelées cordes sympathiques.
La longueur de corde vibrante est d’environ 2 cm et demi plus petite que sur un violon
classique, les cordes sont plus fines et il existe cinq tirants de corde différents pour une
vingtaine de scordatura.
Le coffre de l’instrument a la même dimension que celui du violon mais ceci seulement depuis
environ 1860, à l’origine l’Hardingfele était plus petit avec une forme plus anguleuse et ne
possédait que deux ou trois cordes de résonance.
Kantele
Le kantele est le principal instrument de musique traditionnel finlandais. Instrument à cordes
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pincées, il est également appelé cithare finlandaise, ou parfois psaltérion finlandais.
Il est en bois et comporte traditionnellement 5 cordes. Les modèles plus récents (du XXe siècle
principalement) peuvent comporter un nombre variable de cordes, de 5 à 40.
Lyre germanique
On rencontre surtout les lyres en Afrique de l'Est (Éthiopie, Somalie, Tanzanie, Ouganda,
Djibouti, Kenya, Soudan, Égypte) et en Asie, dans la péninsule arabique (Yémen, Arabie
Saoudite, Oman, Jordanie, Irak, Israël). Elles y accompagnent le chant lors de rituels de
possession, de méditations ou de prières.
Les lyres européennes (Finlande, Norvège, Royaume-Uni, Grèce, Estonie) se font plutôt rares
et sont parfois jouées à l'archet.
Cistre
Le cistre est un instrument à cordes pincées qui semble avoir fait son apparition vers le XVe
siècle et qui est encore répandu en Europe.
Héritier de la citole, le cistre connut deux périodes d'intense prédilection :
- La plus longue dura du début du XVIe à la moitié du XVIIe siècle. Il y acquiert les
caractéristiques qui sont encore les siennes de nos jours. À cette époque, la pratique du cistre
est proche de celle du luth mais d'un statut inférieur, plus populaire et plus simple. Les
amateurs le pratiquent assidûment, et les recueils mis à leur disposition sont nombreux. Mais,
vers le milieu du XVIIe siècle, sans raison apparente, il tombe dans l'oubli.
- Vers 1770 il refait surface.
Chine
Les Tours de l'Himalaya Les plus anciennes ont 1.800 ans. Construites en pierres non-taillées,
et sans usage de ciment, certaines tours ont une forme étoilée, ce qui augmente la solidité. On
les trouve dans les régions du Changthang, de Gyalrong, de Miniak et du Kongpo.
Les Tulou Construites entre le XVe et le XXe siècle et disséminées sur plus de 120km dans la
province de Fujian, dressées au milieu des rizières, de champs de thé ou de tabac. Elles ont
été construites dans un but défensif, autour d'une cour centrale, pouvant abriter jusqu'à 800
personnes. De vastes archives leurs sont toujours associées et reflètent les coutumes sur une
période de sept siècles.
La Grande Muraille
C'est un ensemble de fortifications construites, détruites et reconstruites en plusieurs fois et
plusieurs endroits entre le –IIIe siècle et le +XVIIe siècle. C'est la structure architecturale la plus
importante du monde à la fois en longueur, en surface et en masse. La longueur totale serait de
6700 kilomètres.
C'est avec l'achèvement de l'unification de la Chine par la dynastie Qin que l'Empereur Shi
Huangdi entreprend la construction d'une grande muraille au-delà du Fleuve Jaune pour
protéger le territoire des incursions des tribus Xiongnu.
La Grande Muraille prend un essor considérable sous le règne de l'Empereur Wudi de la
dynastie des Han, vers -133, qui fait restaurer et connecter des portions de la muraille des Qin
puis l'étend au fur à mesure de ses campagnes à travers ce qui deviendra la Route de la Soie.
C'est sous la dynastie Qing (1644 à 1912) que la Grande Muraille prit sa forme actuelle pour
empêcher les armées turques et mongoles d'envahir la Chine.
Oasis du Tarim
Abandonnée à la fin du IIIe siècle, la cité de Niya recelait, sous sa chape de sable, une
nécropole. Des momies de 3.000 à 4.000 ans d'âge aux traits caucasiens se sont révélées plus
anciennes que l'aube de la civilisation chinoise. Dans le bassin du fleuve Tarim qui traverse le
désert du Takla-Makan, d'autres oasis ont été découvertes. La région était alors beaucoup plus
humide et fertile. Au cimetière de Qäwrighul on a retrouvé des brins d'éphédra, une plante aux
propriétés narcothiques dont on pense qu'elle était une composante du Soma.
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Il y a deux mille ans, l'antique Turfan était le fief d'un peuple indo-européen, de culture persane,
qui allait devenir jusqu'au Ve siècle, le phare d'un royaume florissant alternativement aux mains
de la dynastie Han et des tribus Xiongnu. La ville, nommé Yarkhoto, était bâtie sur un
promotoire étroit à la confluence de deux rivières, aujourd'hui asséchées. Un réseau de canaux
souterrains acheminait l'eau du Tian Shan vers le cœur du déssert.
Le désert de Gobi
Le temple de Yueyaquan, adossé aux dunes de Mingsha, près de Dunhuang, a été bâti sur les
vestiges d'un ancien sanctuaire bouddhique, où
caravaniers et pèlerins venaient brûler de l'encens, avant de partir en voyage.
Les caravanes en direction de la Perse, s’approvisionnaient à Dunhuang avant la terrible
traversée des trente jours par l'une des deux pistes au-delà du Lop Nor.
La Route de la Soie
La route de la soie désigne un réseau ancien de routes commerciales entre l'Asie et l'Europe :
il relie la ville de Chang'an (Xi'an) en Chine à Antioche en Syrie. Les plus anciennes traces
connues de la route de la soie remontent à -1.000. Au XVe siècle, la route de la soie est
progressivement abandonnée après près de 2000 ans d'existence. Le préhistorien André LeroiGourhan considère cette route comme un espace d'échanges actifs dès le paléolithique.
Héritière de la Route de Jade dont les vestiges datent de 7000 ans, elle n'est cependant
évoquée dans les chroniques chinoises qu'à partir du -IIe siècle.
Route de la Soie
Kirghizstan
Tash Rabat
Le Tash Rabat ou Tach Rabat est un caravansérail qui constituait une étape pour les
voyageurs et les caravanes de marchandises entre Kachgar (Xinjiang, Chine) et le lac Yssyk
Koul (Kirghizistan). Il est donc associé à l'histoire de la Route de la soie.
Il est situé sur l'emplacement d'un ancien monastère nestorien du IXe siècle, sorte de Grand
Saint Bernard du Pamir qui accueillait les voyageurs chrétiens ou païens franchissant le col
(Tach Rabat Dawan). Le culte chrétien nestorien, porté par les marchands, s'était en effet
répandu d'Occident vers l'Orient, via l'Iran, jusqu'aux Ouïghours du Xinjiang.
Afghanistan
Mes Aynak
Dans la province pachtoune du Logar, constellée de villages talibans, le site de Mes Aynak tient
du camp retranché. Une enclave ultra-sécurisée, protégée par 1.600 policiers afghans,
déployés pour veiller sur le cuivre, et sur un contrat à quatre milliards de dollars négocié par la
compagnie chinoise Metallurgical Corporation of China pour la concession de la mine. Ses
vestiges sont assis sur le deuxième gisement de cuivre non exploité du monde. Une mine à ciel
ouvert engloutira la plus grande partie du site.
Répartis en arc de cercle autour de la montagne qui abrite le gisement de cuivre, trois
monastères et une forteresse ont été mis au jour, ainsi que les vestiges de plusieurs zones
d'habitation et bâtiments administratifs, qui dessinent les contours d'une véritable cité. Son
essor, la ville le doit à sa situation sur la Route de la Soie. Et, déjà, à son cuivre.
Mes Aynak, "Petite mine de cuivre" en dari, est une histoire ancienne. L'analyse de scories au
carbone 14 montre qu'elle daterait du –Ier millénaire. La cité en cours de fouilles aurait été
fondée sous les Kouchans (-Ier / +IIIe siècle) et occupée du +Ier au +IXe siècle.
Nomades venus de Chine, les Kouchans mirent fin aux derniers royaumes hellénisés
d'Afghanistan, lointains héritiers de l'épopée d'Alexandre le Grand, er bâtirent le premier grand
70
empire d'Asie Centrale qui recouvrait une partie de l'Ouzbékistan, du Tadjikistan, du
Kazakhstan, de l'Afghanistan et du nord du Pakistan, jusqu'en Inde Centrale. C'est à l'ombre de
cet empire, carrefour des marchandises et des cultures, que prospéra l'art du Gandhara.
Les monastères du site sont répartis tout autour de la mine. On peut supposer que les moines
contrôlaient l'extraction ou le commerce du cuivre.
Ce sont les pillages entre 2000 et 2004 qui ont révélé la richesse du site de Mes Aynak.
Selon une expression populaire afghane, l'hiver est une période morte, le printemps, la saison
du pavot, l'automne celle du haschich, et l'été, celle des antiquités.
L'exploitation intensive de la mine antique semble coïncider avec l'arrivée des Kouchans. Cette
mine de cuivre aurait ainsi permis la réforme monétaire de Wima Kadphisès, vers 50 de l'ère
commune. Ainsi s'expliquent la présence d'un village de mineurs et de nombreux ouvrages
fortifiés, à la fois pour la protection et la surveillance des mineurs, leur empêchant toute
tentative de fraude ou de fuite.
Le sommet des buttes de lœss avait été occupé par trois monastères bouddhiques, qui
servaient de lieux de culte et de résidence aux moines, et par deux ensembles cultuels sans
cellules monastiques: des stupas. Ils semblent avoir été en fonction du +IVe au +VIe siècle.
Les ruines ont été découvertes par les archéologues de l'Institut afghan d'Archéologie en 2004
avec les premières fouilles. Lorsqu'un contrat fut signé avec la compagnie minière chinoise en
2008, Elles reprirent au printemps 2010.
Situé à une altitude de 2500 m, le site s'étend sur plus de 12 km. Les vestiges sont localisés
autour de la montagne de cuivre. Le site comporte en l'état actuel (2012, publié en 2013) des
connaissances trois monastères, des forteresses (dont Tepe Shah, des fortins et/ou des postes
de police), des édifices administratifs et des habitations. Deux monastères (Tepe Shamar et
Kafiriyat Tepe) ainsi que deux stupas (de Gol Hamid) et deux villages (dont Baba Wali, le
village des mineurs) ont été partiellement dégagés.
Les figures, donateurs debout et Bouddha assis, couvertes de drapés colorés, sont des
exemples uniques d'une école locale d'art du Gandhara tardif, qui permet peut-être de mieux
situer l'art de Bamiyan, réalisé peu de temps après.
Pakistan
Takht-i-Bahi
Takht-i-Bahi est un site historique dans le district de Mardan, dans la province de Khyber
Pakhtunkhwa de Pakistan. Il contient les ruines d'un célèbre monastère bouddhiste du Ier
siècle ; ce site est sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1980. Son nom
signifie "trône de la source" : de "takht", trône, et "bahi", eau ou source, en perse et ourdou. Il
fut ainsi nommé parce qu'il est situé sur une colline (le trône) ainsi que près d'un ruisseau (la
source).
Les environs étant très fertiles, la région est presque entièrement dévouée à l'agriculture, dont
la culture du tabac, le blé et la canne à sucre. La première sucrerie d'Asie y fut construite par
les Britanniques, près du monastère.
Grâce à son emplacement sur la crête d'une haute colline, il a échappé aux invasions
successives, ce qui explique son état de préservation exceptionnel. Les ruines voisines de
Sahr-i-Bahlol témoignent de la présence d'une petite ville fortifiée datant de la même période.
Pakistan
Taxila
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Taxila est une ville et un important site archéologique de l'ancien Gandhara. Il est situé dans le
district de Râwalpindî, dans la province pakistanaise du Pendjab, à sa frontière avec la
Province de Khyber Pakhtunkhwa, à l'ouest d'Islamabad et près de l'extrémité de la Grand
Trunk Road. Il s'agit peut-être de la Taxiala de Ptolémée.
Taxila était un centre d'étude bouddhiste antique, relié à travers le passage de Khunjerab à la
route de la soie et attirant ainsi des étudiants de l'ensemble du monde bouddhiste ancien.
Le site est en plein épanouissement entre le Ier et Ve siècles où il est, avec Peshawar, l'une
des deux principales villes du Gandhâra. Remarquablement situé à l'intersection de trois
itinéraires majeurs pour le commerce, il était d'une importance économique et stratégique
considérable. Darius Ier intègre Taxila à l'Empire achéménide en -518. Alexandre le Grand la
prend en -326 et y crée une garnison de Macédoniens, mais les Grecs perdent la ville en -317
au bénéfice de Chandragupta Maurya, qui s'empare du Pendjab, et de ses successeurs, dont
son petit-fils Ashoka, qui y aurait fait ses études.
Peu après la mort d'Ashoka, Taxila est prise par les Grecs de Bactriane qui y règnent jusque
vers -90, suivis par les Scythes, les Parthes en 19 et les Koushans en 78 dont l'empire sera
écrasé par les Shvetahûna ou Huns blancs qui ravagèrent la ville en 455.
Plusieurs établissements se succédèrent sur le site. Le plus ancien, Bhir-Mound fut actif du -Ve
au -IIe siècles. Les fouilles y ont révélé une ville sans plan apparent, aux maisons de
maçonnerie grossière, mais avec un système de traitement des eaux usées.
Hamsa est un cygne ou une oie qui sert de Vâhana (monture ou véhicule) au dieu créateur de
l'hindouisme, Brahmâ.
Il est souvent identifié au cygne tuberculé (Cygnus olor) ou à l'oie à tête barrée (Anser indicus).
Représentant l'âme ou l'être, il est présent dans la culture indienne et en Asie du Sud-Est
comme symbole et élément décoratif. Un grand nombre d'œuvres folkloriques ou littéraires ont
été consacrés au Hamsa, qui possède une mythologie distincte. À l'époque védique, il était
considéré en relation avec le dieu solaire Surya. Il symbolisait alors la force et la virilité.
Chine
Datong
Xuankongsi
Le monastère de Xuankongsi, dont le nom chinois signifie "monastère suspendu dans les airs",
a été fondé durant la dynastie des Wei du Nord (+386 / +534). Il est construit sur la paroi
verticale du canyon Jinlong, près du mont Hengshan dans la province de Shanxi, à environ 65
km au nord-ouest de la ville de Datong. Il est placé en hauteur pour se protéger de la montée
des eaux de la rivière située à 50 mètres en contrebas.
Depuis sa fondation, ce monastère a été plusieurs fois rebâti, restaurés, la dernière
restauration datant de la dynastie Qing. Il paraît reposer sur des piliers rouges dressés à la
verticale mais en réalité il repose sur des poutres plantées horizontalement dans la roche d’où
la perception d’un bâtiment comme apposé sur le flanc de la montagne.
Ce chef d’œuvre architectural, est composé de plus de 40 édifices creusés dans la falaise,
reliés par d’étroites passerelles, couloirs et escaliers flottant dans le vide. A l’intérieur de ces
édifices, sont nichées des statues en bronze , en terre cuite, en fer ou en pierre représentant
Bouddha, Laozi et Confucius, assis côte à côte. Tel un syncrétisme religieux, ce monastère
mêlent ici les religions taoïste, bouddhique et confucéenne, ce qui est totalement insolite dans
un monastère.
Chine
Yungang
Les grottes de Yungang, près de Datong dans la province de Shanxi en Chine, sont l'un des
plus célèbres sites anciens de sculpture. On compte 252 grottes pour environ 51 000 statues,
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aménagées entre les +Ve et +VIe siècles. Les cinq grottes aménagées par Tan Yao sont
considérées comme un chef d'œuvre classique du premier apogée de l'art rupestre bouddhique
en Chine.
Dans la grotte n°20, l'une des plus anciennes, se trouve un Bouddha rupestre monumental. Il
est représenté en méditation. Le canon est massif, robuste et rond, quoique bien proportionné,
et la protubérance crânienne est très en relief, ce qui est caractéristique de l'art de la dynastie
des Wei du Nord. Les deux épaules sont recouvertes par le costume, mais cependant, une
partie du torse et du bras, sur la partie droite, est découverte.
Le style combine à la fois les formes de l'art traditionnel chinois et des influences étrangères :
après avoir traversé la Perse, le style hellénistique est parvenu dans le Gandhara, au nord de
l’Inde actuelle où il s’est fondu dans les traditions locales. De là, le bouddhisme a été exporté
par les marchands le long de la Route de la Soie jusqu’en Chine.
Les deux autres sites de grottes anciennes en Chine sont les grottes de Longmen et de Mogao.
Les grottes de Yungang sont inscrites sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 2001.
Chine
Bezeklik
Les grottes des Mille Bouddhas de Bezeklik sont un ensemble de grottes bouddhistes datant
du +Ve au +IXe siècle. Sur environ un kilomètre de longueur, elles ont été creusées entre les
+Ve siècle et +Xe siècle par des moines bouddhistes. Sur 77 grottes, une soixantaine de
grottes sont bien conservées et sont richement décorées de fresques antiques. Certaines
fresques ou sculptures sont de facture et d'inspiration occidentale ou manichéenne.
Une légende locale affirme qu'en +366, le moine bouddhiste Lie Zun (Lo-tsun) eut une vision
de mille Bouddhas, et convainquit un pèlerin de la Route de la Soie de bâtir les premiers
temples.
Les temples se multiplièrent, pour arriver à plus d'un millier, accompagnant le développement
de la route de la soie. Du IVe au XIVe siècle, les moines de Dunhuang rassemblèrent des
manuscrits venant de l'Occident, et des pèlerins commencèrent à orner les murs des grottes de
peintures.
Chine
Maiji Shan
Dans le nord-ouest de la Chine, au cœur de la province du Gansu, se dresse en pleine nature,
Maijishan, une immense falaise, creusée de presque 200 grottes auxquelles on accède par des
passerelles et des escaliers accrochés à la paroi au dessus du vide.
Maijishan fait partie des quatre grands ensembles de grottes bouddhistes de Chine, les trois
autres étant beaucoup plus connus : les grottes de Yungang à Datong, de Longmen à Luoyang
et de Mogao à Dunhuang.
Les grottes de Maijishan sont les plus anciennes. Les excavations ont commencé dès les Qin
postérieurs (+384 / +417) au moment de l’intrusion du bouddhisme en Chine puis ont continué
durant les douze dynasties suivantes. C’est par la Route de la Soie qui traverse le Gansu que
les moines venus d’Inde ont importé leur religion avec cette pratique qui consiste à creuser les
falaises. Celles-ci étaient généralement choisies pour leur emplacement dans des lieux
naturels magnifiques porteurs d’une aura spirituelle particulière, propice à la méditation.
Situées sur un axe d’intense activité d’échanges et de commerce, les grottes de Maiji Shan
étaient également utilisées comme entrepôts par les marchands.
Les environs regorgent d’autres lieux à visiter.
En remontant vers l’Ouest se trouve la montagne Daxiang, elle aussi creusée de grottes, et à
quelques kilomètres au fond d'une vallée étroite : la "Grotte aux Rideaux d'Eau".
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Chine
Grand Canal
Le Grand Canal débute au nord par Pékin et se termine au sud à Hangzhou au Zhejiang, avec
une longueur totale de 1 794 km. Il passe notamment dans les villes de Pékin, Tianjin, et
traverse les provinces du Hebei, du Shandong, du Jiangsu et du Zhejiang.
Le projet d'une voie d'eau à travers la Chine fut initié à la fin de la période des Printemps et des
Automnes (-722 / -481), lorsque Fu Chai, le souverain de l'État de Wu (capitale Suzhou),
effectua des voyages de conquête vers les royaumes du Nord. Il ordonna la construction d'un
canal, appelé "Han gou", pour les transports militaires.
Le canal fut creusé à partir de Yangzhou, au Jiangsu, détournant des eaux du Yangzi Jiang
(Yang Tse Kiang) vers le Nord.
Le canal fut allongé sous la dynastie Sui (581 – 618) et plus tard sous la dynastie Yuan (1206 –
1368), pour devenir connu sous le nom de "Grand Canal".
Durant les dynasties Yuan, Ming (1368 / 1644) et Qing (1644 / 1911), le Grand Canal fut l'artère
principale entre le nord et le sud de la Chine, et était essentiel pour l'approvisionnement de
Pékin en céréales.
La plus ancienne partie du canal est celle située entre le Yangzi Jiang et le Huai He. On pense
généralement qu'elle date, d'après un extrait d'un livre de Confucius, de l'année -486. Elle fut
réparée et élargie au IIIe siècle. Sa partie sud, entre le Yangzi Jiang et Hangzhou, fut construite
au début du VIIe siècle. La partie septentrionale fut construite entre 1280 et 1283. Le canal fut
entièrement reconstruit entre 1411 et 1415, au cours de la dynastie Ming, par l'empereur
Yongle. La partie nord du canal est maintenant moins utilisée.
Le village de Zhou Zhuang, vieux de mille ans, se trouve à proximité du Grand Canal Impérial
(Da Yunhe) et de la ville de Suzhou.
L'explorateur italien Marco Polo, qui voyagea en Chine sous la dynastie Yuan mentionna les
ponts avec arches du Grand Canal, ainsi que ses importants entrepôts et le commerce
qu'engendrait le canal au XIIIe siècle.
Chine
Fenghuang
La ville antique de Fenghuang (phénix), où vivent les ethnies Miao et Tujia, est célèbre pour
ses paysages montagneux pittoresques et ses cours d'eau, a su conserver le style architectural
des dynasties Ming (1368-1644) et Qing (1644-1912). Elle fut construite sous la dynastie Tang
(618-907), elle était autrefois appelé Chenggan. Elle se situe dans le département autonome
des ethnies Tu et Miao à 53 km du sud de Jishou.
La cité ancienne est adossée à la montagne Nanhua et traversée par la rivière Tuojiang.
Fenghuang est une ville de garnison militaire dont le développement commence à cause de la
rivalité Miao-Han qui conduisit à la construction de la deuxième grande muraille de Chine non
loin de la ville.
Le 15 juillet 2014, les fortes pluies ont provoqué des inondations dans la vieille ville de
Fenghuang en Chine, où toutes les habitations qui longent la rivière ont désormais les pieds
dans l'eau.
Chine
Huanglong
Située dans le nord-ouest de la province du Sichuan, la vallée de Huanglong (le fossé du
Dragon Jaune) avec ses lacs travertins (concrétions de calcite) , ses cascades, son temple
(dynastie Ming), ses forêts et son paysage de montagne, est un site naturel de toute beauté.
Elle est surplombée de sommets couverts de neiges éternelles qui s’élèvent de 1 700 m à 5
588 m, parmi lesquelles le glacier le plus oriental de la Chine.
74
La région de Huanglong abrite plusieurs espèces animales menacées, dont le panda géant et
le singe doré à nez camus du Sichuan, l'ours brun, l'ours noir d'Asie, le léopard, le panda
rouge, le chat de Pallas, l'antilope goral, le mouflon méditerranéen, le lophophore de Lhuys, le
Takin, le serow ou le chien rouge.
Huanglong est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1992, et sur celle
des réserves de biosphère depuis 2000.
Irak
Ur
Ur (Our, en sumérien URIM), actuellement Tell al-Muqayyar "la colline poissée/bitumée", est
l'une des plus anciennes et des plus importantes villes de la Mésopotamie antique, dans
l'actuel Irak. Elle était alors située sur une des branches du fleuve Euphrate et proche du Golfe
Persique.
Ur apparaît comme une des principales et des plus puissantes cités sumériennes du -IIIe
millénaire, comme l'illustrent les tombes royales et le riche mobilier funéraire qui y fut exhumé.
Durant le -XXIe siècle cette ville fut la capitale d'un puissant empire, dirigé par les rois de ce
que la tradition mésopotamienne a retenu comme la troisième dynastie d'Ur.
Durant le -XXIe siècle Ur fut la capitale d'un puissant empire, dirigé par les rois de ce que la
tradition mésopotamienne a retenu comme la troisième dynastie d'Ur. Ur est , aux côtés de sa
voisine Eridu, d'Uruk, de Lagash ou encore Nippur, une des principales villes de la civilisation
sumérienne qui se développe au cours du -IIIe millénaire et exerce une influence considérable
dans tout le Moyen-Orient.
Plusieurs sondages réalisés sur le site de Tell al-Muqqayar ont révélé qu'il est habité depuis la
période d'Obeïd vers -5000 / -3750.
Babylone
Babylone, en araméen Babel, est une ville antique de Mésopotamie située sur l'Euphrate en
Irak, à environ 100 km au sud de l'actuelle Bagdad, près de la ville moderne de Hilla.
À partir du début du -IIe millénaire, cette cité jusqu'alors d'importance mineure devient la
capitale d'un royaume qui étend progressivement sa domination à toute la Basse Mésopotamie
et même au-delà.
Elle connaît son apogée au -VIe siècle durant le règne de Nabuchodonosor II qui dirige alors
un empire dominant une vaste partie du Moyen-Orient.
La plus ancienne attestation connue du nom de la ville de Babylone se trouve sur une tablette
datée d'après les critères paléographiques des alentours de -2500. Ce texte mentionne une
ville nommée BA.BA ou BAR.KI.BAR, dont le souverain (ENSÍ) commémore la construction du
temple du dieu AMAR.UTU (Marduk), divinité tutélaire de Babylone. Son nom aurait pour
origine le terme Babal ou Babulu, qui est sans doute dans le langage, maintenant inconnu,
d'une population antérieure à la présence sumérienne et sémitique en Mésopotamie, donc
inexplicable.
Babylone apparaît tardivement dans l'histoire de la Mésopotamie antique, en comparaison des
autres grandes villes de cette civilisation, comme Kish, Uruk, Ur, Nippur, Ninive. Alors que la
ville est peu mentionnée dans la documentation de la seconde moitié du -IIIe millénaire, elle
connaît une croissance rapide sous l'impulsion d'une dynastie amorrite qui remporte plusieurs
succès militaires majeurs, durant la période dite paléo-babylonienne (-2004 / -1595).
La période suivante, dite médio-babylonienne (-1595 / fin du -XIe siècle), voit Babylone
confirmer durablement son rang de capitale de la Mésopotamie méridionale sous les dynasties
kassite et d'Isin II.
Le -Ier millénaire débute par des périodes très difficiles, qui se prolongent dans les guerres
provoquées par les tentatives de domination des rois assyriens sur la Babylonie. Ceux-ci sont
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finalement vaincus par les rois qui fondent le puissant empire néo-babylonien (-626 / -539) et
entreprennent les chantiers qui font de Babylone la ville la plus prestigieuse de son temps.
Iran
Kalkhu - Nimrud
Kalkhu, aussi nommée Kalhu, forme ancienne Kalwakhum, et Kalakh dans l'Ancien Testament,
fut l'une des grandes capitales néo-assyriennes et correspond aux sites actuels de Nimrud qui
tire son nom du héros biblique Nimrod, et de Tell Azar qui recèle les ruines de "Fort
Salmanazar". La ville, construite sur une falaise surplombant le Tigre à l'ouest, était située à 35
km de Ninive (Faubourg de Mossoul actuellement – Kurdistan irakien), et contrôlait le Zab
supérieur et le Tigre. Il s'agit de l'une des plus grandes villes anciennes connues s'étendant sur
environ 360 ha.
Le site archéologique de Nimrud situé dans le Nord de l’Irak pillé et détruit vendredi 06/03/2015
par des membres de l’Etat islamique. Les djihadistes ont détruit au bulldozer les vestiges de
cette cité assyrienne. Cette violente attaque du patrimoine culturel irakien survient une semaine
après celles de statues et monuments exposés dans le musée de Mossoul.
Des pièces rares qui dataient elles aussi de l‘ère assyrienne avaient été détruites et mises à
terre. Le ministère irakien du Tourisme et des Antiquités a confirmé l’information et accusé l’Etat
islamique de vouloir défier le monde en se livrant à ce saccage.
Copyright © 2015 euronews 06/03
Kurdistan
Les Kurdes modernes sont les descendants de nombreux envahisseurs et migrants qui se sont
établis dans la région, Hourrites, Lullubi, Kurtis, Gutis, Mèdes, Mardes, Carduchis, Mitanni,
Kassites.
Peshmerga est un terme utilisé par les Kurdes pour qualifier généralement les combattants
kurdes. La première apparition d’une culture distincte et unie et d’un peuple vivant dans les
montagnes du Kurdistan date de la culture Halaf, dans la première moitié du -VIe millénaire. (6000 / -5400). Elle est suivie par la culture hourrite, de -2300 à -1300 environ.
Yézidis
Le yézidisme est une religion monothéiste qui plonge ses racines dans l'Iran ancien. L’origine
du nom même de yézidi est débattue. Les Yézidis adorent Malek Taous, un archange
symbolisé par un paon. Le nom de yazidi provient d'ailleurs du proto-iranien "yazatah" qui
signifie "ange" ou "l’être suprême". Les Yézidis font remonter leur calendrier religieux à 6.764
années (en 2014). Par rapport à d'autres religions majeures, le calendrier yézidi a 4.750
années de plus que le calendrier chrétien, 990 années de plus que le calendrier juif et a 5.329
années de plus que le calendrier musulman.
Une colline appelée Tell Hamoukar indique l'existence d'une civilisation urbaine dans la vallée
et la plaine de Sinjâr depuis au moins 6.000 ans.
Les études sur le yézidisme s’accordent à faire remonter l’origine de cette croyance à l'époque
des débuts de l’Islam. L’histoire troublée de la succession de Mahomet donne la clé la plus
probable de l’origine du Yézidisme.
Les Yézidis, comme les druzes, croient en la métempsycose. Ils semblent avoir pris des
éléments de leur culte à différentes religions environnantes : le dualisme entre le bien et le mal
aux zoroastriens, le baptême et la cène aux chrétiens et les règles alimentaires aux juifs. Leur
organisation est de nature théocratique, le prince des Yézidis porte le titre de Mirza Beg.
Les Yézidis constituent une petite minorité religieuse de langue kurde d'environ cent mille
membres vivant principalement dans les régions de Mossoul en Irak, d'Alep en Syrie mais
aussi en Turquie, en Iran, en Arménie et en Géorgie.
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La population du Sinjâr (39.800 habitants au recensement de 2006) est majoritairement Kurde,
de religion yézidi, avec une minorité de chrétiens assyriens et de musulmans sunnites.
La séquence d'ouverture de L’Exorciste, film d'horreur de William Friedkin (1973) a été tournée
à Sinjâr.
Les Yézidis, une mémoire vivante des anciennes civilisations et un peuple d'une très grande
beauté.
Irak
Erbil
Erbil (écrit également : Arbil ou Irbil ; Hewlêr en kurde) est la capitale de la Région autonome
du Kurdistan.
On a pu dire qu’Erbil est une des plus anciennes villes de l’histoire qui soit restée
continuellement habitée. Le roi d’Ur néo-sumérien Amar-Sin pilla la ville vers -1975. Entre 2000 et -608, Erbil appartenait à l’Empire assyrien. Sous l’empire Mèdes, Cyaxares aurait
installé à Erbil et Kirkouk plusieurs peuples de l’ancien Iran. L’empereur perse Cyrus le grand
occupa l’Assyrie en -547,et y installa une satrapie achéménide, dont Erbil était la capitale.
Au début de notre ère, Erbil était l'une des capitales du royaume d'Adiabène, théoriquement
vassale de l'Arménie, mais utilisant ses alliances avec les Parthes pour s'assurer le maximum
d'indépendance. Les rois d'Adiabène se sont convertis au judaïsme au début des années 30.
C'est une région où le mouvement fondé par Jésus (les Nazôréens) s'est implanté très tôt. Les
listes apostoliques mentionnent un premier évêque chrétien en 104, succédant aux
prédications de Thaddée d'Edesse, de Bar-Tolmay, de Thomas et de Simon le Zélote. Après la
création du royaume chrétien d'Arménie au début du IVe siècle, Erbil devint le siège d’un
évêché métropolite, jusqu’à la fin du moyen âge. Elle connut la domination successive des
omeyyades, des abbassides, des bouyides, des seldjoukides. Ce fut un état turkmène sous les
Atabegs d’Erbil (1131 / 1232), puis mongole et turque.
Citadelle
La citadelle d’Erbil est un établissement anciennement fortifié bâti au sommet d’un imposant
tell ovoïde.
Le mur ininterrompu de façades de maisons du XIXe siècle continue de donner l’impression
visuelle d’une forteresse imprenable surplombant la ville d’Erbil. La citadelle présente un tracé
de rues particulier, en éventail, datant de la phase ottomane tardive d’Erbil. Les sources écrites
et iconographiques documentent l’antiquité de l’occupation du site – Erbil correspond à
l’ancienne Arbèles, un important centre politique et religieux assyrien – tandis que les
découvertes et fouilles archéologiques suggèrent que la colline cache les strates et les
vestiges d’établissements plus anciens.
Irak
Mossoul
Au cours des derniers jours de Juillet 2014, l'Etat Islamique a détruit plusieurs des principaux
sites religieux de Mossoul, devenue de facto la capitale du "califat" proclamé fin juin par le
groupe sur les zones qu'il contrôle en Irak et en Syrie. Parmi ces sites figurent la tombe du
prophète Jonas (Nabi Younès) et le sanctuaire du prophète Seth (Nabi Chith), considéré
comme le troisième fils d'Adam et Eve dans la tradition juive, islamique et chrétienne.
Dans l'Irak d'aujourd'hui, Mossoul en pleine tourmente, nous est-il possible d'imaginer la
splendeur de cette cité, qui fut capitale de l'Assyrie et dont l'archéologie nous détaille les
incroyables richesses ? Splendeurs éphémères, puisque Ninive fut détruite en -612, alors
qu'elle était à son apogée.
Les jihadistes ont également menacé de détruire le "bossu", surnom d'un minaret légèrement
incliné construit au XIIe siècle, trait caractéristique du paysage de la ville. Selon l'Etat
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Islamique, toutes les écoles de jurisprudence islamiques "s'accordent sur le fait que l'usage
d'une mosquée construite sur une tombe est contraire à l'islam".
Une référence à la démolition par Mohammad Ibn Abdel Wahhab – fondateur du wahhabisme,
une forme stricte de l'islam suivie par les jihadistes – d'un dôme érigé sur la tombe de Zayd Ibn
al-Khattab, le frère du second calife de l'islam (VIIe siècle).
Syrie
Alep
Alep est une des plus anciennes villes habitées au monde : elle existe déjà à l'époque paléobabylonienne (-2004 / -1595), sous le nom de Halab. Des tablettes cunéiformes mentionnent
même un centre urbain datant de 5000 ans. Elle est alors la capitale du royaume amorrite du
Yamkhad. En -1595, elle est prise par les Hittites et devient une grande étape pour les
caravanes entre la Syrie et la Mésopotamie. Vers -1000 Alep devient la plaque tournante du
marché du savon dans le monde connu.
En -738, elle est rattachée à l'Assyrie sous le nom de Halman. Elle est conquise par Alexandre
le Grand en -333 et passe ensuite aux Séleucides, qui la rebaptisent Beroia. Elle est ensuite
occupée par les Romains en -65. Elle est conquise par les Arabes commandés par Khalid ibn
al-Walid en 637. La ville s’étend et de nouveaux remparts sont érigés pour intégrer l’expansion.
Les musulmans bâtissent les principaux monuments de la ville. En 1098 et 1124, Alep est
assiégée par les Croisés, qui échouent devant ses murs.
Syrie
Apamea
Apamée, actuellement Qal`at al-Madhiq (Mudiq) est est située près de l'Oronte, à 55 km de
Hama. L'occupation du site remonte au Paléolithique. À l'âge du bronze, on peut identifier le site
avec la cité de Nija, connue par des textes égyptiens, akkadiens et hittites. À l'époque perse (Ve siècle), la ville s'appelait Pharnaké. Après la conquête de la région par Alexandre le Grand,
elle devint une colonie macédonienne et prit le nom de Pella. Pendant la période hellénistique,
en -300, le roi Séleucos Ier la fonda sur un site presque vierge et lui donna le nom d'Apamée en
l'honneur de sa première épouse perse Apama.
Syrie
Ruweiha
Ruweiha - Février 2013
Ruweiha, dans la région de Jabal Zaweya, faisait partie des villes mortes du nord de la Syrie qui
ne connaissent pas une grande notoriété. Elle abrite encore quelques vestiges témoins de
sa prospérité. Parmi ceux-ci, remarquez la grande église de Bissos, du nom du fondateur du
sanctuaire, dont le tombeau surmonté d'une coupole s'élève à proximité. Il jouxte une autre
sépulture d'influence très antique.
Ebla est situé au Nord-Est et Apamea au Sud-Ouest.
Syrie
Homs
Les historiens estiment que Homs (Emesa) date du début du –troisième millénaire. La citadelle
de Homs peut être considérée comme le lieu des premières habitations. Homs fit partie de
l'empire des Séleucides jusqu'en -69 avant d'acquérir son indépendance sous la dynastie de
prêtres-rois fondée par Sampsigeramos Ier (Sampsiceramus) qui devint vassale de Rome dès 63. Homs donna à Rome plusieurs empereurs.
À partir de la conquête arabe, Homs (appelée alors Hîms) est devenue l'une des capitales des
provinces syriennes (al-Cham).
Elle jouait un rôle religieux considérable chez les musulmans car l'un des célèbres
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commandants de la conquête musulmane y était enterré (Khalid ibn al-Walid). La ville conserva
son importance tout au long de l'époque omeyyade et jusqu'à l'époque abbasside.
Les photographes de presse qui accompagnent les forces pro-Assad ont été amenés dans ce
quartier hautement symbolique, celui de Khalidiya, autour de la mosquée Khalid ibn al-Walid,
dont la construction remonte au XIIe siècle.
Après sa conquête par les Arabes au VIIe siècle, elle déclina lentement. Au XIIe siècle, Croisés
et musulmans se disputèrent le site, connu sous le nom d'Afamya. Deux séismes
particulièrement violents (1152 et 1170) détruisirent pratiquement complètement le site antique.
Ce qui restait d'habitants se réfugia sur l'acropole antique surplombant la plaine, où se situe le
village de Qal`at al-Madhiq (citadelle du défilé).
Syrie
Shayzar
Shaizar, Shayzar, ou Chayzar est une ville et forteresse médiévale en Syrie qui joua un rôle
important dans les conflits entre chrétiens et musulmans à l'époque des croisades. Situé sur
l'Oronte entre Hama et Apamée, sur un site stratégique, elle est citée dans les Lettres
d'Amarna sous le nom de Senzar ou Sezar. Les Grecs l'appellent Sidzara, puis elle est
rebaptisée Larissa par les Séleucides. Les Romains lui rendent son nom et les Byzantins
l'appellent Sezer. Les Croisés, avec Guillaume de Tyr parlent de Caesarea (Césarée de Syrie),
et la ville est parfois confondue avec l'actuelle Kayseri.
Syrie
Qalaat Saladin
La citadelle est très ancienne, la première construction date peut-être du début du -Ier
millénaire par les Phéniciens. Ces derniers ont dû la céder à Alexandre vers -334. La place est
prise vers 947-949 par l’émir hamdanide d’Alep Ali Sayf al-Dawla. Les croisés en prennent
possession au début du XIIe siècle. En 1119, elle est la propriété de la famille Puylaurens,
donnée par Roger de Salerne, régent de la principauté d'Antioche. En 1188, elle est conquise
par Saladin qui la confie à Nasir al-Din Mankawars. Elle tombe ensuite aux mains des Mongols
jusqu’à sa prise par le mamelouk Baybars en 1272.
Syrie
Deir Mar Moussa
Le nom Deir Mar Moussa al-Habachi vient de Moussa, prince abyssin qui se retira en ces lieux
au VIe siècle pour y mener une vie ascétique dans une petite grotte. La première mention
attestant l’existence d’un monastère se trouve dans un manuscrit syriaque de 575 : les ruines
d’une petite fortification romaine furent la base d’une petite basilique, l'église actuelle date du
XIe siècle et fut pendant longtemps le seul bâtiment, les grottes avoisinantes servant
d’habitation aux moines.
Aux XIe et XIIe siècles, le monastère prit son essor et l’église fut décorée de fresques à trois
reprises, la plupart sont conservées et ont été restaurées. Deir Mar Moussa évoque les
monastères palestiniens, par exemple par son système d'évacuation des eaux, alors que la
plupart des couvents syriens sont proches d'un village. Son déclin progressif au XVIIe siècle
aboutit à l'abandon, seul, le pèlerinage annuel du 28 août (fête de Moïse l'Abyssin, dit aussi
l'Éthiopien) le préservant de l'oubli définitif.
Syrie
Qalaat Shmemis
La structure originelle, construit au –Ier siècle par Sampsiceramus I de la famille royale
d'Emesa, fut partiellement détruite par un séisme. Elle fut une seconde fois détruite par le
perse Khosrau II en +613 et reconstruite par le gouverneur Cherkouk de Homs. Détruite une
troisième fois par les Mongols en 1260 et une quatrième fois par les Tatars en 1401.
Syrie
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Palmyra
Les Romains l'ont rebaptisée Palmyra, mais Tadmor est toujours restée fidèle à ses origines
araméennes, donc sémitiques. L’histoire de Palmyre à l’âge du bronze est mal connue : la ville
se développa sur un tell qui fut au -Ier siècle recouvert par la terrasse du sanctuaire de Bel.
Quand les Séleucides prirent le contrôle de la Syrie en -323, la ville devint indépendante. Au
cours de la crise du IIIe siècle, Palmyre échappa aux invasions perses qui ravagèrent la Syrie
en +252 et 260.
Après 260, ce fut un notable de Palmyre, Odénat, qui fut chargé par l’empereur Gallien de
coordonner la défense de l’Orient. Quand sa veuve Zénobie tenta de prendre le pouvoir
comme impératrice avec son fils Wahballat, Palmyre se retrouva impliquée un peu malgré elle
dans une guerre civile romaine. Palmyre fut du Ier siècle au IIIe siècle la plus grande
puissance commerciale du Proche-Orient, prenant le relais de Pétra, la cité caravanière des
Nabatéens.
Palmyre exploitait une route caravanière qui, passant par des caravansérails dans la steppe,
gagnait les bords de l’Euphrate et les longeait jusqu’à la région de Babylone. De là ces
caravanes gagnaient le royaume de Mésène à l’embouchure du Tigre et de l’Euphrate. Des
navires partaient de là pour gagner l’Inde ou d’autres ports de l’Océan Indien. On a récemment
retrouvé une tablette votive laissée par un Palmyrénien nommé Abgar, en +256, sur l’île de
Socotra au large de la Somalie.
Le trafic caravanier s'est poursuivi jusqu’aux années +260, y compris quand la Mésène et la
Mésopotamie étaient sous la domination des Perses Sassanides. C’est après l’assassinat
d’Odénat en 267-268, et la tentative de prise du pouvoir par Zénobie que les caravanes
cessèrent d’être attestées.
Beaucoup plus tard au VIe siècle, c’est la ville de la Mecque dans le Hedjaz qui prendrait la
succession de Palmyre comme plaque tournante du commerce caravanier. Le territoire de
Palmyre, au nord de la ville, possédait au IIe siècle de véritables haras dans la steppe où l’on
élevait des chevaux, à des fins qui ne pouvaient être que militaires. La ville elle-même avait
une garnison de l’armée régulière romaine, mais les bédouins ou les paysans du territoire de
la cité formaient des guerriers montés sur des chevaux ou des chameaux et combattant à la
lance ou à l’arc.
Palmyre fut prise au VIIe siècle par les Musulmans, quand elle ouvrit ses portes en 634 à
Khalid ibn al-Walid.
Syrie
Raqqa
Raqqa fut fondée par Alexandre le Grand, sous le nom de Nicephorium, et fit partie de
l'Osroène. Elle s'est nommée ensuite successivement Callinicum, Constantinopolis,
Léontopolis.
Dans le contexte de la guerre civile syrienne, la ville tombe aux mains des rebelles du Front alNosra le 6 mars 2013, ce qui en fait la première capitale provinciale revendiquée être aux
mains de l'opposition depuis le début du conflit déclenché en 2011. En juin de la même année,
la ville passe sous contrôle des islamistes de l'État islamique qui en font leur QG, puis la
capitale officieuse de l'État islamique autoproclamé.
Syrie
Qasr al Heir al Charqi
Avec ses somptueux jardins, ce "château du désert" a été longtemps considéré comme la
résidence secondaire des califes omeyyades, notamment du grand Haroun Al Rachid. A 120
km à l'est de Palmyre, le Qasr al Heir al Charqi était en fait une étape sur la route commerciale
entre la Chine, l'Inde et la Méditerranée, via le golfe Persique. Soucieux d'affirmer leur
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présence auprès des tribus arabes nomades auxquelles ils étaient alliés, les souverains de
Damas en profitaient pour veiller sur le transit de ces biens précieux qu'étaient les cotonnades
d'Inde, les épices ou les soieries de Chine.
Syrie
Le Krak des Chevaliers
Le Krak des Chevaliers, ou Krak de l'Hospital, Qal`at al-Hosn ou Hisn al-Akrad (forteresse des
Kurdes) est un château fort datant de l'époque des croisades. Il est situé dans l'ouest de la
Syrie, sur les derniers contreforts du jabal Ansariya. Depuis 2006, il est inscrit sur la liste du
patrimoine mondial de l'UNESCO.
Les Romains dans un premier temps, puis les Byzantins dresseront dans la région de l'actuelle
Syrie de nombreuses forteresses pour résister à la pression persane qui seront autant de
modèles pour les fortifications construites par les armées arabo-musulmanes après qu'elles
eurent conquis cette région de 634 à 639.
Vers 900, arrivent deux évènements majeurs engageant l'avenir de la région. D'abord, en 909,
les fatimides chiites s'opposent au pouvoir abbasside de Bagdad et fondent une dynastie qui
règnera sur tout le Maghreb et s'étendra au début du XIe siècle jusqu'en Palestine. Al Hakim, le
"calife fou", lance alors une répression à l'encontre des chrétiens d'orient et des pèlerins
chrétiens, traditionnellement bien tolérés. La fermeture soudaine des lieux et routes de
pèlerinage sera l'un des événements qui conduisirent au déclenchement des croisades.
En second lieu, les Seldjoukides, turcophones (sunnites) originaires de steppes à l'est de la
mer d'Aral se lancent à la conquête du Moyen-Orient. Ils s'emparent de Bagdad en 1055, et
prennent l'Anatolie aux Byzantins lors de la bataille de Mantzikert en 1071, et leur sultanat
s'étend alors sur l'Iran, l'Anatolie, la Syrie et la Palestine jusqu'aux frontières de l'Égypte
fatimide. Le Krak est alors reconstruit sur le site d'une petite forteresse, en 1031 par les
Abbassides qui y installent une garnison kurde pour résister à la pression seldjoukide. La
forteresse devint connue sous le nom de Hisn al-Akrad la "forteresse des Kurdes".
En janvier 1099, à l'arrivée de la première croisade, la garnison kurde fut évincée par Raymond
de Saint-Gilles qui abandonna les lieux presque immédiatement, son objectif étant Jérusalem.
Il tenta en vain de reprendre la forteresse en avril 1102 et c'est finalement Tancrède, le régent
d'Antioche, qui s'en empara en 1110 et y installa une garnison franque sous l'autorité du comte
de Tripoli. En 1115, une offensive d'Arslan, l'émir d'Alep, fut repoussée.
Lors de la Guerre civile syrienne, il semble que le krak serve de retranchement aux opposants
au régime et qu'il ait subi des bombardements durant l'été 20125. Le 13 juillet 2013, la citadelle
du Krak des Chevaliers a été touchée par des bombardements de l'armée de Bachar al-Assad.
Plusieurs vidéos, diffusées via les réseaux sociaux depuis le 13 juillet, montrent qu'il y a eu au
moins une frappe qui a touché la citadelle, provoquée par le raid aérien lancé par un Mig selon
le militant qui filme la scène. Le 20 mars 2014, le château, jusque-là tenu par la rébellion est
repris par les forces gouvernementales.
Syrie
Masyaf
Le château a été construit pendant la période de domination byzantine. Sa situation en fait le
point de contrôle de la route est-ouest entre Hama et Baniyas et la route nord-sud d’Antioche à
Homs. Raymond de Saint-Gilles, la prend en 1103. Rachid ad-Din Sinan et les Nizârites venus
d’Alamut se sont installés dans la région où ils ont acheté le château de Qadmus puis celui
d’Al-Kahf en 1134. Jusqu’en 1140, la secte réalise un programme d'acquisition rapide de huit
châteaux dont Masyaf. La ville devient ainsi la capitale d’une principauté que les croisés
appellent le "Territoires des assassins".
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En 1163, Rachid ad-Din Sinan, prend la direction de la secte. Il fait de Masyaf sa résidence et
reprend à son compte le titre de "vieux de la Montagne".
Masyaf est à son tour assiégée et prise par les Mongols en 1260. La même année le
mamelouk, Baybars, vient de prendre le pouvoir en Égypte. À la fin de l’année, après la bataille
d’Aïn Djalout à laquelle les Nizârites participent à ses côtés, Baybars reprend Masyaf aux
Mongols. Les Nizârites récupèrent ainsi quatre forteresses perdues devant les Mongols.
Au fil des années, l'importance du krak des Chevaliers crut parallèlement à l'influence des
croisés vers l'est mais le coût de sa maintenance conduisit Raymond II à le confier à la garde
des Hospitaliers (1142).
Le Sultan Baybars d'Egypte s'empara de la forteresse en 1271. Les Mamelouks utilisèrent et
modifièrent lle site en renforçant notamment le flanc sud et en ajoutant un hammam et un
aqueduc mais son intérêt stratégique diminua parallèlement à la menace franque. Les
invasions de Tamerlan (1400-1401) et celles des Ottomans en 1516 ignorèrent même le site.
Syrie
Tell Brak
La période d’occupation de Tell Brak est très longue : éventuellement occupé dès la période de
Samarra ou d’Hassuna (-6.500 / -6.000), plus certainement à la suivante, celle d’Halaf (-6.000 /
-5.100), le site présente des niveaux des périodes suivantes jusqu’à la fin du IIe millénaire
(période médio-assyrienne). Des minces traces semblent indiquer une occupation néoassyrienne, et plus tard à l’époque romaine. Des restes de céramique de la période de Samarra
ont été retrouvés à Tell Brak.
C’est à partir de la période de Halaf que le matériel se fait plus abondant, semblant indiquer
qu’on se trouve déjà en présence d’un village de taille notable. De la céramique d’Obeid (Ve
millénaire) a été mise au jour pour ce qui concerne le millénaire suivant.
Pour le -IVe millénaire (période de Gawra en Mésopotamie du nord, correspondant à la période
d'Uruk), le site livre ses premiers monuments importants. Vers la fin du -XVIIe siècle ou au XVIe siècle se met en place un puissant royaume hourrite, le Mitanni dont le centre se trouve
dans la région du Khabur.
Syrie
Dur Katlimmu
Tell Sheikh Hamad correspond peut-être à une ville mentionné à la période amorrite, DurYagid-Lim, "Fort de Yagid-Lim", fondée par un roi de Terqa (et non le roi homonyme de Mari)
qui lui donna son nom ultérieur, Dur-Katlimmu. Les prospections archéologiques ont en tout cas
attesté la présence d'une occupation sur le site à l'époque amorrite (Bronze Moyen), puis à la
période du royaume du Mitanni (début du Bronze Récent). Le tell est réoccupé par les
Assyriens dans le courant de la seconde moitié du -XIVe, quand ceux-ci prennent le contrôle de
la vallée du Khabur après avoir vaincu les rois du Mitanni.
La ville devient la capitale d'une province, dans laquelle réside un gouverneur provincial. De
nombreux aménagements sont faits pour mettre en valeur l'arrière pays : le plus
impressionnant est un long canal de dérivation creusé à l'est du Khabur dans le but de
permettre une agriculture irriguée sur un très vaste périmètre. Des niveaux d'occupation sont
encore attestés sur le tell principal du site aux époques parthe et romaine, après quoi il est
déserté. Durant ces derniers siècles, la ville porte le nom de Magdalu.
Syrie
Maaloula
Mar Takla
Maaloula, est un village montagneux de Syrie à majorité chrétienne au nord-est de Damas. Il
présente la particularité d'abriter une population qui parle encore l'araméen (voir néo-araméen
occidental). Aujourd'hui un tiers de la population du village est désormais sunnite. Le village
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doit sa renommée à ses refuges troglodytiques datant des premiers siècles du christianisme.
Le village abrite deux monastères, le monastère Mar Takla, grec-orthodoxe, construit autour de
la grotte et du tombeau de sainte Thècle et Mar Sarkis en haut d'un rocher.
Le village, relativement épargné par les attaques jusqu'à l'été 2013, est tombé aux mains des
islamistes du front al-Nosra le 7 septembre 2013. Immédiatement après, l'armée de l'air
syrienne a mené des raids contre les positions rebelles. L'armée syrienne a par ailleurs lancé
une opération afin de reprendre la ville, repoussée tout d'abord à la suite de l'arrivée de renforts
jihadistes, puis aboutie le 19 septembre 2013. Le 1er décembre 2013, les islamistes se sont réemparés de la ville et ont enlevé douze religieuses du monastère orthodoxe de Sainte-Thècle,
finalement libérées en mars 2014. Le village est libéré de l'emprise islamique le 14 avril 2014.
Syrie
Baniyas
Baniyas, Banias ou Panéas est un site archéologique qui s'est appelé Césarée de Philippe
pendant la période romaine. Le site est près d'une des sources du Jourdain sur le mont
Hermon et a donné son nom à la seigneurie de Banias un des fiefs du royaume de Jérusalem
pendant les croisades. Le site est à l'est de la frontière internationale entre Israël et la Syrie
dans le territoire occupé par Israël dans le Golan depuis 1967. La rivière, affluent du Jourdain
s'appelle aussi Baniyas. Le Baniyas, constitue avec le Dan, l'une des deux sources principales
du Jourdain.
Le site a été un lieu de culte du dieu Pan d'où son nom grec Panion latinisé ensuite en Paneas
ou Panias. Au -IIIe siècle, les Lagides fondent Panion pour faire concurrence au centre
religieux sémitique de Dan à seulement 4 km à l’ouest. En -198, le roi séleucide Antiochos III
battit l'armée ptolémaïque dans cette région et s'empara de Panion (Baniyas). À la fin de cette
période la région faisait partie du royaume des Ituréens.
Au printemps 65 (ou 66), Césarée est le théâtre d'affrontements entre Grecs et Juifs à la suite
desquels la communauté juive s'enfuit de la ville. En 70, Titus après avoir détruit Jérusalem
séjourne à Césarée de Philippe.
Jusqu’à l’arrivée des musulmans, la ville devient un centre chrétien. Le culte de Pan est
abandonné et le site perd de son importance. Le palais d’Agrippa II est transformé en bain
public. La ville devient un évêché.
Au moment de la conquête musulmane le site reprend de l’importance par l’afflux des
nouveaux venus. Son nom devient alors Baniyas.
Pendant les croisades cette région devient la frontière entre les royaumes croisés et la Syrie
musulmane .La seigneurie Baniyas fut donnée par les Assassins à Baudouin II en 1128. Elle
passa ensuite par mariage
à Onfroy de Toron, qui en donna la moitié en 1157 à l'Ordre de l'Hôpital.
Nur ad-Din fait la conquête de Baniyas en 1164 et fait prisonnier Josselin III d'Édesse. Josselin
va rester en captivité jusqu'en 1176, il reprend alors une partie de ses domaines.
Israël
Tel Motza
C'est par pur hasard, dans le cadre de travaux d'élargissement de l'autoroute Jérusalem-TelAviv, que le site archéologique de Tell Motza a été mis au jour. Et il a révélé une découverte
surprenante : les vestiges d'un lieu de culte qui remonte à 2750 ans. En d'autres termes, un
temple à moins de 5 kilomètres du Mont du Temple.
Les vestiges de l'autel, les poteries rituelles, ainsi que les figurines de personnes et de
chevaux trouvés à l'intérieur du temple laissent supposer que les habitants de la région ont
conservé des croyances antérieures au judaïsme.
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Pour les archéologues, il pourrait bien s’agir d'une pratique religieuse idolâtre, en concurrence
directe avec le culte du temple de Salomon à Jérusalem. L'édifice ferait partie d'un complexe
important qui pourrait être la ville biblique de Motza mentionnée dans le Livre de Josué.
Israël
Tel Marésha
Beth Guvrin
Elle est mentionnée par Flavius Josèphe sous le nom Beth Govri et par Hazal sous le nom
Beth Gouvria. La signification de ce nom en araméen est la maison des Hommes. Selon le
Midrash, il y avait des géants dans les grottes aux alentours du village, d'où son nom. À
l'époque romaine, elle est renommée Éleuthéropolis. Le site était déjà identifié comme
Baitogabra dans la Géographie de Ptolémée. Les Croisés l'appellent Bethgibelin.
Sous le règne d'Hérode le Grand (-37 / -4), Beth Govrin remplaça Marésha comme capitale de
l'Idumée.
En 200, l'empereur Septime Sévère donne à la ville le statut de polis et change son nom en
Éleuthéropolis (la ville de l'homme libre). Elle devient une ville importante et gouverne une
vaste région. Avec le début de la période byzantine (324-638), le statut de la ville se trouve
encore renforcé. Après la conquête de la région lors de la première Croisade, Baudouin Ier de
Jérusalem attaque pendant l'hiver 1100 les Bédouins qui trouvaient refuge dans les grottes et
écumaient la route entre Jérusalem et Jaffa. Il fait boucher les grottes et y fait mettre le feu.
Parc Bet Guvrin-Maresha
Dans le parc se trouve les sites archéologiques de Marésha et de Beth Govrin :
- Les grottes aux baignoires, avec des canaux pour l'acheminement d'eau
- La grotte du pressoir, pour la production d'huile d'olive
- Les maisons d'habitation et les citernes d'époque hellénistiques, reliées au colombarium par
un passage souterrain
- Une tour fortifiée au sommet de la colline de Marésha
- L'église byzantine Sandahanna (Santa Hanna)
- Les grottes aux cloches
- Un amphithéâtre
- Un cimetière des -IIIe et IIe siècle avec deux grottes présentant des niches
- La grotte polonaise. Elle est appelée ainsi car des soldats polonais y ont gravé le mot
"Varsovie" et l'aigle symbolisant la Pologne lorsqu'ils visitèrent la grotte en 1943 pendant la
Seconde Guerre mondiale.
- La grotte du Colombarium qui servit à l'élevage de colombes. À la fin du IIIe siècle, l'élevage
de colombes cessa et les niches servirent d'entrepôt.
Israël
Tel Gezer
Dans les écrits de Tell el-Amarna, Gezer est mentionnée de nombreuses fois comme l'une des
villes principales de la Terre d'Israël du milieu du -XIVe siècle. Parmi ces derniers on retrouve
les messages de trois gouverneurs de Gezer adressées aux pharaons Amenhotep III et
Amenhotep IV, de nombreux messages adressés par différents royaumes de la Terre d'Israël
voisins de Gezer mentionnant cette dernière et dans lesquels est fait allusion à une alliance
contractée entre les villes de Gezer, Lakish et Kila contre le royaume de Jérusalem.
À l'époque biblique, à partir du -Xe siècle, Gezer compte parmi les villes les plus importantes
de la Terre d'Israël du fait de sa situation stratégique, au carrefour des routes conduisant de la
côte méditerranéenne à Jérusalem.
L'approvisionnement de la ville se fait alors grâce à la présence de 2 sources; Eïn-Yarda à
800m à l'est du Tel et Eïn-Bouss au sud-est. Gezer est ainsi cerné de terres particulièrement
fertiles. On accède alors à la ville installée sur Gezer par le sud, d'où la présence de
fortifications plus importantes dans cette partie-ci de la ville.
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Israël
Scythopolis
Tel Beït-Shéan est une élévation naturelle, proche de la ville actuelle de Beït-Shéan en Israël,
choisie comme lieu de peuplement, du fait de son importance stratégique. Depuis l'âge du
bronze, l'installation sur les parties surélevées de la région permet aux habitants d'avoir la
mainmise sur la vallée en contrebas et de prévenir toute attaque potentielle ennemie. C'est la
seule ville de la Décapole située à l'ouest du Jourdain. Au Ier siècle, elle est appelée
Scythopolis par l'écrivain juif Flavius Josèphe, alors que Pline l'Ancien la nomme Nysa. Lors
des fouilles on a découvert 18 strates archéologiques, s'étalant de l'âge du bronze à l'époque
croisée.
Beït-Shéan est mentionné dans la Bible, au premier livre de Samuel lorsque les Philistins
déposent le corps de Saül, tué au combat, sur les murailles de la ville, construites alors au
sommet du tel (et non pas celles situées au bas du tel, datant de l'époque romaine). En effet, le
peuplement sur le sommet du tel se poursuit jusqu'à l'invasion romaine, après laquelle les
constructions apparaissent en contrebas du tel, dans la vallée de Beït-Shéan, et comprenant
dans le pur style romain des bâtiments publics, des temples, des bains, un théâtre, des rues et
des habitations.
Israël
Qumran
Qumran est un site archéologique en Palestine en surplomb de la rive ouest de la mer Morte en
Cisjordanie, sur la terre historique du royaume de Judée. Il est constitué de vestiges de
bâtiments occupés approximativement entre -100 et +70, de 11 grottes dans lesquelles on a
retrouvé, entre 1947 et 1956, les plus anciens manuscrits hébraïques actuellement répertoriés,
connus sous le nom de manuscrits de la mer Morte, et d'un cimetière d'environ 1200 tombes.
L'établissement est construit sur les ruines d'un fortin israélite de l'âge du Fer.
Le site a été occupé par un groupe sectaire appartenant à la mouvance du mouvement
essénien décrit par Flavius Josèphe et Pline l'Ancien. Le site est visité dès le XIXe siècle par
des explorateurs et est alors parfois identifié à la Gomorrhe biblique. En 1947, la découverte de
manuscrits anciens par des bédouins, dans des grottes situées à proximité, relance l'intérêt
pour le site. Qumran est le nom du site en arabe moderne. Certains historiens pensent que le
nom ancien du site était Sokoka ou Ir hammelah, l'une des villes du désert mentionnée dans le
livre de Josué (15,61).
Avec la découverte des Manuscrits de la mer Morte en 1947-1956 dans onze grottes situées
aux alentours des ruines, près de 900 manuscrits ont été reconstitués à partir de plusieurs
dizaines de milliers de fragments. La plupart ont été écrits sur parchemin et une centaine sur
papyrus. Un peu moins de 15 % sont écrits en araméen, la langue courante du pays depuis
l'occupation perse. L'immense majorité est en hébreu, la langue littéraire et doctrinale que l'on
disait "sainte". Certains des manuscrits sont en grec, l'idiome de la diaspora hellénique.
Certains des textes hébraïques ont une écriture cryptée qui a été décodée. À l'exception d'une
douzaine, les 900 rouleaux (ou fragments de rouleaux) ont été copiés par des scribes
différents.
Roland de Vaux et d'autres avec lui s'efforcèrent de montrer que l'établissement de Qumrân
abritait une "communauté" d'ascètes qui s'adonnaient à des bains rituels fréquents, à la prière
et aux repas en commun, à l'étude des livres saints et à l'écriture. En bon religieux, il identifia
même un scriptorium — ce qui relève de l'équipement monastique médiéval.
Israël
Mar Saba
Le monastère Mar Saba ou laure de Saint-Sabas est un monastère orthodoxe hiérosolymitain
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situé à quelques kilomètres de la ville de Bethléem dans le désert de Judée, en Cisjordanie.
C'est un des plus anciens monastères chrétiens.
Le monastère a été fondé au Ve siècle par saint Sabas (vers 443-532). La première église,
dans une chapelle, à la manière cappadocienne, est dédiée à Marie Mère de Dieu le 12
décembre 490, la seconde date du 1er juillet 501. Le monastère accueillit au VIIe siècle saint
Jean Damascène, saint de l’Église byzantine et de l’Église catholique.
Le monastère donne son modèle de liturgie, appelé le typikon de Jérusalem (élaboré à Saint
Sabba) au monachisme russe, qui l'adopte courant XVe siècle, en remplaçant le typikon de
Constantinople. Le modèle de Saint Saba, plus élaboré et plus complexe, plus adapté donc aux
moines, sera ensuite adopté pour le service des cathédrales et des églises, preuve de
l'influence de la vie monastique sur la vie de l’Eglise orthodoxe russe.
Qatar
Al Zubarah
La ville côtière fortifiée d’Al Zubarah, sur le golfe Persique, est devenue un centre florissant de
pêche et de commerce des perles au XVIIIe et au début du XIXe siècle, avant d’être détruite et
abandonnée en 1811. Créée par des marchands du Koweït, Al Zubarah entretenait des liens
commerciaux avec l’océan Indien, l’Arabie et l’Asie occidentale. Une couche de sable du désert
a protégé les vestiges de palais, de mosquées, de souks, de maisons à patios, du port et de
ses murs de défense, d’un canal, de murs de protection et de cimetières, ainsi que de huttes de
pêcheurs.
Seule une petite partie du site a été fouillée. Il témoigne de façon remarquable de la tradition
perlière et commerçante qui a fait vivre les villes côtières du golfe persique, amenant le
développement de petits Etats indépendants qui ont prospéré indépendamment de la
domination des empires ottoman, européen et perse, et qui sont les ancêtres des actuels Etats
du golfe.
Emirats
Al Ain
De récentes découvertes faites dans les Monts Hajar permettent de retracer l'histoire des
Émirats arabes unis à l'apparition des premiers hommes dans la région, il y a plus de 7500 ans.
Ces peuples entretenaient déjà des relations avec les civilisations du Nord, qui sont peu à peu
devenues des partenaires commerciaux importants.
En 630, les émissaires de Mahomet arrivent dans la région, et convertissent la population à
l'islam. Les armées islamiques se servent de Julfar (à présent Ras el Khaïmah) comme avantposte pour conquérir l'Iran.
Au XVIe siècle, alors que les grandes puissances européennes se disputent le contrôle de
l'océan Indien,
les Portugais luttent contre les populations arabes de Julfar et d'autres ports dans le Golfe. À
l'intérieur des terres, de grandes familles commencent à prendre le contrôle de différents
émirats. À cause de sa puissance, la famille des Qawasim attire notamment l'attention des
Britanniques, voulant s'assurer le contrôle des routes de commerce.
UAE
Mosquée Al Bidya
La mosquée Al Bidya est la plus vieille mosquée des Emirats, datant probablement du XVe
siècle. Deux tours de guet typiques pour la région surplombent la mosquée.
Tuekménistan
Gonur Depe
Gonur-depe au Turkménistan est le site principal du Complexe archéologique bactro-margien. Il
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s'agit d'une civilisation développée entre la Bactriane et la Margiane de la fin du IIIe au début
du -IIe millénaire (-2300 / -1700).
Des traces d'une ancienne agriculture sont visibles (delta de Mourgaba) et datées du -VIIe
millénaire. Les conditions étaient réunies à l'époque pour la culture céréalière.
Des archéologues ont découvert les ruines de forteresses monumentales et temples
comparables aux constructions d’Assyrie et de Babylone.
La nécropole (dont l'étude anthropologique a porté sur plus de 500 squelettes) découverte date
du -IIIe millénaire (date à laquelle Gonur était la capitale du royaume de la Margiane) et
contient de nombreux objets des ustensiles dans les tombeaux (miroirs, argenterie, poteries en
albâtre).
On trouve également sur ce site de la glyptique, des panneaux de mosaïque endémiques de la
région, et de multiples objets de bronze. Cela laisse présumer de l'essor des échanges entre
anciennes civilisations en Asie centrale à l'époque.
Les fouilles de Gonur Depe ont mis au jour une oasis fortifiée de 30 hectares, qui fut occupée
de -2.400 à -1.400. Il s'agirait de la capitale de la Civilisation de l'Oxus. En ce temps le
paysage alentour était très différent. Prenant sa source dans les hautes montagnes de l'Hindu
Kush, rattachées à la chaîne himalayenne, le fleuve Murghab roulait ses eaux boueuses cent
kilomètres plus au nord qu'aujourd'hui dans le désert. Il achevait sa course en un immense
delta endoréique (qui ne rejoint pas la mer). A la fonte des neiges, chaque printemps ramenait
la crue, rendant possible l'agriculture et la vie.
Gonur Depe ou Tepe, dont on ignore le nom antique, fit peut-être la capitale du royaume de
Markashi (-III / -IIe millénaire) mentionné dans des documents cunéiformes de Mésopotamie.
Sa découverte a permis de mettre en évidence la Civilisation de l'Oxus, dont les archéologues
ignoraient à peu près tout jusqu'aux années 1970. Etablie à l'âge du Bronze, cette civilisation
s'est épanouie dans les provinces de Bactriane et de Margiane. Au pied des montagnes de
l'Hindu Kush, dans le bassin de Oxus, du Murghab et de leurs affluents, elle regroupait des
centaines d'oasis fortifiées aux parentés indéniables.
Turkménistan
Merv
Merv est une ville plusieurs fois millénaire selon le Zend Avesta du prophète iranien
Zarathoustra. Des traditions hindoues et arabes en font "le siège du paradis terrestre".
C'est une ville historique, l'actuelle Mary au Turkménistan et ville-étape de la Route de la soie.
La ville a connu plusieurs refondations au cours d'une histoire millénaire et a connu divers
noms comme "Mourou" à l'époque Achéménide, puis "Alexandrie de Margiane" puis "Antioche
de Margiane" sous les macédoniens.
Ce fut un important évêché du christianisme nestorien entre le VIe et le XIVe siècle. En 651, le
dernier roi perse sassanide, Yazdgard III, fut assassiné à Merv.Merv fut un temps la capitale
des Seldjoukides avant leur avancée vers l'Iran. Omar Khayyam (1048-1131) y séjourna de
1116 à 1118 et s'y consacra à des travaux d'astronomie avant de revenir finir sa vie dans sa
ville natale de Nichapour. Ce fut une ville de haute culture, renommée pour ses dix
bibliothèques, et Yaqout al-Rumi (1179-1229) y resta deux ans, peu avant sa destruction par
les Mongols en 1221.
Afghanistan
Opium
L’Afghanistan est, avant tout, enclavé géographiquement puisqu’il est dépourvu de rivage
maritime et que, dans le contexte régional asiatique, son territoire est très mal desservi par les
grandes voies de communication (les autoroutes, canaux, chemins de fer sont quasiinexistants). Mais cet enclavement n’a pas toujours été synonyme d’isolement géographique :
sa localisation à l’ouest de l’obstacle majeur que constitue la chaîne de l’Himalaya a longtemps
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consacré ce pays en tant que carrefour des célèbres routes de la soie mais aussi celle des
grandes invasions. La découverte et l’utilisation des grandes routes commerciales maritimes à
partir du XVIe siècle sonnèrent le glas de l’Afghanistan en tant que carrefour commercial.
L’importance stratégique de sa localisation a aussi déterminé le rôle d’État tampon que
l’Afghanistan allait jouer lors des rivalités russo-britanniques du "Grand Jeu" au XIXe siècle.
À cet enclavement géographique s’ajoute une tradition afghane de l’isolationnisme politique qui
aggrave la situation du pays. Cette tradition remonte aux origines de l’Afghanistan comme Étatnation avec le roi afghan Abdul Rahman qui, conscient des tentations impérialistes russes et
anglaises sur son pays, accepta les frontières et le rôle d’État tampon de l'Afghanistan entre
l'Empire russe et les Indes britanniques.
Yourtes
Ouzbeks et Turkmènes
Les nomades en sont les principaux utilisateurs. Habitées toute l'année, ces tentes offrent une
bonne résistance au froid et au vent. Les yourtes sont composées d'une charpente en bois
recouverte de feutre et agrémentées de tapis et de tentures. Elles pèsent jusqu'à 450 kilos et
nécessitent une heure de montage pour quatre ou cinq personnes, en Afghanistan on les
trouve au nord et à l'est.
Ghizhdi
Chez les nomades pachtounes, la ghizhdi est une large tente noire en poils de chèvre, tissée
par les femmes du clan. Transportée à dos de chameau, elle est dressée à chaque étape. Avec
deux versions : tendue sur des piquets, comme chez les Ghilzais, ou soutenue par des
arceaux transversaux placés au sommet de poteaux, chez les Durranis. On les trouve dans
l'ouest et le sud.
Qala
La qala s'apparente à une forteresse médiévale. Jusqu'à cent personnes, généralement des
agriculteurs, peuvent vivre derrière cette muraille en brique et pisé, ponctuée de tours de guet
et desservie par une lourde porte. A l'intérieur, le chef de clan, la famille élargie, les ouvtiers
agricoles habitent des maisons en pisé au toit plat.
Ghazni
Ghaznévides
Ghazni, ville d'Afghanistan au sud-ouest de Kaboul, capitale de la province de Ghazni. Ghazni
fut au XIe siècle la capitale de la dynastie des Ghaznévides, dont le plus célèbre est Mahmud
de Ghazna, mécène du grand poète Firdawsi et du savant encyclopédiste al-Biruni. L’Empire
Ghaznavide exista de 962 à 1187 dirigée par une dynastie mamelouke d'origine turque. C'était
un État musulman sunnite qui initialement dirigea le Grand Khorasan (remplaçant ainsi les
Samanides), centré sur l'actuel Afghanistan. Il a été créé par Alp Tigin avec la ville de Ghazna
comme capitale.
Après la bataille de Dandanakan en 1039, l'Empire a perdu ses territoires de l'est au profit des
Seljoukides et a déplacé sa capitale à Lahore, régnant ainsi principalement au Punjab.
Les Ghaznevides furent bientôt éclipsés par les Seljoukides d’Iran.A près leurs pertes de
pouvoir, les Ghaznavides s'installèrent à Ghazni, où – durant des siècles – une nouvelle tribu
évolua, nommé la tribu Ghilzai, mentionnée pour la première fois au XVIe siècle.
Russie
Oural
Arkaïm
Arkaïm est situé dans la steppe au sud de l'Oural, juste au nord de la frontière du Kazakhstan.
Le site est généralement daté du -XVIIe siècle. D'autres datations, remontant jusqu'au -XXe
siècle. Il s'agissait d'une implantation de la culture Sintachta.
Le site était protégé par deux parois circulaires. Il y avait une place centrale, entourée de deux
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cercles de logements séparés par une rue. Il a été construit à partir de la terre tassée dans des
cadres en bois, et renforcé par des briques d'argile non brûlées. L'ensemble des lieux est
entouré d'un fossé de 2 m de profondeur.
Il y a quatre entrées différentes perçant la paroi extérieure et intérieure avec une entrée
principale à l'ouest. Les habitations disposaient d'une surface de 110-180 m2. L'anneau
extérieur comprend 39 ou 40 logements, avec des ouvertures donnant sur une rue circulaire
qui fait le tour des lieux. L'anneau intérieur comprend 27 logements, disposés le long de la
paroi interne, avec des portes ouvrant sur la place centrale carrée de 25 par 27 m. La rue
centrale est drainée par un canal couvert. Zdanovitch estime qu'environ 1 500 à 2 500
personnes pourraient avoir vécu dans la colonie.
La date du -XVIIe siècle suggère que l'établissement de cette colonie était contemporain, ou
bien a suivi de peu, la migration indo-aryenne en Asie du Sud et en Mésopotamie (la culture
Gandhara figurant dans le nord du Pakistan à partir de 1600 av. J.-C., les dirigeants IndoEuropéens Mitanni atteignant l'Anatolie en -1500, les deux étant à peu près distantes de 3 000
km de la zone du Sintachta-Petrovka), et que c'était soit les débuts d'une culture iranienne, ou
bien encore une branche indo-iranienne inconnue qui n'a pas survécu à son histoire.
Depuis sa découverte, Arkaïm a éveillé l'attention d'une large portion du public et des médias
en Russie, y compris des organisations ésotériques, New Age et pseudo scientifiques. On a pu
dire qu'il s'agissait du plus énigmatique des sites archéologiques sur tout le territoire russe, et,
comme pour de nombreuses découvertes archéologiques, un certain nombre d'interprétations
contradictoires ont été avancées.
Japon
Yonaguni
La structure sous-marine de Yonaguni est une formation gréseuse sous-marine située dans les
eaux claires de la pointe d’Arakawa, à l’extrémité sud de l’île Yonaguni dans l’archipel japonais
Ryukyu. Cette île sous-marine fait l'objet de débats scientifiques car elle pourrait être le vestige
d'une cité préhistorique. La structure est constituée d’immenses plates-formes interrompues
par des failles formant de grandes marches angulaires séparées par des parois à l’apparence
lisse. La structure mesure plus ou moins 75 mètres de long et 25 mètres de haut. En raison de
son apparence lisse, peu érodée et peu colonisée par la vie marine, certains auteurs estiment
qu’elle pourrait être artificielle et très ancienne.Selon le point de vue qu’il pourrait s’agir d’un
monument ou ville préhistorique, le site de Yonaguni de 28 km2 aurait été délibérément
construit ou modifié au cours de la dernière glaciation, lorsque le niveau de la mer était
beaucoup plus bas qu’aujourd’hui. Il serait alors âgé de plus de 10.000 ans. Robert Schoch
estime qu'il s'agit d'un site naturel mais qu'il existe une possibilité que le site ait pu être modifié
d'une certaine façon par l'homme, notamment en servant de carrière.
Teruaki Ishii, professeur de Géologie à l’université de Tokyo affirme que le monument de
Yonaguni remonte à au moins -8000, époque où les terres sur lesquelles le site a été construit
ont été submergées, à la fin du dernier âge glaciaire.
La concentration d'autant de formations rocheuses singulières dans un si petit espace est
hautement improbable et l'existence d'une tradition ancienne du travail de la pierre a Yonaguni
et dans les autres îles des Ryukyu, comme certaines tombes anciennes et habitations, ont
conduit Gary et Cecilia Hagland et Tom Holden, le professeur Sean Kingsley, archéologue
sous-marin ainsi que de nombreuses personnes, des photographes et des plongeurs et
certains chercheurs, à penser le site de Yonaguni comme d'origine humaine.
Indonésie
Sulawesie
Toraja
L'opinion la plus répandue oppose les Toraja à leurs voisins Bugis. Sur le plan linguistique, la
langue la plus proche du bugis est le toraja. Sur le plan des croyances, on trouve des
similitudes dans les mythes des origines des deux populations, à savoir que leurs ancêtres, soit
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sont descendus du “monde supérieur”, soit sont montés depuis le “monde inférieur” pour mettre
de l'ordre sur terre.
Toutefois, un autre mythe toraja raconte que leurs ancêtres sont venus d'au-delà des mers pour
venir s’installer dans leur terre actuelle en remontant la rivière Sa'dang (ou Saddang). Ce
deuxième récit traduit peut-être une certaine réalité concernant l'origine des classes
dominantes, non seulement toraja mais aussi bugis, makassar et mandar.
Isolés dans leurs montagnes, les Toraja sont longtemps restés à l'écart des grands courants
d'échanges maritimes et commerciaux qui ont permis la diffusion de l'Islam dans l'archipel
indonésien. À la fin du XIXe siècle, les Hollandais s’inquiètent de plus en plus de la diffusion de
l'Islam dans le sud de Célèbes, notamment parmi les Bugis et les Makassar.
Sumatra
Mentawai
Les Mentawais n'habitent pas exactement dans un village mais dans une maison collective,
l'uma. C’est aussi un refuge spirituel où les vivants peuvent prier et communier avec leurs
ancêtres. Pour les jeunes apprentis, ils sont formés à la vie en harmonie avec la forêt et
finalement, initiés à l’art du Mentawai. Les enfants commencent à utiliser la machette à l'âge de
4 ans.
Les Mentawais n'habitent pas exactement dans un village mais dans une maison collective,
l'uma. C’est aussi un refuge spirituel où les vivants peuvent prier et communier avec leurs
ancêtres. Pour les jeunes apprentis, ils sont formés à la vie en harmonie avec la forêt et
finalement, initiés à l’art du Mentawai. Les enfants commencent à utiliser la machette à l'âge de
4 ans.
Les familles dorment dans l'uma, la maison collective ou tout le monde vit en communauté.
Il existe aussi des "sapo", de petites maisons individuelles, officiellement pour la chasse et
l'entretien de la forêt. Officieusement, c'est un endroit ou l'homme et la femme se retirent de
leurs umas pour rester ensemble et partager un peu d'intimité.
Dans leur village, il n'y a pas de chef, mais un guide, le chaman.
Ils se tatouent le corps des pieds à la tête. Les tatouages, très impressionnants par leur taille et
leur apparence guerrière, ont plusieurs explications :
La première est liée à leurs croyances animistes. Ils croient que tout objet est animé et possède
une âme capable de sortir de son enveloppe matérielle. Pour empêcher que l'âme ne parte (ce
qui donnerait des maladies et la mort), ils se décorent la peau. Le tatouage vient de cette
croyance : il sert à préserver intacte l'âme de l'individu.
La seconde fonction est d'indiquer l'identité, le clan et à quelle famille appartient l'individu grâce
à des symboles (ex : la lune, le soleil...) qui déterminent l'appartenance à une famille.
Les tatouages ont une troisième explication. Ils remplacent leurs vêtements et ils paraissent
protéger les humains.
Les Mentawai (ou encore Mentawei, Mentawaï ou Mentawi) sont la population autochtone des
îles Mentawai située au large de la côte ouest de la province de Sumatra occidental en
Indonésie. On les appelle aussi "hommes-fleurs" car, pour eux, la beauté est une chose
essentielle.
Mentawai, la terre des derniers Mentawais, c'est aussi le Paradis du surf, ils viennent du monde
entier pour chevaucher les vagues. Il faut dire que le cadre est idyllique. Mais on se rappelle
aussi le tsunami du 26 décembre 2004. La même région a été affectée par un nouveau
tremblement de terre le 28 mars 2005.
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Les Nomades de la mer
- Les Bajau des côtes d'Indonésie, de Malaisie Orientale (Bornéo) et des Philippines. On inclut
parfois dans les Bajau des populations de même mode de vie mais de langue makassar et
bugis de Sulawesi du Sud.
- Les Moken ou Selung du sud de la Birmanie et de la Thaïlande.
- Les Orang Laut, "gens de la mer" de Malaisie et d'Indonésie.
- Les Urak Lawoi' de Thailande.
Les Moken de Birmanie (îles Mergui) et de Thaïlande (îles Surin) sont un peuple nomade
maritime d'Asie du Sud-Est. Il ne faut pas les confondre avec les Moklen du littoral et des îles
voisines, dont le mode de vie est semi-sédentaire. Les Moken se désignent eux-mêmes par ce
nom, dont l'origine est attribuée à des faits épiques conservés dans leur littérature orale.
Avec les Orang Laut d'Indonésie, les Urak Lawoi et les Moklen de Thailande et les Bajau
d'Indonésie, de Malaisie et des Philippines, les Moken font partie d'un ensemble plus vaste
qu'on appelle "nomades de la mer".
Nomades de la Mer
Les Bajau Laut (Laut = mer) sont parmi les derniers pêcheurs itinérants à naviguer entre
Malaisie, Indonésie et Philippines. Mais la pénurie de poisson et la piraterie les contraignent à
s'installer sur les côtes.
Les Bajau Laut, tributaire de la mer, de la pêche, de la mousson, ont une relation singulière
avec le temps. Leur calendrier est celui des cycles lunaires. La liberté de voyager assure leur
survie, fonde leur rapport au monde.
Leurs récits traditionnels font allusion à un tsunami.
C'est sur des pirogues monoxyles (sculptées dans un seul tronc) que les enfants gagnent les
embarcations de leurs copains, quand les Badjau Laut font escale.
Les Moken ne sont pas tous reconnus comme citoyens thaïlandais. Ceci les exclut du système
éducatif, et leur interdit de posséder des terres. Ils pratiquent l'animisme et leurs chamanes
possèdent une riche pharmacopée traditionnelle.
Myanmar - Birmanie
Des arguments archéologiques montrent que l'Homo erectus vivait dans la région il y a 400.000
ans. La première évidence de la présence d'Homo sapiens est datée d'environ -11.000, à l'Age
de pierre dans le cadre de la culture appelée Anyathian marquée par la découverte d'outils de
pierre dans le centre de la Birmanie.
Les preuves de la domestication des plantes et des animaux au Néolithique et l'utilisation
d'outils en pierre polies entre -10.000 et -6.000 ont été découvertes avec des peintures murales
dans des grottes près de la ville de Taunggyi.
L'occupation humaine de la région remonte donc au moins à 11.000 ans. La première
civilisation connue est celle des Môns, arrivés dans la région vers le -IIIe millénaire. Mélangeant
leur culture et celle de l'Inde, ils dominent le sud du pays du VIe jusque vers le milieu du IXe
siècle (culture de Dvaravati). C'est de cette époque que datent les débuts du bouddhisme en
Birmanie. Les Môns sont refoulés vers le sud par les Pyus, descendus du nord vers le VIIe
siècle, qui établissent plusieurs cités-états dans le centre du pays. Durant cette période, la
Birmanie est sur la route commerciale entre la Chine et l'Inde.
Lac Inle
Intha signifie les "Fils du Lac". La population actuelle est une mosaïque d'ethnies. Les Intha
seraient arrivés à Inle vers le XIIIe siècle vers 1359. Ils auraient suivi le roi Alaungsitu, originaire
de Pagan et bâtisseur de l'Union birmane. Tisserands, forgerons ou artisans inégalés dans la
construction des pirogues et des maisons sur pilotis, ils excellent aussi à la pêche au trident, au
filet, à l'épervier ou à la nasse.
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Mogok
Mogok est célèbre depuis plusieurs siècles pour ses pierres précieuses, particulièrement les
rubis et saphirs, mais on y trouve aussi des pierres semi-précieuses comme le lapis-lazuli, le
grenat, la pierre de Lune, le péridot et le chrysobéryl.
Les gemmes sont récoltées dans des graviers alluvionnaires provenant des calcaires
métamorphisés en marbre de la ceinture métamorphique de Mogok.
90 % des rubis mondiaux viennent de Birmanie : leur pureté et leur éclat sont renommés. À
Mogok, on trouve notamment les rares rubis "sang-de-pigeon".
L'exploitation, peu mécanisée, se fait à la batée et en construisant des tunnels et des puits à la
main. Les conditions de travail y sont réputées horribles.
A lire sur le sujet : La Vallée des Rubis de Joseph Kessel. Première parution en 1955 !
Népal
Katmandou
Entre +400 et +750, la capitale actuelle du Népal, Katmandou, était dirigée par la dynastie des
Licchavi. Les vestiges archéologiques de cette période consistent principalement en des
inscriptions sur pierre, datées de deux époques consécutives. La plus ancienne, l'époque
Asaka, date de +78, tandis que la seconde, Amshuvarma, date de +576.
Bien que la plupart des inscriptions indiquent les dates et commissaires des constructions en
pierre, certaines transmettent des édits royaux, des mantras religieux ou des notes historiques.
C'est grâce à la corroboration entre les mythes locaux et ces découvertes archéologiques qu'un
peuple antérieur aux Licchavi a été identifié, connu sous le nom de Kirata.
Selon les chroniques locales, la ville de Katmandou aurait été fondée au Xe siècle par le roi
Gunakamadeva. La structure actuelle de la ville remonte au XVIe siècle.
Katmandou eut, en Europe, une période de grande célébrité. Dans les années 1960 - 70, elle
était la destination favorite des hippies qui faisaient la route de Katmandou.
La ville de Katmandou est nommée ainsi d'après un édifice situé à Durbar Square appelé
Kaasthamandap d'après le sanskrit, Kaasth, "bois" et Mandap, "refuge abrité". Cet unique
temple connu aussi sous le nom de Maru Satal, fut construit en 1596 par le roi Laxmi Narsingh
Malla. L'édifice entier ne contient ni clou en fer, ni aucun support. Il est entièrement construit en
bois.
Les Kirats sont les premiers souverains connus de la vallée de Katmandou. Les vestiges de
leur palais seraient à Patan près de Hiranyavarna Mahavihara (appelé Patukodon). La dynastie
Licchavi dont les plus anciennes inscriptions datent d'avant l'an +464 succéda aux Kirats ; elle
avait des liens étroits avec la dynastie indienne Gupta.
Patan - Lalitpur
A ne pas confondre avec Patan en Inde.
Patan (Lalitpur) est une ville du Népal située dans le district de Lalitpur. Ancienne ville royale,
autrefois capitale et ville d'art, Lalitpur (la Cité de la Beauté) est située à 6 kilomètres au sud du
centre de Katmandou.
Patan était auparavant un grand centre d'enseignement bouddhique, comme en témoignent les
nombreux monastères éparpillés dans la ville.
Lalitpur fut choisie par l'empereur Ashoka, qui serait le fondateur de la cité, pour y élever l'un
des quatre grands stupas qui la ceinturent, situés aux points cardinaux, et serait de ce fait la
ville bouddhique la plus ancienne d'Asie. Le centre ville, constitué par la place du Darbar,
Durbar Square (comme à Katmandou et Bhaktapur).
Bhaktapur
Bhaktapur - de bhakta, dévot et pura, la ville - ou Bhadgaon - ou encore Khwopa en newari est une ville du Népal située dans la zone de la Bagmati, à 13 kilomètres à l'est de
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Kathmandou et à 1.401 mètres d'altitude. La ville fut fondée par le roi Ananda Deva Malla au
XIIe siècle. Initialement, elle aurait été édifiée selon un plan en forme de conque, et sous le
nom de Khwopa, pour devenir la capitale des râjas Malla qui succédèrent à la dynastie des
Thakuri.
Jusqu'au XVIe siècle, Bhaktapur a dominé politiquement et économiquement tout le Népal. Elle
a maintenu cette position jusqu'à la conquête gorkha en 1769. Depuis ce temps, Bhaktapur a
toujours constitué un monde à part, avec une autarcie économique mais aussi une féroce
indépendance. Les quartiers (toles) s'articulent autour d'une place centrale avec un puits ou
une source publique et des autels religieux attitrés. Ces toles servent également à protéger les
produits des récoltes. grands stupas qui la ceinturent, situés aux points cardinaux, et serait de
ce fait la ville bouddhique la plus ancienne d'Asie. Le centre ville, constitué par la place du
Darbar, Durbar Square (comme à Katmandou et Bhaktapur)
Rajis - Chasseurs de Miel
Les Raj (Rajis)est un peuple vivant dans les moyennes et hautes montagnes de l'est du Népal
et dans les terres d'émigration que forment la plaine du Terai, le Sikkim, le district de Darjeeling
et l'Assam. Ils font partie, avec les Sunuwars et les Limbu, de l'ensemble ethnique appelé
Kirant ou Kirat. Ceux qui vivent en haute montagne pratiquent la chasse au miel.
Avant de commencer à monter, des feux sont allumés pour faire sortir les abeilles de leurs
ruches à flanc de montagne. Et des prières sont récitées.
Les abeilles s'échappent et le piquent aux bras, aux mains et au visage, mais celui-ci ne fait
aucun geste pour les chasser. Pourtant, les abeilles du Népal sont les plus grandes de la
planète, et produisent donc un plus grand ouvrage, mais leur taille est aussi en rapport avec la
quantité de venin.
Léopard
Le léopard indien (Panthera pardus fusca) est une sous-espèce de léopard dont l'aire de
répartition couvre l'Inde, le Népal et le Bangladesh. Les individus mélaniques (panthère noire)
sont notamment plus nombreux. Ses proies sont principalement des chitals dans la péninsule
indienne et de muntjacs au Népal.
Le léopard indien cohabite avec le tigre : on observe notamment que lorsque le tigre est
présent, les léopards sont moins nombreux et de plus petite taille, en effet les léopards se
rabattent alors sur du plus petit gibier pour ne pas entrer en compétition avec le plus gros félin.
Léopard des Neiges
Les léopards des neiges vivent dans les montagnes de l’Asie centrale, en Afghanistan, au
Bhoutan, en Chine, en Inde, au Kazakhstan, au Kirghizistan, en Mongolie, au Népal, au
Pakistan, en Russie, au Tadjikistan et en Ouzbékistan.
L’aire de distribution du léopard des neiges couvre deux millions de kilomètres carrés, soit la
superficie du Groenland ou du Mexique, mais elle s’étend sur 12 pays. Environ 60% de l’habitat
du léopard des neiges se trouve en Chine. Ce félin a déjà disparu de zones où il vivait autrefois,
comme certaines régions de Mongolie.
Pakistan
Kalash
Les Kalash du Chitral forment un peuple du Pakistan septentrional parlant le kalashamon, une
langue indo-aryenne, et encore polythéiste. Plus de 100.000 au XIXe siècle, ils ne sont plus
que de 3.000 à 6.000 individus. La culture Kalash a été jusqu'ici préservée grâce à l'isolement
et au strict respect des traditions (les ethnologues estiment que leurs croyances n'ont que très
peu évolué depuis 2.300 ans), cependant ils se convertissent peu à peu à l'islam.
Ils ne vivent plus que dans trois vallées du Pakistan, Bumboret, Rumbur, et Birir. Il n'y a pas
actuellement de rapport entre les Kalash du Pakistan et ceux d'Afghanistan.
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Les hommes s'en vont sur les pâturages d'altitude avec leurs troupeaux tandis que les femmes
cultivent les champs, dans les vallées, près de leurs villages. Cette société est fortement
patriarcale, les valeurs viriles étant exacerbées. Elle était patrilinéaire.
La fête la plus importante est la fête de Joshi au mois de mai qui annonce les premières
transhumances. Les Kalash sont également réputés pour leurs fêtes de solstice, durant
plusieurs jours et incluant des sacrifices animaux.
L'histoire de Chitral débute avec l'arrivée des Tibétains au VIIIe siècle, suivis par les Chinois en
750 qui seront défaits par les Arabes qui convertissent une partie des populations à l'Islam.
Les Kalash païens arrivent dans la région dont ils se rendent en grande partie maîtres vers le
XIe siècle.
Région de culture du cannabis donnant un haschich presque noir d'une grande qualité.
Les forts du Pakistan
Ranikot
Ce fort est une énigme complète car aucune trace de sa construction n'a été laissée, personne
ne sait par qui il a été édifié et surtout pourquoi il a été construit dans une région déserte.
Ce fort est une structure colossale qui est visible a plusieurs kilomètres dans le désert.
Eloigné de toutes les villes anciennes de la région, on ne trouve aucune trace d'occupation ou
de vie de quelque époque que ce soit aux alentours.
Ses remparts parcourent plus de 20 kilomètres à travers les collines du désert, imposant une
hauteur de 6 à 10 mètres selon les endroits sur le tracé de la muraille.
Les estimations des scientifiques sur la période de construction sont différentes pour chaque
chercheur s'étant penché sur la question.
Certains l'attribuent aux arabes ou abbassides (Imran Bin Musa Barmaki) vers l'an 800,
d'autres parlent des grecs ou des perses, d'autres encore pensent aux sassanides, et enfin
certains y voient l'œuvre de la dynastie achéménide vers - 500. D'autres encore pointent vers
le XVIIe siècle, date qui est plutôt celle de sa restauration par Mir Karam Ali Khan Talpur et son
frère Mir Murad Ali (1812).
Forteresse Altit
Altit est un ancien fort près de Karimabad dans la vallée de la Hunza au Baltistan. Résidence
des Mirs de la Hunza, la tour de la forteresse a 1.100 ans. On dit que le peuple d'Altit sont les
descendants des Huns Blancs, l'ancien nom d'Altit étant Hunukushal "Village des Huns". Ils
seraient venus de la vallée Huang-Ho en Chine. Le fort a été restauré par la Fondation Agha
Khan.
Dans le passé plusieurs petits Etats indépendants font partie de l'histoire des régions du Nord
du Pakistan. Parmi eux Hunza et Nager étaient des Etats rivaux traditionnels, situés sur les
côtés opposés de la rivière Hunza (Kanjut).
Selon les sources historiques, les dirigeants Hunza initialement résidaient à proximité d'Altit
Fort, mais après un conflit entre les deux fils du Sultan, Shah Abbas (Shaboos) et Ali Khan
(Aliqhan), Shaboos c'est déplacé vers Baltit Fort, faisant le siège de capitale de Hunza. La lutte
de pouvoir entre les deux frères a finalement abouti à la mort de plus jeune, et ainsi de Baltit
Fort devint le siège principal de la puissance à l'état Hunza.
Forteresse Baltit
Baltit Fort ou Fort Balti est un ancien fort dans la vallée de Hunza proche de celui d'Altit. La
survie du régime féodal de Hunza a été assurée par l'impressionnant Baltit fort, qui surplombe
Karimabad. Les fondations de la forteresse remontent à 700 ans, avec des reconstructions et
des modifications au cours des siècles. Au XVIe siècle, le prince local a épousé une princesse
du Baltistan qui a apporté maître Balti artisans pour rénover le bâtiment dans le cadre de sa
dote. Le style architectural est une indication claire de bouddhiste tibétaine influence dans
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Baltistan à l'époque.
La structure de Baltit Fort a été influencée par l'architecture du Ladakh (Tibet), avec une
certaine ressemblance avec le Palais du Potala à Lhassa. Puis ajouts, les rénovations et les
modifications apportées à l'immeuble ont été déployés à travers les siècles par une longue
lignée de suivre dirigeants de Hunza.
Accueil de nombreux anciens forts, les régions du Nord du Pakistan a perdu une partie de son
patrimoine autour du XIXe siècle à la suite d'attaques du Maharaja du Cachemire.
Opium
Facilité par les ethnies qui, de part et d’autre, rendent poreuse la frontière. Les seigneurs de la
guerre présents dans le gouvernement prélèvent au passage des impôts qui les enrichissent et
permettent l’entretien d’une clientèle et d’une milice, dont le nombre nargue la chiche armée
comme la petite police nationale.
Malgré la présence des États-Unis et de leurs alliés, ce vaste réseau économique, fait
d’alliances familiales, tribales et religieuses, se moque des frontières entre l’Afghanistan, le
Pakistan et l’Iran et constitue des "ethnies-relais" qui prennent en charge le trafic illégal de
drogue.
Les chefs tribaux n’ont d’ailleurs qu’une fidélité de façade envers ce gouvernement de Kaboul,
ils sont la plupart du temps mus par l’appât du gain, par l’ambition ou parce qu’ils sont obligés
de jouer le jeu imposé par les troupes alliées.
L'Afghanistan est également le premier producteur de haschich, la résine de cannabis avec,
selon un rapport publié mars 2010, entre 1.500 et 3.000 tonnes par an.
Le rendement par hectare des récoltes afghanes est supérieur à la moyenne avec 145 kilos par
hectare de haschich contre 40 pour le Maroc.
Le cannabis est cultivé à grande échelle dans la moitié des 34 provinces afghanes mais entre
2005 et 2010, la production de cannabis est également descendue du nord au sud de
l'Afghanistan. Comme l'opium, la culture du cannabis est maintenant concentrée dans les
régions instables.
Il est moins cher à cultiver, plus facile à récolter et à transformer mais la culture de l'opium
continue d'être préférée à celle du cannabis en Afghanistan car le cannabis se conserve moins
longtemps et se récolte en été, lorsque moins d'eau est disponible pour l'irrigation.
Facilité par les ethnies qui, de part et d’autre, rendent poreuse la frontière. Les seigneurs de la
guerre présents dans le gouvernement prélèvent au passage des impôts qui les enrichissent et
permettent l’entretien d’une clientèle et d’une milice, dont le nombre nargue la chiche armée
comme la petite police nationale.
Alaska - Canada - Groenland
Culture de Thulé
La culture de Dorset descend de la culture de pré-Dorset, qui a été la première culture paléoeskimo à s'établir dans l'arctique canadien. Cette population a traversé le détroit de Béring vers
-2.000, et s'implantent au Groenland vers -800. Ils seront évincés par les Thuléens entre le XI
et le XIIIe siècle. Les peuples de la culture de Thulé sont les ancêtres de tous les Inuits du
Canada actuel. Ils sont arrivés en Alaska autour de +500, au Nunavut (Canada) en +1.000 et
un groupe émigra ensuite vers le Groenland aux +XIIIe siècle.
Ils doivent le nom de Thulé à la localité du même nom au Groenland, où des restes
archéologiques ont été trouvés pour la première fois. Les liens entre la culture de Thulé et les
Inuits sont à la fois biologiques, culturels et linguistiques. Les campements d'hiver étaient en
général composés d'une à quatre maisons comptant environ dix habitants. Elles étaient bâties
avec des os de baleines.
Culture de Thulé au Groenland
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Ils ont remplacé la culture de Dorset au +XIIIe siècle.
La culture de Thulé a été en contact avec les Vikings avant que ces derniers ne disparaissent
du Groenland.
Roumanie - Daces - Sarmizegetusa
Sarmizegetusa est un ensemble assez complexe de zones à fonctions différentes : cultuelles,
défensives, d'habitation. Des redoutes bâties dans les montagnes alentour, avec lesquelles elle
communiquait par des
chemins de montagne, ont été multipliées au fil du temps pour résister à l'attaque des Romains,
qui voulaient à la fois mettre fin aux expéditions de pillage des Daces sur l'Empire, et s'emparer
de l'or et du sel transylvains.
La cité avait une fonction militaire, spirituelle et politique, et comportait plusieurs zones sacrées,
dont celle du calendrier permettant d'ordonnancer les cultes et le rythme des travaux : la
religion des Daces, proche de l'Orphisme, était un culte à mystères relié aux phénomènes
naturels.
Construite en haut d'un rocher de 1 200 m de hauteur, Sarmizégétuse comportait 6 citadelles.
La forteresse principale était faite de
quatre parties en pierre massive et occupait cinq terrasses, sur une superficie de 30 000 m².
Après la conquête romaine, la capitale de la province Dacia Felix fut transférée à Ulpia Traiana
Sarmizegetusa,
située à côté de l'actuelle ville de Hateg (à une distance de 40 km de l'ancienne cité de
Sarmizegetusa).
L'organisation spatiale de l'ensemble reflète celle de la société dace. Celle-ci illustre la "trilogie
indo-européenne"
définie par Dumézil : les Daces sont gouvernés par des dynasties de rois-prêtres (Polistes)
entourés de cavaliers
aristocrates (Tarabostes) et de paysans guerriers (Comates). Les zones centrales de
Sarmiségetuse et notamment les alentours du calendrier sont occupées par les Polistes, sortes
de druides qui, pour marquer leur appartenance, se couvrent la tête d'un bonnet de feutre
blanc.
Afghanistan - Bamiyan
Un grand flou entoure les dates de construction de ces bouddhas. Les
archéologues sont très prudents à ce sujet. Ils estiment que ces statues
colossales et l'ensemble des travaux sur le site ont été réalisées entre
300 et 700. Ces statues étaient taillées directement dans les falaises de grès, mais les détails
avaient été modelés dans un mélange de boue et de paille,
puis enduits de stuc.
Situé sur la route de la soie reliant la Chine et l'Inde au monde occidental, Bâmiyân se
développa comme un centre religieux comportant plusieurs monastères bouddhistes. Ce centre
majeur, l'un des plus importants du IIe siècle jusqu'à l'apparition de l'islam dans la vallée, à la fin
du IXe siècle, accueillait moines et ermites qui
résidaient dans de petites cavernes creusées dans la paroi des falaises
tout au long de la vallée de Bâmiyân.
En 2001, après avoir survécu relativement épargnées durant plus de quinze siècles, avoir
assisté à la destruction de la ville de Bâmiyân par les Mongols de Genghis Khan en 1221, avoir
subi l'occupation russe, les statues sont décrétées idolâtres par Mohammed Omar et les
talibans les détruisent au moyen d'explosifs et de tirs d'artillerie.
Selon l'ambassadeur afghan au Pakistan de l'époque, Abdul Salam Zaïf (en), le Japon est le
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pays qui a le plus fait pression pour tenter d'empêcher la démolition des statues. Une
délégation officielle japonaise accompagnée d'un
groupe de bouddhistes sri lankais a proposé de recouvrir les statues, et même de les démonter
pour les reconstruire pièce par pièce à l'étranger, ce que les talibans ont refusé.
Turquie - Çatal Höyük
Çatal Höyük est une ville datant du Néolithique et est donc l'une des plus anciennes
agglomérations au monde.
Située dans l'actuelle Turquie, en Anatolie centrale, dans la plaine de Konya, sur les bords de
la rivière Çarşamba, c'est l'un des plus grands sites du Néolithique du Proche-Orient. Fondé
vers -7000, Çatal Höyük devient un centre important seulement entre -6500 et -5700. La ville
est dotée d'une organisation et d'une culture élaborées.Elle recèle des sanctuaires avec des
peintures murales, des figurines et des sépultures, témoignant d'une vie religieuse complexe.
À l'extérieur, la ville présente un mur sans ouverture, protecteur contre les inondations et les
ennemis potentiels. Contrairement à ce qui est observé sur le site de Jéricho, entouré d'une
enceinte haute de 4 m, les murs des maisons situées en bordure de la ville sont aveugles et
tiennent lieu de rempart. Les maisons sont réalisées en briques crues, recouvertes d'une
épaisse couche de plâtre. Elles sont adossées les unes aux autres, couvertes de toits en
terrasse et communiquent entre elles par des cours intérieures.
Les groupes de maisons rectangulaires sont disposés selon un plan en forme de nid d'abeille,
chaque bloc d'habitation étant séparé des autres par des cours aux formes irrégulières.
En l'absence de textes spécifiques, on ne peut que constater l'existence de traits
caractéristiques principaux :
• société inégalitaire avec des sépultures riches et pauvres
• économie fondée essentiellement sur l'agriculture et l'élevage
• pratique d'un commerce à longue distance
• présence d'armes, d'enceintes et de systèmes défensifs.
Du fait de l'absence de rue, les habitations sont seulement accessibles par une ouverture
pratiquée dans le toit et des échelles de bois aboutissant au coin cuisine. Elles comprennent
généralement une pièce commune de 20 à 25 m2 et des pièces annexes. La pièce principale
dispose de bancs et de plates-formes pour s'asseoir et dormir, d'un foyer rectangulaire
surélevé et d'un four à pain voûté.
Tunisie
Tunis - Byrsa - Carthage
Carthage est fondée par des colons phéniciens de Tyr en -814. D'ailleurs, le nom de Carthage
provient du phénicien Qart-Hadast ou QRT.HDŠT, qui signifie "Nouvelle ville" et qui pourrait
faire penser à "Nouvelle Tyr". D'après la légende, ce serait la reine Didon ou Élyssa, sœur du
roi de Tyr, Pygmalion, qui fonda la cité. La reine aurait demandé au souverain voisin, Hiarbas,
un roi berbère, l'autorisation de fonder un royaume sur ses terres. La ville devient une
puissance dominante en Méditerranée occidentale au -IVe siècle.
Toute la ville archaïque s’est développée entre la mer et la colline alors que le sud de la colline
a vu apparaître une nécropole à l’époque archaïque. Des ateliers métallurgiques du IIIe siècle
ont pu y être reconnus. Un quartier d’habitat tardif a été installé sur le flan de la colline au
début du IIe siècle. La Troisième Guerre punique aboutit à la chute de la cité punique. La ville
devient une puissance dominante en Méditerranée occidentale au -IVe siècle. Les Carthaginois
pratiquaient un culte polythéiste originaire du Moyen-Orient. Ils vénéraient en particulier Baal et
Tanit.
Après la destruction de -146, la cité est reconstruite par les vainqueurs et rebaptisée Colonia
Iulia Karthago.
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Les thermes d'Antonin furent édifiés en bord de mer après un grand incendie qui ravagea la
cité au IIe siècle, plus précisément entre 145 et 162.
De l'amphithéâtre d'une capacité de 30.000 personnes ne demeure que l'arène, le reste ayant
disparu en raison des pilleurs de monuments qui ont sévi à Carthage pendant plus d'un
millénaire.
Tunisie
Tataouine
L'oasis de Tataouine est d'abord un simple relais sur la route des caravanes entre Gabès d'une
part et le Fezzan et le Soudan d'autre part. Connue comme la "porte du désert", son nom
signifie "source d'eau" en berbère : tittawen est en effet le pluriel du vocable berbère tît qui
signifie "source", le terme Foum qui lui était adjoint signifiant "bouche" en arabe.
L'occupation de la région est ancienne : plusieurs vestiges néolithiques et protohistoriques
(aussi sur les sites archéologiques de Ghomrassen et du Djebel Nekrif), puniques et romains
ont été trouvés sur place.
Un mythe raconté par les habitants de Ghomrassen indique que le nom de la ville viendrait de
deux mots, Ghom Rassi, prononcé par l'un des sept frères venus de la région de Seguia elHamra (nord du Sahara occidental marocain) au XVe siècle pour peupler le sud-est de la
Tunisie et issus de la confédération de Werguemma. Ce frère se serait installé à l'emplacement
de la future Ghomrassen qu'il a fondé par la suite tandis que ses frères se sont dispersés dans
le sud-est du pays pour constituer les principaux groupes des habitants de la région : Wederni
et Jlidi ont fondé Tataouine, Touzni Médenine et Ben Gardane, Houioui Beni Khedache et
Khzouli Oum Ettemr. Enfin, Tarhouniest parti en Libye et il a fondé la ville de Tarhounah.
À proximité de Ghomrassen, on peut toujours observer des traces préhistoriques dans des
grottes ornées de peintures rupestres datant du Néolithique.
Tunisie
Toujane
Entre Médenine et Matmata, le village de Toujane, surplombé par les ruines d’un ksar, est
habité par des berbères. Ce village est constitué de maisons de pierres sèches dont les
nombreuses terrasses offrent un panorama à couper le souffle sur la plaine qui s'étire vers la
mer.
Tunisie
Nefta
La ville était jadis une cité numide puis romaine et enfin arabe où elle devient un haut lieu du
soufisme. La confrérie soufie de la Qadiriyya, à laquelle Isabelle Eberhardt était affiliée, est
connue dans tout le Maghreb. L'influence de ce courant religieux reste présente jusqu'à nos
jours. La ville abrite également une centaine de marabouts dont le célèbre Sidi Bou Ali qui la
libéra des musulmans ibadites et la convertit à l'islam sunnite au XIIIe siècle. Il fonde une
confrérie religieuse influente, un pèlerinage étant organisé annuellement autour de la zaouïa de
ce saint.
L'architecture des maisons de Nefta est propre à la région du Djérid : tout comme à Tozeur, les
murs sont constitués de briques cuites de couleur ocre. Les toits ainsi que les portes des
maisons sont fabriqués à partir de bois de palmier. Nefta ou ses environs ont accueilli un
nombre important de cinéastes. Y ont été tournés des séquences de films tels que Le Patient
anglais, dans les rues de la ville, et le célèbre Star Wars, dans le désert non loin de là.
Histoire
Tous les Igoudar, ou presque, ont dans leurs environs, ou à l'intérieur même, des sites de
gravures rupestres et / ou de tumulus, on peut donc supposer que les Igoudar sont
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l'aboutissement d'une très longue histoire. Remarquez que toutes les anciennes cultures
d'Afrique du Nord témoignent d'une même symbolique, preuve q'aux temps préhistoriques il y
avait beaucoup d'unité culturelle parmi les peuples.
On ne sait rien sur les origines, la première forme de stockage utilisée s'est faite dans des
cavernes, souvent creusées dans des falaises auxquelles on accède par des cordes ou des
troncs. Ces cavernes peuvent prendre la forme de grottes en lignes superposées sous forme
d'alvéoles (Salima Naji et Jacques-Meunié).
Exemples : Agadir Meherz et Id Aïssa, très anciens greniers de site à cases de caverne et
accompagnée par des ruchers.
Parlant du grenier Aguelluy, Salima Naji rapporte des informations qui permettent de fixer la
date de sa fondation au Xe siècle. Les Igoudar sous leur forme actuelle constituent
l'aboutissement d'une évolution dans le temps et dans l'espace, mais dont on ignore
totalement le point de départ. Montagne écrit que l'Agadir "est sans doute une survivance
plusieurs fois millénaire du temps où toutes les tribus du sud du Maroc menaient une
existence nomade. Il parle des greniers de falaise comme les ancêtres actuels et qu'ils datent
de l'époque pré islamique.
Les sources écrites
L'archéologie antique au Maghreb s'est intéressée aux civilisations phénicienne, punique,
romaine et byzantine. Une archéologie de la civilisation berbère autochtone, qui était presque
exclusivement rurale, n'a guère commencé. Cet état de fait, hérité de l'époque coloniale,
reflète le fondement idéologique d'une "école historique" qui assignait à l'autochtone le rôle de
figurant dans une histoire où seuls les conquérants étaient les vrais acteurs. Malgré cela on
dispose de quelques mentions qui attestent l'existence de sites fortifiés ruraux durant
l'Antiquité. Une seule de ces mentions concerne le Maroc. Salluste (-Ie siècle) parle d'un site
fortifié (de Jugurtha) près de la Moulouya pour emmagasiner de grandes quantités de blé.
Diodore de Sicile (-Ie siècle) en décrivant les Libyens du Sahara, évoque des tours dans
lesquelles résidaient leurs chefs et où ils déposaient leurs butins de guerre. Appien (+IIe
siècle) note que dans le territoire carthaginois, nombreux étaient les tours et les lieux fortifiés
où se réfugiaient les Libyens.
Les tribus Arabes arrivent au Maroc vers 700 et vont bouleverser le paysage. C'est à ce
moment que le besoin se fait sentir, chez les tribus berbères, de se protéger contre leur
grande mobilité et de mettre les richesses et les récoltes à l'abri. Vers l'an 1000 la quantité
d'Igoudar augmente encore dans le Souss et l'Anti Atlas. Ces régions ont toujours
farouchement protégé leur indépendance. On verra une autre vague de construction entre
1300 contre la mobilité des arabes Beni Hilal, et une troisième vague entre 1600 et 1700 avec
l'arrivée au pouvoir des Alaouites.
Xe siècle
C'est à partir du Xe siècle que nous disposons de plus d'informations, grâce aux témoignages
des descriptions géographiques de Al Muqaddassi et de Ibn Hawqal. Al Muqadassi fournit des
éléments concernant la géographie du peuplement dans la région de Sijilmassa. Il s'agit de
onze localités dont trois sont qualifiés de Hisn : Hisn Ibn Salih, Hisn Al Sudan et Hisn Yarara. Il
cite aussi parmi les localités dépendantes de Sijilmassa le toponyme de Tazrout (Zagora ?).
Les informations sur l'habitat fortifié sont plus abondantes concernant le Nord du Maroc. Al
Bakri signale aussi un site fortifié près de Sijilmassa : Hisn Tasgdalt.
Aguelluy est un des plus vieux des six greniers alentour ruinés. On se souvient qu'un conflit
tragique entre deux lignages d'Amtoudi. D'implantation séculaire voire millénaire, le grenier
serait parmi les plus anciens de la tribu. Même si le grenier possède des traces d'occupation
témoignant de diverses implantations, un texte, aujourd'hui perdu, évoque selon les sources
locales, un agrandissement du grenier autour de l'an mille (1015), le grenier se serait alors
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appelé Hisn Yacoub, la forteresse de Yacoub. Beaucoup d'éléments permettent d'envisager
une appartenance ancienne à une communauté juive, ce qu'aucune famille du village ne renie.
XI et XIIe siècles
La période du XIe au XIIe siècle est une période charnière dans l'histoire médiévale du Maroc.
Pendant un siècle et demi, la situation sociopolitique a profondément changé à deux reprises.
Sur les décombres d'un pays politiquement morcelé, les Almoravides ont réussi à établir le
premier état dont le pouvoir s'étendait sur tout le territoire marocain. Malgré ses points forts, les
symptômes de faiblesse du pouvoir Almoravide n'ont pas tardé à se manifester avec l'apparition
des Almohades. Cette période de conflit qui a opposé le pouvoir almoravide au mouvement
almohade naissant est certainement la plus riche de toute l'histoire médiévale du Maroc en
informations sur les fortifications. Les Almoravides ont édifié une série de fortifications pour
contenir la descente des Almohades installés à Tinmel.
Beaucoup de tribus, ou de fédérations de tribus constituent durant cette période des entités
politiques, comme celle des Berbères Berrhouata dans les plaines atlantiques et sur une partie
du plateau central. Durant cette période l'élevage et l'agriculture sont florissantes "Il n'y a pas
de région qui puisse être comparée avec le Souss al Aqsa, pour l'étendue, la fertilité, l'aisance
des habitants et l'abondance des produits qui servent de nourriture à l'homme…" (Ibn Haouqal Hawqal). Les routes principales sont celles par Tindouf et la Mauritanie et celle du Touat à
Sijilmassa ou à Tahirt. La liaison entre le Ghana et l'Egypte étant interrompue à cause de
l'insécurité sur les pistes, tout le trafic saharien se trouve reporté sur le Maghreb.
XIII et XIVe siècles
A part sur Sijilmassa et sur les oasis d'Oued Draa, le pouvoir Mérinide ne s'est jamais imposé
dans le Souss et le Sud du Maroc et la remontée en puissance des pouvoirs communautaires
ont particulièrement été favorables à l'épanouissement des habitats fortifiés en cette fin du XIIIe
siècle. Les récits de la révolte de Ali Ibn Yiddar, déclenchée en 1253, révèlent de nombreux
renseignement sur les fortifications du Souss. Il aurait construit Hisn Tansast (Aoulouz) avant
de s'emparer de Hisn Tizaght. Léon l'Africain fournit quelques précisions sur Qalat Tazuta dans
le Rif utilisée par les tribus Mérinides dès le début du XIIIe siècle, en affirmant qu'il fut fondé
avant leur accession au pouvoir et que celles-ci "conservaient là leurs grains et leurs biens et
pouvaient ainsi transhumer à travers les déserts en toute sécurité."
L'abondance des habitats fortifiés dans le sud marocain est confirmée par le témoignage d'Al
Abdari daté de 1289. Profondément marqué par des structures défensives communautaires
dès l'époque almoravide, le paysage rural du Haut Atlas et de l'Anti Atlas retrouve sa tradition
castrale après la dislocation de l'empire almohade. Origine des Mérinides : Les Zénètes
constituent une des grandes confédérations du peuple berbère dont les Banu Marin issu de la
tribu de Wasin, sont une branche de la deuxième époque. Selon la classification d'Ibn
Khaldoun, les Zénètes de la première époque sont les Banu Ifren et les Maghrawa
(Maghraoua). Les Banu Abd al-Wad, maîtres de Tlemcen, ont pour ancêtres les Banu Badin qui
sont les cousins des Mérinides.
XV et XVIe siècles
Entre la moitié du XIVe et le début du XVIe siècle, l'histoire du Maroc sombre dans l'incertitude.
La longue agonie des Mérinides se traduisait par la perte du contrôle de vastes zones du
territoire marocain. Le XVe siècle marque le début de l'expansion européenne. 1492, c'est la
date de l'expulsion des arabes d'Andalousie et la découverte du Nouveau Monde. La
découverte des trésors d'Amérique, dont l'or et l'argent affluent en quantités énormes en
Europe à partir de 1525, sera la cause du déclin du commerce de l'or et du sucre au Maroc, la
canne à sucre, intensivement cultivé au Nouveau Monde signera l'arrêt de son commerce dans
le Souss au XVIIe siècle. Au Mali, l'Askia Mohammed succède à Ali Ber et fonde la dynastie
des Askias en 1492.
La fin du XVe siècle vit la naissance d'une œuvre monumentale : "La Description de l'Afrique"
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de Léon l'Africain (Hassan al-Wazzan - Jean-Léon de Médicis), une source très riche en
informations sur l'habitat du XVe et XVIe siècle. L'auteur passa plusieurs années au service du
sultan Ouattaside. Les Saadiens succèdent peu à peu aux Ouattassides dont le prestige et le
pouvoir ont été entamés par les attaques Portugaises. En 1578 ils remportent "La Bataille des
Trois Rois" contre les portugais. En 1590 ils organisent deux expéditions au "Soudan" pour
essayer à capter à nouveau le trafic caravanier. Illigh et Taroudannt sont devenues les grandes
têtes de ligne de cette route centrale maintenant la plus importante.
XVIIe siècle
Les successeurs d'El Mansour sont incapable d'assurer leur présence dans le Touat et la piste
saadienne de Tombouctou au Draa est captée par le Touat et de là se prolonge en direction
des oasis de Laghouat, Ourgala et Gabès, le commerce du Soudan et du Touat bascule vers
les côtes méditerranéennes sous domination turque ! A la concurrence turque s'ajoute celle
des européens qui désertent les côtes marocaines pour créer des comptoirs aux îles du Cap
Vert et au Sénégal en 1633. La dynastie Saadienne, privée des sources de sa fortune,
disparaît à Marrakech en 1659.
Sur le versant saharien de l'Atlas deux Zaouïas se sont établies aux points de départ et
d'arrivée des routes transsahariennes. La Zaouia Abou Mahalli (région de Sijilmassa) et la
Zaouia Sidi Ali ou Moussa (dit Bou Hassoun) à Illigh dans le Souss. Illich devient en 1626 la
capitale d'un véritable royaume dans le Tazeroualt. Bou Hassoun s'empare des routes de l'or,
il est le maître incontesté de Taroudannt, du Draa, du Tafilalet, des mines de sel de Téghaza et
du Soudan. Le Souss, en conséquence, connaît une réelle prospérité, seule région qui
échappe à l'anarchie. C'est l'âge d'or des Igoudar qui ont dès liens très étroits avec les
Zaouïas. Bou Hassoun est le maître du Tafilalet jusqu'en 1640, c'est la raison de ses déboires
avec la famille alaouite, dont il ne voit pas le triomphe, puisqu'il meurt en 1659.
XVIII et XIXe siècles
Issus du Tafilalet, contenus au Nord par la Zaouia de Dila, à l'ouest par Bou Hassoun.
L'ancêtre de la dynastie, Hassan Ad-Dakhil, originaire de Yanbo en Arabie arrive au Tafilalet au
début du XIIIe siècle. C'est pour chasser Bou Hassoun que les habitants de Sijilmassa sous les
ordres de Moulay Chérif se révoltent. Il s'empare du Ksar de Tabouassamt en 1633 et chasse
Bou Hassoun du Tafilalet et du Draa en 1640. Il tente de retablir l'axe traditionnel Sijilmassa Fès mais se heurte à Mohammed El Hajj de Dila alors à l'apogée de son pouvoir. Les Dilaïtes
prennent l'initiative et ravagent Sijilmassa en 1646. La conquête de Moulay Rachid sera
fulgurante, Fès est prise en 1666, Dila est rasé en 1668, Marrakech est prise en 1669. Il laisse
à son successeur, le légendaire Moulay Ismaïl, un Etat formé mais loin d'être entièrement
pacifié et le sud reste une zone de préoccupation constante.
Plusieurs foyers de révolte éclatent au début du XIXe siècle. Les Aït Atta s'emparent du
Tafilalet, les Sanhaja se révoltent au Moyen Atlas et s'unissent avec les Zénètes sous la
conduite d'un seul chef : Boubker Amhaouch, chef des Aït Ali. Ce XIXe siècle apporte aussi un
changement dans les routes caravanières. La route principale se dirige maintenant vers
Bamako, Sansanding et Yamina. Le centre de gravité se déplace vers l'Ouest et la moitié du
commerce est représenté par la traite des Noirs. Le commerce caravanier est toujours vivant,
le Maroc ayant profité du détournement de la route vers l'Ouest provoqué par l'occupation
d'Alger. Les caravanes relient Goulimine à Taoudéni, ou le Tafilalet et le Touat à Tombouctou.
XXe siècle
La prise de Tombouctou par les Français en 1894 porte un coup fatal au commerce saharien.
En 1900, le Tidikelt, le Gouara et le Touat sont occupés, en 1903 le Djebel Bechar, en 1904
l'occupation de la Saoura est entreprise. En 1901 les Français établissent une nouvelle
frontière depuis Figuig en suivant l'Oued Guir, ce qui a pour résultat de couper le Touat du
Tafilalet. Au Sahara, dans le "Rio de Oro", l'Espagne poursuit une action identique. L'hostilité
de la population et la résistance s'organisent autour du Cheikh Ma El Aïnine, retiré depuis 1895
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dans sa Zaouïa de Smara, il meurt à Tiznit en 1910 laissant à son fils El Hiba le soin de diriger
la résistance qu'il a dirigée jusqu'à sa mort en 1919. Dans le Moyen Atlas les Français se
heurtent à une résistance farouche dirigée par Moha ou Hamou Ez Zaïani, installé à Khénifra, il
meurt les armes à la main en 1920.
Dans le Haut Atlas occidental et ses alentours, trois grands commandements se disputent
l'hégémonie : les M'touga à l'Ouest, les Goundafa au centre et les Glaoua à l'Est. C'est l'appui
des caïds El Abdi, Glaoui, M'tougui et Goundafi qui a facilité l'occupation des Abda, du Haut
Atlas Occidental et du Souss. Une des premières préoccupations de Lyautey est de favoriser
l'appropriation des terres de culture par les Français et de donner à celle-ci un caractère légal.
Après lui, le Dahir Berbère de 1930 qui a pour but de séparer les arabes des berbères sera la
goutte d'eau qui fait déborder le vase et le début d'une véritable lutte vers l'indépendance de
1956.
XXIe siècle
Depuis déjà quelques années l'intérêt pour les Igoudar a sensiblement augmenté. Plusieurs
restauration ont été effectué ou sont en cours et d'autres sont programmés. Des associations
naissent un peu partout dans le sud. Si les Igoudar ont de moins en moins d'avenir pour le
stockage, ils offrent un intérêt touristique qui permettra leur sauvegarde.
Architecture
Formes
On distingue 4 types d'habitat fortifié : - Les refuges et enclos - Les greniers collectifs ortifiés Les villages fortifié - Les ksour On distingue 5 formes de greniers - Les igoudar de falaise - Les
igoudar de montagne et de piton - Les igoudar rectilignes à allée centrale - Les igoudar
quadrangulaire à allée centrale - Les igoudar ronds
Tasguent
1. Entrée 2. Enceinte extérieure 3. Enceinte intérieure 4. Enceinte de figues de barbarie 5.
Salle de garde - loge du gardien 6. Tour de garde et minaret 7. Mosquée 8. Matfyas 9. Couloirs
couverts 10. Ecurie 11. Cours intérieures 12. Cases 13. Chemin de ronde
Caractéristiques communes
Le grenier a souvent une double enceinte, souvent la zone devant l'enceinte est plantée
partiellement de figuiers de Barbarie. Dans la zone hors de l'enceinte extérieure, et accessible
à tout le monde, on pratique une série d'opérations utiles et en relation avec le stockage. On y
trouve une ou plusieurs aires à battre circulaires, parfois un ou plusieurs moulins ou pressoirs
pour extraire l'huile des olives ou des argans, la zone abrite au moins une citerne, un four à
pain, une aire de prière, une mosquée ou un marabout (parfois à l'intérieur. On y trouve
souvent des ruchers (1).
L'espace entre l'agadir et l'enceinte extérieure est fonctionnelle et présente de grandes
variantes. Cette zone a la même sacralité que celle de l'agadir. Dans cette zone sont souvent
regroupés plusieurs fonctions commerciales ou de services qui font du grenier un petit marché.
Ces fonctions et services n'existent plus aujourd'hui. La fonction la plus répandue était celle de
forgeron, parfois un savetier ou un bijoutier juif. (1) (22).
Les cases d'un agadir s'ouvrent vers l'intérieur, de l'extérieur on ne voit qu'un mur aveugle.
L'enceinte intérieure est toujours plus élevée que celui de l'extérieur. Tous les Igoudar ne
disposent pas de tour de garde. Le nombre d'étages ne dépasse pas 4, le type dominant
possède 2 ou 3 étages. Pour accéder aux cases plusieurs dispositifs sont utilisés. La solution
la plus utilisée est celles de larges pierres débordantes (asekfel - pluriel : isoukfal) qui sont
solidement encastrées dans le mur. Dans les régions où il n'y a pas de matériel géologique
convenable on utilise des troncs de palmiers entaillés, des échelles ou même des escaliers.
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Les citernes (matfiyas) sont approvisionnées par les eux de précipitation qui sont concentrées
sur les pentes naturelles dans des canalisations souvent souterraines. Si les murs extérieurs
paraissent aveugles, ce n'est pourtant pas le cas, on y trouve de minuscules ouvertures qui
servent à la ventilation. Il y a aussi de petites ouvertures dans les portes, elles servent à
l'ouverture de celle-ci dont la serrure se manœuvre de l'intérieur. Ces trous servent aussi au
passage des chats qui chassent les souris à l'intérieur. Les chats font partie intégrale de
l'organisation de l'agadir et vivent sur ses réserves. (1)
Les formes
1. Le Village Fortifié Le Tafilalt et le Draa constituent la zone caractéristique de cette forme
d'habitat qui s'étend au nord jusqu'à Figuig, et à l'est le versant oriental du Moyen Atlas. Dans
ces vastes territoires occupés par des groupes tribaux d'origines diverses, arabe et berbère, le
village fortifié est différemment appelé. Ighram en berbère et Ksar en arabe. Une autre zone
est celle de Tafraout : le village fortifié de Tizourgane, transformé en maison d'hôtes.
2. Les Greniers Collectifs Le "grenier fortifié" recouvre un ensemble hétérogène de
constructions ayant des morphologies différentes. Il existe un dénominateur commun : leur
appartenance à des groupes tribaux berbères. Une forme qui sort de l'ordinaire : le grenier de
falaise comme celui d'Agadir Tizgui dans le Siroua. Dans le Draa, pas de greniers collectifs, la
fonction est assurée par les Ksour, à la fois village et entrepôt. Dans le Haut Atlas oriental et
Moyen Atlas, c'est surtout chez des groupes de transhumants qu'on rencontre des tighremt
dévolues à l'emmagasinement des récoltes.
3. Les Refuges Deux types se présentent : L'enceinte-refuge qui se présente comme un
élément isolé des points d'habitat, généralement dépourvue de toute construction interne,
disposant de citernes et parfois de réserves alimentaires. Et celle qui sont étroitement liés à un
habitat permanent fermé ou ouvert. Exemple : Dir Ras Asfour au sud-est d'Oujda et le site
fortifié de Bani Mâguir près de Safi.
4. Les Ksour Deux types se présentent : Le Ksar étatique, construit par le pouvoir central. Le
Ksar communautaire, construit par une communauté ou une tribu.
Formes du grenier collectif
1. Les Igoudar de falaise Ce sont peut-être les plus anciennes. C'est une suite logique aux
abris sous-roches. L'agadir Meherz et agadir Tizgui ont des cavernes à l'extérieur de l'enceinte.
2. Les Igoudar de montagne et de piton Ce sont les plus beaux et les plus spectaculaires et
sont une suite logique à l'agadir de falaise et peut-être sont-ils de la même époque. Ils
épousent parfaitement la forme topographique du terrain. Ils ont souvent un chemin de ronde.
Exemplee typiques : Tasguent, Aguelloui, Id Aïssa, Dou Tagadirt, Agtel...
3. Les Igoudar rectilignes avec allées centrales Cette forme est la plus répandue dans l'Anti
Atlas Occidental. Ils se trouvent sur un terrain plat ou légèrement incliné. Ils ont des tours de
garde plus hautes, pour une meilleure visibilité et on y trouve parfois des remparts de ronde.
Suite aux ajouts successifs de bâtiments, ils ont parfois une forme quadrangulaire. Exemple
typique : Agadir Inoummar, Aït Kine.
4. Les Igoudar quadrangulaire à cour centrale Ils sont formés de quatre corps de bâtiments
autour d'une cour centrale. Ils sont souvent en pisé ou en un mélange de pierres et de pisé. Ils
ont une fonction moins défensive que les autres formes, et seraient aussi plus récents.
5. Les Igoudar ronds et ovales Ils sont plus rares. Un exemple typique est celui dAgadir
Amtoul, mais son enceinte extérieure est quadrangulaire.
Ksour et Kasbahs
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Le ksar est un ensemble d'habitations formant un habitat compact entouré d'une enceinte et de
tours de guet. C'est une unité politique dirigée par un conseil qui légifère sur l'organisation de
l'espace urbain. On les trouve des Canaries à l'Oasis de Siwa. Cette architecture est unique et
n'a jamais été influencé par le style "hispano-mauresque, ni par le style arabe. La kasbah est
un édifice militaire édifié par le pouvoir central, un pacha ou par un seigneur local pour contrôler
les voies commerciales.
En fait, les deux architectures ont beaucoup de points communs, puisque l'architecture des
kasbahs a été copié sur celle des ksour et quelle répond aux mêmes problèmes climatiques,
géographiques et économiques. La différence réside dans son agencement intérieur et dans sa
fonction. Exemple typique d'une kasbah : celle de Thami El Glaoui à Taliouine, à Ouarzazate
(Taourirt) et à Télouet.
En pierre, en pisé ou un mélange des deux, les kasbahs et les ksour sont consolidés par des
poutres de chêne, de thuya, d'arganier ou de palmier selon la région. Le soubassement est fait
de galets d'oueds ou de moellons. Le pisé est un mélange de terre argileuse, de paille et de
cailloux, tassé entre deux planches avec un pilon en bois, c'est un excellent régulateur
thermique, mais très fragile avec un besoin constant d'entretien. (55).
La décoration architecturale est similaire à celle des Igoudar avec les motifs typiquement
berbères visibles dans tous les secteurs de l'artisanat, bijoux, tapis, poteries...
Les Médinas
Chefchaouen
Chefchaouen (Chaouen) est une ville du nord ouest du Maroc, bâtie à 600 m d'altitude au pied
des monts Kelaa et Meggou, qui forment le Jebel Chaouen, sur la chaîne du Rif.
Le nom de la ville vient du berbère Achawen (Achaouen), "les cornes", en raison des sommets
montagneux qui dominent et entourent la ville. Elle a été fondée en 1471, par Moulay Ali Ben
Moussa Ben Rached El Alami.
La fondation de cette ville avait pour but de protéger la population contre la conquête
portugaise et espagnole. Dès la fin du XVe siècle, les andalous qui s'y
installent en font une cité prospère, lui imposant la non-mixité religieuse : les chrétiens n'ont
pas accès à la ville, sous peine de mort. Seul l'explorateur
Charles de Foucauld brava l'interdit en 1883.
En 1920, les Espagnols s'emparent de Chefchaouen, laquelle sera ensuite bombardée par les
troupes de Franco. La ville ne fut rétrocédée au Maroc qu'en 1956, suite à l'abrogation du
protectorat.
Ville sainte et ville des tisserands, cité bleue au cœur du Rif, Chaouen la Berbère, sauvage et
recluse, envoûte le visiteur. Celle qui fut autrefois le joyau du pays Jbala souffre pourtant d'être
tombée dans l'oubli. Les ruelles de la médina, recouverte d'un badigeon bleu, descendent en
cascade jusqu'à la kasbah.
Volubilis
Selon les historiens, la fondation de Volubilis remonterait à l'époque préromaine. Elle fut sous
l'appellation Oulili, l'une des capitales du roi Juba II de Mauritanie. Dès le -1er, Volubilis servit
de résidence aux procurateurs de la Mauritanie Tingitane. Elle fut le début de la conquête
romaine, l'une des principales citées de la Mauritanie. Aux +IIe et +IIIe siècles, Volubilis
prospéra grâce au
commerce de l'huile (une maison sur quatre était équipée de pressoirs), du blé et d'animaux
sauvages (lions, panthères, éléphants…) et se dota de ses plus
beaux édifices.
Sur les causes de l'évacuation romaine de Volubilis on sait bien peu de choses. Mais la
pression des tributs Berbères sur les Romains entraîna la décadence de la ville à la fin du III°
siècle. Les Berbères christianisés, descendants des Baquates, occupèrent Volubilis jusqu'au
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VIIIe siècle. En 789, Idriss Ier fut proclamé imam de la cité qui dans le même temps reprit le
nom Oulili ou Oualili. La fondation de Fès sonna le glas de la ville qui fut définitivement détruite
par le tremblement de terre de 1755.
Le nom de la ville vient du latin volubilis signifiant "qui a un mouvement giratoire, qui tourne" ce
qui est une des caractéristiques de l'Ipomea. Son nom berbère est Walili, Oualili, ou Oualila qui
désigne la fleur de Ipomoea purpurea (Volubilis), particulièrement abondant aux abords de
l'Oued Khoumane. Les graines de certains volubilis contiennent de l'ergine (aussi appelé LSA),
un alcaloïde hallucinogène proche du LSD. Les graines sont généralement réduites en poudre
(sans quoi elles ne seraient pas digérées) puis avalées. Alternativement, elles peuvent être
mâchées. Les trois effets les plus évidents sont une modification de la perception
(hallucinations), un changement dans la manière de penser, et une douce euphorie.
Essaouira
L'archéologie atteste, la présence phénicienne remontant au milieu du -VIIe siècle sur l'îlot de
Mogador, constituant la position la plus méridionale phénicienne actuellement trouvée. C'est sur
cet îlot qu'une campagne de fouilles a mis au jour différentes strates d'occupations,
phénicienne, berbère puis romaine. La strate phénicienne, qui est composée d'un petit
établissement d'un hectare, a livré parmi de nombreux fragments de vases et de tessons
phénico-chypriotes et grecs, un vase portant des graffiti qui constituent la plus ancienne
inscription phénicienne trouvée au Maroc.
Depuis le -IIIe siècle, les Berbères se sont organisés en monarchie puis, en -146, la région est
passée sous influence romaine à la suite de la Troisième guerre punique. Rome fait un État
client de ce royaume dont le souverain le plus illustre est Juba II. Ce dernier favorise
l'installation de son équipage et le développement de l'industrie des salaisons et de la pourpre.
En +42, Rome annexe le royaume berbère pour le transformer en province romaine de
Maurétanie tingitane. Le comptoir des îles Purpuraires semble à nouveau abandonné vers cette
époque avant de retrouver une activité significative vers le début du IVe siècle. Au XIVe siècle,
les marins portugais mesurent tous les avantages de cette baie et baptisent la ville Mogdura,
déformation probable du nom de Sidi Mogdoul, un marabout local. Les Portugais font de la cité
un important comptoir commercial. En 1506, ils y construisent un petit port et plusieurs
remparts, ce qui confère à la ville sa configuration spécifique. Une forteresse tellement utile qui
atténue son caractère vulnérable en raison de sa trop grande exposition. Les Portugais
encouragent à l’époque l’exploitation intensive de la canne à sucre.
En 1764, le sultan Mohammed ben Abdellah décide d'installer à Essaouira sa base navale.
L'importance d'Essaouira n'a cessé de croître jusqu'à la première moitié du XIXe siècle, et la
ville connut une formidable prospérité grâce à l'importante
communauté juive. Les Juifs ont un statut spécial d'intermédiaires entre le sultan et les
puissances étrangères, obligées d'installer à Essaouira une Maison consulaire ; il y en a jusque
dix dans la Kasbah. On les appelle les "négociants du roi" ou les "représentants consulaires".
Ils ont, par exemple, le monopole de la vente du blé aux chrétiens, celle-ci étant interdite aux
musulmans.
Marrakech
Marrakech éclabousse par ses couleurs, ses contrastes uniques au monde. Cette mystérieuse
cité au pied de l'Atlas et aux portes du Sahara, où les cultures et le commerce se mêlent
comme les odeurs du jasmin et du feu de bois, où les larges avenues de la ville nouvelle,
bordées d'orangers, conduisent au labyrinthe des souks et qui à l'instar des autres villes
impériales, a su préserver ses coutumes, ses traditions et son artisanat tel un trésor unique et
précieux.
C'est en 1070 que le Saharien Almoravide Abou Bakr, à la tête d'une puissante armée, des
105
Berbères Lemtouna Sanhaja habitant la Mauritanie depuis des temps immémoriaux, pénétra au
cœur de la plaine du Haouz. Il établit son campement à proximité de l'actuelle palmeraie et de
la butte rocheuse du Guéliz, susceptible de fournir les pierres nécessaires à l'édification de sa
future ville.
Les restes du premier palais, Ksar el Hajar, sont encore visible au nord de la Koutoubia. Mais
se sera Youssef Ibn Tachfine, qui fera de l'oasis une vraie capitale Almoravide. Le premier
sultan Almohade, Abdel Moumen, fit construire la Koutoubia et les jardins de la Menara. Son
successeur Abou Yacoub Youssef, étendit la ville, entre autre avec les jardins de l'Agdal. Le
début de la décadence Almohade, qui coïncide avec la mort de Yacoub el Mansour, en 1199,
marqua le morcellement du pays et le déclin de la ville. Pendant un demi-siècle, Marrakech, la
capitale, souffrira au profit de Fès sa rivale.
Ce n'est que dans la seconde moitié du XVIe siècle, que le Saadien Moulay Abdallah,
redonnera à Marrakech son allure de grande capitale. Elle atteindra son apogée sous Ahmed el
Mansour ed Dehbi (le doré) avec l'or de Tombouctou.
Fès
La ville "Médina Fès" a été fondée par Idris Ier en +789 à la place de l'actuel quartier des
Andalous. En 808, Idris II fonde " al-Aliya" sur l'autre rive de l'oued de Fès. Al Aliya se
développe très vite et devient une véritable ville avec mosquée, palais et kissariya. Les sources
d'eau vitales aux alentours de Fès, qui avant même sa fondation étaient connues et louées en
chanson, ont sans aucun doute été un critère important lors du choix de l'emplacement pour la
future métropole. La mosquée universitaire "Quaraouiyine" fondée au IXe siècle devient l'un
des centres spirituels et culturels les plus importants de l'époque.
Aux Xe et XIe siècles, la ville de Fès est prise par les Maghraoua. Elle sera le théâtre de
bataille entre les tribus Zénètes Maghraoua et Banou Ifren pour sa gouvernance. Les deux
parties de la ville s'unissent au Moyen Âge en 1069, détruisant le mur qui les séparait. Fès perd
son rôle de capitale avec la fondation de Marrakech et Tlemcen par la dynastie almoravide au
XIe siècle mais le reprend en 1250 grâce à la dynastie mérinide.
En 1471, la ville tombe aux mains de la dynastie Beni Ouattas qui fonde le royaume de Fès. En
1522, Fès souffre d'un tremblement de terre qui détruit la ville en partie.
A la fin du XVIIe siècle, avec les débuts de la dynastie alaouite, Moulay Ismail choisit Meknès
comme nouvelle capitale. Il installe à Fès une partie du clan des Oudaya qui l'avaient aidé à
gagner le pouvoir. Après sa mort (1727), les Oudaya se révoltent, ils ne seront chassés de la
ville qu'en 1833 par Abd al-Rahman. Moulay Abdallah, le successeur de Moulay Ismail, fait de
Fès son lieu de résidence et fait rénover ou construire mosquées, écoles (madrasas), ponts et
rues, les rues de Fès Djedid sont pavées. Au XIXe siècle, les deux anciennes parties de la ville
sont reliées à de nouvelles constructions. Jusqu'au début du protectorat en 1912, Fès est la
capitale du Maroc.
Taroudannt
Une cité rebelle
Taroudannt est au XIe siècle la capitale d'un petit royaume. Annexée par les Almoravides en
1056, indépendante sous les Almohades, elle est détruite en 1306 par les Mérinides. Elle
connaît son apogée au XVIe siècle sous l'influence du Saadien Mohammed Ech-Cheikh qui en
fait sa capitale et une base pour les offensives contre les Portugais installés à Agadir. Elle
devient alors un centre caravanier important, célèbre pour l'abondance et la qualité de ses
marchandises: sucre, coton, riz…
Au XVIIe siècle, Taroudannt se trouve sous la domination du royaume du Tazeroualt (Maison
d'Illigh), et à ce titre, la cible privilégiée des expéditions militaires menées par les sultans
alaouites. En 1687, le sultan Moulay Ismaïl fait même massacrer une grande partie de la
population. Comme toute la région, Taroudannt souffre de la fermeture du port d'Agadir. Elle se
replie derrière ses remparts jusqu'à l'arrivée en 1912 du rebelle El-Hiba qui fait de la ville le
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siège de sa résistance contre l'armée française jusqu'en 1913. La ville fut en grande partie
détruite à plusieurs reprises.
Les sucreries saadiennes
On peut admirer les ruines de l'époque saadienne qui se localisent surtout à Tazemourt et
Ouled Messouad. Des édifices qui remontent au XVIe siècle, règne de Mohammed Cheikh
Saadi, celui qui a encouragé la plantation et la transformation de la canne à sucre dans la
région.
Architecture
Médinas
El Jadida
El Jadida est une ville côtière du Maroc, à 96 km de Casablanca. El Jadida est le nom actuel
de l'ancienne Mazagão (Mazagan), cité fortifiée édifiée par les Portugais au début du +XVIe
siècle, qui ne fut reprise par les Marocains qu'en 1769. Les fortifications de la cité portugaise,
avec leurs bastions et remparts, constituent un exemple précoce de l’architecture militaire
portugaise de la Renaissance.
Les édifices portugais encore visibles sont la citerne portugaise, la forteresse portugaise de
Mazagan et l'église de l'Assomption, construite dans le style manuélin. Ils offrent un
témoignage exceptionnel des influences croisées entre les cultures européenne et marocaine.
Dès le début du XIXe siècle, la ville éclata hors des remparts de la cité portugaise. Elle s'étend
aujourd'hui très au-delà de ce qui n'est plus qu'un îlot historique au bord de l'Atlantique.
Mouillage apprécié des navigateurs, le site Mazagan est désigné sous le toponyme "Māzighān"
par al-Idrisi (XIIe siècle) et celui de Mesegan ou Mazagem sur certains portulans européens du
Moyen-Âge.
Selon certains auteurs, le mouillage était connu des Européens dès le début de l'ère chrétienne
: il se confondrait avec le port de Rutubis évoqué par Pline l'Ancien (+Ier siècle) et celui de
Rousibis dont parle Ptolémée (+IIe). Quelques historiens soutiennent qu'il correspond au site
d'Akra cité dans le "Périple d'Hannon" (-Ve siècle). Il ne s'agit là que d'hypothèses.
La présence portugaise prit fin en 1769, quand la ville fut prise par Sidi Mohamed ben
Abdellah. À la veille de l'assaut, le commandant de la place reçut de Lisbonne l'ordre d'évacuer
la ville. Un accord fut passé avec Mohamed ben Abdellah pour que les Portugais quittent la
ville sans crainte d'une attaque. Avant leur départ, ceux-ci décidèrent de miner tous les
bastions. Lorsque les Marocains pénétrèrent dans la cité, une série d'explosions détruisit les
murailles et fit de nombreuses victimes.
Entre la libération de la ville et jusqu'au début du XIXe siècle, la cité fut appelée El-Mehdoûma,
"la Ruinée". Moulay Abd ar-Rahman, proclamé sultan en 1822, décida de restaurer la cité
fortifiée et de l'appeler El Jadida, "la Nouvelle". Des commerçants européens, surtout des
Anglais originaires de Gibraltar, vinrent s'y installer. La ville accueillit de nombreux habitants
venus de l'intérieur du pays. Elle déborda rapidement des limites de la cité portugaise,
désormais souvent désignée sous le nom de Mellah car les juifs y étaient les plus nombreux.
Au début du XXe siècle, El Jadida, que les Européens continuaient à appeler Mazagan, devint
un des ports les plus importants du Maroc. À partir de 1912, sous le protectorat de la France,
une ville nouvelle fut créée comprenant un centre d'affaires (administrations, banques, etc.) et
des quartiers résidentiels à l'attention des émigrants français. Les Français ont été charmés par
cette belle ville. Elle devint ainsi un centre balnéaire du fait de son climat doux et de ses
plages.
Le 30 juin 2004, lors de la 28e session du comité du patrimoine mondial, tenue à Suzhou en
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Chine, la ville
marocaine de Mazagan (El Jadida) est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco.
De nos jours, El Jadida s'est totalement modernisé, il est vrai qu'il reste des quartiers
populaires, mais dans son ensemble, la ville s'est transformée. Elle reste très culturelle avec
ses monuments, mais aussi touristique avec sa magnifique plage et ses hôtels. Elle devrait
devenir l'une des villes les plus touristiques du Maroc car de nombreux projets sont en cours
pour faire d'El Jadida une nouvelle ville.
La Citerne
Cette vaste salle souterraine et voûtée faisait partie du château fort construit en 1514 par les
Portugais.
Elle servit probablement de salle d'armes avant d'être utilisée comme réserve d'eau. La
majestueuse citerne portugaise d'El Jadida, qui d'ailleurs fut classée sur la liste du patrimoine
mondial de l'Unesco en 2004, séduisit Orson Welles au point qu'il y tourna certaines séquences
de son film Othello. Quelques scènes des films le retour de l'étalon noir, produit par Francis
Ford Coppola et Harem, d'Arthur Joffé, ont également été tournées ici.
Architecture
Médinas
Asilah
Les remparts portugais qui encerclent la vieille ville d'Asilah contrastent avec la blancheur des
maisons.
Asilah n'a gardé aucun des vestiges de la Kasbah bâtie par Al-Qasim Ibn Idris et Mousa Ibn Abi
Al-Afiya au IXe et Xe siècles. Elle présente un travail de fortifications énorme initié sous la
direction de Diogo Boitaca, architecte militaire principal de la couronne portugaise au XVIe
siècle. Un rempart très imposant, en forme de parallélogramme, encercle la médina et s'étend
sur une superficie de 7 hectares.
Le 24 août 1471, sous le règne du roi Alphonse V de Portugal, près de 500 vaisseaux et
30.000 soldats portugais prennent Asilah qui la baptisant Arzila. Ils y construisent une place
forte, avec un donjon et une vaste enceinte et en quelques années ils la transformèrent en un
comptoir commercial et stratégique. En août 1550, le roi Jean III la fait évacuer et en 1577, elle
est réoccupée par le roi Sébastien afin de préparer l'expédition d'Oued al-Makhazin, en 1578.
En 1592, le roi d'Espagne et du Portugal, Philippe II, suite à la mort du roi portugais Sébastien
en 1589 à la bataille des Trois Rois, restitue la ville au sultan le Saadien Ahmed el-Mansour.
Assilah est également le lieu d'origine du guerrier Moulay Ahmed Ghailane. Les Espagnols en
reprirent possession plus tard sous le nom d'Arcila, mais elle fut cette fois conquise par Moulay
Ismaïl Ben Chérif en 1691.
Son bombardement par l'armée autrichienne en 1829 n'a pas empêché que se maintienne une
base de piraterie jusqu'en 1912 et la signature du protectorat espagnol, qui dura jusqu'en 1956,
date de son intégration définitive dans le royaume marocain.
Le Festival d'Asilah
Ce festival de la culture, à la renommée internationale, met à l'honneur les arts plastiques, le
folklore et la littérature, d'où qu'ils proviennent. Conférences, expos et concerts dans toute la
ville et plus particulièrement dans le centre Hassan-II et dans le palais Raïssouli.
Construit au début du XXe siècle par un fameux bandit (Moulay Ahmed Raïssouli), c'est un
édifice de deux étages qui est devenu un centre culturel.
Azemmour
A 72 km au sud de Casablanca le village d'Azemmour borde le fleuve Oum er-Rbia. Azemmour
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(Olivier) est sans doute établi sur l'antique cité d'Azama, cité occupée par les Phéniciens avant
de tomber sous les mains des Carthaginois et des Romains. Sous ces derniers, Azemmour
connut une période de prospérité. Le roi Juba II favorisa à Azemmour la pêche à l'alose,
poisson qui venait frayer dans le fleuve l'Oum er-Rbia.
Au 7eme siècle, elle est l'une des principales cités du royaume berbère des Berghouatas avec
Anfa, El Jadida et Safi.
En 1513, Azemmour tomba sous domination portugaise jusqu'en 1541.
Ce fut le sultan saadien Mohammed Cheikh qui libéra Azemmour des portugais en même
temps qu'Agadir et que Safi. Sous les Saadiens, Azemmour marchande avec l'Europe jusqu'en
1672. Moulay Ismaïl Ben Chérif (de la dynastie alaouite) interdit ses échanges et s'empara
d'Azemmour.
Festival d'Azemmour
Le festival des arts plastiques d’Azemmour change de nom et devient Remp’arts en hommage
aux remparts multi centenaires de la ville. Du 17 au 19 Mai 2014, artistes reconnus du Street
Art, groupes de fusion, troupes de halka et acrobates vont animer les soirées de la ville.
L’édition de cette année compte mettre en avant les arts urbains et Street Arts qui regroupe les
fresques murales et le graffiti. Les visiteurs de ce festival vont faire la connaissance de la
légende d’Estevanico ou Mustapha Zemmouri, né en 1503
à Azemmour. Cet esclave qui était devenu explorateur et savant. Pour les organisateurs du
“Remp’Arts Azemmour" ce festival est une Kermesse qui envahira la ville entière impliquant
habitants, artistes et visiteurs.
Grottes
Des nécropoles creusées dans le roc, ou groupées dans des grottes, dans les environs
d'Azemmour et de Sidi Slimane.
P. Cintas, qui a fait des fouilles à Azemmour, estimait que la nécropole préromaine de la ville
devait se trouver sur la colline de Sidi Oualoud dans laquelle on a taillé les sépultures dans la
roche.
Cette déduction est basée sur l'idée que les grottes sacrées de Moulay Abdelkader el-Jilani, en
bas de la colline, seraient d'anciennes tombes puniques.
Tanger
Aménagement du port
Les architectes et urbanistes Norman Foster, Bernard Reichen et Philipe Robert ont été
désignés pour la restauration et la reconversion du port de Tanger. De nouvelles structures
telles que bureaux, mall, cinéplex, résidences, téléférique, musée et hôtels rendront le port plus
attractif et compétitif.
La finition estprévue pour 2016.
Un nouveau terminal du port en eau profonde accueille les ferries depuis le second trimestre
2009. La ville est en passe de devenir une plaque tournante du trafic maritime commercial avec
l'ouverture du port Tanger Med qui a pour vocation de faciliter le commerce maritime. Ainsi,
depuis mai 2010, l'essentiel du trafic est orienté vers le nouveau port de Tanger Méditerranée
(Tanger Med) situé à une quarantaine de kilomètres à l'est de la ville.
Après une présence phénicienne, dont il subsiste deux petites nécropoles, la ville fut réellement
fondée au -IVe siècle, par les Carthaginois qui en firent un comptoir (Tingi). En -146, à la chute
de Carthage, la ville est rattachée à la Maurétanie et devient une colonie romaine (Tingis) liée à
la province d'Espagne. Tanger prend une telle importance, qu'elle devient, vers le +IIIe siècle, la
capitale de la Maurétanie Tingitane. Au Ve siècle, Tanger est occupée par les Vandales. Libérée
sous le règne de Justinien, au début du VIe siècle, elle est rattachée à l'empire byzantin.
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Le général Omeyyade Moussa Ibn Noussaïr s'intéresse à Tanger pour sa position stratégique
et c'est de là qu'en +711, commencera la conquête de l'Espagne par les troupes de Tarik Ibn
Ziad, à qui Gibraltar, entre autres, doit son nom (Djebel Tarik - la Montagne de Tarik). Pendant
les cinq siècles qui suivent, les dynasties du Maroc, de Tunisie et d'Espagne se disputent la
souveraineté de Tanger. Les Idrisides, maîtres de Volubilis, les Omeyyades d'Espagne,
s'affrontent à son sujet pendant plus d'un siècle.
Après trois tentatives les Portugais s'emparent de Tanger en 1471 et le cèdent à l'Angleterre en
1661 comme dot apportée par Catherine de Bragance à son époux Charles II d'Angleterre. Dès
1679 Moulay Ismaïl (alaouites) entreprend le siège de Tanger qui lui est abandonnée en 1684,
sur décision de Charles II estimant son occupation par les troupes anglaises inutile et
beaucoup trop coûteuse.
À la suite de l'aide apportée par le sultan Abd er-Rahman ibn Hicham à l'émir algérien Abd ElKader, les Français lancent sur Tanger un raid de représailles dirigé par le prince de Joinville
qui bombarde la ville en 1844 et démantèle les fortifications de Tanger. Les rivalités
européennes pour le contrôle de la ville, porte entrouverte sur le Maroc, débutent à la fin du
XIXe siècle. La France, l'Espagne, le Royaume-Uni et l'Allemagne multiplient les missions
diplomatiques et commerciales pour placer leurs pions, mettant la ville au centre des rivalités
internationales.
Guillaume Il débarque le 31 mars 1905 du yacht impérial Hohenzollern à Tanger pour quelques
heures et dénonce, après un entretien avec l'oncle du sultan, les visées françaises et
espagnoles sur le Maroc, ce qui provoque une crise diplomatique : c’est la Crise de Tanger. En
1906, la conférence d'Algésiras redéfinit les positions de chacun en Afrique reconnaissant
l'indépendance du sultan et affirmant l'égalité des signataires dans le domaine économique.
En 1923 les négociations aboutirent à en faire une zone internationale affranchie de droits de
douanes. Le 24 juillet 1925, le statut définitif de Tanger est signé par le Royaume-Uni,
l'Espagne, la Belgique, les Pays-Bas, les États-Unis, le Portugal, l’Union soviétique et la
France, auxquels se joindra l’Italie un peu plus tard. La ville possède désormais son autonomie
financière. On la dote d'une administration internationale,
en particulier d'une assemblée législative.
L'époque du "Statut international" est celle du plus grand rayonnement international de Tanger,
tant dans le domaine culturel que dans celui des affaires, favorisé par les facilités offertes à la
contrebande, à l'espionnage et à la contrefaçon.
Le 10 avril 1947, le sultan Mohammed V, accompagné du prince héritier Moulay Hassan (futur
Hassan II), prononce à Tanger le premier discours qui fait référence à un Maroc
unifié et indépendant rattaché à la nation arabe. En 1956, avec l'indépendance du Maroc, la
conférence de Fedala (8 au 29 octobre) rend Tanger au Maroc.
Une charte royale maintient la liberté de change et de commerce jusqu’en 1960, année où le
gouvernement marocain abolit les avantages fiscaux et Tanger se retrouve avec un statut
identique à celui des autres villes du royaume. Afin d'éviter une fuite importante des capitaux, le
port de Tanger est doté d'une zone franche. La ville connaît depuis une dizaine d'années
(années 2000) un développement spectaculaire.
Tanger a longtemps fait office de capitale culturelle officieuse pour un certain nombre
d'écrivains et d'artistes du monde entier, attirés par son climat, ses paysages et son
pittoresque. Elle attire les promoteurs immobiliers venus principalement du Rif et d'Europe
(Hollandais, Espagnols, Anglais, Allemands, voire quelques Français).
Tanger est depuis longtemps une terre d'accueil pour de nombreux artistes et intellectuels.
Henri Matisse et avant lui Eugene Delacroix y réalisent des œuvres célèbres.
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A travers les époques, Tanger a accueilli des personnalités de la scène artistique et
intellectuelle internationale pour des séjours plus ou moins longs… le temps de se faire inspirer
par cette ville historique à caractère unique. Ainsi la "Beat Generation" dans les années 50. Ils
écrivirent des textes en commun, partagèrent des extases pas toujours naturelles, et
adressèrent un splendide pied de nez à la société de consommation américaine. Désireux de
faire de nouvelles expériences, de dépasser toutes limites, ils ont constitué des œuvres
caractérisées par le swing, et le rythme.
L'écrivain américain Paul Bowles l'a nommée "Dream City". Tanger est l'une des villes dans
lesquelles ont été tournés les films La "Vengeance dans la peau", de Paul Greengrass,
"Inception" de Christopher Nolan, "Un Thé au Sahara" de Bertolucci d'après le livre de
Bowles...
Agadir
Marina
Le port de plaisance de la Marina d’Agadir, situé à l’extrémité nord de la superbe baie d’Agadir,
offre prés de 300 places de port.
Agadir vient du mot berbère qui signifie "grenier fortifié", ils dominent souvent les villages de
l'Atlas et du sud du Maroc. A l'origine c'était un village de pêcheurs berbères qui y construisirent
un grenier fortifié. Au XIIe siècle le site fut agrandi par la tribu côtière des Ksima. Sur les cartes
européennes du XIIe et XIIe siècle le lieu était nommé Porto Meseguinam "Port des Ksima".
Les Portugais construisirent un fortin au pied de la colline pour con-trôler l'accès de la baie. En
1513 le roi du Portugal y installa une garnison, le lieu était alors connu sous le nom de Santa
Cruz do Cabo de Aguer, l'endroit contrôlait alors les pistes terrestres et les routes maritimes
vers le Soudan et la Guinée.
La forteresse en haut de la colline, fut construite en 1540 par le Sul-tan Mohammed echCheikh de la dynastie Saadienne, pour assiéger la ville Portugaise située plus bas, qu'il libéra
des Portugais en 1541, elle reçut sa forme qu'elle gardera jusqu'au tremblement de terre du 29
Février 1960.
Au XVIIe siècle la dynastie Alaouite succéda à la dynastie Saadienne, mais c'est la dynastie
berbère du Tazeroualt qui régna sur la région et firent d'Agadir un port important.
Vers les années 1930, la ville fut une étape importante de l'Aéropos-tale, Saint-Exupéry er
Mermoz y firent escale avant de continuer vers le Cap Juby et Villa Cisneros (Tarfaya et
Dakhla, côte sud du Maroc) pour ensuite faire la traversée de l'Atlantique.
Beaucoup de traces prouvent que la région fut habitée dès la préhis-toire, et certainement bien
avant, puisque l'Afrique est le berceau de l'hu-manité.
Agadir
L'histoire est pratiquement muette sur Agadir avant le XIIe siècle.
Au -IIe siècle, l'historien Polybe évoque au nord de l'Afrique, sur l'Atlantique, un cap Rhysaddir,
qui pour-rait avoir été situé non loin d'Agadir ; sa localisation est encore en débat.
La plus ancienne attestation cartographique que l'on trouve à propos d'Agadir apparaît sur une
carte de 1325 : à l'emplacement approximatif de la ville actuelle, l'indication d'un lieu nommé
Porto Mesegina, d'après le nom d'une tribu berbère déjà citée au XIIe siècle, les Mesguina,
c'est-à-dire les Ksima.
La forteresse en haut de la colline, fut construite en 1540 par le Sultan Mohammed ech-Cheikh
de la dynastie Saadienne, pour assiéger la ville Portugaise située plus bas, qu'il libéra des
Portugais en 1541, elle reçut sa forme qu'elle gardera jusqu'au tremblement de terre du 29
Février 1960.
Au XVIIe siècle la dynastie Alaouite succéda à la dynastie Saadienne, mais c'est la dynastie
berbère du Tazeroualt qui régna sur la région et firent d'Agadir un port important.
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Grand Prix
Vue de la ville avant le séisme de 1960, avec la montée vers l'ancien Talborjt et le Circuit
International de Vitesse de 1954. Le Grand Prix d'Agadir est une course automobile courue
annuellement à Agadir au Maroc de 1950 à 1956. En 1950, passant outre l'interdiction et les
menaces pesant sur les organisateurs et sur les participants, Agadir faisait courir son épreuve
le 29 janvier 1950. Les coureurs s'engagèrent sous des pseudonymes, et les pilotes du Maroc
purent ainsi, pour la première fois depuis les années 1930, se livrer à leur sport favori. Les
résultats furent encourageants.
Le séisme
Le séisme se déroula en 1960, le 29 février à 23 h 40 tuant plus de 12 000 personnes. La
secousse dura 15 secondes et était d'une magnitude de 5,91 sur l'échelle de Richter.
La gravité des dégâts est attribuée au fait que la secousse avait son épicentre juste en dessous
de la ville, et à la faible résistance des constructions anciennes. La ville semblait pourtant avoir
été historiquement à l'abri des séismes, et ce n'est qu'après des recherches historiques que l'on
se rendit compte que la ville, connue à l'époque sous le nom de Santa Cruz do Cabo de Aguer
avait déjà été détruite par un tremblement de terre en 1731, ce qui, a posteriori, expliquait sans
doute la date de 1746 gravée sur le fronton de la porte de l'ancienne Kasbah.
La Casbah, (Agadir Oufella, Agadir le Haut ou Agadir N'Ighir, Agadir de la colline), était, avec
Founti qui s'étendait à son pied devant la mer, le plus vieux quartier d'Agadir. Authentique
forteresse aux petites rues sinueuses et animées. L'inscription au-dessus de la porte est en
arabe et en hollandais : "Crains Dieu et honore le Roi".
Architecture Contemporaine
Ceux qui ont connu Agadir il y a 25 ans, regrettent, bien-sûr la disparition de la plupart des
dunes et des eucalyptus. En ce temps là, il n'y avait même presque pas de voitures.
Actuellement, les accès à la ville sont saturés aux heures de pointe. Et, comme partout ailleurs,
il y a une nette augmentation de la dé-mographie et de la délinquance. Bref, à part ça la ville
est plus paisibles que les autres grandes villes du
Maroc, Agadir n'est pas un baromètre pour mesurer les tendances du pays. La mentalité y est
différente, plus tolérante et plus ouverte vers l'extérieur.
En ce qui concerne son architecture, ces pages prouvent la très grande beauté de certains
bâtiments et certains détails sont d'une grande modernité. Enfin, certains disent que le Maroc
est le plus beau pays du Monde et peut-être le dernier Oasis de Bonheur dans ce monde en
pleine mutation.
Taghazout
Paradis de la pêche depuis toujours et du surf depuis des décennies. Taghazout est connue
aussi par ces plages et ses spots de surf. Des dizaines de plages au nord et au sud. Les plus
connus sont : Taghazout plage en face de la nouvelle station balnéaire et qui d'étend sur 07 km
jusqu' à Imouran ou Rocher du diable. L'autre au nord nommé Paradis plage (km 26). Ces
plages ont l'atout d'être plus loin de la ville, propres et ensoleillées. Ils donnent la beauté de
toute la côte océanique du nord d’Agadir.
Derrière les collines et la forêt d’arganier se cache Tasgaoudrar dite aussi Taghazout Oufella.
Tasgaoudrar signifie : "derrière les collines", C’est un ensemble de plus de 47 douars ou petits
villages amazighs séparés et éloignés les uns des autres et reliés par une route sinueuse dite
"Agharas ouargua", certaines avec une belle vue sur l’océan et les autres douars : lieu très
calme qui attire beaucoup d’investisseurs surtout après le lancement de projet de la station
balnéaire de Taghazout Bay qui fait par-tie du Plan azur.
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Dépaysement total dans cette ancienne partie aménagée en résidences secondaires. Dans les
années 1960 et 1970, Taghazout a connu l'arrivée des générations de hippies, qui ont depuis
laissé la place aux jeunes Marocains et aux surfeurs. Un des spots s'appelle Hash Point.
Rabat et Salé
La première trace urbaine à Rabat se situe à l'actuelle kasbah des Oudaïas (Oudayas), les
Almoravides y ayant fondé un fort pour organiser les attaques contre les tribus du royaume des
Berghouata non loin des ruines de l'ancienne cité romaine de Sala Colonia. La dynastie des
Almohades fit édifier, en 1150, à la place de l'ancien fort Sanhadja des Almoravides, un ribat
(ou forteresse), lieu de rassemblement des combattants de la foi, point d’étape dans l’épopée
almohade pour la conquête de l’Andalousie et le contrôle du reste du Maghreb.
Le calife Abu Yusuf Yaqub al-Mansur se disait désireux de concevoir, quant à la position du
Bouregreg, des projets plus vastes capables d'éclipser les grandes métropoles abbassides de
l'Orient islamique.
Aidé des nombreux captifs ramenés d’Espagne lors de la bataille d'Alarcos, il fit construire les
remparts de la future capitale et commencer, non loin du fleuve, une mosquée aux proportions
grandioses ; mais cette dernière ne fut pas achevée ; seul se dresse son minaret (Tour Hassan)
qui servit de repère aux navigateurs.
Pendant quelques dizaines d’années, Rabat, alors connue de l’Europe sous le nom de Salé-leNeuf, fut le siège d'une petite république maritime, la République du Bouregreg, jusqu’à
l’avènement des Alaouites qui s’emparèrent de l’estuaire en 1666. Sa principale activité était
alors la course en mer contre les chrétiens, qui lui procurait la totalité de ses ressources, et la
république salétine devint ainsi un des principaux centres de la course barbaresque en Afrique
du Nord, en concurrence avec Alger, Tunis et Tripoli.
À partir de 1610, Rabat reçut une forte population de réfugiés morisques chassés de l'ancienne
Al-Andalus par le roi d'Espagne Philippe III, qui s’établirent dans la kasbah et à l'intérieur de
l'enceinte almohade, dans la partie nord-ouest qu'ils délimitèrent et protégèrent par une
nouvelle enceinte, la "muraille andalouse".
La République de Salé, ou République du Bouregreg (Salé désigne à l'époque l'ensemble des
implantations sur les deux rives de l'embouchure du Bouregreg) ou République des pirates du
Bou Regreg, est une république maritime, qui a existé à l'embouchure du fleuve Bouregreg de
1627 à 1668, formée des trois cités de Salé, de Rabat et de la Kasbah, siège du diwan.
Le développement de ces deux dernières cités, situées sur la rive gauche de l'embouchure du
Bouregreg, est à l'origine de l'actuelle ville de Rabat, appelée alors Salé-le-Neuf.
Après le rattachement de Salé et de Rabat au Maroc en 1668, la piraterie continue et
s'intensifie pendant le règne du sultan Moulay Rachid mais cette fois-ci dans tout le Maroc.
Lorsque Moulay Ismaïl succède à son frère Moulay Rachid mort en 1672, il reprend le contrôle
de plusieurs villes côtières du Maroc, et ainsi, Salé et plusieurs villes côtières continuent le
jihad jusqu'en 1818, lorsque Moulay Sliman déclare mettre fin à la guerre sainte.
En 1196, Le sultan Yacoub El Mansour de la dynastie des Almohades projetait de construire la
plus grande mosquée du monde musulman, après celle de Samarra en Irak. Pour la grande
majorité des historiens, l'architecte Ben Baso Ahmad, concepteur de la mosquée Koutoubia et
de la Giralda de Séville, sous le même modèle, est aussi l'architecte de la tour Hassan. Une
hypothèse tierce plus logique retient la coopération de plusieurs architectes dont les plus
éminents sont Ahmad Ben Baso et Jabir Ibn Aflah. Les travaux furent abandonnés après la
mort du sultan Yacoub El Mansour, en 1199.
113
Le Chellah, ou Chella, est le site d'une nécropole mérinide située sur l'emplacement d'une cité
antique, à environ 200 m du rempart almohade.
Le site du Chellah fut sans doute la plus ancienne agglomération humaine à l'embouchure du
Bou Regreg. Les Phéniciens et les Carthaginois, qui ont fondé plusieurs comptoirs au Maroc,
ont probablement habité les bords du Bouregreg. Le Chellah était abandonné depuis
plusieurs siècles quand les Mérinides choisirent son site pour y édifier leur nécropole (1339).
Grand Théâtre de Rabat
Au cœur de la Vallée du Bouregreg, dans la continuité de la Tour Hassan et du Mausolée
Mohammed V, le Grand Théâtre de Rabat est le symbole du renouveau culturel de la capitale
du Maroc. Dessiné par la célèbre architecte Zaha Hadid, figure de proue de l'urbanisme
contemporain, cet édifice au design futuriste sera doté d'infrastructures de qualité qui
accueilleront un large éventail de manifestations culturelles et artistiques.
Zaha Hadid, née le 31 octobre 1950 à Bagdad, en Irak, est une architecte irako-britannique,
figure du mouvement déconstructiviste.
Son style se caractérise par une prédilection pour les entrelacs de lignes tendues et de
courbes, les angles aigus, les plans superposés, qui donnent à ses créations complexité et
légèreté. Elle est la première femme à obtenir le prix Pritzker en 2004. Le cabinet de design
architectural - Zaha Hadid Architects - compte désormais 400 personnes. Son siège est situé à
Londres.
L'ancien théâtre national Mohammed-V est l’une des plus grandes institutions culturelles de
Rabat. Rabat compte aussi des espaces indépendants, le plus emblématique étant
L'appartement 22, fondé en 2002 par Abdellah Karroum, pour la production, l'exposition et les
rencontres des cultures vivantes. Des grands projets culturels sont lancés dans les années
2000, notamment celui de la Bibliothèque nationale, du musée des Arts contemporains et de
l’Institut supérieur de la musique et de la danse .En 2006, la Fondation ONA inaugure son
second lieu culturel, la Villa des Arts.
Techniques
Les matériaux
Le minéral et le végétal
L'utilisation des matériaux se trouvant sur place est la règle générale à cause des difficultés
d'accès. De ce fait, l'architecture est toujours imprégnée de l'environnement naturel, et plus
particulièrement de ses caractères géologiques. La pierre de l'Anti Atlas existe en abondance
et elle est d'une grande résistance, c'est l'élément dominant pour toutes les constructions de la
région. Dans les vallées où les pierres dures sont rares, on construit les murs en pisé et parfois
on mélange les deux techniques.
L'Anti Atlas et les vallées offrent en plus un excellent bois, celui de l'arganier, utilisé pour les
toits, les poutres et les portes ou du laurier (Allili) pour la finition des plafonds. Dans les oasis
on utilise le palmier. Le procédé des voûtes, bien maîtrisé, est souvent utilisé pour la
construction des matfiyas, mais jamais pour la construction du grenier.
Le pisé et le tadelakt
Fabriqué à partir d'une terre argileuse mélangée à de la paille on y ajoute parfois des cailloux.
Le mélange est tassé entre deux planches avec un pilon en bois. C'est la façon la plus saine
de construire et certainement la plus écologique, combiné avec le Tadelakt on obtient une
habitation qui "respire". Le Tadelakt favorise la régulation et les échanges hygrométriques, il est
perméable à l'air et imperméable à l'eau. De part de son PH élevé, il a des vertus fongicides et
bactéricides.
Le tadelakt
Fabriqué à partir d'une terre argileuse mélangée à de la paille on y ajoute parfois des cailloux.
Le mélange est tassé entre deux planches avec un pilon en bois. C'est la façon la plus saine
de construire et certainement la plus écologique, combiné avec le Tadelakt on obtient une
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habitation qui "respire". Le Tadelakt favorise la régulation et les échanges hygrométriques, il est
perméable à l'air et imperméable à l'eau. De part de son PH élevé, il a des vertus fongicides et
bactéricides.
La décoration
Les portes montrent encore des motifs incisés et teint aux colorants végétaux et minéraux. On
retrouve les mêmes motifs que sur les tapis, les bijoux, les poteries et la broderie.
La ferronnerie
Chaque agadir avait son forgeron et sa forge et parfois même son bijoutier juif. Le grillage des
fenêtres est composé uniquement d'éléments non-soudés.
Restauration
La sauvegarde des deux greniers collectifs d’Amtoudi (Id Aïssa et Aguelloui), la réhabilitation du
Ksar d’Assa et le sauvetage des parties collectives de celui d’Agadir Ouzrou participent d’un
même programme dans lequel Salima Naji a décliné une approche participative similaire.
Sur chaque site, la restauration a été initiée avec la main d’oeuvre locale en concertation avec
la société civile. Cette stratégie élaborée à partir du travail sur les greniers collectifs d’Amtoudi
a ensuite été reproduite sur un projet d’une plus grande envergure qu’est le Ksar d’Assa, puis
ensuite de celui d’Agadir Ouzrou.
Aga Khan Award for Architecture 2013
Salima Naji nominé pour l'Aga Khan Award.
Mardi 30 avril, le prestigieux Aga Khan Award for Architecture a retenu le programme de
préservation des architectures sacrées et collectives des oasis de la région de Guelmim, mené
par l’architecte Salima Naji, parmi plus de 400 projets, dans sa short list des nominés, à même
de concourir pour la phase finale du prix avec 19 autres projets très éclectiques. Le prix final
sera décerné à 5 ou 6 projets en septembre 2013.
Gestion
Le nomade et semi-nomade, pour garder leur mobilité et pour mettre en sécurité leurs récoltes
et leurs biens, sont peut-être à l'origine de la construction des igoudar. Ce fait est attesté par
Léon l'Africain. Les sédentaires qui gardaient le grenier et en contrepartie les nomades
s'engageaient à veiller sur la sécurité du territoire.
L'appel à la fondation
La fondation d'une fortification, émane d'abord d'une nécessité. Cet appel prend plusieurs
formes, là où s'exerce toujours une certaine autorité étatique, la fondation d'une fortification
destinée à protéger des populations rurales peut relever d'une décision du pouvoir. Pour les
Igoudar du Sud, le plus souvent la décision est prise par un groupe communautaire.
Réparations
Les recueils de droit coutumier (Llouh) statuent sur ce cas sous forme de règles consignées par
écrit et imposées par la Jamaa. Deux axes principaux se dégagent de ces informations. Le
premier est d'ordre technique, et concerne la nature des réparations, leurs circonstances et leur
déroulement. Le deuxième axe, plutôt juridique, essaie de savoir à qui incombent les
réparations, tout en exposant le débat des savants sur la question de l'usage de la contrainte.
Organisation de la défense
En temps de guerre, le grenier collectif sert de refuge à la communauté. La garde d'un Agadir
était confiée à un amin, désigné par les membres de la Jamaa. Tout propriétaire devait lui
verser une rétribution en nature, mais en contrepartie il était responsable de tout acte de vol. Le
bon état des fortifications impliquait une gestion de l'individu et de sa participation et une
réglementation de l'organisation de la garde.
Répartition des récoltes
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Mesures
Certains igoudar ont des cases réservées à la Jamaa ou à une zaouïa et renferment une
multitude d'articles étalonnés, en usage pour mesurer les grains, les huiles ou les fruits secs.
Ces instruments de mesure ont un caractère sacré. Ils servent à la répartition des récoltes et
des aumônes, même le chat à droit à sa part "Aghounja n'Oumouch" - la louche du chat,
puisqu'il fait partie intégrante de la garde de l'agadir.
La surface de chaque chambre est aspergée d'un liquide blanchâtre antiseptique, extrait d'une
plante, le Tikiout. Il y a aussi dans les murs de l'agadir et des cases, de petites ouvertures,
judicieusement placées, qui servent à la ventilation. L'ouverture à côté de la porte sert au
passage des chats qui y chassent les rongeurs. L'entretien et la gestion des parties communes
font partie du rôle de la communauté, et chaque case de celui du propriétaire.
Fonctions
Si l'agadir est défensif, il sert aussi aux transactions commerciales et de l'implantation de
certains artisans comme le forgeron, le bijoutier ou l'armurier. Jadis, l'agadir sert aussi parfois
d'étape et de maison d'hôtes pour les caravanes. C'est aussi un lieu de retranchement pour les
nomades et semi-nomades.
L'agadir à un caractère sacré qui cristallise une culture religieuse qui la protège physiquement
et moralement, ainsi ont trouve souvent une mosquée ou le tombeau d'un saint à l'intérieur
même ou à l'extérieur de l'enceinte. Beaucoup d'igoudar sont en relation directe avec une
zaouïa - pouvoir religieux mais surtout politique et commercial qui gèrent aussi les moussems.
Irrigation
Le cultivateur recourt au système de cultures en terrasses pour capter les eaux superficielles
dans les sols en augmentant leur infiltration et leur mise à profit par les plantes. Ainsi c'est le
stockage de l'eau dans les sols qui l'emporte sur l'irrigation. Cette technique est payante
puisqu'on constate une augmentation de la densité des plantes par m2. On discerne trois
différents types dans cette technique basé sur la concentration de l'eau :
La culture agricole pluviale directe Ce type essentiellement dépendant de la grande variabilité
de la pluviométrie est très alléatoire. - La culture de simple concentration de l'eau Sur le bas
des versants ou dans les dépressions et vallées où le ruissellement additionnels, venant des
parties supérieures du terrain, s'infiltrant dans le sol avec une profondeur améliorée et une
absorption favorable de l'eau. - La culture améliorée par la concentration de l'eau En profitant
des pentes aménagées de façon plus ou moins élaborée avec des talus de pierres et des
systèmes de terrasses ainsi que par la concentration de l'eau supplémentaire dans des
bassins. - L'Irrigation par l'épandage des eaux de crue Dans les zones arides il y a des
stratégies de captage de l'eau. Les trois solutions répandues sont le jessour, le fayd et les
mâader. (1)
Khettaras
Une khéttara (foggara) est construite par le perçage d'un tunnel dans une falaise, un scarp ou
une base d'un secteur montagneux, suivant une formation aquifère. Le but est d'apporter l'eau
à la surface où elle peut être utilisée pour l'irrigation des terrains agricoles. Les tunnels sont
extrêmement horizontaux et précis, avec une pente pour permettre à l'eau de s'écouler à la
surface du sol.
Les khétarras seraient probablement l'invention des Berbères Zénètes et cela bien avant le Xe
siècle. Il consiste à créer des "sources" artificielles en creusant des galeries en pente très faible
qui vont rejoindre la nappe. L'eau suinte le long des parois et forme un ruisseau permanent.
Ces galeries sont marquées en surface par des regards pour l'entretien et parfois disposent
d'un escalier souterrain pour y accéder.
Captage de l'eau
Un système ingénieux et simple permet de capter l'eau des pluies et de les diriger par les toits
vers des ouvertures faisant office de gouttière aboutissant dans un conduit souterrain vers des
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citernes souterraines à l'intérieur de l'agadir et/ou à l'extérieur. Souvent l'eau passe par un
bassin de décantation ou par un filtre de branchages pour éliminer les débris. L'intérieur de la
matfiya est enduit d'une couche de chaux pour en garantir l'étanchéité.
Matfiyas
Comme l'eau d'irrigation, les citernes peuvent aussi être collectives et tomber sous le droit
coutumier. L'importance de la matfiya dans cette région est capitale, c'est souvent la seule
ressource en eau pour la population. Tous les villages ont une ou plusieurs matfiyas collectives
parfois intégrées dans l'agadir, la mosquée, le souk, dans les champs ou le long des routes et
des pistes.
Répartition de l'eau
L'assemblée désigne un responsable pour la distribution de l'eau, l'amghar, qui à son tour
désigne les imazalen pour veiller sur la répartition de l'eau entre les ayants droit. Dans les
vallées où les résurgences assurent un écoulement pérenne, la mobilisation des eaux
commence par un barrage de dérivation rudimentaire (agoug), qui, en barrant l'oued, dérive
une partie du flux vers des canaux d'irrigation (assarou).
L'eau est souvent acheminée dans un bassin de stockage avant d'en répartir le volume. Une
fois le bassin rempli, l'aiguadier passe à la répartition des parts selon des usages qui varient
d'un oasis à l'autre. La mesure se fait par un bâton gradué (asqoul) ou une horloge hydrolique
(tanast). Il s'agit d'un récipient en cuivre à fond perforé, qui, posé dans un seau se remplit en
un temps, correspondant à un volume. D'autres utilisent un cadran solaire.
Produits
Huile d'Argan
Argana spinosa, arbre endémique du Maroc. C'est le dernier survivant de la famille tropicale
des sapotacées, espèce qui s'est répandue à l'ère tertiaire. Il sert à une multitude de choses. Il
est utilisé comme matériel de construction des Igoudar, pour la fabrication d'outils, les feuilles
nourrissent les troupeaux, et les amandes donnent cette huile exceptionnelle par ses vertus. Il
conditionne la vie de nombreuses communautés.
Riche en vitamine E et en antioxydants, elle sert de base à de nombreux produits cosmétiques
ou médicaux. Elle est utilisée depuis des siècles par les femmes berbères pour ses propriétés
exceptionnelles. Elle prévient le dessèchement de la peau. Elle est unique pour le massage.
Les produits à base d'huile d'argan : Savon noir, huiles de massage, laits hydratants, huiles
solaires, masques de visage, shampooings.
Huile d'Olive
L'histoire de l'olivier se confond avec celle du Bassin méditerranéen. Les premières traces
datent de -40.000 : des feuilles fossilisées découvertes dans l'île de Santorini (Grèce). On
trouve aussi des traces de pollens en bordure du Sahara qui datent de -12.000. Le mastaba de
Saqqarah (Égypte), la toute première pyramide connue, abrite une fresque représentant le plus
ancien pressoir que l'on connaisse.
Avant l'utilisation comme aliment, l'huile d'olive était utilisée pour les soins du corps, pour
l'éclairage, ou pour les libations rituelles. Parallèlement aux huiles de massage, on fabriqua les
premiers parfums. Plus tard on apprit à extraire les essences spécifiques : les huiles
essentielles. L'huile d'olive est riche en vitamine E, important pour la fécondité et la protection
tissulaire. Elle protège tissus et organes grâce à son activité anti-oxydante.
Les huiles essentielles
On appelle huile essentielle (ou parfois "essence végétale") le liquide concentré et hydrophobe
des composés aromatiques (odoriférants) volatils d'une plante. Il est obtenu par extraction
mécanique ou distillation à la vapeur d'eau) ou distillation à sec. Contrairement à ce que
117
suppose la dénomination, ces extraits ne sont pas forcément huileux. Il est d'usage de faire la
distinction entre les "huiles essentielles" issues de distillation de végétaux sans autre
modification, et les "essences", qui peuvent faire l'objet d'adjonctions chimiques.
Extraction par distillation
La plupart des huiles essentielles sont obtenues par distillation et entraînement par la vapeur
d'eau (sauf les huiles essentielles des hespéridés : citron, orange, tanta pukwet, etc.). La
(parfois très) faible quantité d'HE contenue dans les plantes explique le coût élevé des huiles
essentielles, il est lié à la rareté et non au procédé d'extraction qui reste le même pour la
plupart des plantes. Il faut parfois plusieurs tonnes de plantes pour obtenir un litre d'huile
essentielle. Il existe différents procédés d'extraction (souvent chimiques).
L'aromathérapie, est l'utilisation des huiles essentielles pour soigner.
Les huiles essentielles s'utilisent de plus en plus dans les cosmétiques divers pour des raisons
de confort. Elles peuvent être aussi utilisées par le corps médical afin de compléter des
traitements médicamenteux classiques. Néanmoins les huiles essentielles peuvent être
irritantes pour la peau car elles sont dermocaustiques. C'est pour cela qu'elles doivent toujours
être diluées à 1/20 ou même 1/100, d’autres moins puissantes se contentent d’une dilution à
1/5.
Utilisations industrielles
Les industries de la parfumerie, des arômes et de la cosmétique sont les principales
consommatrices d'huiles essentielles. Ce sont en effet les produits de base utilisés pour ajouter
des odeurs, en raison de leur forte volatilité et du fait qu'elles ne laissent pas de trace grasse.
Dans de l'agro-alimentaire aussi on utilise des HE pour incorporer aux aliments des saveurs.
Fruits secs
Les noix et graines, consommées depuis des millénaires, étaient l'aliment de base des
premiers hommes et des peuples chasseurs-cueilleurs. Les fruits secs s'inscrivent au quotidien
dans une alimentation équilibrée et variée. Ils sont même de véritables sources de trésors
nutritionnels. Dans la région de Tafraout, l'amandier est à l'origine de toute une culture.
Le palmier dattier
Sur le Gondwana qui groupait tous les continents, l'apparition du palmier remonte à cent
millions d'années. Ce n'est pas un arbre, mais une herbe colossale, une monocoty-lédone:
ainsi que le blé, sa graine est d'un seul bloc et sa tige n'est pas de bois. Sa sève coule dans sa
moelle médiane et non sous l'écorce. A mesure que le Gondwana s'est scindé, le palmier s'est
hâté de migrer avec les continents à la dérive. L'écriture et les grandes religions ont éclos à son
ombre.
Oasis
Le mot oasis vient de l'égyptien ancien "Ousioré", se retrouve dans le copte, "Ouah" et dans le
libyco-berbère, "Ouaha". Il signifie lieu habité. On a découvert des restes carbonisés de palmier
sauvage dans un site atérien, datant de -14.000 à El Kharga et que des noyaux aient été
reconnus à Nabta Playa en Egypte.
Epices
Ras el Hanout: A l'origine l'épicier marocain créait ce mélange selon les goûts et la fortune de
son client. Les ingrédients peuvent changer, mais jamais le préparateur ne doit écarter les
fleurs séchées, lavandes, boutons de rose. Enfin, il n'oubliera pas d'y mêler un aphrodisiaque,
comme ce gingembre à la tige si vigoureuse qui entrait en 1880 dans la composition d'une
certaine Pastille du Sérail, de quoi épicer les voluptés comme disait Baudelaire.
Le safran
Le Safran est cultivé depuis l'aube des temps en Asie comme épice, colorant et plante
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médicinale. Les styles doivent être séchés le jour même de la récolte, en séchoir ou sur des
pierres chauffées. Ils contiennent de la crocine, un pigment caroténoïde apparenté aux
glucosides. Introduit en Espagne par les Arabes et les Berbères, son nom provient de
"za'faran", jaune en persan. La région de Taliouine donne un excellant safran depuis des
siècles.
Le henné
Le henné est un arbuste épineux de la famille des Lythracées, dont les feuilles produisent des
teintes telles que le rouge et le jaune utilisé en teinture textile et corporelle. On extrait de ses
petites fleurs un parfum très apprécié. Le henné pousse à l'état naturel dans les régions
tropicales et subtropicales d'Afrique, d'Asie du Sud et d'Australasie. Le terme désigne
également ce colorant dont l'usage est très ancien puisqu'on en retrouve la trace sur les
momies égyptiennes.
Il est utilisé à des fins multiples. Cosmétique et esthétique : il embellit, nettoie et purifie la peau.
Il peut aussi être appliqué sur les cheveux pour les teindre, les pieds et les mains. Il fait partie,
au Maroc en Algérie en Tunisie en Mauritanie et en Inde, de l'arsenal de la séduction féminine,
sous forme de signes mystérieux sur les mains ou dans la coloration des cheveux. D'après des
analyses en laboratoire, il aurait des vertus antifongiques et astringentes.
Herbes médicinales
Les herbes culinaires et plantes médicinales sont très en usage au Maroc. Le Maroc est un
fournisseur traditionnel du marché mondial en plantes aromatiques et médicinales. Cette
activité met en exploitation aussi bien des plantes spontanées que des plantes séchées pour
les besoins d'herboristerie et les aromates alimentaires. Plus d'une vingtaine d'espèces sont
utilisées pour la production d'huiles essentielles destinées à l'industrie des cosmétiques.
L'oasis de Tissint est réputée pour ses herboristes, qui sont membres de la zaouïa Sidi
Abdellah Ou Mhand en qui ils reconnaissent leur saint patron des herboristes. Chaque année il
y a un grand moussem et à cette date, tous les herboristes en vadrouille doivent être rentrés au
pays, à défaut de quoi, dit la tradition orale, leur art et leurs affaires péricliteraient. Tissint a été
longtemps un carrefour sur les routes sahariennes. Les échanges avec Tindouf et la Mauritanie
se sont maintenus jusque 1963. (6)
La menthe
La menthe poivrée est une plante herbacée de la famille des Lamiacées. Elle est utilisée
depuis fort longtemps en nature et pour son huile essentielle. Des archéologues en ont trouvé
des feuilles séchées dans des pyramides d'Égypte datant du -Ier millénaire. La tradition lui
attribue des propriétés aromatiques (toniques, fortifiantes) et des propriétés digestives.
Antispasmodique du fait l'action du menthol sur la musculature lisse, la menthe était
considérée autrefois comme une panacée. Le menthol et l'huile essentielle sont antibactériens
et antioxydants.
Jusquiame - Hyoscyamus niger - Sikrane
La jusquiame est mentionné sur le papyrus Ebers de l’Égypte pharaonique (-1550 BC), où il
voisine avec l’opium, le cannabis et la mandragore. Dans l'Antiquité, on l'empoyait comme
plante magique aux vertus enivrantes et soporifiques. Elle contient des alcoloïdes influant sur
le système nerveux central. C'est un antiastmatique. L'huile de jusquiame entre dans la
composition d'onguents et de pommades contre les douleurs rhumatismales.
Absyntehe - Artemisia orborescens - Chiba
L'absinthe est surtout connue pour avoir été l'ingrédient de base d'une boisson populaire au
XIXe siècle. Rimbaud et Verlaine étaient des buveurs d'absinthe.
En Afrique du Nord, où elles sont appelées chiba, les feuilles d'absinthe sont parfois ajoutées
au thé à la menthe classique (en petite quantité, le goût étant très fort) soit pour leur goût
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particulier et très apprécié, soit pour pallier la rareté de la menthe en hiver, soit tout simplement
pour réchauffer le corps. En bouquet sec, l'absinthe éloigne les insectes.
Pommier de Sodome - Calotropis procera - Torha
Pommier de Sodome, arbre à soie du Sénégal, torha ou torcha en berbère. A la fois très toxique
et très utile. Il a été utilisé pour la confection de flèches empoisonnées, mais permet aussi de
soigner les plaies des chameaux, ou encore de débarrasser les animaux de leurs tiques. On
l'utilise également comme anti-vomitif. Le fruit séché au soleil, calciné puis mélangé au beurre
de Karité est untrès bon remède contre la teigne et les dermatoses.
Mandragore - Mandragora officinarum - Taryala
La Mandragore est une plante herbacée vivace, des pays du pourtour méditerranéen,
appartenant à la famille des solanacées, voisine de la belladone. Cette plante, riche en
alcaloïdes aux propriétés hallucinogènes, est entourée de nombreuses légendes. Bien peu de
plantes ont autant fait jouer l'imagination de l'homme. Les Assyriens l'employaient comme
soporifique et analgésique. Sa racine ressemble parfois à une silhouette humaine. Elle est
utilisée contre les morsures de serpents, dans les rituels vaudou, pour ses propriétés
aphrodisiaques, pour sa vertu fertilisante.
Harmel - Peganum harmala - Harmal
La harmel ou harmal : Cette plante est réputée arrêter la diarrhée, purifier le sang et guérir les
maladies des articulations. Divers traités anciens signalent son usage contre la mélancolie. Elle
est connue depuis des millénaires pour ses propriétés antispasmodiques et hallucinogènes. On
l'utilise en fumigation pendant certains rites. Au Maroc, cette plante est très fréquente dans les
régions du Sud.
Datura - Brugmansia sanguinea - Tabûrzit
Jadis, le Datura stramonium, était considéré comme une plante magique associée à la magie
noire. En Chine, du Xe au XVIIe siècle, elle était utilisée dans un mélange de vin et de cannabis
préconisé comme anesthésique ou broncho-dilatateur. Ses propriétés broncho-dilatatrices ont
longtemps été utilisées dans la pharmacopée, notamment sous la forme de cigarettes antiasthmatiques. Elle est fumée ou bue en infusion. Elle est d'ailleurs toujours utilisée par
certaines ethnies d'Amérique lors de rites initiatiques.
Belladone - Atropa belladona - Adil ouwachan
Jadis, la Belladone était considérée comme une plante magique associé à la magie noire. Le
suc frais des fruits était appliqué dans les yeux pour dilater la pupille (mydriase) sous l'action de
l'atropine, donnant un regard plus brillant. Elle contient divers alcaloïdes.
C'est un puissant antidouleur, un hallucinogène et un stimulant pour le système nerveux
central. Elle est utilisée dans certaines préparations contre la toux.
Molène - Bouillon Blanc - Verbascum thapsus - Maslah
Le Bouillon Blanc est un remède contre beaucoup de maladies. Contre l'asthme, la bronchite,
les brûlures, l'enrouement, les coliques, les hémorroïdes et pour faire mûrir les abcès. Au
Moyen-Âge, la hampe était utilisée comme torche, les feuilles étaient enlevées et la tige enduite
de poix.
Figuier de Barbarie - Ficus opuntia - Aqnari - Taqannart
Les fruits du Figuier de Barbarie, gorgés de vitamine C, s'utilisent contre les coliques et les
diarrhées. Ce cactus est originaire du Mexique et fut introduit au Maroc par les Espagnols au
XVIe siècle. Il est utilisé pour la production de fruits, dans la fabrication d'une huile à base de
fleurs ou de fruits pour les soins de la peau. Il a un effet notoire de réduction des taux de
glucose sanguin et de cholestérol. Il a des propriétés cicatrisantes et anti-âge. Il était utilisé
comme haie défensive et de barrière coupe-feux autour des Igoudar.
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Caroubier - Ceratonia siliqua - Tikida
La pulpe du fruit du caroubier est un excellent absorbant des toxines intestinales et un
antidiarrhéique. On l'utilise aussi contre l'obésité. La taille et le poids des graines ont servi
d'unité de mesure dans l'antiquité, Le nom "carat" y a son origine. Le Maroc est le deuxième
producteur mondial de caroubes. La farine est largement utilisée dans l'industrie alimentaire.
Les graines, dont on fait une gomme, dans la pharmaceutique et le cosmétique et comme
additif (E410) pour les glaces, pâtisseries et aliments diététiques.
Thuya – Thuya occidentalis
Les rameaux du Thuya contiennent 0,4 0 1% d'huile essentielles. Elle est composée d'un
mélange de divers hydrocarbures. Son bois très peu putrescible, léger, naturellement antimite,
odorant et facilement inflammable sert à de multiples usages.
Le Thuya est un médicament homéopathique très largement utilisé : dans les rhinopharyngites,
angines récurrentes, otites, douleurs aux oreilles, sinusites chroniques, bronchites chroniques,
ou encore en tant que traitement de l'asthme, infections urinaires chroniques, d'hypertrophies
de la prostate, conjonctivites, troubles digestifs, douleurs articulaires.
Coquelicot – Papaver rhoeas – Talûdat – Tamayt
Comme tous les pavots, le coquelicot a des effets narcotiques dus aux alcaloïdes qu'il contient.
En phytothérapie, on utilise ses pétales séchés, dont on fait le plus souvent des tisanes. Ses
effets apaisants se font sentir sur l'adulte, mais surtout sur les jeunes enfants (on mélangeait
autrefois du coquelicot à la bouillie des enfants pour faciliter leur sommeil). Par ses propriétés
émollientes, sédatives et béchiques, le coquelicot est un calmant de la toux et des irritations de
la gorge. Il est alors utilisé sous forme de pastilles à sucer. Il existe un sirop de coquelicot.
Même si elles sont moins grosses que celles de certains pavots, les graines du coquelicot sont
utilisées comme elles en pâtisserie ou pour confectionner des pains aromatisés.
Garance des teinturiers – Rubia tinctorum – Tarrubia – Tighmart
La garance a servi pendant des millénaires à teindre les étoffes en rouge. Les rhizomes
contiennent de l'alizarine qui donne aux tissus une très belle couleur rouge "Garance". La
garance a longtemps été utilisée en tant que pigment pour la confection d'une laque très prisé
pour la peinture à l'huile et l'aquarelle. Elle a aussi des propriétés apéritives, astringentes,
cholérétiques, diurétiques, laxatives et toniques.
Gingembre
Le gingembre était dénommé "zenj" par les marchands arabes, mot par lequel ils désignaient
aussi les habitants de la côte est de l'Afrique et d'où vient le nom de Zanzibar, où ils allaient
chercher le gingembre. Le gingembre a une action anti-inflammatoire et soigne les
rhumatismes, il fait baisser le cholestérol, son rhizome est riche en magnésium et donc
aphrodisiaque. Il est utilisé en pâtisserie pour parfumer biscuits et gâteaux. Sec, on l'utilise
dans la préparation du pain d'épices.
Girofle – Eugenia caryophyllata
Les propriétés antiseptiques et anesthésiques de ces boutons floraux sont reconnues depuis
très longtemps et proposées dans les douleurs dentaires. Il entre dans la composition du khôl,
primitivement onguent ophtalmique.
En cuisine, il est présent dans le pain d'épices, les biscuits en mélange avec la cannelle, le potau-feu, les marinades, la choucroute et il est indispensable à la plupart des currys. Dans
certains pays comme la Tunisie, on l'utilise en infusion avec le thé.
On a trouvé un clou de girofle parmi des restes calcinés sur le sol d'une cuisine incendiée du
site mésopotamien de Terqa dans l'actuelle Syrie, daté de -1700 avant BC.
Grenadier – Punica granatum – Arumane
Des grenades ont été trouvées dans des tombes Egyptiennes datant de -2500 BC.
Les fleurs fraîches du grenadier sont utilisées en infusion contre l'asthme. L'écorce du fruit est
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utilisée contre la dysenterie et l'écorce du tronc et des fruits est utilisée comme plante
tinctoriale. L'écorce des racines combat le ténia et les vers intestinaux.
Lavande
Au Moyen Âge, la lavandula angustifolia, était considérée comme une plante magique
aphrodisiaque. Les effluves de la plante, et son arôme, adoucissait le coeur, créait une
ambiance harmonieuse et prédisposait à l'amour. Il était courant de mettre quelques brins dans
les lettres d'amour afin de faire rêver l'être aimé. Ses fleurs mêlées à celles de la violette
odorante, cousues dans les oreillers, prédisposent à l'amour grâce à leurs effluves sensuelles.
La lavande a de nombreuses applications. Elle est par exemple utilisée en parfumerie. Son
huile essentielle est réputée avoir de nombreuses vertus en aromathérapie. Les fleurs sont
antiseptiques, antispasmodiques, cicatrisantes, diurétiques et stimulantes.
Le muscadier – la muscade – Myristica fragans
La muscade est un condiment et un stimulant aromatique. On utilise surtout la noix râpée ou le
macis qui entre aussi dans la composition du ras el hanout et dans la préparation du majoun,
avec du miel, des graines de sésame, des dattes, des raisins secs, des noix, de la cannelle du
hachisch et des clous de girofle. C'est un arbre tropical originaire des îles Banda dans l'archipel
des Moluques en Indonésie et qui est cultivé maintenant aux Antilles et à Grenade. Deux
espèces voisines fournissent des noix moins réputées.
Basilic – Ocimum basilicum – Habaq
Le Basilic est utilisé comme herbe aromatique. Il a des propriétés stomatiques, carminatives,
antispasmodiques, vermifuges, antibactériennes et c'est un narcotique léger. Il entrait dans le
processus de momification de l'Egypte antique. Son huile essentielle entre dans la préparation
de parfums et de liqueurs, la plante fraîche distillée donne une essence contenant de
l'eucalyptol et de l'eugénol. En Inde et au Népal, le basilic est une plante sacrée.
Origan – Origanum vulgare – Zatar
L'origan comme la marjolaine ou le thym a des propriétés antiseptiques.
Il est utilisé comme eux mais de façon plus anecdotique en infusion en cas de rhume, de
grippe, et pour stimuler la digestion. L'huile essentielle d'origan est réputée être un antiseptique
très puissant, recommandée pour tout type de rhume ou grippe, mais c'est aussi un remède
contre les douleurs spasmodiques, la fatigue et le stress. En agriculture biologique, une
macération d'origan permet de lutter contre le balanin des noisettes et divers autres
curculionidae.
Ricin – Ricinus communis – Waruri
Jadis, le ricin était considéré comme une plante magique. Il est originaire d'Afrique tropicale.
Elle contient de la ricine et de l'acide ricinoléique qui sont toxiques. C'est un purgatif puissant.
L'huile de ricin entre dans la fabrication de peinture; En pharmacie, on l'utilise pour ses effets
laxatifs et anesthésiants. En cosmétique elle est utilisée pour renforcer les cils et accélérer la
pousse des cheveux.
Noyer – Juglans regia – Souak (écorce des tiges)
Au Maoc, l'écorce des tiges (Souak) est utilisée pour la beauté et les soins des dents. Les
feuilles ont des propriétés astringentes, vermifuges, et toniques. On l'utilise contre l'anémie,
l'angine, le diabète, les jambes enflées, le rachitisme, l'ulcération de la peau et les
hémorroïdes.
Sauge
La sauge a été de tout temps considérée comme le remède par excellence et son nom latin,
Salvia, signifie "intact", "sauver". En Egypte on l'utilisait pour favoriser la fertilité. Elle a une
action antiseptique, antispasmodique, antisudorale, carminative, cholérétique, stomatique et
stimulante. En usage externe, ses propriétés sont résolutives, vulnéraires, antiseptiques et
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cicatrisantes. En tisane, elle facilite la digestion et on l'utilise contre le diabète. En cosmétique,
c'est un excellent fixateur de parfum.
Thym
Le thym est un antiseptique, antispasmodique, cholérétique, diurétique, stomatique, tonique et
vermifuge. En usage externe il est cicatrisant, déodorant.
Le thym est divisé en plusieurs chémotypes. La variabilité de ce dernier est influencée par
l'environnement (sol, altitude) et le climat. Certains chémotypes (chimiotypes) sont plus
adaptés à certains usages plus spécifiques, en raison de l'agressivité et le dermocausticité de
leurs propriétés.
Les feuilles de thym sont utilisées sous forme d'infusion, d'huile essentielle ou d'alcoolature. Le
thym est un anti-infectieux à large spectre, un stimulant immunitaire et circulatoire, un
expectorant et un digestif.
Comme condiment c'est un excellent apéritif, il donne une touche méditerranéenne à tous les
plats.
On l'utilise aussi en apiculture car le thymol, sa principale huile essentielle, aide à combattre le
parasite Varroa, fléau de l'apiculteur, et une des principales causes de mortalité des abeilles.
Bigaradier – Citrus aurantium – Orange amère
Le fruit est utilisé en conserve, la marmelade d'orange est faite à partir de l'orange amère et
non de l'orange douce. Les fleurs distillées donnent l'essence de Néroli, qui est utilisé en
parfumerie et pour aromatiser les aliments et en pharmacie comme hypnotique léger, contre
les insomnies, et pour diminuer les contractions cardiaques. Du zeste du fruit on extrait
l'essence d'orange amère utilisée pour la fabrication du triple sec, du Grand Marnier et du
Cointreau.
L'huile obtenue à partir des pépins est utilisée contre le cholestérol.
Citronnier – Citrus limonum
Très utilisé en aromathérapie sous diverses formes de préparation du fruit ou de l'essence
obtenu par expression de la partie externe du péricarpe frais du citron. En usage interne il est
efficace comme bactéricide et antiseptique, il est fébrifuge, tonique, diurétique, antiarthritique,
reminéralisant, antianémique, vermifuge. En usage externe : antiseptique et antitoxique,
cicatrisant, antivénéneux. Il traite les infections, le paludisme, rhumatismes, varices,
hypertension, asthme, bronchites…
Cannelle – Cinnamomum zeylanicum – Al Qarfa
Au Maroc, l'écorce est importé et très largement utilisé en cuisine et en pâtisseries. En
aromathérapie, on utilise l'écorce et l'essence obtenue par distillation à la vapeur d'eau de
l'écorce et des feuilles. En usage interne, la cannelle stimule les fonctions circulatoire,
cardiaque et respiratoire. Elle est stomatique, antiseptique, carminatif, vermifuge,
antispasmodique et faiblement aphrodisiaque. En usage externe elle est parasiticide et un
remède contre les piq^res de guêpe et morsures de serpent.
Eucalyptus – Eucalyptus globulus – Kalitous
L'eucalyptus a été importé d'Australie, il a été planté aux environs de Tanger vers 1890. On
connaît plus de 300 espèces. L'huile essentielle eucalyptol est un excellent antiseptique et
antispasmodique pulmonaire. L'eucalyptus est efficace contre l'asthme, les bronchites, les
sinusites, le diabète, les rhumatismes et les névralgies. En usage externe contre les brûlures et
pour soigner les plaies.
Amandier – Prunus dulcis
L'amande est très riche en huile, protéines, glucides et vitamines. L'huile d'amande amère
extraite du noyau est, depuis l'Antiquité, très utilisée pour ses propriétés cosmétiques,
adoucissantes et hydratantes.
L'amande sauvage était déjà ramassée par les populations du Paléolithique. L'amandier est
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cultivé depuis 6.000 ans en Iran.
Abricotier – Prunus armeniaca
Originaire de Chine où il est cultivé depuis 2.000 ans et où il pousse encore à l'état sauvage. Il
est cultivé essentiellement pour son fruit qui est utilisé en cosmétique, pâtisserie, confiture,
conserve ou comme fruit sec.
Acacia
Acacia est un genre d'arbres et arbustes appartenant à la famille des Fabacées (sous-famille
des Mimosoidées). Dans le langage courant, les espèces de ce genre prennent, selon les cas,
l'appellation d'acacia, cassier, mimosa, mulga ou encore tamarin. On compte plus de 1 500
espèces d'acacias à travers le monde dont près de 1 000 uniquement en Australie. Dans les
régions semi-arides, les Acacia sont très importants autant d’un point de vue économique
qu’écologique.
Beaucoup d'espèces produisent de la gomme. La vraie gomme arabique provient de l'espèce
Acacia senegal commune aussi bien dans les régions tropicales d'Afrique de l'Ouest qu'en
Afrique de l'Est.
Acacia gummifera
Acacia gummifera Willd est un arbuste épineux qui vit en zone semi-aride. Il est supposé
spécifique au Maroc où il est considéré comme endémique. Les nomades du sud marocain
sont dépendants de cet arbre pour leur survie.
Acacia tortilis raddiana – Tafagag – Afagag
Un arbre mythique
L'arbre à tout faire du Sahara présente une aire très étendue, englobant les zones arides du
nord et du sud du Sahara et se prolonge aussi à l'est sur une grande partie du Moyen-Orient. Il
s'agit d'un arbre mythique pour les voyageurs sahariens (on se souvient de "l'arbre du
Ténéré").
Les graines des gousses sèches, collectées puis pilées au mortier de bois, sont transformées
en une farine qui est consommée telle quelle, sèche ou humectée d'un peu d'eau. Les gousses
sont, en cas de disette, grillées, pilées et consommées en farine.
La gomme est utilisée pour panser les blessures et les brûlures. C'est aussi un médicament
contre les maux du ventre. L'écorce réduite en poudre est un activant efficace de la
cicatrisation des plaies. La gomme dissoute dans l'eau est utilisée pour traiter les affections
oculaires, la jaunisse et les maladies pulmonaires. Les graines sont anti-diarrhéiques.
Son bois est un combustible à pouvoir calorifique élevé. L'écorce des racines sert au tannage
des peaux. Les fibres de l'écorce sont utilisées dans la fabrication des cordages.
Cannabis - Cannabis indica
Le chanvre fut très largement utilisé depuis le Néolithique. Les plus anciennes traces
archéologiques de son utilisation par l'homme ont été retrouvées en Chine, à Xianrendong
dans le Jiangxi, ce site du Néolithique a livré de la céramique datée de -8.000 BC, dont
certains décorées de fibres spiralées de chanvre. Il s'agirait s'une des premières plantes
domestiquées par l'homme. La plus ancienne tradition d'un usage médical semble également
chinoise, la plante fait partie des 365 remèdes décrits dans le plus vieux traité de
pharmacologie du monde – Le Shen Nung pen Ts'ao King – de -2737 BC. Ses fibres servaient
au tissage de vêtements en Chine vers -600 BC. On a retrouvé aussi des traces dans des
débris de tissage en Mésopotamie (plus précisément en Turquie). La plante est sacrée en Inde
depuis la nuit des temps. L'huile obtenue à partir des graines, jouit d'une excellente réputation
diététique, en raison de sa teneur en acides gras de type Oméga 3 et Oméga 6, ainsi qu'une
faible teneur en acides gras saturés. Elle est très nourrissante pour la peau et antiinflammatoire. En pharmacie pour combattre : nausées, anorexie, spasmes, douleurs,
épilepsie, asthme, inflammations et insomnies. C'est un agent thérapeutique contre les
maladies neuro-dégénératives et la dystonie, c'est un agent anti-prolifératif (ralentissement de
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la progression de certains cancers, il joue un rôle sur la prévention des ulcères et c'est un agent
protecteur du système de compression mémorielle et de l'accès à la mémoire générale. Il
stimule l'association d'idées créatives.
Psilocybe
Les Psilocybes sont connus pour leurs effets sur le système nerveux central depuis la
publication des expériences de Roger Heim sur sa propre personne vers 1956. Ces propriétés
ont fait couler beaucoup d'encre, avec quelques erreurs scientifiques parfois. Ce n'est qu'à
partir des années 1970-1980 que leur propriétés biochimiques et moléculaires ont commencé à
être explorées.
Les principes actifs responsables des effets psychotropes sont la psilocybine et la psilocine,
mais ces champignons synthétisent aussi des traces plus ou moins importantes de baeocystine
et norbaeocystine. De très nombreuses espèces ont des effets hallucinogènes. et ont été très
largement utilisées pendant la préhistoire un peu partout dans le monde.
Café - Coffea arabica
Tous les spécialistes s'accordent pour affirmer que l'origine du café se situe en Éthiopie
(ancienne Abyssinie) plus
précisément dans la province de Kefa (Kaffa). Le caféier y pousse encore à l'état sauvage, fait
qui n'a jamais été observé au Yémen, pays qui fut pourtant le premier à organiser sa culture en
verger rationnels et donc le premier pays dans le monde à produire du café.
Les caféiers sont des arbustes des régions tropicales du genre Coffea de la famille des
Rubiacées. Les espèces Coffea arabica (la plus anciennement cultivée) et Coffea canephora
(ou caféier robusta), sont celles qui servent à la préparation de la boisson. D'autres espèces du
genre Coffea ont été testées à cette fin ou sont encore localement utilisées, mais n'ont jamais
connu de grande diffusion : Coffea liberica ou l'hybride arabica x robusta (l'arabusta).
La boisson "café" telle qu'on la connaît de nos jours est moins ancienne que l'usage du produit
du caféier: les Éthiopiens l'utilisaient comme aliment, les arabes comme remèdes en infusion
des feuilles et des fruits. L'idée de la torréfaction est, semble-t-il, venue plus tard (aux environs
du XIIIe siècle), suite au brûlage des tailles de l'arbuste qui dégageaient une odeur exquise !
La diffusion du café se répand d'abord au +XIIe siècle ou +XIIIe siècle au Yémen, où sa
popularité a très certainement profité de la prohibition de l'alcool par l'islam. Il est alors appelé
K'hawah, qui signifie "revigorant", dans les monastères soufis où l'on dispose au XVe siècle des
premières traces attestées de consommation de café sous forme de boisson et de la
connaissance du caféier.
Au XVe siècle, les pèlerins musulmans de retour de La Mecque, introduisent le café en Perse
et dans les diverses parties de l'Empire ottoman, Égypte, Afrique du Nord, Syrie, Turquie. La
consommation de café s'étendit à l'Égypte.
De nombreuses “maisons du café” s'ouvrirent au Caire, à Istanbul et à La Mecque au début du
XVIe siècle.
Le succès du café de Moka gagna ensuite la Grèce et surtout Constantinople, après la
conquête de La Mecque et l'Égypte, en +1516 / +1517, par le sultan ottoman Selim Ier. À
Constantinople, l'ouverture des deux premiers cafés publics par les Syriens, Schems et Hekem,
eut lieu en +1554 / +1555 sous Soliman le Magnifique. Ces établissements étaient
fréquentés par la plupart des savants, des juges, des professeurs, des derviches.
L’Intelligence des plantes
Les plantes auraient un cerveau distribué, situé à l'extrémité des racines. Certains chercheurs
argumentent que la pointe de chaque racine possède une zone dite "de transition", située entre
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le premier et le second millimètre, où se fait l'intégration des multiples informations qu'elles
reçoivent. C'est la partie de la plante où se déroule la plus forte activité électrique, celle qui
consomme le plus d'énergie. Les centres intégrateurs de chaque racine sont tous
interconnectés car toutes les racines convergent, ils fonctionnent en réseau.
Il y a cependant encore beaucoup de polémiques autour de "l'intelligence" des plantes.
Les végétaux accomplissent leurs fonctions sans organes, elles respirent sans poumons,
désintoxifient sans foie, digèrent sans intestin… et ont une intelligence sans cerveau. (Stefano
Mancuso). Si le riz à deux fois plus de gènes que l'homme, cela montre bien qu'il est au fond
plus complexe.
Les chercheurs de l'Inra viennent de montrer que les plantes ne peuvent pas maintenir leur
droiture uniquement en percevant leur inclinaison par rapport à la gravité. Elles ont également
besoin d'évaluer leur propre courbure. Cette propriété, nommée proprioception, se retrouve
également chez l'homme et l'animal et leur permet d'être conscients de leur forme et de leur
mouvement.
Publiant leurs travaux dans la revue Trends in Plant Science, des chercheurs britanniques et
australiens suggèrent, à partir de données expérimentales, que les plantes pourraient
communiquer entre elles non seulement chimiquement, mais aussi à l’aide de cliquetis
inaudibles pour l’oreille humaine.
Plantes carnivores
La nutrition carbonée et la production de sucres se font par la voie classique de la
photosynthèse, comme chez la plupart des végétaux dits supérieurs. Les plantes carnivores
fixent ainsi le dioxyde de carbone de l’air, en présence de lumière, et absorbent l’eau et sels
minéraux par leurs racines. Les proies qu’elles capturent ne sont, bien souvent, que des
sources complémentaires d’azote et de phosphore. Les pièges sont caractérisés par leur
mobilité et leur rapidité pour quelques-unes. S'ils sont mobiles ils sont dits "actifs", s'ils ne le
sont pas, on parle de pièges "passifs". Certains mouvements sont visibles à l'œil nu, comme la
fermeture du piège de la Dionée.
Grains
L'ancêtre du blé fut l'égilope, grande céréale à un rang de grains, diploïde à 14 chromosomes,
particulièrement rustique mais peu productive. Le blé est une plante hexaploïde à 42
chromosomes, caractéristique génétique extraordinaire qui indique un long travail de sélection
de la part des agriculteurs.
On a trouvé dans une grotte au Niassa (Mozambique) des traces de sorgho sauvage, sur des
grattoirs de pierre datant de l'âge de la pierre (-100 000 ans). Il pourrait s'agir des premières
traces connues de transformation de grains en farine ou gruau. Cette farine dont les grains
écrasés étaient sans doute consommés avec des fruits ou des tubercules ou peut-être déjà en
bouillie fermentée.
Le pain
"Le pain Marocain est excellent", c'est ce que l'on peut entendre de la part des visiteurs
étrangers. Toutefois, les traditionnels fours à bois se remplacent depuis quelques années par
ceux au gaz, et, ce n'est pas pareil. Le choix c'est diversifié et on trouve d'excellents pains aux
olives ou au sésame, et de toutes les formes.
Pâtisseries
Les célèbres pâtisseries à base de pâte d'amande et de farine sont encore fabriquées de
manière traditionnelle par les femmes berbères au foyer. Elles accompagnent chaque
événement familial ou religieux.
Boswellia sacra - Yémen
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L'arbre à encens (Boswellia sacra) est un arbre de la famille des Burséracées.
Cette espèce de Boswellia est un petit arbre à feuilles caduques d'une hauteur de 2 à 8 m, qui
comporte un ou plusieurs troncs. L'écorce à texture de papier pèle facilement. Les feuilles
composées et imparipennées sont rassemblées en touffes au bout des branches. Les petites
fleurs apparaissent en racèmes à l'aisselle des feuilles. Les jeunes branches sont recouvertes
de duvet.
L'arbre à encens se retrouve en Somalie, en Éthiopie, au Yémen et à Oman. Certains auteurs
considèrent que la variété somalienne est une espèce distincte du nom de Boswellia carterii.
Le Boswellia sacra est l'une des principales espèces de Boswellia dont on tire l'encens. La
résine est récoltée en pratiquant une incision peu profonde dans le tronc ou les branches de
l'arbre et en retirant une étroite bande d'écorce. Il s'en écoule un sève laiteuse, qui coagule au
contact de l'air et que l'on ramasse ensuite à la main.
Miel
Présent dans le delta du Nil et à Sumer, le miel servait à sucrer les aliments. Plusieurs papyrus
égyptiens en font mention, le plus vieux date de plus de 4.500 ans. Pour leur propre
consommation, les humains ont d'abord prélevé le miel dans des ruches naturelles, ils
continuent par endroits à le récolter ainsi. Sa production a ensuite été organisée, grâce à la
domestication d'abeilles, dans des ruches artificielles situées à des emplacements permettant
la création de différentes qualités et variétés de miel.
En plus de sa consommation comme aliment ou condiment, il a été utilisé dès l'Antiquité pour
embellir la peau et soigner les blessures. On récolte aussi d'autres produits tel que le pollen, la
gelée royale et la propolis.
Les abeilles déterminent la position des emplacements où elles ont trouvé une source de
nectar par rapport à la polarisation de la lumière solaire, qui existe même si les nuages cachent
le soleil. Les yeux et les antennes mesurent. Le cerveau retient l'angle de cette polarisation
solaire. Les abeilles sont guidées par leur odorat, leur vue et par le champ magnétique
terrestre. En revenant à leur ruche, elles font part à leurs sœurs des sources de nectar qu'elles
ont trouvées, de leur distance et de leur importance. Cette communication se traduit par un
mouvement de va-et-vient, une danse.
A l'état sauvage, les abeilles construisent leurs rayons de façon irrégulière, de telle sorte que
leur enchevêtrement ne permet pas d'en examiner le contenu. Lorsque les abeilles ont besoin
de cire pour édifier des rayons ou des opercules, elles se pendent en grappe et sécrètent la
cire qui suinte des anneaux de l'abdomen sous forme de minces pellicules translucides. A ce
moment-là, la température de la grappe doit dépasser 35°C. La cire n'est donc pas une
production végétale, mais une transpiration volontaire des abeilles.
Miel
Le rucher collectif d'Inzerki
Inzerki est un village marocain (douar) qui fait partie de la commune rurale d'Argana (Province
de Ta-roudant), il est situé à 82km au nord d'Agadir.
Ce village berbère a la caractéristique d'être doté du plus ancien et du plus grand rucher
collectif au monde, celui que l’on nomme Taddart Ouguerram. Il se situe sur un versant Sud à
une altitude moyenne de 980 mètres et bénéficie d'un long ensoleillement. À cet avantage
climatique s’ajoute un environne-ment très favorable à l'apiculture grâce à un couvert végétal
très riche. Orienté au sud pour un ensoleillement maximum, il est bâti en pisé (mélange de
boue et de paille), disposé en terrasses, et se compose d'un millier de ruches, dont 300 ont
fonctionné jusqu'aux crues violentes de 1990 et 1996, qui ont beau-coup ralenti son activité.
Aujourd’hui, grâce à une réhabilitation en 2006, il fonctionne toujours mais de façon moins
performante que par le passé.
Reliant le passé au présent, ce rucher a été transmis d'une génération à l'autre depuis sa
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construction au XIXe siècle. La végétation de la région est très riche et variée (arganier,
genévrier, chêne vert, aca-cia, lavande, thym et plantes médicinales), ce qui permet aux
apiculteurs locaux de proposer un produit de qualité. La région, qui est très connue pour la
diversité de sa flore mellifère de montagne, produit le meilleur miel du pays au goût de thym.
La vente de miel constitue souvent l'unique source de revenu des familles locales; ces
dernières ont créé une coopérative afin de mieux gérer cette ressource vitale héritée de leurs
ancêtres.
Témoignages
Le témoignage le plus ancien d'une relation entre les hommes et les insectes est celui de la
Cueva de la Araña, dans la région de Valencia et datée de -7.000 / -4.000. Une des peintures
montre un person-nage, entourée d'abeilles, et grimpant sur une corde (ou une perche) pour
récupérer du miel sauvage. A l'instar des populations de chasseurs de miel subsistant
encore aujourd'hui dans l'Himalaya népalais ou l'Atlas marocain, qui récoltent le miel en se
hissant jusqu'aux frondaisons et aux anfractuosités où nichent les abeilles.
C'est en Egypte que se trouve la plus ancienne représentation de ruches, gravée sous la Ve
dynastie (-2.400) sur un bas-relief du temple solaire d'Abou Ghorab. La propolis entrait
notamment dans la compo-sition des baumes utilisés pour conserver les momies. L'abeille est
le symbole de la Basse-Egypte et désigne le pharaon de cette région. Les plus anciens
vestiges matériels ont été trouvé en 2007 à Tel Rehov en Israël, une vaste cité de l'âge du
bronze : 25 ruches cylindriques de terre et de paille, conservées car cuites dans l'incendie de la
cité.
Intelligence collective
L'abeille a un mini cerveau avec des maxi capacités. Elle reconnaît les couleurs, elle a une
reconnais-sance poussée des odeurs (dont les récepteurs se trouvent dans les antennes).
L'abeille est capable d'apprendre, on peut l'entraîner à reconnaître et associer des saveurs, des
couleurs, des formes, des odeurs. Des tests en laboratoire (2012) montrent que
les abeilles sont capable d'élaborer des concepts abstraits comme "au-dessus de" et "à côté
de" et de les généraliser.
"L'abeille nous apprend qu'il n'y a pas de ligne de démarcation entre elles et nous au niveau de
ce type d'apprentissage supérieur. Cela signifie soit que l'apprentissage supérieur n'est pas le
propre de l'homme, soit que cet apprentissage n'est pas aussi supérieur qu'on pourrait le croire.
Dans le cerveau de l'abeille, un nombre de neurones restreints suffit pour le réaliser." Martin
Giurfa.
Epigénétique
Chez les abeilles, le travail obéit à une division extrêmement précise dans le temps et dans
l'espace. A peine éclose, la jeune ouvrière doit nettoyer la ruche avant de jouer les nurses
auprès des larves qu'elle nourrit avec de la gelée royale, puis du miel et du pollen. Ce n'est
qu'au bout de trois semaines qu'elle devient butineuse. Certaines donnent l'alerte en cas de
danger, d'autres sont soldats protecteurs, et enfin, les éclaireuses, indiquent les sources de
nourriture grâce à leurs fameuses danses. Les abeilles émettent des phéromones très variées.
Elles communiquent aussi par des bruissements et le contact des antennes.
En 2003 on montrait pour la première fois qu'un comportement social était sous-tendu par une
régulation génétique concernant un très grand nombre de gènes. L'épigénétique étudie les
modifications du génome qui ne consistent pas en un changement du code génétique constitué
par les quatre bases A, T, G et C, mais en la greffe sur ces bases de groupements chimiques.
Cette greffe, transmissible d'une génération à l'autre et réversible, peut être induite par des
facteurs de l'environnement. Elle influe sur le niveau d'expression d'un gène.
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Manuscrits
Rouleau Barberini
Rouleau Barberini (écriture bénéventine), 1087, Exultet. Abbaye du Monte Cassino vers
Biblioteca Apos-tolica Vaticana, Codex Barberini Latinus 592. (Ruches en planches de bois,
récolte partielle du miel et de la cire).
Le Tacuinum Sanitatis est un manuel médiéval sur la santé, basée sur le Taqwin al-sihha, un
traité médical arabe écrit par Ibn Butlan ; il existe dans nom-breuses versions latines, les
manuscrits sont profusément illustrés. A la fin du Moyen-Âge, le Taccuinum est très populaire
en Europe de l'ouest; une indication de cette popularité est l'utilisation du mot taccuino en
italien moderne qui désigne n'importe quel sorte de manuel de poche, guide ou cahier. En plus
de son importance pour l'étude de la médecine médiévale, le Taccuinum est également intéressant pour l'étude de l'agriculture et de la botanique.
Activités
Agriculture
Les cultures de la région des Igoudar sont adaptées à la rareté de l'eau. On y pratique de la
culture saisonnière en bour (non irriguée), de l'orge (ou du blé dur), qui est la céréale la mieux
adaptée aux conditions extrêmes. Son rendement est accentué par la culture en terrasses, qui
provoquent une augmentation de la quantité d'eau s'infiltrant dans le sol. Les chaumes et la
paille sont utilisés comme fourrage et comme matière de construction.
Les arganeraies
L'amandier, l'arganier et le figuier de Barbarie font partie intégrante du paysage. L'exploitation
de ce potentiel naturel a besoin d'un stockage sûr qu'offrent les Igoudar. L'exploitation des
forêts d'arganiers est lui aussi régie par un ensemble de codes d'exploitation fixés par la
coutume.
Elevage
La rareté de la végétation, influence fortement les pratiques de l'élevage. - L'élevage sédentaire
Outre la production animale, l'élevage fournit du lait, de la viande, de la laine et des peaux.
L'élevage satisfait aussi les besoins des petites parcelles en fertilisants. - Les troupeaux
transhumants Cette mobilité se fait selon une organisation pastorale régie par une
réglementation précise.
Des membres de la famille se relaient pour suivre le troupeau un certain temps. Certaines
communautés se déplacent entre différentes parties de leur territoire où elles détiennent un
Agadir ou plusieurs Igoudar pour stocker les récoltes.
Apiculture
On trouve des ruchers dans la plus part des Igoudar. Dans le sud du Maroc, l'abeille
saharienne est l'espèce la mieux adaptée aux conditions bioclimatiques les plus difficiles. Son
existence met parfaitement en évidence le résultat de la sélection naturelle, et l'isolement
géographique lui assure une protection entre autres contre la mystérieuse maladie qui frappe
depuis quelques années les abeilles du monde entier.
Près de Amtoudi il y a un autre agadir remarquable : Meherz, situé sur un piton qui domine
l'oasis de Targa ou Khdaïr, avec une très grande quantité de ruchers dans un environnement
tout minéral. Il aurait été abandonné il y a déjà 850 ans. L'exploitation d'une telle quantité de
rucher n'a été possible que dans un environnement vert et fertile, dans cette région cet état de
chose monte à très loin dans l'histoire, c'est dire le très grand âge de cet agadir.
Les moulins à grains
Souvent qualifiée de "plus vieille des industries", l'utilisation de la meule de pierre est
129
indissociable de l'histoire humaine. Intégrée depuis la fin du Paléolithique à des processus
alimentaires, son usage est resté constant jusqu'à la fin du XIXe siècle, où elle fut
progressivement remplacée par des outils métalliques d'un genre nouveau. Pourtant, elle est
toujours visible dans des installations domestiques ou rurales.
Selon les lieux et les époques, la meule de pierre fut utilisée pour la mouture sèche : dans la
fabrication de la farine, du sucre ou des épices, mais aussi pour la préparation des kaolins,
ciments, phosphates, chaux, émaux, engrais et autres minerais. L'opération de mouture peut
également être réalisée humide, comme pour la semoule de blé dur. Lors de leur préparation,
certaines matières premières permettent d'obtenir une pâte qui devient naturellement fluide.
Les pressoirs d'argans
Le milieu technique du moulin à argan couvre son aire de répartition. Il s'agit d'un moulin à
bras, en pierre, réservé au broyage des noyaux torréfiés et des amandes. Il se distingue du
moulin à grains par la forme tronconique et par la hauteur plus importante de sa meule mobile
(agurf wuflla), ainsi que par la présence d'une goulotte (abajjr ou tilst) et d'un bec verseur (ils)
sur la meule gisante (agurf u wadday).
Au centre de la meule gisante se loge un court pivot (tamnrut) en bois d'arganier autour duquel
tourne la meule supérieure percée d'un oeillard (tit n tzrgt) dans lequel on introduit une ou deux
poignées de noyaux. Le mouvement circulaire est interrompu pour décoller les noyaux après
avoir soulevé la meule. L'ensemble peut être surélevé sur des pierres soudées entre elles dans
une architecture type four à pain, ce qui permet à des braises ou coques d'argan de réchauffer
l'ensemble, facilitant ainsi le broyage en hiver.
Les fours à pain
Fait d'un mélange de terre et de paille, ils existent depuis la nuit des temps et on les trouve
encore dans tout le Maroc. On les voit aussi en groupe près des villages, ils sont alors
collectifs.
Les fours à poteries
Comme les fours à pain, les fours à poteries et à céramique ont accompagnés l'homme le long
de son long processus de développement. Ils sont encore actifs un peu partout au Maroc et
surtout à Safi sur "La Colline des Potiers".
La fauconnerie
De tradition ancestrale, l'art de la fauconnerie est toujours l'une des grandes fiertés des
fauconniers de la tribu Qouassem de la région des Doukkala. Les faucons Pélerins et Laniers
sont exclusivement nourris avec de la viande fraîche de pigeon et vivent constamment avec
leur maître, dormant sous le même toit. Chaque année, début août, le Moussem de Moulay
Abdallah Amghar est l'occasion de mieux faire connaître cet art traditionnel.
L'âge avancé des fauconniers de la tribu les a poussé à chercher lignée pour la fauconnerie. Et
c'est ainsi qu'un jeune homme, Ahmed Laghzaoui, a pris l'initiative de constituer une
association à Ouled Frej, baptisée "Qouassem", avec pour objectif de consacrer et faire durer
le legs, à travers l'incitation et le soutien, ainsi que la promotion sociale des jeunes fauconniers.
Imazighen
Origines
Naissance de l'Univers
De façon générale, le terme Big Bang est associé à toutes les théories qui décrivent notre
Univers comme issu d'une dilatation rapide qui fait penser (abusivement) à une explosion, et
est également le nom associé à cette époque dense et chaude qu’a connu l’Univers il y a 13,7
milliards d’années avec une marge d'erreur de 1 % sans que cela préjuge de l’existence d’un
instant initial ou d’un commencement à son histoire.
130
Toutes les structures à grande échelle de l'univers que nous observons aujourd'hui se sont
formées consécutivement à l'accroissement de la fluctuation primordiale de densité. Il s'agit de
changements locaux minimes de la densité de l'univers initial, alors confiné dans un volume
réduit. Au fur et à mesure du refroidissement de l'Univers, des agrégats de matière noire ont
commencé à se condenser, puis, à l'intérieur, du gaz a commencé sa condensation.
Formation des Galaxies
Les fluctuations primordiales ont attiré par gravitation le gaz et la matière noire vers les zones
les plus denses, ce qui a engendré les graines de ce qui allait plus tard devenir des galaxies.
Ces structures ont constitué les premières galaxies. À ce stade, l'Univers était presque
exclusivement constitué d'hydrogène, d'hélium et de matière noire. Peu après la formation des
premières protogalaxies, l'hydrogène et l'hélium gazeux dont elles étaient constituées
commença à se condenser pour constituer les premières étoiles. Ainsi se formèrent les
premières galaxies.
Dans ses premiers âges, l'Univers était le siège de phénomènes extrêmement violents, et les
galaxies crûrent très rapidement, évoluant par accrétion de galaxies de masses inférieures. Le
résultat de ce processus est l'empreinte laissée dans la distribution des galaxies de l'Univers
proche. Les galaxies ne sont pas des objets isolés dans l'espace, mais se distribuent plutôt
selon de grands réseaux cosmiques de filaments.
Le Système Solaire
Le soleil s'est formé à partir d'un nuage de gaz (ou disque d'accrétion) à partir duquel le
système solaire s'est formé. Ce dernier était alors un large nuage en rotation, constitué de
poussière, de roche et de gaz. Il y a quatre milliards et demi d'années, une énorme étoile
encore jeune s'est désintégrée en une supernova. L'effondrement gravitationnel provoqué par
cette explosion a produit des éléments microscopiques qui se sont mis en orbite autour du
soleil. Ces éléments sont essentiellement constitués de particules de glace et de poussières.
Par la suite, il y a eu agglomération des éléments qui ont produit des pierres, qui ont ensuite
produit des rochers (astéroïdes). Les particules qui entrent en collision sont maintenues
ensemble par la force gravitationnelle. Les rochers ont donc tendance à devenir de plus en plus
énormes à force d'entrer en collision avec d'autres rochers.
Après plusieurs années d'impact, la Terre se forma. Suite à la naissance de celle-ci, les
astéroïdes ont continué à entrer en collision avec la Terre, ce qui a produit une énergie sous
forme de chaleur.
La Lune
Une collision importante avec un astéroïde de la taille d'une planète changea l'axe de rotation
de la Terre. L'impact mélangea les couches externes des deux planètes ce qui provoqua
l'agrandissement de la Terre et le reste des débris forma la Lune. Suite au chaos des premières
années de vie de la planète, les collisions se firent plus rares et la Terre a pu se refroidir. C'est
ainsi que le système solaire a pu s'établir.
Une collision entre la jeune Terre et Théia, un objet de la taille de Mars, aurait éjecté de la
matière autour de la Terre, qui aurait fini par former la Lune que nous connaissons aujourd’hui.
Cet impact est estimé à 42 millions d’années après la naissance du Système solaire, soit il y a
4,526 milliards d’années. Elle est aussi corroborée par la comparaison entre la composition de
la Lune et celle de la Terre : on y retrouve les mêmes minéraux, mais dans des proportions
différentes.
Vers la Vie
Si l’atmosphère de l’éon archéen manque encore d’oxygène libre, la température a chuté à un
niveau acceptable et de vastes océans se sont formés. Il y a près de 3,5 milliards d’années,
des Cyanobactéries primitives (simples cellules procaryotes sans noyau) apparaissent dans les
océans. Leur nombre se multiplie rapidement et elles commencent à former des structures
solides en dôme ou Stromatolithes, par dépôt de couches concentriques de carbonate de
131
calcium. Ces simples bactéries bâtissent de gigantesques formations récifales qui donnent
naissance aux premières roches calcaires.
La vie se serait formée dans les sources chaudes. Ces sources chaudes seraient
premièrement dénuées d'eau, mais plutôt argileuses, car les matières organiques sont très
difficilement solubles dans l'eau.
Les plus anciens fossiles de cellules connus sont les Stromatolithes datés de 3.5 milliard
d'années.
Première Vie
La pluie de matériaux cométaires sur la Terre primitive pourrait avoir apporté des quantités de
molécules organiques complexes, ce qui aurait favorisé l'apparition de la vie sur Terre.
Une hypothèse alternative est que la vie se soit d'abord formée hors de la Terre.
Une hypothèse plus large est la panspermie : la vie même serait apparue dans l'espace puis
disséminée sur Terre. Une nouvelle théorie se met en place depuis quelques années créant
une nouvelle dicipline : la géobiologie. le plancher océanique abrite des roches qui libèrent un
fluide singulier, compatible avec la Vie.
Si l’atmosphère de l’éon archéen manque encore d’oxygène libre, la température a chuté et de
vastes océans se sont formés. Il y a près de 3,5 milliards d’années, des cyanobactéries
primitives (sans noyau) apparaissent dans les océans. Leur nombre se multiplie rapidement et
elles commencent à former des structures solides en dôme ou stromatolites, par dépôt de
couches concentriques de carbonate de calcium. Ces simples bactéries bâtissent de
gigantesques formations récifales qui donnent naissance aux premières roches roches
calcaires.
Découvertes récentes
La Vie au cœur de la Terre
Et si tout avait commencé dans les grandes profondeurs de la Terre (évidemment cela fait
moins rêver qu'une origine cosmique) ?
Plus les géologues ont creusé profondément dans le sous-sol rocheux de la Terre, plus les
biologistes ont été stupéfaits par la diversité des micro-organismes qu'ils découvraient. Des
micro-organismes qui ont réussi à coloniser ces contrées d'outre-tombe en s'abritant dans les
pores et interstices de la roche, et en s'alimentant souvent de l'énergie chimique résultant du
contact entre les minéraux et l'eau. Et si la Vie n'était pas née sur Terre, mais dans la Terre ?
(89)
Les sources hydrothermales océaniques, situés dans l'obscurité des grands fonds marins, où le
magma qui sort de la roche crée des conditions extrêmes proches de celles qui ont existé sur
la Terre primitive, et où pourtant, toutes sortes d'organismes prospèrent. La réaction chimique
(serpentinisation) associé à cet hydrothermalisme sous-marin est connue depuis longtemps.
Pour certains, cette serpentinisation pourrait produire les ingrédients nécessaires à la Vie. (89)
Faune d'Ediacara
Cette faune est constituée d'organismes énigmatiques en forme de feuille ou de tube et datent
de l'Ediacarien, la dernière période du protérozoïque -630 à -542 millions d'années. Ces
fossiles représentent les premiers organismes multicellulaires complexes connus. On peut les
considérer comme les intermédiaires entre les plantes et les animaux. La morphologie de
certains suggère un lien de parenté avec les éponges ou les cnidaires. Kimberella pourrait être
apparentée aux mollusques.
Les Trilobites
Les trilobites forment une classe d'Anthropodes marins primitifs et apparaissent véritablement
en grand nombre au Cambrien inférieur, il y a environ 525 millions d'années. Ils étaient
exclusivement marins et vivaient dans le substrat constituant le fond des mers. Au Maroc (en
particulier la région d'Erfoud) les gisements de trilobites sont parmi les plus importants et les
plus diversifiés au monde. Extinction il y a 250 millions d'années.
132
Sauf de rares exceptions, la carapace est seule conservée. Elle est constituée surtout par du
carbonate de calcium très finement fibreux, avec un certain pourcentage de phosphate de
chaux (pas plus de 30 p. 100) et de matière organique (chitine).
Elle se divise en trois parties d’avant en arrière: le céphalon ou céphalothorax, l’abdomen ou
thorax, seul articulé, et le pygidium.
Orthoceras
Orthoceras est un genre de mollusque céphalopode fossile. Ils sont assez communs avec une
large distribution géographique. Il fait partie du groupe des Nautiloïd, de la sous-classe
Nautiloidea, qui possède un coquillage externe. Régnant en grand nombre durant l’ère
géologique du Paléozoïque, qui s’étend entre 542 à 251 millions d’années, ils étaient les
prédateurs principaux ainsi fleurissant et développant une diversité extraordinaire dans la forme
de leur coquille. Le mode de vie de ces animaux reste en partie inconnu.
Les Crinoïdes
Pendant le Paléozoïque et le Mésozoïque, les crinoïdes abondaient et constituaient de
véritables prairies sous-marines.
Ce sont les parents des oursins, des étoiles de mer et des holothuries apparues il y a plus de
500 millions d'années. Sont des animaux marins du phylum des Echinodermes. Cette classe
comprenant les comatules est caractérisé par des créatures invertébrées à la structure calcaire
possédant une racine, une tige terminée par un calice munie de longs bras segmentés et
flexibles leur servant à attraper leur nourriture.
Plantes terrestres
Les précurseurs des végétaux semblent être des Cyanobactéries, qu'on classait
traditionnellement parmi les algues, sous le nom de cyanophytes ou algues bleu-vert. Elles
apparaissent déjà dans des fossiles du Précambrien, datant d'environ 3,8 milliards d'années.
Les premières plantes terrestres se reproduisaient à la façon des fougères : des spores
germaient pour former de petits gamétophytes, lesquelles produisaient des gamètes mâles.
Vers le milieu du Dévonien, la plupart des caractéristiques connues des plantes actuelles sont
déjà présentes, y compris les racines, les feuilles et certains tissus secondaires tels que le bois.
Les premières graines apparaissent à la fin du Dévonien. Les plantes avaient déjà atteint un
degré de complexité qui leur permettait de former des forêts de grands arbres.
Des associations symbiotiques avec des champignons peuvent avoir aidé ces plantes
primitives à s'adapter aux difficultés de leur nouvel environnement.
Les premières plantes à avoir de vraies graines (les spermatophytes) furent les
ptéridospermes, ou fougères à graines, ainsi appelées parce que leurs feuillages ressemblaient
aux frondes des fougères (bien qu'elles ne leur soient pas particulièrement apparentées en
fait). Les plus anciennes traces fossiles de ces plantes apparaissent à la fin du Dévonien.
Les Calamites apparurent au Carbonifère -350 millions d'années et possédait un cambium
vasculaire à une face, ce qui lui permettait de développer du bois et d'atteindre des hauteurs
dépassant les dix mètres. Ils avaient également des branches se ramifiant à plusieurs étages.
Les pionniers de la vie terrestre
Dans la grande chaîne de l'évolution, les champignons sont apparus à deux reprises, chaque
fois dans l'eau, donnant naissance à deux lignées proches mais bien distinctes. La première
manifestation de ces organismes filamenteux remonte à un milliard d'années environ. C'est en
tout cas vers cette époque que naissent les eumycètes, ou "vrais" champignons, parmi
lesquels on trouve aujourd'hui les cèpes, les morilles, les moisissures du fromage, les
champignons de Paris…
Lors de la deuxième apparition, les oomycètes, ou "faux" champignons voient le jour : plus
récents (400 millions d'années), ils ont récupéré des gènes de vrais champignons. Ils
comprennent par exemple le mildiou ou des parasites de poissons. Il s'agit, dans les deux cas,
133
de groupes aquatiques : leurs spores possèdent des flagelles qui leur permettent de nager.
Comme le milieu aérien devient habitable avec la couche d'ozone qui se forme et filtre les
ultraviolets, eumycètes et oomycètes s'extraient de l'eau, dans une fourchette de 1 milliard à
400 millions d'années. En
tout cas, il y a 500 millions d'années, on en est sûr, les eumycètes avaient fait leur sortie.
Hasard ? Poursuite d'une liaison entamée sous l'eau ? Les plantes sortent des mers à peu près
à cette période. Les plus vieilles spores attribuées à des végétaux proviennent de sédiments
datés de 460 millions d'années, et découvertes en Arabie Saoudite. Et l'on estime à 420
millions d'années les fossiles de la plus ancienne plante vasculaire entière connue : Cooksonia,
une tige sans feuille ni racine. (voir plus bas).
C'est de l'association algue-champignon qu'est née une nouvelle forme de flore des milieux
terrestres : les lichens. Un champignon ancestral s'est associé à des algues, a récupéré leurs
sucres, les a aidées à pousser en leur fournissant de l'eau et des sels minéraux. Tous ses
descendants ont poursuivi dans cette voie, et c'est ainsi que, peu à peu, sont apparus les
lichens. On sait qu'au cours de l'évolution, les champignons ont donné naissance à des lichens
au moins six fois. . Ces lichens ont participé à la fragmentation des roches, à la formation et à
la rétention des sols.
Rhynia gwynne-vaughani
Le petit village écossais de Rhynie, à 50 km d'Aberdeen, est pour les scientifiques qui retracent
l'histoire de la vie une source d'une richesse exceptionnelle. Le site s'est formé il y a 400
millions d'années, soit aux débuts de la colonisation de la Terre par des organismes vivants. La
fine silice de ses roches sédimentaires a particulièrement bien préservé animaux, plantes et
champignons, parfois jusque dans leurs structures cellulaires. Son écosystème, complexe, a pu
être reconstitué avec précision. De nombreuse spécimens d'Aglaophyton major, plante
commune il y a 400 millions d'années, ont été conservés dans le gisement de Rhynie. Ils
présentent des traces de symbiose mycorhizienne.
Scorpions de mer
Les scorpions de mer sont les plus grands arthropodes ayant existé. Ils font partie des
Chélicérates (comprenant les araignées et les scorpions) Ils se sont développés au cours de
l'Ordovicien (-500 Ma) jusqu'au Permien. Ils furent très répandus dans les mers peu profondes
avant l'apparition des poissons prédateurs. Certaines espèces pouvaient sortir hors de l'eau en
respirant grâce à des poumons spéciaux (comme les crabes ou les limules).
Placodermes
Les Placodermes furent parmi les tout premiers vertébrés à posséder une mâchoire. Ils sont
apparus au début du Silurien et ont complètement disparu à la fin du Dévonien lors d'une
extinction massive des espèces. Ils possédaient de puissantes mâchoires qui leur permettaient
de broyer les poissons les plus coriaces. Ces poissons possédaient une cuirasse articulée,
composée de plaques qui rappellent la carapace des tortues. Pteraspis est poisson cuirassé
sans mâchoires. La partie postérieure de son corps revêt une peau écailleuse, alors que la
partie antérieure de son corps est couverte d'un blindage.
Anthropodes
Au Cambrien (-540 millions d'années), alors que la mer grouillait de trilobites et que les forêts
primitives étaient peuplées de géants rampants, apparurent les premiers arthropodes à pinces,
dont la plupart s'adaptèrent ensuite à la vie terrestre. C'est à cette époque que l'on rencontre
les premiers arachnides possédant des chélicères. Dès le Silurien supérieur, nous découvrons
des espèces de scorpions et d'araignées, semblables à ceux d'aujourd'hui. Les fossiles de ces
époques sont rares. Par contre on en trouve prisonniers dans de l'ambre datant de 35 à 60
millions d'années.
134
La conquête des airs
Les insectes les plus évolués (ptérygotes) sont les porteurs d'une évolution majeure : les ailes.
Elles leur permettent de conquérir les airs, et alliées à la simplification qu'apporte l'animation
de seulement six pattes pour se déplacer, ont été à l'origine d'une troisième explosion
radiative.
C'est par la superposition de ces trois explosions radiatives (vermiformes, arthropodes,
insectes) que les insectes dominent le monde par leur variété : ils représentent aujourd'hui
près de 80 % des espèces animales décrites.
Ammonites
Les ammonites forment une sous-classe éteinte des mollusques céphalopodes. Elles
apparaissent dans le registre fossile durant le Dévonien (419,2 à 358,9 millions d’années) et
disparaissent peu après la crise Crétacé-paléocène. Elles se caractérisaient par une coquille
univalve plus ou moins enroulée dont seule la dernière loge était occupée par l'animal, les
autres loges servent à contrôler sa flottaison. Leurs fossiles sont considérés comme
d'excellents marqueurs chronologiques. Leur taille va de quelques millimètres, à plus de 2
mètres de diamètre.
Leurs fossiles sont considérés comme d'excellents marqueurs chronologiques. Leur taille va de
quelques millimètres, à plus de 2 mètres de diamètre.
Les plus proches parents des ammonites sont sans doute les sous-Coleoidea actuels
(poulpes, calmars et seiches) ainsi que les bélemnites du Mésozoïque qui forment eux aussi
un groupe monophylétique.
Mésosaures
Les Mésosauridés forment une famille de reptiles marins, classée comme para-reptile, qui
vivaient durant le Permien inférieur (entre -290 et -270 millions d'années). Ils furent les
premiers reptiles (et donc amniotes) connus à se réadapter au milieu aquatique. Ces animaux,
de façon variable selon le genre et l'espèce, étaient généralement de taille modeste, soit
quelques dizaines de centimètres avec une exception connue à près de deux mètres.
Tétrapodes
Un tétrapode est un animal du sous-embranchement des vertébrés dont le squelette comporte
deux paires de membres et dont la respiration est normalement pulmonaire. Les premiers
tétrapodes étaient des animaux exclusivement aquatiques, encore mal différenciés des
poissons. Les tétrapodes actuels sont les amphibiens, les reptiles, les oiseaux et les
mammifères. Des espèces ont perdu certaines des caractéristiques. Ainsi les pattes ont-elles
disparu indépendamment chez des animaux serpentiformes. Les pattes de devant se sont
transformées en ailes chez les oiseaux, les ptérosaures ou les chiroptères.
L'apparition des tétrapodes aquatiques date de la fin du dévonien moyen, dans une fourchette
étroite comprise entre 375 et 380 Ma. Les premières sorties de l'eau connues dateraient de
365 Ma, avec Ichthyostega, le plus ancien des vertébrés connus présentant des adaptations
pour une locomotion autre que la nage
et vont évoluer vers les tétrapodes bipèdes et les théropodes.
Thérapsides
Les Cynodontes sont un clade de Synapsides qui appartient au groupe des Thérapsides, aussi
connus sous le nom de "reptiles mammaliens". Les mammifères sont les seuls représentant
actuels des cynodontes. Les cynodontes possédaient déjà presque toutes les caractéristiques
des mammifères.
Le Sauroctonus fait aussi partie de l'ordre des Thérapsides. Cet animal vécut au Permien
supérieur, il y a environ 250 millions d'années.
Les premiers mammifères
135
Eomaia scansoria est une espèce de mammifère fossile du Crétacé, la seule du genre, décrite
à partir d'un seul fossile récemment découvert. Il est le plus ancien des placentalia jamais
découverts et peut-être notre ancêtre direct.
Le fossile a été découvert dans la formation du Yixian, dans la province de Liaoning en Chine. Il
date du Barrêmien au Crétacé inférieur, daté de 125 millions d'années.
Archosaures
A la fin du Permien, il y a 255 millions d'années, apparaît un groupe de reptiles nommé
Archosaures. Au début du Trias, ces archosaures évoluent en trois grandes lignées: les
crocodiliens, les ptérosaures (reptiles volants) et les dinosaures. Les crocodiles sont, avec les
oiseaux, les derniers représentants des Archosaures.
Photo : découverte au Sahara en 2009 par le professeur Paul Sereno de plusieurs fossiles de
100 millions d'années.
Retour à l'eau
Au cours du début du Trias (-180 millions d'années), les ichthyosaures ont évolué à partir d'une
lignée diapside lépidosauromorphe terrestre, encore non identifiée, qui est retournée à l'eau.
C'est une évolution similaire aux cétacés et un exemple type d'évolution convergente. Les
ichthyosaures étaient particulièrement abondants pendant la période Jurassique, jusqu'à ce
qu'ils soient remplacés comme grands prédateurs aquatiques par des Pliosaures et les
Mosasaures au Crétacé.
Dimetrodon
Le dimétrodon était un synapside pélycosaurien, très proche des thérapsides, qui a prospéré
dans la période du Permien, entre 280 et 265 Ma. C'était un carnivore aux dents effilées, et un
cousin des lointains ancêtres des mammifères. Il est souvent pris pour un dinosaure, une
erreur renforcée par le fait qu'on le trouve souvent parmi les figurines de dinosaures pour
enfants. Mais en réalité, il vivait bien avant les dinosaures. Par ailleurs, il marchait avec les
pattes repoussées vers l'extérieur alors que celles des dinosaures se trouvaient sous leur
corps.
Dinosaures
Les dinosaures, forment un clade extrêmement diversifié de vertébrés diapsides représentés
actuellement par les oiseaux. Ce sont des archosaures ovipares, ayant en commun une
posture érigée. Présents dès le Trias supérieur
(-230 millions d'années), ils disparaissent presque entièrement lors de la crise Crétacé-Tertiaire
il y a 65 millions d'années. Seuls les oiseaux, qui émergent de petits dinosaures théropodes du
Jurassique moyen, survivent à cette extinction. Ils comprennent des formes très diverses
d'animaux terrestres et volants, ayant développé toute une série d'innovations squelettiques.
Agadir Dinosaures
Découverte d’empreintes de pas de dinosaures en front de mer dans la commune d’Anza au
nord d’Agadir.
L’intérêt de ce site est double. C’est le premier lieu du genre au Maroc de l’âge crétacé
supérieur et plus exactement Santonien. Le passage des dinosaures sur les lieux
remonteraient à 85 millions d’années.
Archaeopterix
Archaeoptérix, un Dinosaure emplumé du Jurassique (-156 millions d'années) volait déjà. C'est
l'aboutissement d'une longue évolution dont les fossiles du Vélociraptor, Unenlagia, Anchiornis
et du Microraptor témoignent.
L'évolution des plumes :
1. Des protoplumes comme chez Sinosauropteryx.
2. Une plume ramifiée, à rachis court et à barbes libres, comme chez Shuvuuia ou des
Therizinosaures.
136
3. correspond à des plumes dont les barbes libres sont reliées au rachis.
4. Les plumes possèdent des barbes avec barbules reliées par des crochets, ce qui assure
l'étanchéité du plumage.
5. La plume devient asymétrique, adaptation au vol (Microraptor, Archaeopteryx).
Les Tortues
Les tortues (Testudines) ont une histoire qui remonte à plus de 200 millions d’années. La tortue
a connu les dinosaures et traversé toutes les crises climatologiques. Les plus anciens fossiles
datent du Trias, il y a 220 millions d’années. La plus ancienne tortue, connue à ce jour, est
Proganochelys. Cette tortue d’eau douce qui vivait au Trias supérieur était déjà dotée de
toutes les caractéristiques de nos tortues actuelles. La différence réside dans le fait qu’elle
avait encore des dents et qu’elle mesurait près d’un mètre de long.
Le Diplocaulus
Le genre Diplocaulus est un genre éteint d'amphibien de la sous-classe des Lepospondyli de la
période du Permien (-230 millions d'années). Diplocaulus est connu pour les longues
protubérances sur les côtés de sa tête, qui donnaient à son crâne la forme d'un boomerang. Du
fait de ses membres frêles et de sa queue relativement courte, on suppose qu'il nageait avec
un mouvement de bas en haut avec son corps, ce qui n'est pas sans rappeler la nage des
cétacés d'aujourd'hui.
Les premières fleurs
Les fleurs sont des organes modifiés à partir des feuilles, possédées uniquement par les
angiospermes, elles apparaissent relativement tardivement dans les archives fossiles : les
premières structures semblables à des fleurs remontent à 130 millions d'années, au milieu du
Crétacé.
Le plus vieux fossile de fleurs a été découvert en Chine et date du Crétacé -140 -120 millions
d'années.
Trois groupes fossiles présentent des structures analogues à des fleurs. Le premier est
Glossopteris, un groupe de ptéridospermes du Permien dont les feuilles recourbées
ressemblaient déjà à des carpelles. Les Caytoniales du Trias étaient encore plus proches, avec
des ovules complètement enclos, mais dans un tégument à simple paroi ; de plus, les détails
des pollens et des étamines les distinguent nettement des vraies plantes à fleurs. Enfin, les
Bennettitales portaient des organes remarquablement semblables à des fleurs.
Les premiers palmiers
Ptéridospermales et Bennettitales sont des Gymnospermes maintenant éteintes. Les
Bennettitales portaient des organes remarquablement semblables à des fleurs, protégés par
des enroulements de bractées qui jouaient peut-être un rôle analogue à celui des pétales et
des sépales des vraies fleurs, mais ces structures ont évolué indépendamment, car les
Bennettitales sont plus proches
des cycadales et des ginkgos que des angiospermes. Les Gymnospermes apparaissent au
Dévonien et dominent le monde végétal au Trias et au Jurassique.
Le Mosasaure
Les Mosasauridae sont une famille éteinte de reptiles marins géants apparenté aux lézards et
aux serpents (mais en aucune façon aux dinosaures, aux plésiosaures ou aux ichtyosaures) et
regroupant différents genres comme le Mosasaurus. Le taxon apparaît au crétacé inférieur (146 à -100 millions d'années) et disparaît en même temps que les dinosaures et de
nombreuses autres espèces lors de l'extinction Crétacé - Crète
Habitée probablement depuis le Paléolithique et certainement depuis le Mésolithique (-9.000)
par des peuples venus de Grèce, du Proche-Orient et d’Afrique. Knossos, Phaistos, Malia et
Zakros ont été édifiées vers -1900 et une première fois détruites par un tremblement de terre
vers -1700. L’influence Egyptienne est visible dans les céramiques et les bijoux.
Le site de Knossos fut occupé très tôt, et les fouilles ont révélé pas moins de 10 niveaux
137
correspondant à l’histoire néolithique de Knossos. Chaque niveau représente 300 ans.
Tertiaire, vers -64 millions d'années. Comme les baleines et les dauphins, les mosasaures sont
des formes d'origine terrestre réadaptées à la vie marine. Les mosasaures ont longtemps été
vus comme de proches parents des varanidés actuels, donc comme relevant du sous-groupe
des sauria au sein des squamates. Mais certains auteurs penchent plutôt pour un
apparentement avec les serpents, à un stade très ancien, puisque des pattes sont toujours
présentes chez les Mosasauridae.
Les Camélidés
L'ancêtre du genre Camelus est apparu il y a 50 millions d'années en Amérique du Nord. Il y a
5 millions d'années, l'ancêtre du dromadaire aurait pénétré en Afrique. Les dromadaires
existaient déjà dans la Corne de l'Afrique pendant la Préhistoire et on a retrouvé des dents en
Éthiopie ainsi que des peintures en Somalie et à Djibouti. La relation entre l'homme et le
dromadaire remonte au -IIe millénaire. La domestication du dromadaire a probablement eu lieu
dans le sud de la péninsule arabique vers -2000 ou -3000.
L’Aepycamelus est une espèce éteinte de Camelidae, autrefois appelées Alticamelus en
littérature scientifique. L'Aepycamelus a vécu durant la période miocène (14 à 15 Ma) sur les
prairies de l'Amérique du Nord.
La famille des camélidés comprend, actuellement, 3 genres et 7 espèces vivantes:
1. Le Chameau - Afrique et Asie
2. Le Lama - Amérique du Sud
3. La Vigogne - Amérique ldu Sud.
Paracamelus est le premier représentant de la famille des camélidés de l'Ancien Monde. Il
présente une large distribution chronologique.
Un fragment de mandibule et deux métapodes complets provenant du secteur fossilifère de
Kossom Bougoudi au nord du Tchad. Une étude comparative permet d’attribuer les spécimens
à Paracamelus gigas, estimés à -5 millions d'années. Ce qui démontre que l'histoire africaine
des camélidés a une origine beaucoup plus ancienne qu'il était admis.
En Chine, le plus vieux Paracamelus. gigas est connu dans des niveaux qui sont datés vers 5,5 millions d'années. Le Paracamelus est donc connu du Miocène supérieur au Pléistocène.
Autres gisements de fossiles :
- Algérie : Ternifine – Pléistocène inférieur
- Tunisie : lac Ichkeul - Pléistocène inférieur et moyen
- Kenya : Gorges d'Olduvai
- Ethiopie : vallée de l'Omo -3,36 0 2,85 millions d'années
- Egypte : Wadi Natrun -5 millions d'années.
Le Tyrannosaurus
Le Tyrannosaurus est un genre de dinosaure théropode ayant vécu à l'extrême fin du Crétacé
(-65 à -70 millions d'années) dans ce qui est actuellement l'Amérique du Nord. De loin le plus
grand des carnivores de son temps, le Tyrannosaurus a pu être un super prédateur au sommet
de la chaîne alimentaire, chassant notamment des herbivores de grande taille. Plus de trente
spécimens fossiles de Tyrannosaurus rex ont été recensés, certains étant presque complets.
Des restes de tissus mous et de protéines fossilisés ont été retrouvés sur au moins l'un de ces
spécimens.
Vers les premiers primates
Ida - Darwinius masillae est une espèce de primate aujourd'hui éteinte. Un fossile (nommé Ida)
a été découvert en 1983 sur le site fossilifère de Messel en Allemagne, mais son étude n'a été
138
publiée qu'en 2009, date à laquelle elle a fait l'objet d'une couverture médiatique significative.
Ancêtre commun des deux grands groupes qui séparent les primates, celui des lémuriens et
des loris d'un côté et celui des antropoïdes de l'autre. Ce fossile a 47 millions d'années.
Proconsul
Proconsul africanus est une espèce éteinte de primate du Miocène. Le principal fossile a été
découvert par Mary Leakey et son équipe sur l'île de Rusinga, sur le Lac Victoria au Kenya. Ce
fossile, vieux de 18 Ma, est considéré par certains auteurs comme un ancêtre potentiel des
singes, grands et petits, et des hommes.
Les Baleines
Il y a 47 millions d’années, un lointain ancêtre de labaleine, s’apprêtait à donner naissance à
son petit, sur la terre ferme. C’est le fossile de cette créature, morte avant d’avoir pu donner la
vie qu’a découvert le paléontologue Philip Gingerich avec son équipe, de l’université du
Michigan. C’est la position du foetus à l’intérieur de sa mère qui a permis aux scientifiques de
conclure à la mise-bas terrestre.
Homo habilis
Homo habilis est une espèce du genre Homo qui vivait il y a approximativement 2,5 à 1,8
million d’années en Afrique du nord, orientale et australe. L’Homo habilis maîtrisait parfaitement
la bipédie permanente, même si celle-ci n'apparaît pas avec lui. Elle est déjà présente chez
Australopithecus. En revanche, ses membres postérieurs courts n’en faisaient pas un aussi
grand marcheur que l’Homo ergaster, apparu ultérieurement. Son aspect restait très archaïque.
L’espèce présentait un fort dimorphisme sexuel, les femelles étant beaucoup plus petites que
les mâles.
Les félins
L'hypothèse selon laquelle le smilodon aurait vu le jour il y a 2,5 millions d'années pourrait être
remise en cause par la découverte, dans le parc national des Badlands (Dakota du Sud, ÉtatsUnis), d'un fossile de crâne de tigre à dents de sabre datant de 33 millions d'années.
Peut-être la plus belle espèce du règne animal.
Le mammouth
Le mammouth laineux (Mammuthus primigenius) est une espèce éteinte de la famille des
Éléphantidés et l'un des représentants du genre Mammuthus. Apparu il y a 200 à 300 000 ans,
il a occupé toute l'Eurasie, de la péninsule Ibérique et l'Écosse jusqu'en Sibérie et même
l'Amérique du Nord qu'il a atteint par le détroit de Béring, exondé durant les glaciations.
L'espèce a disparu à la fin du Pléistocène avec toute une série d'autres grands mammifères.
En Europe, il a disparu un peu plus tôt qu'en Sibérie et en Amérique du Nord. Sur le continent,
il semble avoir disparu environ vers -10 000.
3,3 milliards de paires de base d'ADN de Mammuthus primigenius, soit 70 % environ du
génome du mammouth laineux ont aujourd'hui pu être séquencés à partir des ADN de
plusieurs sujets retrouvés dans le pergélisol sibérien.
Le Loup
L'ancêtre le plus probable du loup est Canis lepophagus, un canidé vivant en Amérique du
Nord au Miocène. Les premiers loups actuels sont apparus vers -1,8 million d'années. Parmi
eux, Canis priscolatrans ressemblait au loup rouge et a colonisé l'Eurasie en passant par le
détroit de Béring : la population eurasienne Canis priscolatrans a évolué en Canis etruscus
puis Canis mosbachensis. Cette dernière forme a évolué vers Canis lupus puis re-colonisé
l'Amérique où il a cohabité avec un canidé de grande taille Canis dirus, disparu il y a 8 000 ans
après la disparition de ses proies. L'espèce a évolué au cours de l'histoire pour se différencier
en plusieurs sous-espèces comme le Loup gris commun d'Europe (Canis lupus lupus), le Loup
arctique (Canis lupus arctos) et de nombreuses autres sous-espèces de loups. Il est également
à l'origine du Chien (Canis lupus familiaris) domestiqué par l'homme et des sous-espèces
139
retournées à la vie sauvage comme le Dingo (Canis lupus dingo) et le Chien chanteur (Canis
lupus hallstromi).
L’odyssée de l’espèce humaine
Légende de la carte
Théorie multirégionaliste
Homo ergaster évoluant vers Homo erectus sortant d'Afrique il y a 1,8 millions d'années, puis
donnant naissance à Homo sapiens.
Théorie dite "Out of Africa"
ou monocentriste
Route orange :
Homo ergaster évoluant vers Homo erectus sortant d'Afrique il y a -1,8 millions d'années.
Route rouge :
Homo sapiens sortant d'Afrique il y a -200.000 ans.
Homo habilis
Homo habilis est une espèce du genre Homo qui vivait il y a approximativement 2,5 à 1,8
million d’années en Afrique du nord, orientale et australe. L’Homo habilis maîtrisait parfaitement
la bipédie permanente, même si celle-ci n'apparaît pas avec lui. Elle est déjà présente chez
Australopithecus. En revanche, ses membres postérieurs courts n’en faisaient pas un aussi
grand marcheur que l’Homo ergaster, apparu ultérieurement. Son aspect restait très archaïque.
L’espèce présentait un fort dimorphisme sexuel, les femelles étant beaucoup plus petites que
les mâles.
Toumaï, est le surnom d'un crâne fossile de primate découvert en 2001 au Tchad. Il a conduit à
la définition d'une nouvelle espèce, Sahelanthropus tchadensis, que certains
paléoanthropologues considèrent comme l'une des premières espèces de la lignée humaine,
probablement très proche de la divergence chimpanzés - homininés. L'âge du fossile est
estimé à environ 7 millions d'années.
Homo erectus
Anciennement appelé Atlanthrope, il a été classé Homo erectus. Retrouvé dans les sédiments
du lac historique de Ternifine, il est estimé à 700.000 ans.
Afalou
En Afrique du Nord, à la fin du Paléolithique, puis au Néolithique il existe deux variétés d'Homo
sapiens sapiens. La plus ancienne est celle des Mechtoïdes (Mechta el-Arbi en Algérie). Les
Mechtoïdes remontent à 22.000 ans ainsi que celle du Taforalt au Maroc. Leur présence est
aussi attestée dans l'Atlas saharien, en Algérie, ainsi que dans le Haut et Moyen Atlas au
Maroc, aux Canaries et au Mali. Des analyses d'ADN extraites d'une trentaine de squelettes de
Taforalt ont permis de démontrer une origine locale de la population de Taforalt, impliquant une
continuité génétique d'Homo sapiens en Afrique du Nord.
Taforalt
La Grotte des Pigeons Dans le Nord du Maroc près d'Oujda, on a découvert plusieurs
squelettes (Homo sapiens) et ossements dont un crâne qui présente une trépanation
parfaitement réussie, ce serait à ce jour la plus ancienne intervention chirurgicale. Des
coquillages perforés du genre Nassarius ont été récoltées dans de vieilles couches datant de
82.000 ans ! Leur coloration rouge et une légère usure prouvent une utilisation comme bijoux.
Sidi Abderrahman
L'homme de Sidi Abderrahman, de l'Acheuléen ancien, est estimé à 300.000 années d'âge
(Homo sapiens), c'est la période des bifaces taillés à la pierre Le crâne du Djebel Irhoud, de
type Homo sapiens neanderthalensis, de l'Acheuléen moyen, à ±200.000 ans. C'est la période
140
du début de la taille du bois et des hachereaux.
Oued Beht
Cette grotte de la province de Khemisset a révélée des structures d'habitats, des sépultures et
du mobilier vieux de 7.000 ans. Les squelettes (Homo sapiens) ont été inhumés, en position
embryonnaire, selon un rituel funéraire propre à cette communauté de l'âge du cuivre.
La maîtrise du feu
Pour la première fois, des Hommes (Homo ergaster) quittent le berceau africain et partent
explorer le monde. C'est avec lui qu'apparaît l'industrie acheuléenne. On doit à ses
descendants, Homo erectus (Afrique et Asie) et Homo heidelbergensis (Europe), une révolution
: la maîtrise du Feu, il y a 790.000 à 400.000 ans, permettant la cuisson des aliments, une
protection contre la faune sauvage, éclairant et chauffant les grottes. En Afrique, les premières
traces de combustion non-intentionnelles datent de -1,5 millions d'années.
Homo sapiens
Apparu il y a -300.000 et -100.000 ans, selon les théories.
S'il pousse plus loin que ses prédécesseurs la découverte du monde, sa culture lui permet une
meilleure maîtrise de son environnement pour en tirer profit, se nourrir, se protéger ou s'abriter.
Contemporain des hommes de Neandertal pendant 10.000 ans en Europe, il aurait pu, selon
certaines théories, rencontrer des formes évoluées d'erectus, en Asie. Il est désormais l'unique
représentant sur terre de la lignée des hommes.
M'Soura
Situé près de Larache, le tertre de M'Soura (M'Zora) est l'un des plus célèbres monuments
funéraires marocains. Composé d'un tertre et d'un cercle de 167 monolithes. M'Zora est un
monument unique qui ne présente aucune parenté avec d'autres tombeaux mégalithiques de
l'ensemble du Maghreb et du Sahara.
Aousserd
En 2006, des ruines ont été découvertes au Sud de Dakhla, près de Aousserd, relevant d'une
antique civilisation berbère. Les vestiges d'un lieu de culte, de maisons, d'une nécropole, de
colonnes et de gravures d'animaux sur pierre, ont été estimés à 15.000 ans d'âge, qui en ferait
une des plus vieilles du monde. Le site était une étape sur la piste vers Tombouctou, Gao et
Chinguetti. Toute cette région, alors fertile et parsemée de sources, de rivières et de lacs, est
d'une grande richesse en vestiges préhistoriques.
Guelb er-Richat
La structure de Richat ou dôme de Richat, surnommé "l'œil de l'Afrique" ou "l'œil du Désert",
près de Ouadane en Mauritanie en plein désert du Sahara, est une ancienne énigme de 50 km
de diamètre. Ce serait d'après les dernières interprétations scientifiques géologiques, le
résultat d'un phénomène volcanique géant, vieux de 100 millions d'années (Crétacé),
totalement effondré à la suite d'une longue érosion différentielle. Les conséquences climatiques
ont dût être énormes. Il est situé entre Aousserd et Tombouctou.
Nabta-Playa
Sur ce site a été découvert, outre des silex et poteries, un important champ mégalithique vieux
de 6000 à 6500 ans, soit 1000 ans de plus que Stonehenge, et on a trouvé des traces d'un
stockage intensif de sorgho sauvage. Ce monument cérémoniel est un calendrier
astronomique, au temps où la région avait un climat paradisiaque.
Tassili
Dans l'immensité du Sahara, vert et humide, se répandent des populations pastorales aux
caractères physiques variés, noires, blanches et mixtes mais toutes uniformément constituées
d'Homo sapiens sapiens. Ces Bovidiens partagent les mêmes grands traits civilisationels,
141
baignant dans une atmosphère commune. Les traits sociaux et culturels des populations
pastorales mixtes que reproduisent les gravures rupestres montrent que c'est dans ce creuset
que surgissent les ancêtres préhistoriques des Berbères du Sahara.
Akakus - Libye
Les plus anciennes sépultures protoberbères (idebnan) du Sahara méridional datent du -VII
millénaire. La domestication c'est très probablement acquise au cours du -VIIIe millénaire par
des communautés y vivant depuis quelques milliers d'années. Ce Sahara humide et vert ne
sera pas éternel et vers la fin la préhistoire la tendance est à l'aridité, crise qui va durer cinq
siècles (Aride mi-holocène). Les précipitation viendront reverdir cette zone pour (Humide
néolithique), mais la plupart des oueds ne sont plus permanents pas plus que les lacs.
Le Sahara néolithique
On a longtemps pensé que les principales innovations technologiques du Néolithique
(céramique, élevage, agriculture, métallurgie) étaient toutes nées au Proche-Orient, qu'elles
avaient atteint l'Afrique subsaharienne par la vallée du Nil, puis s'étaient diffusées jusqu'au
cœur du continent. Or il semble bien que le Sahara soit le berceau d'une civilisation sédentaire
originale, développant peu à peu l'agriculture. Dans l'Aïr (Niger), on trouva des tessons de
céramique qui supposaient une technique déjà bien au point. Ils furent datés de -8.000. Cette
découverte ne faisait que s'ajouter à d'autres dans le même massif, au Hoggar et en Libye.
Le passage de la cueillette des graminées sauvages à la récolte de graminées cultivées
obtenues après sélections successives a bien eu lieu, comme les préhistoriens l'ont mis en
évidence, dans l'ouest du Sahara, à Tichitt.
Vers -2.500 la population se regroupe autour des points d'eau permanents. En Mauritanie, sur
le Dhar envahi par le sable, qui joint sur quelques trois cent kilomètres les deux vieilles villes
caravanières de Tichitt et de Oualata, d'étonnantes concentrations d'enclos de pierres,
dominant une vaste mer de longues dunes ondulantes, témoignent de ce déclin.
L'étude des tessons de poteries, présents en très grand nombre sur le sol, fait en effet
apparaître de nombreuses empreintes de graines de millet incluses lors du modelage de la
céramique, qui devait se pratiquer près des greniers à mil ou aux alentours de feux de cuisine.
Vers -1.500, les habitants du Dhar Tichitt abandonnent leurs villages. Ils laissent sur place de
nombreuses meules et un nombre impressionnant de broyeurs et autres objets en pierre qui
témoignent des époques fastes.
Du cheval au dromadaire
Vers la fin du –IIe millénaire, des chevaux attelés à des chars font leur apparition sur de
nombreuses fresques, et on s'interroge encore sur la civilisation qui les a représentés. Leur
émergence se situe à une époque contemporaine de la métallurgie du cuivre et du fer, dont la
région des Grands Lacs est certainement à cette époque un centre de production autonome.
Le cheval ne reste pas longtemps maître de l'espace saharien, à cause de la sécheresse, il
sera remplacé par le dromadaire. Celui-ci assure à ses possesseurs berbères la maîtrise des
espaces désertiques et le contrôle des zones de plus en plus réduites habitées par des
sédentaires.
Caravanes du désert
L'Islam a renforcé la symbiose économique entre la civilisation urbaine et les nomades. Elle
caractérisait déjà l'Empire romain et n'a pas été mise en cause par la désurbanisation et le
dépeuplement des plaines après sa disparition : on assiste alors plutôt à un ébranlement des
nomades, contraint à circuler sur des espaces beaucoup plus vastes, mais toujours en
symbiose avec les populations sédentaires.
Le grand nomadisme saharien, très différent de la transhumance, suppose un mode de vie
entièrement axé autour du dromadaire. Le savoir-faire de la traversée est l'apanage des grands
nomades chameliers, appartenant aux deux grandes confédérations berbères des Sanhadjas
et des Zénètes.
142
Au fil des siècles, le Sahara se parcourt au long des itinéraires des caravanes de l'or, de
l'ivoire, du sel et des esclaves. Au départ et au débouché de ces routes se développent des
centres prospères tels Sijilmassa, Marrakech (fondé par la dynastie berbère des Almoravides
en 1070) au nord, Gao et Tombouctou au sud, centres d'échanges auxquels contribuent
également des communautés juives. Au XVIe siècle, la découverte de nouvelles voies
maritimes et l'or du Nouveau Monde restreignent l'importance de l'économie caravanière.
Touareg
Après 1945, le Sahara commence à révéler ses richesses en gaz et en pétrole et bouleverse
l'économie de plusieurs pays. A partir des années 1960, partagé entre plusieurs pays jaloux de
leur indépendance, le monde saharien, peu concerné par des frontières étatiques, subit une
évolution profonde. En 1963 – 1964, une première révolte, réprimée sans ménagement, éclate
dans l'Adrar des Ifoghas au Mali. En 1990, de nouveau au Mali mais aussi au Niger, se
déroulent des affrontements sanglants entre groupes touaregs et gouvernements centraux.
Mali
Le fragile équilibre mis en place vers 2000, a été récemment bouleversé par la disparition de
Kadhafi, entraînant le retour, tout particulièrement au Nord du Mali, de combattants bien
équipés décidés à y créer un Etat indépendant.
Comme à d'autres moments de son histoire, le Sahara est redevenu un espace d'affrontements
mettant en jeu acteurs locaux et puissances internationales, intérêts stratégiques et logiques de
survie, visions millénaristes et corruptions, préservation immédiate de richesses en matières
premières et stratégies à long terme.
A la richesse en pétrole et en gaz s'ajoutent les ressources minières du socle cristallin ancien
et des massifs volcaniques : or, fer, tungstène, béryl, zinc, plomb, diamant, phosphate, terres
rares dont l'uranium. Si les ressources de l'Algérie (en pétrole et en gaz), du Niger (en uranium)
et de la Mauritanie (en fer) sont connues et exploitées depuis 1958, de nouvelles découvertes
sont espérées, notamment dans le nord du Mali (nous y voilà) et dans l'est de la Mauritanie,
ainsi qu'au Niger. L’intervention des français en Janvier 2013 risque de déstabiliser toute la
région.
Origines des langues
Les bruits de la nature
Pour satisfaire notre système auditif adapté à décoder les bruits environnants, le langage aurait
évolué en mimant les bruits de la nature. Pour pouvoir être pris en charge par notre cerveau, le
langage a dû adopter des caractéristiques sonores que ce dernier avait l'habitude de
reconnaître: les bruits de la nature. La plupart des sons qui nous parviennent sont produits par
trois types d'événements physiques : collisions, frottements et vibrations, qui seraient les
principaux "phonèmes" de la nature.
Des éléments de réponse sont fournis par les éthologistes, qui font apparaître des parallèles
entre le langage humain et les vocalisations des mammifères, des cétacés ou des oiseaux,
capables de moduler des chants complexes en fonction de la pression sociale exercée par
leurs congénères, et même d'élaborer de véritables dialectes régionaux.
Selon Noam Chomsky, une "grammaire universelle", sous-jacente à toutes les langues, serait
inscrite dans nos structures cérébrales.
Les proto langues africaines
Les quatre grandes familles linguistiques africaines sont le Khoisan, langue des groupes
anciennement appelés Bushmen, actuellement considérée comme la plus ancienne langue
parlée en Afrique. Le Nilo-saharien, qui occupe probablement la seconde place dans
l'ancienneté linguistique africaine, le Niger-congo-kordofanien, et enfin l'Afro-asiatique. De
cette dernière est issu le berbère. L'Afro-asiatique ou Afrasien comprend l'omotique, le
couchitique, le tchadique, l'égyptien, le berbère, et le sémitique.
143
1. Le Khoisan
Lorigine du phylum Khoïsan remonterait à plus de 20.000 ans. Ces langues se caractérisent
par l'utilisation de clicks, produits par des claquements de langues, modulés de façon à obtenir
des intensités différentes. Il y a 100.000 ans, les populations protokhoïsanes s'étendaient sur
tout l'est du continent, du nord de l'Afrique orientale à la pointe du Cap. L'histoire de ces
peuples de chasseurs-cueilleurs n'est qu'une régression constante de leur distribution face aux
différentes vagues de migrations de peuples pasteurs sur leur territoire.
2. Le Nilo-Saharien
Il y a 20.000 ans, l'Afrique connaît une des périodes les plus arides de sont histoire. Pour rester
en vie, les chasseurs-cueilleurs ont dû suivre leurs gibiers, principalement vers l'ouest. Vers 12.000 ans, la situation climatique s'améliore. Trois grandes lignées se distinguent alors : vers
le nord, les ancêtres des langues sahariennes; vers l'ouest celles du groupe Songhaï. Un autre
groupe, comme le fur, le maba ou le koman, occupe une zone comprise entre l'Ethiopie et l'est
du Tchad. Il y a -4.000 ans, les populations les plus à l'est, comme le groupe nilotique, basé en
Haute-Egypte, adoptent un mode de vie basée sur le pastoralisme qui leur permet de se
développer jusqu'au Soudan.
3. Le Niger-Congo
Relativement homogène, cette superfamille (1.532 langues) couvre les 2/3 du continent. Ses
400 millions de locuteurs parlent, entre autres, le dogon au Mali, le wolof, langue principale du
Sénégal, le peul qui couvre une bonne partie de l'Afrique centrale et occidentale, ou le
mandingue dont les variétés s'étendent sur plusieurs pays de l'Ouest. Seul le kordofanien se
distingue de l'ensemble, isolé plus au nord, autour des monts Nouba au Soudan.
4. L'Afro-Asiatique
Contrairement à ce que laisse entendre son appellation, la superfamille afro-asiatique
n'englobe pas la totalité des langues d'Afrique et d'Asie, mais seulement celle qu'on appelle
souvent langues chamito-sémitiques. A distinguer, donc, de la famille africaine. Elles sont
l'héritage des civilisations les plus brillantes de l'histoire, des Egyptiens aux Assyriens puis au
Phénicien et au Berbère. Si l'une des branches, l'ancien égyptien, est aujourd'hui éteinte, les
quatre autres (le sémitique, le libyco-berbère, le couchitique et le tchadique) sont bel et bien
vivaces.
Vers le berbère
Les études sur les langues afro-asiatiques indiquent que le foyer de la protolangue afrasienne
se trouvait à cheval entre le nord du Soudan et les Hauts Plateaux de l'Ethiopie actuelle. La
première fragmentation aurait eu lieu en Ethiopie vers -15.000, ce qui suppose une protolangue
très ancienne. Deux fragmentations vont suivre, celle de -13.000 ans et celle de -11.000 à
10.000 ans. Le berbère se serait formé durant cette troisième fragmentation.
On sait que les Capsiens sont le plus souvent placés à l'origine de l'ethnogenèse berbère en
raison de divers éléments à la fois anthropologiques et culturels, et que ces populations aient
été les premières à amorcer la transformation de leur langue proto-boréafrasienne en langue
protoberbère, tout en étant en contact avec la langue mechtoïde.
Le Capsien s'étend essentiellement sur le territoire actuel de la Tunisie et de l'Algérie, surtout
dans les Aurès. Le Capsien dure d'environ -8 800 à -6 500.
Lac Turkana
Le lac Turkana, est l’un des lacs qui marquent l'extrême nord de la Vallée du grand rift. Il se
trouve pour l'essentiel sur le territoire du Kenya. Son extrémité septentrionale se trouve en
Éthiopie. Trois rivières se jettent dans le lac : l’Omo, la Turkwell et la Kerio.
La région est riche en formations sédimentaires anciennes renfermant des industries lithiques,
des vestiges fauniques et des fossiles d’hominidés très anciens.
144
A Koobi Fora, on a notamment découvert en 1972 le crâne KNM-ER 1470, relativement
complet et dont l’âge est estimé à environ 2 millions d’années. Attribué initialement à l'Homo
habilis, il a servi par la suite à définir l’espèce Homo rudolfensis. En 1984, Kamoya Kimeu a
découvert un squelette très complet à Nariokotome sur la rive Ouest. Surnommé le "Turkana
Boy", KNM-WT 15000 est un Homo ergaster adolescent relativement grand. En 1998, l’équipe
de Meave Leakey a découvert un crâne relativement complet qui a permis de définir un
nouveau genre et une nouvelle espèce : le Kenyanthropus platyops.
Les volcans dominent cette terre inhospitalière qui a vu naître les premiers hominidés. Dans le
nord de la Vallée du Rift, faille gigantesque qui court sur près de 6.000 kilomètres entre
Zambèze et mer Rouge. A Lodwar, chef-lieu du district Turkana, on mâche le Qat (Khat). Celle
que l'on surnomme "mer de jade" s'étire sur 250 kilomètres du nord au sud, de l'Ethiopie aux
collines kenyanes de Samburu.
Le lac est alimenté par trois rivières, dont une seule, l'Omo, coule tout au long de l'année. Il y a
7.000 ans, une partie de ses eaux s'épanchaient encore dans le bassin du Nil. Depuis, la
tectonique des plaques a bouleversé le paysage et le niveau n'a cessé de baisser.
La Vallée du Rift
La Vallée du Grand Rift est un élément géologique majeur, qui s'étend du sud de la mer Rouge
au Zambèze sur plus de 6.000 kilomètres de longueur, 40 à 60 kilomètres de largeur et
quelques centaines à quelques milliers de mètres de profondeur. Le grand rift est-africain
coupe en deux la Corne de l'Afrique : la plaque tectonique nubienne, à l'ouest, s'éloigne de la
plaque somalienne, à l'est, avant de se diviser, au sud, de part et d'autre de l'Ouganda. Le rift
occidental englobe les montagnes des Virunga et Ruwenzori, et plusieurs des grands lacs
africains.
La Vallée du Grand Rift est aussi surnommée le berceau de l'humanité car de nombreux
fossiles d'Hominidés et de nombreux vestiges archéologiques très anciens y ont été
découverts. Cette vallée présentait toutes les conditions requises pour créer et conserver des
fossiles. Sous la surface, les plaques continentales s'écartent l'une de l'autre. Des millions
d'années d'activité tectonique et de sédimentation ont enfoui, préservé et fait ressurgir à la
surface des restes d'Hominidés qui habitaient jadis la région. Il est toutefois peu probable que
seule cette région de l'Afrique ait été peuplée au Plio-Pléistocène.
Cette concentration de découvertes est plutôt liée à un contexte favorable, en relation
précisément avec la formation du Rift qui a permis une sédimentation relativement rapide et
continue en contexte lacustre. Cette accumulation de sédiments a permis de fossiliser
rapidement les ossements et les industries lithiques des anciens Hominidés. L'érosion a
ensuite creusé ces dépôts sédimentaires, permettant d'accéder à des fossiles très anciens,
comme par exemple dans les gorges d'Olduvai en Tanzanie.
La formation du Rift aurait conduit à une différenciation climatique et environnementale majeure
entre la région située à l'ouest, humide et boisée, et la région située à l'est, beaucoup plus
sèche et occupée par la savane. À partir d'une souche commune, deux lignées évolutives
auraient divergé aboutissant à l'ouest aux grands singes arboricoles, et à l'est aux
Australopithèques, groupe d'Hominidés bipèdes incluant les ancêtres d’Homo sapiens.
L'apparition de la bipédie serait une adaptation à la savane. Ce modèle séduisant a été remis
en cause par la locomotion encore largement arboricole de certains Australopithèques, puis par
les découvertes d'Australopithecus bahrelghazali et Sahelanthropus tchadensis au Tchad, 2
500 kilomètres à l'ouest du rift.
Ethiopie
Vallée de l'Omo
145
L'Omo est une rivière éthiopienne, longue de 760 km, qui se jette dans le lac Turkana par un
delta. Elle prend sa source au sud-ouest d’Addis-Abeba et se fraie un chemin tortueux dans le
plateau éthiopien. Ses méandres s'élargissent près de la frontière kényane, à mesure que le
paysage s'aplanit. Les crues de l'Omo sont essentielles pour les cultures. Dans la vallée de
l'Omo vivent de nombreuses tribus d'agriculteurs et éleveurs semi-nomades : Hamers, Mursis,
Karos, Surma, Bume, Galeba, Dassanetchs, Bèrber, Bodis, etc.
La vallée de l'Omo est connue pour ses gisements paléontologiques, témoins des époques
pliocène et pléistocène en Afrique. On y a découvert des ossements attribués à Paranthropus
aethiopicus.
Près du lac Turkana, la basse vallée de l'Omo est un site préhistorique de renommée mondiale
où ont été découverts de nombreux fossiles d'homininés. Les modifications et peintures
corporelles font partie des pratiques courantes de ces tribus comme en témoignent les
reportages des photographes Hans Silvester, Gianni Giansanti ou Rémi Bénali sur l'art de la
peinture des peuples de l'Omo.
Selon la tradition orale, les Surma seraient originaires de la région de l’Omo inférieur au nord du
lac Turkana, même si leur langue fait plutôt penser à une ascendance nilotique. Indifférents à
toute religion, sans pouvoir politique organisé, les Surma vivent en autarcie, isolés dans leurs
montagnes sauvages couvertes de forêts et de savanes. Chez les Surma, la beauté physique
est de première importance. Tous prennent grand soin de leur aspect extérieur, accordant une
place de choix aux peintures corporelles.
Le rituel Donga
C'est un tournoi assez cruel chez les Surma qui se déroule à la fin de la saison des pluies, le
moment le plus attendu par les jeunes célibataires. Les règles sont simples, il faut donner une
correction sévère à son rival en évitant de le tuer. Le vainqueur qui a éliminé tous ses
adversaires est porté en triomphe devant les jeunes filles dont l'une d'elles choisira le héros
pour époux.
Gobero - Niger
Dans le désert du Ténéré, au Niger, a été mis à jour le plus grand site archéologique de l’âge de
pierre au Sahara. Près des rives d’un ancien lac, le site de Gobero renferme le plus grand et le
plus vieux cimetière préhistorique de la région, mais aussi les vestiges des populations de
pêcheurs qui vivaient là, certains il y a 10 000 ans, à l’époque où le Sahara n’était pas un
désert. Notre envoyée spéciale permanente aux Etats-Unis, Donaig Le Du a rencontré l’une des
membres de cette équipe, l’archéo-zoologue française Hélène Jousse.
Gobero se trouve au centre du Niger dans une région qui est complètement désertique
aujourd’hui et le site apparaît sous forme d’anciennes dunes qui font deux à trois mètres de
haut, au sommet desquelles on a trouvé tous les vestiges de l’occupation de ces hommes.
Au départ, l’équipe de Paul Sereno recherchait des dinosaures. Et puis, un des membres de
l’équipe a grimpé sur ces dunes et a trouvé à l’affleurement des squelettes d’hommes. C’était
donc une découverte un peu fortuite dans une expédition qui n’avait pas du tout cet objectif-là.
Deux populations se sont succédé sur le site de Gobero. La première, la plus ancienne, a
occupé le site entre dix à sept mille ans avant nos jours. Ensuite on a un intervalle de temps où
il n’y a plus d’occupation. Et la deuxième phase de population intervient entre six à quatre mille
ans.
Sur ce site, les deux populations ont habité, se sont nourries, ont produit des poteries, ont
chassé, pêché… et ont aussi enterré leurs morts dans un cimetière, qui est vraiment une
particularité de ce site car il est le plus ancien et le plus grand connu à cette époque. Dans les
autre sites contemporains, on trouve en général des sépultures isolées : une ou deux, dix au
146
maximum. Ici, on en a comptées au moins deux cents.
Les plus vieux habitants de Gobero s’appellent les Kiffians. Ces hommes étaient très grands,
presque deux mètres. Ils vivaient au bord d’un lac étroit, de cinq mètres de profondeur, mais
qui était relié au bassin du Tchad et qui apportait donc une faune très importante, de poissons
dans le lac lui-même, mais aussi de mammifères sauvages, d’antilopes, d’éléphants, de
girafes, etc… Quant à la végétation, on ne peut pas la qualifier de luxuriante, mais c’était une
savane beaucoup plus arborée, beaucoup plus développée évidemment que le désert
d’aujourd’hui.
Pour quelle raison cette première population a-t-elle disparu ?
Il y a deux possibilités climatiques pour expliquer cette disparition. La première est que l’on sait
que le site a été inondé et de façon prolongée. Mais l’on sait aussi qu’il y a eu un petit épisode
plus aride à cette période de temps qui date environ de huit mille ans et qui a probablement
forcé ces populations à migrer.
Plus tard, la deuxième population est donc arrivée sur les lieux. On les appelle les Ténéréens,
qui sont des hommes un peu plus petits, plus graciles, qui sont enterrés dans des positions
encore fléchies, mais pas « hyperfléchies », c’est-à-dire que les jambes sont un peu repliées,
les bras sont devant le torse, les mains devant la tête. Ils portent aussi beaucoup d’ornements
sur eux : des bijoux, des colliers qui sont faits soit en ivoire d’éléphant ou d’hippopotame, soit
dans des œufs d’autruche, des bracelets et aussi quelques éléments de faune comme une
défense de phacochère sur l’une des sépultures.
Ils vivaient dans un environnement où il y avait encore de l’eau présente, probablement de
façon saisonnière. Les poissons qui vivent à cette période-là sont très peu diversifiés. Il n’y a
plus que deux types de poissons : ceux qu’on trouve habituellement dans les mares qui sont
inondées seulement à la période humide de l’année. Et puis la faune terrestre laisse place à
des éléphants, des girafes, des éléments de faune qu’on trouve non plus dans les milieux de
savane humide, mais plutôt de savane sèche.
Mexique - Yucatan - Naia
Un squelette humain de 12.000 à 13.000 ans découvert en 2007 par Alberto Nava dans une
immense grotte sous-marine baptisée Hoyo Negro dans un lit d'ossements préhistoriques. Le
squelette (féminin) nommé Naia s'avéra être l'un des plus anciens jamais trouvés aux
Amériques. Si l'on se fie aux apparences, les premiers Américains n'étaient pas des tendres.
L'étude de leurs ossements montre que plus de la moitié des hommes portent des traces de
blessures violentes, et que quatre Paléo-Américains sur dix ont des fractures du crâne.
Naia a les traits typiques des premiers Américains et une signature génétique commune aux
Amérindiens modernes.
Les ossements d'au moins 26 animaux de l'époque glaciaire (dont ceux d'un gomphothère)
jonchent le sol de Hoyo Negro.
Les marqueurs génétiques ont été séquencés à partir de l'ADN des os de Naia, mais aussi à
partir de celui de la dépouille d'un enfant enterré il y a 12.600 ans dans l'ouest du Montana (site
de Anzick). Les deux sont issus d'un ancêtre commun venu d'Asie.
Nous savons que des peuples maritimes se servaient de bateaux au Japon il y a 25.000 ou
30.000 ans. Il est facile d'imaginer des chasseurs longeant avec rapidité la côte Pacifique à
bord de petits bateaux, se nourrissant des éléphants de mer et des otaries qui y abondent
encore aujourd'hui. Dans le centre de l'Oregon, on a découvert dans une série de grottes des
projectiles semblables à des pointes trouvées au Japon. Diverses communautés humaines
auraient ainsi peuplé les Amériques, venus lors de différentes migrations et par des voies
diverses.
En 2011, des preuves d'occupation humaine remontant à 15.500 ans, soit 2.500 ans plus tôt
147
que l'arrivée des premiers chasseurs de Clovis, y furent mises au jour.
A Buttermilk Creek, Waters a trouvé plus de 16.000 objets pré-Clovis qui ressemblent à ceux
de certains sites de Pennsylvanie, de Virginie et du Wisconsin.
Sunda - Sahul
La présence du genre Homo en Océanie est ancienne.
Ainsi Homo erectus a atteint le premier cette partie du monde il y a 1 million d'années, et
pourrait y avoir survécu aussi récemment que 25.000 ans, voire, pour certains de leurs
descendants, plus récemment encore, si l'hypothèse de l'existence de l'Homme de Florès
comme espèce valide est confirmée.
Ce premier peuplement n'est pas resté sur la partie continentale de la région. Comme l'indique
le peuplement de l'île de Florès, les premiers humains archaïques ont su traverser des bras de
mer pour peupler des îles proches. Mais ce peuplement très ancien par Homo erectus (au
moins -840 000 ans sur l'île de Florès) n'a pas dépassé l'actuelle Wallacea, dans l'extrême
ouest de l'Océanie.
Vers -60.000, l’Asie du Sud-Est insulaire n’était pas l'ensemble archipélagique qui existe
aujourd'hui mais constituait un plateau continental, celui du Sunda, prolongement en forme de
péninsule du continent asiatique. Le rivage continental s'étendait bien plus en avant dans la
mer de Timor. L'Australie et la Nouvelle-Guinée, reliées entre elles par un pont terrestre à
travers la mer d'Arafura, le golfe de Carpentarie et le détroit de Torrès, formaient une masse
continentale unique appelée Sahul, qui englobait également la Tasmanie. Entre le Sunda et le
Sahul se trouvait un archipel que les géographes nomment Wallacea, le plus à l'ouest de
l'Océanie. On pouvait alors aller du Sunda au Sahul en n’ayant pas à parcourir plus de 100 km
de mer.
Les Négritos sont probablement les hommes modernes les plus anciens de l'Asie du Sud-Est,
l'installation de ces groupes dans la région remontant en effet au moins à 50.000 ans, voire 60
ou 70.000 années.
Ethiopie
Une mâchoire retrouvée en Ethiopie fait remonter l'apparition d'Homo à 2,8 millions d'années.
Il porte de petites dents très humaines, mais une symphyse mentonnière typique des
australopithèques.
Exhumé en 2013 sur le site de Ledi-Geraru, dans l'Afar, il vient en effet de faire effectuer un
bond en arrière de 400.000 ans à notre genre humain. Et pourrait être ainsi le plus ancien
fossile du genre Homo jamais découvert, vieux de 2,8 millions d'années, alors que les plus
anciens fossiles appartenant au genre Homo étaient jusqu'alors datés entre -2,3 et -2,4 millions
d'années.
Le gisement montre qu'un changement climatique dramatique (aridification) était alors à
l'œuvre. Ce qui redonne crédit à une théorie un peu oubliée. Celle de l'Omo Event",
développée dès 1975 par Yves Coppens alors qu'il travaillait dans la vallée de l'Omo, et selon
laquelle l'espèce humaine a justement émergé à la suite d'un épisode de ce genre survenu en
Afrique il y a environ 3 millions d'années. Sous la pression, les espèces d'hominidés présentes
auraient alors développé deux stratégies divergentes, l'une physique, l'autre intellectuelle. En
Afrique du Sud, apparaissent de gros australopithèques robustes, à la carrure dissuasive et
aux dentures puissantes destinées à consommer des végétaux durs et fibreux.
Tandis qu'en Afrique de l'Est apparaissent des Homo à la denture d'omnivore et des cerveaux
de plus en plus volumineux. Seuls les seconds survivront.
Afrique du Sud
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Sterkfontein
Des chercheurs d’institutions américaines, canadiennes, sud-africaines, et françaises publient
(2 Avril 2015) dans la revue Nature la datation de Little Foot. Découvert au nord-ouest de
Johannesburg, au cœur du berceau de l’Humanité, dans la grotte de Sterkfontein, ce squelette
presque complet d’un australopithèque est exceptionnel. Treize années ont été nécessaires à
l’équipe de Ron Clarke (université de Witwatersrand, Afrique du Sud) pour dégager Little Foot
(ou StW 573) de sa gangue rocheuse, des millions d’années après sa mort.
Ron Clarke classe Little Foot dans l’espèce Australopithecus prometheus. En effet, il se
distingue des Australopithecus africanus de la grotte, par une masse corporelle plus
importante, un crâne au visage plus plat et allongé et de grosses dents jugales bombées. Little
Foot avec ses 3,67 millions d’années est désormais un contemporain des premiers
Australopithecus afarensis de Laetoli (Tanzanie) et de Woranso-Mille (Éthiopie). Inrap Avril
2015.
Kenya
Lomekwi
Lomekwi 3 est un site archéologique de la région du lac Turkana au Nord du Kenya. Il a livré
des objets de pierre taillée datant de 3,3 millions d'années, soit les plus anciens connus en
2015. Ladécouverte remet en question l'idée communément admise jusqu'alors selon laquelle
l'apparition des outils de pierre serait liée à l'émergence du genre Homo ainsi qu'à des
changements climatiques. Cette industrie lithique est très ancienne, antérieure de près de 700
000 ans à l'Oldowayen et d'environ un demi-million d'années aux plus anciens fossiles humains
connus (2,8 ma).
Découvert en 2011, Lomekwi 3 a été fouillé en 2012. Le site se situe à proximité du lieu de
découverte du Kenyanthropus platyops. Il a livré 149 objets de pierre taillée ainsi que des
ossements fossiles (éléphant, hippopotame, crocodile, alcélaphiné, félidé). Les principales
roches utilisées sont le basalte et la phonolite. Des blocs de grandes dimensions semblent
avoir été sélectionnés. Les débitages d'éclats sont généralement unipolaires et unifaciaux. Les
méthodes de taille utilisées impliquent la percussion sur enclume et sur percuteur dormant.
Afrique du Sud
Homo naledi
Homo naledi est une espèce disparue du genre Homo dont la découverte est annoncée en
septembre 2015 par l'équipe de Lee Rogers Berger. Homo naledi présenterait des traits le
rapprochant à la fois des premiers représentants des genres Homo et Australopithèques.
Naledi signifie "étoile". Cette espèce inconnue est définie à partir de fossiles découverts à
Maropeng, (grottes de Rising Star), près de Johannesburg. Les fossiles furent trouvés dans la
Salle de Dinaledi, à environ 30 m sous la surface du sol et dont l'accès est difficilement
praticable.
En tout, plus de 1 550 os appartenant à au moins quinze individus, parmi lesquels des
nouveau-nés, de jeunes adultes et des personnes plus âgées, furent trouvés en 2013 et 2014.
Lors de l'annonce de leur découverte, les fossiles ne sont pas encore datés précisément. Ils
pourraient avoir été là depuis deux millions d’années ou depuis cent mille ans, et ont même pu
coexister avec des hommes modernes.
Selon l'étude de Berger, un adulte mesurait en moyenne 1,50 mètre et pesait 45 kilogrammes,
avec des poids estimés allant de 39,7 à 55,8 kg selon les individus.
Des doutes sur la pertinence de l'attribution des ossements en question à une nouvelle espèce
ont été émis par certains scientifiques dont Christoph Zollikofer, de l'université de Zurich, et Tim
White, de Berkeley. Ce dernier considère qu'il pourrait s'agir d'une forme primitive d'Homo
erectus.
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Interrogé sur France Inter, Laurent Bruxelles, géologue à l'Inrap, émet des doutes concernant
la possibilité de faire passer des corps de défunts à travers l'accès utilisé aujourd'hui par
l'équipe et envisage qu'une autre entrée ait existé anciennement.
Gravures Afrique
Les périodes
1. La période des chasseurs Les figurations sont dominées par la faune sauvage. On voit
apparaître divers symboles : spirales, labyrinthes, cercles. 2. La période bovidienne C'est le
passage à la domestication et à l'élevage de bovins. 3. La période des chars Cette période
montre une continuité sur un vaste territoire allant de Tunisie au Sud du Maroc. Ils balisent les
parcours des anciennes routes commerciales. 4. La période libyco-Amazighe Cette période est
caractérisée par les inscriptions en Tifinagh et des représentations d'une grande variété
d'armes métalliques 5. La période cameline C'est avec le changement climatique au Sahara
que le chameau remplace le cheval.
Période des chasseurs
Tout le Nord de l'Afrique et tout le Sahara étaient alors paradisiaques avec toute la faune
sauvage représentée. On voit aussi apparaître le chien et le chat. Cette période est antérieure
à -3.000.
Période Bovidienne
La domestication du bœuf se situe entre les -VIIIe et -VIIe millénaires, ce qui transforma
fondamentalement le mode de vie. Sur les gravures et peintures on voit apparaître des vaches,
des bœufs, des buffles et des béliers. Le bélier est omniprésent aux débuts et tout au long de
l'évolution de la culture berbère. Un lien évident avec le dieu Amon à tête de bélier et l'Oasis de
Siwa.
Période des Chars
Pour Henri Lhote, cette période est en fait bovidienne tardive car les figurations des chars
existent toujours dans un milieu bovidien, ils ne sont pas accompagnés d'homme ou d'animaux,
ce qui pose un problème de connaître l'animal utilisé pour les tirer. On suppose qu'ils sont une
sorte de balise sur les routes transsahariennes.
Période des Chars Volants
Les chars et les chevaux apparaissent vers -1.000. On connait les mentions des chars libyens
dans la littérature antique à partir du -Ve siècle et Hérodote précise qu'ils sont antérieurs au -Ve
siècle et que "C'est aussi des Libyens que les Grecs ont appris à ateler quatre chevaux à leurs
chars". Il les signale aussi chez les Garamantes du Fezzan. Strabon mentionne des chars
garnis de faux au Maroc méridional au -Ier siècle.
Période Libyco-Berbère
Cette période se caractérise par les inscriptions en Libyco-Berbère dont le Tifinagh dérive
directement. La figuration d'armes métalliques apparaît en grande quantité autour des antiques
centres métallurgiques du Haut Atlas. Ces centres étaient en contact avec des pasteurs à
armes métalliques d'origine saharienne (A. Rodrigue).
Période Camélienne
Le changement climatique a imposé l'usage du dromadaire, plus résistant à la sécheresse et
plus apte à un parcours sablonneux. On est loin de la "Paix Pastorale Bovidienne", on voit
apparaître toutes sortes d'armes nouvelles, un vrai arsenal. Certaines sont encore utilisées par
les Touaregs actuels dans leurs rites. C'est d'actualité, puisque en 2012, ils ont reconquis leur
ancien territoire, l'Azaouad, au Nord du Mali. Le dromadaire a été introduit an Afrique vers -800
par les Perses.
150
Algérie
Le Grand Dieu Séfar
La fresque du "Grand Dieu". Sefar. Elle s'étale sur toute la surface d' un abri sur 16 m de long
et environ 30 m2. La paroi est tournée vers une esplanade où se déroulaient les cérémonies
immortalisées par la fresque.
Entrer dans les forêts de pierre de Séfar ou de Jabbaren c' est entrer dans des temples. Les
peintres n'ont pas choisi par hasard ces lieux étranges pour y exécuter leurs fresques. Les
images les plus intensément religieuses se trouvent dans les plus belles forêts de pierre du
tassili, sur la partie la plus élevée du plateau. Pour ces hommes, cet univers représentait une
terre sacrée où l'esprit régnait. c'est là, dans les sanctuaires de la Préhistoire, que se
déroulaient leurs cérémonies.
Libye
Fezzan
Wadi Mathendous
Wadi Mathendous est un site archéologique situé dans le sud-ouest de la Libye, célèbre pour
ses gravures : parmi les animaux représentés on trouve des éléphants, des girafes, des
aurochs et des crocodiles.
Gravures Maroc
Azibs-n-Ikkis
Difficile de classer ces gravures, du Ighil M'Goun au sud de Azilal, elles sont uniques. Une des
gravure contient des inscriptions "libyco-berbères". Werner Pichler situe la naissance de
l'écriture libyque non pas du côté de Carthage, mais beaucoup plus à l'ouest, au Maroc.
Certains y ont vu un astronaute casqué !
Les Roues Solaires
Tout aussi exceptionnelles sont celles d'Oukaïmeden que Jean Mazel a appelé "Les Roues
Solaires". Elles sont d'une grande beauté plastique. Les roues ne sont jamais vides, certains
dessins évoquent le "mouvement" ou des ondes, d'autres, nombreux dans le massif du Yagour,
s'apparentent aux ornements concentriques que l'on retrouve tout au long de la frange
atlantique euro-africaine: à Gavrinis en Bretagne, à N'Keïla sur la côte atlantique du Maroc, à
Zonzamas aux Canaries.
Les cercles solaires ne sont jamais placés, comme les autres gravures, sur des plans
verticaux, on les trouve toujours sur ces grands bancs rocheux presque plats, légèrement
inclinés vers le sud-est. L'orientation et l'inclinaison naturelles de ces dalles, utilisées par les
graveurs, représentent les conditions optimales de réception et de "stockage" d'influx solaire.
Smara - Mirane
Oued Mirane
Rive gauche, plusieurs bovidés, bel éléphant et un humanoïde. Girafe. Lion. Antilopes. Boeufs
dont un a les cornes en forme de lyre. Nasse “bouteille” et nasse “cornue”. Deux haches à
tranchant semi-circulaire. Bovidés et un troupeau d’ovins en rang (à la corde). Gravures
exceptionnelles.
Tizi n'Tighiyst
Montagne-refuge, montagne-sanctuaire, montagne-pâturage, le jebel Rhat est surtout connu
pour ses gravures rupestres polies ou piquetées sur ses tables de grès rose à la patine
bleutée. Il y a des millénaires, les pasteurs sahariens abandonnèrent des régions où les pluies
moins abondantes étant devenues irrégulières, les sources se tarissaient et où les fleuves se
transformaient en mares avant de disparaître dans les sables. A la recherche de nouveaux
pâturages ils les trouvèrent d’abord sur le piémont Sud de l’Atlas puis, la sécheresse aidant,
dans des secteurs d’altitude comme les flancs du jebel Rhat.
Chaque été, pour le 20e jour de Smaïn, un pèlerinage a encore lieu au Rhat. On monte alors
des plaines du Tadla et du Haouz, à Djemaâ n’Aït Rabi, pour y implorer, quand la sécheresse
151
s’attarde, les saints protecteurs aux cent tombeaux: panthéon païen et cultes anciens
récupérés dont les origines remontent probablement à l’époque de ceux qui ont signalé leur
présence à travers les gravures rupestres: la montagne n’était-elle pas déjà le symbole de
l’eau, de l’herbe et de la fécondité. Preuve que le Rhat est resté ce qu’il était déjà pour ses
premiers occupants: un des plus beaux parcours de transhumance du Haut-Atlas, avec le
Mgoun et l’Ahançal.
Figuig
Les gravures rupestres de la région de Figuig (Maroc) sont des gravures préhistoriques d'âge
néolithique apparentées à celles du Sud-oranais (Algérie). Au long de l'Atlas saharien elles
précèdent celles, à l'est, des régions d'Ain Sefra, d'El-Bayadh, d'Aflou puis de Tiaret. Des
gravures comparables ont été décrites, plus à l'est encore, autour de Djelfa et dans le
Constantinois.
Haut Atlas
Les peintures rupestres des abris d'Amzri - Toulkine dans le Haut Atlas sont peut-être les plus
énigmatiques du Maroc. Les thèmes sont des lignes, des pointillés et des formes
géométriques. Le symbole des pointillés revient dans toutes les cultures premières, mais sa
signification reste une énigme.
Sahara Atlantique
Les peintures de Tan Tan, Smara et de toute la région du Djebel Ouarkziz sont d'une richesse
exceptionnelle et découvertes que récemment. Elles se trouvent le plus souvent dans des abris
sous roches.
Le site de Aouinet Azguer, région de Tan Tan (Laouinate - les Sources), montre des peintures
d'époques et de styles différents, mais tous d'une grande beauté. De nombreux tumulus
occupent les terrasses en amont de l'oued Azguer.
Les abris sous-roches sont situés de part et d'autres de l'oued, un affluent de l'oued Azguer.
Région de la Seguiet al-Hamra. Les abris se trouvent à proximité du puits d'el-Farsia. Les
peintures sont toutes abstraites.
Région de la Seguiet al-Hamra. Les abris s'étendent sur trois cents mètres.
Découvertes au début de 2009, les gravures s'étalent sur 12 km et le site dévoile aussi du
matériel lithique, des tessons d'œufs d'autruches, des céramiques et des tumulus. Les dalles,
très lisses, sont de marbre. Entre les gravures on trouve aussi de petites cuvettes circulaires,
on dirait pour préparer quelque chose...
Tan Tan
Région de Tan Tan, en bordure de l'oued Farah près du marabout de Sidi Ouahssoune. Et les
dalles de Marouaguen dans la région de Smara.
Azrou - Klane
Région de Tan Tan, situé au fond de la vallée d'oued Azrou Klane,au pied du Djebel Taskala.
Près de 400 gravures s'étendent sur 160 m, les dalles sont légèrement inclinées. Ce site
montre, entre autres, un voilier, ce qui est unique à ce jour au Maroc. Le voilier serait de type
"lembos", navire pirate de Cilicie.
Vallée du Draa
Encore des pointillés, des traits et des ovales. La grotte se trouve près de la ZaouÏa Sidi Abd
en-Nebi dans un des oueds qui collectent les eaux du Jbel Bani. Elle se trouve à 10 km des
peintures d'Ifrane n'Taska.
Découvertes en 1995, les cinq abris d'Ifrane n'Taska se trouvent dans une feïja intérieure du
Jbel Bani, traversée d'Ouest en Est par l'oued Lmahsar et s'ouvrent dans le versant exposé au
Nord, sur la rive droite de l'oued. Les peintures sont du même style que celles de la grotte Zir
Lbâaïr
152
Foum er-Rjam
A 20 km au sud de Tagounite près du Tizi-Beni-Selmane (Salomon), la nécropole de Foum
er'Rjam compte près d'un millier de tumulus de différentes dimensions et légèrement arondis.
Dans la partie Est se trouvent une forteresse et un village fortifié en ruines. La forteresse, de
nos jours dépourvue de nom, est située sur un piton. Le village, Irherm n'Irhir n'Tidri (ou Taourirt
n'Tidri), est situé à l'extrémité Est du Jbel. Il comporte une dizaine d'aires de battage.
Des ruines en pierre et en pisé situées sur trois pitons avec des tumulus tout autour. La
tradition orale de la région du Draa rapportent que de sanglants combats décimèrent les
communautés juives et chrétiennes da la région. Parmi les tumulus, des dalles de grès sont
couvertes de gravures.
Région d'Akka
Le site rupestre d'Imaoun, situé en bordure de l'oued Akka se compose de figures
géométriques, cercles, spirales et de bovidés. Selon Susan Searight, beaucoup de ces figures
géométriques s'apparentent aux images obtenues par des chamans dans un état de transe ou
sous influence d'hallucinogènes.
Autres sites : Adrar Metgourine - des bovidés Bouafen - des autruches Oued Tamzarar - des
pointillés
Tafilalt et Taouz
Les gravures, les tumulus, la forteresse ancienne d'Ouafilal et son grenier fortifié ont été
exploré par Jacques Meunié en 1954 et 55. Parmi les pierres, qui ont servi à la construction,
des dalles avec des gravures semblent antérieure à la construction. Presque toutes les roches
verticales autour du site montrent des gravures de chars à deux roues certains avec un timon
(2 chevaux) et d'autres avec deux timons (4 chevaux). Il y a aussi un train de chars réunis par
le timon.
Figuig
L'abri d'oued Rkiza nous montre encore des pointillés, des ovales et des figures rectangulaires.
L'abri d'oued Farès Atchane (Aouinet N'Sara) : un mélange de signes anciens et plus récents.
Quatre abris de l'oued Tel'Leh montrent des peintures abstraites d'un grande beauté. Cette
ensemble de peintures n'avait jamais été signalé avant la sa découverte par Gandini en 2006.
Les gravures de l'oued Douissa Chellala (cascades) sont uniques et d'une beauté
exceptionnelle. Celles du Grand Ghilen ont déjà été visitées et décrites par E.F. Gautier en
1914. Les gravures de Dcheirat se trouvent près des vestiges d'une ancienne cité.
Imaoun
Le site rupestre d’Imaoun, un des plus étranges du Sud marocain, est situé à l’Ouest de la
vallée, au début de la falaise de la cuesta d’Imaoun, en bordure de l’oued Akka où, sur la
bordure supérieure, se trouve un très grand nombre de gravures à thème géométrique avec
quelques figures zoomorphes. Les dalles de grès présentant les gravures se trouvent à environ
400 m du départ de la bordure de la falaise qui finit en surplomb de 15 à 20 m au-dessus de
l’oued. Quelques gravures sans grand intérêt sont visibles avant d’arriver au premier site sur le
plateau qui s’étend sur environ 70 m de long sur 3 de largeur.
Site exceptionnel par ses centaines de gravures à thème géométrique. Les spirales, les cercles
et autres formes existent dans la majorité des sites du Sud marocain, mais jamais dans de
telles proportions . ni si nettement séparés des bovidés que dans ce site d’Imaoun. On peut
penser que ce plateau, ouvert au ciel, était un lieu propice pour des signes sacrés,
idéologiques ou symboliques, tandis que le sujet plus banal des bovidés était essentiellement
gravé sur des blocs plus près du niveau de la vallée de l’oued donc des pâturages de l’époque.
153
Susan Searight, influencée par des articles traitant de l’emploi d’hallucinogènes dans la
production de l’art rupestre, a avancé une autre interprétation. Beaucoup de ces figures
géométriques, s’apparentant aux images obtenues par des chamans dans un état altéré de la
conscience, font penser que les pasteurs qui fréquentaient le site étaient susceptibles
d’atteindre un tel état. Quoi qu’il en soit, la variété des gravures et le soin avec lequel elles ont
été piquetées puis polies, indiquent un lieu avec un caractère bien particulier, sacré ?, mystique
? Ou simplement la symbolisation d’un lieu de ralliement des troupeaux et des hommes lors de
grands rassemblements de tribus.
Canarias
La Cueva Pintada nous montre cette peinture abstraite d'un autre temps. Le site contient aussi
des vestiges d'habitations en pierres et poutres de bois.
Les Letreros de Balos - Agüimes Sur le même site on trouve la presque totalité de la typologie
des gravures des Canaries et ont des ressemblances avec le site d'Oukaïmeden, de Yagour et
de Imaoun (Akka) au Maroc.
Les Guanches adoraient un Être Suprême nommé Acoran (Gran Canarian), Achihuran
(Ténérife), Eraoranhan (Hierro) ou Abora (La Palma). Les femmes de Hiéro adoraient une
déesse Moneiba. Remarquez la ressemblance avec la stèle de M'Keila au Maroc.
Ici, à Hiéro la ressemblance avec les gravures marocaines du Yagour et d'Oukaïmeden est
aussi flagrante.
Egypte
La "Grotte des Bêtes", découverte en 2002 près du désert libyen dans un paysage lunaire : AlGilf Al-Kabir National Parc, des milliers de peintures de différentes époques, dont les plus
anciennes datent de -7.700 à -6.400. La région est parcourue de "Wadis" (Oueds),
témoignages d'un Sahara humide. Dans la région se trouve aussi "la grotte des nageurs" et "la
grotte des archers".
La Grotte des Bêtes - Wadi Sora montre aussi des pieds gravés et des pieds peints. Quelques
mains ont des doigts tronquées comme à Gargas ou Cosquer, mais ici il ne fait aucun doute
qu'i s'agit d'un effet graphique, et non de mutilations. La faune gravée est exclusivement
sauvage, à la différence de celle qui est peinte. Les figures semblent postérieures aux mains
négatives. Il faut aussi noter la présence de signes : des taches claires, certaines en forme de
disque.
Ces grottes offre une qualité et une densité d'images inégalées au Sahara oriental. Des
gravures d'une remarquable finesse voisinent avec les peintures et se conjuguent en
superpositions inhabituelles. Les parois foisonnent d'expressions artistiques ou religieuses,
étalées sur une longue période, gardant la trace de diverses époques et de nombreux talents.
La grotte montre aussi des pieds gravés et des pieds peints. Quelques mains ont des doigts
tronquées comme à Gargas ou Cosquer, mais ici il ne fait aucun doute qu'i s'agit d'un effet
graphique, et non de mutilations.
Algérie - Tassili
Retournons en Algérie avec ces très belles images du Tassili. Les couleurs ont été accentuées
par l'organisation Grupo Nexus pour une meilleure visibilité.
Beaucoup d'hypothèses circulent concernant ce personnage.
Tin Abotéka
Ce groupe pourrait constituer la descendance des Têtes Rondes, de possibles Proto-NiloSahariens ayant quitté leur territoire d'origine, l'Afrique centrale, pour remonter vers le nord et
le Sahara verdoyant.
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Les plus anciennes peintures de chars du Sahara central apparaissent avec les Libyens et
remontent à environ -1.500. Celles des Garamantes sont postérieures de quelques siècles (1.300 / -1.200). L'attelage de Tin Abotéka est à trois chevaux, comme l'indiquent les guides qui
sont au nombre de six. Il est guidé par un aurige tenant un petit fouet à la main. A ces côtés,
une femme. Tous les deux ont un petit bâtonnet blanc en guise de tête, orné de longues
plumes blanches.
Les images anthropomorphes, grandeur nature ou de taille supérieure, sont presque
exclusivement représentées dans l'art des cueilleurs. La présence de certaines sortes de
déformations des visages et des membres semble indiquer des états d'hallucination. Elles
reflètent des états oniriques. Dans le Sahara ces populations de cueilleurs faisaient un usage
extensif de produits enthéogènes. On trouve des tendances analogues un peu partout dans le
monde, mais surtout à Baja California, au Mexique et dans la vallée du Pecos et le canyon
Seminole au Texas.
Somaliland
Berbera
Laas Geel
La densité des peintures de Laas Geel près de Berbera est importante et l'on compte plus d'un
millier de figurations qui représentent des vaches très stylisées vues de profil, aux cornes en
lyre ou en arceau, aux mamelles volumineuses et aux longs cous ornés d'une sorte de
plastron. Il existe aussi des figures de taureaux, rares à Laas Geel, et une vache gravée sur
paroi verticale. À ces figures dominantes sont associés des images de personnages
énigmatiques à "tête en épingle" vêtus de pantalons et d'une tunique, toujours placés en
dessous ou derrière une vache. Ils sont parfois accompagnés d'un chien.
L'ancienneté de ce style est indiquée par la superposition systématique, sur les vaches de type
Laas Geel, de bovinés réalisés dans le style éthiopien du Harar (Chabbé, Laga Odda)
monochrome ou polychrome. C'est également le cas des
vaches, des personnages et des signes généralement peints en blanc dans le style de la région
de Gesuba en Éthiopie ou de Kakapeli au Kenya. Des vaches à bosse (zébus) et des archers
ou encore des bovins de style schématique (proches de ceux d'Érythrée, du Harar, de la
république de Djibouti ou de Somalie) peints en noir ou en rouge sont également superposés
aux vaches type Laas Geel.
La chronologie absolue de cet art est encore discutée, les tentatives de datation des pigments
ont échoué. Des fouilles archéologiques conduites dans l'abri no 7 ont donné
des dates comprises entre -3500 et -2500 qui se rapportent à des niveaux d'occupation sans
céramique livrant des pierres colorantes exogènes, pouvant servir à la fabrication du pigment
rouge.
Du point de vue de sa signification, on remarquera que le fait d'honorer les vaches
magnifiquement parées, aux mamelles volumineuses, aux trayons rayonnants, peut renvoyer à
un symbole de fécondité et à la place importante que tenaient les bovins dans la vie de ces
possibles nomades. Les études en cours montrent que les scènes peintes suivent des règles
d'organisation précises et que certains abris offrent des particularismes assez forts pour que
l'on puisse évoquer des regroupements de figures se rattachant à diverses traditions
contemporaines ou se succédant dans le temps ou bien se rapportant à une segmentation de
la population.
Namibie
Twyfelfontein
Twyfelfontein possède l’une des plus importantes concentrations gravures sur roche d’Afrique.
La plupart de ces œuvres bien préservées représentent des rhinocéros, des éléphants, des
autruches et des girafes, ainsi que des empreintes de pas d’hommes et d’animaux. Le bien
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comprend également six abris sous roche décorés de représentations humaines peintes à
l’ocre rouge. Les vestiges mis au jour dans deux parties du site ont été datés de la fin de l’âge
de pierre.
Le site de Twyfelfontein forme un ensemble cohérent, d’envergure et de qualité qui témoigne
des pratiques rituelles des communautés de chasseurs-cueilleurs dans cette partie d’Afrique
australe pendant au moins deux millénaires ; il illustre de façon éloquente les liens entre les
pratiques rituelles et économiques des chasseurs-cueilleurs.
Afrique du Sud
Cederberg
Le Cederberg a reçu le statut de réserve naturelle en 1973. Il est bordé à l'est par la réserve
naturelle de Matjiesrivier (Matjiesrivier Nature Reserve), plus sèche, établie en 1995 et gérée
dans le cadre de l'aire de conservation du grand Cederberg. Les points notables de cette zone
incluent les célèbres formations rocheuses Stadsaal et de remarquables exemplaires de
peintures rupestres par les Khoïkhoï.
Les peintures de Cederberg, variant en ancienneté entre 300 and 6 000 ans, retracent l'histoire
sociale et spirituelle des hommes de la fin de l'âge de la pierre ; elles sont protégées comme
Monuments Nationaux par la loi nationale sur le patrimoine culturel de 1999. Sur sa limite nordest on trouve la réserve naturelle de Matjiesrivier.
Afrique du Sud
Blombos
Blombos est un site préhistorique proche du Cap des Aiguilles, à environ 300 km à l'est de la
ville du Cap en Afrique du Sud. Une découverte inattendue de vestiges traduisant des
comportements modernes et des préoccupations esthétiques voire symboliques (blocs d’ocre
gravés, perles en coquillage, outils en os) dans des niveaux datant de 75 à 80 000 ans.
Des datations obtenues par OSL et par thermoluminescence ont permis d’évaluer l’âge de la
phase M1 à environ 73.000 ans celui de la phase M2 à environ 80.000 ans et celui de la phase
M3 entre 100 et 140.000 ans.
Le sommet de la séquence a livré des vestiges datant d'environ 2 000 ans.
Outre les pointes bifaces et le bloc gravé, plus de soixante perles d'une parure (80.000 ans) ont
été mises au jour, comme celles du Taforalt au Maroc qui sont, elles, légèrement plus
anciennes (82.000 ans – actuellement les plus anciennes au monde).
On estimait il y a peu que les peintures pariétales du Paléolithique supérieur en Europe
méridionale, comme à Chauvet, Lascaux et Altamira, étaient dues à une espèce supérieure
d'humains. L'histoire est bien plus complexe et, comme souvent, elle commence en Afrique.
Ces émergences d'un symbolisme en Afrique et au Proche-Orient ont une autre caractéristique.
Elles apparurent, puis cessèrent. Que ce soient les colliers, la peinture, les striures sur le
morceau d'ocre ou l'œuf d'autruche : chaque fois les fouilles archéologiques en révèlent sur
quelques millénaires dans une zone précise, puis tout disparaît.
Le constat est identique pour les innovations technologiques. On n'avait jamais déniché de
pointes de harpons de plus de 45.000 ans, quand, en République démocratique du Congo, on
en a trouvé dans des sédiments deux fois plus vieux. En Afrique du Sud, deux traditions assez
complexes d'outils en pierre et en os apparurent, l'une à Still Bay il y a 75.000 ans, l'autre à
Howieson's Poort il y a 65.000 ans. La première dura 6.000 ans, la seconde 4.000 ans. Ensuite
: plus rien.
Il fallut attendre -40.000 ans pour qu'une tradition se propage dans l'espace et le temps,
s'enrichissant et se diversifiant. A cette période, l'art commença à se répandre en Afrique, en
Eurasie et en Australasie.
Diepkloof
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Diepkloof a livré 270 fragments de récipients en coquilles d’œufs d’autruches portant des motifs
géométriques gravés. Les fragments ont une taille maximale de 20-30 mm mais certains ont
été associés pour reconstituer des fragments plus grands de 80 × 40 mm. Les fragments mis
au jour pourraient correspondre à environ 25 récipients. Les fragments de coquilles sont
présents dans tous les niveaux du site mais seuls ceux des niveaux de l’Howiesons Poort
présentent des gravures.
Diepkloof est un abri-sous-roche situé dans la province du Western Cape, en Afrique du Sud.
Ce site archéologique a notamment livré certains des plus anciens témoignages d’utilisation de
symboles, sous la forme de motifs gravés sur des coquilles d’œuf d’autruche qui étaient utilisés
comme récipients à eau durant le Middle Stone Age, il y a environ 60 000 ans1,2. Les motifs
symboliques sont constitués de lignes se croisant à angle droit ou obliquement en hachures.
A droite : une pointe d'ocre.
Klipdrift
A Klipdrift, tout au sud de l'Afrique, des Homo sapiens ont occupé des abris-sous-roche en bord
de mer voici 165.000 ans. Christopher Henshilwood et son équipe cherchent des indices pour
éclairer le quotidien de ces ancêtres.
Gravures et peintures
Monde
Australie
Une nouvelle méthode de datation à l'uranium fait reculer l'âge de la plupart des peintures
rupestres. L'uranium permet de dater les éléments minéraux tandis que le carbone 14 se limite
à la matière organique. De nouvelles découvertes dans le Kimberley montrent des figures
anthropomorphes et la faune locale. Selon les mythes d'origine, l'art rupestre s'est répandu en
Australie au "Temps du Rêve". Elles sont estimées à 40.000 ans.
Kakadu National Parc Anbangbang est un plateau volcanique qui montre un ballet de figures
étranges, peint par une tribu décimée lors de la conquête.
Certaines peintures rupestres en Australie, ne sont plus composées de pigments mais de micro
organismes vivants. Au fil du temps, les pigments ont été assimilés par des micro organismes
qui ont remplacés les couleurs d'origine des pigments par une association d'une cyanobactérie
rougeâtre et d'un champignon noirâtre du groupe des Chaetothyriales. Ces organismes forment
un "biofilm" assurant la pérennité visuelle.
Flinders Ranges National Parc Des traits, des pointillés et des symboles, langage universel des
premiers temps et similaires dans dans le monde des sites rupestres. A comparer avec les
peintures de Séguiet al-Hamra et d'Amzri-Toulkine au Maroc.
Argentine
La Cueva de las Manos en Argentine est l'une des plus belles représentations de mains
peintes, sujet et graphisme que l'on rencontre ailleurs dans le monde et qui nous frappent par
une remarquable homogénéité culturelle. Malgré des différences d'outillage, imputables aux
différences du milieu, les cultures sont étonnamment similaires d'un continent à l'autre.
Les recherches font apparaître dans l'art rupestre de tous les continents une série de
constantes, techniques; couleurs; thèmes; symboles; associations. Constatation qui soulève de
nouvelles questions et incite à penser qu'on trouve à l'origine de toute créativité artistique une
même base structurelle et une même dynamique conceptuelle. En Amérique Latine comme
ailleurs, l'usage d'enthéogènes durant la Préhistoire est attesté, ce qui expliquerait en partie
cette homogénéité.
157
Cet art des origines montre des éléments qui sont toujours d'actualité. Le langage visuel des
chasseurs-cueilleurs est un langage universel. Il présente des associations de figures et
symboles résultant d'une même logique, d'un même style de vie et de mêmes pratiques
spirituelles.
L'usage thérapeutique, initiatique ou religieux des substances enthéogènes est une constante
dans l'histoire des civilisations. Des recherches historiques rapportent leur utilisation en
Mésopotamie, Inde, Perse, Egypte, Afrique, Chine, Japon, Amérique et en Europe. Dans la
plupart des cas, leur usage était socialement bien intégré et Claude Lévi-Strauss considère que
leur utilisation a participé au fondement même de la culture de certaines civilisations.
Bolivie
Sucre, la capitale historique de Bolivie. Encore un exemple frappant de l'universalité de l'art
rupestre.
Rapa Nui
Les oiseaux ou hommes-oiseaux de la grotte Ana Kai Tangata sur l'Île de Pâques (Rapa Nui)
Brésil Amazonie
L'art rupestre amazonien est encore peu connu. On peut y reconnaître une tradition guyanoamazonienne caractérisée par des hommes à tête radiée en basse Amazonie et dans les
Guyanes. Près de Monte Alegre, un ensemble montre des figures filiformes anthropomorphes
qui rappellent les thèmes de la céramique polychrome de la région.
Indonésie
Sulawesi
Maros
40.000 ans, en Asie, des hommes ornaient déjà leurs grottes de peintures comme en Europe.
Une découverte qui bouleverse l'idée couramment admise selon laquelle l'art pariétal serait
apparu d'abord en Europe de l'Ouest.
En étudiant les grottes calcaires de Maros, sur l'île indonésienne de Sulawesi, une équipe de
scientifiques australiens et indonésiens a établi qu'une main humaine peinte en négatif avec
une technique de pochoir datait d'il y a 39.900 ans au moins.
Dans la grotte, l'eau riche en minéraux qui ruisselle sur les parois se transforme à certains
endroits en
couches de calcite (carbonate de calcium) contenant des traces d'uranium. La désintégration
des atomes d'uranium fonctionne comme une horloge, permettant de dater ces concrétions
calcaires. L'équipe de chercheurs a effectué des prélèvements sur des concrétions qui
recouvrent par endroits douze empreintes de mains et deux représentations d'animaux. Ces
concrétions permettent de donner un âge minimum à ces œuvres.
Papouasie-Nouvelle-Guinée
Kokas
Peinture très similaire à celle de Maros en Indonésie de 40.000 ans. Sur tous les continents, et
à peu près à la même période, cette même idée magique. Tous ces peuples utilisaient des
plantes enthéogènes aux effets similaires. Un enthéogène est une substance psychotrope
induisant un état modifié de conscience utilisée à des fins religieuses, spirituelles ou
chamaniques.
Espagne
Les matières picturales d'Ekain Le noir : charbon de bois ou oxyde de manganèse. Utilisé en
fusain ou en peinture (broyé, additionné d'argile). Rouge et brun : mélange d'oxyde de fer et
d'ocre ou d'argile. Au pigment sont parfois ajouté : une charge (argile, os pillé) et un liant
158
(souvent organique) qui assure l'adhésion à la paroi.
France
Lascaux
Lascaux est l'une des plus belles grottes ornées du paléolithique, estimée à environ 18.000 ans
d'âge. On y a découvert aussi des lampes, des colorants, des restes alimentaires, des pointes
de sagaies, coquillages percés et grattoirs. L'étude au microscope électronique des colorants
découverts et des prélèvements a montré leur grande diversité.
Les noirs correspondent à différents oxydes de manganèse, prélevés directement dans la
région, et les jaunes, orangés et rouges à des oxydes de fer. Tous ont été employés purs, sans
adjonction de charge minérale et sans modification thermique.
USA - Canada
Il existe beaucoup de controverses autour du premier peuplement du continent américain.
Aussi bien concernant la date (entre -50.000 et -13.000) que ses origines. Il est probable que le
peuplement s'est effectué, depuis l'Asie et le Caucase, en plusieurs vagues et à chaque
glaciation quand le détroit de Béring était fermé. Sur l'échelle de l'évolution elle est donc
tardive. Quand aux peuples premiers, beaucoup ont été exterminés par volonté ou maladies
lors des conquêtes espagnoles, portugaises et anglaises. On pourrait parler du plus grand et
plus long génocide de l'histoire humaine.
Inde
Bhimbetka est un site archéologique comportant différents abris-sous-roche. Certains de ces
abris ont livré des peintures rupestres datant de quelque 9 000 ans. Les abris sous roches de
Bhimbetka se situent à 45 km au sud de Bhopal, à la lisière sud des monts Vindhya. Au sud du
site s'étend la chaîne des Satpura. Toute la région est couverte d'une épaisse forêt et elle
fournit les ressources nécessaires à une implantation humaine, comme un approvisionnement
permanent en eau, des abris naturels, une flore et une faune très riches.
La plupart des peintures ont été exécutées en utilisant des pigments rouges et blancs, plus
rarement verts et jaunes. Elles représentent des scènes de chasse, des danses, des hommes
chevauchant des éléphants et des chevaux, récoltant du miel, portant des décorations
corporelles et des masques. On trouve aussi des scènes de la vie quotidienne, des combats
d'animaux. Parmi les animaux identifiés, on note le paon, le bison, le tigre, le lion, le sanglier,
l'éléphant, l'antilope, le chien et le lézard.
Inde
Kerala
Les deux grottes d'Edakkal sont situées dans le Kerala à une altitude de 1.200 mètres, près de
l'ancienne route commerciale reliant Mysore aux ports de la côte de Malabar. Les gravures
témoignent d'une ancienne civilisation préhistorique. Le style est exceptionnel et on ne le
trouve pas ailleurs en Inde. On distingue au moins trois types de gravures, les plus anciennes
datent de -6.000. Certains pensent qu'il y a un lien avec la civilisation de l'Indus, les liens de la
région avec Harappa sont attestés depuis 2009.
Syrie
Dja'de est un tell située sur la rive gauche de l'Euphrate remontant au Néolithique
précéramique. Un bâtiment semi-entéré et circulaire montre des peintures murales vieilles de
11.000 ans.
Azerbaïdjan - Gobustan
Le site occupe trois zones d'un plateau rocheux qui s'élève dans la région semi-désertique du
centre de l'Azerbaïdjan. Il recèle une collection remarquable de plus de 6 000 gravures qui
témoignent de 40 000 ans d'art rupestre. Le site comprend également des vestiges de grottes
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habitées, de peuplements et de sites funéraires, qui reflètent une occupation humaine intensive
des lieux durant une période humide après la dernière ère glaciaire, depuis le paléolithique
supérieur jusqu'au Moyen Âge.
Kirghizstan
Cholpan-Ata
Tcholponata, Cholpon-Ata ou Tcholpon-Ata est une ville et une station balnéaire de la province
d'Yssykköl, au Kirghizistan. Elle est située sur la rive nord du lac Issyk-Koul, à 202 km à l'est de
Bichkek. A deux kilomètres au nord de la ville se trouvent plusieurs sites avec des
pétroglyphes. Ceux-ci représentent à 90 % des animaux (bouquetins, cerfs et chevaux).
Quelques gravures mettent en scène des anthropomorphes, notamment dans des scènes de
chasse.
Le site principal, accessible aux touristes, comporte plus d'un millier de dessins. Ces
pétroglyphes datent principalement de l'époque scythe, mais également de l'époque turque
(+IXe / +XIIe). En outre, plusieurs pétroglyphes sont récents, représentant des avions, des
voitures ou des soldats.
Kazakhstan
Tamgaly
ext Tamgaly du kazakh pour "ieu peint" ou "lieu marqué" est un site de pétroglyphes au
Kazakhstan, dans les montagnes Chu-Ili, à 120 km au nord-ouest d'Almaty.
La majorité des 5 000 pétroglyphes se trouvent dans le canyon principal, mais il y en a
également dans les canyons des environs. Ils datent surtout de l'âge du bronze (-1.500 / 1.200), mais dans certains cas ils ont été gravés à l'âge du fer (-800 / -300) ou au Moyen Âge
(période Turque +700 / +1300).
Les scènes représentent des animaux (cerfs, chevaux, bouquetins, chameaux) et des scènes
cultuelles, avec notamment des anthropomorphes adorant typique du chamanisme.
Similaire en chronologie et en style des autres sites de cette vaste région d'Asie Centrale,
comme ceux du
Kirghizstan (Aaimaluu-Tash et Cholpon-Ata) et de l'Ouzbékistan. Au Kazakhstan, les deux sites
les plus importants sont celui de Kulzhabasy et Tamgaly.
Les gravures montrent des scènes de chasse, des figures dites "Sun-head" et "Moon-head"
(ces dernières sont interprétés par certains comme des têtes de champignons), des chamans
en transe, des personnages dansants, des chameaux (de Bactriane), des chariots.
C'est aussi la région des kourganes (kurgans).
Eshkiolmes
Eshkiolmes est situé dans la région d'Almaty, les gravures témoignent de plusieurs époques,
de l'âge du bronze (-1.500 / -1.200) jusqu'à l'époque médiévale turque (+700 / +1300).
Le site a livré aussi des vêtements et des outils.
Kazakhstan
Tamgaly
Svastika
C'est l'un des plus anciens symboles de l'humanité que l'on retrouve sous plusieurs formes
dans la majorité des civilisations du monde. Les premiers svastikas connus se trouvent en
Ukraine à Mezin vers -10000. Puis viennent ceux retrouvés sur des poteries de la culture de
Samarra, établie sur le moyen Tigre et jusqu'au moyen Euphrate, sur la céramique Vinča de
Transylvanie et datant du -Ve millénaire, suivis par ceux des poteries de Sintashta au Sud de
l'Oural datant du IIe millénaire. Leur présence se fait plus importante à partir de l'Âge du
bronze.
160
Kuljabasy
Les gravures de Kuljabasy ont été répertoriées seulement à partir de 2001. Plusieurs peuples
et cultures se sont succédés tout au long des millénaires. A Kuljabasy on distingue six périodes
: Archaïque (-3000 / -1600), Bronze Moyen(-1600 / -1300), Bronze Tardif (-1200 / -900), Saka
(-800 / -300), Wusun (-200 / +400) et période Turque (5-+500 / -1300). Autour des sites de
gravures on a découvert des cimetières, des tumulus, des stèles et des alignements circulaires.
Les différents styles se rapprochent des autres sites du Kazakhstan et d'Asie Centrale. L'âge
du Bronze a été l'âge d'or des pétroglyphes en Asie Centrale.
Kazakhstan
Tamgaly-Tas
Le site de Tamgaly-Tas, ancienne étape et site religieux sur la Route de la Soie. Les
pétroglyphes forment un ensemble cultuel de l'époque Dzoungare (début du XVIIIe siècle),
avec la représentation de quatre bouddhas, d'un bodhisattva et la présence de 20 inscriptions à
caractère bouddhique (Om mani padme hum).
C'est le seul exemple de temple bouddhique de ce type en Asie centrale, même si certaines
inscriptions bouddhiques se retrouvent sur d'autres sites d'art rupestre du Kaza
Amérique - Texas
Situé près du Rio Grande et la Pecos River au Texas, et daté de -7.000. Les peintures
évoquent le chamanisme et son rite cultuel.
Amérique - Californie
San Francisco - Siera Nevada
Peintures des peuples Chumash, Modoc, Maidus, Yokuts. Les principaux sites rupestres :
- Lava Beds - Maidu Park
- Chaw'se Indian Park
- Sequoia National Park
- Monterey - Chamash Park
- Lake Perris Area
- Anza-Borrego Park
- San Joaquin Valley
- Tule-Kern Rivers Area
- Kaweah-Tule Rivers Area
Peintures Chumash
Peintures des Chumash d'une grande complexité et des signes qui font rêver...
Mexique - Baja California
Les peintures de Baja California se rapprochent de celles de Californie en couleurs et en style
Russie
Situé entre le Plateau d'Ukok et Pazyryck. La région est étonnamment riche en art rupestre, en
nécropoles et sites rituels de l'Age de Bronze et du
Premier Age de Fer, ainsi que de la période turque. Les plus énigmatiques sont les
personnages à tête de "champignon", qui font penser à ceux d'Algérie.
Toute la Sibérie est connu pour ses rites chamaniques sous influence de la Soma, Haoma ou
autres enthéogènes comme l'Amanita muscaria.
Plusieurs ensembles stylistiques ressortent parmi les gravures de l'Altaï. Le plus ancien
concerne les représentations d'élans, d'aurochs, de chevaux sauvages, de cerfs, de sangliers,
d'ours, de poissons et de bateaux, des antropomorphes à coiffes cornues – assemblage
typique du Néolithique.
Les gravures de la culture Okunevo du début de l'Age de Bronze montrent des visages
161
masqués, des animaux fantastiques. Des dessins et des compositions analogues ont été
trouvées sur des pierres gravées dans les tumulus funéraires de la culture Okunevo.
Les gravures de la culture Tagar qui fait partie du vaste domaine des cultures Scythes (début
de l'Age de Fer), ne sont pas nombreuses. Elles sont essentiellement représentées par le
thème du chasseur et du cerf.
Pakistan
Chilas - Vallée de l'Indus
Plus de 50.000 gravures de différentes périodes, peuples et cultures. L'une des plus grandes
galeries d'art rupestre à l'air libre, qui couvrent près de dix mille ans d'histoire, depuis la
Préhistoire jusqu'à l'intrusion de l'Islam. Les plus anciennes datent de -8000 et montrent des
animaux, des mains, des figures triangulaires et des scènes de chasse. A proximité se tiennent
des géants datant de l'Age du Bronze, dont l'interprétation reste hypothétique. Une autre série,
plus tardive, révèle la présence de Scythes et de Sakas, peuples nomades des steppes
d'origine iranienne. On retrouve des images équivalentes dans les kourganes en Asie Centrale
et en Sibérie et l'on sait qu'ils utilisaient le Cannabis pendant leurs rites. L'expansion des
Achéménides s'y reflète aussi, des guerriers vêtus à l'iranienne et un bestiaire typique, qu'on
retrouve aussi à Persépolis (-VIe siècle) en Iran. Mais c'est la diffusion du bouddhisme dans la
région qui a inspiré les gravures les plus saisissantes (+Ier siècle).
La région a constitué un carrefour de migrations pendant des siècles et elle a abrité une
branche méridionale de la Route de la Soie. A partir du IXe siècle, un nouvel ensemble de
dessins apparaissent. Des scènes de batailles opposant des guerriers aux bouddhistes
reflètent une période de troubles. Elles sont assorties de symboles inédits, des haches de
guerre et des disques solaires, qui reflètent de nouvelles croyances ou une résurgence
d'anciennes pratiques liées au chamanisme.
Le site est en péril à cause des assauts iconoclastes liés à l'essor de l'islamisme radical
sunnite. Ce phénomène est, hélas, mondial. Le site est aussi menacé par la construction d'un
barrage.
Italy
Valcamonica(Val Camonica)
Les gravures ont été réalisées sur une période de 8 000 ans, à partir de l'épipaléolithique
jusqu'à l'âge du fer (-Ier millénaire). Les derniers pétroglyphes sont attribués à la population
des Camunni mentionnée par les sources latines. La tradition des pétroglyphes ne s'arrête pas
brusquement : un très petit nombre de gravures a été attribué aux périodes romaine, médiévale
ou même contemporaine, jusqu'au XIXe siècle.
Les figures sont parfois simplement superposées sans ordre apparent, mais apparaissent
souvent en relation logique entre elles. Leur fonction est liée à des rituels de célébration, de
commémoration, initiatique et propitiatoire, qui se sont tenues lors d'occasions spéciales,
uniques ou récurrentes. Parmi les symboles les plus connus dans Valcamonica se distingue la
soi-disant "Rosa Camuna", qui a été adopté comme symbole officiel de la Lombardie.
D'après certains les premières gravures dateraient de l'Épipaléolithique (-VIII / -VIe millénaire ),
plusieurs millénaires après le retrait du glacier qui
recouvrait le Val Camonica (glaciation de Würm). Ils auraient été l'œuvre de chasseurs
nomades de passage qui suivaient les migrations animales.
Avec le Néolithique (-V / -IVe millénaire ) apparaissent les pratiques agricoles et les premiers
établissements sédentaires.
Au cours de l'âge du Cuivre (-IIIe millénaire) apparaissent la roue, le chariot et les premières
formes de la métallurgie. Nous assistons à la création de statues-menhirs ornées de symboles
162
célestes, d'animaux, d'armes, de scènes de labours.
Avec l'âge du Bronze (-IIe millénaire) , des gravures sur affleurements rocheux reprennent le
thème des armes, ainsi que celui des formes géométriques (cercles et variantes) en continuité
avec les époques antérieures.
France
Mont Bégo
Certaines gravures étaient des cadrans solaires.
Aux alentours de -2.000, plus de 35.000 gravures ont été inscrites sur les roches de la région
du Mont Bégo dans les Alpes-Maritimes. Entre 2.000 et 2.600 mètres d'altitude, les populations
de l'Age du Bronze ont répété chaque été les mêmes figures. Formes rectangulaires avec deux
cornes, des poignards, des attelages. L'observation de l'iconographie conclut à une pratique
cultuelle.
Après une prospection et une étude d'une dizaine d'années, il s'avère que quatre roches sont
des instruments de mesure du temps solaire. Ainsi, les gravures de la dalle dite de "la
Danseuse" sont dirigées vers le soleil couchant du 8 Septembre. Les graveurs y ont inscrit des
armes démesurément grandes afin que l'ombre d'un vrai poignard, déposé à l'extrémité de la
gravure, parvienne uniquement ce jour-là au niveau du manche gravé.
Mont Peney
Le mont Peney est un sommet des Bauges culminant à 1 356 m d'altitude, au sud-est du
Nivolet et au nord-est de Chambéry en Savoie. Sa face sud est une falaise aux parois calcaires
d'environ 200 mètres au plus haut, dominant la commune de Saint-Jean-d'Arvey. À son pied se
situe notamment la commune de Saint-Alban-Leysse.
Cette falaise comporte des grottes dans lesquelles des restes de silex et un squelette humain
du Néolithique ont été retrouvés, tout comme des peintures rupestres datant de l'âge du bronze
laissant témoigner d'une présence humaine ancienne dans cette partie des Bauges.
Ces dessins ressemblent beaucoup à certaines peintures aux Maroc.
Norvège
Les premières gravures furent découvertes en 1972 sur les rives de l'Altafjord. On en
dénombre plus de cinq mille. Elles sont réparties sur un ensemble d'environ soixante parois
dans quatre sites différents. Les principaux sont ceux de Hjemmeluft et Jiepmaluoka, qui sont
les seuls à pouvoir être visités.
Les gravures d'Alta ont été réalisées au cours d'une période comprise entre le –Ve millénaire et
-500. Elle sont l'œuvre d'un peuple vivant de la chasse et de la pêche, et mettant en évidence
certaines de leurs croyances et de leurs rites.
Les gravures rupestres à Alta indiquent qu'il s'agissait d'un lieu de rencontre religieux à la fin de
l'âge de pierre et au début de l’âge de fer. Elles représentent quelques-unes des croyances
tenues par les tribus nomades peuplant le littoral et l’arrière-pays, qui se réunissaient là
plusieurs fois par an, en s’y arrêtant probablement lors de leur migration saisonnière, pour
exécuter des cérémonies rituelles.
Les gravures de Alta témoignent d'une culture de chasseurs-cueilleurs qui domptaient leurs
troupeaux de rennes, construisaient des bateaux et des clôtures, utilisaient des outils et du
matériel de pêche et effectuaient des cérémonies rituelles impliquant le culte de l’ours, ainsi
que d'autres animaux sacrés. Les dieux samis sont également représentés sur la
Runebommen (tambour magique).
Suède
Les Sâmes
Le peuple dont descendent tous les Scandinaves. Les Sâmes (Saames) sont encore quelques
milliers à vivre en nomades libres. Connus aussi sous le nom de Lapons. Répartis entre
163
Norvège, Suède, Finlande et Russie, les Sâmes constituent la minorité ethnique la plus
ancienne des pays nordiques.
Selon l'hypothèse la plus répandue, ils seraient venus du sud de l'Europe. A la fin de la dernière
glaciation, ils auraient migré vers les régions septentrionales de Scandinavie et se seraient
métissés avec le peuple finnois, avant d'être repoussés de plus en plus loin, au-delà du cercle
polaire, par leurs envahisseurs. Certains chercheurs ont avancé qu'ils auraient des origines
communes avec les Basques, et formeraient avec eux le premier véritable peuple autochtone
de l'Europe.
Les Scandinaves adaptèrent le symbolisme celtique et méditerranéen pour créer un art
spécifique. Cette influence étrangère a pu se diffuser par le commerce de l'ambre, car les
bijoux retrouvés dans les tombes mycéniennes provenaient de la mer Baltique.
Finlande
Les Scandinaves adaptèrent le symbolisme celtique et méditerranéen pour créer un art
spécifique. Cette influence étrangère a pu se diffuser par le commerce de l'ambre, car les
bijoux retrouvés dans les tombes mycéniennes provenaient de la mer Baltique.
Germains
Futhark - Rune
Le Codex Runicus est un manuscrit de 202 pages dans une variante de la jeune futhark
(alphabet runique) écrit vers l'an 1300 qui comprend la plus ancienne des lois de la province
nordique, Scanian Loi (Skanske LOV), à l'origine relative à la terre danoise Scania (Skaneland)
et plus tard à un ensemble de régions du Danemark, y compris Zélande. Le Codex Runicus est
un des rares textes runiques sur parchemin. Sur le manuscrit, les initiales sont peintes de
couleurs différentes et les rubriques sont en rouge. Chaque rune correspond à une lettre de
l'alphabet latin.
Certains historiens ont estimé qu'il était possible que le Codex soit la partie restante d'une
ancienne importante collection de manuscrits scandinaves runiques, effacée au cours de la
destruction de monastères et de bibliothèques qui ont suivi la Réforme protestante. Le soutien
à cette idée a été trouvé dans les rapports rédigés par Olaus Magnus, un ecclésiastique
catholique actif au cours du XVIe siècle à Uppsala, en Suède, ayant fui le pays en raison de la
Réforme. Selon Olaus Magnus, il y avait beaucoup de livres écrits avec des runes dans
d'importants centres religieux suédois, comme Skara et d'Uppsala, avant la Réforme. D'autres
historiens ont mis en doute l'exactitude de son rapport.
Les premières runes ont été gravées pour jouer un rôle magique, pour produire par le fait
même de leur gravure un effet d'incantation magique. Ceci est bien attesté dans les sagas
classiques et dans l'étymologie du terme run qui signifie "secret" en vieux norrois (pluriel runar).
Il existe plusieurs types d'alphabet runique qui ont évolué en fonction du temps mais aussi du
peuple qui les employait. Les plus anciennes inscriptions se trouvent en Norvège méridionale
et elles datent du +IIIe siècle.
Le Futhark fut créé par les locuteurs d'un dialecte germanique afin de transcrire leur langue par
écrit. Bien que quelques érudits prétendent que les runes seraient entièrement issues de
l’alphabet grec ou du latin, la plupart des experts considèrent que le Futhark est un mélange
aux origines diverses.
Selon Miller écrit les paramètres phonétiques sur lesquels l'alphabet runique est établi, sont
finalement clairement sémitiques et sont liés aux scénarios de Byblos et Ougarit (alphabet
ougaritique) aussi bien que l’alphabet phénicien.
L'utilisation des runes dans des pratiques magiques a survécu en Islande jusqu'au XIXe siècle,
comme en atteste le grimoire du XVIIe siècle intitulé Galdrabok (littéralement : livre de magie),
164
notamment pour la confection de sceaux magiques.
Les runes les plus anciennes qui nous sont parvenues seraient datées de l’an 200, et il est
généralement accepté qu’elles ne furent pas inventées avant l’an 1. Ces runes primitives
jusqu’aux environs de l’an 650 semblent toutes utiliser le même futhark de 24 runes. La plupart
de ces inscriptions sont très courtes et incompréhensibles, et dans presque tous les cas il est
difficile de les traduire et d'être certain de leur langue précise. La plupart des runes préservées
sont gravées sur pierre, cependant quelques fragments existent sur bois, sur écorce et sur os,
et quelques-uns sur parchemin, le plus fameux étant le Codex Runicus.
La tradition d'élever des pierres portant des inscriptions runiques apparaît au IVe siècle dans
les actuelles Norvège et Suède. Ces pierres runiques sont alors placées près des tombes. Les
premières pierres runiques apparaissent au Danemark aux VIe siècle. Une cinquantaine de
pierres en Scandinavie datent des invasions barbares. La plupart des pierres runiques sont
érigées entre 950 et 1100, principalement en Suède et au Danemark, et dans une moindre
mesure en Norvège.
Il existe également des pierres runiques dans d'autres parties du monde, la tradition ayant été
apportée par les Vikings pendant leurs voyages, depuis l'île de Man à l'ouest jusqu'à la mer
Noire à l'est.
Le Svastika est très présent dans l'art Germanique.
Les Celtes sont absents de notre mémoire collective (plus présent en Belgique). D'abord à
cause des Romains. En créant la Gaule Narbonnaise, la Gaule Aquitaine, la Gaule Lyonnaise,
la Gaule Belge, les occupants ont osé baptiser nos contrées d'un nom inspiré d'un mot celte
qui, malheureusement, évoque dans leur langue le mot "gallina", la poule, faisant de cette
région une quelconque basse-cour.
Monnaies Celtes
Catuvellauni
Leur capitale se situait initialement à Verulamium, actuelle St. Albans, puis fut déplacée vers
Camulodunon, actuelle Colchester après la conquête sur les Trinovantes. Catuvellauni et
Trinovantes partageaient le même monnayage au -Ier siècle.
Leur nom semble contenir les racines cat, "combat", et uell "bon", et signifie "bons dans le
combat". Catuvellauni et Trinovantes partageaient le même monnayage au -Ier siècle.
Trinovantes
Les premières monnaies qui leur sont imputables sont en bronze et datent de -100. Vers -70,
on trouve des statères d’or, puis vers -50 apparaissent des pièces en argent. Le style de leurs
riches sépultures (voir faciès d'Aylesford) est d’origine continentale et atteste de leur
appartenance aux peuples belges.
France
Grotte du Mas d'Azil
La grotte atteste de la présence des magdaléniens (-17000 à -10000) et des aziliens (-10000 à
-8000) au Mas d'Azil. Les dolmens y temoignent de la présence humaine au néolithique et à
l'âge du bronze. Le néolithique (entre -5500 et -2000) a commencé vers -7000 au MoyenOrient. Il est le passage d’une économie de chasse et cueillette à une économie basée sur la
sédentarisation (naissance des premières villes), l’agriculture et l’élevage. Cette période voit le
développement de la pierre polie et l’invention de la céramique et de la métallurgie.
C'est l'unique grotte en Europe qui peut être traversée en voiture. La construction de cette
route est à l'origine des découvertes archéologiques. Elle fut occupée à différentes époques
préhistoriques et historiques et laissa son nom à une culture préhistorique, l'Azilien.
165
La grotte est célèbre pour ses nombreux vestiges préhistoriques, dont le Faon aux oiseaux, un
très beau propulseur magdalénien (-17 000 à -12 000).
On y a également découvert un bouton gravé d'un aurochs femelle ainsi que de son veau sur
l'autre face, et un crâne de jeune fille (-14 000 ans) avec deux plaques d’os taillées simulant les
yeux dans les orbites.
La grotte servit également de refuge, probablement aux cathares (XIIIe siècle) puis aux
protestants au XVIIe siècle, qui s'y réfugièrent à l'occasion du siège infructueux conduit en
1625 par le maréchal de Thémines contre la cité. En représailles, Richelieu fit sauter à l’explosif
le plafond de la salle du Temple à l'intérieur de la grotte.
Le propulseur
Une invention humaine très complexe qui va totalement changer les pratiques de chasse. Avec
le propulseur, l'homme va pouvoir se tenir à distance de sa proie, tout en gardant une force de
projection et une précision comparable à celles obtenues à seulement 2 ou 3 mètres de
l'animal. De plus, avec un propulseur, la vitesse du projectile est multipliée par 3 par rapport à
un lancer à la main.
Le chasseur positionne son projectile sur le propulseur en le calant sur le dispositif d’accroche.
Il positionne en arrière le bras qui tient le dispositif. Il projette ensuite son bras en lâchant à micourse le projectile.
L’art de l’Age de Glace (Ice Art) se déroule sur une période comprise entre -40 000 et -10 000
ans. La plupart des pièces ont été fabriquées en ivoire de mammouth et en bois de renne. Elles
montrent l’habilité des artistes du Paléolithique qui pratiquaient des expériences avec la
perspective, les échelles, les volumes, la lumière et le mouvement…
Outre la richesse et la diversité de son matériel mobilier, la grotte renferme également plusieurs
galeries ornées.
Au Néolithique, de nombreux dolmens, datant d'il y a 4 000 ans, ont été dressés tout autour de
la grotte.
Ce propulseur est fabriqué à partir de bois de renne sculpté et représente un mammouth
relativement stylisé pour s’adapter à la forme de l’objet. Il a été retrouvé dans l’abri sous roche
de Montastruc, Tarn-et-Garonne, en France. Le nom de Montastruc est d’origine occitane et
signifie "chanceux", "né sous une bonne étoile".
Brassempouy
La Dame de Brassempouy, appelée Dame à la Capuche est un fragment de statuette en ivoire.
Datant du Paléolithique supérieur (Gravettien, 29 à 22 000 ans BP), elle constitue l’une des
plus anciennes représentations de visage humain.
Brassempouy est un petit village du département français des Landes, sur le territoire duquel
se trouvent deux gisements parmi les plus anciennement explorés en France, distants d’une
centaine de mètres, la galerie des Hyènes et la grotte du Pape.
Vénus de Brassempouy en calcite et un fragment d'une "Vénus" remarquable par la figuration
du sexe très poussée et l’utilisation d’incisions (peut être la pilosité, une parure ou des
marquages corporels.
Venus de Sireuil
Statuette féminine sculptée, au profil gracieux, les bras posés sous les seins. La tête et le torse
sont fracturés. Les jambes sont courtes mais massives et repliées en position agenouillée. Une
perforation à ce niveau devait peut-être servir à l'insertion d'une baguette pour planter la
statuette ou encore à utiliser la statuette comme pendeloque.
166
Abri de la Madeleine
L'abri de la Madeleine est un abri sous roche situé sur la commune de Tursac en Dordogne,
dans la vallée de la Vézère, qui est principalement connu en tant que gisement archéologique
paléolithique.'abri sous roche de la Madeleine est le site éponyme du Magdalénien et a livré de
très nombreux objets d'art mobilier de la fin du Paléolithique supérieur.
Il a également livré une sépulture d'enfant âgé de 2 à 4 ans, datée de 10.190 ans et
accompagnée d'une très riche parure en coquillage. Si la datation correspond plutôt à l'Azilien,
le mobilier funéraire s’enracine toutefois dans le monde magdalénien.
Le bâton percé, appelé aussi bâton de commandement, désigne un objet préhistorique dont la
fonction n'est pas connue avec certitude. De 28 000 ans (Aurignacien) à 12 000 ans
(Magdalénien).
Grotte du Tuc d'Audoubert
La grotte du Tuc d'Audoubert est une grotte ornée préhistorique des Pyrénées françaises,
située sur la commune de Montesquieu-Avantès en Ariège (région Midi-Pyrénées), dont le
réseau surplombe - sans se toucher - celui de la grotte des Trois-Frères. La période
magdalénienne révèle différents niveaux d'occupation successifs. On note la présence de
peintures, de gravures sur les murs, d'art mobilier, et surtout de modelage en argile de bisons
sur le sol.
Grotte de Gargas
La grotte de Gargas, appelée parfois grotte des mains mutilées, située dans le département
français des Hautes-Pyrénées. Durant toute la préhistoire, l'homme n'est pas le seul à utiliser la
grotte : bauges creusées dans le sol, griffades sur les parois ou encore polissages de certains
passages étroits témoignent de la présence d'ours des cavernes à Gargas. Après le départ des
Gravettiens, il semble que la galerie inférieure de la grotte n'ait plus été accessible pendant une
très longue période, le porche d'entrée s'étant comblé. Les traces de nouvelles incursions
humaines dans la grotte datent du XVe siècle
!
La grotte de Marsoulas
La grotte de Marsoulas, dite encore grotte des fées, est une petite grotte située sur la
commune de Marsoulas, en région Midi-Pyrénées.
L'art pariétal est représenté par une décoration gravée et peinte s'étendant sur une
cinquantaine de mètres, essentiellement sur la paroi gauche. Elle comprend essentiellement
des bisons et des chevaux, accompagnés de cervidés, de capridés, d'anthropomorphes et de
signes barbelés ou quadrangulaires. L'un des bisons se distingue par un remplissage constitué
de ponctuations rouges.
La grotte du Colombier
La grotte du Colombier est située à Vallon-Pont-d'Arc, en Ardèche. Il comprend trois cavités
attenantes et communicantes qui ont livré des vestiges magdaléniens et aziliens .
À l’entrée de la grotte, des fouilles ont révélé plusieurs séquences d’occupation datant de la fin
du Paléolithique supérieur : sous les niveaux riches en pointes aziliennes, les niveaux
magdaléniens ont livré une industrie osseuse (sagaies, harpons à double rang de barbelures,
aiguilles) comparable à celle retrouvée par la suite dans l’abri.
Allemagne
Hohlenstein
L’homme lion est une sculpture en ivoire de mammouth de 29,6 centimètres de haut datant du
Paléolithique supérieur (Aurignacien). Cette sculpture représente un corps humain surmonté
d'une tête de lion. C'est l'une des plus anciennes connues à ce jour. Son âge est estimé à
32.000 ans. D'abord on crut qu'elle représentait un mâle, mais les auteurs de sa reconstitution
pensent qu'il s'agit probablement d'une femelle. Sept traits horizontaux et parallèles sont
gravés sur le bras gauche.
167
Vogelherd
Les quatre figurines de Vogelherd, avec leurs 40.000 ans d'âge sont pourtant de 4.000 ans
antérieures aux chefs-d'œuvre de Chauvet. Les créateurs de ces objets appartenaient à une
population qui, voilà quelque 60.000 ans, quitta son Afrique natale, puis migra à travers le
Proche-Orient et l'actuelle Turquie, longea la rive occidentale de la mer Noire et s'établit dans
la vallée du Danube.
Russie
Zaraïk - Zaraysk
Longue de 16,4 cm, haute de 10,4 cm, cette statuette de bison a été retrouvée sur le site de
Zaraysk (gravettien), à 155 kilomètres de Moscou. Elle avait été enterrée dans une fosse
aménagée, de 60 cm de profondeur et saupoudrée ensuite de manganèse. Une sépulture
symbolique ? Zaraïsk est située sur la rive droite de la rivière Ossiotr, un affluent de l'Oka.
Plusieurs détails permettent de supposer que cette figurine a pu jouer un rôle important à
l'occasion de cérémonies rituelles.
Alaska
Théorie de Béring.
Voici 15.000 années, les ancêtres des Amérindiens actuels auraient émigré d'Asie par l'actuel
détroit de Béring qui sépare la Sibérie de l'Alaska. En témoigneraient leurs traits physiques.
Cette parenté morphologique avec les Asiatiques se trouve confirmée par l'étude de la
denture. De plus, leur appartenance majoritaire au groupe sanguin O les distingue des
hommes du reste du monde, à l'exception des autochtones de l'extrême nord de la Sibérie.
Les quatre variantes des mitochondries qui sont présentes chez les Amérindiens actuels
s'avèrent identiques à celles des ethnies de l'Extrême-Orient sibérien, berceau probable de la
première vague migratoire.
Ils seraient arrivés vers -12.000, à la fin de la dernière période glaciaire. La baisse du niveau
de l'océan rend le détroit de Béring praticable par voie de terre. Une steppe herbeuse recouvre
cet isthme cerné par les glaces. Des chasseurs s'y engagent pour traquer les grands
herbivores, mamouths et bizons géants aux longues cornes, attirés par cette toundra. Puis
s'aventurant plus loin vers l'est, ces groupes nomades en quête de gibier et d'un climat moins
hostile franchissent les étendues glacées des régions subarctiques pour descendre au sud.
Les uns gagnent les plaines du centre tandis que d'autres contournent les Rocheuses pour
atteindre le désert du Nouveau-Mexique (-11.000).
Théorie du Caucase
En 1996 on a découvert un squelette au bord du fleuve Columbia, à Kennewick dans l'Etat de
Washington, il serait âgé de 9.500 ans et présente des traits morphologiques de type
caucasien. Certains chercheurs penchent pour une migration issue du Turkestan, en Asie
Centrale, qui aurait emprunté la voie sibérienne.
L'anthropologue Bruce Bradley va plus loin. Il affirme que des "Européens" de la préhistoire
sont partis de la péninsule Ibérique voici 17.000 ou 18.000 ans, en direction de l'Est Canadien.
Sa démonstration s'appuie sur l'étude de sites découverts récemment à Meadow Croft
(Pennsylvanie), vieux de 17.000 ans, et sur des indices suggérant la présence de chasseurs,
en Caroline du Sud, très loin des côtes du Pacifique, voici 12.000 ans.
Amérique du Nord
Culture Clovis
La reconnaissance d'une voie migratoire atlantique permettrait d'expliquer la taille si
particulière de certains outils découverts à Clovis (Nouveau-Mexique), inconnue en Amérique
et qui ressemble à celle du solutréen. Cette période du paléolithique, -19.000 / -15.000, est
marquée par le développement, du nord du Portugal à la Dordogne en France, d'un outillage
de pierre très évolué. Bruce Bradley soutient l'hypothèse de deux peuplements, l'un par voie
terrestre, majoritaire en nombre, à partir de la Sibérie, et l'autre par la frange septentrionale de
168
l'Océan Atlantique d'Espagne (peut-être même d'Afrique du Nord) via la France, les îles
Britanniques jusqu'aux Appalaches (Virginie) en Amérique du Nord (recouverte d'une banquise
en partie recouverte de toundra). Des obstacles juridiques et idéologiques entravent la
poursuite de ces recherches. Les Amérindiens voient d'un mauvais œil cette hypothèse.
La culture Clovis fut longtemps considérée comme la plus ancienne du continent américain. Ce
point de vue est remis en question par la découverte de plusieurs sites plus anciens. Des
témoignages de plus en plus probants d'occupations antérieures sont publiés. En Amérique du
Nord, les sites de Topper, de Cactus Hill et de Meadowcroft aux États-Unis. En Méso-Amérique
: les sites de Cerro Toluquilla, de Hueyatlaco, d'El Cedral et de Baja California, tous situés au
Mexique. En Amérique du Sud : les sites de Pedra Furada au Brésil, de Monte Verde au Chili et
squelette de Luzia au Brésil.
California
Le site de Lava Beds présente les deux types de pétroglyphes : peintures et gravures dont les
plus anciennes sont datées de 6.000 ans. Elles se présentent autour des entrées de cavernes.
Le noir provient d'un mélange à base de graisse animale et d'argile. Le rouge provient du
territoire des Indiens Paiute.
Sego Canyon - Utah
Ce site montre trois périodes de gravures, les plus anciennes datent de -7.000, celle de la
période Barrier Canyon de -2.000 et les plus récentes de la culture Fremont (+600 / +1250)
contemporaine de la culture Anasazi.
Pérou
Cumbe Mayo
Situé à 3.300 mètres d'altitude, le site de Cobe Mayo date de -1.500. Il s'agit d'une des plus
anciennes installations hydrauliques d'Amérique du Sud. Le site montre aussi des pétroglyphes
près du canal et autour des cavernes. Le nom vient du Quechua "kumpi mayu" – "canal bien
fait".
Pérou
Nazca Lines
Ces géoglyphes sont le fait de la civilisation Nazca, une culture pré-incaïque du Sud du Pérou
qui se développa entre -300 et +800. Ils ont été réalisés entre +400 et +650. Ils franchissent les
ravins, escaladent les collines sans que leur forme ni la rectitude apparente des lignes en
soient affectées. Les milliers de dessins dispersés sur environ 3 900 km2 de désert, dans le
sud du Pérou, ont été tracés sur un millénaire. La culture Nazca s’est développée à partir de la
culture Paracas qui date de l’époque antérieure appelée période Chavin ou Horizon ancien.
Plusieurs théories existent pour expliquer les géoglyphes.
La théorie du site rituel
Les figures ont été associées au chamanisme. La plupart d'entre elles se trouvent près de sites
préhistoriques d’art rupestre qui présentent des images similaires, mais à une plus petite
échelle. Les chamans prenaient des substances hallucinogènes qui leur permettaient de voir
leur animal-pouvoir, une pratique courante en Amérique du Sud et particulièrement en
Amazonie. Certaines des drogues utilisées pendant les cérémonies rituelles donnent la
sensation de voler dans les airs ; ce serait la raison pour laquelle les géoglyphes auraient été
créés pour être vus du ciel.
La théorie ufologique
Dans "Chariots of the Gods", Erich von Däniken a proposé en 1968 une théorie ufologique
relevant de la Théorie des Anciens Astronautes. Les figures de Nazca seraient soit une piste
d'atterrissage pour les vaisseaux spatiaux extraterrestres, soit un message réalisé par la
population locale à leur attention. L'auteur s'interroge : comment des figures d'une telle
169
envergure peuvent-elles être tracées à même le sol alors que l'homme ne sait pas encore voler
? La seule solution, pour réaliser de tels dessins, est d'avoir une vue plongeante d'en haut,
comme une machine volante, ou même, un vaisseau spatial.
Hawaii
Waikoloa
Ces gravures datent de -500 / +700. Certains seraient des symboles astronomiques.
Brésil
Monte Alegre
Etat de Para
En général, les formes qui prédominent dans la région du Monte Alegre dans l'Etat de Para,
sont les signes et les anthropomorphes schématiques (liés au chamanisme). Les zoomorphes
paraissent en nombre réduit. On y trouve aussi les "mains négatives" comme ailleurs dans le
monde.
Nouvelle-Calédonie
Inventoriés tout récemment, les pétroglyphes existent sur pratiquement toute l'île, mais
semblent présenter une densité particulière entre Thio et Poindimié, avec d'apparents
itinéraires qui remontent les vallées fluviales de l'Est, franchissent les lignes de crête et
reprennent le fil du message le long des rivières de l'Ouest.
Ce qui frappe ici c'est la maîtrise atteinte, les dessins sont très précis et la technique est
impressionnante. Le sillon le plus profond est de cinq centimètres. Les motifs ressemblent à
certains sur les autres continents : spirales, croix, points, étoiles, figures anthropomorphes,
cupules. Les représentations humaines et animales sont rares en Nouvelle-Calédonie. Pour
certains auteurs, les gravures sont l'œuvre des Mélanésiens actuels, pour d'autres, ils sont
celle d'une civilisation disparue de l'île.
Selon Marius Archambault, "Les hiéroglyphes calédoniens mettent en évidence un système
astronomique, des idées cosmogoniques et génésiaques qui montrent de multiples relations
avec les idées en honneur chez les Chaldéens, les Egyptiens et les Syriens. Ressemblance
avec les dessins des tumullus bretons, irlandais et écossais… Les Canaques sont totalement
étrangers à ces monuments".
Corée du Sud
Ulsan
Les pétroglyphes de Cheonjeon-riLes images qui ont été gravées sur une longue période, entre
la fin du Néolithique et la période de Silla. Elles ont la particularité de se chevaucher. Sur une
surface de 2,8 m sur 9,7 m, elles représentent essentiellement des animaux terrestres, en
particulier des cerfs. Les gravures du milieu de l’âge de bronze comprennent beaucoup de
formes géométriques (losanges, spirales) ce qui est très rare pour la péninsule coréenne mais
rappelle plutôt des motifs découverts en Sibérie et dans le nord de la Chine.
Ces gravures datent de -500 / +700. Certains seraient des symboles astronomiques.
Les pétroglyphes de Bangudae
(-6000 / -1000)
Bangudae signifie le rocher ressemblant à une tortue. Ces gravures rupestres seraient du
Néolithique, cependant, comme elles ne sont pas associées à un établissement préhistorique,
la datation reste difficile. certaines scènes représentent des personnes : des magiciens
masqués, des chasseurs, des pêcheurs avec leurs bateaux. Des détails de la forme des
bateaux apparaissent ainsi que les filets. Ce site constitue un des premiers témoignages
concernant la chasse à la baleine.
Arménie
Ughtasar
170
Les pétroglyphes en Arménie se désignent sous le nom de "Itsagir". Le nom Ughtasar vient de
"ught", chameau et de "sar", montagne. Situés dans les monts Syunik, dans le sud de
l'Arménie. Certains chercheurs pensent qu'ils datent du Paléolithique (-12.000). Ils montrent
des scènes de chasse, divers animaux, des spirales, cercles, des figures géométriques et des
signes zodiacaux. Disposés horizontalement ou verticalement, certaines séries évoquent
les prémices d'une écriture. La beauté du site réside aussi dans la beauté du paysage.
Oman
Oman est le territoire de la légendaire Maggan, qui commerçait avec Dilmoun, l'Indus et la
Mésopotamie il y a plus de 5.000 ans.
L'ensemble et les détails de ces peintures sont d'une rare beauté.
Himalaya
Pierres de Mani
Les manis sont des pierres gravées de formules sacrées, entre autre le célèbre "Om mani
padme hum".
Sur le Toit du Monde, certains murs de mani atteignent plusieurs centaines de mètres de long,
et plus de un mètre de haut. Des textes religieux entiers peuvent être gravés sur les milliers de
pierres composant le mur de mani.
Autrefois, au Tibet oriental, on trouvait gravée l'intégralité du canon bouddhique sur certains de
ces murs, ce qui représente l'équivalent de plusieurs dizaines de livres sacrés.
Arabie
Ha'il
La région de Jebel Umm Sanman, Jubbah et Ha'il était autrefois plus verdoyante avec des
rivières et des lacs actifs et une avait une plus grande variété de faune. Une civilisation s'y est
développée vers -15.000, à la dernière glaciation. Des gravures de différentes époques
attestent le développement de la région au cours des siècles, du paléolithique moyen aux
débuts de l'Islam. Parfois les différentes époques se superposent.
On voit des figures humaines, des cavaliers, des chameaux, des chevaux et autres animaux et
des figures abstraites. La région est aussi riche en tumulus.
Les gravures ressemblent très fort à ceux d'Afrique du Nord, remarquez les symboles.
Arabie
Bir Hima
Bir Hima est un ancien site du Paléolithique et du Néolithique, le complexe couvre la période de
-2.500 à -1000.
Arabie
Jubbah
Jubbah, située dans la région de Haïl, à 70-80 km de la ville de même nom, serait d'origine très
ancienne, 7000 ans pour certains. Les sites de pétroglyphes, préislamiques et préhistoriques,
les plus réputés d'Arabie saoudite sont Jubbah, Sakaka et Al-'Ula. Les inscriptions sur rochers
les plus anciennes dateraient de 5500 ans avant notre ère, quand la zone était un lac intérieur,
avec une faune d'ibex, d'oryx et d'animaux domestiqués.
Différentes inscriptions en alphabet préarabe, de la culture de Thamud, dateraient de 1000
avant notre ère. Le site couvre environ 39 km2.
On y voit aussi des personnages surdimanrionnés et des représentation des divinités
préislamiques tel que Alliah et Al-Lad et es chars semblables à ceux d'Afrique.
Qatar
Al-Jassasiya
Les gravures d'Al-Jassasiya montrent des figures abstraites, des cupules, des animaux, et des
bateaux. Les cupules étaient utilisées, selon certains, pour les jeux de halooza ou huwaiha
semblables à ceux d'Afrique. On y trouve aussi de grandes et profondes cupules reliées entre
171
eux pour la récolte et la distribution de l'eau de pluie ou de la rosée (?) (Comme aux Canaries –
Almoharen di Amurga). D'autres sites de gravures : Al-Wakra, Simaisma, Fuwaeit Al-Ghariah,
Freha…
Tumulus
Sépultures et Sanctuaires
Afrique
Les plus anciens serait celles en forme de "trou à serrure" ou à "couloir et enclos". Une légende
des Touaregs attribue ces monuments à des géants qui peuplaient le Tassili, il y a très
longtemps : les Ijjabaren. Les informateurs Kel Ahaggar du père de Foucauld affirmaient que en
fouillant le sol on y trouve parfois des épées gigantesques et de grands ossements.
Les Formes - Le tumulus calotte de sphère - Le tumulus à cratère - Le tumulus à dallage
circulaire - Le tumulus à coffrage - à "trou de serrure" - à couloir et enclos - Le tumulus à
"chapelle" - Le tumulus à antennes - à bras - Le tumulus en forme de croissant - Le Taghremt en margelle de puits - Les cercles de pierres - Les alignements avec autel - Les trilithes et
quadrilithes - Les bétyles
Les Touaregs font nettement la différence entre les tombes de l'Islam, appelées Izekouen azaka au singulier, et celles qui leur sont antérieures : les Idebnan - adebni au singulier. Pour
certains d'entre eux, la fonction mortuaire et la fonction rituelle se confondent, la sépulture
devient ainsi sanctuaire. Les monuments à bras, à couloir et enclos, à autels et le cercle rituel
sont souvent associés les uns aux autres.
La première forme est un simple amoncellement de pierre, au Maghreb, on désigne les formes
plus compliquées par le nom de Bazina. Il est parfois flanqué de pierres dressées (région
d'Aousserd - Maroc). Certains font fonction de calendrier astronomique et ne contiennent pas
de tombe. L'orientation des squelettes est généralement dirigée vers l'est, comme la direction
des antennes et des enclos. Parfois un ensemble funéraire regroupe toutes ces différentes
structures en un espace réduit.
Les Bazinas
Sont appelés bazinas tous les tumulus qui ne sont pas de simples amoncellements de cailloux
ou de galets, tous ceux qui ont un aménagement extérieur même réduit. Ce type de sépulture
se retrouve presque partout dans le Maghreb et le Sahara. Un autre type de bazinas, celui à
degrés quadrangulaire (ou gradins), est assez répandu au Maroc.
Guelta Zemmour
Cette région est zone militaire, et accessible seulement avec une autorisation.
Assif n'Tizgui, région de Foum el-Hassan, ce tumulus en forme de croissant est tout près d'un
tumulus à bras.
Le monument à bras ou à antennes, difficile à classer, Ils sont très présents au Maroc et
particulièrement sur les rives de l'oued Chbika dans la province de Tan Tan, certains ont une
tombe, d'autres non. Les deux bras se divergent vers l'est. Parfois, à l'intersection des deux
bras, il y a des pierres dressées. C'est plutôt un monument cultuel qu'une tombe.
Pour pleinement profiter de l'aspect graphique d'un adebni à bras il faut les observer du ciel.
Sur terre on en a à peine conscience. Etait-ce le but originel du monument ? Dans la même
région on trouve aussi des tumulus à couloir (trou de serrure), aux lobes et en "ailes de
mouches" dont certains sont très bien conservés. Le site n'a été exploré qu'en 2001 (par
Jacques Gandini).
Tumulus en ailes de mouche de la région de Foum el-Hassan, certains chercheurs les classent
avec les tumulus à bras (auxquels ils sont souvent associés), bien qu'ils semblent d'un concept
différent.
La région d'Aousserd est particulièrement riche en cercles et pierres levées, dont celle de Chaïf
172
ould Attia (ancien nom : Menhir de Gleibat Ensur), qui à sa légende. Les espagnols avait
déplacé et érigé la pierre dans le Parc de Dakhla. La pierre au cœur de la ville eut un impact
négatif sur la psychologie des habitants et on parlait de "pierre maudite" ce qui obligea les
espagnols à la remettre en place. La pierre a près de 4 m de haut et porte des inscription
libyco-berbères.
Dans la même région d'Aousserd : La nécropole de l'oued Ermina. La première mission
marocaine d'exploration de la province d'Aousserd ne date que de Février 2000. On y trouve
aussi beaucoup de gravures. Aousserd nous réserve encore bien des surprises.
Canarias
Les Guanches sont d'origine Paléo-Berbère et ont peuplés les Canaries entre le -5e et le -3e
millénaire (BC). Aux Îles Canaries, les tumulus collectifs sont d'une grande complexité. Le site
de La Guancha en montre plusieurs de taille et de forme arrondie différente, jusqu'à formé un
petit "village". Anciens noms : Ténérife : Achinech - Asensen Gran Canarian : Tamaran
Lanzarote : Titerogakaet - Titeroigatra Fuerteventura : Erbania - Erbani Hierro : Esero - Hero
La ressemblance avec les sites du Maroc n'est pas étonnante, c'est une continuité, les
premiers habitants étaient berbères. Avec chaque glaciation, le niveau des océans baisse pour
remonter ensuite et les côtes marocaines ne se sont pas toujours trouvé à la distance actuelle.
Le site de Arteara est composé de plus d'un millier de tumulus sur deux km de long et un de
large. Ce qui est plus étonnant, c'est qu'il y a aussi des similitudes avec l'Amérique du Sud.
Egypte
La Pyramide de Meïdoum
La pyramide de Meïdoum comportait sept degrés à l'origine et fut transformée en pyramide
parfaite au moyen d'un revêtement en calcaire de Tourah. De ces sept degrés, trois étages
seulement sont encore visibles. Composée de blocs de calcaire, elle fut certainement
construite pour le roi Houni, dernier souverain de la IIIe dynastie. Élargie et agrandie plus tard
d'un huitième degré, elle fut finalement transformée par son fils Snéfrou en pyramide lisse.
La Pyramide de Djozer
Edifié par l'architecte Imhotep sous le règne du pharaon Djozer (Djéser), c'est une des plus
anciennes pyramides. Elle marque une évolution importante de l'architecture monumentale. Le
tombeau du pharaon prend, pour la première fois et après de multiples modifications, la forme
d'une pyramide. Cette innovation marque la naissance d'un nouveau type de sépulture. Les
éléments cultuels ainsi que l'enceinte à redans représentent l'aboutissement d'une architecture
évoluant depuis la IIe dynastie.
La Pyramide de romboïdale de Dahchour
La pyramide rhomboïdale fut construite pour le pharaon Snéfrou IVe Dynastie. Sa forme
particulière en fait une tentative avortée de pyramide à faces lisses, dernier stade de l'évolution
des pyramides. Elle possède de nombreuses particularités et ressemble par bien des points à
la pyramide érigée par le fils de Snéfrou, Khéops.
La première caractéristique évidente de la pyramide est son aspect en double pente qui est le
résultat d’un changement de plan intervenu durant la construction. La seconde caractéristique
est le doublement de sa distribution interne. Deux chambres funéraires sont accessibles par
deux entrées.
Deir el Médineh
Les ruines près de Deir el Médineh sont ceux d'un village antique où résidait la confrérie des
artisans chargés de construire les tombeaux et les temples funéraires des pharaons et de leurs
proches durant la XVIII à la XXe Dynastie.
Son nom ancien, Set Maât her imenty Ouaset, signifie "La place de Maat" ou place de la
Vérité". Les tombes des artisans se trouvent hors de l'enceinte.
173
Les dynasties berbères
Des ruines dans une mer de sable, voilà tout ce qui reste de la capitale de l'Egypte de la XXIe,
la XXIIe, la XXIIIe et XXIVe dynastie (libyenne - berbère) au –Xe et –XIIe siècles. Sur une
branche du fleuve depuis asséchée, au nord-est du Delta, les souverains de la XXI dynastie
édifièrent leurs imposants sanctuaires (dédiés à Amon, Horus et Mout). Refuge lors des
troubles de la IIIe période intermédiaire, Tanis fut aussi une réponse à Thèbes, la capitale
historique du Sud, où les prêtres d'Amon avaient pris le pouvoir.
Tanis fut construite grâce à la récupération de blocs de calcaire provenant de Pi Ramsès, cité
tout aussi éphémère créé à proximité. Après son abandon, Tanis servira aussi de carrière. La
XXIIe dynastie pharaonique est une dynastie d'origine libyenne (berbère) qui gouverna l'Égypte
des environs de -945 à -715 en parallèle avec les XXIIIe, XXIVe et XXVe dynasties. Les
Libyens, de la tribu des Machaouach (ou Ma), sont déjà bien implantés dans le delta du Nil
lorsque, à la chute de Psousennès II, Sheshonq Ier prend le pouvoir et se fait proclamer
pharaon et fonde la XXII dynastie.
Les pharaons libyens délégueront une partie de leurs pouvoirs aux grands prêtres d'Amon à
Thèbes. Ces libyens ne perdront jamais totalement leurs moeurs d'origines : ils installent
notamment des fiefs, sortes de chefferies, à travers le delta pour les membres de la famille
royale. Le delta s'émiette ainsi jusqu'à ce qu'un membre de la famille fonde une dynastie
parallèle, la XXIIIe dynastie.
Vers -818, un autre libyen fonde la XXIIIe dynastie et installe sa capitale à Bubastis, également
situé dans la partie est du Delta. Ainsi deux pouvoirs se partagent le Delta qui s'ajoutent au
pouvoir thébain, au sud et à celui de Napata en Haute Nubie.
Les Pharaons Libyens s'assurent le soutien des clergés en respectant scrupuleusement les
obligations religieuses traditionnelles du pouvoir royal : ils reprennent une politique
monumentale en faveur des temples, notamment à Bubastis mais aussi dans les grands
sanctuaires de Karnak, Héliopolis, Hermonthis, Abydos et Tanis, qui reste la capitale du nord.
L'art de la période marque la volonté des souverains de se rattacher à la grandeur ramesside,
tant dans l'architecture que dans la sculpture monumentale. Il se développe un art du bronze
de grande qualité (statue de la divine adoratrice Karomana).
Urnes funéraires
Burkina - Niger
Bura appartient à un ensemble de sites archéologiques de la moyenne vallée du Niger qui
traverse l'ouest de la Rép. Du Niger sur 450 kilomètres, s'étend au Burkina sur un parcours de
250 km de long et 150 km de large entre la frontière malienne et les méandres du fleuve. Le
site de la nécropole de Bura se trouve dans un cirque d'environ un kilomètre de diamètre,
dominé par des buttes témoins hautes de 10 à 20 mètres. Il a été découvert de façon fortuite
en 1975 à 150 km au nord-ouest de Niamey. La partie fouillée mesure 25 mètres de long du
nord au sud et 20 m d'est en ouest.
Les jarres ou urnes funéraires contenaient quelques os, particulièrement des os de crâne. Sous
celles-ci, des ossements humains ont été découverts. Or, plus profondément, à 1,50 m, a mis à
jour un squelette entier, la tête légèrement relevée sur un appuie-nuque. Des bracelets en
cuivre, identiques à ceux représentés sur les terres cuites surmontant les jarres, ont été
retrouvés près du squelette.
Soudan - Nubie
Nécropole de Sédéinga
Au moins 35 petites pyramides, et des tombes ont été découvertes très regroupés sur un site
appelé Sedeinga au Soudan. Les vestiges datent d’il y a environ 2.000 ans, à l’époque du
174
royaume de Koush, établi lors de l’ancien Empire égyptien. Parmi les découvertes les plus
singulières, les chercheurs ont été marqués par la présence de pyramides comportant une
architecture interne. Cette architecture se compose d’une coupole vide et de renforts latéraux
sur les diagonales des monuments.
Les tombes associées aux pyramides sont pour la plupart vidées à cause des nombreux
pillages répétés au cours de l’histoire. Toutefois, les archéologues réussissent parfois à
découvrir quelques objets comme des céramiques ou une stèle sur laquelle un texte a été
gravé en langue méroïtique et dédiée à une femme appelée "Aba-la", peut être un surnom pour
désignée la "grand-mère".
Nécropole de Kerma
Le Kerma Ancien s'étend du –XXVe au –XXIe siècles, le Kerma Moyen du -XXIe au –XVIIIe
siècles et le Kerma Classique du –XVIIIe au –XVIe siècles. Ces trois phases se caractérisent
par une production de céramiques spécifiques.
Les principaux indices de cette civilisation proviennent des nécropoles. Les tombes sont de
petites fosses surmontées d'un tumulus, de dalles de pierres noires et de galets blancs ou
d'une stèle. Le défunt, recouvert d'une peau de bovidé, est enseveli avec son mobilier
personnel, ses armes, ses parures et bijoux. Les sacrifices d'animaux sont fréquents.
Durant sa période classique, la ville de Kerma témoigne d'une urbanisation élaborée. Entourée
de fortifications, elle comprend des ateliers, des fermes, des constructions rectangulaires en
briques, des palais ainsi qu'un vaste quartier religieux dominé par la Deffufa (terme nubien
désignant un ouvrage fortifié en briques crues).
Les tombes princières sont recouvertes d'immenses tumuli pouvant atteindre une centaine de
mètres de diamètre, et on a retrouvé dans ces tombes des centaines de sacrifiés humains.
Kerma est la capitale du royaume nubien du même nom, qui régna sur tout le cours moyen du
Nil soudanais de l'Ancien Empire égyptien à la deuxième période intermédiaire égyptienne, soit
entre les années -2450 et -1480, sur 1.000 kilomètres. Cette cité identifiée à proximité du site
de Doukki Gel était le centre d'un puissant royaume rival de l'Égypte, dont les textes des
anciens égyptiens signalent qu'il verrouillait l'accès aux routes commerciales permettant
d'acheminer
vers le royaume pharaonique les produits de l'Afrique.
Algérie
Khenguet Lahdjar
Située au Nord-Ouest de Ain Makhlouf, à 9 kilomètres en empruntant le chemin de wilaya N°
123 (Route Dép. 123) de Ain Makhlouf à Selloua Announa au lieu dit Khenguet Lahdjar. C’est la
seule station préhistorique qui fournit de telles images (-6.000) période des chasseurs et de la
grande faune sauvage.
Le bélier
L'espèce la plus représentée parmi les gravures de l'Atlas est celle de l'Ovis longipes. Il s'agit
d'un mouton à poils, au corps longiligne et anguleux, avec des membres graciles, une tête au
chanfrein bombé, la croupe ravalée, la queue longue. Ce mouton changeait sa toison poilue
par des mues, trait de certaines espèces primitives et du mouflon. Mâle ou femelle, il porte des
cornes petites et fines à simple courbure arquées vers l'avant, et des oreilles pendantes.
Le rôle religieux du bélier à sphéroïde semble avoir été commun aux groupes ProtoBoréafrasien. On ne peut contester l'étonnante ressemblance entre le bélier de l'Atlas et le dieu
de Thèbes, Amon, représentée depuis l'Ancien Empire (-2575) sous forme d'un bélier avant
qu'il ne devienne, après sa fusion avec Râ, le dieu solaire affublé du disque solaire dont l'image
devient fréquente à partir du Nouvel Empire (-1550). Il en est de même du fameux mouton de
la civilisation de Kerma.
175
Bélier Amon
Le bélier Amon d'Egypte est postérieur de plusieurs millénaires aux béliers de l'Atlas, et ne peut
en être la préfiguration comme on l'a supposé au départ. Quand à la civilisation de Kerma, sa
durée peut être estimée entre -2800 et -1500, date de la prise de contrôle de la région par les
Egyptiens. Nous sommes donc loin du bélier de l'Atlas dont l'ancienneté remonte à la
préhistoire peut-être même au –Xe ou –XIe millénaire. Cet animal préfigure la multitude de
cultes qui seront rendus au bélier dans l'Antiquité jusqu'aux temps subactuels.
Les attributs d'Amon sont le disque, image du soleil, les cornes et le fléau; il est figuré tantôt
avec une tête de bélier, tantôt avec un visage humain, portant parfois des cornes de bélier qui
naissent au-dessus des oreilles. Il portait en général sur la tête une tiare de plumes ornés
parfois du disque solaire. La figuration des cornes est, selon certains, aussi une référence aux
fossiles ammonites. Leur nom est lié à la forme spiralée de leurs coquilles fossilisées qui
évoquaient pour les anciens les cornes de béliers.
Ash - Seth
Dans le répertoire des dieux de l'ancienne Egypte, certains sont considérés comme des dieux
étrangers. Tel est le cas de Ash qui régnait sur les confins occidentaux de l'Egypte, un dieu
qu'ils désignaient comme "Le Seigneur des Libyens" ou "de Libye".
Ash est une des toutes premières figurations de divinités égyptiennes figuré comme un être à
tête de faucon, ou de Seth sur un corps humain. Un dieu libyen portant ce nom est mentionné
sur le relief de Sahouré datant de la Ve dynastie (-2458 / -2446). Seth est aussi appelé "le
Rouge, roi du désert", il était le frère d'Osiris, fils de Geb (la Terre) et de Nout (le Ciel).
Les palettes à fards
La palette à fard est un artéfact archéologique, du milieu de la période prédynastique de
l'Égypte.
Les premières palettes à fard sont utilisées pour broyer les minéraux dont sont tirés les fards,
l'ocre, la malachite pour le vert et la galène pour le noir. En effet, la protection de l’oeil est un
acte essentiel dans un pays désertique. Il n'y a pas seulement une volonté de se farder, mais
une réelle nécessité de se protéger les yeux. On parle même de protection magique. Les
palettes décoratives de la fin du -IVe millénaire semblent avoir perdu cette fonction et
deviennent commémoratives, ornementales et peut-être cérémonielles. Elles sont faites
généralement en pierres comme l'ardoise.
Egypte
Min
Dans la mythologie égyptienne, Min est un dieu ithyphallique du neuvième nome de HauteÉgypte qui portait le nom de Minou (la foudre de Min). Divinité de la fertilité et de la
reproduction. Min est sans doute une des divinités les plus anciennes de l'Égypte. Le phallus
en érection, symbole de fertilité et procréation, une laitue romaine au pouvoir aphrodisiaque
souvent à ses côtés. Sa tête est coiffée d'un ruban enserrant deux hautes plumes. Il finit par
être absorbé par Amon pour devenir Amon-Min, puis par Horus devenant Min-Horus capable de
faire taire Seth.
Bastet
Déesse de la musique, de la joie du foyer, des chats et de la maternité aux traits félins dont le
centre religieux se trouvait à Bubastis. Le nom exact est vraisemblablement Bast. Fille du dieu
soleil Rê, Bastet est cependant parfois considérée comme la fille d’Amon.
sous les traits d’une déesse à tête de lionne, elle s’identifie alors à la redoutable déesse de la
guerre, Sekhmet. Selon certaines traditions, Bastet serait l’épouse d’Atoum et elle aurait
enfanté le lion Miysis.
Sekhmet
Sekhmet la puissante est une déesse de la mythologie égyptienne. Elle est représentée par
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une femme à tête de lionne portant le disque solaire ; de sa bouche de lionne sortent les vents
du désert. Elle est épouse de Ptah et mère de Néfertoum dans la triade Memphite. La déesse
chatte Bastet s'identifie parfois à Sekhmet. Les prêtres de Sekhmet étaient reconnus comme
spécialistes de la médecine vétérinaire, la déesse a le pouvoir de guérison, ce qui l'a
consacrée déesse des médecins.
Thot
Dans la mythologie égyptienne, Thot est le nom grec de Djehouti, le dieu lunaire de Khemenou.
Représenté comme un ibis au plumage blanc et noir ou comme un babouin hamadryas, Thot
capte la lumière de la lune, dont il régit les cycles, à tel point qu'il fut surnommé "le seigneur du
temps". Le respect que Thot inspire lui vient de son savoir illimité. Toutes les sciences sont en
sa possession : Il connaît tout et comprend tout. En tant que détenteur de la connaissance, il
invente l'écriture et il est chargé de la diffuser.
Importé dans le monde gréco-romain, Thot y sera assimilé à Hermès Trismégiste.
Anubis
Son culte est attesté à travers tout le territoire égyptien depuis le XXXIIe siècle av. J.-C. et s'est
montré très actif durant trois millénaire et demi pour ne s'éteindre qu'au IVe siècle de notre ère
en parallèle à la diffusion du christianisme en terre égyptienne. Le théonyme Anubis provient de
l'égyptien ancien inpou (Anpou, Anoup, Anoupou) par l'intermédiaire de sa forme hellénisée
Anoubis. La forme hybride du dieu Anubis, corps d'homme et tête de canidé, a été rapprochée
d'une série de gravures préhistoriques représentant des hommes cynocéphales.
Ces oeuvres se répartissent dans tout le Sahara central du (Messak et Tadrart Acacus). La
plupart de ces œuvres remontent au Néolithique (entre -12 000 et -3 000).
En se basant sur des représentations de danseurs à masque de chacal du Fezzan libyen,
Jacques Bernolles propose de situer les origines du dieu Anubis dans cette région car pour lui
"le sens de migration du concept Anubis-Chacal n'est point Egypte-Sahara mais bien SaharaEgypte".
Egypte
Philae
Philæ était une ville antique égyptienne du premier nome de Haute-Égypte, le nome "du Pays
de l'arc (ou du Pays de Nubie)". Elle abritait un temple d'Isis, l'un des mieux conservés de
l'Égypte antique, dont la construction est commencée par l'un des derniers pharaons égyptiens,
Nectanébo Ier, et terminée par les Romains. Le temple reste voué au culte de la déesse et est
fréquenté par les Blemmyes, une tribu nubienne, jusqu'au milieu du VIe siècle lorsqu'il est
transformé en église copte sur ordre de l'empereur Justinien. Avec l'arrivée du tourisme de
masse en Égypte, Philæ est devenue l'une des destinations les plus populaires du pays attirant
plusieurs milliers de visiteurs chaque jour en haute saison.
Obélisque inachevé
L’exploitation des carrières de granite, de schiste et d’albâtre fut, dès l’antiquité, l’une des
richesses de la région. Les blocs étaient transportés vers le nord par la voie fluviale du Nil. Les
obélisques érigés à Rome, New York, Istanbul, Paris et Londres ont été taillés dans le granite
d’Assouan, roche présente uniquement dans cette région méridionale de l'Égypte.
À quelques kilomètres au sud d’Assouan, plusieurs carrières fournissaient le précieux granite
rose destiné aux obélisques, mais aussi les blocs de pierre destinés aux pyramides, aux
statues et aux colosses royaux.
Deir el-Bahari
Le site de Deir el-Bahari est un complexe funéraire, composé de temples et de tombes, situé
sur la rive gauche du Nil. Dès la XIe dynastie, Mentouhotep II avait fait ériger un temple dont il
reste encore quelques vestiges. Ce n’était pas une pyramide mais un mastaba qui surplombait
l’édifice. Un sanctuaire élevé ensuite par Amenhotep Ier fut arasé lorsque la reine Maâtkarê
Hatchepsout décida d’y faire construire son temple funéraire, dédié au dieu Amon, mais aussi
177
aux dieux Anubis et Hathor (déesse du plaisir et protectrice des femmes), au -XVe siècle.
Abou Simbel
Les temples d'Abou Simbel sont deux temples de l'Égypte antique construits par le pharaon
Ramsès II (-1304 / -1213, XIXe dynastie) pour son culte ainsi que celui de dieux égyptiens et
de son épouse Néfertari à Abou Simbel, en Égypte, au nord du lac Nasser sur le Nil, à environ
soixante-dix kilomètres de la deuxième cataracte du Nil.
Le grand temple est un hémispéos construit à l'origine dans la colline de Méha. Il est voué au
culte d'Amon, de Rê, de Ptah et de Ramsès II déifié.
Karnak
Le complexe religieux de Karnak comprend un vaste ensemble de ruines de temples,
chapelles, pylônes, et d’autres bâtiments situés au nord de Thèbes, aujourd’hui la ville de
Louxor, en Égypte, sur la rive droite du Nil.
Karnak, reconstruit et développé pendant plus de 2 000 ans par les pharaons successifs, de
Sésostris Ier au Moyen Empire à l’époque ptolémaïque, s’étend sur plus de deux kilomètres², et
est composé de trois enceintes. Il est le plus grand complexe religieux de toute l’Antiquité.
Devant l'entrée occidentale de l'enceinte d'Amon-Rê s'étendait un bassin relié au Nil par un
canal artificiel. C'était la voie processionnelle qu'empruntait la barque d'apparat de la triade
thébaine d'Amon, Mout et Khonsou lorsqu'ils se rendaient au temple d'Amon de Louxor lors de
la fête d'Opet.
Tunisie
Les 7 Dormants
Dans l’islam, le récit de la 18e sourate du Coran La Caverne évoque le récit de Jeunes
Dormants, et diffère, sur certains points, de la légende chrétienne des 7 dormants, ces jeunes
chrétiens d’Ephèse que Dieu a plongés dans un sommeil mystique après qu’ils eurent été
emmurés dans une caverne par leurs persécuteurs païens, et dont le Coran fait un récit
exemplaire.
C’est un fait avéré que dans un grand nombre de pays du pourtour méditerranéen, et au-delà, il
existe des lieux et des objet de vénération, supposés accueillir les restes ou rendre simplement
un hommage aux 7 dormants. Il peut s’agir de mausolées, de tombes, ou plus simplement de
monticules, souvent à proximité d’une grotte plus ou moins grande.
Cette présence est attestée au Maroc, en Algérie, en Egypte, en Syrie, en Irak, en Turquie, en
Europe de l’ouest aussi, en France, en Espagne, en Allemagne. Il s’agit donc de lieux de
dévotion qui se ressourcent autant dans l’univers islamique que dans l’univers chrétien.
Grotte des 7 Dormants à Ephèse
Fontaine des 7 Dormants en France
Les 7 Saints de Bretagne
Les 7 Saints Regrega au Maroc
Tumulus - Nécropoles & Sanctuaires - Monde
Irak
Ur - Our
Actuellement Tell al-Muqayyar – La Colline Goudronnée – est une des plus anciennes villes de
Mésopotamie sur l'Euphrate (-IIIe millénaire), se serait la ville d'origine du patriarche Abraham.
Le sanctuaire de Nanna-Sin, La Maison de la Grande Lumière, un troisième étage (disparu)
portait le temple édifié au sommet de la ziggourat. La cour comprenant la Ziggourat était
ouverte par une entrée monumentale et faisait aussi office de dépôt d'archives et on y rendait
aussi la justice.
178
Iran
Elam
Tchoga Zanbil
Bien avant l'arrivée des Perses, les Elamites (-2400 à -539) créèrent dans le sud-ouest de l'Iran
l'une des premières civilisations du monde. La ziggourat était un centre religieux du royaume
Elamite, fondé vers -1250 par le roi Untash-Napirisha sur la route entre Anshan et Suse. Le
quartier royal et les tombes royales se trouvent à proximité du sanctuaire. La construction est
différente des autres ziggourats de Mésopotamie, au lieu de terrasses superposées, on se
trouve en présence de quatre étages emboîtés verticalement.
Mongolie
Dans les plaines du nord de la Mongolie, de mystérieuses représentations de créature cornues
à bec d'oiseau semblent grimper le long de monolithes de granite appelés pierres de cerfs.
Selon les spécialistes qui tentent de déchiffrer ces monuments, ils ont été érigés entre -1100 et
-800, environ deux millénaires avant que les guerriers de Gengis Khan ne dominent ces
steppes. On a déjà retrouvé près de 600 pierres en Mongolie, au Kazakhstan et en Russie.
Turquie
Situé à 20 km de Urfa en Turquie, anciennement Edessa, Orhay ou Erekh. Selon certains
chercheurs, le pilier T symbolise un champignon. Un champignon hallucinogène serait à
l'origine de leur spiritualité comme chez les mayas et les autres peuples amérindiens. Sur tous
les continents la forme de spiritualité la plus ancienne est le chamanisme, presque toujours
associé à l'usage d'enthéogènes. Le site a été abandonné vers -8000 BC et recouvert de terre,
on ignore la raison.
Göbekli Tepe
Göbekli Tepe est un site archéologique des débuts du néolithique. Il est situé au sud-est de
l’Anatolie (Turquie), près de la frontière avec la Syrie. Au sud-ouest se trouve la ville de
Şanlıurfa. Le toponyme turc Göbekli Tepe se traduit en français par "La Montagne du Nombril".
Sur ce site repose le plus ancien temple de pierre jamais découvert (-11500 à -10000 BC). La
civilisation à l’origine de ce site est encore très mal connue.
Nemrut Dag
Le Nemrut Dag, c'est au sommet de cette montagne, sur un immense tumulus de 150 mètres
de diamètre et de 50 mètres de hauteur, qu'ont été découverts les vestiges du sanctuaire
d'Antiochos Ier (royaume de Commagène -Ier siècle BC). Les inscriptions nous apprennent que
le roi se prétendait le descendant d'Alexandre par sa mère et de Darius par son père.
Arménie
Zorats Karer, aussi appelé Karahunj "voix des pierres", est un site mégalithique de la région de
Syunik en Arménie, situé à 3 km au nord de Sissian.
Posés sur un replat qui domine la vallée de Sissian, les mégalithes de Zhorats-kar étaient
alignés de manière à permettre l'observation des étoiles.
Toutes les pierres du monument sont de basalte et certaines ont des trous.
Le site est un ancien observatoire destiné à suivre les mouvements des astres et à mesurer le
temps.
Certains astronomes pensent que ce monument aurait 6000 – 8000 ans et daterait donc du IVe ou du -VIe millénaire.
Syrie
Des visages ont été modelés sur des crânes humains avec de la terre et de la chaux et colorés
avec du blanc, du rouge et du noir pour en préciser les traits.
Les cercles concentriques de Rujm el-Hiri sur le plateau du Golan en Syrie. Un tumulus se
trouve au centre. Le diamètre extérieur est de 150 m.
179
Italie
La nécropole de Banditaccia couvre une surface de 45 ha, pour un total de 1 000 tombes dont
un bon nombre sont couvertes du monticule caractéristique des tumulus. C'est une des plus
grandes nécropoles antiques dans le secteur méditerranéen. Les tombeaux sont datés de la
culture de Villanova du IXe siècle BC à la période étrusque tardive du IIIe siècle BC. Les plus
anciennes ont la forme d'un puits, dans lequel les cendres des morts ont été logées.
France
Colombiers
Tumulus et mégalithes de Colombiers : Les défunts étaient déposés à même le sol, en position
fœtale. L'accès à la chambre funéraire, lieu central du recueillement, se faisait en empruntant
un étroit couloir. Cette entrée, maintes fois ouverte par les hommes du Néolithique, symbolisait
le lien entre le monde des morts et le monde des vivants. Un culte reste attaché au lieu.
Carnac Bretagne
La commune de Carnac est connue pour ses alignements de 2 934 menhirs. Les alignements
sont partagés en plusieurs groupes distincts. Les alignements du Ménec regroupent 12
rangées convergentes de menhirs qui s'étendent sur plus d'un kilomètre, avec les restes de
cercles de pierres à chaque extrémité. Les pierres les plus grandes, à l'ouest, atteignent 4 m de
haut ; leur hauteur moyenne décroît le long de l'alignement pour atteindre 60 cm de hauteur à
l'extrême est.
Gavrinis
Le Cairn de Gavrinis est situé sur l'île de Gavrinis située dans la partie centrale du golfe du
Morbihan en Bretagne. Sa construction remonte à -3.500 ans, l'île était encore rattachée au
continent.
Il est richement décoré de l'intérieur avec de superbes gravures qui semblent plus anciennes
que la construction. Certaines de ces pierres semblent provenir de monuments plus anciens.
Entre autres du grand menhir brisé d'Er Grah, qui fut débité pour couvrir les tombaux.
Parmi une multitude de traits on en distingue un petit nombre que leur régularité et leur
disposition singulière pourraient faire ressembler à des caractères d'écriture... Il y a encore des
chevrons, des zigzags et bien d'autres traits impossibles à décrire. Jadis, ce type de roche
pouvait s'illuminer au contact des rayons du Soleil.
Er Grag - Tumulus
Le tumulus a été construit sur plusieurs périodes de -4500 à -4.000. Il appartient à la catégorie
des sépultures à caveau fermé. En raison de sa dimension et du matériel funéraire retrouvé à
l'intérieur, il devait s'agir de tombes abritant des personnages importants, chefs tribaux ou
représentants du culte.
Vraisemblablement utilisé pendant plusieurs siècles, le monument est notamment composé de
deux dalles gravées. L’entrée se trouve sur la face sud-est.
Er Grag - La Table des Marchands
La dalle qui constitue le fond de la chambre funéraire devait être à l’origine en plein air, et
constituer un monument autonome ; décorée sur ses deux faces, celle interne de la chambre
présente une divinité à la chevelure abondante. L’ensemble du mégalithe a été construit par la
suite, à partir et autour de cette première stèle.
La seconde dalle constitue le plafond de la chambre ; elle mesure 7 mètres de long, 4 de large
et 0,80 d’épaisseur, son poids est estimé à 65 tonnes. Elle est ornée d’une hache emmanchée,
d’une crosse, et dans la partie inférieure, d'un bovidé. C’est une partie d’un bloc initial dont une
autre partie se trouve maintenant sur le tumulus de Gavrinis, distant d'environ 5 kilomètres, et
l’autre sur le tumulus d'Er Grah situé juste à quelques mètres de la Table des Marchand, les
motifs de décoration se complètent parfaitement.
180
Er Grag - Le Menhir Brisé
Le Grand menhir brisé d'Er Grah, ou Men ar hroëc'h qui signifie "Pierre de la Fée" en Breton,
situé sur le territoire de la commune de Locmariaquer, dans le Morbihan, est un menhir de
dimensions exceptionnelles, le plus grand d'Europe : 18,5 m de hauteur lorsqu'il était dressé, 3
m de largeur, masse estimée à 280 tonnes.
Ce menhir, dont l'érection remonterait au milieu du -Ve millénaire est aujourd’hui à terre et brisé
en quatre morceaux. Il se dressait au milieu d'un ensemble monumental associant
exceptionnellement, en un même lieu, les trois familles de monuments mégalithiques.
Types de mégalithes :
- Menhirs : pierres dressées verticalement
- Dolmens : tombeaux de dalles et les allées couvertes, formées de pierres dressées
- Alignements : une ou plusieurs lignes de menhirs
- Cercles : ou Cromlechs, menhirs placés en cercle plus ou moins complet
- Hypogées : grottes artificielles avec couloir en pente douce, vestibule et chambre sépulcrale.
Ces noms changent souvent selon l'endroit et leur construction commence vers -5.000. En
Afrique certains remontent à -9.000 (Ethiopie) tandis que d'autres datent du -900.
Angleterre
Stonehenge
Stonehenge, "les pierres suspendues", est un grand monument mégalithique composé d'un
ensemble de structures circulaires concentriques, érigé entre -2800 et -1100, du Néolithique à
l'âge du bronze. Le premier monument date du Néolithique secondaire. Il n'était constitué que
d'une enceinte circulaire délimitée par une levée de terre et un petit fossé à l'extérieur, creusé
dans le calcaire crétacé du Santonien, mesurant environ 110 m de diamètre, avec une entrée
principale orientée vers le nord-est, et une entrée plus petite vers le sud.
Mên-an-Tol
Plusieurs légendes sont associées à l'alignement, supposé posséder un gardien ou une fée
capable de guérisons miraculeuses. Les pierres trouées (il y en a aussi en Russie) se trouvent
souvent en conjonction avec des chambres funéraires. Il est aussi possible qu'elles ont fait
partie d'un calendrier.
Ecosse
Callanish
La zone autour de Calanais comprend 21 monuments érigés entre autour de 3000 BC. Cet
ensemble mégalithique est appelé Callanish en anglais et tire son nom du village voisin de
Callanish. En gaélique écossais, le site est appelé Clachan Chalanais ou Tursachan Chalanais.
Il a été supposé, parmi d'autres théories, que les pierres forment un calendrier basé sur la
position de la Lune. La plus grande des pierres au centre du cercle central marque l'entrée d'un
cairn funéraire où des restes humains ont été découverts.
Grande Bretagne
Sutton Hoo
Sutton Hoo, près de Woodbridge, est un site archéologique anglo-saxon (anglo-celte) où ont
été mis au jour en 1939 un cimetière et un bateau funéraire datant du début du +VIIe siècle.
Son âge, sa taille, sa richesse, sa beauté, sa rareté et son importance historique font de Sutton
Hoo l'une des plus grandes découvertes archéologiques en Grande Bretagne. Le site apporte
un éclairage sur une période du Haut Moyen Âge anglais jusque-là pauvre en documents ou
objets, car le bateau-tombe contient un grand nombre d'artefacts.
Le mot hoo signifie "pointe de colline".
le site se compose de vingt tertres contenant divers objets ou restes humains, et la plupart de
181
ces tumuli attendent toujours une fouille menée avec les dernières technologies disponibles.
De plus, vingt-sept tombes d'un autre genre ont été découvertes sur le site, à l'extérieur des
monticules. La disposition circulaire de douze d'entre elles autour du tumulus 1 renforce la
théorie qui voudrait que ces tombes résultent d'un sacrifice tenu lors de l'enterrement du
bateau-tombe. Le tumulus 2 abritait les restes de la crémation d'un homme et d'un cheval,
tandis que le tumulus 3 contenait un autre bateau-tombe, plus petit que celui du monticule 1 et
par ailleurs pillé, probablement durant les années 1860.
Sur la base d'une pièce de monnaie remontant au règne du roi franc Thibert II (ou Théodebert)
(595-612), on a pu dater le tumulus 1 aux alentours de 625. Le bateau mesurait 27 mètres de
long et 4,2 mètres de large en son centre et pouvait être manœuvré par quarante rameurs. Il
était placé de telle façon dans la tombe que sa proue pointait vers l'est. Une chambre funéraire
était aménagée sur le pont intermédiaire et, d'après la disposition de l'armure, la dépouille
devait être disposée avec les pieds orientés vers l'est et la tête vers l'ouest.
Seuls les rivets du bateau subsistent à cause de l'acidité du sol mais les empreintes dans la
terre ont permis une reconstruction détaillée du bateau. Ce dernier ne possédait pas de quille
opérationnelle et probablement pas de voile non plus puisqu'aucun mât n'a été retrouvé, mais
était d'excellente facture.
La disposition des rivets montre pourtant qu'une réparation avait été effectuée sur le bateau, ce
qui laisse à penser que ce dernier a été opérationnel avant d'être utilisé comme sépulture.
Allemagne
Kleinenkneten
Sur la route entre Oldenburg et Osnabrüch, un parcours de 330 kilomètres appelé " Straße der
Megalith Kultur", le long duquel on trouve 33 sites mégalithiques.
Disque de Nebra
Nebra-sur-Unstrut – Saxe-Anhalt – Allemagne
Disque en bronze et or âgé de 3.600 ans
L'image veillerait probablement à perpétuer les enseignements sur l'astronomie. C'était une
sorte d'aide-mémoire. La tradition orale se devait de maintenir les connaissances sur la nature
et les saisons.
Cette connaissance était essentielle pour les semailles.
Russie
Les dolmens du Caucase
Construits entre -4.000 et -2.000. Les grandes dalles sont minutieusement assemblées et tous
ont un trou circulaire ou triangulaire. Les formes sont rondes, carrées, ou rectangulaires. Les
dolmens sont parfois décorés de zigzags, triangles et cercles concentriques comme on les voit
sur tous les continents.
Les Sept Géants de l'Oural
Man Pupu Nyor (expression de langue mansi signifiant en français « petite montagne des
Dieux ») est une formation rocheuse particulière du nord de l'Oural, dans la République des
Komis, en Russie. Souvent appelée "les sept géants de l'Oural", elle est composée de sept
formations rocheuses, s'élevant de 30 à 42 mètres au dessus du sol. Cette formation serait
l'œuvre du travail de la nature, sur une durée de 200 millions d'années.
L'endroit était autrefois interdit à tous, sauf aux chamanes des Mansis. Selon la légende, l'un
d'eux aurait jadis jeté un sort à six géants maléfiques qui s'efforçaient de franchir la montagne,
les changeant ainsi en pierre. Malheureusement, un contrecoup du sort fit que le chamane en
fut également victime à son tour, le transformant également en pierre.
USA
Serpent Mound
182
Les Mounds Builders (bâtisseurs de tumulus) désignent un ensemble de peuples amérindiens
disparus avant l'arrivée des Européens, dans toute la moitié orientale des États-Unis actuels.
Cette civilisation précolombienne se distingue par ses constructions de tertres, pyramides et
effigies animales gigantesques en terre. On estime à plusieurs milliers le nombre de ces
édifices, dont les premiers tertres ont été aménagés vers 3 400 BC.
Pérou
Les Vantillas de Otuzco
A 8km au nord de Cajamarca se trouvent les Ventanillas de Otuzco. Des centaines de trous
servant de sarcophages sont creusés dans la paroi. Elles ressemblent à de petites fenêtres,
d'où leur nom : ventanillas (Windows...). Elles étaient auparavant fermées par des portes en or
ou en argent. Certains caveaux, dits familliaux comportent un couloir central et de nombreuses
cavités de chaque côté.
Le site a été utilisé comme nécropole de
-1000 à +1240. Par la suite, les Incas ont réutilisé certaines des niches comme greniers à
grain, réorientant les entrées pour les mettre contre le vent.
Le site de Otuzco est important pour la connaissance de la Nazca culture. Les corps sont bien
conservés grâce au climat sec du désert péruvien. Ils sont habillés de coton brodé et protégés
par une couche de résine. La civilisation Nazca est une culture pré-incaïque du sud du Pérou
qui se développa entre
-1000 (selon certaines sources -300) et +800.
Les Momies de Chauchilla
A 20 km de Nazca se trouve cette nécropole datant de l'époque Wari - Nazca. Partout
subsistent des restes de squelettes humains et de lambeaux de tissus. il existe encore de
nombreuses tombes ensablées, certaines petites, individuelles, ou plus grandes dites
familiales. Elles ont toutes été visitées par les Huaqueros (pilleurs de tombes). Le climat
désertique à favorisé la conservation des momies. Les momies étaient enveloppées 'épaisses
couches de coton puis d'une étoffe plus ou moins colorée.
Chili
Rapa Nui
Rapa Nui, "La Grande Rapa" ou "La Grande Lointaine". Les habitants de l'île sont d'origine
polynésienne, des Marquises ou de Mangareva et ont été rejoints par les habitants de Rapa, la
petite, qui se trouve en Polynésie française. Le tradition orale rapporte que le nom de l'île était
Haumaka – ou plus exactement Te kainga a Hau Maka – "Le bout de terre de Hau Maka". Il est
acquis que la langue maorie est austronésienne avec des mots communs d'Amérique du Sud.
Le peuplement initial daterait de +400, certains disent +1200.
Les ahu (plateformes à moaï) étaient aussi appelés Mat'a kite u'rani – les yeux qui regardent le
ciel. A proximité de l'ahu Tepitokura se trouve cette pierre aux formes arrondies, elle était
probablement un lieu cultuel. La légende affirme que c'est le dieu Make Make, créateur de
l'univers, qui posa cette pierre nommée "Te Pito o te Henua". Cette expression est traduite par
"Nombril de la Terre".
Chili Momies Chinchorro
Des chercheurs de l’université de Tarapacá ont découvert que certaines des plus vieilles
momies connues à ce jour étaient mortes d’un empoisonnement à l’arsenic, contenu dans l’eau
qu’elles buvaient. Ces momies, découvertes dans la région d’Arica au nord du Chili à partir des
années 1920 faisaient partie de la culture indigène Chinchorro. Âgées d'environ 7.000 ans, il
s’agit des plus vieilles momies connues à ce jour. Elles sont restées dans un très bon état de
conservation, grâce à l’air marin.
Les momies dites "rouges" possèdent des masques ainsi qu’une chevelure rouge et noire et
sont les plus vieilles momies connues. La technique de momification était bien différente de
celle des Égyptiens : les corps étaient démembrés, les organes et les os extirpés et la peau
183
était séchée. On remplaçait ensuite les os par des joncs et on les recouvrait de boue, les
entrailles étaient, elles, remplacées par des peaux d’oiseaux marins. Les momies noires de 4.600 ans, prennent une couleur noire à cause du mélange de magnésium et de boue qui les
recouvre.
Colombie - Fontaine de Lavatas
À San Agustín, (Huila - Colombie), ont été découvertes des traces d'établissements
sédentaires datant du -Ve. Elles témoignent de l'existence d'une civilisation quasiment
inconnue et disparue mystérieusement aux alentours de 1250. Elles sont conservées dans le
parc archéologique de San Agustín. Ce parc regroupe trois sites d'importance : la fontaine de
Lavapatas, la forêt de statues et le musée archéologique.
La fontaine de Lavapatas est une magnifique démonstration des compétences sculpturales et
la créativité de la culture augustinienne. À l'emplacement d'une source située dans une crique
naturelle, les pierres qui se trouvaient dans le ruisseau furent taillées, créant un complexe
réseau de canaux et de chutes d'eau artificielles entourées de figures zoomorphes,
anthropomorphes.
La source de Lavapatas faisait office de temple.
Pérou - Chachapoyas
Sur une corniche située au-dessus de la lagune des Condors, à environ 800 km au nord de
Lima, on découvrit en 1997, plus de deux cents momies aux pieds de sept chullpas, sortes de
mausolées nichés dans la roche, gisent aussi, éparpillés, des instruments de musique, des
poteries, des ornements en coquillages, des textiles colorés, des quipus. Une extraordinaire
nécropole Chachapoya, restée inviolée durant plus de cinq siècles, vient dévastée par des
voleurs à la recherche d'or.
Longtemps, l'existence de cette population est restée dissimulée dans les replis brumeux de
l'histoire. A l'abri de hautes falaises, dans les forêts d'altitude, à plus de 3.000 mètres, là où
s'entrelacent dans d'épais brouillards laiteux, lianes, broméliacées et rares orchidées. Son nom
lui vient des Incas, les grands maîtres du Tawantinsuyo – l'Empire des Quatre-Quarts – qui, au
XVe siècle, la baptisent du vocable quechua "Chacha puyu", qui se transforma plus tard en
Chachapoyas, le "Peuple des Nuages".
Ces guerriers, réunis en une vaste confédération, apparaissent pour la première fois dans les
chroniques espagnoles du XVI et du XVIIe siècle. Leur grande forteresse, Kuelap, et ses
murailles de vingt mètres de haut, fut redécouverte en 1843. Ce n'est que depuis quelques
années que les sites sont mis au jour. En particulier des maisons rondes en pierres sèches
ornées de frises géométriques, mais surtout d'incroyables nécropoles installées à flanc de
falaise. Tels ces sarcophages de terre renforcés
d'armatures de bois, les purunmachus.
En dehors des produits de l'agriculture vivrière, ils cultivaient en terrasses, à l'aide de systèmes
de drainage élaborés, la vanille sylvestre et le cacao. Ils s'étaient aussi spécialisés dans des
denrées de grande valeur comme la cire d'abeille, la coca, les teintures végétales ou les
textiles en plumes d'oiseaux.
De nouveaux sites sont régulièrement découverts dans la vallée de l'Utcubamba. Comme la
nécropole de Pachallama en 2008.
Pérou - Mochicas
La culture moche (mochica) est une culture précolombienne qui s'est étendue tout au long de
la côte nord péruvienne, à peu près entre l'an +100 et +700. Elle était contemporaine de la
culture Nazca qui occupait la côte sud péruvienne, se situant chronologiquement entre l'ère
Chavín (horizon ancien) et l'ère Chimú, mille ans avant l'Empire des Incas.
Les Mochicas disposaient d'un haut niveau technologique dans différents domaines,
184
notamment en matière d'irrigation et de métallurgie. Ils avaient réussi à maîtriser le désert
grâce à un système d'irrigation ingénieux, en détournant les rivières et construisant des
canaux. Ils pouvaient alors développer une agriculture excédentaire, et par-là même des
liaisons commerciales avec les autres peuples environnants de la côte, des Andes et même
d'Amazonie.
Bolivie - Samaïpata
Samaïpata est un site archéologique préhispanique situé en Bolivie dans le département de
Santa Cruz. Il est célèbre pour son immense rocher tabulaire aménagé de bassins et de
canaux creusés à même la roche qu'accompagnent deux figures de félin, ainsi que pour ses
niches latérales, façonnées de la même manière. Classé patrimoine mondial de l'UNESCO en
1998, ce site est supposé avoir été érigé à des fins religieuses et cérémonielles par des
populations pré-incaïques. Ces excavations à même la roche font penser à la fontaine cultuelle
de Lavapatas en Colombie.
Figures et motifs y ont été taillés dans un seul bloc massif de roche rougeâtre. Il n’est plus
permis de monter sur cette espèce de pyramide, la friabilité du terrain ayant déjà provoqué la
disparition de plusieurs motifs. El Fuerte est traversé en son centre par deux sillons verticaux.
Les Indiens de la région disent que, jadis, des chevaux de feu l’utilisaient comme plate-forme
pour s’élever vers le ciel. Cette légende a fourni du matériel aux étranges théories d’Erich von
Däniken sur la présence d’extra-terrestres en Bolivie.
En colonisant la région les Incas se le seraient approprié et en auraient poursuivi
l'aménagement. La plupart des vestiges qu'offre Samaïpata restent toutefois bercés de
mystères et leur interprétation est ardue.
Le site archéologique fut occupé par les Incas qui l’utilisaient comme le poste le plus avancé de
l’empire, dont il marqua la frontière jusqu’à sa chute. Il représentait le centre administratif
chargé d’assurer l’ordre de l’Inca dans la région, mais sa principale fonction était de repousser
les tentatives d’incursion fréquentes des indiens guaranis. Personne ne connaît l’origine de ce
site.
Laos
Phonsavan
La Plaine des Jarres
Les principaux champs de jarres sont situés autour de Phonsavan au Laos, mais on en trouve
aussi en Thaïlande et en Inde, ce qui amène à penser à une répartition recouvrant un itinéraire
d'échanges par caravanes. A part une grotte, il n'y a aucun vestige ou habitat antique dans la
région, laissant les jarres sans contexte archéologique. La grotte est dotée d'une cheminée
naturelle et montre d'importantes traces de feu et des ossements humains calcinés. Ce qui fait
penser à un incinérateur naturel et que les cendres auraient ensuite été conservées dans les
jarres, dont certaines portent encore leur couvercle.
Il existe plusieurs autres hypothèses : stockage de nourriture ou d'eau, cuves à fermentation
pour la production d'alcool, ou simplement des cuves pour la fabrication d'une potion rituelle.
Les mégalithes étaient accompagnés d'objets de bronze et de fer.
La communauté scientifique ne peut encore donner que des explications conjecturelles quant à
la datation de ces jarres de pierre, sur une période allant de
-5000 à +800.
Chine
Xian
Tombe de l'empereur Qin Shi Huangdi –IIIe siècle
La tombe est recouverte d'un tumulus haut de 115 mètres mais n'a pas été explorée.
Selon les sources historiques, elle contiendrait, outre le corps de l'empereur, une reproduction
de son empire, avec des rivières de mercure coulant éternellement, et un plafond constellé de
185
perles. Les fosses contenant l'armée d'argile de huit milles statues se trouvent à 1,5 km et
datent de -210. Les six mille guerriers portent tous une arme en bronze et sont légèrement
supérieurs à la taille réelle en fonction de leurs grades. Une couche de laque recouvrait chacun
d'eux et sur ce fond, des laques aux pigments colorés. Les armes étaient protégées par une
couche d'oxyde de chrome. Il y a aussi des chars, des chevaux et des animaux rares.
Les fosses étaient couvertes par un plafond en bois porté par des piliers et des poutres. Ces
plafonds étaient couverts de claies de roseau et de couches d'argile, puis d'une couche de
terre de 2 à 3 mètres au-dessus du niveau du sol.
Japon
Les kofun sont des monuments funéraires mégalithiques japonais de la protohistoire, qui ont
donné leur nom à la période Kofun entre le +III et le +IVe siècle.
Beaucoup sont en forme de "trou de serrure" (trapèze surmonté d'un cercle), d'autres sont
ronds, rectangulaires, carrés ou de forme mixte. L'avant était généralement orienté vers le sud
ou l'ouest. On y disposait dessus et tout autour des haniwa qui délimitaient cet espace sacré et
le protégeaient. Le terte est parfois entouré de fosses contenant de l'eau.
Les plus anciens kofun, construits au sommet de collines, se trouvent dans le Kinai et datent du
+IIIe siècle. Dès le +Ve siècle, le volume des kofun augmente et ils sont cernés de douves. Des
monticules annexes font leur apparition et contiennent des armes et des armures en fer ou en
bronze. Ces objets appartenant au monde des archers et des cavaliers témoignent de
l'apparition d'une nouvelle culture équestre et militaire. Des kofun collectifs apparaissent
également.
Les chambres intérieures des kofun sont souvent décorées. Les plus anciennes avec des
triangles peints en rouge et noir.
Dans le Kyûshû, les chambres funéraires de la dernière période comportent des parois et des
sarcophages ornés de motifs incisés ou peints. Les motifs dominants figuratifs (chevaux,
oiseaux, bateaux) sont en rapport avec le dernier voyage de l'âme, d'autres sont abstraits :
spirales, cercles, doubles boucles.
Les chokkomon (motifs en spirale, cercles, doubles boucles) sont l'une des caractéristiques du
Kofun et deviendront par la suite une des dominantes de l'art japonais.
Les Haniwa, figurines funéraires en terre cuite, accompagnent partout les Kofun.
Canada et Groenland
Signalétique
Inukshuk
Un inukshuk est un empilement de pierres (ou cairn) construit par les peuples inuit et yupik
dans les régions arctiques d'Amérique du Nord, depuis l'Alaska jusqu'au Groenland, en passant
par l'Arctique canadien. Sa forme et sa taille peuvent varier.
Inukshuk est un terme inuktitut composé des morphèmes inuk (être humain) et -suk (substitut,
agissant à la place de), signifiant "ce qui a la capacité d'agir comme un être humain".
Chez les Inuits, les inuksuit ont joué un rôle important dans la chasse traditionnelle au caribou.
Ils étaient disposés, comme des épouvantails de pierre pour attirer les caribous dans un cul de
sac, lieu d'embuscade sur une colline. Les chasseurs, armés d'arcs et de flèches, étaient
cachés derrière les inuksuit. Les femmes et les enfants servaient de rabatteurs. Les inuksuit
pouvaient aussi servir de point de repère ou de cairn identifiant la position d'une cache pour la
nourriture. Les inuksuit servaient aussi à marquer les limites d’un territoire.
Les inuksuit servaient de repère pour les inuits ; son bras le plus long indiquait la position du
village ou de la ville la plus proche. Si une corne de cervidé est posée sur l'inuksuk, de la
nourriture est enfouie sous un tas de pierre devant l'inuksuk.
186
De nos jours, il en subsiste encore sur les collines, dispersés ici et là sur la terre gelée, visibles
à des kilomètres. Les voyageurs peuvent les utiliser comme des repères directionnels.
Polynésie
Marae
Un marae (en Maori de Nouvelle-Zélande, des îles Cook, et en tahitien), (malae en samoan et
en hawaïen), est un lieu sacré qui servait aux activités sociales, religieuses et politiques dans
les cultures polynésiennes précédant la colonisation. Dans toutes les langues polynésiennes, le
mot désigne un espace nu et dégagé. Dans son acception sociale, il désigne spécifiquement
un espace dégagé consacré aux réunions, à l'intronisation des chefs, aux repas cérémoniels,
aux rituels religieux.
Dans certains archipels d'Océanie, la maison du chef était établie sur le marae. Dans les îles
de la Société, et plus généralement en Polynésie française, le terme de marae désigne une
construction particulière, distincte des places de réunion ou de danse, et au caractère religieux
et sacré très prononcé. Dans l'ancienne culture polynésienne, le marae joue un rôle essentiel
dans la définition de la propriété foncière. Celle-ci n'était pas individuelle mais attachée à une
lignée, et profondément liée aux noms héréditaires de la famille possédant la terre où le marae
était érigé.
Marae de Taputapuatea situé à Opoa sur l'île de Raiatea, rassemblaient les chefs des îles de
plusieurs archipels pour y parler des questions sociales importantes, y célébrer les dieux ou
introniser un roi. L'influence du marae de Taputapuātea s'étendait autrefois sur tout le triangle
polynésien.
Le vavau désigne le terrain où est érigé le marae. C'est une terre sacrée, et de nombreux
tabous (tapu) lui sont attachés. Le ahu est l'élément principal du marae : c'est une plateforme
rectangulaire de pierres volcaniques ou de plaques de corail, parfois surmontée d'un autel à
l'une de ses extrémités. Son périmètre est composé de grandes et larges pierres dressées,
plus hautes que la surface intérieure dallée de pierres. Sur cet ensemble se dressent les unus :
sculptures en bois ou en basalte à formes humaines - Tiki - ou animales servant de réceptacles
pour l'esprit d'un dieu ou d'un ancêtre.
Indonésie
Sulawesi - Java - Sumatra
Vallée de Bada et Vallée de Besoa
La vallée de Bada suit le cours de la rivière Lariang le long de la limite sud du parc national de
Lore Lindu dans la province de Sulawesi central, dans l'île de Sulawesi en Indonésie. On y
trouve 14 grandes statues de pierre ainsi qu'un grand nombre de jarres de pierre datant de 3.000 / +1.600.
En Indonésie, ces monuments se développent en parallèle des grands royaumes hindouistes à
Sumatra et Java à partir du +VIIe siècle et jusqu'au +XIVe siècle, ensuite ces croyances se
répandent dans les îles avec les marchands arabes, chinois, portugais et hollandais à partir du
+XVIe siècle. Elles sont encore en vigueur dans l'île de Nias, Tanah Torraja à Sulawesi, et
dans l'île de Sumba. Il est encore possible d'observer dans ces trois zones, la mise en place de
ces monuments offrant l'opportunité d'étudier les techniques de constructions et de suivre les
cérémonies qui rythment leurs édifications.
Indonésie
Sumatra - Java - Sumba - Sulawesi - Nias
Mégalithes, alignements et monuments
En Indonésie, ces monuments se développent en parallèle des grands royaumes hindouistes à
Sumatra et Java à partir du +VIIe siècle et jusqu'au +XIVe siècle, ensuite ces croyances se
répandent dans les îles avec les marchands arabes, chinois, portugais et hollandais à partir du
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+XVIe siècle. Elles sont encore en vigueur dans l'île de Nias, Tanah Torraja à Sulawesi, et
dans l'île de Sumba. Il est encore possible d'observer dans ces trois zones, la mise en place de
ces monuments offrant l'opportunité d'étudier les techniques de constructions et de suivre les
cérémonies qui rythment leurs édifications.
Il revient à Joël Bonnemaison d'avoir révélé, dans les îles mélanésiennes, comment l'homme
était arrimé affectivement et symboliquement à son espace, et d'avoir forgé pour développer
cette idée la notion de "géosymbole". Celui-ci peut être un lieu, un itinéraire un édifice ou une
étendue, il est surtout défini comme le support spatial d'une écriture chargée de sens. Le
territoire procède de la combinaison de ces géosymboles qui sont des matérialisations de la
mémoire du groupe. Les géosymboles sont générés par une mythologie qui, étant le moyen
d'investir les lieux de symbolique, est celui d'enraciner l'homme à son espace.
Les mythes des îles racontent les différentes vagues de peuplement, qui sont à l'origine de
changements bouleversants : transitions religieuses, territoriales et politiques. Ces vagues
d'arrivées sont symbolisées par la venue ou l'intervention de personnages extraordinaires, mais
qui procèdent de modalités différentes. Ainsi le magicien Pageta Sabau, visita toutes les
rivières de l'île avant de se fixer à l'entrée de la rivière de Simataluà à Siberut.
Le nom de Pageta Sabaunom est invoqué au cours de la plupart des rituels chamaniques qui
ont une dimension entièrement spirituelle dans laquelle les habitants originels de l'île se sont
engagés : la méditation avec le monde des âmes, qui seule permet de restaurer les équilibres
du monde menacés en permanence par les dangereuses activités humaines. A l'île de Nias, les
mythes parlent d'un groupe descendu du ciel et qui ont fini par supplanter ceux arrivés par la
mer.
Iran
Pasargades
Première capitale historique de l'Empire Perse. Construite par Cyrus le Grand (Cyrus II -559 / 530), elle restera la capitale jusqu'au règne de Darius I (-522 / -486) qui déplace sa capitale à
Parsa (Persépolis). Le site inclut le mausolée de Cyrus II, la forteresse de Tall-e-Takht, les
ruines de deux palais royaux et le Zendan-e-Solaiman (prison de Salomon), un bâtiment dont la
fonction reste discutée.
Persépolis
Nécropole Achéménide Naqsh-e-Roustam
Les corps de Darius et de ses successeurs directs ont été déposés dans ces tombeaux taillés
dans la falaise près de Persépolis. En plus des tombes, il y a aussi sept très grands bas-reliefs,
sculptures commandées par les rois sassanides.
Faisant face à la roche se trouve la Ka'ba-ye Zartosht, un monument zoroastrien. À l'extrémité
du site se trouvent deux petits autels du feu.
Oman
Al Ayn
La nécropole d'Al Ayn, datant du –IIIe millénaire, située dans une région très riche en vestiges :
les sites de Bar, Al-Khutm, Al-Ayn (à ne pas confondre avec la ville Al Aïn aux Emirats), et les
antiques systèmes d'irrigation "Aflaj" (on Maroc on utilise le mot Khétarras ou foggaras). Il y a
5.000 ans, Oman était connu sous le nom de Maggan dans les tablettes sumériennes.
Palestine - Israël
Hirbet Midras
Hirbet Midras (Madras) est un site d'une grande diversité, incluant une pyramide, un
columbarium, des maisons, et différentes sépultures se répartissant sur plusieurs périodes.
Les plus anciennes traces remontent à l'âge du fer (-1.000), mais la plupart des vestiges datent
de l'époque romaine (tel que le columbarium).
La pyramide à une hauteur de 3,5 mètres, les blocs du haut manquent, et sa hauteur initiale
188
était de cinq mètres.
La ville fut utilisé comme repaire durant la révolte de Bar Kochba (+132 / +135). La ville fut
détruite et réoccupée quelques siècles plus tard par des chrétiens durant la période byzantine
et finalement abandonnée au +IVe siècle.
Une cave disposant d'une pierre roulante ronde se trouve à l'extérieur de la ville. La cave
possède deux chambres avec une série de niches et de petits sarcophages contenant les os
des défunts. La poterie date du –Ier siècle à la période Bar Kochba (+132 / +135).
Une église byzantine avec à été découverte en 2010, qui se trouve près d'une grotte qui serait
selon certains la tombe du prophète Zecharia.
Durant la période romaine, les columbaria étaient de grandes chambres souterraines où les
restes incinérés étaient placés dans des petites niches dans les murs, qui étaient décorées par
des plaques commémoratives ou des sculptures à l'effigie du mort.
Neandertal
Le résultat des études d'ADN révèle que les Européens et les Asiatiques actuels partagent de 1
à 4% de leur génome avec celui des Néandertaliens, ce patrimoine commun ne concerne pas
les Africains. Les deux lignées se sont donc croisées. Par ailleurs, les études génétiques ont
confirmé que les Néandertaliens maîtrisaient le langage.
De plus en plus d'indices suggèrent que les Néandertaliens pratiquaient à peu près toutes les
activités que l'on pensait propres à Homo sapiens.
Certains sites attestent qu'ils avaient des pensées métaphysiques et enterraient leurs morts. Ils
ont produits une culture matérielle symbolique : pigments, coquillages perforés, serres et
plumes à usage ornemental.
Le dernier ancêtre commun à Neandertal et Homo sapiens est vieux de 500.000 ans. Puis, ces
deux groupes ont évolué chacun de leur côté : en Europe et en Asie pour le premier, en Afrique
pour le second. Si bien que quand ils se sont "retrouvés" il y a 40.000 ans au Moyen-Orient, ils
avaient accumulé de nombreuses différences.
Sites Neandertal :
Neandertal - Allemagne.
Spy – Belgique
Krapina - Croatie
La Chapelle-aux-Saints – France
Engis – Scladina - Belgique
Forbe's Quarry – Zafarraya - Gibraltar
El Sidron - Espagne
Techik-Tach – Ouzbékistan
Vindija – Croatie
Mezmaiskaya - Russie
Okladnikov - Sibérie
Denisova - Altaï - Sibérie
Neandertal - Shanidar - Irak
Le secteur fouillé a fourni neuf squelettes de Néandertaliens différant par l'âge, l'état de
conservation et leur caractère plus ou moins complet. Les différents individus sont désignés par
le nom du site suivi d'un chiffre : Shanidar I à Shanidar IX.
Certains individus ont été découverts dans des structures d'inhumations intentionnelles. Le site
de Shanidar a contribué à faire admettre l'existence de rites funéraires chez les néandertaliens.
L'utilisation de fleurs lors de cérémonies funéraires a également été évoquée.
189
Les fleurs en question sont une achillée (Achillea type), un séneçon à fleurs jaunes (Senecio
glaucus subsp. coronopifolius (Maire) C.Alexander), des centaurées (dont Centaurea type
solstitiatis), une petite liliacée à fleurs bleues (Muscari sp.), Ephedra type altissima et une rose
trémière (Althea sp.). Toutes ces espèces ont des fleurs relativement petites mais aux couleurs
vives, à l'exception de l'Ephedra, dont la présence a été interprétée comme le résultat d'une
litière.
Il a également été noté que la plupart de ces plantes présentent des vertus médicinales. 60.000
ans
Arménie
Metsamor
Metsamor est une ville du marz d'Armavir, en Arménie. La ville a été fondée en 1979 afin de
loger le personnel de la centrale nucléaire de Metsamor. Des vestiges du Néolithique
remontant au -VIe millénaire ont été retrouvés sur le site.
Elle fut fermée suite au tremblement de terre dans la région de Spitak en 1988. Cependant, les
blocus de la Turquie et de l'Azerbaïdjan ont conduit le gouvernement arménien à rouvrir la
centrale en 1993. Le réacteur no 2 a été remis en service le 26 octobre 1995.
Bulgarie - Karanovo Tell
La culture de Karanovo s'est épanouie durant la période de l'Europe néolithique entre -6 200 et
-4 000, dans la région de Sliven au centre de la Bulgarie. Cette culture doit son nom au site
archéologique de Karanovo qui est un castro dominant une colline et composé de 18 bâtiments
pour environ une centaine d'habitants. Le site archéologique occupe une su-perficie de 24
000m². Sa hauteur est de 13 m, son extension 250 × 150 m. La ville la plus proche est Nova
Zagora. Le castro fut habité pendant plus de 3 000 ans.
Au nord-est du village se trouvent un site fortifié, un bâtiment public-basilique et une nécropole
tumulaire qui comprend 16 tumulus. En 2009, les archéologues firent une des plus curieuses et
importantes découvertes de la région : un tombeau maçonné à voûte avec une chambre
funéraire de 3 sur 4 m. Il témoigne de funérailles somptueuses : deux bocaux en argent avec
les images du dieu Eros, des récipients en verre uniques, des armes, des monnaies, des
fibules en argent et des anneaux en or. Et aussi un char à quatre roues réalisé en cuir, bois et
bronze, avec un attelage de deux chevaux.
Karanovo I-II: Début de la période néolithique, vers 6200-5500
Karanovo III-IV: la fin de la période néolithique, vers 5500-4950
Karanovo V / Maritsa: âge du Bronze ancien, vers 4950-4500
Karanovo VI: Fin période chalcolithique, vers 4500-4000
Karanovo VII: âge du Bronze ancien, environ 4000 -?
Toutes les époques préhistoriques y sont présentées : du néolithique à l’âge du bronze.
Le territoire de Bulgarie abonde en ce genre de buttes, celle de Karanovo étant la plus grande.
Bulgarie - Nécropole Thrace de Tatul
Le "sanctuaire d'Orphée" ne constitue qu'une partie d'un complexe mégalithique bien plus
important, qui était le cadre d'une activité cultuelle. Au nord du sanctuaire se trouvent d'autres
tombes et niches creusées dans le roc, qui avaient également une signification cultuelle.
La première fréquentation du site date de -4.000. Dans la tombe creusée dans le roc, on a
retrouvé en 2004 la racine d'un pied de vigne dont l'âge est estimé à 3000 ans.
Entre le -IVe et le -Ier siècle, un mur entourant la colline a été érigé. puis un temple. Le
complexe religieux s'étendit peu à peu, et les activités religieuses, le culte du souverain Thrace
supposé enterré à cet endroit, furent transférées à l'intérieur du temple. Aux +IIe et +IVe siècle,
plusieurs autres bâtiments furent ajoutés. La christianisation des Rhodopes à la fin du +IVe
siècle et au début du +Ve siècle transforma le complexe en domaine féodal d'un noble local,
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qui y fit construire une tour défensive.
Bulgarie - Nécropole de Varna
Le site de Varna est occupé depuis l'âge du Bronze par les Thraces.
Les tombes sont des fosses rectangulaires à même la terre sans aménagements particuliers.
Seuls leurs angles sont arrondis, elles mesurent près de deux mètres, contre un seul mètre en
temps normal, et sont tournées suivant deux directions principales.
Cette société paraît très en avance pour l'époque par rapport au reste de l'Europe : elle
maîtrisait le travail des métaux (l’or et le cuivre) là où d'autres cultures d'Europe étaient encore
dans une phase de Néolithique. De plus, le fait de trouver l’or en grande quantité et en qualité
est la preuve que cette activité était organisée, ainsi que des échanges de longues distances
pour l'approvisionnement en minerai. Une partie de cette production était tournée vers des
activités commerciales de type troc, comme le montre la présence de parures en coquillage sur
le site.
Bulgarie - Grotte de Devetashka
Les études montrent que la grotte de Devetashka a été habitée, avec quelques interruptions,
lors de presque toutes les périodes historiques.
Les premières traces de présence humaine remontent au milieu de l’âge de pierre, environ
70.000 avant JC.
La grotte de Devetashka est une des grottes les plus riches en vestiges culturels de l’époque
néolithique (-VIe à -IVe millénaire).
La grotte abrite de nombreuses espèces de chauves-souris et leur nombre atteint quelques
dizaines de milliers.
Depuis la partie centrale de la grotte, à environ 200 mètres de l’entrée, se séparent les deux
embranchements. Celui de gauche fait plus de deux kilomètres de long, il traverse une petite
rivière qui traverse la partie centrale et se verse dans la rivière Osum. Celui de droite est sec et
chaud. L’entrée a une hauteur de 2,50m et une largeur de 5,70m. Une salle rectangulaire se
forme à l’intérieur (50m de large et 10-15m de long). Cet embranchement se termine par une
petite galerie avec une salle ronde, connue sous le nom de l’autel.
Allemagne - Hochdorf
On connaît assez bien l’état civil et les caractéristiques physiques du défunt de Hochdorf en
Allemagne. Son squelette est mal conservé, mais l’étude anthropologique a pu préciser qu’il
s’agissait d’un homme adulte âgé de 40 à 50 ans. La mise en place de la tombe est datée, par
le matériel archéologique, de -540 -520. On en déduit que le personnage est né entre -590 et 560. Il a passé une bonne partie de son existence pendant la phase appelée par les
archéologues le Hallstatt D1.
Cette sépulture était à l'origine sous un tumulus de terre recouvert de pierres d'un diamètre
d'environ 60 mètres et d'une hauteur estimée de 10 mètres. En son centre était creusé un
grand caveau aux parois coffrées de bois constitué de deux caissons concentriques en poutres
de chêne. Au cours du temps le toit qui recouvrait le caveau s'est effondré et le tumulus s'est
arasé naturellement. La tombe est dès lors restée inviolée et a pu livrer les restes d'un homme
richement paré et un mobilier d'une exceptionnelle richesse.
Panama
El Cano et Sitio Conte
Les fouilles dans un cimetière vieux de plus de mille ans ont mis au jour les tombes de
puissants guerriers parés d’or. Cette découverte, l’une des plus fructueuses réalisées en
Amérique depuis plusieurs décennies, offre un aperçu d’une culture méconnue.
Dans un champ d’herbes hautes brûlées par le soleil, au centre du Panama, l’or semblait jaillir
du sol.
191
Julia Mayo avait réalisé, en 2005, avec son équipe, ses premiers relevés géophysiques sur un
site appelé El Cano.
En 2010, l’équipe y a creusé une fosse de près de 5 m et découvert la dépouille d’un chef de
guerre couvert d’or – deux plastrons bosselés, quatre brassards, un bracelet de clochettes, une
ceinture de perles creuses en or aussi grosses que des olives, plus de 2 000 minuscules
sphères disposées comme si elles étaient jadis cousues sur une écharpe cérémonielle et des
centaines de perles tubulaires dessinant un motif en zigzag sur l’un des mollets du dignitaire.
Des tests au carbone 14 ont permis de dater les sépultures d’environ +900 – époque où la
civilisation maya, à quelque 1 290 km au nord-ouest, commençait à péricliter.
L’équipe est revenue en 2013 pendant la saison sèche et a mis au jour une deuxième
sépulture, aussi riche que la première. Arborant deux disques en or sur la poitrine, deux sur le
dos, quatre brassards et une émeraude translucide, le défunt était assurément un autre chef
important. Près de lui gisait un bébé, paré d’or de la même façon – probablement son fils.
"On ne peut s'empêcher de s'étonner sur l'apparent mécanisme et roues dentées situés à
l'arrière de la "créature imaginaire" - une affirmation d'ailleurs pas très scientifique si on y
réfléchit un peu..., ainsi que de l'apparence bien circulaire et en forme de roues des pattes
arrières de "l'animal" : pourrait-on imaginer la maquette d'une sorte de véhicule si on repose
l'animal su son "arrière train" et donc quatre "roues" ? - cette figurine me fait penser à un char
antique..." David Coventry
El Cano n’était pas la première mine d’or archéologique découverte au Panama. À moins de 3
km de l’endroit où Julia travaille, les fouilles de Sitio Conte – du nom des propriétaires du site –
ont révélé l’une des plus spectaculaires collections d’objets ouvragés du continent américain.
Ce filon a été mis au jour au début des années 1900, quand une rivière enflée par les pluies
coupa à travers un pré où broutait du bétail. Plastrons en or, pendentifs et autres objets
précieux jaillissaient pêle-mêle des tombes, avant de dévaler en cascade au bord de la rivière.
En quatre saisons de fouille, les équipes ont ouvert plus de quatre-vingt-dix tombes, dont un
grand nombre renfermaient plusieurs corps parés d’or, ainsi que des objets réalisés par des
artisans prodigieusement doués : céramiques aux motifs complexes, os de baleine, sculptés et
rehaussés d’or, colliers de dents de requin, ornements en agate et serpentine polies.
Emirats
Hili
Le site d'Hili témoigne de la prospérité que connut l'émirat d'Abou Dabi au -troisième millénaire,
grâce à la route du cuivre et au négoce, à la croisée de la Mésopotamie et de l'Indus. L'art
funéraire atteint alors un sommet, qu'incarnent les tombes circulaires monumentales aux parois
sculptées d'Hili. Celles-ci datent de la période dite Umm an-Nar, de -2 500 à -2 000. Mais c'est
sous terre que les archéologues ont fait la découverte la plus extraordinaire du site : une fosse
collective inviolée rassemblant près de 700 corps et un mobilier funéraire intact.
Les fouilles ont révélé vases de Mésopotamie, lapis-lazuli d'Afghanistan, poteries d'Iran...
mêlés à la production locale, reflet des réseaux d'échanges de l'époque. Quant à la péninsule
omanaise, elle exportait du cuivre.
Palestine - Israël
Grottes de Nahal Mearot
Les grottes de Nahal Me’arot ou Wadi el-Mughara, sont un site archéologique d'Israël situé sur
le versant occidental du mont Carmel, face à la mer Méditerranée, au sud d'Haïfa. Il se
compose de quatre grottes, Taboun, Jamal, Skhul et el-Wad, occupées ou utilisées pendant
500.000 ans par l'homme de Néandertal et Homo sapiens comme site d'inhumation. Elles
comportent aussi parmi les premières constructions en pierre ainsi que des témoignages du
192
passage du mode de vie nomade de chasseur-cueilleur à la sédentarité. Le site est classé sur
la liste du patrimoine mondial de l'Unesco en 2012 au sein d'un site de 54 hectares de
superficie.
Tel Megiddo
La cité de Megiddo se situait à un endroit stratégique car elle dominait les principales routes
commerciales et militaires reliant l'Assyrie, Byblos, l'Égypte et l'Arabie. La voie entre l'Égypte et
l'Assyrie est nommée dans la Bible "Route de la mer", Derekh HaYam qui deviendra une artère
importante de l'Empire romain, la Via Maris. Le site fut habité de -7000 à -500.
La ville était, à l'âge du bronze, une importante cité-état cananéenne. Elle fut le théâtre de
nombreuses batailles décisives.
Le site archéologique comprend 25 strates et couvre 7.000 ans d'histoire. Un musée présente
le site tel qu'il devait être : une place forte pouvant soutenir un très long siège, grâce à un
énorme silo à grains et au détournement d'une source située au pied de la colline fortifiée. On
descend à plus de 60 mètres sous terre par le tunnel creusé dans le roc pour accéder à la
source qui était murée et bien masquée pour que les assaillants ne puissent s'en emparer.
Grèce
Amphipolis
En 2014, les fouilles menées sur le site du tumulus Kasta ont permis de dégager une enceinte
de 497 mètres de long, avec un chemin de 4,50 mètres de large conduisant à un important
monument funéraire daté entre -325 et -300, très richement orné, entre autres, d'une sculpture
de deux sphinges affrontées à l'entrée du tumulus, et d'un décor en marbre provenant de l'île
de Thasos portant des traces de couleurs.
Sur les terres de la Macédoine antique, la délicate excavation dure depuis plusieurs années.
Les travaux avaient un temps été interrompus par l'assèchement des crédits, lié à la crise.
Les hypothèses évoquent la tombe de Roxane, l'épouse perse d'Alexandre, Olympia, la mère
du roi, ou un de ses compagnons et généraux.
Il s'agit certainement d'une tombe datant d'après le décès d'Alexandre mais on ignore à qui elle
appartient. Après la mort d'Alexandre à Babylone, Roxane et son fils avaient été mis à mort, en
-310, par le général Cassandre qui deviendra roi de Macédoine.
Le lion sur le sommet de l'enceinte, les deux sphinx à l'entrée du tumulus, datés entre -325 et 300.
Grèce
Crète
Armeni
La Nécropole minoenne d'Armeni est un cimetière minoen de la période minoenne tardive (XIIIe siècle et -XIIe siècle) situé en Crète. cette nécropole abrite environ 220 tombes ainsi
qu'une tombe à tholos. Il s'agit de tombes à chambres, taillées à même la roche, ce qui
explique leur état de conservation, et orientées d'ouest en est. On accède à chacune des
tombes par un couloir long et étroit (Dromos) qui part du niveau actuel du sol pour atteindre
l'entrée de la tombe en contrebas.
Certains de ces dromoi possèdent des marches. Enfin, les parois des dromoi sont davantage
rapprochées à leurs sommets qu'au niveau du sol. Dans la plupart des cas, chaque tombe était
fermée par une pierre. La plupart des tombes n'avaient pas été profanées au moment des
fouilles. De nombreux objets ont ainsi pu être découverts, tels que des vases, des figurines,
des armes ainsi qu'un talisman portant une inscription en linéaire A.
Grèce
Crète
Phourni
La nécropole de Fourni ou Phourni est un site archéologique de Crète, en Grèce situé sur la
193
colline du même nom, au nord-ouest de la ville d'Arkhanes à une quinzaine de kilomètres au
sud d’Héraklion.
La nécropole d'époque minoenne fut fouillée de 1964 à 1995. Elle fut utilisée de -2600 à -1200.
Les archéologues ont dégagé une enceinte mycénienne avec des tombes à fosses et
également des sépultures à coupole dont l'une, restée inviolée, a livré un riche mobilier : un
sarcophage, des bijoux et des sceaux en or.
Pologne
Wieliczka
Depuis le XIIIe siècle, Wieliczka exploite son gisement de sel gemme souterrain sur 9 niveaux
et 300 km de galeries. C'est la plus ancienne mine de sel d'Europe encore exploitée à ce jour.
Elle abrite aujourd'hui un centre de conférences de plus de 1000 places permettant d'organiser
des spectacles et des compétitions sportives à 125 m sous terre et un musée. Enfin, à plus de
200 m sous terre se trouve un sanatorium.
Le musée se trouve à 135 mètres de profondeur, des visites sont organisées toute l'année. Les
mines ont été inscrites en 1978 au Patrimoine mondial de l'UNESCO.
Une légende raconte qu'une jeune princesse hongroise, prénommée Kinga, reçut du prince
polonais Boleslas une magnifique bague de fiançailles qu'elle laissa tomber par mégarde dans
un puits, à proximité d'une mine de sel que lui avait offerte son père le roi Béla, juste avant
qu'elle ne se mette en route pour ses noces. Un peu avant de parvenir à Cracovie, le voyage
étant long et harassant, le cortège s'arrêta une dernière fois. Ne trouvant pas suffisamment
d'eau pour désaltérer ses gens et ses bêtes, la princesse ordonna de creuser un puits là où elle
se trouvait, près du village de Wieliczka.
C'est alors que l'un des hommes sentit en creusant qu'il atteignait quelque chose de très dur : il
remonta un gros bloc de sel, à l'intérieur duquel scintillait la bague de fiançailles perdue.
Une autre légende veut que des lutins viennent aider secrètement les mineurs, les protégeant
des inondations et des éboulements, ce qui explique la présence de nombreux lutins sculptés
dans le sel un peu partout dans la mine.
A une centaine de mètres de profondeur se trouve la plus belle salle de la mine : la chapelle de
la bienheureuse Kinga de Pologne (Cunégonde), entièrement de sel, qu'il s'agisse du sol, des
reliefs, des statues, des sculptures ou même des lustres. De nombreuses scènes bibliques
sont représentées (la fuite en Égypte, le miracle de Cana, l'ordre d'Hérode, le massacre des
Innocents, le Christ enseignant dans le temple, saint Thomas l'incrédule, la Cène, le Christ
crucifié), on y trouve également une crèche de Noël avec tous ses personnages.
L’Établissement de Cure Mine de sel « Wieliczka » exerce ses activités dans les excavations
salines en profitant d’un microclimat unique : l’air y est libre de toute pollution, tout allergène et
rayonnement nocif, riche en microéléments, possède une température stable et une haute
humidité.
L’Établissement fonctionne sur la base des meilleures modèles de la médecine contemporaine
et en coopération avec les meilleurs spécialistes. Tout ceci pour le plus grand bien des malades
atteints de l’asthme, de la broncho-pneumopathie chronique obstructive, d’infections
chroniques ou récidivantes des voies respiratoires supérieures et inférieures et d’allergies. De
plus en plus fréquemment des jeunes personnes, désireuses d’améliorer leur santé, cherchent
des moments de répit dans les chambres thérapeutiques salines pour retrouver un équilibre
psychique et régénérer leur organisme.
Les magnifiques intérieurs de la Mine de sel Wieliczka constituent un cadre rêvé pour organiser
une formation, un bal, une conférence de presse ou des noces inoubliables. Les souterrains
salins se prêtent à merveille pour accueillir une grande rencontre d’entreprise jusqu’à 600
personnes ou un comité restreint d’amis. Les chambres souterraines sont un cadre idéal aussi
194
bien aux concerts d’orchestres de chambre qu’aux bals somptueux pour quelques centaines de
personnes. Elles ont déjà accueilli de défilés de mode hors pair et les galas de boxe les plus
vibrants.
Espagne
Antequera
Le dolmen de Menga est situé sur la commune d'Antequera, en Andalousie (Espagne). Avec le
dolmen de Viera et celui d'El Romeral, il forme l'Ensemble archéologique des dolmens
d'Antequera. C'est le plus grand des trois.
Menga : une grande chambre ovale formée par une galerie couverte avec un petit
resserrement à l’entrée.
La chambre est constituée de sept grands monolithes carrés flanqués de chaque côté et une
énorme pierre en forme le frontispice, recouverte par cinq dalles gigantesques. Il y a des
inscriptions de forme anthropomorphiques, situées sur le premier bloc de pierre sur la gauche à
l’entrée.
Dolmen el Romeral
Le deuxième dolmen, aussi en galerie, est le plus moderne des trois (-1880) et s’appelle
Romeral. En ce qui concerne le mégalithisme, il n’est conservé que sur la couverture. Il est
constitué par des blocs de pierre plus petits. Une galerie aboutit à une chambre plus petite.
Cette chambre a une base circulaire et coiffée d’une fausse voûte. C’est dans ce lieu qu’on
effectuait des offrandes.
Dolmen de Viera
Il s’agit d’un tombeau en forme de galerie couverte, doté d’une galerie en permettant l’accès et
une porte taillée dans un monolithe aboutit à une chambre carrée. La galerie est constituée
entièrement de huit orthostates à droite et de sept à gauche, la couverture est composée de
sept blocs de pierre, quatre d’entre elles sont encore visibles. La chambre est une pièce
composée de cinq gros blocs de pierre.
Portugal
Evora
Almendres
Le cromlech des Almendres est un monument mégalithique situé sur une colline, près de
Nossa Senhora de Guadalupe, à 12 km à l'ouest d'Évora, Portugal.
La construction de ce cromlech s'étend du -VIe au -IIIe millénaire.
- Au Néolithique ancien moyen est érigé un ensemble de monolithes regroupés en trois cercles
concentriques.
- Le Néolithique moyen voit apparaître une nouvelle enceinte, sous la forme de deux ellipses
concentriques irrégulières.
- D'autres monolithes sont ajoutés au Néolithique final, dont certains comportent des gravures
à signification religieuse.
Portugal
Pavia
Sao Dinis
Pavia - Sao Dinis
Dolmen de 5.000 ans d'âge, transformé en chapelle dédiée à Saint Dinis en 1625.
Pays-Bas
Hunebed
Aux Pays-Bas un dolmen s'appelle Hunebed (doté d'un numéro avec D). Ils datent de -3450 à 3250 et ont été utilisés jusqu'en -2850. La plupart des objets découverts sont de la Culture
Campaniforme (Trechterbekercultuur). On trouve souvent des traces de feu près des dolmens,
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le feu jouait un rôle important lors des cérémonies.
Les défunts étaient inhumés avec des offrandes, dont une grande quantité de poteries
Campaniforme.
France
Bretagne
Pointe du Souc'h
La nécropole mégalithique de la pointe du Souc'h est composée de plusieurs sépultures
néolithiques (cinq dolmens et une tombe du Néolithique moyen). Elle est située à Menez
Dregan, lieu-dit de la commune de Plouhinec, proche d'Audierne. Elle est une partie d'un site
préhistorique comprenant également l'allée couverte de Menez Korriged et la grotte de Menez
Dregan.
Dans la grotte à 500 m du site, la présence de l’homme est attestée en plusieurs occupations
successives sur plus de 150.000 ans. On y a découvert plus de 50.000 objets, silex, dents
d’éléphant, racloirs… Et surtout le site constitue la plus vieille référence attestée d’utilisation du
feu par l’homme : un nodule ferreux trouvé dans la grotte, frotté à un silex, serait un des plus
anciens briquets connu de l’humanité.
France
Bois-Couturier
Guiry-en-Vexin
Cette sépulture collective du Néolithique s'ouvre vers le sud, au flanc du coteau qui domine
l'Aubette, à 132 mètres d'altitude. Les bas-reliefs, très érodés, sculptés sur les monolithes qui
encadrent le vestibule correspondent à une paire de seins surmontée d'un collier représentation assimilée à la "déesse des morts". Ce sas, communique avec la chambre par un
trou circulaire percé dans un monolithe, le bouchon de pierre qui le fermait pèse 158
kilogrammes et est muni d'une poignée.
Le dolmen Pierre-Turquaise
Le dolmen Pierre-Turquaise s'élève dans le sud-ouest de la forêt de Carnelle, sur le territoire
de la commune de Saint-Martin-du-Tertre, Val-d'Oise. Il occupe une petite clairière du lot 63 de
la forêt à 110 m d'altitude, sur le coteau du ru de Presles, à 2 km au sud-est du centre du bourg
de Presles, 2,5 km à l'ouest de celui de Saint-Martin-du-Tertre.
À la différence d'autres dolmens de la région, son accès ne s'effectuait pas par un trou
d'homme mais par un trilithe.
Menhir de Saint-Uzec
Le menhir de Saint-Uzec (en breton : Kalvar Sant-Uzeg) est un menhir situé sur la commune
de Pleumeur-Bodou en direction de l'Ile-Grande dans un placître. Son nom vient de celui du
moine Duzec qui fonda au VIe siècle un petit monastère sur un territoire très limité allant de la
chapelle de Pleumeur-Bodou au menhir.
Le menhir de Saint-Uzec fut dressé au Néolithique (-5 000 / -2000 ans). Il fut ensuite
christianisé après le VIe siècle.
Le menhir fût peint et sculpté (probablement au XVIIe ou XVIIIe siècle). Les peintures sont
maintenant effacées. Il est surmonté d'une croix.
France
Lo Morrel dos fados
Le dolmen Lo Morrel dos Fados (Dolmen du coteau des Fées en Occitan), s'élève sur un
coteau planté de pins situé à Pépieux, à la limite de l'Aude et de l'Hérault. C'est la plus grande
allée couverte (dolmen à couloirs) du sud de la France. Il a été construit vers -3 500 par le
peuple de la culture de Véraza.
Le département de l'Aude, en Languedoc, n'est pas une terre renommée du mégalithisme pour
196
le nombre de ses monuments, qui sont tout juste une centaine, contre 550 pour le département
voisin de l'Hérault. Par contre, le phénomène mégalithique y est caractérisé par la taille très
importante de certains de ces monuments.
France
La Roche-aux-Fées
La Roche-aux-Fées est un dolmen en forme d'allée couverte situé dans la commune d'Essé,
dans le département français d'Ille-et-Vilaine en région Bretagne. Son nom vient d'une légende
prétendant que les pierres auraient été apportées par des fées, légende souvent à l'origine du
nom de "roche aux fées" donné à des dolmens ou allées couvertes.
Le dolmen est composé de plus d'une quarantaine de pierres formant un couloir quatre fois plus
long que large. Son orientation nord-nord-ouest – sud-sud-est est telle que le soleil se lève dans
l'alignement de celui-ci lors du solstice d'hiver. C’est un dolmen à couloir de type angevin,
composé d’une succession de portiques.
Irlande
Newgrange
Selon certains archéologues irlandais qui ne font remonter la présence de l'homme en Irlande
qu'à -7 000, les premiers occupants pourraient être bruns et de petite taille, d'un type
méditerranéen très semblables à celui des Ibères. Les légendes nombreuses, pourtant
racontées par des bardes d'origine celte, sont d'ailleurs très significatives puisque les héros qui
les habitent, demi-dieux et guerriers courageux, ont très souvent les cheveux noirs et sont de
courte stature.
Il fait partie de tout un ensemble de sites préhistoriques appelé Brú na Bóinne.
Il a été construit autour de -3200, soit près de 600 ans avant la grande pyramide de Gizeh en
Égypte et près de 1 000 ans avant Stonehenge en Angleterre.
Le site consiste en un gros tumulus circulaire au centre duquel se trouve une chambre
mortuaire à laquelle on accède par un très long couloir couvert.
Le mur extérieur du tumulus est flanqué de pierres monumentales sur lesquelles il est possible
d'observer des dessins en spirale et quelques triskell.
Chaque année, le jour du solstice d’hiver (le 21 décembre), à 9 h 17 du matin le soleil pénètre
directement dans la chambre centrale pendant à peu près 15 minutes. La précision dans
l'orientation de l'édifice est donc spectaculaire.
Dowth la plus ancienne des trois principales tombes du complexe de tombes à couloir de Brú
na Bóinne (résidence sur la Boyne), les deux autres étant Newgrange et Knowth.
Une pierre taillée à cupules, marquée d'une spirale et d'un dessin en forme de fleur, désigne
l'entrée de la seconde tombe, plus petite, avec un plafond moderne en béton. Cette tombe
possède peu de pierres décorées, et un seul renfoncement, massif, sur la droite.
Kilclooney
Derrière la petite église du village de Kilclooney, se tient un site magnifique, composé de 2
magnifiques dolmens, vestiges d’un ancien cairn de 25 mètres de diamètre aujourd’hui détruit.
Ces 2 dolmens figurent parmi les plus beaux d’Irlande, et attirent chaque année la curiosité des
touristes, intrigués par ces formations mégalithiques.
Les 2 dolmens de Kilclooney sont situés sur une propriété privée.
Poulnabrone
Le Dolmen de Poulnabrone (irlandais : Poll na mBrón, trou de douleurs) est un dolmen dans le
Burren, dans le comté de Clare, en Irlande. Il date de la période néolithique, probablement
197
entre -4200 et -2900. Il est situé à 8 km au sud de Ballyvaughan et à 9,6 km au nord-ouest de
Killinaboy.
Sardaigne
Domus de janas
Les Domus de janas (maisons des fées ou des sorcières) sont des sépultures de l'époque
préhistorique, creusées dans la roche, que l'on trouve dans toute la Sardaigne. Elles ont été
réalisées durant la culture d'Ozieri, une culture néolithique (ou prénuragique) qui s'est
développée en Sardaigne de -4300 à -3700.
Elles ont été utilisées à des fins funéraires aux périodes suivantes et certaines ont été
employées comme bergeries ou abris de bergers jusqu'à des périodes récentes. Les légendes
populaires racontent qu'elles étaient habitées par des fées qui tissaient des toiles en or. Tous
ceux qui s'en approchaient devenaient fous.
Les Domus de Janas, ou Maisons de Fées, de Lotzorai sont situées à quelques kilomètres du
littoral, dans un pittoresque massif de grès rose dominant la plaine côtière.
Sur l'entrée quadrangulaire des tombeaux, on distingue clairement les rainures taillées en
encadrement pour l'ajustement hermétique d'une porte en pierre et, parfois, des mortaises pour
caler une traverse en assurant le maintient ainsi qu'une rigole pour l'évacuation des eaux de
pluie.
A l'intérieur on découvre une chambre votive ouvrant sur une ou plusieurs cavités funéraires. Il
a été établi par ailleurs que les constructeurs des Domus de Janas décharnaient les dépouilles
mortelles pour n'en conserver que les os, mis dans des urnes de terre cuite entreposées dans
les tombes. De tels rituels, on peut conclure que la force vitale (mana) était considérée comme
résidant non pas dans les parties molles et transitoires du corps mais dans ses éléments
durables et structurels.
Sardaigne
Tombe des Géants
Les tombes des géants se trouvent dans toute la Sardaigne. À l'époque actuelle on en compte
321. Les tombes des géants (tumbas de sos gigantes) sont des monuments funèbres
constitués de sépultures collectives appartenant à la culture nuragique. La croyance de
l'époque était basée sur le taureau et la déesse mater qui étaient censés s'accoupler afin de
donner vie aux défunts dans l'au-delà. Un bétyle était placé à proximité de l'entrée, afin de
symboliser les dieux et les aïeux veillant sur les morts.
Le premier type de tombe des géants est celui dénommé type à dolmen doté d'une stèle
typique à centinata le plus souvent bi-lithique. Le type suivant est celui à filaire avec exèdre qui
n'est plus caractérisé par la présence de la stèle et des ailes de l'exèdre avec des blocs de
pierre plantés à couteau, mais d'une maçonnerie à filaire horizontaux. L'évolution suivante
consiste dans l'application de l'isodome, relevée déjà dans diverse nuraghes et puits sacrés.
Sardaigne
Sant'Andria de Priu
La nécropole de Saint-André Priu est un site archéologique situé sur le côté sud de la plaine
fertile de Sainte-Lucie, dans la ville de Bonorva (Province de Sassari), qui se trouve à une
dizaine de kilomètres.
Le complexe, l'un des plus importants dans la Sardaigne, se compose de vingt tombes
souterraines du type à Domus de Janas, l'un d'eux avec ses dix-huit chambres qui semble être
un des plus importants parmi ceux dans le bassin méditerranéen.
Chronologiquement, le complexe est situé dans la culture Ozieri du Néolithique Final -3500 / 2900.
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Sardaigne
Tuvixeddu
Krly ou Karel a commencé comme un magasin ou comptoir autour du -Xe siècle quand les
Phéniciens ont commencé à fréquenter la région du golfe des Anges. Le passage du De Bello
Gildonico de Claudien qui la décrit dans le quatrième siècle de notre ère, dit que Cagliari avait
été fondée par le puissant Tyr, une ville du Liban, et qui dans les premiers siècles de le -Ier
millénaire avait connu sa période la plus prospère en tant que puissance commerciale entre
l'Orient et l'Occident de la Méditerranée.
C'était la thalassocratie de Tyr. Le premier noyau de la Cagliari phénicienne semble que c'était
près de l'étang de Santa Gilla, mais peu à peu le centre-ville de plus en plus déplacé vers l'est
jusqu'à ce qu'elle équivaut à peu près au point où aujourd'hui il y a la Piazza del Carmine.
Pendant l'ère punique, à partir de la fin du -VIe siècle, la ville a pris l'aspect d'un véritable
centre urbain et de nombreux temples avaient été construits, y compris le temple dédié à la
déesse Astarté, qui se trouvait près du promontoire de Saint-Élie.
La ville avait deux cimetières, un à nord-ouest qui correspond à la nécropole de Tuvixeddu,
considérée comme la plus grande nécropole punique, et un à Sud-Est situé sur la colline de
Bonaria tandis que le Tophet, qui est la nécropole de crémation où ont été déposées les urnes
des enfants, se trouvait dans une région aujourd'hui appelée Campo Scipione -San Paolo.
Devenu la principale ville de l'île, complètement punicisée, Krly devint romaine en l'an -238
quand la Sardaigne fut occupée par l'armée de Sempronius Gracchus avec la Corse, à la suite
de la première guerre punique. L'aspect de la ville ne semble pas avoir beaucoup changé au
cours de la première période de la domination romaine. Dans les siècles suivants, la Karalis
romaine conserva son rôle de métropole sarde.
Parmi les principales activités économiques il faut mentionner l'extraction du sel des salines
entre Caralis et Quartu (activité encore en cours) et son exportation vers les autres provinces
de l'empire avec le grain, le cuir (tanné dans les établissements trouvés près du port) et
d'autres produits des mines sardes. À l'époque romaine, grâce à la bonne administration du
préfet de la province, la ville avait maintenu les institutions d'origine carthaginoise.
Inde
Kerala
L'histoire du Kerala remonte à plusieurs millénaires. Les gravures de la grotte Edakkal datent
de -5.000.
Le Kerala est depuis -3.000 un centre commercial important pour les épices. La région avait
contact avec le Golfe Persique, la mer Rouge et avec les ports Méditerranéens. Les études
montrent aussi des liens avec l'Indus durant l'âge du Bronze et l'âge du Fer.
Les fouilles ont révélées beaucoup de monuments néolithiques, tels que les Muniyaras
(dolmens), de l'âge de Pierre (-10.000) et de l'âge du Fer. Ce sont des tombeaux funéraires
formés à partir de quatre monolithes avec une dalle pour recouvrir. Certains Muniyaras ont
plusieurs chambres funéraires.
Inde
Mamallapuram
Tiger Caves
Mahâballipuram, ou Mamallapuram (également appelé Mahâbalipuram ou Mavalipuram, est
une petite ville indienne localisée dans le district du Kanchipuram, dans l'État du Tamil Nadu.
Elle est située à 60 km au sud de Chennai (Madras) sur la côte de Coromandel et elle abrite un
site archéologique de première importance en Inde du sud. Des pièces romaines du 4e siècle
prouvent que le port était florissant et était une plaque tournante du commerce maritime
199
mondial.
Le port de Mahabalipuram était connu déjà au temps de la Grèce antique. Au VIIe siècle, du
temps du règne de la dynastie Pallava, Mahabalipuram était un port important sans doute en
communication avec le Srivijaya en Indonésie et le Royaume du Champa sur la péninsule
indochinoise. Cependant, si aucune installation portuaire n'a été retrouvée à ce jour, le tsunami,
conséquence du tremblement de terre du 26 décembre 2004, a mis au jour des structures qui
pourraient être reliées à cette activité.
Mahabalipuram "la Ville de Mahabali" dans le Tamil Nadu fut construit par les Palavas au +VIIIe
siècle.
Les cinq Ratha (Pancha Ratha) - Yudhisthira (ou Dharmaraja), Bhima, Arjuna, Draupadi et
Nakula-Sahadeva - sont des monuments monolithiques de tailles et de formes différentes
excavés d'une petite colline, descendant en pente douce vers le sud, au sud du village.
Il y a quatre autres ratha ailleurs dans Mahabalipuram. Un grand nombre de temples, souvent
excavés, sont aussi éparpillés sur le territoire du village. Enfin, on trouve également dans le
village un énorme rocher vaguement sphérique appelé la Boule de Beurre de Krishna. Le site
de Mahabalipuram est inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1985.
Inde
Udayagiri
Le sanskrit Udayagiri signifie "mont du levant". Ce toponyme, banal en Inde, évoque pour les
archéologues quelques sites qui illustrent chacun une phase différente de l'art. Deux se
trouvent en Orissa : l'un, dans le district de Puri, fait partie d'un groupe célèbre de grottes
jaïnas archaïques ; l'autre, dans le district de Cuttack, a livré des vestiges d'architecture
bouddhique du IXe siècle.
Un troisième, au Madhya Pradesh, se distingue par des monuments rupestres du Ve siècle, en
majorité brahmaniques. Un quatrième, enfin, localisé dans le district de Nellore en Andhra
Pradesh, fut la capitale d'un petit royaume absorbé par l'empire hindou de Vijayanagar
À quelques kilomètres des ruines de Sisupalgarh, capitale présumée de l'antique Kalinga, et de
Bhuvanesvar, siège des dynasties qui se succédèrent au Moyen Âge sur le trône d'Orissa et
grand foyer d'art sivaïte, se dressent les collines jumelles d'Udayagiri et de Khandagiri (mont
fendu) séparées par un étroit vallon. Au -Ier siècle, le roi Kharavela – grand conquérant, si l'on
en croit son panégyrique (grotte 14 à Udayagiri), et peut-être adepte du jaïnisme – donna
l'ordre de creuser au flanc de ces éminences des grottes destinées à abriter des moines.
En plus de ses dix-huit grottes étroitement groupées, dont une naturelle simplement agrandie
(14) et deux comportant deux étages (1 et 9), Udayagiri possédait un bâtiment où, selon toute
vraisemblance, la congrégation se réunissait pour célébrer le culte ; il s'élevait – au sommet de
la colline – sur un plan absidal et ses substructions de latérite trahissent des remaniements.
Les quinze salles souterraines de Khandagiri se répartissent fort inégalement ; les grottes 2 et
3 se parent d'une décoration particulièrement élaborée ; à la fin de la période classique ou, plus
probablement, au début du Moyen Âge, les grottes 7, 8, 9, 10 et 11 ont été enrichies d'une
grande quantité d'images des Tirthankara et de divinités. Plusieurs structures demeurent qui
témoignent de la dévotion des fidèles.
Certaines chapelles d'Udayagiri sont creusées dans la roche vive. Certaines s'ouvraient soit sur
une véranda construite, soit sur une salle (mandapa) taillée dans la paroi de la falaise, et
aujourd'hui détruites. La façade de plusieurs d'entre elles s'orne d'une porte au bel
encadrement, de même inspiration que ceux qu'on admire notamment au temple des Avatara à
Deogarh et à l'entrée des chapelles des cavernes 16, 17, 21 et 26 à Ajanta : ... 0n y remarque
200
des bandes parallèles gravées de rinceaux et de petits personnages ainsi que les "divinités
fluviales" Ganga (le Gange) et Yamuna, au gracieux hanchement, debout sur leur monture
encore indifférenciée – le makara, monstre marin – , lointaines descendantes des "fées à
l'arbre" des portes monumentales du grand stupa de Sanci.
Inde
Ajanta
Ajanta est un village de l'état indien de Maharashtra célèbre pour son groupe de 29 grottes
artificielles creusées dans du basalte dur, dont trois inachevées. En 1983, le site d'Ajanta a été
classé au patrimoine mondial de l'humanité de l'UNESCO. Les grottes situées, dans un ravin
boisé, au centre des monts Indhyagiri à quelque 5 km du village. Au fond du ravin court la
rivière Vaghora, un torrent de montagne qui forme une série de chutes d'eau dont le bruit a dû
être constamment audible par les habitants des grottes.
Concernant leur ancienneté, les grottes se classent en trois groupes, la construction des plus
anciennes date des -IIe siècle et -Ier siècle, au temps où la dynastie Shâtavâhana régnait sur
l'Inde centrale ; le deuxième groupe du +IIIe à la fin du +Ve siècle (dynastie des Vâkâtaka) et le
troisième de la fin du +VIe à la fin du +VIIIe siècle (dynastie des Châlukya de Vâtâpi). La
plupart des murs intérieurs des grottes sont couverts de peintures à fresque, de qualités très
diverses.
Aucune de ces peintures n'est datée, mais l'analyse des motifs permet d'avoir une idée assez
précise de leur période de conception et ainsi de les classer chronologiquement. La richesse
des couleurs, la souplesse des formes et la chaleur spirituelle des peintures murales d'Ajanta
s'inscrivent dans une tradition qui a eu une influence sur l'art des temples à travers l'Inde et
l'Asie du Sud-Est tout au long du millénaire suivant.
Inde
Ellora
Ellora est un village de l'Inde, anciennement connu sous le nom d'Elapura, situé à 30 km de la
ville d'Aurangâbâd dans l'État du Maharashtra célèbre pour son architecture troglodytique,
monastères et temples bouddhistes (groupe A : grottes 1 à 12 datant de 500 à 650), hindous
(groupe B : grottes 13 à 31 creusées aux VIIe et VIIIe siècles) et jains (groupe C : construits
entre les VIIe et XIIIe siècles).
Ces structures ont été excavées d'une paroi verticale des collines Charanandri. Elles sont au
nombre de 34, dont 12 bouddhistes, 17 hindoues et 5 jaina. La coexistence de ces structures
montre la tolérance religieuse dont l'Inde a toujours fait preuve. C'était avant l'Islam !
Ajanta était un centre monastique et universitaire. Le moine et voyageur chinois Xuanzang
nous apprend que Dignâga, le célèbre philosophe bouddhiste, auteur de livres fameux sur la
logique, a résidé là. À son apogée, le site devait pouvoir fournir le logement pour plusieurs
centaines de personnes, professeurs et élèves compris.
Inde
Taj Mahal
Le Taj Mahal, "Palais de la Couronne", est situé à Agra, au bord de la rivière Yamuna dans
l'État de l'Uttar Pradesh en Inde. C'est un mausolée de marbre blanc construit par l'empereur
moghol Shah Jahan en mémoire de son épouse Arjumand Banu Begam, aussi connue sous le
nom de Mumtaz Mahal, qui signifie en persan "la lumière du palais". Elle meurt le 17 juin 1631
en donnant naissance à leur quatorzième enfant alors qu'elle allait à la campagne. À sa mort,
survenue le 31 janvier 1666, son époux fut inhumé auprès d'elle.
Le Taj Mahal est construit en utilisant des matériaux provenant de diverses régions de l'Inde et
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du reste de l'Asie.
Le dôme central du tombeau est entouré par quatre minarets identiques, qui s'inclinent vers
l'extérieur de telle sorte qu'en cas de tremblement de terre, ils s'écroulent dans la direction
opposée au tombeau. À la gauche du monument se trouve une mosquée, faite de grès rouge,
qui a été construite afin de sanctifier l'endroit et fournir un lieu de culte aux pèlerins. Du côté
droit, se trouve une réplique symétrique exacte de la mosquée, connue sous le nom de jawab
(réponse).
Varanasi
Varanasi ou Bénarès est une ville de l'État indien de l'Uttar Pradesh. Située sur la rive gauche
du Gange, la ville est considérée comme l'une des villes les plus anciennement habitées du
monde. Dédiée principalement à Shiva, elle est la cité qui accueille le plus de pèlerins en Inde,
et, fait partie des sept villes sacrées de l'hindouisme.
Varanasi est également réputée pour sa production de soie et le benares gharana, un style de
tabla. Elle était la capitale de la principauté de Bénarès jusqu'en 1947.
La ville de Varanasi est surtout célèbre pour ses ghats, berges recouvertes de marches de
pierres qui permettent aux dévots hindous de descendre au fleuve pour y pratiquer ablutions et
pujas. Le bain dans le Gange est censé laver de tous les péchés. C'est aussi sur des ghats
spécialisés, le plus fameux étant Manikarnika, que l'on pratique les crémations à Varanasi. Jai
Singh II de Jaipur construit vers 1740 un de ses cinq observatoires astronomiques surplombant
le Man Mandir Ghat.
Bien que la tradition la fasse remonter à -3000, la ville de Varanasi a été probablement fondée
au -VIIe siècle ce qui en fait l'un des centres urbains continuellement occupés les plus anciens.
Antique centre d'études religieuses, c'est dans sa périphérie, à Sarnath, que le Bouddha fait
son premier sermon après l'Illumination. La ville est citée dans les épopées hindoues du
Mahabharata et du Ramayana.
Symbole emblématique de l'hindouisme, elle est pillée ou détruite plusieurs fois par les
musulmans, la première fois par l'armée des Ghaznévides en 1033, les matériaux des temples
détruits étant réutilisés pour construire des mosquées. La dernière campagne de destruction
est menée par l'empereur moghol Aurangzeb qui renomme la ville Mohammadabad.
Indonésie
Java
Borobudur
Le temple de Borobudur, en indonésien Candi Borobudur, est une importante construction
bouddhiste, construite aux VIIIe et IXe siècles à l’époque de la dynastie Sailendra dans le
centre de l’île de Java en Indonésie. Le site, construit aux alentours de l’an 800, semble avoir
été abandonné vers l’an 1100. Le temple est à la fois un sanctuaire dédié au Bouddha, mais
aussi un lieu de pèlerinage bouddhiste. C’est à la fois un stûpa et, vu du ciel, une mandala.
Plusieurs autres temples importants ont été construits aux environs vers la même époque que
Borobudur. Il s’agit du temple hindou de Prambanan, mais aussi des temples bouddhistes
Pawon et Mendut, découverts durant la restauration de Borobudur au début du XXe siècle. De
plus, Mendut, Pawon et Borobudur se trouvent sur une même ligne. Ce fait a donné du crédit à
une légende locale selon laquelle une route avait autrefois relié les trois temples.
La plaine de Kedu était un ancien lac et que Borobudur représentait initialement une fleur de
lotus flottant dessus.
Une étude de la stratigraphie, des sédiments et d’échantillons de pollen ont conduit à confirmer
l’existence d’un environnement propre à un paléolac près de Borobudur.
L’étendue du lac a fluctué avec le temps et l’étude menée montre que Borobudur était aux
202
abords de celui-ci aux XIIIe et XIVe siècles. Le cours des rivières et l’activité volcanique ont
modelé la campagne environnante, dont la zone du lac. Notamment l’un des volcans les plus
actifs d’Indonésie, le Merapi, est au voisinage direct de Borobudur et est actif depuis le
Pléistocène.
Sulawesi
Tara Toraja
La caractéristique unique est l'enterrement dans des tombes creusées dans des falaises, avec
des balcons où sont posées des poupées à l'effigie des défunts. Chaque caveau, fermé par un
système de verrouillage secret, abrite les membres d'une même famille. Les corps sont
enveloppés dans des linceuls ornés d'or, et le pillage des sépultures est considéré comme le
crime le plus grave. Les
tau-tau (mot dérivé de tau ou to, “personne”, la réduplication indiquant un affaiblissement du
sens), effigies de bois, sont placées dans des niches à côté des tombeaux.
Sculptées à l'image des défunts, elles honorent leur souvenir. Ainsi les vivants peuvent
contempler les morts et inversement. Les tau-tau en bois de jacquier sont sculptés par des
spécialistes qui ont, aussi, une fonction religieuse : ils intercèdent auprès des dieux.
Myanmar - Birmanie
Bagan - Pagan
Bagan, jadis Pagan, est un vaste site archéologique bouddhique de près de 50 kilomètres
carrés situé dans la région de Mandalay, dans la plaine centrale de la Birmanie, sur la rive
gauche de l’Irrawaddy. Du IXe siècle au XIIIe siècle, capitale du royaume de Pagan, le premier
empire birman. Occupé par plusieurs villages ou hameaux souvent bâtis à proximité de
groupes de temples, il se trouve dans une zone sismique et a subi de nombreux tremblements
de terre ayant provoqué de graves dégâts.
L’occupation du site par les Pyus semble avoir commencé vers le milieu du +VIIe siècle.
Quelques fort rares vestiges de l’époque ont survécu, parfois dissimulés dans des monuments
plus tardifs bâtis autour d’eux. La plus grande période d’activité architecturale se déroula entre
les XIe et XIVe siècles. Cette période qui marque l’hégémonie du pouvoir birman dans la région
fait de la plaine de Pagan le plus grand site archéologique bouddhique d’Asie, riche de
plusieurs milliers de monuments.
Le Rocher d'Or, ou Pagode de Kyaiktiyo, est un énorme rocher d'environ 6 m de diamètre,
posé en équilibre à 1.200 m d'altitude, dans l'état Môn. Coiffé d'un petit stûpa, c'est l'un des
principaux lieux de culte du bouddhisme birman. Les pèlerins recouvrent de feuilles d'or ce
monolithe évoquant la tête du célèbre ermite.
Selon la tradition, le rocher aurait été placé à cet endroit par deux nats (esprits) il y a 2.500 ans.
Les femmes n'ont le droit ni de le toucher, ni de s'en approcher.
Les grottes de Po Win Taung
Po Win Taung est avant tout un vaste complexe religieux composé de sanctuaires excavés, de
stoupas, d’une dizaine de monastères, d’une vingtaine de couvents (thilashin kyaung), de
nombreuses salles de prières (tazaung), et de pavillons pour accueillir les pèlerins (zéyat).
C’est aussi le point de départ d’un pèlerinage qui conduit au site sacré de d’Alaungdô-kathappa
qui se trouve plus à l’ouest dans les collines de Pondaung.
Les grottes sont excavées autour de la colline et s’ouvrent sur plusieurs niveaux, (ce qui est
une originalité) aussi bien sur la partie sommitale, que sur les versants des vallons.
Les peintures murales de Po Win Taung sont exceptionnelles. Les plus belles datent de la
deuxième période d’Ava (1599-1752).
Grande Bretagne
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Dartmoor
Le Dartmoor est parcouru par de nombreux cours d'eau. Ceux-ci ont traditionnellement fourni la
puissance nécessaire aux industries locales comme l'exploitation d'étain.
La région tire son nom de la Dart. Elle prend sa source sous forme de deux rivières distinctes,
la Dart de l'Est et la Dart de l'Ouest, qui se rejoignent à Dartmeet. Elle quitte la lande à
Buckfastleigh et traverse Totnes avant de s'ouvrir en une longue ria, atteignant la mer à
Dartmouth.
La majeure partie des restes préhistoriques du Dartmoor datent de la fin du Néolithique ou du
début de l'âge du bronze. Le Dartmoor contient d'ailleurs la plus grande concentration de restes
de l'âge du bronze de tout le Royaume-Uni. Les champs de cette époque couvrent plus de
10.000 ha des landes basses de la région.
Le Dartmoor possède de nombreux menhirs, cromlechs, kistvaens, cairns et alignements, ainsi
que plus de 5.000 huttes circulaires encore en place.
Le Dartmoor est célèbre pour la rudesse de son climat et ses paysages de landes et de roches
granitiques, que des moutons et des poneys arpentent. Les landes sont surplombées par de
nombreux affleurements granitiques, connus localement sous le terme de tors. Le point
culminant du parc est High Willhays, 621 m au-dessus du niveau de la mer, tandis que le Yes
Tor culmine à 619 m.
À l'est et au sud-est, on découvre des vallées boisées, des ruisseaux s'écoulant en cascades et
de petits villages.
Fouilles d'un Kistvaen de l'âge du Bronze à Whitehorse Hill. Crémation d'une jeune personne.
La tombe contenait aussi la machoire d'un ours, un sac tissé, un bracelet et des chapelets.
Dartmoor pony
Les poneys sont endémiques en Grande-Bretagne, au moins depuis 10.000 ans. De
nombreuses régions ont livré des fossiles. L'expansion humaine a vraisemblablement poussé
ces poneys à s'établir dans des régions moins peuplées, isolées, au relief et au climat difficile
auxquels ils se sont adaptés. Plus qu'une race propre au Devon, le poney du Dartmoor semble
le résultat d'une rude sélection naturelle à laquelle s'ajoutent de nombreux croisements.
Des ossements de chevaux préhistoriques ont été retrouvés dans la tombe de SevernCotswold, remontant à la transition entre une société de chasseurs-cueilleurs et une société
agricole (Révolution néolithique), vers - 3500. Les animaux sont certainement encore
sauvages. Des recherches archéologiques effectuées dans les années 1970 montrent que ces
poneys sont domestiqués au moins depuis -1500.
Mer du Nord
Doggerland
Assassiné puis enterrés ensemble dans un tombeau orné de bois, ces deux femmes d'un
cimetière du Mésolithique de l'île Téviec en Bretagne, France, témoignent d'une époque
violente. La perte de terres en raison de l'élévation du niveau de la mer provoquait des conflits
entre les populations voisines.
L’histoire de cette terre submergée débute avec le recul des glaces. Il y a 18.000 ans, les mers
autour de l’Europe du Nord étaient plus basses d’environ 150 m qu’aujourd'hui. Le RoyaumeUni ne constituait pas une île mais la pointe nord-ouest et inhabitée de l’Europe.
Des toundras gelées le séparaient du reste du continent. Tandis que la planète se réchauffait et
que les glaces reculaient, cerfs, aurochs et sangliers s’avancèrent vers le nord et l’ouest. Les
chasseurs les suivirent. Quittant les hautes terres de ce qui est à présent l’Europe continentale,
ils se retrouvèrent dans une vaste plaine de basse altitude.
L’histoire de cette terre submergée débute avec le recul des glaces. Il y a 18.000 ans, les mers
autour de l’Europe du Nord étaient plus basses d’environ 122 m qu’aujourd'hui. Le RoyaumeUni ne constituait pas une île mais la pointe nord-ouest et inhabitée de l’Europe. Des toundras
gelées le séparaient du reste du continent. Tandis que la planète se réchauffait et que les
glaces reculaient, cerfs, aurochs et sangliers s’avancèrent vers le nord et l’ouest. Les
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chasseurs les suivirent.
Quittant les hautes terres de ce qui est à présent l’Europe continentale, ils se retrouvèrent dans
une vaste plaine de basse altitude.
En -6 200, les terres encore émergées ont été touchées par un tsunami provoqué
par un glissement de terrain au large de la Norvège, celui de Storegga. De nos jours, des
chalutiers en mer du Nord ont récupéré des restes d'animaux terrestres tels que des
mammouths ou des lions des cavernes, ainsi que des outils et des armes préhistoriques.
France
Obernai
La nécropole Obernai
Habituellement, les crânes allongés ou aplatis intentionnellement sont associés aux
anciennes cultures mésoaméricaines (et dans l’imagination du crédule, aux extraterrestres).
Mais ce joli spécimen en image d’entête, qui remonte à plus de 1500 ans, a récemment été
découvert lors d’une fouille en Alsace. Archéologues et anthropologues ont étudié une
nécropole mérovingienne, de dix-huit sépultures, orientées ouest/est, comme l’impose le rituel
de l’époque.
Parmi toutes les découvertes, il y a une fosse de l’âge de bronze contenant à la fois les
squelettes de deux enfants et de plusieurs chiens, des ornements gaulois en verre, des pièces
de monnaie, des poteries et un complexe balnéaire gallo-romain.
Au sud-est de l’emprise de la fouille, les archéologues ont mis au jour un ensemble funéraire
comptant une vingtaine d’inhumations. Elles datent, pour les plus anciennes, de -4900 à -4750
ans. À cette époque les vastes nécropoles "danubiennes" disparaissent au profit de petits
ensembles sépulcraux. Cette période transitoire est peu documentée en Alsace.
Gobelet en céramique fine décorée, attribué à la culture Néolithique de Roessen (4800-4600
av. J.-C).
Le vase porte un décor couvrant réalisé à l'aide d'un peigne à deux dents. Il appartient à un
dépôt funéraire contenant également deux vases non décorés. (Source : Philippe Lefranc Inrap)
France
Fontaine des Sept Dormant
Vieux Marché
La chapelle est bâtie sur la base d’un dolmen. On y célèbre une tradition venue d’Orient, celle
des sept dormants d’Éphèse. Ce culte serait parvenu au Vieux Marché par l’intermédiaire de
moines et de missionnaires grecs qui accompagnaient les commerçants d’Orient sur la route
de l’étain. Ils accostaient au petit port du Yaudet en baie de Lannion et remontaient le Léguer
vers l’intérieur de la Bretagne.
La source et la fontaine sont toute proche.
Fontaine des Sept Saints de Bretagne
Bulat-Pestivien (Côtes-d'Armor)
Les Sept-Saints fondateurs de la Bretagne sont sept saints catholiques ayant vécu au Ve et VIe
siècles à l'époque de l'émigration bretonne en Armorique. L'histoire des Sept-Saints est celle du
passage de la Gaule Armorique à la Bretagne. Hormis les pays de Rennes et Nantes qui
étaient restés en liaison avec la civilisation latine, et qui ne furent adjoints à la Bretagne que
sous Nominoë (mort en 851), la Bretagne s'organisa, sous l'impulsion de l'immigration des
Bretons insulaires, en sept diocèses fondés chacun par un clerc qui fut ensuite proclamé «
saint » par le peuple. Certains indices permettent de supposer que ces religieux appartenaient
à l'aristocratie britto-romaine
205
Celtes - Lavau
Des archéologues de l'Inrap ont mis au jour à Lavau (Aube) en Mars 2015, une des plus belles
tombes celtes jamais découvertes. Située au cœur d'une nécropole plus grande que la
cathédrale de Troyes, elle est la dernière demeure d'un prince celte du –Ve siècle (fin de la
période de Hallstatt), à en juger par les objets luxueux qui s'y trouvent : char, épée, vaisselle à
boisson en métal et céramique caractéristiques de cette époque.
Certains de ces trésors ne sont pas d'origine celte mais grecque ou étrusque, tel l'immense
chaudron en bronze d'un mètre de diamètre, orné de têtes d'Acheloos (dieu-fleuve grec) et de
lionnes, ainsi que le vase à vin à figures noires sur fond rouge, dont celle de Dionysos.
Un précieux témoignage du goût de l'aristocratie celte pour le faste, mais également des
contacts avec les marchands du monde méditerranéen venus chercher sur le continent des
esclaves, des métaux et des gemmes. A l'époque, la monnaie entrait rarement en ligne de
compte, c'est pourquoi les archéologues pensent qu'il s'agit plus probablement de cadeaux
diplomatiques en échange de l'autorisation de circuler dans la région.
Ynys Trèbes
Mont Saint Michel
À l'origine il était connu sous l'appellation de "mont Tombe". On y trouvait une "pierre" destinée
à un culte celte, qui sera remplacée par un premier oratoire en l’honneur de l’archange saint
Michel à partir de 709.
À partir de l'an 710 et pendant tout le Moyen Âge, il fut couramment appelé "mont Saint-Michel
au péril de la mer" (Mons Sancti Michaeli in periculo mari).
Le Mont était rattaché depuis l'époque de Charlemagne au diocèse d'Avranches, en Neustrie,
ce qui reflète une situation antérieure, c'est-à-dire l'appartenance du Mont au territoire des
Abrincates, membres de la confédération armoricaine, sur lequel va se plaquer le cadre
administratif romain, puis le cadre religieux chrétien, conformément à un processus observé
ailleurs dans la future Normandie et au-delà.
C'était l'une des sept collines sacrées de l'ancienne Armorique avec le mont Saint-Michel de
Brasparts, le mont Dol, le Menez Bel-Air, le Menez Bré, le Mané Gwen et le Ménez-Hom.
Un projet de rétablissement du caractère maritime du Mont, piloté par l'État, a débuté en 2006.
Étape marquante de ce vaste plan de requalification, une passerelle d'accès a vu le jour cette
année, grâce à l'intervention de l'agence Dietmar Feichtinger Architectes. Ce nouveau passage
permet l'écoulement des marées puisqu'il est surélevé sur pilotis, tandis que la légèreté de son
tablier d'acier et de bois limite son incidence sur le paysage naturel.
Les 7 Monts Sacrés
Ce sont sept petites collines qui dominent la terre bretonne d'ouest en est. Sept collines
sacrées au sommet desquelles les druides, grands prêtres des tribus celtes, célébraient le
Soleil et la Lune, invoquant les dieux et déesses celtes, Lug, Cernunos, Bélisama et Bélénos.
On peut imaginer les immenses brasiers allumés au sommet des sept collines bretonnes, les
nuits de solstice, comme autant de signes destinés à attirer la faveur des dieux.
Dominant la vallée du Blavet de ses mamelons rocheux, le Mané-Guen et depuis les temps
néolithiques un haut lieu sacré. C'est une montagne isolée, couverte de lande et d'ajoncs. Un
vrai site druidique selon les traditions locales. Autrefois île, le Mont-Dol dresse aujourd'hui, audessus du marais de Dol, sa masse rocheuse de 65 m couverte de châtaigniers plusieurs fois
centenaires. Autour de la chapelle Notre-Dame rayonnent huit allées de hêtres représentant la
course du soleil dans le ciel.
206
Russie
Masques Tashtyk
Les Tashtyks sont un peuple méconnu qui arpenta les steppes du -Ve au +IVe siècle. Les
masques funéraires sont fait d'un mélange de sable, de kaolin et de gypse, directement
modelés sur les crânes momifiés au-dessus d'une pièce de soie.
D'origine européenne, les Tashtyks auraient vécu à l'est des grandes plaines du bassin de
Minoussinsk jusqu'aux derniers soubresauts de l'Empire romain.
Ce peuple de guerriers serait apparu dans un espace occupé par un autre groupe antérieur, les
Tagars. Avant de se mêler, quelques siècles plus tard.
Les tombes contiennent souvent de nombreuses statuettes représentant des animaux hybride
(chamanisme) parfois articulés. Plusieurs ont aussi livré des indices d'influences chinoises, telle
la coutume de déposer des figurines de guerriers et de chevaux en bois et même des chars
funéraires complets.
Artisanat
Tizerzaï
La fibule est peut-être aussi ancienne que l'idée d'ornementation personnelle. L'aiguille en
pierre polie ou l'agrafe qu'elle est à l'origine, s'est transformée au cours des siècles en de
véritables œuvres d'arts. La forme triangulaire évoque la fécondité dans presque toutes les
premières cultures. Le thème du croissant aussi est très ancien, il est lié au culte de Sin, dieu
lunaire, représenté également par des cornes et le rattacher donc au culte du bélier.
La Croix du Sud
Avant tout la Croix du sud est une constellation, en forme de Croix, dont se servent les peuples
de l'hémisphère sud (berbères, touareg, kabyles) pour retrouver le pôle sud mais aussi par
ceux de la méditerranée qui ne voyaient en elle qu'une partie du Centaure. A ne pas confondre
avec la constellation du Cygne qui, elle, désigne la croix du Nord. La Croix du sud sous forme
de bijou est devenue ainsi depuis la nuit des temps une protection, un héritage, une quête, pour
ceux qui voyagent sur l'hémisphère sud et autour de la méditerranée.
La Croix du Sud ou d'Iferwan, étaient autrefois exclusivement portées par les hommes qu'ils et
se transmettaient ainsi de génération en génération lors de la puberté ou des circoncisions. Ces
croix faisaient donc allusion à la virilité du jeune touareg et donnait une certaine connotation à
son caractère libre et nomade. Les croix représentent le pommeau de la selle du chameau ou
encore les quatre directions cardinales.
Bracelet Touareg
Le motif central représente 4 fois la carte de la route Touareg entre Agadez, Zender et Bilma.
De part et d'autre, les stries représentent les vagues sur les dunes en forme de triangles. Puis
la trace des caravanes dans le désert, tafat, avec ces deux lignes. On retrouve ensuite les
traces du serpent encadrées de celles de la caravane.
L'argent de ce bracelet Touareg est pur à 98%.
Afrique
Reliquaires
Le peuple Kota vit principalement à l’est du Gabon et à l’ouest du Congo. Le groupe dit Kota
serait un peuple issu des Ngumba en Guinée Équatoriale qui s’est dirigé vers le Sud avec les
Fang. C'étaient de grands chasseurs et des guerriers. Alliés aux Bashake, ils auraient fondé
conjointement de nombreux villages. Les Kota sont aujourd’hui établis entre le fleuve Ogooué
et la rivière Invendo. L’initiation, les rites dans le cadre des cultes d'ancêtres, le Bwété, avaient
une grande importance au sein de la société.
Le bois
Pour les incrustations on utilise différents bois précieux de couleur différente, de l'os, de l'ivoire,
du nacre, de la corne, parfois du cuir et de l'argent ou un autre métal. Les différentes teintes et
207
formes font apparaître une mosaïque parfois très complexe. Le bois est parfois décoré par
pyrogravure. Dans le sud et surtout à Essaouira, le bois utilisé est le thuya.
Les portes des cases des igoudar sont souvent décorées avec les mêmes motifs en utilisant
les mêmes colorants naturels.
Afrique
Masques
Dan
Les Dan sont une sous-tribue appartenant aux Dan Nguere. Ils habitent le Liberia orientale, la
Guinée Conakry et la Côte d'Ivoire. La base sociale et spirituelle des Dan Nguere est la société
secrète Poro.
La fonction de ces masques féminins est de régler les désaccords et de protéger les nouveaux
nés. Les Dan font généralement des répliques de ces masques, qu'ils appellent "ma", pour les
vénérer et comme protection contre les maladies. Ils restent cachés et servent comme preuve
d'appartenance à la société Poro.
Les Punu (aussi appelés Bapunu, pluriel de Mupunu) forment une ethnie principalement
répartie dans le sud du Gabon. Les Punu migrèrent vers le sud du Gabon (dans le bassin de la
Ngounié) au XVIIIe siècle. Ils vivent dans des villages indépendants divisés en clans et en
familles. La cohésion sociale est assurée par la société Moukouji, dont le rôle essentiel est de
subjuguer les esprits malfaisants de la forêt. Leur langue est le Yipunu.
Chez les Pendé, les artistes sont reconnus comme ayant des dons mystérieux. Ils bénéficient
de ce fait d'un statut élevé dans la société. Entre le Kwilu et le Loango, chez les Pendé, les
masques réalistes M'Buya se produisent dans une sorte de comédie au retour des circoncis.
Au cours de cette "danse" apparaît une série de masques individualisés qui caricaturent des
personnes bien spécifiques. La fonction de sculpteur se transmet de père en fils.
Ce masque de l'ethnie Boa, dont le nom est Pongdudu, celui «qui donnait l'épouvante aux
ennemis». Il s'agirait donc d'un masque guerrier, il était destiné à préparer les hommes à partir
à la guerre. la représentation des oreilles et l'utilisation de pigments sont caractéristiques. Les
Boa sont très proches des Mangbetu. On ne connaît que très peu d'exemplaires de ces
masques, ils sont très rares et difficiles à récolter.
Dogon
Le masque Dogon le plus connu est le Kanaga représentant l'oiseau mythique. La forme
triangulaire du visage est la mâchoire de l'oiseau et la forme conique inférieure sa langue. Le
masque est achevé par une structure qui représente les ailes étendues de Komondo. Les deux
figures du haut représentent le premier couple que les Dogon considèrent comme leur ancêtre.
La croix fait référence au mythe de la création. La partie supérieure de la croix symbolise le
monde surnaturel, et la partie inférieure le monde terrestre. La ligne entre les deux parties est
l'union entre les deux mondes.
Dans les rites funéraires, les membres de la société Awa dansent avec les masques sur le toit
de la maison du mort, pour conduire son âme (nyama) à son repos éternel, et en même temps
pour défendre les vivants du mal qu'il peut leur faire. Pour les Dogon, ces rituels permettent
d'accéder à la force vitale universelle et à la réincarnation d'un défunt. Car ce n'est qu'au
travers du mouvement, et du porteur plus particulièrement, que le masque fait preuve de son
efficacité.
Baoulé
L'ethnie Baoulé habite actuellement dans le centre et l'est de la Côte d'Ivoire. Les baoulés
arrivèrent du Ghana dans le premier tiers du XVIIIe siècle. Les Baoulé croient en un dieu
208
créateur Nyamien, intangible et inaccessible. Les esprits ou Amuen sont dotés de pouvoirs
surnaturels. Le monde réel est l'opposé du monde spirituel Blolo d'où viennent les âmes à la
naissance et où elles retourneront à leur mort. La religion est fondée sur l'idée de la mort et de
l'immortalité de l'âme.
Les rituels évoluent : la création d'un nouveau culte peut être décidée à la suite d'un rêve ou
d'une crise de possession pendant lesquels l'esprit se révèle et explique à " l'élu " le rituel, les
règles et les objets qu'il lui faut acquérir ou fabriquer, en spécifiant la coiffure, l'âge, la posture
et les scarifications s'il s'agit d'une statuette.
Les sculptures en bois et les masques permettent un contact plus étroit avec le monde
surnaturel.
Kran
Les Kran se situent dans la région sud-ouest de la Côte d'Ivoire et au sud du Libéria, et
appartiennent au groupe Krou (pour les distinguer des populations de culture Mandé, comme
les Dan). Les masques servaient de justicier et protégeait le village des mauvais esprits. Plus il
était effrayant, plus sa parole était crainte et respectée. Lors de festivités, il transmettait la
volonté des ancêtres tutélaires à l'ensemble de la communauté villageoise. Il permettait
également de faire payer les dettes, de s'opposer aux adultères, et de veiller sur les mères et
leurs enfants.
Bambara
Les Ban-Mâna, de Ban : refus et mâna : Maître, c'est-à-dire ceux qui ont refusé d'être dominés,
plus communément connus sous le vocable de bambara que, tiennent surtout par leur dialecte,
dérivé de la langue mandingue, une place importante au sein des autres groupes ethniques du
Mali.
L'ethnie Bambara eut sa splendeur au début du XVIIe siècle, quand Kaladian Koulibary réunit
un grand nombre de tribus affrontées, et fondât l'empire de Ségou, en dominant toute la courbe
du fleuve Niger.
Les masques Bambara représentent les diverses manifestations de Faro, le dieu créateur et le
guide de l'univers, qui a donné toutes les qualités aux hommes et qui fait pousser les fruits de
la terre.
les bambaras proprement dits sont très nombreux au point de rencontrer un peu partout, même
au Sénégal, en Burkina Faso, en Guinée, en Mauritanie et en Côte-d'Ivoire, et au Mali ils
constituent le groupe ethnique le plus important.
Masque coiffe Banda Baga, présentant une très belle polychromie. Il est posé en blique sur le
front du danseur. Doté de machoires de crocodile, ce masque montre un visage humain avec
des scarifications. Sur le dessu on retrouve les cornes d'antilopes associant ainsi l'home à
l'esprit de l'eau et celui de la forêt.
On retrouve les Salampasu, peuple de guerriers et de chasseurs, à l'est du fleuve Kasai.
Gouro : Défenses et cornes sont autant de signes de virilité, de puissance. Les
représentations d'éléphants symbolisent la force et la puissance dévastatrice.
Masque initiatique Léga du rituel du Bwali.
Les Lega sont un peuple forestier bantou d'Afrique centrale établi principalement en
République démocratique du Congo à l'est de la rivière Lualaba, jusqu'aux frontières avec le
Rwanda et le Burundi.
Dans la région de Mopti, tout juste à l’ouest du pays Dogon et au-dessus de chez les Bambara,
les Bozo constituent un groupe bien spécifique.
Chez les Yaouré, les masques africains servent à influencer les forces surnaturelles "Yu"
responsables des maux des hommes mais aussi de leur prospérité.
Toma
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Chez les Toma les masques sont très épurés, possèdant parfois des éléments zoomorphes, la
bouche est souvent inexistante, les yeux se limitent à deux fentes. Le porteur du masque
dévore de manière symbolique les candidats au Poro (société secrète masculine de l'ethnie)
qui sont parvenus à la dernière étape d'initiation : après cette mort symbolique ils peuvent ainsi
renaître en tant que nouveau membre du Poro à part entière.
Ciwara
Le masque Ciwara, ou encore Tyi wara, de son nom complet Tyi wara kun, signifiant "tête du
fauve de la culture" est un masque-cimier rituel en forme d'antilope-cheval que l'on rencontre
dans la culture Bambara. C'est l'une des pièces les plus connues de l'art africain.
Ce masque-cimier est utilisé lors des rites de la société Ciwara, l'une des six institutions
secrètes qui organisent la société bambara. Il est fixé sur la tête des danseurs, appartenant
tous à la société Ciwara, grâce à un bonnet en vannerie. Les danses de la société Ciwara sont
liées aux rites agraires et donc à l’idée de fertilité, de fécondité, d’ensemencement3. Lors de
ces cérémonies rituelles, le masque devenait l'attribut d'un danseur costumé qui lui donnait vie
et parole. Au travers du mouvement, et du porteur plus particulièrement, le masque trouve son
sens. Les Ciwaras dansaient généralement en couple. Ces cérémonies ont lieu en plein jour,
au milieu des champs comme au village. Elles célèbrent l’union mythique entre le soleil, qui
renvoie au principe mâle, et la terre, principe féminin, tout en stimulant l’ardeur au travail des
jeunes cultivateurs.
Boîtes à Oracles
Ces boites portent aussi le nom "d'oracle à souris" chez les Baoulé au centre nord de la Côte
d’Ivoire. Cet objet en bois ou en terre cuite était destiné à la divination, et accompagnaient les
devins lors de leurs voyages. Techniquement, il s'agit d'un pot dont l'intérieur est divisé à
l'horizontale par un plancher percé d'un orifice. Le devin plaçait une ou plusieurs souris à jeun
dans la chambre inférieure, et lors d'une consultation, il disposait dans la partie du haut des
bâtonnets, épines de porc-épic, écailles de tortues, et un peu de nourriture, dans un ordre
soigneusement étudié. Une fois le pot refermé, le devin récitait ses incantations. La souris
affamée grimpait aussitôt dans la partie supérieure pour y manger la nourriture. Elle modifiait
involontairement la disposition des objets que le devin se chargeait ensuite de déchiffrer et
d'interpréter.
Jeu d'Awalé
C’est le jeu de tactique le plus répandu sur le continent, notamment en Afrique de l’Ouest, et il
peut prendre différents noms suivant les pays. Le jeu fait partie de la famille des Mancala,
"bouger". Celle-ci rassemble les "jeux de semailles" dans lesquels on distribue cailloux,
graines, coquillages dans des coupelles ou dans des trous (dans le sable) et qui sont présents
dans toute l’Afrique, sur les côtes de l’Océan Indien et en Amérique latine. Le principe : semer
pour récolter.
L’awalé existe depuis plus de mille ans.
Portes de greniers
Les greniers sont des petits silos alimentaires en terre montés sur pilotis : on y accède à l'aide
d'une échelle. Ces garde-manger peuvent être de taille et de hauteurs différentes; ils peuvent
renfermer des aliments séchés, fumés, des substances de fétichage, du karité, toutes sortes
d'aliments ou de substances importantes aux yeux du propriétaire du grenier.
Les portes de grenier qu'elles soient Baoulé (sud est Côte d'Ivoire), Lobi (Burkina Faso),
Sénoufo (nord Côte d'Ivoire) ou Dogon (Mali) sont construites de la même façon. Les
ornements changent : les crocodiles qui se mordent respectivement la queue sont typiquement
Akan. On peut les trouver sur des poids à peser l'or : ils symbolisent le dualisme mâle et
femelle. Le crocodile seul symbolise l'homme au pouvoir.
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Chaises Royales
Ces tabourets royaux étaient utilisés à des fins politiques ou commémoratives (réservés à des
hauts dignitaires loyaux). Les sièges les plus prestigieux pouvaient être recouverts d'or : l'or,
symbole de l'essence du soleil et de la force vitale ou âme (kra), était associé à l'endurance
(pérennité du soleil) et à la vie. Les ornements présents sur ces assises servaient à distinguer
le rang hiérarchique, le sexe et la fonction du propriétaire du tabouret.
Lances-pierres
Le lance-pierres est utilisé pour la chasse de petits gibiers et d'oiseaux. Même s'il s'agit
d'objets modestes, ils ont souvent été sculptés avec talent. Pour leurs créateurs, leur fonction
est primordiale et celle-ci reste indépendante de la qualité de réalisation mais la beauté
s'accorde avec le sens et justifie qu'ils soient plus que ce qu'ils paraissent. L'importance
accordée à certains détails, et l'absence ou la simplification à l'extrême d'éléments tels que
bras et jambes, parfois même le visage, donne à l'objet un caractère contemporain
indéniable.
Instruments de frappe
Les devins Baoulé utilisent ce type d'objet lors des rituels divinatoires, pour frapper des gongs
en forme de cloches, en fer. Le son frappé de manière régulière, produit un état de
conscience favorable à une communication médiumnique avec les esprits que sont les Asie
Usu, au travers d'une transe de possession. Ces rituels sont habituellement l'apanage des
Comians (devins).
Poulies
Les Baoulé sont de grands sculpteurs : tout est sujet à sculpture, les masques et fétiches bien
sur mais aussi les lance pierres et les étriers de métier à tisser plus communément appelé
poulie. D'objet utilitaire, elle devient œuvre d'art et l'expression d'une culture. Selon les
régions, ces petits objets de la vie quotidienne, sculptés avec soin, offrent d'infinies variations
de représentations.
Pirogues
Une pirogue est une embarcation longue et étroite, souvent faite d'un seul tronc d'arbre
creusé (monoxyle), mue à la voile ou à la pagaie et parfois équipée de balancier. Les
pirogues ne sont pas liées spécifiquement au domaine marin même si aujourd'hui leur
utilisation persiste surtout dans les zones tropicales et équatoriales, en Afrique, en Asie du
Sud-Est, en Océanie et dans quelques régions d'Amérique.
Dans certains pays ou régions, le recul des forêts ne permet parfois plus de trouver l'arbre
idéal, vieux de plusieurs siècles, voire de plus de 1000 ans pour construire les très grandes
pirogues qui pouvaient accueillir des dizaines de personnes ou porter un poids important de
marchandises.
La Pirogue est un film franco-sénégalais réalisé par Moussa Touré, sorti en 2012. Le film a
sélectionné en compétition dans la catégorie Un Certain Regard du Festival de Cannes 2012.
Prix Lumières 2013.
On pense que les hommes ont commencé par naviguer sur la courte distance séparant les
îles de la Sonde du Sahul pour se disperser ensuite à travers le continent. Le peuplement du
Sahul est d'ailleurs aujourd'hui la plus ancienne preuve d'une navigation en haute mer. Des
peuplements d'îles bien plus anciens sont connus (l'île de Florès), mais sur des distances
maritimes bien plus restreintes. Pour atteindre Florès, le détroit le plus large (en fonction du
niveau de la mer de l'époque) était pour Homo erectus de 19 km seulement, donc toujours en
contact visuel avec une côte.
L'archéologie a révélé un habitat humain dans l'amont de la Swan en Australie-Occidentale,
datant d'il y a 38.000 ans. D'après les fouilles du site de Warreen Cave, les humains arrivent
211
en Tasmanie, à l'époque reliée par un pont terrestre à l'Australie, il y a environ 35.000 ans.
C'est à la même époque que furent franchies les quelques dizaines de kilomètres qui séparent
l'archipel Bismarck du Sahul : la Nouvelle-Bretagne, la Nouvelle-Irlande furent atteintes puis, à
cent soixante kilomètres de là, l'île de Buka au nord de l'archipel des Salomon : un véritable
exploit vieux de 28 000 ans.
L’art des îles Salomon se distingue des autres productions du Pacifique par les étroites
relations entretenues par les insulaires avec la mer, source d’inspiration majeure : la bonite
(sorte de thon), le requin, l’oiseau frégate, le crocodile, le chien et divers animaux marins
associés à la figure humaine,
forment l’essentiel du répertoire iconographique. L’aspect et la fonction sont intimement liés
aux notions de prestige et de pouvoir, de relation aux esprits, à la chasse aux têtes, aux
cérémonies funéraires et à l’environnement marin.
Ces pirogues à la poupe et à la proue très relevées, enrichies d’incrustations en nacre et de
pendeloques en coquillage, arboraient, au ras de l’étrave — à l’arrière de la figure, des
encoches en bois permettaient de fixer l’ornement au niveau de la ligne de flottaison — le
fameux toto isu (lagon de Marovo) ou nguzunguzu (lagon de Roviana, île de NouvelleGéorgie), censé protéger les embarcations et leurs occupants des esprits marins malveillants
et repousser les fantômes de mer responsables des vents et des tempêtes.
Les premiers peuplements papous, austronésiens et polynésiens qui se sont succédé dans cet
archipel, pendant vingt neuf mille ans, furent le creuset d’une grande diversité culturelle.
Même si chaque île a ses particularités, il s’agit d’un art homogène, caractérisé par la sobriété
et l’utilisation de la couleur noire (sorte de laque composée de sève de toko (Macaranga
similis) et de charbon de bois) qui recouvre statues, bols et ornements de pirogue,
généralement rehaussés d’incrustations de plaquettes de nacre découpées.
Reliquaire en forme de grand poisson apparenté au thon, en bois peint noir. La tête de l'animal
est dotée d'une puissante mâchoire sur laquelle un petit personnage est assis à califourchon.
L'oeil est figuré par une pastille en relief, deux courbes indiquent les ouïes. Juste au dessus
des ouies se trouvent cinq cavités où, des ailerons taillés dans du bois viennent se loger. A
hauteur de la nageoire anale on note sur le ventre et sur le dos, un décor fait d'une rangée de
petites protubérances. La nageoire caudale est en forme de croissant ; ses deux extrémités
sont rapportées. Sur l'un des côtés un panneau maintenu par six chevilles en bois dur qui
ferme la partie évidée du poisson destinée à recevoir la relique.
Longue bande en fibre sur laquelle sont fixées des plumes. La longue bande en fibre
d'hibiscus est faite de 4 cordons (les deux plus gros maintiennent les bords), sur lesquels de la
fibre enroulée fixe des sortes d'écailles "landu" faites de plumes collées ensemble. Ces "landu"
sont fabriqués avec des plumes de pigeon noir-verdâtre sur lesquelles on a fixé d'autres
petites plumes rouge vif provenant de la tête et de la gorge du "muzomela cardinalis". Aux
deux extrémités de la bande une plaquette d'écaille cousue maintient les derniers "landu", puis
la fibre nattée se continue en pointe pour se terminer par une tresse. A ces tresses est
attachée une bande d'écorce formant cercle ; c'est autour de ces cercles que l'on enroule les
deux côtés de la bande-monnaie. Des chaînettes de fins coquillages terminés par des petites
ovules
sont accrochées au centre et aux deux extrémités de la bande. Deux double-rubans de fibre
sont attachés aux tresses qui terminent la monnaie.Cette monnaie dont la longueur avoisine
les 10 mètre est constituée de fibres végétales tressées sur lesquelles sont collées des plumes
rouges provenant de la tête et du torse de l'oiseau mâle mangia.
212
Pour manœuvrer et propulser ces pirogues, on utilisait des pagaies simples, caractérisées par
leurs longues pales pointues présentant parfois, à leur extrémité, une olive permettant de la
tenir plus facilement. La longue pale pointue est souvent embellie d’un décor peint en noir de
motifs géométriques et d’un esprit de la mer anthropomorphe composé d’oiseaux et de requins.
Les ornements corporels et les monnaies étaient étroitement liés à la vie culturelle, politique et
rituelle. Les parures corporelles exécutées à partir de petits disques de coquillages de
différentes couleurs formant des motifs géométriques étaient portées par les deux sexes.
Réalisés par des femmes spécialisées dans la production de ces petits disques, ils jouaient un
rôle éminent en tant que monnaie d’échange et signe de richesse.
Les combattants utilisaient trois types principaux de boucliers, les uns faits en fibres enroulées,
de forme elliptique, des îles de Guadalcanal et de Nggela (Florida), les autres en bois léger, de
forme ovale, rétrécie vers le haut et se terminant en ogive et ornés de fins motifs géométriques
suggérant l’oiseau frégate, des représentations gravées et peintes tendant à rendre visible une
force spirituelle destinée à protéger les guerriers.
Ces objets surprennent par la liberté apportée à l’assemblage de motifs subtilement intriqués
se combinant à l’infini, suivant des règles strictes, dictées par l’organisation des rituels au cours
desquels ils étaient utilisés. A ces cérémonies funéraires se mêlaient des rites liés aux grandes
étapes de la vie d’un individu (naissance et initiation), mais également des rites de fertilité.
Bâton de danse, Tolai, Nouvelle-Bretagne. Bois, fibres, plumes et pigments.
Masque de danse, île Lihir, nord de la Nouvelle-Irlande.
Bois, fibres, matériaux spongieux marins, raphia, courge, plumes, chaux et pigments.
Statuettes
Les Moba, vivent au Nord du Togo. Ce type de pièce est appelé tchitcheri. Elle représente un
ancêtre symbolisé par un corps humain avec un visage abstrait. Elle est initialement plantée
dans la terre. Les tchitcheri sakwa évoquent la mémoire du fondateur d'un clan. (Bois ou
ivoire).
Dans toute l'Afrique, le cavalier est un symbole très complexe. C'est le symbole d'un pouvoir
matériel, mais aussi l'instrument d'aventures guerrières.
Et enfin, de façon plus métaphysique, il domine le monde mortel et spirituel en affichant sa
force physique et morale.
Chez les Sénoufo ces statuettes sont nommées Syonfolo (maître du cheval) ou Fanhafolo
(celui qui possède le pouvoir).
Ce personnage représente Dyongu Seru, l'un des ancêtres de l'humanité engendré par un
Nommo, premiers êtres créés par le dieu Amma.
Sa mort est commémorée par une cérémonie, le Sigui, qui a lieu tous les 60 ans. Elle dure 8
ans et circule de village en village.
Les Dagari sont une population d'Afrique de l'Ouest établie au nord-est du Ghana et de l'autre
côté de la frontière au sud du Burkina Faso. Quelques communautés vivent également en Côte
d'Ivoire.
Les centres artistiques dogons se trouvent à Bandiagara, Sangha et Ireli. Les plus anciennes
statues dogons sont reconnaissables à leurs formes allongées. Du sang des sacrifices, du
gruau de mil et de la bière est répandu sur les statues, ce qui donne à la patine un aspect
croûteux. Les statues comportent à la fois des éléments féminins et masculins car, pour les
Dogons, la séparation entre les deux sexes n’est pas absolue. L’hermaphrodisme montre la
puissance vitale de ces statues.
213
Le cuir
Les célèbres tanneries de Fès et de Marrakech sont toujours fonctionnelles. Les peaux sont
débarrassées de leur laine ou de leurs poils, lavées, puis mises dans un bain de chaux. Puis on
les plonge dans un bain mordant à base de matières organiques tels que crottes et urine, puis
elles sont tannées avec des matières tannantes : écorces de grenadier, de mimosa. Ce tanin
"cimente" les fibres des peaux et les transforment en cuir et seront teintes.
Les maroquineries
Le Maroc a donné sont nom au objets en cuir à usage domestique. Le pays est aussi réputé
pour ses enluminures. On utilise du cuir de vache ou de chèvre. Pour les objets traditionnels on
double les coutures, et on fait des impressions en or à l'aide de clichés en bronze et de
presses. De très belles selles et tout ce qu'il faut pour équiper cheval et cavalier, sont fabriqués
dans le sud.
Selle de dromadaire Touareg
Les dromadaires comme moyen de transport et de déplacement ont été largement remplacés
par les véhicules motorisés. Cependant, plusieurs pays, tels la Jordanie et la Mauritanie,
reviennent à l'usage des dromadaires dans un cadre policier et militaire, car c'est le seul moyen
de contrôler des régions reculées et le moyen le plus discret pour surprendre rebelles et
contrebandiers.
L'ancêtre du genre Camelus est apparu il y a 50 millions d'années . Il y a 2 à 3 millions
d'années, l'ancêtre du dromadaire aurait pénétré en Afrique. Les dromadaires existaient déjà
dans la Corne de l'Afrique pendant la Préhistoire et on a retrouvé des dents en Éthiopie ainsi
que des peintures en Somalie et à Djibouti. La relation entre l'homme et le dromadaire remonte
au -IIe millénaire. La domestication du dromadaire a probablement eu lieu dans le sud de la
péninsule Arabique vers -2000 ou -3000.
Boucliers
Tamberma
Bouclier provenant de chez les Tamberma établis au nord du Togo. Les Tamberma sont
proches des Somba plus à l’Est, au Nord du Bénin. Ce bouclier était utilisé comme accessoire
de défense lors de combats fictifs au fouet lors de fêtes rituelles.
Zoulou
Les boucliers zoulous traditionnels ont été utilisés depuis plusieurs siècles par les tribus Zoulou
dans les batailles. Il est maintenant utilisé pour les cérémonies Zoulous traditionnelles telles
que les mariages et les enterrements.
Les boucliers zoulous ont joué un rôle essentiel dans les batailles, ils étaient toujours
confectionnés à la main dans de la peau de vache ou plus communément connus dans les
termes zoulous comme Nguni (Gnou). Le Nguni est natif d'Afrique du Sud et joue un rôle
important dans la vie quotidienne des zoulous.
Métal
Le cuivre
Spécialité des villes de Tétouan, Fès et de Marrakech. C'est par martèlement d'une plaque de
cuivre sur un moule de bois, que l'artisan obtient la forme désirée. Dans les anciennes
médinas, tout un quartier est réservé au travail des métaux. Le cuivre est extrait dans le sud,
exporté brut, puis réimporté sous forme de grandes feuilles d'épaisseurs et de dimensions
variées.
On ne travaille presque plus au burin pour graver les motifs, on fait de l'estampage avec des
matrices qui servent de repoussoir sous les coups de martelet des artisans qui font ainsi un
travail plus rapide et plus régulier.
L'incrustation de filigranes d'argent, d'os ou d'ivoire est une technique que l'on retrouve dans
214
beaucoup d'objet et aussi dans le mobilier où on voit même des motifs en cuir. L'os est parfois
teint aux colorants naturels végétal, animal ou minéral. Le henné donne une teinte d'un brun
très spécial.
- En Égypte, le mobilier en cuivre se répand à la période de Nagada, vers -4000 à -3200.
- Dans la vallée de l'Indus, l'usage du métal est attesté vers -2500 : les sites d'Harappa et de
Mohenjo-Daro y ont fourni du mobilier en plomb, argent, cuivre à forte teneur en arsenic (à
l'état quasi-naturel) et même en bronze.
- A Chypre, c'est sous l'influence anatolienne que se développe l'exploitation du minerai de
cuivre. À Ambelikou, la présence de céramiques rouges permet de la dater d'environ -2300 à 2000.
- A Troie, les fouilles révèlent la présence de cuivre au niveau le plus ancien, mais c'est surtout
aux niveaux II-III (-2300 à -2100) que le cuivre se multiplie.
Fer forgé
L'activité de forgeron est apparue en même temps que la découverte du travail des métaux,
environ vers
-5.000 ans BC. Dans l'antiquité, les forgerons utilisaient dans leurs fours, du charbon de bois
plutôt que du charbon de terre (houille). Ceci est dû au fait que le charbon de bois est un
combustible, plus difficile à enflammer que le bois sec, mais qui dégage une chaleur bien
supérieure à celle que produit la combustion du bois.
Armes Targui
Les Targui attribuent l'invention de leur écriture à un héros fondateur, Amamellen (qui signifie
"celui qui possède la clarté") ou Aniguran (proverbe ou énigme étant compris), héros fondateur
de la culture touarègue. Pour se désigner eux-mêmes, ils utilisent le terme Imuhagh (singulier
Amahagh) ou encore, selon les parlers, Imajaghen et Imushagh. Pour se désigner, ils se disent
aussi Kel Tamahaq, ou selon les régions, Tamazig, Temajeq, Temasheq "ceux qui parlent la
langue touarègue".
Grands perdants de la guerre du Mali de 2013, conspués par les Maliens, traqués par les
Islamistes, ignorés des français ils s’accrochent aux miettes, à Kidal, la capitale de l’Azawad.
Des milliers de Targui craignant des représailles sanglantes de l’armée se sont refugiés dans
des camps de fortunes dans les pays voisins. Ils s’y entassent comme pendant les précédentes
révolutions touarègues espérant que cette fois, leur identité nomade et leurs coutumes
millénaires seront reconnues et respectées. Aujourd’hui, cela semble compromis.
Dogon
Les interprétations de cet objet sont multiples. On peut penser que cette pirogue, qui a la forme
d’un crocodile, et ses deux couples de passagers commémorent la traversée du fleuve Niger
par les Dogons quand ils ont émigré du Mandé pour aller habiter les falaises de Bandiagara.
La méthode directe consiste à mouler dans l'argile un modèle grossier de la pièce à couler. Ce
noyau, une fois sec, est recouvert d'une pellicule de cire sur laquelle on peut inscrire les creux
et le relief de la pièce à couler. On rapporte ensuite sur cette matrice des jets et filaments
faisant radiateurs pour permettre une alimentation complète de la chambre de coulée et
homogénéiser la température des différentes parties du métal au cours du remplissage et du
refroidissement.
Des canules cylindriques sont également insérées pour former les galeries d'alimentation par le
métal en fusion, et les évents d'évacuation des gaz chauds émis lors de l'entrée en contact du
métal et des composants du moule. Ainsi préparé, le modèle de cire est peint une première fois
avec une pellicule d'argile pour saisir au plus près les détails du moulage. Puis on insère
l'ensemble dans une gangue d'argile plus grossière, en ayant soin de laisser dépasser les
cheminées d'alimentation et les évents d'évacuation, ainsi que les filaments. Le modèle est
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assujetti à cette gangue externe par des goupilles ou chevilles métalliques.
Tikar
Superbe masque Tikar dont la symbolique nous est inconnue, le visage finement ciselé et
dotée d'une jolie patine. Il est surmonté d'un animal mythique.
Les Tikar sont un peuple pygmée que l'on retrouve dans l'ouest camerounais. Le peuple tikar
est une population nouvelle, métissée car traditionnellement conquérante. Ils se soumettent au
système de chefferies traditionnelles, insérées au sein de plus larges royaumes historiques.
Leur implantation est attestée sur le sol camerounais depuis le XIXe siècle.
L'art du Bénin est décrit comme un art de cour car il est étroitement associé au roi, connu sous
le nom d'Oba. La tradition des objets de cours en bronze d'Ifé remonte au XIVe siècle. Les
nombreuses têtes et statues en bronze créées par les artistes du Bénin étaient réservées à
l'usage exclusif des habitants du palais royal et, le plus souvent, placées sur des autels
consacrés par chaque nouvel Oba. Ces autels de forme rectangulaires étaient surmontés de
têtes, de statues, de défenses d'ivoire sculptées, de cloches et de bâtons. Ils servaient à
commémorer un oba et à entrer en contact avec son esprit.
Bamoun
L'art Bamum a produit d'innombrables œuvres toutes plus impressionnantes les unes que les
autres. Les masques, les objets perlés, les dessins de Njoya, l'architecture même, voir les
palais.
Le sommet du masque est décoré de différents animaux : serpents, araignée, oiseaux, etc...
Cette pièce accrochée dans les palais symbolise le pouvoir royal sur les esprits de la forêt.
Le bronze est un alliage de cuivre et d'étain. Il est composé - dans les pays industrialisés - de
plus de 60 % de cuivre, d'une proportion variable d'étain. Il peut contenir également dans des
proportions variables de l'aluminium, du manganèse, du tungstène mais aussi du plomb
notamment en Chine dans des proportions plus importantes ce qui lui donne cette apparence
grisâtre bien spécifique aux bronzes chinois. Il n'y a pas de zinc dans le bronze car cela devient
du laiton. La particularité de ces bronzes est une résistance plus importante à la corrosion car
le cuivre s'oxyde en formant du Vert de gris qui les protège de la dégradation du temps.
Poteries
Terre cuite
La poterie est l'une des premières fabrications humaines. Les différents types de poteries
renseignent très précisément sur le degré de raffinement des civilisations. La poterie à usage
domestique est faite, dans la plupart des régions, par les femmes et dans le sud par les
hommes. Ouarzazate est une ville importante ainsi que Tamegroute dans la vallée du Draa, où
les poteries sont à dominante verte.µ
Une décoration est souvent appliquée après cuisson, sans engobe, avec un liquide brun fait
d'un mélange de feuilles de lentisques et de gousses de caroubier. La poterie de Fès présente
encore aujourd'hui des caractéristiques de la civilisation Andalouse, dont elle fût l'origine et la
continuation.
Terres cuites d'Afrique
La première histoire de l'Afrique s'est écrite en terre cuite. C'est en terre que sont modelées les
plus anciennes figures retrouvées. Leur grand âge, jusqu'à 3.000 ans pour les plus anciennes.
La terre cuite, vu sa valeur minimale, a rarement été réemployée. Elle avait d'autre part
l'avantage de pouvoir être façonnée à mains nues, sans outils. Pour la cuisson, on avait depuis
des millénaires l'expérience de la poterie utilitaire. Certaines œuvres ont été séchées au soleil,
d'autres, cuites dans les cendres d'un foyer ouvert, à 300° C environ.
D'autres, enfin, à des températures plus élevées, donnant des parois plus durables. Les
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artisans qui ont utilisé pour leurs figurines modelées la même matière que pour leurs poteries
utilitaires : une argile à gros grains. Et certaines statues peuvent atteindre 1,20 mètre, ce qui
suppose une excellente maîtrise des techniques de modelage comme de la cuisson en plein
air. Comme beaucoup de statues sont creuses, le sculpteur a veillé à maintenir sur toute la
pièce une égale épaisseur et a évidé les parties qui auraient pu exploser au feu.
La terre cuite n’est pas uniquement synonyme de récipient, d’objet domestique. Elle se décline
en une infinité de formes, dues à la docilité de l’argile et à l’extraordinaire fantaisie de ses
créateurs. Empreint de sacralité, le réceptacle se déguise et revêt des traits anthropomorphes.
Parfois l’argile prend forme humaine, nous trouble en imitant un visage, et devient portrait. Cet
héritage culturel, dont la force symbolique égale la beauté, offre tout à la fois un parcours
historique et géographique de l’Afrique, une et multiple.
La culture Nok
La civilisation Nok apparaît au Nigeria vers -1000 et s'éteint mystérieusement à la fin du
premier millénaire. On suppose que sa disparition est due à une épidémie ou une famine
dévastatrice. Elle apparaît aujourd'hui avoir été une civilisation très avancée tant sur le plan de
son organisation sociale que de son raffinement à une époque où le reste de l'Afrique
méridionale entre dans l'ère néolithique.
On a, à l'occasion, parlé d'une descendance immédiate avec l'Egypte ancienne ou la Nubie
Antique, ce qui expliquerait en partie la maturité de cette civilisation, considérée comme la plus
ancienne productrice de terres cuites d'Afrique subsaharienne. Les pièces d'art que le temps
nous a conservées, à travers de fastueuses terres cuites, expriment l'avance technologique de
potiers maitrisant l'art du feu et de la cuisson ainsi que la grande qualité des sculpteurs et
artistes.
La culture Nok est la première communauté attestée à travailler le fer en Afrique de l'Ouest.
Les marchands ont probablement commencé à traverser le Sahara dans le courant du -1er
millénaire, avec des chariots tirés par des chevaux. Les populations d'Afrique occidentale
échangeaient de l'or, des esclaves, de l'ivoire et des produits animaliers contre du sel, des
tissus, de la céramique, du verre, des fruits et des chevaux. Impressionnés par cet animal, les
artistes Nok ont d'ailleurs modelé d'étranges statuettes figurant des cavaliers, des dignitaires à
cheval, pièces qui sont aujourd'hui d'une grande rareté et d'une grande valeur sur le marché de
l'art.
Chine
Yangshao
C'est en 1920 que J.-G. Andersson a fouillé un site situé près du village de Yangshao, au nord
du Hénan, non loin du Fleuve Jaune. Depuis, un millier de sites ont été mis au jour, du Liaoning
au Gansu. Les datations au carbone 14 vont de -5150 à -2690. L'analyse des styles de
céramiques a permis de distinguer plusieurs phases.
Toutes les poteries de la culture Yangshao, se caractérisent par leur couleur rougeâtre, sur
laquelle des motifs en noir ou en brun sombre ont été dessinés. Il y a des bols, des jarres, des
cruches et des urnes. La poterie peinte polychrome est caractérisée par des impressions de
vanneries et de cordages (Comme au Japon – les jarres Jômon). Les hommes de Yangshao
disposaient de textiles et de vanneries. Ils cultivaient le millet, ainsi que les choux chinois, avec
un outillage en pierre. Ils élevaient des porcs et des chiens, mais la chasse continuait à jouer
un rôle prépondérant. Leurs villages, très nombreux, étaient ouverts ou entourés d'un fossé,
comme à Banpo, et formés de constructions rondes ou rectangulaires en argile sur des
armatures en bois.
Dynastie Tang
Terre cuite
La dynastie Tang est la treizième dynastie chinoise. Elle succède à la dynastie Sui (581-618).
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Les Tang ont régné de 618 à 907, avec une interruption entre 690 et 705, lorsque Wu Zetian
prit le pouvoir. L'époque Tang, marquée par un certain cosmopolitisme, est particulièrement
brillante sur le plan culturel.
Les objets disposés dans les tombes visaient à fournir aux défunts de quoi leur assurer le
meilleur départ possible pour l'au-delà.
Tapis
Pendant longtemps, la richesse d'une famille berbère se mesurait à l'empilement des tapis
acquis au fil du temps et bienheureuse était celle qui avait en sa demeure un métier à tisser
(menjej). Le métier traditionnel est vertical démontable, qui permet de réaliser des ouvrages au
point noué (zerbiya), des couvertures, des tentures, ou des hanbel et des tapis de selle.
Pazyryck est le nom d'une vallée dans l'Altaï en Sibérie. C'est la région des Kourganes et du
peuple Scythe. Le tapis a été découvert ensemble avec des selles de tissus, des corps
momifiés et des chevaux, sacrifiés au moment de l'enterrement. La région est riche en fresques
et en tumulus de pierres dressés avec gravures. La ressemblance des motifs et de certains
usages comme le tatouage, avec la culture berbère est très étonnante et reste un ?.
Le tissage est né dans un environnement nomade et les tapis avaient une utilité bien précise.
Se sont aussi les nomades qui ont diffusés les cultures. Les tentes nomades étaient renforcées
par des bandes tissées avec les mêmes motifs que les tapis. Toute la sellerie était en tissage.
Au Maroc on distingue quatre zones de productions de tapis: ceux du Moyen Atlas, du Haut
Atlas, de l'Anti Atlas et de la pleine du Haouz.
Les colorants naturels -Rouge: Garance et alun -Rouge vif: Garance et écorce de pommier. Jaune: Écorce de grenade ou fleurs de genêt (achfoud) -Bleu: Indigo - Vert: Teinture bleu
indigo puis jaune à l'écorce de grenade. - Noir: Sulfate de fer et écorce de grenade.
Maroc - Les Tribus
Issue d'un des trois grands ensembles berbères, Masmouda, Zenata et Sanhadja, ou d'origine
arabe bédouine, chaque tribu a développé, au cours de ses pérégrinations, un particularisme
esthétique et technique dans le tissage de ses tapis et couvre-sol. Au Maroc, le tissage est
généralement l'œuvre des femmes. Parmi tous les textiles tribaux, le vocabulaire des tapis du
Maroc est peut-être l'un des plus complexes et des plus riches.
Le travail s'effectue selon un calendrier cérémonial précis.
Une attention particulière est portée à la laine qui, après avoir été soigneusement lavée et
séchée, sera placée dans la réserve.
Quelques semaines après, les femmes procèdent au cardage à l'aide de planches de bois
hérissées de clous avec lesquelles elles étirent et démêlent la laine.
Chants et formules magiques rythment chaque étape afin d'éloigner les djenoun.
Azerbaïdjan
Chirvan - Shirvan
Le tissage des tapis est traditionnellement réservé aux femmes durant l’hiver et en dehors des
périodes agricoles. La laine du printemps (yarpaghi) est utilisée pour les surpiqures et la laine
d’automne (guzem) est utilisée pour la structure et les nœuds. Avant de pouvoir travailler la
laine, elle est d’abord lavée avec de l’eau chaude pour les plus sales. Ensuite la laine est
peignée sur un support à carder plusieurs fois, puis passée dans un rouet pour enrouler les fils
de laine en pelotte. La coloration de la laine est faite à partir de pigments naturels qui varient
donc grandement en fonction des régions de production.
Il existe deux grands types principaux de métiers à tisser : les horizontaux et les verticaux. De
nos jours ce sont essentiellement les métiers verticaux qui sont utilisés (tapis tissé et tapis
noué).
L'école de Quba-Bakou-Chirvan s'étend sur toute la partie nord, nord-est du pays. Les tapis
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sont géné-ralement de plus petite taille. Les nœuds sont relativement denses : 160 000 à 300
000 nœuds par m 2. Les tapis de la région de Bakou sont réputés pour leur couleur vive et la
finesse des détails. Les maîtres tapissiers utilisent environ 10 modèles de composition
représentant des figures géométriques, des mé-daillons et des décorations végétales.
Sumak
Sumak, Zili & Verni se rapproche en tous points de la technique du Kilim en termes de
composition de couleurs et de motifs. Ces tapis ont la particularité d'être réversibles, le motif du
recto est le même que celui du verso. Les zones principales de production sont Shirvan,
Abseron, Qazax et Karabakh.
Iran
Tabriz
Tabriz, au nord-ouest de l'Iran était un centre de production historique de tapis et est une région
bien connue pour ses tapis de cour comme le tapis d'Ardabil. Après le milieu du XIXe siècle,
Tabriz a relancé sa production de tapis et est devenu un centre de production pour l'exportation
vers l'Europe et ailleurs.
Le tapis de Tabriz a une importance particulière. C'est dans les ateliers de la ville qu'ont été
fabriqués les premiers tapis destinés à l'exportation. Après avoir expédié des tapis anciens à
l'étranger, les marchands ont commencé à les produire eux-mêmes dans des ateliers, d'après
les mesures et couleurs commandées par les marchands européens. C'est peut être une des
raisons pour lesquelles ce tapis ne se distinguent pas par une couleur particulière.
Le tapis persan est un élément essentiel et une des manifestations les plus distinguées de la
culture et de l'art persans, dont les origines remontent à l'âge du bronze.
Le luxe auquel est associé le tapis persan fournit un contraste saisissant avec ses débuts
modestes parmi les tribus nomades de Perse. Le tapis était alors l'article nécessaire contre les
hivers rudes. Depuis, il est devenu un mode d'expression artistique par la liberté qu'autorise
notamment le choix des couleurs vives et des motifs employés. Les secrets de fabrication sont
transmis de génération en génération. Les artisans utilisaient les insectes, les plantes, les
racines, les écorces et d'autres matières comme source d’inspiration. À partir du XVIe siècle, la
fabrication des tapis s'est développée jusqu'à devenir un art à part entière.
De nombreux tapis ont été conservés depuis la période Safavide, mais la datation et
l'établissement de la provenance de ces tapis restent très difficiles. Il en subsiste aussi de l'ère
Qajar et Pahlavi en nombre encore plus grand. Les inscriptions sont une indication précieuse
pour déterminer les artisans, les lieux de fabrication, les commanditaires, etc. De plus, une fois
qu'un tapis a été fabriqué et est resté dans un endroit précis, il permet d'identifier les autres
pièces qui lui sont relatives.
Il est généralement accepté que ce sont les Safavides qui ont fait passer le tapis d'une
production artisanale assurée par des tribus nomades au statut d'industrie nationale dont les
produits étaient exportés en Inde, dans l'Empire ottoman et en Europe. L'exportation du tapis a
été florissante à la période safavide vers l'Europe (et aussi via la colonie portugaise de Goa) et
vers l'empire Moghol. Quelques tapis safavides ont aussi été transportés par la VOC vers
Batavia, Ceylan, la Malaisie, Cochin ainsi que vers la Hollande même.
Les tribus nomades et les petits ateliers urbains continuèrent à produire des tapis persans,
même après l'invasion afghane de 1722, qui mit fin au règne de la dynastie Savavide. C'est
avec l'établissement de la dynastie Qadjar (1797) que la production du tapis fleurit à nouveau,
encouragée surtout par la demande locale.
Cachemire
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La réputation du tissage au Cachemire n'est plus à faire. Le cachemire est une fibre animale,
provenant de la laine longue et soyeuse de la chèvre de la province du Cachemire. Il appartient
à la famille des tissus endogènes, dont la production et la fabrication est limitée à la seule zone
géographique d'origine des caprins, soit un territoire qui s'étend du nord du Cachemire indien à
l'extrême est du Tibet chinois. Au Cachemire on utilise aussi de la soie pour le tissage de tapis.
Culture
Danses
L'Ahouach
L'Ahouach est une danse typiquement berbère du grand Atlas et de la région du Souss, c'est
une danse collective binaire célébrant toutes les festivités et moments importants de la vie. Elle
fait partie intégrante de la vie sociale des Imazighen. C'est tout un art musical mariant le
mouvement, le rythme et la voix. Elle est instrumentalisée par les flûtes et les tambourins et se
caractérise par tout un processus d'improvisations poétiques, de chants dialogués et de
percussions.
Ahidous
L'ahidous est une danse traditionnelle des tribus berbères du Moyen Atlas, dans laquelle
hommes et femmes, coude à coude, forment des rondes souples et ondulantes,
accompagnées de chants rythmés par le bendir. La danse est rythmée au tambourin et par des
battements de mains. Les mouvements sont collectifs : c'est un piétinement, un tremblement
qui se propage, entrecoupé d'ondulations larges, coups de vent sur les blés.
Guedra
La guedra est une danse originaire du Sahara. Son cadre musical est composé d'un petit
groupe d'hommes dont l'un d'eux exécute un rythme régulier en frappant sur une poterie. La
danse est effectuée par une femme qui se tient au milieu du groupe de chanteurs. A genoux,
enveloppée dans une étoffe bleue, elle exécute avec sa tête et ses mains la rythmique
endiablée de la guedra.
Fantasia
Au Maghreb, la fantasia désigne différents spectacles équestres traditionnels simulant des
assauts militaires. Elle prend le plus souvent la forme d'évolutions équestres au cours
desquelles des cavaliers, munis de fusils à poudre noire et chevauchant des montures
richement harnachées, simulent une charge de cavalerie dont l'apothéose est le tir coordonné
d'une salve de leurs armes à feu. Elle peut en outre, selon les régions, être exécutée à dos de
dromadaire ou à pied.
Littérature
Les manuscrits du désert
Les manuscrits appartiennent à une période allant de l'an 900 à 1850 et sont de langue arabe,
berbère et peul. Ils sont l'œuvre de lettrés, juristes, poètes, philosophes, caravaniers et savants
de l'époque, appartenant aux grands groupes nomades et sédentaires des cités historiques de
Smara, Chinguetti, Ouadane, Tichitt, Oualata et Tombouctou.
A ce jour, l'UNESCO évalue à 60.000 les manuscrits qui se trouvent encore dans la zone de
Tombouctou. Dans le temps, l'hospitalité était de règle, tout voyageur pouvait consulter la
bibliothèque de son hôte, en faire copier, en échanger ou en acheter. Le savoir de Tombouctou
et Cinguetti était mobile, il circulait d'Andalousie au Nigéria.
Les manuscrits du Draa
Aux premières heures du protectorat français, existait encore, dans certaines synagogues du
Sud Marocain, des manuscrits où se trouvait consignés "L'Histoire du Draa" qui dateraient du
XIIe siècle. Or, peu à peu, les manuscrits des synagogues du Draa ont disparu. Jean Mazel
220
s'est longuement entretenu avec les derniers rabbins du Draa et a consigné les textes suivants
:Le manuscrit Toledano Le manuscrit de Tiliit.
Le manuscrit Toledano
"Les chrétiens du Draa se multiplières et, à la mort de Nabia ou Sif, vint le règne de Jacob
Bahah. Les chrétiens partagèrent alors l'oued Zitoun avec les juifs, moitié par moitié, et ces
derniers l'appelèrent oued Draa et ils partagèrent … Les juifs et les chrétiens s'entendirent
tous. Plus tard, les chrétiens trahirent les juifs et en tuèrent dix à l'intérieur de leur propre pays,
à Rbat el Hdjar (camp des Pierres). Les juifs s'enfuirent et se réfugièrent à Tagmadarit. Aussitôt
que le roi Joseph et son fils Jacob apprirent cet événement, ils sortirent à la tête de leur armée
et rencontrèrent les chrétiens à Tagmadarit. Un grand combat s'engagea et ils tuèrent environ
seize mille guerriers et des vieillards, des enfants et des femmes sans nombre. Les juifs se
réjouirent beaucoup de la mort de leurs ennemis. Et Branès, vizir de Seïta, qui était à l'époque
la reine des chrétiens, mourut dans la ville de Djeblaïn (Deux Montagnes). Les chrétiens qui
restaient se réfugièrent à Goulmassa (Massa)et les juifs occupèrent leur territoire. "Ensuite, les
fils de Jacob et de Samuel les poursuivirent et en tuèrent environ huit mille à Goulmassa. Les
chrétiens se rendirent ensuite dans la ville de Qmat (Ghmat). Quand les juifs connurent ce
refuge, ils les attaquèrent de nouveau à Qmat et tuèrent, parmi ceux qui restaient encore, dans
les huit mille, y compris le vizir. Ceux qui échappèrent s'enfuirent dans leur ville de Fès, où ils
sont encore. "Après, Jacob et Samuel retournèrent à la ville de Rbat el Hdjar à Tamegroute, où
ils furent tranquilles plusieurs mois. Ensuite, ils apprirent que Seïta était revenue et campait au
Foum el Djebel (l'entrée de la Montagne) qui est la ville de Djeblaïn. Ils l'assiégèrent pendant
sept mois et la prirent, elle et ses troupes, et la tuèrent, elle et ses troupes. Les juifs en eurent
enfin terminé avec elle et se reposèrent dans leur ville d'El Hdjar. "Après, vinrent les
musulmans à oued Draa et ils s'installèrent sous la domination juive et ils furent en paix
pendant cent ans."
Le manuscrit Tiliit
"De oued Draa, les chrétiens et les berbères sont partis vers l'Est. Autrefois, oued Draa
s'appelait oued Zitoun. C'est le très ancien pays des enfants de Kouch ben Ham ben Nouah,
lequel a fait appeler les deux montagnes Tazrout. Les enfants de Koush étaient chrétiens et ils
avaient un roi dont l'armée comptait quatre mille hommes, du clan de Kouch ben Nouah. Ce roi
régna sur l'Ouest pendant trois cents ans, puis il s'allia aux chrétiens. Il était à Tazrout où était
Ephraïm, fils de Joseph. Ce roi persécuta Ephraïm, qui dut s'enfuir de pays en pays jusqu'à
Massa, où il resta longtemps, on disait qu'il descendait de Sidna Jacob Ennebi. Quand
Ephraïm mourut, on l'enterra à Tamegroute el Khdim (l'Ancienne). Il laissa douze enfants; l'un
d'eux, Joseph, fils de Jacob, lui succéda. Le frère de Jacob ou Smouyin demeura sous le
commandement de Joseph. "Alors vinrent les chrétiens du cœur de la mer. Ils tuèrent
beaucoup d'entre eux, les vainquirent et prirent leurs troupeaux. Les juifs survivants s'enfuirent
à Oued Zitoun, arrivèrent à Mdint el Hdjar (ville des Pierres), qu'on appelle Tazrout, et y
habitèrent cent ans. "Alors les chrétiens revinrent et s'installèrent dans l'oued Zitoun, où ils
résidèrent cent ans. Joseph Ennebi et Jacob ou Smouyin, son frère, apprirent cela; ils se
battirent; les chrétiens furent vainqueurs et une trêve fut conclue pour sept ans. Quand les sept
années furent écoulées, les chrétiens repartirent chez eux et y devinrent nombreux; le roi
Joseph mourut et son frère Jacob le remplaça. Alors les chrétiens, les juifs et les berbères se
réunirent et se partagèrent l'oued Zitoun, coudée par coudée (draa); c'est à cause de cela
qu'on l'appelle maintenant oued Draa. Tous restèrent de nombreuses années en paix. suivante.
Suite "Puis les chrétiens trahirent les juifs et en tuèrent douze mille, et cela au milieu de leur
pays de Rbat el Hdjar de Tazrout. Quand cette nouvelle parvint aux compagnons de Jacob ou
Smouyin, ceux-ci se réunirent et formèrent une grande armée; ils les attaquèrent à Tamegrout
et tuèrent douze mille guerriers. Alors mourut le chef de l'armée, nommé Bernikh le Guerrier, et
les juifs s'en réjouirent beaucoup, car il avait été leur grand ennemi. Les juifs revinrent alors à
la ville de Djeblaïn, qu'on appelle Zagora. Ils y revinrent, se battirent et les chrétiens tuèrent
huit mille juifs. Puis les chrétiens s'enfuirent jusqu'à Ghmat, les autres à Fès. Alors, Jacob ou
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Smouyin revint à Tamegrout et ils y séjournèrent en paix. Ensuite ils apprirent que Seïta, fille du
roi des chrétiens, était venue à Djeblaïn et y avait bâti Tansita. Elle vint à la ville des Deux
Montagnes, elle encercla les juifs et les musulmans pendant sept mois; les juifs envoyèrent
tuer Seïta et ils furent délivrés. Alors les juifs et les musulmans se réunirent et ils restèrent ainsi
en paix pendant cent ans." Ces deux textes présentent une trame historique commune. Ils
traitent d'une série d'événements échelonnés sur sept cents à sept cent cinquante ans.
(Enigmes du Maroc - Jean Mazel)
L'expression littérature berbère comprend, dans son acception la plus large, toutes les
manifestations littéraires, écrites ou orales, qui sont l'oeuvre des Nord-Africains non seulement
dans leur langue autochtone (le berbère), mais aussi dans les langues qui s'y sont succédé au
cours des siècles, et en particulier le punique, le latin et l'arabe. Bien qu'il ne nous soit parvenu
aucun texte antique en langue berbère, de nombreuses inscriptions ont été retrouvées.
L'inscription connue la plus longue est un texte bilingue numidico-punique que Micipsa, roi de
la Numidie, fit inscrire sur le mausolée dédié à son père, Massinissa, et érigé à Dougga en
-138 BC. Son importance est considérable sur les plans historique et juridique, puisqu'il permet
de connaître les principaux titres et fonctions municipaux des villes numides de ce temps.
Aucun texte littéraire punique est parvenu jusqu'à nous, mais Salluste parle de "livres
puniques" et des textes du roi Hiempsal II.
Littérature en latin
De nombreux auteurs berbères composèrent des œuvres en langue latine dont les plus
importants sont : Augustin d’Hippone, Apulée, et Tertullien. C’est surtout Apulée (Apuleius Algérie né en +123), écrivain et brillant orateur, revendique ouvertement ses origines numides.
Certains de ces livres, comme “L’Âne d’Or” sont basées sur l’ancienne littérature orale berbère.
Augustin d’Hippone, né aussi en Algérie le 13/11/354, évêque d’Hippone, il a été le penseur le
plus lu au Moyen-Âge et a influencé toute l’histoire de l’Eglise médiévale. Avant sa conversion
au catholicisme, il était Manichéen.
Littérature berbère au Moyen-Âge
C’est surtout durant le Moyen-Âge que se développa une littérature berbère, surtout dans deux
aires de l’Afrique du Nord : dans la partie orientale, les ibadites en Algérie, Libye et Tunisie, et
dans la partie occidentale, partout au Maroc, où une tradition écrite se perpétua sans
interruption jusqu’à nos jours.
Ibn Battuta
Né à Tanger le 24/02/1304 et mort à Marrakech en 1377. De souche berbère Luwata (qui font
parti des peuples Zénètes), cet explorateur exceptionnel a parcouru 120000 kilomètres en 29
ans. Ses écrits ont été compilés par Ibn Juzayy en un livre "Tuhfat al-Nuzzar. Lors de ses
voyages il utilisa souvent les caravanes commerciales. Il a visité le Mali, l'Egypte, toute l'Afrique
du Nord, la Syrie, la Palestine, la Bulgarie, la Russie, la Mecque (plusieurs fois), l'Irak, la Perse,
le Yémen, Oman, l'Anatolie, l'Asie Centrale, l'Inde, les Maldives, Ceylan, le Bengale, Sumatra,
la Chine et l'Andalousie.
Zaouïas - Manuscrits
Aux confins des montagnes arides et des steppes désertiques du Sud marocain sont
disséminées des bibliothèques d’anciens manuscrits aux pouvoirs édifiants. Parés d’un
prestige considérable, assimilés à une ressource naturelle à haute valeur matérielle, les
manuscrits suscitent prédation et convoitise. Ce sont pour cette raison des objets
précautionneusement conservés, protégés et cachés. La transmission de leur contenu doit
rester un mystère, et leurs savoirs sont soigneusement dilués dans les vers poétiques du
maître.
Dans tout le Maroc, le Souss (région de l’Anti-Atlas), le Draa et le nord du Sahara sont connus
pour leur richesse incomparable en matière de sources écrites du savoir. Le savoir lettré est
contenu dans des manuscrits anciens qui portent sur des domaines aussi divers que le
222
soufisme, la logique ancienne, l’algèbre, la médecine, la poésie, la grammaire, l’astronomie, le
droit, etc. Le Maroc possède plusieurs centaines de milliers de manuscrits, principalement en
arabe (mais aussi en hébreu), dont des dizaines de milliers d’ouvrages répartis dans plus d’une
centaine de bibliothèques du Souss.
La situation du patrimoine écrit des bibliothèques sacrées du Sud marocain est aujourd’hui des
plus paradoxales : une large communauté d’experts, reconnaissent la valeur inestimable de
ces manuscrits mais aucune action approfondie ni durable n’a été à ce jour mise en œuvre
pour les restaurer, les traduire et les révéler. Pourtant, de nombreuses menaces pèsent sur leur
survie : leur pillage par des revendeurs, leur destruction par des mouvements extrémistes
religieux, leurs mauvaises conditions de conservation par manque de moyens financiers...
au Sahara, les écrits continuent de circuler d’un centre religieux à un autre, d’une bibliothèque
privée à une autre – certains, on l’a vu, sont même en mouvement permanent au sein des
bibliothèques de nomades caravaniers portées à dos de chameaux. La tribu maraboutique
Ouled Bou Sbah détient par exemple une collection contenant des ouvrages aussi riches et
divers qu’un traité sur l’origine des langues sacrées, un manifeste contre le wahhabisme ou
encore un manuscrit sur les recettes contre les insectes bibliophages. Nomadisant de centres
de savoir en centres de savoir par-delà les frontières, de Sidi Ifni à Tombouctou, leurs ancêtres
ont accumulé un véritable patrimoine universel du savoir lettré de nombreux mythes circulent
sur l’existence de livres précieux enfouis dans les ruines ou les tombes de lieux solitaires.
Eugène Delacroix au Maroc
Ferdinand-Victor-Eugène Delacroix, né le 26 avril 1798 à Charenton-Saint-Maurice (Seine),
mort le 13 août 1863 à Paris, est un peintre majeur du romantisme en peinture, mouvement
arrivé en France au début du XIXe siècle.
Ce voyage au Maroc d'une mission diplomatique commença avec le mouillage de "La Perle"
dans le port de Tanger le 24 janvier 1832. La mission débarque le 25 janvier 1832. Delacroix
dessine des femmes et des jeunes filles arabes et juives à Tanger et assiste à une noce juive le
21 février 1832. La mission doit attendre la fin du Ramadan avant de pouvoir rencontrer le
sultan Abd-er-Rahman. Ce le 5 mars seulement que la délégation part pour Meknès,
accompagnée d'une escorte et d'un pacha pour chaque étape.
Ils passent par Ksar el-Kebir, lieu de la Bataille des Trois Rois. La délégation est attaquée près
de l'Oued Fouarate.
Le 10 mars, le départ est différé à cause d'un malaise du peintre. Le 11 mars ils longent le
Sebou, le 13 ils sont à Sidi Kacem et le 14 devant Moulay Idriss Zerhoun. Ils arrivent le 15 mars
enfin à Meknès et assistent à de grandes fantasias. Le départ de Meknès est donné le 5 avril et
la mission reprend a peu près le même chemin.
Le manuscrit de Voynich
Le manuscrit de Voynich est un livre manuscrit illustré anonyme, rédigé à partir d'un alphabet, à
ce jour inconnu.
Malgré les nombreuses tentatives des cryptographes, la nature exacte de ce document, son
but et son auteur, restent une énigme : s'agit-il d'un herbier ou d'un traité d'alchimie ? Cette
ambiguïté a contribué à en faire l'un des documents les plus célèbres de l'histoire de la
cryptographie.
Le livre tire son nom de son inventeur, Wilfrid M. Voynich, qui l'a découvert en 1912 dans une
communauté de jésuites à Frascati, près de Rome.
Un dessin circulaire dans la partie astronomique montre un objet de forme irrégulière avec des
extensions courbées, dont certaines ont été interprétées comme des images de galaxie,
visibles seulement à l'aide d'un télescope (en fait cette image est inspirée par une enluminure
qui figure dans le Traité de la sphère de Nicole Oresme de 1400-1420, folio 23r).
La plus ancienne mention connue de ce manuscrit date de 1639, dans une lettre à Athanasius
223
Kircher. Depuis 1969, le manuscrit est conservé sous la cote MS 408 à la Bibliothèque
Beinecke de livres rares et manuscrits de l’université Yale aux États-Unis.
Selon une étude publiée en 2011 par un chercheur de l'Université d'Arizona, portant sur la
datation par le carbone 14 du parchemin, le vélin a été fabriqué entre 1404 et 1438, invalidant
de fait toutes les thèses qui depuis un siècle estiment Roger Bacon († 1294) comme l'auteur
probable du manuscrit.
Le codex est constitué de 234 pages de 15 cm de large et 23 cm de haut. Le manuscrit est en
vélin (peau de veau mort-né, particulièrement fine, travaillée en parchemin de qualité
supérieure).
Malgré sa fabrication au tout début du XVe siècle, le livre n'apparaît dans l'histoire qu'un siècle
plus tard. Dans sa lettre du 19 août 1665 à l'attention d'Athanasius Kircher, Jan Marek Marci
indique que le livre avait été acheté par Rodolphe II du Saint-Empire († 1612).
Néanmoins, le propriétaire officiel le plus ancien de ce manuscrit a été trouvé grâce à la
correspondance de Kircher. C'était un certain Georg Baresch, un alchimiste qui vivait à Prague
au XVIIe siècle.
Après la mort de Baresch, le manuscrit passa à son ami Jan Marek Marci (Johannes Marcus
Marci), alors proviseur à l'Université Charles de Prague, physicien, mathématicien, orientaliste,
il avait travaillé avec Kircher à Rome. Il était alors officiellement physicien de l'Empereur
Ferdinand III. Il envoya le livre à Kircher, son ami de longue date et correspondant.
On perd ensuite la trace du livre pendant deux siècles, mais selon toute vraisemblance, il était
conservé comme le reste de la correspondance de Kircher, dans la bibliothèque du Collège
romain, actuelle Université pontificale grégorienne. Vers 1912, le collège romain décida de
vendre, très discrètement, quelques-uns de ses biens. Wilfrid Voynich acheta 30 manuscrits,
parmi lesquels celui qui porte maintenant son nom. Il finira à l'Université de Yale en 1969.
Comme l'alphabet du manuscrit ne ressemble à aucun autre et que le texte est toujours
indéchiffrable, les seuls signes reflétant son ancienneté et son origine sont les illustrations,
spécialement les robes et les coiffures des personnages, ainsi que deux châteaux apparaissant
dans les schémas. Ils sont caractéristiques du style européen et, se basant sur ce fait, les
experts datent le livre sur une période comprise entre 1450 et 1520. Cette évaluation est
confortée par des indices complémentaires de l'analyse carbone 14, effectuée en 2011.
Les considérations astrologiques ont souvent joué un grand rôle dans la cueillette des herbes,
la saignée et d'autres procédures médicales répandues à l'époque supposée de la rédaction du
texte (voir, par exemple, les livres de Nicholas Culpeper). Cependant, à part les signes
zodiacaux évidents et un schéma semblant représenter les planètes, personne n'a encore été
capable d'interpréter les illustrations au moyen des traditions astrologiques connues
(européennes ou autres).
Le manuscrit de Voynich pourrait être une recette médiévale pour créer la pierre philosophale,
c’est-à-dire l'élixir de longue vie. Les liens alchimiques vulgaires (crapauds, aigle, etc.) n'ont
pas de sens ici. Les représentations sont claires. Les fluides de jeunes vierges desquelles on
récupère les « humeurs vitales », la concoction à base de plantes censées être mystérieuses,
rares ou inconnues, et la position astrologique optimale concourent simultanément à la réussite
de l'élixir de longue vie.
Le Dr Arthur Tucker déclare que 37 plantes au moins sur les 303 auraient poussé dans la
région aux 15ème et 16ème siècles et il pense que le texte est, de ce fait, écrit dans une
langue aztèque, le nahuatl.
Les chercheurs ont relié 37 des 303 plantes du manuscrit aux illustrations des anciens livres
mexicains traitant de la botanique du Texas, de la Californie et du Nicaragua.
Si le texte est écrit dans le langage nahuatl, les botanistes prétendent qu'ils peuvent retrouver
224
le nom des plantes du manuscrit et qu'ils pourraient les utiliser pour former un code de base à
partir duquel ils décoderaient le reste du texte.
Musique
Les instruments
La musique berbère accompagne les danses et les chants au son des percussions, mêlant aux
rythmes ancestraux quelque chose de sensuel et de sacré que l'on retrouve dans les "haïdous"
et les "ahouach". Le ghayta est un hautbois de deux tuyaux et la nira est une flûte à anche. La
gembri est la forme première du luth à deux ou trois cordes. Les derboukas sont des
tambourins en poterie, les tebilat sont des tambourins jumelés.
Gnaoua
D'origine malienne, ils auraient été amenés à travers le désert en longues caravanes par les
recruteurs de Moulay Ismaël. Le fondateur de la secte, Sidi Bilal al-Habbachi, muezzin de la
mosquée de Médine aux temps du Prophète. A part leurs talents musicaux, ils sont experts en
magie. Leur musique, à base de percussions, vie aux pulsations d'Afrique et sont les vedettes
du Festival Gnaoua d'Essaouira.
El Andalous
La musique andalouse est l'héritière de la musique afro-berbère du Maghreb et de la tradition
musicale arabe transmise au IXe siècle de Bagdad (Abbassides) à Cordoue et Grenade grâce
notamment à Abou El Hassan Ali Ben Nafiq ou Ziriab. Elle se joue avec le Tar (tambourin), les
naqarat (timbales), la darbouka, l'Oud, le Rabab, la Nay et le Qanoun. Le Rabab ou Rebab se
joue avec son archet (Qus) et les cordes ne sont pas pressées sur une touche mais crochetées
avec les doigts.
L'Afrique à deux pas
Le xylophone,d'origine africaine IXe siècle, est constitué de lames de bois ou de métal de
différentes longueurs extensibles qui sont frappées au moyen de mailloches terminées par une
sphère parfois recouverte de caoutchouc ou de feutre. L'accordage des lames se fait
différemment suivant les époques et les lieux surtout.
Charmeurs
Impossible d'oublier le son de la Ghayta des charmeurs de la place Djamaa El Fna de
Marrakech. Ce métier est pourtant en voie de disparition, faute d'acteurs...
La Ghayta (ou la Zurna) est fabriquée en bois de mûrier, de buis ou d'abricotier. La perce est
cylindrique pour la partie supérieure, conique pour le pavillon et rappelle son ancêtre, la corne.
Elle a huit trous (dont un pour le pouce et un d'accord). Un petit tuyau de bois fendu est inséré
dans le conduit principal afin de guider l'air et afin d'en obturer certains trous éventuellement.
L'anche double amovible en roseau plié est fixée à un support de métal, qui lui-même est fixé
sur une rondelle protectrice en bronze.
Tinariwen
Tinariwen; du tamasheq, “les déserts”, pluriel de : ténéré) est un groupe de musique , originaire
de Tessalit au nord-est du Mali, dans l'Adrar des Ifoghas. Leur musique, assouf, qui signifie en
tamasheq la solitude, la nostalgie, fait la synthèse entre le blues, le rock et la musique
traditionnelle touarègue. Les deux leaders du groupe sont Ibrahim ag Alhabib « Abraybone » et
Alhousseini ag Abdoulahi « Abdallah », mais il faut considérer Tinariwen comme une grande
famille d'artistes touaregs, un mouvement culturel et un courant musical. Leur premier album
The Radio Tisdas Sessions enregistré en deux jours à Kidal grâce à l'énergie solaire, par Justin
Adams et les Lo'Jo sort en 2000. C'est avec Amassakoul édité en 2004, que leur renommée
atteint une dimension internationale. La sortie de cet album est un réel succès, le groupe fait
figure d'ambassadeur des Touaregs à travers le monde grâce à leurs tournées en Europe, aux
États-Unis, au Canada, en Asie. Leur troisième album Aman Iman, paru en 2007, a confirmé la
225
renommée du groupe. Tinariwen a également reçu le soutien de grands noms du rock tels
Robert Plant de Led Zeppelin.
Imzad
l'imzad est tenue avec une extrême délicatesse. Lorsque l'imzad vibre, on dit "yantakq" : cela
veut dire qu'il parle. Cet instrument est réservé aux femmes, jamais un homme ne jouera de
l'imzad:ça porte malheur, dit-on !
Il est interdit de parler et seul le son de la voix d'un homme est admis à chanter sur l'air que cet
instrument entonne au gré de l'inspiration de la maîtresse de scéance. Profondément ancré
dans la culture locale, l’imzad se joue dans de grandes occasions telles que les mariages. Les
peintures rupestres qui représentent des instruments à corde unique et à archet dans la région
de l’Ahaggar témoignent de sa présence immémoriale dans la région.
Loreen - Eurovision 2012
Loreen, de son nom complet Lorine Zineb Noka Talhaoui, née le 16 octobre 1983 à Stockholm
en Suède, est une chanteuse suédoise d'origine marocaine. Elle a gagné le concours
Eurovision de 2012 avec sa chanson Euphoria. Ses parents sont d'origine berbère marocaine.
Elle est née dans la capitale suédoise et a passé son enfance à Västerås.
Son titre Euphoria est un succès en Scandinavie, en Allemagne, en Autriche, en Suisse et aux
Pays Bas. Ses scènes chorégraphiques étaient d'une extrême beauté et d'une très grande
sensibilité, du jamais vue en Eurovision.
Son premier album Heal est sortie le 24 octobre 2012. Deux semaines après sa sortie HEAL
est classé dans le top 10 dans 14 pays pays d'Europe.
Cinéma
Dans les années 1960, Ouarzazate commence à devenir un lieu de tournage très prisé des
réalisateurs de péplums et assoit sa popularité avec la réalisation de Lawrence d'Arabie en
1962, tourné notamment sur le site d'Aït-Ben-Haddou.Avec ses paysages magnifiques au cœur
du désert, sa diversité ethnique et une lumière exceptionnelle, Ouarzazate s’est transformée en
une Cité du Cinéma avec l’installation de trois studios cinématographiques, les Studios Atlas,
les Studios Kanzaman et CLA Studios.
Des réalisateurs reconnus mondialement (entre autres : David Lean, Bernardo Bertolucci,
Martin Scorsese, Ridley Scott et Oliver Stone) sont en effet venus à Ouarzazate pour tourner
des scènes de leur film, profitant des décors naturels de la région et pour recruter des milliers
de figurants.
Outre les paysages, l'un des atouts cinématographiques de ce lieu est la qualité de la lumière,
avec un soleil brillant en moyenne 300 jours par an.
Tournages au Maroc :
- Ali Baba et les quarante voleurs (1954)
- L'homme qui en savait trop (1956)
- Lawrence d'Arabie (1962)
- Sodome et Gomorrhe (1962)
- Cent mille dollars au soleil (1964)
- Œdipe roi (1967)
- Patton (1970)
- L'Homme qui voulut être roi (1975)
- Banzaï (1983)
- Le Vol du sphinx (1984)
- Harem (1985)
- Le Diamant du Nil (1986)
- Tuer n'est pas jouer (1987)
- La Dernière Tentation du Christ (1988)
- Un thé au Sahara (1990)
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- Kundun (1997)
- Le Légionnaire (1998)
- La Momie (1999)
- Gladiator (2000)
- Spy Game, jeu d'espions (2001)
- Alexandre (2004)
- Kingdom of Heaven (2005)
- Babel (2006)
- Indigènes (2006)
- La colline a des yeux (2006 - 2007)
- Mensonges d'État (2008)
- Prince of Persia (2010)
- Les Chemins de la liberté (2010)
- Le Trône de fer - Saison 3 (2012)
Karim Abouobayd
Karim Abouobayd est l’un des producteurs marocains les plus talentueux et les plus
expérimentés de l’industrie cinématographique nationale. Débutant dans le domaine il y a plus
de trente ans, son expérience, dans les différents départements de production pour lesquels il
a travaille contribue à faire de lui aujourd’hui un producteur de renommée internationale. En
1998, il crée, avec ses deux associés Ahmed Abounouom et Abdelhafid Balfrej, la société de
production et de services audiovisuels Dune Films.
Collaboration à la production de :
- La Momie de William Friedkin
- Alexandre de Oliver Stone
- Kingdom of Heaven de Ridley Scott
- Spy Game de Tony Scott
- Babel de Alejandro González Iñárritu
Production films marocains :
- Abdou chez les Almohades de Saïd Naciri
- Le Clandestion de Saïd Naciri
- Un Marocain à Paris de Saïd Naciri.
Nour-Eddine Lakhmari
Nour-Eddine Lakhmari est incontestablement une des figures les plus représentatives de ce
cinéma nouvelle génération. Le moins conformiste des cinéastes marocains, formé à l'école
norvégienne, se dit allergique aux films romantiques. Son film Casa Negra avait suscité une
forte polémique au Maroc. Avec "Zéro" il a participé au Festival International du Film de
Marrakech en 2012.
L'actrice Fatym Layachi :
"Je suis berbère. J’aime cette culture. J’aime son histoire. J’aime que amazigh veuille dire
homme libre".
Née à Casablanca le 24 Octobre 1983 à casablanca. Après ses études de lettres à la
Sorbonne, elle étudie l'art dramatique au cours Florent. Elle débute sa carrière avec le film
"Une histoire d'amour" de Hakim Nouri en 2002. Deux ans plus tard, elle tourne dans Marock,
le film de Laila Marrakchi qui sera sélectionné au festival de cannes dans la catégorie un
certain regard.
Films de Nabil Ayouch :
- Mektoub
- Vendeur de Silence
- Les Pierres Bleues du Désert
- Ali Zaouia, prince des rues
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- Les Chevaux de Dieu
Avec son film "Les Chevaux de Dieu" il a participé au Festival de Marrakech 2012.
Prettylook Edito
Les premières études pour la conception du site Atlas Igoudar ont débutées le 24 février 2012.
Au départ il était question de faire une présentation sur les Igoudar du Maroc, d'Afrique et des
Iles Canaries. Le sujet a été élargi à l'histoire de l'architecture et de la culture en général,
puisque tout est lié.
Une synthèse sur la naissance de l'univers, sur la première vie sur Terre, et sur l'évolution des
espèces me semble un ajout digne d'intérêt et pour fermer la boucle quelques pages
d'actualités concernant des sites détruits ou en péril.
Version 2014 - Agadir, le 23/08/2014 - Yves Moulart.
Remerciements
En premier lieu, merci à Hassan Amsrouy qui est l'instigateur du site et qui a rendu possible
son bon déroulement grâce à sa contribution morale et financière. Merci à l'architecte Salima
Naji, à Malika Hachid, à Jacques Gandini et Michel Terrier pour l'utilisation de certaines de leurs
images ou de leurs textes. Merci à Malika et Jamal Moussali, pour leur chaleureux accueil à la
Maison d'Hôtes Tizourgane Kasbah lors du reportage, leurs bons conseils et pour le partage de
leur savoir sur l'histoire des Igoudar.
Bibliographie
(1) Les agadirs de l'Anti Atlas occidental - Herbert Popp / Mohamed Aït Hamza / Brahim El
Fasskaoui
(2) Le Maroc saharien des origines à 1670 - Djinn Jacques-Meunié (Germaine-Amélie Popelin)
(3) Kasbahs berbères - Henri Terrasse
(4) Greniers collectifs de l'Atlas - Salima Naji
(5) Un magasin collectif de l'Anti Atlas - Agadir des Ikounka - 1929/1930 - Robert Montagne
(6) Tissint Une Oasis du Maroc Présaharien - Collectif - Al Biruniya
(7) Les Premiers Berbères - Malika Hachid - Edi Sud
(8) Enigmes du Maroc - Jean Mazel - Robert Lafond
(9) Maroc Millénaire - Henri J.Hugot / Max Bruggmann - Bibliothèque des Arts
(10) 6000 ans d'Arts au Maroc - Collectif - Paris Musées
(11) Empires et Barbaries - Pierre Lévêque - LP 444
(12) Histoire du Maroc - Collectif - Hatier
(13) Chroniques Maritimes - Tome 1 et 2 - Abdelkader Timoule
(14) Ibn Khaldoun - Yves Lacoste
(15) La maison d'Illigh - Paul Pascon - Smer
(16) Gens des Nuages - Le Clézio - Folio 3284
(17) Léon l'Africain - Amin Maalouf - LP 6359
(18) Citadelles du Désert - Philippe Lafond - Nathan Images
(19) Aït Imi - Michel Teuler - Edition Soden
(20) Approches du Maghreb Romain - Tome II - Paul-Albert Février - Al Kalam
(21) Tinmel - L'Epopée Almohade - Fondation ONA
(22) L'Habitat Fortifié au Maroc - Yassir Benhima
(23) Maroc - Grands Reportages N°208
(24) Les origines des langues - Les Cahiers de Science & Vie N°118
(25) Peuples mystérieux - Sciences et Vie N°163
(26) Cités Perdus - Sciences et Vie N°769
(27) Naissance de la Médecine - Les Cahiers de Science & Vie N°121
(28) Egypte - Sciences et Avenir N°165
(29) Tunisie - Geo Hors Série
(30) Chevaux et Cavaliers du Monde - Geo Hors Série
(31) Du Signe à l'Image - Le Tapis Marocain - Lak International
(32) Tapis de Tribus - Musée du Tapis et des Arts Textiles Clermont-Ferrand - Edisud
(33) Zillij - The Art of Moroccan Ceramics - John Hedgecoe & Salma Samar - Garnet
(34) Medersa de Marrakech - Hamid Triki et Alain Dovifat - Eddif
(35) La Colline des Potiers - Lak International
(36) Le Henné - Michèle Maurin Garcia - Eddif
(37) Villages et sites-refuges du Souss et de la région d'Igherm - Jean-Pierre Van Staëvet et
Abdallah Fili - revues.org
(38) Nomadisme préhilalien au Maghreb VIIIe - XIe siècle - Yassir Benhima - revues.org
(39) Léon l'Africain - Amin Maalouf - LP 6359
(40) Les croisades vues par les Arabes - Amin Maalouf - J'ai Lu 1916
(41) Les premiers sultans Mérinides - Ahmed Khaneboubi - L'Harmattan
(42) Gens des Nuages - Jemia et JMG Le Clézio - Folio 3284
(43) Les Corsaires de Salé - Roger Coindreau - La Croisée des Chemins
(44) La Bataille des Trois Rois - Younes Nekrouf
(45) Jugurtha - Jamila Lahlou - Guessous
(46) 1492 - Jacques Attali - LP 9563
(47) L'artisanat créateur - Dessain et Tolra / Almadariss
(48) Les plantes médicinales du Maroc - Abdelhaï Sijilmassi - Le Fennec
(49) Tizerzaï, la fibule au Maroc - I. Marchesani / F. D'Alessandro / M. Othmani - Sicopa
(50) D'où venons nous ? - Science & Vie N° 1113
(51) Odyssée de l'espèce - Geo N° 310
(52) Le tapis chrétien oriental - Volkmar Gantzhorn - Tachen
(53) Le tapis oriental - Volkmar Gantzhorn - Tachen
(54) Maroc Faune & Grands Espaces - Ph. Ploquin - Fr. Peuriot et Joudia Hassar-Benslimane Daniel Briand
(55) Maroc - Guides Gallimard
(56) Citadelles du désert - Philippe Lafond - Nathan Images
(57) Aït Imi - Michel Teuler / Driss Chaïbi - Soden
(58) Imaoun - Susan Searight - Les cahiers de l'AARS N°5 Avril 1999
(59) L'homme Nomade - Jacques Attali - LP 30312
(60) Chemins de sagesse - Jacques Attali - LP 14547
(61) Le matin des magiciens - Louis Pauwels / Jacques Bergier - Folio 129
(62) Enthéogènes et Préhistoire - Giorgio Samorini - Bulletin Association Entrevalèse de
Mycologie
(63) L'art rupestre et le chamanisme - Jean Clottes - www.clio.fr
(64) Plantes hallucinogènes et phénomène religieux - Vincent Wattiaux
(65) Chamanisme & ADN - Les Plantes Enseignantes - Romuald Leterrier
(66) Les matières picturales de la grotte d'Ekain - E. Chalmin - M. Menu - J. Altuna
(67) Aux sources de la civilisation européenne - Henri-Jean Martin - LP 31647
(68) Mondes perdus- Les cahiers Science & Vie - N° 130
(69) Le Sahara - 5.000 ans de géopolitique - l’Histoire - Les Collections Jan. / Mars 2013
(70) Essai sur l’origine des langues - Jean-Jacques Rousseau - Folio Essais 135
(71) Le chaos et l’harmonie - Trinh Xuan Thuan - Folio Essais 366
(72) La mélodie secrète - Trinh Xuan Thuan - Folio Essais 163
(73) Les voies de la lumière - Trinh Xuan Thuan - Folio Essais 507
(74) Le paysage cosmique - Leonard Susskind - Folio Essais 510
(75) Le Big Bang - Joseph Silk - LP 20
(76) Avant le Big Bang - Igor et Grichka Bogdanov - LP 30564
(77) L’aventure des langues en Occident - Henriette Walter - LP 14000
(78) Les Manuscrits de la mer Morte - Farah Mébarki - Emile Puech - LP 30137
(79) Le mur du Temps - Ernst Jünger - Folio Essais 249
(80) Le mythe de l'éternel retour - Mircea Eliade - Folio Essais 120
(81) Aspects du mythe - Mircea Eliade - Folio Essais 100
(82) La philosophie éternelle - Aldous Huxley - Points Sagesses Sa11
(83) Structure de l’art et structure de l’esprit - Emmanuel Anati - www.cairn.info
(84) Science & Vie - L’Intelligence des Plantes - Mars 2013 N° 1146
(85) Le rêve mexicain - JMG Le Clézio - Folio 178
(86) Carnets sahariens - Frison-Roche - J’ai Lu 866
(87) Bélier à sphéroïde - Gravures rupestres - G. Camps - revues.org
(88) Abeilles - Science & Vie - Juillet Août 2013 N° 175
(89) De la Vie au cœur de la Terre - Science & Vie Août 2013 N° 1151
(90) Les plantes qui sougnent - Geo Août 2013 N° 414
(91) Pêcheur de Lunes - Jean Raspail - J’ai lu N° 3087
(92) Le cinquième rêve - Patrice Van Eersel - LP 11
(93) Science & Vie N°1159 - Sapiens n'a rien inventé
(94) Sciences et Avenir N°805 - Teotihuacan
(95) Les Cahiers de Science & Vie N°146 - Les Celtes
(96) Art et Architectures Berbères du Maroc - Salima Naji
(97) Les Cahiers de Science & Vie N°148 - Les cités de l'extrême
(98) Science et Avenir N° 179 - 2014 - Les Champignons
(99) Nat Geographic N° 184 - 2015 - Grotte Chauvet
(100) Les Cahiers de Science & Vie N° 150 - Les premiers savants
(101) Les Cahiers de Science & Vie N° 151 - Climat & Histoire
(102) Sciences et Avenir N°818 - Destructions
(103) Sciences et Avenir - N°181 - Génie des animaux
(104) Les Cahiers de Science & Vie N°154 Chine
(105) Les Cahiers de Science & Vie N°155 Naissance des villes
(106) Sciences et Avenir 831 - Comment la Vie est apparue
(107) Geo Histoire 28 - Les Celtes
Internet
Jacques Gandini : http://tumulus.maroc.free.fr
Jacques Gandini : http://www.prehistoire-du-maroc.com
Centre International des Monuments et des Sites : http://www.icomos.org/fr/
Architecte Salima Naji : http://www.salimanaji.org
Et : Google, Wikimédia et Wikipédia - Pour une réponse à toutes les questions
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