Comex - Guides Mondeos - Égypte

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Comex - Guides Mondeos - Égypte
GUIDES MONDEOS
Egypte
L’essentiel du voyage
GUIDES MONDEOS
Egypte
par Gwenaëlle LENOIR
Les Editions Comex
Symboles
Sites, monuments, musées
Nos coups de cœur
A ne pas manquer
Suivez le guide!
Idées de promenades et visites hors des sentiers battus
Distance entre l’aéroport et le centre-ville
Temps de trajet
TAXI
Hôtels
Prix de la course en taxi
Très grand luxe
Grand luxe, très confortable
Bon confort
Simple et confortable
Restaurants
Très bonne table. Prix élevés
Bonne table. Prix abordables
Table simple. Bon marché
© Les guides MONDEOS
Titres de la collection : Baléares, Canada, Canaries, Caraïbes, Cuba, Egypte,
Etats-Unis côte est et sud, Grèce, les îles et la Crète,
Maroc, Mexique et Guatemala, Océan Indien,
République Dominicaine, Sénégal, Thaïlande, Tunisie.
A paraître :
Etats-Unis côte ouest et centre, Israël, Turquie…
Création : Alex Gulphe. Crédit photos : Jean-Luc Bovot, Patrick Chapuis, Michel Verdure, Bureau du
tourisme égyptien, Digital Stock Photos, Photosphère, Slides Pro, groupe Accor.
Affiches : droits réservés. Cartographie : Atelier bordelais de cartographie, les Editions Comex.
Le contenu des annonces publicitaires insérées dans ce guide n’engage en rien la responsabilité
de l’éditeur. Les erreurs ou omissions involontaires qui auraient pu subsister dans ce guide, malgré
nos soins et les contrôles de l’équipe de rédaction, ne sauraient engager la responsabilité de l’éditeur.
© LES EDITIONS COMEX
116, rue de Charenton - 75012 Paris.
Tél. : 01 43 79 49 09 - Fax : 01 43 79 55 48
email : [email protected]
Les éditions Comex et les guides Mondéos sont des marques déposées.
Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés pour tous pays.
Dépôt légal : 4e trimestre 1998
ISBN : 2-912502-09-8
ISSN : 1279-7898
Imprimé en France.
Sommaire
Introduction
4
Partir
Comment partir? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
Avant de partir . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
Le B.A.BA de l’A B C . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
Un pays, une histoire, des hommes
Géographie, faune et f lore
Carte d’identité du pays
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
Les clés du passé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
Regards actuels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
Se déplacer de ville en ville
Le Caire et ses environs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
Moyenne-Egypte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
Haute-Egypte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
Le delta du Nil et Alexandrie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
Le canal de Suez et la mer Rouge . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
Le Sinaï . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
Les oasis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
Carnet d’adresses
Le Caire et ses environs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
Louxor . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
Assouan et Abou Simbel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
Hurghada . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
Sharm el-Sheik . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
En savoir plus
Lexique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
Bibliographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
Carte de l’Egypte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100
Index . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102
Introduction
Sabah
el-kheir
Q
ui a bu
l’eau du Nil
reviendra
sur ses rives,
prétend un proverbe
égyptien. Et nul ayant goûté
l’eau du fleuve nourricier,
divinité antique et veine
vitale de l’Egypte, ne le
démentira. Car tous y
retournent effectivement,
un jour ou l’autre.
4
Bien sûr, il y a les merveilles de la civilisation
pharaonique, les fresques des sépultures
royales, la magie des
temples et des monuments funéraires, la ronde des divinités, l’éclat des bijoux de Ramsès
II. De ces rêves de notre enfance,
de ces trésors mythiques et toujours mystérieux, ni le regard ni
l’âme ne se lassent.
Il ne faut pas, pour autant, passer à côté de l’Egypte actuelle, pays
vivant riche de son histoire millénaire, de ses cultures mêlées et de
ses soixante millions d’habitants.
Douceur des paysages verdoyants du delta et de l’étroite vallée
du Nil, flamboiement du désert et
des falaises de pierre ocre au coucher du soleil, luminosité bleutée
des eaux du fleuve, gigantisme de
la capitale, qui ne s’endort jamais
totalement, langueur des villages
quand les paysans sont aux champs
et, partout et toujours, accueil souriant et chaleureux des habitants :
qui saura résister à l’Egypte?
Partir
Comment partir?
Avant de partir
Le B.A.BA de l’A B C
.........
6
...........
8
.....
12
Comment
partir?
En avion
jours sauf le mardi, ainsi que vers
Louxor le week-end (départ d’Orly-Sud
en semaine, de Roissy le dimanche).
Vols réguliers
Air France assure une liaison quotidienne Paris/Le Caire au départ de
l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle-2.
Durée du vol : 4 h 30
Renseignements et réservations :
08 02 80 28 02
Par Minitel : 3615 ou 3616 code AF
Egyptair
(compagnie nationale égyptienne)
1 bis, rue Auber, 75009 Paris,
tél. : 01 44 94 85 00.
Vols à destination du Caire tous les
Vols charters
Des vols charters sont organisés au
départ de Paris, Lyon, Marseille et
Toulouse à destination du Caire, de
Louxor, Hourghada et Sharm elSheikh. Renseignez-vous auprès de
votre agence de voyages.
Au départ de la Belgique
Egyptair assure deux vols par
semaine Bruxelles-Le Caire (les vendredi et dimanche).
Egyptair à Bruxelles : 4, bd EmileJacquemain, tél. : (2) 219 16 14.
Au départ de la Suisse
Swissair propose des liaisons ZurichLe Caire les mardi, jeudi et vendredi.
Swissair à Zurich : Bahnhofstrasse 27,
tél. : (1) 258 34 34.
Liaisons Zurich-Le Caire les vendredi
et dimanche par Egyptair. Les réservations sont à prendre à l’aéroport
de Zurich, tél. : (1) 731 39 37.
Transferts aéroports
Pour vous rendre aux aéroports
d’Orly ou de Roissy-Charles-deGaulle dans les meilleures conditions, utilisez les services des Cars
6
Passeport et visa
Les ressortissants français doivent
posséder un passeport en cours de
validité, valable six mois après la
date de retour. Un visa de tourisme
d’un mois est délivré en une journée dans les consulats égyptiens sur
présentation du passeport, d’une
photo d’identité et de 170 francs en
espèces. Vous pouvez également
vous le procurer directement à l’aéroport du Caire ou de Louxor : c’est
moins cher et la formalité ne prend
que quelques minutes. Si vous partez en voyage organisé, l’achat du
visa est pris en charge par les touropérateurs.
Formalités
douanières
Hormis les produits interdits, partout,
elles ne sont que de simples formalités. N’oubliez pas, toutefois, de
vous munir des factures de vos appareils photo et du matériel vidéo que
vous transportez. Elles peuvent vous
être réclamées à la sortie du territoire. Caméras et autres Caméscope
doivent être déclarés à l’arrivée.
Assurances
Généralement, un voyage n’est remboursé intégralement que s’il est
annulé au moins un mois avant le départ. Il est conseillé de souscrire une
assurance-annulation car elle joue
en cas de maladie, accident ou décès
avant le départ. On vous proposera
aussi, en option, une assuranceassistance. Elle n’est pas obligatoire,
mais peut être très utile, car elle
prend en charge les frais médicaux,
le rapatriement et éventuellement
une aide juridique.
Adresses utiles
avant le départ
Office du tourisme
90, avenue des Champs-Elysées,
75008 Paris, tél. : 01 45 62 94 42
ou 43; fax : 01 42 89 34 81.
Ouvert du lundi au vendredi de
10 h à 16 h. Les renseignements
sont également consultables sur
Minitel : 3615 EGYPT.
Ambassades en France
et à l’étranger
En France : 56, av. d’Iéna, 75016
Paris, tél. : 01 53 67 88 30.
Ouvert du lundi au vendredi de 10 h
à 13 h et de 15 h à 17 h.
En Belgique : 43, bd du GénéralJacques, 1000 Bruxelles, tél. : (2)
345 52 53.
En Suisse : Elfenauweg, 61, 3006
Berne, tél. : (31) 44 80 12.
Consulats à Paris,
en province et à l’étranger
A Paris : 58, av. Hoche, 75016 Paris,
tél. : 01 45 00 37 51. Ouvert du
lundi au vendredi. Dépôt des visas
entre 9 h 30 et 11 h 30 et retrait le
jour même entre 14 h et 15 h.
A Marseille : 166, av. de Hambourg,
13008 Marseille, tél. : 04 91 25 04 04.
Ouvert du lundi au vendredi jusqu’à
14 h.
En Belgique : 44, av. Léo-Errera,
Uccle, tél. : (2) 345 50 15.
En Suisse : 47, route de Florissant,
Genève, tél. : (22) 347 63 79.
7
Partir
Air France qui vous offre confort,
rapidité et sécurité. Vidéo, climatisation à bord des cars et un bagagiste
qui prend en charge vos bagages !
Renseignements : 01 41 56 89 00.
La ligne RER B vous offre aussi la
possibilité de vous rendre à l’aéroport CDG, en train direct.
Avant de
partir
La saison
idéale
pour voyager
Etant donné la superficie du pays, le
climat varie en fonction des régions
et des saisons. La période idyllique
pour se rendre en Egypte court de
novembre à mars. Les pluies sont
très rares au Caire, pratiquement
inexistantes en Haute-Egypte. Les
températures diurnes sont extrêmement agréables, surtout à Assouan
et Louxor mais les nuits peuvent être
fraîches au Caire et à Alexandrie,
d’autant que peu d’endroits sont
efficacement chauffés.
Au printemps (mars-avril)
souffle le khamsin, vent du désert
qui soulève en tourbillons le sable et
la poussière. Quant à l’été, il est
franchement chaud et même très
chaud. Dans le sud du pays, les températures peuvent atteindre les
45 °C, voire 50 °C. Cependant, l’atmosphère, très sèche, y est moins
étouffante qu’au Caire à la même
période. Le rivage de la Méditerranée bénéficie d’un climat estival
agréable. Du coup, tous les Cairotes
un peu argentés s’y rendent en
vacances et les plages sont aussi
bondées que sur la Côte d’Azur!
Tableau des températures par ville en °C
Le Caire
Louxor
Assouan
Sharm el-Sheik
Hurghada
Alexandrie
Fayoum
janv
9
6
9
19
10
10
14
mars
12
11
14
20
15
12
16
mai
18
21
21
29
21
17
26
8
juillet
22
24
25
33
25
23
30
sept
20
22
23
30
23
22
28
nov
14
13
15
24
16
15
19
Si vous partez en hiver, prévoyez des
vêtements de demi-saison assez
légers, sans oublier de vous munir
d’un pull, voire d’un manteau : les
nuits sont plutôt fraîches. Pour l’été,
remplissez votre valise de tee-shirts,
pantalons et jupes longues amples
et légers. Evitez les tissus sombres,
qui retiennent la chaleur, ainsi que
les shorts, minijupes, hauts très
décolletés ou sans manches. N’oubliez pas que vous visitez un pays
musulman.
Munissez-vous de chapeaux pour
vous protéger des insolations, de
chaussures confortables, de lunettes
de soleil, de produits solaires… et
d’un maillot de bain : les grands
hôtels possèdent tous une piscine.
Santé
Aucun vaccin n’est obligatoire pour
entrer sur le territoire égyptien.
Cependant, et pour ne pas
devoir vous priver sur place des
excellentes crudités et des fabuleux jus de fruits frais du cru,
nous vous conseillons de vous
faire vacciner contre l’hépatite A,
maladie assez courante en Egypte,
et fort désagréable, qui se transmet par l’eau et la nourriture. Sur
place, évitez de toute façon de boire
de l’eau non minérale.
Deux maladies sont endémiques
en Egypte : la méningite et la bilharziose. Pour la première, un vaccin
suffit à vous éviter tout risque. Quant
à la seconde, véhiculée par des vers
qui pénètrent dans la peau, elle se
contracte dans les eaux stagnantes.
Evitez donc simplement de vous baigner dans le Nil ou dans les canaux…
Les sources d’eau chaude sont elles
sans danger. De toute façon, la
bilharziose se guérit très bien.
Vous n’échapperez pas à la tourista. Changement de régime alimentaire, chaleur et hygiène parfois
inférieure à celle dont nous avons
l’habitude, tout se conjugue pour
favoriser ces troubles digestifs. Hormis les médicaments (à ne prendre
qu’en cas de crise sérieuse), mangez
du riz et buvez beaucoup d’eau :
24 heures après, il n’y paraîtra plus.
Devise et
budget vacances
La monnaie nationale est la livre
égyptienne (pound en anglais et
guineh en arabe), divisée en cent
piastres.
Sa valeur varie (peu) entre 1,60
et 1,70FF. La banque vous remettra
des coupures de 1, 5, 10, 20, 50 ou
100 LE. Cette dernière est parfois
difficile à écouler, la petite monnaie
constituant un éternel problème
dans ce pays.
N’acceptez pas
de billets trop
abîmés, on vous
les refusera ensuite.
L’importation des devises
est libre. L’utilisation de la
carte de crédit internationale se
répand assez rapidement. Vous pouvez l’utiliser dans les bureaux de
change des grands hôtels. Des automates ont également fait leur apparition dans les hôtels de luxe du
Caire. La carte de paiement internationale est aussi acceptée dans les
9
Partir
Boucler sa valise
Le B.A.BA
de l’A B C
Achats et artisanat
Dans les souks d’Egypte, il y en a
pour tous les goûts : du kitsch, du
surchargé, du sobre, du vrai patiné
par le temps, du faux hâtivement
contrefait.
Antiquités. On vous en proposera
un jour ou l’autre. Ce sont quasiment toutes des contrefaçons, parfois fort bien imitées mais sans
valeur. De toute manière, vraies ou
fausses, ne cédez pas à la magie : le
trafic d’antiquités est sévèrement
réprimé par la loi. En revanche, vous
trouverez, notamment à Louxor, des
copies remarquablement exécutées
par des artisans qui travaillent
comme leurs ancêtres, avec les
mêmes outils.
Papyrus. Les papyrus authentiques
12
sont produits, entre autres, dans les
instituts du docteur Ragab, au Caire,
à Louxor et à Assouan. Evidemment,
ils sont plus chers que ceux que l’on
vous propose à tous les coins de rue,
en fibre végétale, quelconques et
mal peints de surcroît…
Bijoux. Bagues, bracelets et colliers
à motifs antiques ou musulmans,
cartouche personnalisé à votre nom,
copies de bijoux bédouins, les souks
regorgent de bijoutiers. L’or, de 14,
18 et 21 carats, est un peu moins
cher qu’en France. L’argent également, mais il est de qualité moyenne.
Les pierres semi-précieuses sont
presque toutes importées (sauf le
lapis-lazuli et la turquoise, extraits
dans le Sinaï) et leur valeur largement surévaluée.
Parfums. Les parfumeurs prétendent réussir à imiter n’importe quel
parfum. A vous de juger, mais l’auteur de ce guide, pour en avoir fait
l’expérience, en doute fort…
Tapis. Sur la route de Saqqara, des
enfants tissent des tapis de laine
de mouton aux couleurs vives et aux
motifs représentant la vie quotidienne. Vous trouverez également
(à Marsa el-Matrouh et à Assouan)
de magnifiques (et encombrants)
tapis de laine rouge.
Verrerie et poterie. Les souffleurs de
verre maîtrisent incontestablement
reconfirmer sa place sur un vol, mais
également de vérifier l’horaire du
vol. Les deux aéroports internationaux sont dotés de duty free.
Change
Dans les hôtels 5 étoiles et les aéroports, les bureaux de change sont a
priori ouverts en permanence et
acceptent la carte bancaire sur présentation du passeport. Gardez précieusement les bons de change qui
vous seront remis : ils vous serviront
à changer, avant votre départ, les devises égyptiennes qui vous resteront.
Veillez à avoir toujours sur vous
de la petite monnaie pour les menus
achats et les bakchich.
Si vous êtes étudiant, n’oubliez pas
de vous munir d’une carte internationale : vous bénéficierez de 50 %
de réduction à l’entrée des musées
et des sites.
Chiffres
Les Egyptiens n’utilisent pas les chiffres arabes mais les chiffres indiens.
(voir le tableau des conversions)
Epices. N’hésitez pas à vous en donner à cœur joie : elles sont bonnes,
belles et peu coûteuses. Un plaisir
pour les yeux et le palais…
Arrivée
L’enregistrement obligatoire de chaque étranger auprès du ministère de
l’Intérieur est supprimé.
Les compagnies étrangères atterrissent au terminal 2, dit aussi «nouvel aéroport». Le terminal 1, l’ancien
aéroport, est réservé aux avions
d’Egyptair et à certains charters. Les
vols intérieurs décollent et atterrissent au terminal 3. Il est prudent de
Communications
Tous les hôtels 5 étoiles possèdent
des services de communication.
Sachez seulement que vous y paierez la minute vers l’Europe bien plus
cher que dans les centraux téléphoniques, qui fonctionnent parfaitement et sont
ouverts 24 heures sur 24.
Il existe des cartes de téléphone, que
13
Partir
leur technique : vases, assiettes, coupoles, abat-jour, verres de toutes
couleurs abondent dans le khan elKhalili. La grande spécialité, ce sont
les petites bouteilles à parfum aux
formes et aux dessins élégants. Les
objets d’albâtre sont fabriqués en
usine, sauf dans quelques ateliers de
Gourna, où il est encore travaillé à la
main. Ces vases et coupes très fins
sont magnifiques, mais chers. La poterie n’est pas destinée au marché
touristique mais utilisée quotidiennement. Vous les trouverez directement chez les fabricants ou sur les
marchés populaires.
distance mais il ne correspond en
aucun cas à celui affiché sur le
compteur, non réactualisé depuis
une bonne vingtaine d’années. A la
journée, un taxi vous coûtera, selon
vos dons pour le marchandage, de
80LE à 100LE.
En voiture
Vous serez agréablement surpris par
le prix de l’essence : 1LE le litre! Les
règles de conduite sont différentes de
celles pratiquées en Europe. En ville,
on ne roule pas vite et on klaxonne
beaucoup. Les conducteurs égyptiens
ne montrent aucune agressivité, ce
qui est fort agréable. Cependant, la
conduite sur les routes importantes se
révèle dangereuse : les lignes continues et les panneaux de limitation de
vitesse ne sont là que pour le décor…
Le mieux est de louer une voiture
avec chauffeur.
En métro
Il existe une ligne de métro au Caire,
construite par les Français et inaugurée par Jacques Chirac, en 1987.
Remarquablement propre et rapide,
mais bondé. La seconde est en
construction. Les femmes ont intérêt à monter dans le wagon de tête,
qui leur est réservé.
En bateau
En dehors des navires de croisière,
vous pouvez emprunter, au Caire, la
liaison fluviale (les bateaux sont amarrés en face de la maison de la télévision). Une bonne façon de découvrir
Le Caire depuis le fleuve. Hors du
Caire, ne vous privez pas d’une promenade en felouque.
(demain) sont les trois mots clés de
la vie quotidienne. Perdre patience
ou rudoyer un interlocuteur sont
considérés comme des manquements graves à la politesse élémentaire. De même, le plus grand
respect est dû aux personnes âgées
et aux femmes.
Jupes courtes, shorts pour les
hommes et tee-shirts sans manches
sont déconseillés (sauf au bord de
la mer). L’usage veut également
qu’une femme ne fume pas dans la
rue. Vous n’aurez pas de remarques
—les Egyptiens sont extrêmement
conciliants et respectueux— mais
vos contacts avec la population en
seront modifiés.
L’aumône est une tradition bien
ancrée. Ne vous étonnez donc pas
d’être sollicité — les Egyptiens le
sont tout autant— et donnez quelques piastres si vous le souhaitez.
Les Egyptiens, très conformistes,
sont très pointilleux sur l’image de
leur pays et le respect des normes
établies. Ne critiquez pas l’Egypte,
ne remettez pas en cause le pouvoir
et ne vous lancez pas dans de
grandes discussions sur la religion
ou l’existence de Dieu…
Combien ça coûte…
(prix indicatifs)
un ticket de métro
une traversée du Caire
en taxi
une tasse de café
un litre d’essence
un gramme d’or
18 carats
une bouteille
d’eau minérale
1LE
50LE
3LE
1LE
40LE
3LE
Conversion des chiffres
Usages
In cha’ Allah (si Dieu le veut), maalich
(ce n’est pas grave) et boukra
18
Un pays,
une histoire,
des hommes
G
éographie, faune et flore
Carte d’identité du pays . . 20
L es clés du passé
R egards actuels
........
21
..........
33
L’Egypte, à l’extrémité
Mer Méditerranée
nord-est de l’Afrique, est
Israël Jordanie
un vaste quadrilatère de
1000 km de long sur
Le Caire
1200 km de large, bordé
Arabie
par la Libye, le Soudan et
Saoudite
Israël. Mais le pays le plus
peuplé d’Afrique après le
Nigeria ne profite que de
Mer
Rouge
quelque 4% de son ter- Libye
ritoire : l’étroite bande de
la vallée du Nil, qui s’élarLac Nasser
git en triangle à partir du
Caire pour former le delta.
Soudan
Hors du plus long fleuve
du monde, hors de ses
eaux nourricières, point de salut : ce ne sont que déserts, dunes, roches et
montagnes arides. Le sable vient se perdre en pente douce sur les rives de
la Méditerranée. Il dévale les pentes abruptes des montagnes du Sinaï jusqu’à la mer Rouge. Les politiques de bonification des terres et les constructions de villes nouvelles ne réussissent guère à
Carte d’identité rendre le désert plus hospitalier…
Le Nil, lui, termine ici sa course commencée au
du pays
cœur des grands lacs équatoriens et des monNom
tagnes éthiopiennes. Jusqu’à la construction du
République arabe d’Egypte
barrage d’Assouan, en 1963, il montrait chaque
Capitale
année sa puissance en inondant les rives et sa
Le Caire
bonté en y déposant le limon qui fit de la vallée du
Superficie
Nil la terre la plus fertile du monde. Aujourd’hui
2
1001 449 km
dompté, il prend sa revanche : la terre s’appauvrit
Chef de l’Etat
et réclame chaque année plus de fertilisants.
Hosni Moubarak
Lions, hyènes, hippopotames et crocodiles de
(depuis 1981,
l’Antiquité, lotus et papyrus ont disparu. Faune et
mandat jusqu’en 1999)
flore sont domestiquées, tout entières dévouées à
Nature du régime
la survie de l’homme. Le chameau, bête de
présidentiel
somme incomparable de résistance, à la viande
Population
comestible, l’âne solide, la vache et le cheval :
61,4 millions d’habitants
voilà les rois des bords de Nil. La canne à sucre, le
Langue officielle
trèfle, le blé et l’orge, le riz et le coton : voilà ce
arabe
que, jour après jour, les fellahs (paysans) cultivent,
Religion officielle
la bêche à la main. Le palmier-dattier est omniislam, avec liberté
présent, et les arbres fruitiers donnent à l’Egypte
de culte garantie
un goût de paradis et aux rives du Nil,
par la Constitution
une douceur inégalée.
Nil
Géographie, faune et flore
Géographie, faune et flore
PIB
60 500 millions $
(3 610 $ par habitant)
20
Les clés
du passé
L
e trésor de Toutankhamon, les dieux à tête
de chien ou d’ibis, la beauté des bas-reliefs et
la grandeur des pyramides : comme l’Egypte
nous a fait rêver pendant les cours d’histoire !
Et comme ces quelques images sont réductrices
d’une civilisation de trois millénaires!
Tout commença, un jour, au bord du Nil…
Des hommes sauvés des sables
Au paléolithique, le climat tropical qui règne sur
l’Afrique du Nord cède peu à peu la place à l’aridité
et au désert. Repoussés par l’inexorable extension
du Sahara, les chasseurs nomades se regroupent le
long du Nil.
Progressivement, ces groupes humains se sédentarisent. Au cours du néolithique (– 10000 à – 6000 ans
avant J.-C.), ils érigent des villages, font l’apprentissage de l’agriculture, de l’élevage, de la poterie
et du tissage. Déjà, leur vie est rythmée par les
crues du fleuve.
Cinq millénaires avant notre ère, les villages se
regroupent en petites principautés, chacune adorant
ses propres divinités. Peu à peu, deux royaumes
voient le jour, l’un au nord, dans le delta (Basse-Egypte), l’autre au sud,
dans la vallée du Nil (Haute-Egypte). Le souverain du Nord arbore une
couronne rouge ; son voisin du Sud, une couronne blanche.
21
Petit lexique des dieux
Amon : Obscur dieu local
de Thèbes, le «Caché» devient
la divinité principale du panthéon
des dieux avec le Nouvel Empire.
Il apparaît tantôt avec une tête
de bélier, tantôt avec un visage
humain. Son sanctuaire principal
est le temple de Karnak, ses
animaux sacrés, le bélier et l’oie.
Anubis : Patron des embaumeurs,
c’est lui qui conduit les défunts
devant le tribunal d’Osiris. Il se
présente comme un chacal noir
ou un homme à tête de chacal.
Aton : Le disque solaire,
symbole d’amour universel
et de vie, devient la divinité unique
sous le règne d’Akhenaton.
Bès : Ce nain obèse et grimaçant
protège les femmes en couches
en chassant les mauvais esprits.
Hathor : Fille de Râ, elle incarne
à Dendera la voûte céleste sous
forme de vache au corps constellé
d’étoiles. C’est la déesse
de l’amour et de la joie.
Horus : Fils d’Isis et d’Osiris,
il protège le pharaon.
Il est représenté par un faucon
et adoré dans le temple d’Edfou.
Isis : Sœur et épouse d’Osiris, mère
d’Horus, la déesse la plus populaire
du panthéon des dieux égyptiens
est célébrée à Philae. Elle est
représentée comme une femme
portant sur sa tête le siège
qui servait à écrire son nom.
Osiris : Son frère Seth le jalousait
tant qu’il le découpa en morceaux
et les dispersa dans le Nil. Son
épouse, Isis, reconstitua son corps,
l’embauma et le fit ressusciter avec
l’aide d’Anubis. Il règne sur
le royaume des morts et préside
le tribunal qui juge les défunts.
Il a toujours figure humaine
et porte les sceptres royaux.
Râ : Dieu créateur des hommes,
il est le Soleil à son zénith.
Seth : Dieu du désert et du
chaos, il découpa en morceaux
son rival et frère,
Osiris. Il est représenté
comme un quadrupède
au museau pointu et
aux oreilles droites.
Thot : C’est le dieu de la
sagesse et de la science,
patron des scribes. Il est
figuré par un babouin
ou par un ibis.
Repères chronologiques
2700-2180 av. J.-C. : Ancien Empire.
Capitale : Memphis. Pyramide
à degrés de Djoser, pyramide
de Khéops, pyramide et sphinx de
Khéphren, pyramide de Mykérinos.
2180-2060 av. J.-C. : Première
période intermédiaire.
Misère et anarchie.
2060-1785 av. J.-C. : Moyen Empire.
Réunification du pays,
capitale dans le Fayoum.
1785-1580 av. J.-C. : Seconde
période intermédiaire.
Invasion des Hyksos.
1580-1085 av. J.-C. : Nouvel Empire.
Capitale : Thèbes.
30
1484-1450 av. J.-C. : règne
de Thoutmosis III.
1805-1849 : règne de Mohamed
Ali ; il introduit de nombreuses
réformes et réorganise
l’administration.
1869 : inauguration
par le khédive Ismaïl
du canal de Suez.
1408-1372 av. J.-C. :
règne d’Aménophis III;
colosses de Memnon
et temple de Louxor.
1875-1918 : tutelle
occidentale. Intervention
militaire de l’Angleterre
en 1882 et établissement
d’un protectorat de fait.
1372-1354 av. J.-C. :
règne d’Akhenaton
(Aménophis IV).
1919 : le wafd, mené
par Saad Zaghloul,
réclame l’indépendance.
1354-1312 av. J.-C. : règne
de Toutankhamon.
1312-1298 av. J.-C. :
règne de Séthi Ier.
1298-1235 av. J.-C. :
règne de Ramsès II;
temples de Ramasseum
et d’Abou Simbel.
1922 : indépendance
formelle.
Buste de Néfertiti,
épouse d’Aménophis IV
1194-1188 av. J.-C. : règne
de Ramsès III; temple de Médinet
Habou.
1085-333 av. J.-C. : Basse Epoque.
333 av. J.-C. : conquête d‘Alexandre.
311 av. J.-C. : fondation de la
dynastie ptolémaïque ; temples
d’Edfou, Esna et Kom Ombo.
30 av J.-C. : mort de Cléopâtre.
30 av. J.-C. - 395 ap. J.-C. : l’Egypte
est une province romaine; temples
de Dendera et de Philae.
395-639 : période byzantine.
639 : conquête arabe.
639-1250 : règnes des califes.
1937 : l’Egypte entre
à la Société des Nations.
940-1945 : les Anglais mènent
la guerre contre l’Axe ; l’Egypte leur
sert de base au Proche-Orient.
1948 : création de l’Etat d’Israël;
défaite des armées arabes.
1952 : révolution du groupe
des Officiers libres. Le roi Farouk
abdique. Un an plus tard,
la monarchie est abolie; Nasser
devient président de la République
en 1954.
1956 : nationalisation du canal
de Suez et crise de Suez.
1967 : guerre des Six Jours.
1970 : mort de Nasser
et arrivée au pouvoir de Sadate.
1973 : guerre d’Octobre, dite aussi
du Kippour ou du Ramadan.
1517-1798 : l’Egypte devient
une province de l’Empire ottoman.
1978 : les négociations entre
l’Egypte et Israël aboutissent
à la signature des accords
de Camp David. Le traité de paix
sera signé un an plus tard.
1798-1801 : expédition
de Bonaparte, naissance
de l’égyptologie.
1981 : assassinat de Sadate.
Hosni Moubarak accède
à la magistrature suprême.
1250-1517 : les Mamelouks
gouvernent le pays.
31
Un pays, une histoire, des hommes
1505-1484 av. J.-C. :
règne d’Hatchepsout;
temple de Deir el-Bahari.
Champollion et la pierre de Rosette
1799 : le capitaine Bouchard, débarqué avec les armées de Bonaparte
un an plus tôt, participe aux travaux
de terrassement du fort Julien, à
quelques kilomètres de la ville de
Rosette (aujourd’hui Rachidiya). Il
déterre un bloc de basalte
recouvert d’inscriptions en
trois langues : hiéroglyphique, copte et grec. La stèle
est saisie en 1801, au moment de la capitulation française, par les Anglais et
rapportée à Londres. Elle
figure aujourd’hui au British Museum.
C’est grâce à une copie
des textes de la pierre de
Rosette que, vingt-trois
ans plus tard, Jean-François Champollion découvrit la clé qui permit de
déchiffrer le système hiéroglyphique. Cette découverte ne dut rien au
hasard, mais beaucoup au
génie du fondateur de l’égyptologie
et à son travail acharné des années
durant. Dès son plus jeune âge,
Jean-François a la passion des langues anciennes et des dictionnaires :
à 10 ans, il étudie le chinois, à 15 ans,
il déclare au maire de Grenoble, où
il poursuit des études d’histoire, qu’il
veut se consacrer «à la connaissance
de l’antique Egypte».
A Paris, entre deux cours au Collège de France, il rencontre un
prêtre égyptien qui lui
apprend le copte. Dès
1810, il affirme que les
hiéroglyphes ne sont pas
des « idées peintes » mais
des sons. Le 14 septembre
1822, c’est l’illumination :
en partant du texte en
copte — dont il a compris
qu’il n’est que la version
orale des hiéroglyphes —
de la pierre de Rosette, il
comprend que les hiéroglyphes sont une combinaison de sons et de signes.
Immédiatement, il rédige la
«Lettre à monsieur Dacier»
(le secrétaire perpétuel de
l’Académie), qui sera lue
en séance le 27 septembre
1822 et aura un retentissement
considérable.
Ce n’est qu’en 1828 que Champollion ira vérifier sur place qu’il «lit
l’égyptien à livre ouvert». Il mourra,
épuisé, à 42 ans.
32
Regards
actuels
L’
Egypte d’aujourd’hui fascine moins les
touristes que la civilisation pharaonique.
Et c’est fort dommage. Riche de
traditions populaires bien vivantes et
ouvert à la modernité, le plus grand pays de la nation
arabe vous enchantera avec la chaleur de son accueil
et vous émerveillera en vous ouvrant les portes
d’un monde méconnu, trop souvent ignoré.
Economie
Le tourisme, une source de richesse
L’Egypte tire l’essentiel de ses ressources de
quatre domaines : le rapatriement des devises des travailleurs à l’étranger, le tourisme, les dividendes du canal de Suez et le
pétrole. L’économie est fortement aidée par
les Etats-Unis.
L’agriculture occupe encore 50% de la
population active, malgré un fort exode
rural. Moins de 4% du territoire est cultivable : coton et riz dans le delta, canne à
sucre dans la vallée du Nil et céréales. Malgré la politique d’extension des terres cultivées, la production ne réussit pas à assurer
les besoins alimentaires de la population.
Les parcelles sont minuscules : chaque paysan ne dispose en moyenne que d’un demihectare (contre 7,7 en France).
33
pas moins de trois jours. Quand les
familles en ont les moyens, les festivités se déroulent sur une semaine
entière. Cérémonie du henné, musiciens, danseuses, banquets pour les
invités et les voisins, lecture du
Coran, nuit de noces et congratulations, tout est très codifié.
Art et culture
Après une volonté de mettre en
valeur une culture «nationale»,
sous Nasser, le pouvoir, depuis les
années 80, ne se mêle plus guère de
culture. Mais les artistes sont aujourd’hui en butte à une autre censure :
celle des conservateurs musulmans,
qui cherchent à interdire tout ce qui
ne serait pas conforme à l’islam.
Chanson
Oum Kalthoum reste, plus de vingt
ans après sa mort, LA Diva. Son chignon, ses lunettes noires et surtout
sa voix puissante sont à jamais gravés dans les mémoires égyptiennes.
Il est difficile, encore aujourd’hui, de
faire un pas sans entendre, sortie
d’un transistor, une de ses interminables chansons. Si ce n’est elle,
vous entendrez les célèbres Farid alAtrache ou Adbel Halim Hafiz.
La variété produite aujourd’hui
ne dégage pas la même émotion,
loin s’en faut. On lui préférera la
musique baladi («du pays») des
fêtes, qui fait danser femmes et
hommes.
Littérature
L’Egypte se vante d’avoir donné
naissance, physiquement et intellectuellement, au seul écrivain arabe
couronné du prix Nobel : Naguib
Mahfouz. Avec deux de ses contemporains, Taha Hussein et Tawfiq alHakim (aujourd’hui décédés), il a
révolutionné la littérature égyptienne : les premiers, ils ont raconté,
sans s’embarrasser de la narration
arabe traditionnelle, la vie des
petites gens.
Leurs successeurs, Gamal alGhitany, Nabil Naoum, Sonallah
Ibrahim pour ne citer qu’eux, inscrivent résolument leur œuvre littéraire
dans le quotidien de leurs contemporains. On y rencontre des hommes
brisés par le régime nassérien, des femmes souffrant de la dureté du
libéralisme économique
et des êtres attachants,
qui portent en eux la chaleur de l’Egypte.
Maquette d’un cinéma du Caire
Cinéma
Youssef Chahine, Salah Abou Seif
et les grands noms du cinéma égyptien ne doivent pas faire oublier que
la production fut très longtemps
plus quantitative que qualitative.
Pendant des décennies, le cinéma
égyptien inonda l’ensemble du
monde arabe de ses films à l’eau de
rose où l’on chantait, dansait et
pleurait beaucoup. Aujourd’hui,
l’argent va plutôt vers la télévision et
les pays du Golfe. Youssef Chahine
et ses fils et filles spirituels se voient
contraints de chercher les coproductions, notamment avec la France,
pour pouvoir tourner.
38
Se déplacer
de ville
en ville
Le Caire
et ses environs
............
Moyenne-Egypte
Haute-Egypte
Le delta du Nil
et Alexandrie
40
.........
53
.............
58
..............
75
Le canal de Suez
et la mer Rouge
...........
79
....................
83
...................
89
Le Sinaï
Les oasis
Le Caire et
ses environs
L
a capitale égyptienne s’étend sur les deux
rives du Nil. Le gouvernorat de Giza, sur
la rive ouest, et celui du Caire proprement dit,
sur la rive est, se confondent dans la même
mégapole. Insatiable, la plus grande ville du continent
africain grignote un peu plus chaque jour les sables du
désert et les terres agricoles. Tant et si bien
que nul ne sait combien sont les Cairotes :
10 millions, 15 millions, 20 millions?
20 km
30 min.
TAXI
30 à 40 LE
Le Caire étonnait déjà les voyageurs au temps des
Mamelouks. Aujourd’hui, ils s’effarent des embouteillages sans fin, de la poussière omniprésente, des
concerts ininterrompus de klaxons, de l’urbanisme
échevelé et des foules qui se pressent jusque sur les
chaussées. Les quartiers les plus pauvres côtoient les
plus riches, les mendiants, les hommes d’affaires et les
Mercedes dernier cri, les carrioles branlantes. Mais Le
Caire, insubmersible, inaltérable, reste pour les Egyptiens «la Victorieuse», «la Mère du monde» ou, plus
simplement, «Misr», du nom de l’Egypte tout entière.
Pour peu qu’il accepte de s’y perdre, le visiteur étranger
découvrira, lui aussi, la douceur de ses nuits tout illuminées des néons verts des mosquées, la chaleur de ses
petits cafés populaires, le plaisir de déambuler dans les
ruelles et l’humour souriant des Cairotes. Après le premier choc, vous aussi finirez par affirmer, comme ses
habitants : «Et pourtant, elle tourne!»
40
41
Se déplacer de ville en ville
Haute-Egypte, les femmes
voilées et les étudiantes de
l’université américaine.
En quittant les grands
axes, vous découvrirez, dans
des passages étonnants, de
petits restaurants et des
cafés populaires où des
hommes en costume et cravate viennent fumer leur narghileh
L’île de Gézira
en sirotant un thé très sucré loin de
l’agitation.
Le centre-ville
Au cœur du centre-ville, la place
Sur la rive orientale du Nil, entre les Tahrir («place de la Libération»)
places Tahrir, Ataba et la gare résume la ville à elle seule : néons
Ramsès s’étend la ville moderne, éblouissants, travaux permanents,
actuel centre-ville. Européanisé dès embouteillages démesurés et… urbanisme sans grande cohéle milieu du XIXe siècle, ce
rence. Un bâtiment à
quartier a été construit
Suivez
l’architecture orientaliselon le modèle haussle guide !
sante abrite l’université
mannien : les rues y sont
larges et se croisent à Pour vous plonger américaine, où étudient
dans Le Caire
les rejetons des familles
angle droit, les immeubles rococo aux moulures populaire, partez bourgeoises. Un immense
à pied de la
bâtiment d’architecture
de stuc représentaient à
Citadelle et
stalinienne, la Mogamma,
l’époque le comble de la
descendez, par
construit en arc de cercle,
modernité. Aujourd’hui,
les ruelles,
accueille les services de
les pierres sont ternies
par la pollution. Mais en jusqu’au quartier plusieurs ministères. C’est
d’el-Azhar.
le fief d’une bureaucratie
levant le nez des trottoirs
pléthorique et pour le
abîmés, vous découvrirez
Si vous désirez
moins kafkaïenne. Vous
quelques bijoux archiprendre l’air et
n’aurez à vous y rendre
tecturaux de la Belle
admirer la ville
que si vous désirez une
Epoque.
de haut, louez
prolongation de visa.
Rue Talaat Harb, rue
un cheval ou
Dans ce cas, vous serez
Qasr el-Nil, avenue du
un dromadaire,
heureux, ensuite, d’aller
26-Juillet, d’immenses
au pied des
déguster une boisson
affiches peintes annonpyramides, et
fraîche à la terrasse du
cent les films qui se
galopez dans
Nile Hilton.
jouent dans les cinémas.
le désert.
Le jeudi soir, les Cairotes
se pressent sur les trottoirs de ce
Le Musée égyptien
haut lieu du lèche-vitrine. Coupons
de tissus, vêtements, chaussures, Ouvert tous les jours, de 9 h à
mais aussi grands magasins coopé- 16 h 30. Entrée payante, avec un
ratifs (le fameux Omar Effendi, la supplément pour la salle des moSamaritaine égyptienne) et excel- mies. C’est également place Tahrir
lentes pâtisseries, fast-food à la que se dresse le dôme rose du
mode et cabarets de danse du Musée égyptien.
ventre : ici se croisent les touristes
des pays arabes et les paysans de
Pyramides et nécropole
de Giza
0
100
200
300 m
N
Tombes
Cavernes
Troisième
pyramide
(Mykérinos)
Mastabas
(Ve et VIe dynasties)
Seconde
pyramide
(Khéphren)
Entrée
Le Caire
Mastabas
(Ve
et
VIe
dynasties)
Tickets
Grande
pyramide
(Khéops)
Entrée
Musée de la Barque solaire
Tombe dite
de Campbell
Tombes
Rest-house
Tombe
d’Hétèp-Hérès
Sphinx
Cavernes
ée
hauss
nne C
Tombes
Rest-house
Ancie
Temples de Khéphren
Terrasse du spectacle
« Son et lumière »
Le Caire
48
Distincte administrativement de la
rive orientale —quand on passe le
Nil, on quitte Le Caire et on pénètre
dans le gouvernorat de Giza— la
rive ouest du Nil l’est aussi dans son
peuplement et dans son aspect. Ici
s’étendent sur des kilomètres des
immeubles modernes sans âme et
de grandes avenues toutes droites.
Ici ou là, un parc planté de lourds
eucalyptus, une petite place de village, une belle villa restaurée rappellent au visiteur qu’une certaine
bourgeoisie construisait là ses résidences en pleine campagne voilà
seulement quelques décennies.
La route des Pyramides, inaugurée en 1869 par l’impératrice
française Eugénie, s’étire interminablement. C’est une succession de
bâtiments laids, de restaurants, de
nœuds autoroutiers. Et après les
deux canaux d’irrigation aujourd’hui
remarquables par leur saleté et leur
odeur repoussante, elle apparaît, gigantesque, comme irréelle, connue
de tous, photographiée mille fois et
pourtant toujours inattendue : la pyramide de Khéops.
Les pyramides de Giza
Les pyramides de Giza, construites sur un plateau, semblent défier non seulement le temps mais la
ville, la dominant, stoppant son
avancée. Assaillies par l’urbanisme
galopant et par les multiples vendeurs à la sauvette, elles ont un peu
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Peut-on monter
sur les pyramides?
Physiquement, il est possible
d’y monter... et plus difficile
d’en redescendre. Comme
les visiteurs, Egyptiens
ou étrangers, sont assez peu
disciplinés et n’en font
souvent qu’à leur tête, vous
verrez souvent des gens
partir à l’assaut des
monuments millénaires.
Sachez simplement que cela
est strictement interdit
depuis un accident mortel,
en 1977, et que des accidents
surviennent chaque année.
Sans parler de l’amende que
la police ne manquera pas
de vous faire payer...
perdu de leur splendeur. Mais si le
visiteur s’enfonce ne serait-ce que
de quelques centaines de mètres
dans le désert, il les découvre
intactes, immuables dans leur parfaite géométrie et leurs lignes
dépouillées.
Aussi impressionnante soit-elle,
la pyramide, tombeau du souverain,
n’était qu’un des éléments du complexe funéraire du pharaon. Un
temple au bord du Nil accueillait le
cortège lors de l’enterrement, qui
empruntait ensuite une chaussée
couverte montant vers le second
temple, au pied de la pyramide.
La pyramide
de Khéops
C’est la plus grande des trois pyramides et nul ne peut la contempler
sans un frisson, même si elle a perdu
49
Se déplacer de ville en ville
La rive occidentale
Coupe de la pyramide
de Khéops
Revêtement
Sud
Nord
Prise d’air
Prise d’air
Chambre du roi
Galerie
Entrée
Chambre de la reine
Chambre souterraine
le revêtement de calcaire qui rendait
ses parois parfaitement lisses. Elle
serait composée d’un assemblage de
2,5 millions de blocs parfaitement
ajustés, sur une hauteur actuelle de
137 mètres, contre 146 mètres à l’origine — soit suffisamment pour intégrer en son sein la cathédrale de
Strasbourg, flèche comprise… Chaque
bloc ne pèse pas moins de 2,5 tonnes et la base de la pyramide mesure
230 mètres de côté!
Aucun document d’époque ne
raconte comment fut bâtie la grande pyramide. Deux millénaires après
sa construction, Hérodote, l’historien
grec (484-420 avant J.-C.), affirmait
que 100 000 hommes travaillèrent
pendant dix ans pour exploiter les
carrières de Tourah et acheminer les
blocs sur le site puis mirent vingt ans
pour ériger le tombeau de Khéops.
Pour pénétrer dans la pyramide, il
ne faut craindre ni la poussière ni la
claustrophobie : les pilleurs ont ouvert la voie, un long goulet étroit,
15 mètres environ sous l’accès d’origine. Plusieurs chambres existent,
plus impressionnantes par le poids
des millénaires et par leur dépouil-
lement que par ce que le visiteur y
trouve : seul subsiste, dans la
chambre royale, un sarcophage sans
couvercle… A l’est de la grande
pyramide, trois petites pyramides
marquent l’emplacement des tombeaux de reines.
La barque solaire
Au sud de la pyramide de Khéops,
un bâtiment abrite la barque solaire,
mise au jour par le Service des antiquités, en 1954. Faite en cèdre du
Liban, elle mesure 43 mètres de
long. C’est dans cette embarcation
que le roi prenait place avant de
partir vers sa navigation céleste.
La pyramide de
Khéphren et le Sphinx
Bien que plus petite, la pyramide de
Khéphren peut paraître plus élevée
que celle de Khéops, du fait de sa
pente plus accentuée et du revêtement calcaire d’origine qu’elle a
conservé à son sommet. Elle possède deux entrées, qui correspondent
à deux chambres funéraires.
50
désert. Ses larges avenues, ses parcs
et ses immeubles à l’architecture
d’inspiration mauresque gardent
trace, aujourd’hui encore, de la
volonté de ce richissime baron
belge. La maison où il résidait, par
son architecture baroque et tourmentée, fait naître des fantasmes de
djinn surgi brusquement d’une Nuit
parmi Mille et Une…
Saqqara
A une trentaine de kilomètres des
pyramides de Giza repose la plus
grande et la plus ancienne nécropole
d’Egypte, bordée d’une palmeraie.
Pendant plus de deux millénaires
ont été enterrés ici des pharaons et
leurs épouses, des notables et des
animaux sacrés.
Le Sphinx, lion à tête d’homme
les Mamelouks, qui détruisirent son
nez d’un coup de canon, n’y sont
pas étrangers. Entre les pattes du
Sphinx, une table de Thoutmosis IV
raconte comment, lors d’un songe,
il supplia le roi de le désensabler.
La pyramide
de Mykérinos
Elle semble presque ridicule, comparée à ses deux grandes sœurs… A
remarquer : son revêtement de granit rose, intact sur sa base. Il est possible de la visiter.
Les environs
Héliopolis et
le baron Empain
Tout visiteur qui arrive au Caire par
avion traverse Héliopolis, né de la
seule volonté d’un homme, le baron
Empain, et littéralement surgi du
La pyramide de Saqqara
Première réalisation en pierre de
taille de la civilisation pharaonique,
le complexe funéraire de Djoser a
été conçu et réalisé 2700 ans avant
notre ère par l’architecte-ministre
Imhotep. Le monument le plus marquant, la pyramide à degrés de
Djoser, haute de 60 mètres, repose
au centre d’une immense esplanade,
à l’abri derrière une enceinte partiellement détruite. On la franchit par
une unique entrée avant d’emprunter une allée bordée de colonnes.
51
Se déplacer de ville en ville
A ses côtés s’étire le Sphinx. Lion
à tête d’homme, il représente le roi
Khéphren, qui défendait l’entrée de
son tombeau contre les pillards.
Long de 57 mètres et haut d’une
vingtaine, il a considérablement
souffert au fil des siècles. L’érosion
naturelle y est pour beaucoup, mais
La pyramide à degrés et son enceinte
Tombeau du mur
d’enceinte sud
Autels
Mur
des Cobras
Colonnade
Entrée
Temple
Autel
Temple
funéraire Serdab
Cour de Maison du Sud
Heb-Sed
Proche de la tombe de Djoser, la
pyramide d’Ounas, plus petite, est
très délabrée. Sur les murs de son
caveau sont gravées des prières et
des formules magiques destinées à
faciliter le passage du défunt dans
l’au-delà.
L’art du bas-relief sous l’Ancien
Empire apparaît dans toute sa splendeur sur les murs des mastabas des
nobles des Ve et VIe dynasties. Sensées offrir dans l’au-delà le même
confort que sur la Terre, les tombes
rappellent les demeures des vivants.
Arrivée à Saqqara par le désert
Autel
Maison du Nord
coles, jeux, etc.), les dernières étant
réservées au mobilier et aux objets.
Il ne subsiste plus grand-chose de
Memphis, la capitale de l’Ancien
Empire : quelques blocs et stèles épars
perdus dans la palmeraie. Une statue
colossale de Ramsès II retrouvée sur
le site est abritée dans un musée.
Le Fayoum
A une centaine de kilomètres du
Caire, la dépression du Fayoum
constitue le «verger de l’Egypte».
Autrefois entièrement recouverte
par les eaux, cette vaste oasis bordée d’un lac, le birket Qaroun, offre
des terres particulièrement fertiles.
Canaux d’irrigation, vergers, champs
de blé, palmiers, rizières : le Fayoum
repose agréablement de la fureur de
la capitale. C’est ici qu’ont été
retrouvés les fameux «portraits du
Fayoum», peints à l’époque romaine et figurant la momie du défunt,
dont certains appartiennent au
Musée égyptien.
Aussi les premières salles sont-elles
décorées des grands thèmes de la
vie terrestre (chasse, travaux agri-
52
Moyenne
Egypte
E
n quittant la capitale vers le sud et sitôt
les derniers immeubles cairotes derrière lui,
le voyageur pénètre dans un autre monde :
celui de la vallée du Nil et des fellahs
(paysans). Au bord des canaux d’irrigation, en contrebas
de la route ou de la voie de chemin de fer, des groupes
de femmes font leur lessive et leur vaisselle. Les enfants
y mènent boire vaches, chevaux et dromadaires.
Des pompes et des norias alimentent
les parcelles de terre où poussent
blé, légumes et canne à sucre.
Les femmes, les cheveux recouverts
d’un foulard chatoyant, portent
la robe noire et les hommes,
la gallabiya aux couleurs pastel.
Des ânes trottinent sur le bord
de la route, chargés de sacs
de luzerne; les villages, dominés
par les minarets et les pigeonniers,
sont encombrés par les marchés.
L’eau, or de l’Egypte rurale
53
Haute
Egypte
U
n Nil majestueux
qui, fort de sa
puissance millénaire, s’écoule lentement
sans se soucier des hommes. Des rives aux
mille verts différents, patiemment cultivées depuis des
millénaires. Des montagnes inhospitalières de chaque
côté du fleuve, qui resserrent leur étreinte sur le domaine des hommes jusqu’à réduire les cultures à une
mince bande de terre, à Assouan. Des villages aux
maisons pastel, des marchés colorés et accueillants,
le déhanchement des femmes portant sur leur tête
un panier fluorescent où s’agite une oie, la sérénité
des vieillards attablés devant une partie de dominos,
les cris des enfants disputant un match de football,
le piétinement poussiéreux des ânes dans les ruelles.
Et, au coin d’une rue, derrière un bouquet de palmiers,
à demi dissimulé par les hautes cannes à sucre,
un temple aux pierres millénaires, aux statues
hiératiques, aux colosses brisés, où l’on
trouve le calme, le silence et l’émotion. Ouvrez
les yeux et les oreilles, respirez la senteur des épices :
vous entrez au Saïd, vous êtes en Haute-Egypte!
58
Les Egyptiens anciens
l’appelaient simplement
«Niout», «la Ville».
11 km
Homère la surnomma
la « Ville aux cent
portes». Vivian Denon,
qui accompagnait les
15 min.
troupes de Bonaparte,
raconte que toute l’armée applaudit en la
TAXI
découvrant.
15 à 20 LE
Thèbes fut, à partir
du Moyen Empire, la capitale de
l’Empire. La rive droite, là où s’étend
Louxor aujourd’hui, était la ville des
vivants, tout entière dédiée à Amon,
obscure divinité locale élevée au
rang de dieu principal. Les souverains successifs s’attachèrent à
agrandir et embellir les temples érigés à la gloire du dieu, le complexe
de Karnak et le temple, plus modeste, de Louxor.
pâles copies d’antiquités et des
vases d’albâtre.
Pourtant, la ville conserve un
indéniable charme. Au coucher du
soleil, le temple de Louxor, tout près
du souk, semble s’isoler du monde
des vivants. Ses colonnes, ses statues colossales, ses travées retrouvent leur sérénité, indifférentes aux
calèches qui le longent. De l’autre
côté du Nil, le village de Gourna,
adossé à la montagne, s’endort
doucement sous des étoiles plus brillantes que jamais.
Le temple de Louxor
Ouvert de 7 h à 21 h. Entrée payante.
Situé au cœur de la ville, il dresse
ses colonnes à deux pas du Nil et
dégage une ambiance très particulière, le soir, au soleil couchant ou à la
lumière des projecteurs, d’autant qu’il
est peu fréquenté à ces heures-là.
Dédié à Amon, à son épouse,
Mout, et à leur fils, Khonsou, il était
appelé par les Egyptiens anciens le
«harem d’Amon» et considéré
comme une annexe du vaste complexe de Karnak. Il ne servait qu’une
fois l’an, lors de la fête de l’Opet. La
procession du dieu quittait alors
Karnak, empruntait une allée longue de 3 kilomètres, bordée de plus
de sept cents sphinx et rejoignait
Suivez le guide !
Calèches à Louxor
Louxor, aujourd’hui, a perdu de
son mystère. C’est qu’entre-temps
elle est devenue la capitale égyptienne du tourisme. Le long de la corniche sont amarrés en permanence
des dizaines de bateaux de croisière.
Les hôtels de luxe ont fleuri. Dans le
souk, les commerçants attirent le
chaland en une douzaine de langues
différentes, vantant la qualité des
- Parcourez la campagne
égyptienne en suivant les sentiers
au milieu des champs de cannes
à sucre et le long des canaux
à la rencontre des villages et
de leurs habitants.
- Pour admirez Thèbes de haut,
partez en montgolfière au-dessus
de la montagne, de la nécropole
thébaine et de la vallée du Nil.
59
Se déplacer de ville en ville
Louxor,
la Cité des vivants
Temple de Louxor
0
20
40
60 m
Temple
couvert
N
Cour
d’Aménophis III
Grande colonnade
Forteresse
romaine
Pylône
d’Aménophis III
Forteresse
romaine
Cour
de Ramsès II
Mosquée
Abou el-Haggag
Pylône
Entrée
Cour de Nectanebo
Enceinte de Nectanebo
Dromos de Sphinx
60
Le musée de Louxor
Ouvert de 9 h à 13 h et de 16 h à
21 h (de 17 h à 22 h l’été). Entrée
payante.
Situé sur la corniche dans la
direction de Karnak, il présente une
petite mais magnifique collection
d’antiquités. L’aménagement intérieur, une grande réussite, met particulièrement en valeur les merveilles
du musée, notamment une magnifique statue de Thoutmosis III en
schiste noir, une imposante statue
du dieu Sobek, une émouvante tête
d’Aménophis IV et les statues découvertes dans le temple de Louxor
en 1989.
Karnak
Ouvert de 7 h à 17 h. Entrée payante.
«Karnak est le plus merveilleux
amas de ruines que l’on puisse
voir », écrivait l’égyptologue Auguste Mariette. Il est si vaste (1,5 km
de long sur 700 mètres), si touffu, il
présente tant d’éléments d’époques
différentes qu’on ne peut vraiment
Temple de Karnak, à Louxor
l’apprécier et encore moins le comprendre en une seule journée.
Tout au long des mille cinq cents
ans où Amon régna en maître sur le
panthéon des dieux égyptiens, Karnak constitua un chantier permanent. Chaque souverain, en effet,
voulait construire son propre édifice
à la gloire du dieu, quitte à détruire
ceux de ses prédécesseurs pour les
réutiliser…
Karnak se compose de trois parties bien distinctes : Montou (en ruine), au nord, Mout, au sud, et, entre
les deux, le grand temple d’Amon,
de loin le plus intéressant.
Le premier pylône, le plus haut
de l’ensemble, a été laissé inachevé
par ses constructeurs. Il marque la
61
Se déplacer de ville en ville
son épouse, Mout, dans le temple
de Louxor.
Ce sont deux souverains, Aménophis III et Ramsès II, qui lui donnèrent l’essentiel de sa structure
actuelle. Ce dernier ajouta au temple traditionnel un double portique.
Elle était close par un pylône monumental, précédé de deux obélisques
et de six statues colossales. Les
fidèles, qui ne pouvaient franchir
l’enceinte sacrée, vouaient un culte
particulier à ces dernières, considérées comme des intercesseurs
auprès du dieu.
Un des deux obélisques a été
offert à la France par Mohamed Ali
en 1831 puis érigé place de la
Concorde. Trois des six colosses ont
aujourd’hui disparu. Dans la première
cour à portique, une chapelle, édifiée
sous Thoutmosis III, abritait les reposoirs des barques divines d’Amon, de
Mout et de Khonsou. S’y trouve aussi
une petite mosquée. Celle-ci, construite au XIIe siècle, quand le temple
était encore enseveli sous le sable, le
surplombe aujourd’hui.
Le temple construit par Aménophis III commence au deuxième
pylône. Sur les murs, des fresques
racontent les cérémonies de l’Opet.
Un vestibule et une chambre d’offrandes précèdent le sanctuaire.
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Le sauvetage
des monuments par
l’Unesco
Dès 1959, l’Egypte et
le Soudan ont lancé un
appel à l’Unesco pour
sauver les monuments qui
allaient être engloutis sous
les eaux du lac Nasser.
En l’espace de vingt ans
(1960-1980), plus de vingt
temples et chapelles ont été
démontés, déplacés bloc
par bloc et reconstitués.
Les villages nubiens n’ont
pas eu cette chance et
leurs habitants ont dû aller
vivre ailleurs, dans un
environnement qui ne leur
plaît pas toujours.
Dans ces opérations,
les Egyptiens ont reçu la
coopération de chercheurs et
d’ingénieurs étrangers :
Français, Allemands, Italiens.
Les opérations les plus
onéreuses furent celle
d’Abou Simbel (42 millions
de $) et celle de Philae
(30 millions de $).
en 1963, les opérations durèrent
huit ans!
Le Grand Temple, dédié aux
dieux Amon, Harmakhis, Path et à
Ramsès II lui-même, impressionne le
visiteur — et avec raison — par ses
dimensions. Les quatre immenses
colosses de Ramsès II qui ornent sa
façade regardent les eaux du lac
Nasser, un éternel sourire mystérieux
aux lèvres. La première salle, imposante et haute de plafond, est consacrée pour l’essentiel aux exploits
guerriers du souverain, visiblement
adepte du culte de la personnalité…
On le voit voler sur son char à l’assaut
d’une citadelle, terrasser à lui seul les
Hittites à la bataille de Qadesh.
Le sanctuaire abrite les statues
des trois divinités maîtresses du lieu
et du pharaon divinisé. Deux fois par
an, au moment des équinoxes, elles
sont illuminées par les rayons du
soleil, qui pénètre jusqu’au cœur du
temple. Seule la statue de Ptah, dieu
de l’enfer, reste dans l’ombre.
L’intérieur de la roche reconstituée
est accessible au public. Vous resterez
béats devant l’exploit technique effectué par les équipes de sauvetage !
Le temple d’Abou Simbel
Le temple d’Hathor est consacré
à l’épouse de Ramsès II, Néfertari,
divinisée sous la forme de la déessevache. Sur sa façade, deux statues
colossales de la reine sont encadrées
par quatre autres, représentant son
époux.
Sachez garder intactes
les merveilles
pour vos petits-enfants!
Respectez les fresques, les pierres
et les monuments. Ne passez pas
le doigt sur des peintures de
trois mille ans pour vérifier si
elles «tiennent», ne prélevez pas
des échantillons comme
«souvenirs», n’inscrivez pas votre
nom sur les murs et prenez garde
de ne pas érafler les parois avec
sacs ou appareils photo.
74
Le delta
du Nil et
Alexandrie
A
u-delà du Caire
s’épanouit le delta,
telle une vaste
corolle sillonnée
de canaux et de bras du Nil.
La plaine, fertile des tonnes d’alluvions déposées par
le fleuve, est cultivée avec tant de soin
Suivez le guide!
qu’elle prend des airs d’immense jarLe long des grandes
avenues calmes bordées
din potager. Coton, riz, fruits, légumes
d’arbres et d’immeubles
vieillots, de café en café, et fleurs constituent toute la richesse
partez à la recherche des de cette région. A la limite du désert
traces effacées de
l’Alexandrie cosmopolite se développent les cultures extensives
de Lawrence Durrell.
des terres volées au sable.
Très tôt le matin,
Les capitales antiques, Saïs et Tanis
rendez-vous à la criée, où
les pêcheurs vendent leurs ont disparu corps et âme, laissant
prises de la nuit, puis sur
les plages de Ras el-Tin, où la place à des bourgades et à des
des artisans renommés
villes coiffées de mosquées et animées
fabriquent de magnifiques
vedettes de bois.
du matin au soir.
75
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La découverte
du phare d’Alexandrie
Depuis 1990, une équipe
de chercheurs français et
égyptiens, dirigée par
l’helléniste Jean-Yves
Empereur, fouille la cité
d’Alexandre le Grand. Sa
découverte la plus médiatisée
fut celle — contestée par
certains — des vestiges du
phare d’Alexandrie, qui
reposaient depuis des siècles
sous 8 mètres d’eau, à
proximité du fort de Qaïtbay.
Outre les blocs qui
proviendraient de la Septième
Merveille du monde, les
archéologues-plongeurs ont
découvert avec surprise une
véritable «décharge»
d’antiquités antérieures aux
Ptolémées : des fragments
d’un obélisque de Séthi Ier,
14 sphinx, des statues. Plus
de 2000 blocs ont été
dénombrés, gisant sur plus
de 2 hectares. Certaines
pièces ont déjà été dégagées
et sorties de l’eau.
Mais l’équipe en a pour
des années de travail…
ce lieu calme et serein semblent
flotter les âmes d’Alexandre le
Grand, de César et de Cléopâtre. Sa
visite ravira ceux qui se passionnent
pour l’évolution de l’art de l’Egypte
ancienne. Si certaines pièces sont
d’inspiration purement grecque ou
romaine, d’autres présentent un
étrange mélange des genres où se
côtoient art pharaonique et style
gréco-romain.
Ce brassage des différentes influences artistiques trouve une illustration assez comique dans la
chapelle de Kom el-Shuqafa, des
catacombes des Ier et IIe siècles, découvertes par pur hasard au début
du siècle, lorsque le sol s’effondra
sous le poids d’un âne. Le malheureux fit une chute de 10 mètres, et
l’histoire ne dit pas s’il survécut.
Trente mètres sous terre, un réseau
de couloirs mène à des salles où des
niches accueillaient les urnes funéraires des défunts.
Les plages
d’Alexandrie
L’été, les Cairotes qui en ont les
moyens se précipitent à Alexandrie
pour profiter des plages. Vous serez
probablement effaré — et effrayé —
de voir l’entassement et la saleté de
celles, publiques, du centre-ville.
Nul, en outre, ne saurait vous garantir la qualité de l’eau… Ville trop vite
grandie — elle compte aujourd’hui
plus de 4 millions d’habitants —
Alexandrie semble bien prendre ses
plages pour des poubelles.
Mieux vaut donc se rabattre sur
des plages plus excentrées. Celles de
Montazah, payantes, s’étalent au
pied du palais du khédive Abbas, à
l’architecture étonnante, digne de
Walt Disney. Le parc qui l’entoure,
fort de ses 150 ha, est un des lieux de
promenade favoris des Alexandrins.
Agami, à l’ouest d’Alexandrie,
est surnommé le Saint-Tropez égyptien. Cette station balnéaire assez
récente n’a pas le charme du petit
port de la Côte d’Azur mais en
connaît l’affluence… Les plages, la
plupart payantes, sont belles et propres, étant régulièrement nettoyées.
78
Le canal de
Suez et la
mer Rouge
D
e Port-Saïd à Suez : la veine bleue du canal
de Suez. Inauguré en 1869 par le khédive
Ismaïl en présence de l’impératrice Eugénie
et de Ferdinand de Lesseps, le canal de
Suez ouvrait pour la première fois une voie navigable
entre la mer Rouge et la Méditerranée, entre l’Asie et
l’Europe. Aujourd’hui encore, ce mince ruban bleu
long de 173 km est très fréquenté : une quarantaine
de bateaux organisés en convois l’empruntent chaque
jour. La traversée de l’isthme dure quinze heures.
Et le canal offre le
spectacle toujours
surprenant de voir
glisser entre deux
dunes d’énormes
navires qui semblent
surgis de nulle part.
Le canal de Suez lors de son ouverture
79
Quelques-unes des espèces marines
de la mer Rouge
Les 15 meilleurs sites de plongée
de Sharm el-Sheikh
Les sites
Le niveau requis
Near Garden
Débutant
Far garden
Débutant
White Knight
Débutant
Ras Nosrani
Avancé
Gordon Reef
Débutant
Thomas Reef
Avancé
Woodhouse Reef
Moyen
Jackson Reef
Débutant et moyen
Les sites
Tower
Amphoras
Paradise
Ras um Sid
Ras Atar
Sting Ray Alley
Shark Reef
88
Le niveau requis
Débutant
Moyen
Moyen
Moyen
Moyen
Débutant
Confirmé
Les oasis
D
es mers de dunes dorées, des paysages
lunaires aux étranges concrétions pierreuses,
des kilomètres de plaines caillouteuses :
le désert Occidental, prolongation du Sahara,
n’est ni uniforme ni facile d’accès. Il est parsemé
de cinq oasis, comme autant
d’îles sur un océan : Siwa,
Bahariya, Farafra, Dakhla,
Kharga. Elles sont reliées entre
elles par une piste longue
de 1000 kilomètres,
en forme de Z sur la carte.
Oasis de Kharga, nécropole chrétienne
Siwa
Proche de la frontière libyenne, cette oasis est restée longtemps zone
militaire interdite aux visiteurs étrangers. Est-ce cet isolement forcé qui
a contribué à conserver à Siwa des traditions particulières? Sans doute,
mais l’identité berbère de ses habitants (ne leur dites surtout pas qu’ils
sont arabes!) y est probablement pour beaucoup… Les Issiwanes parlent un dialecte particulier, proche du berbère… et mangent du couscous plutôt que du riz.
Les mœurs de l’oasis sont très puritaines : vous ne verrez des femmes qu’un long châle bleu brodé de rouge et mieux vaut éviter les
maillots de bain.
Longue de 80 km, parsemée de concrétions calcaires, de sources
d’eau minérale et de deux lacs salés, Siwa vit de la culture des dattes et
des olives, ce qui lui donne un petit air de jardin d’Eden. Au centre de
la bourgade de Chali, la principale ville de l’île, se dressent d’étranges
ruines fantomatiques : c’est l’ancien village détruit, au siècle dernier, par
des pluies diluviennes.
Quelques pistes de sable vous mèneront au temple de l’oracle d’Amon,
que vint consulter Alexandre le Grand en personne. Situé sur un promontoire, il a mal résisté au temps. Mais, en parcourant les ruines tortueuses,
89
qui sait si vous ne rencontrerez pas un
djinn, qui sont fort nombreux dans la
région si l’on en croit les Issiwanes. Sinon, contentez-vous d’admirer la mer
de palmes qui s’étend à vos pieds.
Ne manquez pas d’aller vous baigner dans quelques-unes de ces
fontaines rondes dont l’eau pétille
doucement. Certaines datent de
l’occupation romaine, d’autres ont
été construites récemment pour irriguer les jardins.
Bahariya
Les quatre villages de cette oasis
sont éparpillés dans une cuvette
entourée de dunes coiffées de
roches volcaniques noires. Jusqu’au
Moyen Âge, Bahariya constituait
une halte idéale pour les caravanes
venant du Maghreb et se rendant à
La Mecque.
Mais le temps de la prospérité
est loin et l’oasis se dépeuple peu à
peu. C’est cependant la plus facilement accessible, étant reliée à la
capitale par une route asphaltée.
Farafra
C’est la plus petite et la moins fréquentée des cinq oasis. Si vous
aimez le calme, si vous avez besoin
de solitude après la surpopulation de
la vallée du Nil, n’hésitez pas, même
si atteindre Farafra n’est pas une
sinécure (deux à trois liaisons par bus
hebdomadaires à partir du Caire).
Farafra s’étend sur un plateau de
sable blanc piqueté de quelques
taches de verdure qui cachent
quelques maisons de terre. A partir
de Qasr el-Farafra, le village le plus
important, des sentiers de sable permettent de sillonner la palmeraie, où
jouent les rayons du soleil.
Ne manquez pas l’excursion dans
le désert Blanc, à une quarantaine
de kilomètres de l’oasis. Après le
sable et les roches noires apparaissent d’étranges concrétions calcaires
en forme de pyramides, de champignons, d’icebergs, qui s’étendent à
perte de vue. Un spectacle féerique
au lever ou au coucher du soleil.
Dakhla
Ici, on oublierait presque le désert
tant la terre est fertile : Dakhla se
présente comme une succession de
palmeraies, de vergers et de cultures
maraîchères. A partir de Mout, le
plus important des dix villages de
l’oasis, quelques belles promenades
(motorisées, les distances étant
assez longues) mènent à des sites
intéressants : village déserté d’elQasr, nécropole de Balat, temple de
Deir el-Haggar ou vestiges pharaoniques de Musawaka.
Kharga
Des blocs d’immeubles tristes, des
avenues tirés au cordeau : Kharga
se présente indéniablement comme
une ville nouvelle, dont le seul but
est de mettre en valeur les terres de
la Nouvelle Vallée. Ce n’est pas ici
que vous entrerez en contact avec la
vie traditionnelle des oasis !
Mais Kharga vaut le détour pour
ses sites anciens : le temple d’Hibis,
seul témoignage architectural de
l’occupation perse en Egypte et la
nécropole chrétienne de Bagawat
(ouverte de 8 à 17 h, entrée payante).
Accrochée à flanc de colline, elle
regroupe plusieurs centaines de
tombes datant du Ve siècle. Certaines ont conservé, sur leurs murs,
des scènes peintes de l’Ancien et du
Nouveau Testament.
90
Carnet
d’adresses
Le Caire
et ses environs
Louxor
............
92
.....................
93
Assouan
et Abou Simbel . . . . . . . . . . . . 94
Hurghada
.................
Sharm el-Sheik
...........
95
96
Le Caire
Indicatif du Caire : 2.
Hôtels
- Marriott Cairo,
16, rue Saraya al-Gezira, Zamalek.
Cet ancien palais respire le luxe et le
calme. Certaines chambres offrent une
magnifique vue sur le Nil. Les jardins sont
très agréables. Nombreux restaurants,
commerces et services, casino, tennis,
piscine découverte et café en terrasse.
renommée à juste titre. Galerie d’art
dans l’entrée.
- Abou Shaqra,
60, rue Qasr el-Aini.
De l’excellente cuisine traditionnelle
égyptienne. Très fréquenté par les familles moyennes qui s’offrent une sortie.
- Paprika,
Corniche el-Nil, face à la maison de
la radio.
Ce restaurant reçoit une foule de vedettes du petit écran. Il offre une nourriture égyptienne très soignée pour des
prix corrects.
- Le Bistro,
Rue Hoda Shaarawi.
Un excellent restaurant français pour
ceux qui sont lassés de la gastronomie égyptienne. On y trouve aussi
des journaux français et suisses.
- Felfela,
tél. : 392 27 51.
A l’angle de la rue Talaat Harb et de
la rue Hoda Sharawi, centre-ville,
- Mena House Oberoi,
Route des Pyramides, Giza.
Ancien pavillon de chasse royal converti
en hôtel, le Mena House repose au pied
des pyramides, dans une oasis de verdure. Véritable palais oriental où vous
pourrez profiter d’un vaste espace piscine, d’un golf… et d’une atmosphère
mystérieuse. L’imposante masse de la
pyramide de Khéops n’y est sans doute
pas étrangère.
Restaurants
- Le Pacha 1901,
Saraya al-Gezira, Zamalek,
tél. : 340 67 30.
Complexe flottant de neuf restaurants,
qui domine les berges du Nil. Cuisine internationale très variée et spécialités locales.
- L’Arabesque,
6, rue al-Nil, tél. : 575 98 96.
Très joli cadre fort calme. Sous des lumières tamisées, vous y dégusterez d’excellentes brochettes et de délicieux
légumes. Leur soupe aux lentilles est
c’est une véritable institution cairote. Le
décor y est rustique et la nourriture, typiquement égyptienne : grande variété de
foul, grillades, pigeon farci.
- Naguib Mahfouz,
Au cœur du souk
khan el-Khalili, a reconstitué un
agréable décor oriental. Ses excellents
mezze et son calme sont les bienvenus
après quelques heures de balades dans
le vieux Caire islamique. Pas d’alcool.
Sortir
Groppi, Sur la place Taalat Harb, fut un
haut lieu de la vie intellectuelle et cosmopolite du Caire dans les années 50.
Fondé en 1890, il réjouira les amateurs
d’ambiance surannée. Une succursale
s’est ouverte rue Adly, à proximité de la
place de l’Opéra. Dans une cour plantée
d’arbres viennent y roucouler les amoureux du Caire.
Le Fishawi, Dans le souk de khan elKhalili, est un autre « incontournable ».
Murs recouverts de miroirs 1900, tables
92
Shopping
Pour les souvenirs,
un détour par le
khan el-Khalili est
indispensable. Attention, les boutiques sont
fermées le dimanche. Pour
ceux qui désirent acquérir
des objets d’artisanat de
meilleure qualité, mais aussi
plus chers, deux adresses : la
boutique Nomad, dans l’enceinte de
l’hôtel Marriott et celle d’Azza Fahmy,
73, rue al-Hussein, à Dokki.
Hôpitaux :
- Hôpital anglo-américain, Zamalek,
tél. : 341 86 30/340 61 65.
- Hôpital al-Salam international, Cornich al-Nil, Maadi,
tél. : 362 33 00. Ainsi que 3,
rue Souriyya, Mohandessin,
tél. : 46 70 61.
Louxor
Indicatif de Louxor : 95.
Hôtels
- Old Winter Palace,
Cornich al-Nil, Louxor.
Adresses utiles
- Ambassade de France : 29, rue de
Giza, tél. : 570 39 20.
- Consulat de France : 5, rue al-Fadl,
dans le centre-ville, tél. : 93 43 16.
- Centre culturel français : 1, rue
Madraset al-Houqouq, Mounira,
Garden City, tél. : 355 37 25.
Ce palace de style victorien construit en
1886 sur la corniche du Nil reçut les plus
grandes têtes couronnées du monde. Ici
le luxe atteint des sommets de raffinement dans les suites royales. Le restaurant 1886 est réputé comme l’une des
Offices du tourisme :
- Dans le centre-ville : 5, rue Adly,
tél. : 391 55 90.
- Près du site des pyramides, tél. :
291 42 77.
- Gare Ramsès, tél. : 385 02 59.
Librairies francophones :
- Livres de France, immeuble Immobilia, rue Qasr al-Nil (au coin avec la
rue Chérif).
- L’Orientaliste, 15, rue Qasr al-Nil.
Journaux et magazines français dans les
kiosques situés à côté du café Groppi,
sur la place Tahrir, dans les librairies des
hôtels de luxe.
plus fines tables du pays. Piscine, tennis,
bar, discothèque.
- Mövenpick Jolie Ville,
Ile des Crocodiles, 5 km au sud de
Louxor.
Des bungalows tout confort sont nichés
dans une végétation luxuriante. Une
navette gratuite relie l’île à la ville de
Louxor. Piscine, restaurants, bars, espace
enfants, concerts au bord du Nil, au coucher du soleil.
93
Carnet d’adresses
branlantes et vieux messieurs accrochés
à leur narghileh, c’est toute une partie
de l’âme cairote qui réside ici.
Le spectacle son et lumière des
pyramides vous permettra d’apprécier ces monuments, de nuit.
Sortir
Restaurants
Ici, évidemment, c’est la plongée sousmarine. Vous pouvez vous embarquer
sur des bateaux à fond de verre pour les
îles avoisinantes.
L’hôtel Sindbad propose des excursions de 45 minutes en sous-marin, histoire d’admirer les fonds à 20 ou 25
mètres de profondeur. (tél. : 44 21 66).
Excellents restaurants de poissons au
Fairouz Hilton Resort, ainsi qu’en ville
le restaurant Sinaï Star.
Restaurants polynésien et thaïlandais,
également au Fairouz Hilton Resort et,
en ville, quelques restaurants argentins
et italiens.
Plongée sous-marine
- Seafari.
Mashrabiya, tél. : 44 47 69.
Centre de plongée français de bon niveau. Agréé PADI et CMAS.
Deux autres bonnes adresses de centres
de plongée :
- Hermès. C’est un centre de l’UCPA en
Egypte, qui accepte des individuels. Renseignements à la réception du Geisum
Village (tél. : 54 66 92 ou 54 79 95). La
journée de plongée vous coûtera environ
300 F, équipement compris. Vous pouvez
y effectuer des stages de plusieurs jours.
- Subex (tél. : 44 75 93) est une école
suisse d’excellente réputation.
Sharm el-Sheikh
Indicatif de Sharm el-Sheikh : 62.
Hôtels
- Fairouz Hilton Resort,
Des bungalows sont répartis dans un
beau jardin qui contraste avec l’ocre de
la montagne et le bleu de la mer. Restaurants, discothèque, bars, centre de
plongée, bateau à fond transparent.
Sortir
Sharm el-Sheikh est mondialement renommé pour la beauté de ses fonds. Si
vous ne pratiquez pas la plongée avec
bouteille, un simple masque, des palmes
et un tuba vous suffiront pour apprécier
la beauté des coraux et de leurs hôtes. Le
site de Ras Mohammed, à 60 km de
Sharm el-Sheikh, est absolument exceptionnel.
Vous pouvez également partir en
excursion dans le désert ou au monastère Sainte-Catherine.
Adresses utiles
- Aquamarine,
Divers International.
Au Sofitel, Naama Bay.
Un très bon centre de plongée doté d’un
excellent équipement et d’une équipe de
professionnels qui parlent plusieurs langues. L’accueil et un large éventail d’activités subaquatiques combleront aussi
bien les débutants que les plongeurs
confirmés.
Qui dit station de plongée sous-marine dit
chambres de décompression. En cas de
besoin, vous en trouverez au MFO (armée
américaine) sur la route d’al-Tor et au Red
See Diving Center (Dr Wael Nassif).
- Novotel aquamarine,
Au bord de la plage, piscine, tennis.
- Sofitel,
Naama Bay, Sinaï.
Situé à flanc de falaise, le Sofitel a beaucoup d’allure. Avec ses chambres vue sur
la mer, 7 restaurants et bars à thèmes, et
2 piscines, le Sofitel est, sans conteste,
l’un des hôtels les plus agréables de
Sharm el-Sheikh.
Le Sofitel de Sharm el-Sheikh
96
En savoir
plus
Lexique
....................
Bibliographie
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Carte de l’Egypte
Index
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.......
100
......................
102
Lexique
B
ien sûr, ce n’est pas en quelques jours que
vous allez apprendre l’arabe égyptien…
Mais retenez quelques mots :
non seulement cela peut vous être utile
mais cela fera plaisir à votre interlocuteur.
Prononciation
Le «g» se prononce «gue» au Caire
et «dje» en Haute-Egypte.
Le «q» ne se prononce pas au nord
et se dit «g» au sud.
Le «kh» se prononce comme la jota
espagnole. Le «r» est toujours roulé.
Le «gh» correspond à un «r» non
roulé. Ainsi «ghaly» (cher) se dit «rali».
Le «h» est toujours fortement aspiré.
L’article, unique, se dit «al» ou «el».
Compter
0:
1:
2:
3:
4:
5:
sifr.
wahed.
etnen.
talata.
arbaa.
khamsa.
6 : setta.
7 : sabaa.
8 : tamaniyya.
9 : tesaa.
10 : achara.
20 : echrin.
30 :
40 :
50 :
100 :
1000 :
talatin.
arba’in.
khamsin.
meyya.
alf.
Formules de politesse
Bonjour (respecteux) :
es-salam aleikoum
(réponse : aleikoum salam).
Bonjour (le matin) : sabah al-kheir
(réponse : sabah al-nour).
Bonsoir (le soir) : masa al-kheir
(réponse : masa al-nour).
Bienvenue : ahlan wa sahlan.
Au revoir : maa salam.
Comment ça va? : ezzayak
(pour un homme);
98
ezzayek (pour une femme).
Ça va bien : kwayyes ou taman.
S’il vous plaît : min fadlak
(pour un homme); min fadlik
(pour une femme).
Merci : choukran.
Pardon/excusez-moi : assef.
Tant pis/ce n’est pas grave :
maalesh.
C’est impossible : mich momken.
Peut-être : momken.
Oui : aïwa.
Non : la.
Si Dieu le veut : in cha’allah.
Il y a (ou y a-t-il) : fi.
Il n’y a pas : mafich.
D’accord : tayyeb ou machi.
Interdit : mamnou.
Comment vous appelez-vous? :
ismak eh? (pour un homme)
ismek eh? (pour une femme).
Je m’appelle… : ismi…
Combien cela coûte-t-il : bi kam ?
Je suis Français(e) : ana fransawi;
ana fransawiyya.
Ça suffit, assez : khalas.
Vocabulaire
Gauche : chemal.
Droite : yemin.
Tout droit : ala toul.
Aéroport : matar.
Ambassade : sefara.
Gare : mahattet al-qatr.
Restaurant : mataam.
Hôtel : fondouq.
Musée : mathaf.
Marché : souk.
Pharmacie : sadaleyya.
Police : chourta.
Un peu : chouawyya.
Beaucoup : ketir.
Cher : ghali.
Malade : aayan.
Bibliographie
Egypte pharaonique
Egypte historique
La Civilisation égyptienne,
A. Erman et H. Ranke (Payot).
Egypte, guide historique
et culturel,
M.P. Fouchet (Larousse).
Histoire de l’Egypte ancienne,
N. Grimal (Fayard).
A la recherche de l’Egypte oubliée,
J. Vercoutter
(Découvertes Gallimard).
L’Art égyptien,
Ch. Desroches-Noblecourt
(Collection « 9 Muses », PUF).
Vie et mort d’un pharaon,
Toutankhamon,
Ch. Desroches-Noblecourt
(Hachette).
La Femme au temps des pharaons,
Ch. Desroches-Noblecourt (Stock).
Ramsès II,
Ch. Desroches-Noblecourt
(Pygmalion).
Le Petit Champollion illustré,
les hiéroglyphes à la portée de tous,
Ch. Jacq (Laffont).
Marie d’Egypte, J. Lacarrière (Fayard).
Les Hommes ivres de Dieu,
J. Lacarrière (Fayard).
Voyage en Egypte,
G. Flaubert (Grasset).
Livres d’art
La Découverte de l’Egypte,
Orgogozo (Flammarion).
L’Art de l’ancienne Egypte,
Michalowski (Mazenod et Citadelles).
Romans
Néfertiti ou le rêve d’Akhenaton,
A. Chédid (Flammarion).
Récits de notre quartier,
N. Mahfouz (Sindbad).
Le Livre des jours,
T. Hussein (Gallimard).
Cassettes vidéo
L’Egypte pharaonique, au musée
du Caire et en Haute-Egypte.
Egypte, 5 000 ans d’histoire,
Histoire du monde.
99
En savoir plus
Formules courantes
Soloum
Mer Méditerranée
Sidi Barrandi
Rosette
Alexandrie
Marsa Matrouh
el-Alamein
Plateau lybien
Pyramides de
Dépression de Quattara
Siwa
DÉSERT OCCIDENTAL
(Désert de Lybie)
Tell el-Amar
EGYPTE
0 à 300 mètres
300 à 500 mètres
500 à 1000 mètres
1000 à 1500 mètres
Forêts, oasis et cultures irriguées
Sites archéologiques
0
100
200 km
LIBYE
Alexandrie
Assiout
Assouan
Le Caire
Edfou
Esna
Hurghada
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Louxor
Suez
—
601
1 202
221
1 048
997
754
1 155
940
355
601
—
597
380
447
397
494
549
340
514
1 202
597
—
982
155
201
553
48
282
1 116
1 048
447
155
827
—
51
515
145
111
961
997
397
201
781
51
—
351
196
60
910
754
494
553
529
515
351
—
507
291
395
SOUDAN
mb
mO
Ko
rgh
ada
Hu
Esn
a
e
221
380
982
—
827
781
529
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721
134
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ou
Cai
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Le
ou
an
Ass
t
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Ass
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xan
dri
e
Tableau des distances kilomètriques
1 155
549
48
935
145
196
507
—
216
1 068
Baltim
Mansoura
Port-Saïd
el-Arich
ISRAEL
Tanta
Ismaïlia
de
el-Fayoum
Taba
Nuweiba
SINAÏ
Su
ez
Beni Soueif
Memphis
Dahab
Nil
Ste-Catherine
2 285
Mont
Sinaï
Minia
d’Aqa
lfe
Go
Giza
ba
Suez
Le Caire
Golfe
Giza
JORDANIE
ARABIE
SAOUDITE
Sharm el-Sheikh
rna
Assiout
Hurghada
Port-Safaga
Sohag
Qena
Abydos
Dendera
Thèbes Ouest
Kosseir
Karnak
Louxor
Mer Rouge
Esna
Edfou
940
340
262
721
111
60
291
216
—
855
Sue
z
Lou
xor
mb
o
Kom Ombo
355
514
1 116
134
961
910
395
1 068
855
—
Haut barrage
Assouan
Kalabsha
Lac Nasser
Wadi el-Seboua
Amada
Kasr Ibrin
Abou Simbel
Bérénice
Notes de voyage
Notes de voyage
Notes de voyage
Notes de voyage
Eg ypte
Une nouvelle collection
qui concilie les aspects pratiques,
touristiques et culturels du pays.
Un guide rédigé par un auteur
qui vous fait partager sa passion
de la destination.
Des suggestions de promenades,
des encadrés anecdotiques,
un texte facile et agréable à lire.
Des photos, des cartes, des plans
et des illustrations en couleurs.
Des adresses commentées d’hôtels,
de restaurants, de lieux où sortir,
de shopping et d’informations utiles.
Gwenaëlle Lenoir, 31 ans, est journaliste indépendante. Elle a rencontré le
Proche-Orient par hasard lors de ses études d’histoire. Quand elle s’envole, il y
a dix ans, pour étudier l’arabe au Caire, elle ne sait guère ce qu’elle y trouvera.
Ni surtout que, dorénavant, elle ne pourra plus se passer des bords du Nil. La
poésie du dialecte égyptien, l’insatiabilité anarchique de la capitale égyptienne,
la chaleur de ses amitiés égyptiennes, la complexité des rapports sociaux : rien
ne la laisse indifférente. Entre 1991 et 1993, elle est correspondante de presse
pour des magazines français. Depuis son retour en France, elle se rend régulièrement en Egypte pour y effectuer des reportages.
ISBN 2-912502-09-8
GUIDES MONDEOS
L’essentiel du voyage

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