338 - Canard PC

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338 - Canard PC
LES CROIS EURS S’AM USEN T
N ° 3 3 8
-
RAGE DEDA NS
EN TES
1
ROCKSTAR : LE DIVORCE SANGLANT
FUR I AVEC DE LA
BAT TLEFLEET GOTHIC : ARMADA
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M A I
2 0 1 6
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LE MAGAZINE QUI CARTONNE LE JEU VIDÉO
Numéro 338 | 1er mai 2016
Édito
L
es choses bougent. La jeunesse est
inquiète, la jeunesse est en colère,
la jeunesse se révolte. La nuit, au lieu de
dormir, elle reste debout, les yeux grands
ouverts, et pense à son avenir. Bon, peutêtre pas toute la jeunesse, d’accord, mais
au moins Izual, notre jeune et sémillant
rédacteur. Jusqu’ici, en dépit de sa candeur
et d’une absence de poil au menton qui
rivalisait avec celle de Pipomantis, son
comportement était exemplaire. Tout s’est
gâté la semaine dernière, quand il a trouvé
deux étranges morceaux de carton posés
sur son bureau. On aurait dit des tickets
de métro en beaucoup plus gros, rangés
dans une pochette en papier. « C’est quoi
ça ? », demanda-t-il à la cantonade (« la
cantonade » est le surnom affectueux qu’on
donne à Maria Kalash, qui a réponse à tout).
« Ben, ce sont des billets d’avion. Pour ton
voyage de presse à Los Angeles. Regarde, c’est
marqué là. » Alors, sous les yeux accablés
de toute la rédaction, le pauvre Izual se
décomposa. Il faut dire que, non content
d’être né trop tard pour avoir connu la
Super Nintendo, l’édition de config.sys et
les VHS qui coincent leur putain de bande
dans le magnétoscope, Izual souffre d’un
autre handicap : il n’a jamais pris l’avion.
Forcément, quand un vol intercontinental
38
Dossiers
de douze
heures lui tombe
sur la tête, il fait un peu la gueule. Depuis,
on essaye de le rassurer. On lui apporte
du McDo’, on le laisse gagner à Arma (ça
c’est facile, enfin sauf pour ackboo), on ne
lui jette plus de pierres quand il dit que
Fallout : New Vegas est un mauvais jeu. Mais
on aimerait faire encore davantage. C’est
pourquoi, chers lecteurs et lectrices, nous
vous invitons à participer à une fascinante
expérience. Le 17 mai prochain, concentrezvous tous ensemble pour envoyer de bonnes
vibrations à Izual et le rassurer pendant qu’il
montera à bord. Et surtout ne faiblissez pas
une seule seconde ! On lui a expliqué que
votre force psychique servirait à maintenir
l’avion dans les airs. Remarquez, c’est peutêtre pour ça qu’il se ronge les ongles jusqu’au
sang.
Sommaire
04. News
Tests
12 Battlefleet
lefleet Gothic : Armada
18 Stephen's
phen's Sausage Roll
19 The Banner
Saga 2
20 Polaris
aris
Sector
22 Leapp
of Fate
24 Phantasmal
26 Wand Wars
27 SpeedRunners
28 Pang
28 Goetia
12
38 Amazon peut-il devenir un géant
du jeu vidéo ?
74 Du rififi chez Rockstar
Plume pudding
44 Cabinet de curiosités
45 Au coin du jeu : Oculus Risque
46 News Online
À venir
48 Furi
50 Sherlock Holmes : The Devil’s Daughter
52 Scanner Sombre et Wrong Wire
52 Trajes Fatais
53 Aggelos
En chantier
54 Judgment : Apocalypse
Survival Simulation
56 The Solus Project
58 Man o' War :
Corsair
59 Welkin Road
60 Party Saboteurs
61 Racecraft
62 The Black Death
56
Techno
31
64 News Hardware
68 Download
70 Le Tour du Périph’
72 Configs de Canard
À part ça
29 Trench Run
31 Ratchet & Clank
32 Star Fox Zero
34 Yo-kai Watch
36 Au doigt et à l’œil
78 SAV
80 BD : Mario Sporco (épisode après-aprèsaprès-après-après-premier)
82 Canard Peinard Grillez-en une
Canard PC | 03
NEWS E N T A T I V E S D ' I N T E R D I C T I O N E T A U T R E B U Z Z F A I T S P A R L A N O U V E L L E É M I S S I O N " L E S R E C E T T E S P O M P E T T E S " S U R Y O U T U B E
das boat
A
u mois de mars, le
National Environment
Research Council
(NERC) britannique
a demandé aux internautes de
choisir grâce à un sondage géant
le nom de son prochain bateau
explorateur de l’Arctique, qui aura
coûté la bagatelle de 200 millions
de livres sterling : « Nous
voulons un nom enthousiasmant,
qui évoque l’environnement et
les sciences polaires. » Face à
cette opportunité grisante,
Internet a répondu présent.
Après un mois de vote,
les propositions comme
« RSS (Royal Research
Ship) Usain Boat »,
« RSS NotTheTitanic »
et « RSS Boatimus
Prime » se sont
retrouvées
écrasées par
la popularité
du glorieux
« RSS Boaty
McBoatface »,
grand vainqueur
du sondage. Le
NERC a annoncé
qu’il mettrait un
Donnez à l’Ark
peu de temps pour prendre
sa décision finale, même si
l’on imagine que le bateau va
sans doute finir nommé en
l’honneur d’un quelconque
explorateur nul du XIXe siècle.
News
Des fois ça marche,
des fois ça marche pas.
Pour Square Enix, les freeto-play, ça marche pas fort : Heroes
& Generals vivote, et après avoir
annulé Triad Wars (son Sleeping
Dogs mâtiné de Clash of Clans),
voilà que l’éditeur poubellise
aussi Nosgoth, sa tentative de
relancer la franchise Legacy of
Kain. En revanche, pour Psyonix, le
développeur de Nosgoth, ça marche
pas mal, puisque ce sont surtout
les créateurs de Rocket League.
04 | Canard PC
Dans le dernier numéro,
nous vous parlions d’un rififi
juridique entre le studio
Wildcard, qui a développé
Ark : Survival Evolved avec
le succès que l’on sait, et
Trendy Entertainment.
En cause, le possible nonrespect d’une clause de
non-concurrence de la
part de Jeremy Stieglitz,
ancien directeur créatif
de Trendy qui a rejoint le
studio des dinosaures
en accès anticipé.
On a appris depuis
que le plaignant
avait demandé
la bagatelle de 600 millions
de dollars (sans doute pour
entamer une collection
d’Airbus A330) mais que,
dans la grande tradition
américaine, tout pourrait se
conclure sur un arrangement
à 40 millions de dollars. Ce
qui représente tout de même,
comme disent dans ces cas-là
les spécialistes, « une putain
sa mère de somme ». Voyons
le bon côté des choses : ce
n’est pas tous les jours que
les clients d’un jeu en accès
anticipé ont la chance de
savoir exactement comment
sera dépensé leur pognon.
Quand la World Company
annonce toucher aux
idoles de mon enfance,
je ne sais jamais trop s’il
me faut me réjouir ou
pleurer. En l’occurrence,
Activision annonce deux
jeux Ghostbusters pour
ACCOMPAGNERLEŽLMDELaŅTŅ
un sur PC, l’autre sur mobile.
Conseil prudence : conservons
nos ambitions au plus bas.
La mort servie
sur un plateau
ous ne le savez peut-être pas – ou
peut-être que si, mais dans ce cas,
soyez gentils, faites comme si –
mais Kickstarter ne sert pas à lancer
que des jeux vidéo. La plateforme de
financement participatif accueille également
un paquet de projets de jeux de plateau. Au
rang desquels un petit nouveau : l’adaptation
en carton de Dark Souls. Nous, on était tout
fous : on imaginait un jeu avec des gages, comme s’enfoncer des trombones
sous les ongles ou lancer des dés en acier chauffés à blanc à mains nues. Non, ce
sera un jeu assez classique d’exploration jusqu’à quatre joueurs et finalement, le
plus douloureux se situera au niveau du prix (près de 100 euros). Pas de quoi
rebuter les joueurs qui, en l’espace de trois jours, ont financé dix fois le montant
initialement demandé (50 000 livres). Si vous êtes curieux, c’est ici : cpc.cx/fl8
V
, Q U I A U R A I T , D È S S A D E U X I È M E I T É R A T I O N , D O N N É L I E U À L A R E C E T T E D U M É D A I L L O N D E V E A U A U S A U T E R N E S E T A U V O M I NEWS
Laisse pas
traîner ta clé
À l’instar de Toto-la-déglingue, notre
maquettiste-routard dont les repas sont
constitués de restes trouvés sur la voie
publique, les gens ne sont pas très regardants
avec ce qu’ils ramassent. Si peu d’entre eux
sont prêts à mettre à la bouche un thoncrudités récupéré dans le caniveau, ils sont
en revanche plus de 48 % à brancher sur leur
PC sans la moindre précaution une clé USB
trouvée par terre. Pour arriver à ce chiffre,
des chercheurs d’une université de l’Illinois
se sont amusés à semer un peu partout sur
leur campus des clés USB qui contenaient
une page HTML contactant un serveur
central lorsqu’elle était ouverte. En prime, la
page affichait aussi un petit questionnaire
demandant aux gens ce qui les avait conduit
à brancher ainsi un dispositif qui aurait très
bien pu contenir un malware. La plupart des
réponses étaient confondantes de naïveté,
du genre « de toute façon mon Mac me
protège des virus ». Un argument qui, déjà à
l’époque, avait coûté la vie à Lulu-la-blenno.
Cela ne sera une surprise pour
personne. Blackberry, après avoir
longtemps résisté, va finalement
abandonner son système opératif
maison, Blackberry 10, au profit
d’Android. Le groupe, connu pour
ses téléphones à clavier populaires
auprès des gens sérieux qui brassent
des millions du monde entier jusqu’au
Panama, tirait un peu la tronche depuis
la démocratisation des écrans tactiles.
Facebook avait annoncé mettre fin aux
mises à jour de son application, bien
vite suivi par Whatsapp et quelques
autres. Du coup, histoire de conserver
cette clientèle chic et soucieuse de
protéger son argent, Blackberry a
annoncé vouloir se concentrer sur la
conception des téléphones Android
les plus sûrs du marché. John Chen,
lucide, a commenté cette décision d’un
laconique : « Cela va être difficile. »
Erratum évolué
ans un précédent numéro de l’illustre revue Canard PC, une brève
faisait état de la fermeture d’Evolution Studios, filiale de Sony et
développeur de jeux comme Motorstorm ou le très mouvementé
Driveclub. Finalement, l’histoire ne se termine pas tout à fait ainsi :
Codemasters, qui a lui aussi frôlé la mort il y a quelques années, a profité de sa
bonne santé financière retrouvée pour racheter in extremis Evolution Studios
et récupérer ses employés. Ceux-ci travailleront désormais sur des jeux de
course pour Codemasters (qui possède notamment la licence Formule 1 ou la
franchise DiRT), tandis que Sony conservera leurs précédentes productions.
Que c’est triste quand tout finit bien comme ça, sans le moindre petit drame.
D
À coups de
d tweets super
évasifs, John Romero a
laissé comprendre que son
nouveau jeu, sur lequel
on le sait travailler depuis
quelque temps, est en rapport
avec le mystérieux site
www.hoxar-inc.com. Ce ne
SERADONCŽNALEMENTPAS
Daikatana 2, ce qui est bien
dommage car le monde a bien
besoin de rire en ce moment.
Canard PC | 05
NEWS E X É P A R L E S G U I G N O L S P U I S L E Z A P P I N G , M A L M E N É P A R L E S R E P R É S E N T A N T S M Ê M E D E S A P R O P R E C H A Î N E , B O L L O R É , Q U I A V A I T
Le grand bleu
S
TOPPEZ LES
ROTATIVES,
L’IMPENSABLE EST
ARRIVÉ ! Visiblement
pas échaudés – et surtout
encore en vie – après la sortie
de l’effroyable Death Cargo
(0/10, Canard PC n° 298),
le studio Necrostorm qui,
rappelons-le, est avant tout
une boîte de production
DEŽLMSDESŅRIE:VIENT
d’annoncer la mise en chantier
de Gorebreaker. Derrière
ce nom poétique comme
un charnier nord-coréen se
cache une version retapée/
rebootée de Death Cargo. Les
développeurs promettent des
graphismes retravaillés, un
nouveau gameplay inspiré
de Mortal Kombat 2 et 3 et
la totalité des personnages
prévus dans le titre d’origine.
Beaux joueurs, les gars
de Necrostorm comptent
offrir le jeu à tous les gens
ayant acheté Death Cargo,
dont notre très cher pigeon
collègue Pipomantis. Attention
toutefois, il faudra prendre
son mal en patience puisque
Gorebreaker, annoncé il y a
quelques semaines, sortira
selon ses développeurs « avant
LAŽN ». Maintenant qu’ils
ont trouvé une machine à
remonter le temps, ne reste
plus qu’à trouver quelqu’un
qui sache faire un jeu vidéo.
Les écrans bleus de Windows, c’est un peu comme
les crêpes en Bretagne ou les rigoles pleines de pisse
à Paris : une tradition. Depuis la première version
de Windows, en 1985, ces somptueux écrans d’erreur
(affectueusement rebaptisés blue screen of death) ont
indiqué à l’utilisateur que le PC a planté au-delà de
toute possibilité de récupération et qu’il n’y a plus
qu’à redémarrer. Tout du moins jusqu’à aujourd’hui.
Car dans la prochaine version de Windows 10,
actuellement en bêta, l’écran de la mort affichera,
en plus d’un code d’erreur ésotérique, un QR-code
que l’heureux utilisateur pourra flasher avec son
smartphone pour en apprendre plus sur la cause
du problème. Il n’aura donc fallu que 31 ans à
Microsoft pour trouver comment dépanner un
ordinateur bloqué : en en utilisant un autre. Malin.
Il aura fallu une toute petite
semaine à Dodge Roll pour écouler
200 000 copies de son Enter the
Gungeon sur PC et PS4. Comme
quoi, il suffit de faire un excellent
jeu pour en vendre des caisses.
C’est le dernier mod
l’heure où vous lisez ces lignes, à moins
d’un revirement de situation comme seul
Internet en a le secret, GameFront vient
de fermer. Le site, comptant parmi les plus
grandes bases de données de jeux vidéo, rassemblait
depuis sa création sous le nom de FileLeech (puis
FileFront) il y a une vingtaine d’années des mods, des
patchs, mais aussi des démos, des soluces, des guides
et quantités d’autres documents et informations
relatifs au loisir qui occupe l’essentiel de nos pages.
Mod DB a annoncé sa volonté de récupérer un
maximum de mods des jeux présents et passés, et
plein de gens ont manifesté de grosses larmes à
leurs yeux, mais il semble illusoire de croire que
l’ensemble des informations pourrait être préservé.
Internet Archive devrait quand même permettre de
sauver une partie des meubles. Mais le jour où ils se
feront racheter par Webedia, que se passera-t-il ?
À
06 | Canard PC
E N T E N D U S A P R O P R E V O I X S A N S S E R E C O N N A Î T R E S U R U N E N R E G I S T R E M E N T A U D I O , A U R A I T I N T E N T É U N P R O C È S A U M A G N É T O P H O N NEWS
iPéage
Victime de son succès, l’App Store d’Apple
ressemble désormais à une friperie mal
tenue : rempli d’une pléthore de machins
plus ou moins bien rangés, il devient
difficile pour le chaland d’y discerner le
bon grain de l’ivraie, pour le développeur
de vendre ses productions, et pour Apple
de maximiser ses profits. D’après des
informations de Bloomberg, la firme
travaille donc à la possibilité de faire payer
les développeurs, en échange de quoi elle
fera remonter leurs productions dans
les résultats. La recherche sponsorisée,
qui a fait la fortune de Google, devrait
permettre à Apple de gagner encore un peu
plus de sous, et reléguer les développeurs
pauvres à la douzième page de résultat.
Telltale, vous connaissez ?
Les p’tits gars qui
commencent des histoires
au coin du feu et demandent
cinq euros tous les mois
pour vous raconter la suite ?
Les gugusses qui font The
Walking Dead, ouais, ceuxlà. Eh bien, ils deviennent
éditeurs. Pour leur premier
jeu, ils prennent des risques
mais pas trop, en proposant
une version console de
7 Days to Die, autrement
dit un jeu sans histoire
mais avec des zombies.
l’enfer c’est les votes
C
ela faisait longtemps que nous
n’avions pas touché quelques
mots au sujet de Facebook et de
sa « responsabilité » à géométrie
variable. Aujourd’hui, le réseau social
qui peut censurer L’Origine du monde
de Gustave Courbet tout en laissant
traîner une vidéo de lynchage, se
demande s’il n’aurait pas un rôle à jouer
dans l’élection de Donald Trump. Ou
plutôt, dans sa non-élection puisqu’un
sondage interne s’interroge sur le fait
« d’aider à empêcher l’élection de Trump
en 2017 ». Un sujet qui pourrait être pris
pour une blague potache, si une étude
de 2012 n’avait pas démontré que le
fameux site avait modifié les intentions
de vote de quelque 340 000 électeurs.
Bien sûr, cette fuite fut suivie d’un
communiqué expliquant : « Nous
n’avons pas et nous n’utiliserons pas
nos produits d’une manière qui tente
d’influencer la façon dont les gens
votent. » Droit dans les yeux ?
Les enfants du Pyre
À quoi reconnaît-on un jeu de
Supergiant Games ? Après Bastion et
Transistor, voici qu’ils annoncent Pyre
(prévu pour l’an prochain sur PC et
PS4), ce qui permet de remarquer
quelques similitudes. Notons de prime
abord une obsession maladive pour
les titres en un seul mot, avec un nom
commun en anglais généralement
détourné de son sens. Suit une direction
artistique du meilleur goût, offrant des
graphismes (en 2D vue de dessus) ma
foi fort appétissants et une musique
bien agréable à l’oreille. Enfin, signalons
que tous ces jeux tournent autour de
grosses bastons, bien bourrines dans
Bastion, plus subtiles dans Transistor,
et apparemment nettement plus
tactiques dans Pyre, où vous guiderez
(et donnerez des ordres à) un petit
groupe de combattants. Et voilà, je
crois qu’on a fait le tour. Suivant !
Canard PC | 07
NEWS N S P I R É D E S B O T S D E F A C E B O O K , E T F A I S A N T F A C E À U N A F F L U X I N É D I T D ' A P P E L S , L E S E R V I C E " S O S A M I T I É " VA À S O N T O U R S ' É Q U I P E R D E R O B O T S - R É P O N
Everybody’s Gone to the Rapture, le
simulateur de marche de The Chinese Room,
a débarqué sur nos PC. À l’époque où c’était
opé d’un
d un tiède
encore une exclu PS4, il avait écopé
tage sur
6/10 dans Canard PC, et son portage
blement été
nos machines de bourgeois a visiblement
ur dire que si
réalisé avec les pieds. Tout ça pour
vous avez de l’argent à perdre, on vous conseille
plutôt la formule d’abo à vvie de Canard PC.
Les maux
DELAŽN
Quand Oculus
fâché, lui toujours
faire comme ça
Le lancement de l’Oculus Rift
ne se passe pas de la meilleure
des façons : retards de livraison,
accusations de planquer des
mouchards pour Facebook… et
maintenant, voilà que ces salauds
de joueurs ont trouvé un moyen
de jouer aux jeux Oculus avec un
casque Vive ! Des développeurs
ont en effet bidouillé un petit
programme qui – je vous passe
le paragraphe d’explications en
jargon technique imbitable –
et voilà, magie, les jeux exclusifs
pour lesquels Oculus a dépensé
des millions (tels Lucky’s Tale,
Chronos ou The Climb) ne sont
plus exclusifs du tout. Oculus
n’entend pas rester sans défense,
et compte remettre une couche
de DRM sur ses jeux pour
colmater la fuite : après tout,
pourquoi laisser ses clients
profiter comme ils le souhaitent
j
q
des jeux
qu’ils
ont acheté ?
08 | Canard PC
l
E
ntre son gameplay
sans fioritures et
son design épuré,
Mirror’s Edge était un
jeu qui allait droit au but. Oui,
« était » car l’utilisation d’un
monde ouvert sur le second
opus entraînera l’apparition
de trucs et de machins à
débloquer. Si les onglets
« combat » et « équipement »
nous font un peu froid dans
le dos, on est cependant
morts flippés d’apprendre
que toutes les techniques de
déplacement spéciales seront à
débloquer à coups d’XP. Ainsi,
face aux brouettes d’insultes
déversées devant leurs locaux
par des joueurs en colère, les
développeurs ont tenté de se
justifier en expliquant qu’il est
plus facile d’appréhender de
nouveaux éléments de gameplay,
en les obtenant au fur et à
mesure. Allez, admettons qu’ils
marquent un point et attendons
la bêta pour dire des gros mots.
le sale air de la peur
Vous ne connaissez peut-être pas l’existence du Square Enix
Collective, une chouette initiative lancée par la firme visant
à éditer ou épauler des développeurs indépendants dans
leurs projets de financement participatif. Celle-ci a déjà
permis la création de deux projets, à savoir Black the Fall
(encore en bêta fermée) et Goetia, testé dans ce numéro.
Ce qui nous intéresse aujourd’hui est une licence paumée
dans les cartons de l’éditeur, à savoir Fear Effect, une série
de jeux d’action cyberpunk sortis autour de l’an 2000. La
licence a été prêtée à Sushee (développeur de Goetia, donc)
qui compte en faire un jeu tactique en temps réel mâtiné de
puzzles. Ici on est intrigués, voire curieux, même si l’on ne
compte pas aller jusqu’à mettre du fric dans le Kickstarter
(qui, à l’heure où j’écris ces lignes, est de toute façon plutôt
bien parti). Prévu pour le printemps 2017, Fear Effect
Sedna pourrait bien faire revivre une licence sympathique
qui mériterait d’être dépoussiérée, un peu comme mon
grand-père, rangé dans la Résidence des Flots Paisibles.
Après avoir cherché à
savoir si l’eau mouillait
et si l’alcool rendait
ivre, les experts de
sécurité informatique
de la société Trend
Micro ont voulu vérifier
la vulnérabilité de
QuickTime. L’inspection
s’est vite révélée
aussi terrifiante que
la perspective d’un
dimanche passé à
regarder une émission
de Michel Drucker :
deux failles de sécurité
béantes dans la version
Windows constituent
autant de déclarations
d’amour aux tentatives
d’intrusion sur les
PC porteurs du
merveilleux logiciel.
Mieux : Apple aurait
arrêté définitivement
de mettre à jour cette
version Windows, que
Trend Micro et même le
gouvernement américain
conseillent désormais
de désinstaller de toute
urgence. Heureusement,
j’avais pris de l’avance sur
ces recommandations
en virant QuickTime de
mon ordi il y a dix ans.
D E U R S . « I L Y A U N M O M E N T O Ù I L F A U T L A I S S E R L A T E C H N O L O G I E F A I R E L E S A L E B O U L O T » , E X P L I Q U E L E R E P R E N E U R D E L ' E N T R E P R I S E À 8 E U R O S L A M I N NEWS
Barbare de rire
i vous pensez que Kung Fury était la dernière
brique qui manquait à l’édifice du 7e art pour
être enfin complet, réservez votre journée du
21 mai : c’est le jour de sortie officiel sur Steam
de Age of Barbarian Extended Cut, son équivalent
vidéoludique. Partant du principe que « pourquoi
pas ? » est une interrogation plus pertinente que
S
Jamais deux sans toi
« pourquoi ? », des petits malins se sont mis en tête
de pondre un vague remake de Barbarian 2, lui-même
très mauvais en son temps (1988). Tout y est : de la
vraie-fausse FMV cracra, du slip en fourrure, des
cache-tétons en bronze, de la vulgarité qui transpire de
chaque pixel, du kitch infâme… Un potentiel de nullité
abyssale qui va presque faire paraître l’attente longue…
La chaîne de
magasins Gamestop
a lancé Gametrust, son
propre label d’édition. Déjà
acoquinée avec Insomniac
(Ratchet & Clank), elle vient
d’annoncer des partenariats
avec Ready at Dawn (The
Order), Frozenbyte (Trine)
et TequilaWorks
(Deadlight).
Troika Games. Un studio dont tous
les rôlistes se souviennent encore et
qui a pris son envol en 2001 avec Arcanum,
le Temple du mal élementaire et Vampire : The
Masquerade - Bloodlines avant de s’écraser au sol en
2005 sur fond de problèmes d’oseille. Jusqu’à présent,
un seul de ses trois membres fondateurs bossait
encore dans le jeu de rôle : Tim Cain, chez Obsidian
Entertainment. Eh bien, ce bon vieux Timothy
– le créateur de Fallout – a été rejoint il y a
quelques semaines par le deuxième tiers du trio,
Leonard Boyarski. Si l’on voulait faire monter
la sauce, c’est là qu’on rappellerait que les droits
de la licence Vampire : The Masquerade sont
détenus depuis à peine six mois par Paradox,
l’éditeur avec lequel travaille Obsidian. Non, je
vous vois vous emballer tout seul dans votre coin,
arrêtez tout de suite, vous vous faites du mal…
Obra-Dinn,
Obra-dann
Fin 2014, Lucas Pope (le monsieur responsable
de Papers, Please) offrait à tous une démo de son jeu à
venir, Return of the Obra Dinn (on en parlait d’ailleurs
dans le CPC n° 307). Eh bien, monsieur Pope a remis
ça : sur cpc.cx/ffy, vous trouverez une démo mise à jour,
qui montre les progrès réalisés en un an. Je vous sens
timide, alors rappelons que le jeu vous met dans la peau
d’un enquêteur de 1808 montant à bord d’un bateau,
l’Obra Dinn, disparu des années plus tôt. À l’aide de
pouvoirs surnaturels, vous allez petit à petit enquêter
pour découvrir ce qui est arrivé à chacun des nombreux
membres d’équipage. Le tout bénéficie d’un emballage
visuel inédit, mélangeant style graphique en noir et blanc
d’il y a 30 ans et 3D moderne. Tant mieux car dès la démo,
Return of the Obra Dinn offre quelques passages saisissants.
Allez, c’est gratuit, vous me remercierez plus tard.
Rambo the
Video Game,
élu à l’unanimité
des quatre voix
qui cohabitent
dans ma tête
(vos gueules,
d’ailleurs, pas
encore un
orphelinat, non,
pas cette fois) pire
jeu de l’année
en 2014, vient de
se voir enrichi
d’un DLC avec
de nouveaux
niveaux, armes et
scénario (!). Et tout
ça gratuitement. Si
les développeurs
voulaient
s’excuser, une
boîte de chocolats
AURAITSUFŽHEIN
« Il viendra
une époque où
les hommes se
mettront à faire
n’importe quoi.
Alors le monde
disparaîtra et
ce sera bien fait
pour sa gueule. »
Cette fort belle
prophétie de
l’Apocalypse
selon saint Jean
est bien partie
pour se réaliser au
Royaume-Uni, où
Vapers In Power,
un parti politique
consacré aux
droits des
vapoteurs, vient
d’être lancé.
Canard PC | 09
NEWS TRIPES-ADVISOR, LE PREMIER SITE QUI RECUEILLE LES AVIS DES CLIENTS EN MATIÈRE DE "SERVICE APRÈS-VENTE" DES RESTAURANTS UN PEU DOUTEUX NIVEAU HYGIÈ
Jeux vidéolympiques
La deuxième
quatrième dimension
près des années de chouinements,
de pleurs et autres geignements,
les amateurs d’e-sport auront leurs
Jeux olympiques, avec des dates
calées sur celles des sportifs. Pour ce qui
est du lieu, il semblerait que personne
ne soit encore prêt à faire poser Günter
(champion du lancer de marteau) aux côtés
de Jean-Kevin (350 APM sur Starcraft II).
C’est pourquoi la première édition de 2016
se déroulera à Rio, sous l’impulsion du
gouvernement britannique. Petit problème :
avec un secteur qui doit encore beaucoup
faire pour se structurer, seuls quatre pays
sont actuellement en mesure de présenter
une équipe, à savoir le Royaume-Uni, les
États-Unis, le Canada et le Brésil. À moins
que ça ne soit le fait de voir les généreuses
dotations remplacées par des médailles qui
démotive nos amoureux du sport ?
A
Les aventuriers de l’arche perdante
ercury Steam est un développeur
madrilène discret mais
particulièrement besogneux,
à qui l’on doit notamment le
fantastique Castlevania : Lords of Shadow,
mais malheureusement aussi l’infect
bubon Castlevania : Lords of Shadow 2,
le dégueulasse Clive Barker’s Jericho ainsi
que l’oubliable (et oublié) Scrapland. Pas
dégoûtés pour autant, nos amis Espagnols
bossent sur Raiders of the Broken Planet, un
jeu multi en ligne où des pillards devront
affronter de méchants vilains envahisseurs
ou bien combattre à leurs côtés si le
cœur leur en dit. Courageux, Mercury
Steam entend s’auto-éditer et prévoit
une sortie avant la fin de l’année sur PC,
PlayStation 4 et Xbox One. Allez les gars,
ça serait quand même chouette d’avoir un
second vrai bon jeu dans votre CV, non ?
M
loto stoppeur
Nous vivons vraiment une époque
formidable. Déjà parce qu’on peut y croiser
un type nommé Eddie Raymond Tipton.
Ensuite parce que ledit Eddie y a commis un
crime inimaginable voici quelques années
seulement. Monsieur Tipton est en effet
responsable de la sécurité informatique
pour une loterie d’État américaine. Pas con
comme un Tipton, il a modifié le code utilisé
par la loterie pour que, trois jours par an, le
10 | Canard PC
tirage ne crache pas des nombres aléatoires
mais un résultat qu’Eddie-la-fripouille
pouvait prédire grâce à un algorithme. Il en
a profité pour jouer (et gagner) six fois entre
2005 et 2011. Bon, ça a quand même mal fini
pour lui puisqu’il s’est fait gauler et que sa
combine a été découverte. Mais qu’importe…
Je vous l’ai dit, nous vivons une époque
formidable et ce n’est que le début : à ce
qu’il paraît, bientôt on votera par Internet.
Que fait Ken Levine, le scénariste
des BioShock, quand il a terminé
sa semaine de travail chez 2K ?
Comme de nombreux Américains,
il enchaîne sur son deuxième
taf : réalisateur de films chez
Interlude, une petite start-up qui
a aussi embauché Sam Barlow (le
créateur de Her Story) pour bosser
sur un remake de War Games.
Le projet de Levine marquera
aussi le retour d’une vieillerie
du XXe siècle : The Twilight
Zone, ou plutôt La Quatrième
Dimension, comme on disait
quand la série avait été diffusée
dans nos humbles contrées. La
version de Levine sera tournée
(ni en 4D, ni en 3D mais bien en
bonne vieille 2D) avec de vrais
acteurs, mais restera tout de
même interactive, pour permettre
au spectateur « de devenir partie
intégrante de l’histoire », indique
un communiquant d’Interlude.
« Oui, on travaille sur une
suite à Titanfall. Elle n’a pas
encore de nom officiel, mais
on travaille là-dessus. » Tels
étaient les propos du PDG
du studio Respawn il y a
plus d’un an. Après quinze
mois à peser le pour et le
contre, l’équipe a écarté Call
of pour les gens qui assument
pas de jouer à Call of et
s’est enfin mise d’accord
sur un titre audacieux :
Titanfall 2. Merci messieurs.
OFFERT !
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Photos non contractuelles. Voir conditions sur site.
Test
T
12 | Canard PC
TEST PC
Battlefleet
Gothic : Armada
la flotte enchantée
Rappel n° 1 : ±ƒƒĮåāååƒƐ:ŇƒĚĞÏ était un jeu de plateau de Games
;SVOWLSTEFERHSRR³IRETV²WHIWERR³IWHIGSQEEVXMǻGMIP
Rappel n° 2 : soucieuse de faire repartir ses comptes, l’entreprise anglaise
organise depuis quelques années une grande braderie sur ses licences pour
TIVQIXXVIªRƶMQTSVXIUYIPH³ZIPSTTIYVHIPIWYXMPMWIVTPYWJEGMPIQIRX
Rappel n° 3 : n’importe quel individu sensé attend désormais le moindre
NIYZMH³SIWXEQTMPP³,EQIW;SVOWLSTEZIGYRIXVSR±SRRIYWI
B
on, je suis un peu méchant car
Battlefleet Gothic : Armada s’en sort
plutôt bien. Commençons par le pan
solo du jeu, qui nous met dans les
bottes du capitaine Spire. En bon gradé
de l’Imperium, Spire voguait peinard dans son
rafiot de l’espace, avant d’être témoin d’une invasion
massive du Chaos. Ni une, ni deux, le brave homme
rentre faire son rapport et, Warhammer 40,000
Un STR pensé pour
être joué en mode
tranquille-pépouze.
oblige, passe pour un potentiel hérétique qui essaie
d’embarquer les troupes de l’Imperium dans une
embuscade. Bien sûr, rien de mieux pour savoir si un
homme vous ment qu’une bonne torture de quelques
jours, au terme desquels Spire ressort blanc comme
neige. Sans doute pour se faire pardonner des clous
rouillés enfoncés sous les ongles, le capitaine devient
alors amiral et se voit confier la responsabilité d’une
flotte entière. En somme, Armada va vous raconter
pourquoi le Chaos veut la peau du secteur Gothic
de l’Imperium à grand renfort de cinématiques
absolument splendides et de multiples dialogues
qui transforment l’ensemble en « Warhammer
40k Porn », sans devenir cryptique pour autant. En
réalité, ma seule objection repose sur un scénario un
peu décousu qui donne parfois l’impression que tout
le monde se tape dessus au prétexte de « parce que
bon ».
Abaddon alors... Le premier contact s’amorce
en douceur, le jeu nous confiant tout d’abord le
contrôle d’un unique vaisseau avant d’augmenter
petit à petit la dose, jusqu’à nous placer dans
des batailles qui peuvent en opposer une bonne
quinzaine, et même davantage. Hérités du STR,
les contrôles ne demanderont donc pas un grand
temps d’adaptation aux habitués du genre, mais
il faudra cependant se faire à de nombreuses
finesses. Les premières d’entre elles sont des
ordres spéciaux qui améliorent temporairement
les temps de rechargement, le blindage ou les
dégâts d’un vaisseau, voire de le rendre invisible
de loin grâce à un silence radio. Viennent ensuite
les ordres d’attitude, permettant d’imposer
l’utilisation des armes de proue ou de flanc, de
forcer les attaques par bâbord et tribord et même
de décider s’il faut détruire en priorité la passerelle
de commandement, les moteurs, les canons ou
les générateurs d’une cible. Oui, ça fait beaucoup
de choses à prendre en compte, surtout si l’on
ajoute le déclenchement des barges d’assaut pour
s’offrir une chance supplémentaire de détruire
un élément clé ou l’utilisation d’armes sans visée
automatique, comme les torpilles ou le canon
Nova. Mais rassurez-vous, le jeu est pensé pour les
papas et les mamans qui ont autre chose à foutre
que de travailler leurs actions par minute comme
des pianistes ratés, grâce à une sorte de bullet time
qui peut être activé à volonté. Et croyez-moi, il
n’est pas de trop, puisqu’il reste également vital
de donner des ordres de mouvement spéciaux
pour virer sur les côtés ou foncer en ligne droite.
L’intérêt de ces manœuvres, bien entendu : éviter
quelques torpilles ou éperonner un ennemi, sachant
que plus notre vaisseau est lourd et plus il faudra se
méfier de son inertie. Un peu comme quand Denis
(qu’on aime et qu’on adore) entre en salle de repos
en gueulant « hey les gars, j’ai une blague ! » et que
l’esprit de cette dernière flotte encore au milieu
d’une rédac atterrée, dix minutes après son départ.
Mais je m’égare.
par Kahn Lusth
Genre : stratégie
temps réel
)³ZIPSTTIYVc
Tindalos
Interactive
(France)
Éditeur : Focus
Home Interactive
Plateforme :
PC Windows
(SRǻK
recommandée :
carte graphique
dédiée requise
8³P³GLEVKIQIRXc
8 Go
1ERKYI VOSTFR
(anglais soustitré français)
DRM : Steam
Canard PC | 13
TEST PC BATTLEFLEET GOTHIC : ARMADA
Quatre factions,
quatre ambiances
Si l’Imperium, moyen partout,
constituera un point de départ
pour 99 % des joueurs qui
débuteront avec la campagne
solo, le fait d’opter pour une
nouvelle faction dans un mode de
jeu secondaire pourra facilement
rallonger la durée de vie du titre
de quelques poignées d’heures.
Il y a tout d’abord le Chaos, très
proche de l’Imperium mais un
peu plus axé sur la distance
avec de gros canons. Bien plus
±ĵƚŸ±ĹƋŸØĬåŸŞĜų±ƋåŸŅųĩŸŅýųåĹƋ
carrément un nouveau style de
jeu en nous poussant à éperonner
et déclencher des abordages,
en raison d’une solidité à toute
épreuve et de canons ridicules.
)ĹĀĹØĬåŸÏŅųŸ±ĜųåŸåĬÚ±ųŸ
ŅýųåĹƋ±ƚŸŸĜƚĹåÆŅĹĹåÚŅŸåÚå
ųåĹŅƚƴåĬĬåĵåĹƋƤ×ĬåƚųŸÆŅƚÏĬĜåųŸ
ne fonctionnent que lorsqu’ils
sont en mouvement, ce qui
oblige à surveiller constamment
leurs déplacements. Un bon
coup de rabot dans leurs
statistiques ne serait d’ailleurs
pas un mal, étant donné qu’il
ĬåƚųŸƚþƋÚåü±ĜųåÚåŸƤųŅĹÚŸ
autour de l’ennemi pour éviter
la quasi-totalité des dégâts.
14 | Canard PC
Une bien belle
formation, mais
totalement inutile
puisque les vaisseaux
se mettent toujours
IRPMKRIYRIJSMW
EVVMZ³WªHIWXMREXMSR
Lutte contre le secteurisme. Entre
les combats, le jeu affiche une carte où
l’on peut voir tous les secteurs en notre
possession et les mondes qui les composent.
Contrairement à bien d’autres titres axés sur
une logique de conquête, Armada-Dirladada
vous place en situation de défense. Chaque
secteur est ainsi divisé en mondes reliés entre
eux, qui n’apportent aucun bonus. À l’inverse,
la perte d’un monde est accompagnée de
malus. Moins d’XP après une bataille, des
réparations plus coûteuses, pénurie de
chouquettes… beaucoup de pénalités sont
possibles et il conviendra donc de limiter
la casse, d’autant qu’un monde laissé trop
longtemps aux mains de l’ennemi finira par
se manger un exterminatus dans les dents
et deviendra aussi utile qu’un presse-papier.
Quels ennemis, vous demandez-vous ? Tout
d’abord les rebelles impériaux, qui serviront
surtout d’amuse-gueule. Puis le Chaos, les
corsaires eldars et les pirates orks viendront
frapper à la porte. Pour gérer ce beau monde,
il faudra alors compter sur un nombre de
déploiements limités pour chaque tour,
afin de répondre au mieux aux différents
problèmes et en sachant que plus une faction
s’installe, plus elle devient susceptible de
déclencher de nouvelles attaques aux tours
suivants. C’est donc un véritable jeu dans le
jeu qui nous est proposé, certes loin de la
complexité d’un Total War, mais qui donne
une bonne raison d’être à nos batailles et
contribue à transformer les défaites en
résultat acceptable. En effet, seule la perte
d’une cinquantaine de mondes entraînera
une fin prématurée, ce qui donne un peu
plus de goût au mode Iron Man qui permet
de jouer en s’imposant une sauvegarde après
chaque affrontement.
La mort lui irait si bien. D’ailleurs,
revenons un peu sur ces batailles. Suivant
l’exemple du jeu original, Armada se
concentre uniquement sur notre capacité
à bien choisir nos vaisseaux et à les
utiliser convenablement. Au combat,
tout commence avec une sélection où l’on
détermine qui va rejoindre la ligne de front,
entre le Canardus Astartes, l’Astronomicanus
et l’Imperium Fistos. Limité par une
quantité maximale de points, ce choix
doit être adapté à la mission qui nous est
confiée. Au nombre de sept, ces dernières
2EPKV³YRRMZIEYHI
zoom convenable,
PINIYKEKRIVEMX
IRIVKSRSQMI
s’il proposait une
distance de vue
QE\MQEPITPYW³PIZ³I
vont de l’affrontement classique à l’escorte de
transporteurs, en passant par la destruction
d’une cible. Ensuite, le jeu génère une carte
aléatoirement, tant au niveau de son allure
générale que des éléments de gameplay qui
rempliront plus ou moins le terrain, comme des
champs de mine, des bâtiments, des nébuleuses
où se cacher et autres joyeusetés. Toutefois, la
destruction des vaisseaux ne sera pas la seule
issue envisageable, puisque ceux-ci peuvent
quitter le champ de bataille en faisant un saut
dans le Warp. Petit problème, cette manœuvre
ne s’effectue pas toujours sur ordre du joueur,
puisqu’à force de subir des dégâts et voir d’autres
vaisseaux exploser, le capitaine d’un de nos
bâtiments peut décider de se tirer sans attendre
nos ordres. Dans ce cas précis, un petit coup de
fil au commissaire de bord et celui-ci se chargera
d’exécuter le trouillard, puis de nommer un
nouveau capitaine. D’excellentes idées qui
tombent toutefois un peu à l’eau, étant donné
leurs faibles conséquences. Histoire de dresser
Une campagne solo
très prenante assurant
25 à 30 h de plaisir.
une liste bête et méchante, sauter dans le Warp
comporte un petit risque de voir le vaisseau se
perdre et devenir indisponible pendant quelques
affrontements, tout comme sa destruction
qui – en plus – le prive de son gain d’XP. Et la
mort d’un capitaine ? Un simple changement
de portrait dans la présentation du vaisseau. Eh
oui, ceux qui espéraient une gestion à la XCOM
risquent d’être déçus par le manque d’audace
d’Armada, même si la montée en XP qui permet
d’améliorer petit à petit nos appareils s’annonce
sympathique.
L’âge d’arraison. Qu’à cela ne tienne, la
campagne solo reste malgré tout très prenante, au
point d’avoir réussi à me donner envie d’y rejouer
chaque matin au saut du lit. Et pour la suite ?
Eh bien, il ne vous restera plus qu’à rempiler avec
un mode sans fin en solo ou en multijoueur, en
utilisant le camp de votre choix. Si leur principal
intérêt est de découvrir de nouvelles façons
de jouer (voir encadré page suivante), j’avoue
être un peu déçu par le manque de profondeur
de ces variantes. Que ce soit en solo ou avec
d’autres joueurs, le jeu se contente ici de nous
donner à enchaîner des batailles au hasard,
sans d’autre but que d’améliorer nos vaisseaux.
Pas de secteurs à défendre ou à conquérir ni de
ladder pour se classer mais de la bête castagne
ininterrompue jusqu’à plus soif. En réalité, le
seul intérêt du multijoueur est de permettre des
affrontements à deux contre deux, sachant qu’il
faudra composer avec une gestion du ralenti
limitée par une jauge personnelle. Et là, autant
vous dire que le côté STR-tranquille-pépouze
se fait balancer par-dessus bord et qu’Armada
devient une foire au micromanagement. Bref,
l’inquiétude de voir le multijoueur se vider à
toute vitesse est donc réelle mais, coup de bol,
le titre de Tindalos se débrouille suffisamment
bien en solo pour vous offrir (au bas mot) 25 à
30 heures de plaisir.
Notre Avis :
Armada vaut le
détour, ne seraitce que pour sa
campagne solo
solide, et ce malgré
quelques pétouilles
dont on se serait
bien passé. Son
ĵŅÚåŸŅĬŅŸ±ĹŸĀĹ
et son multijoueur
ne serviront quant à
eux que de rab pour
ĬåŸŞĬƚŸ±ý±ĵæŸţ
Dommage car
avec un peu plus
d’audace (et un
ĵåĜĬĬåƚųÆƚÚčåƋƤũšØ
ce jeu aurait pu
entrer sans forcer
dans le petit club
des « classiques
instantanés ».
Environ
40 €
Canard PC | 15
TEST PC ARMADA LE GUIDE
Vos premiers vaisseaux, sur mesure
L'acquisition des premiers vaisseaux de la campagne solo peut être particulièrement
déroutante, étant donné le côté « Lego » des machines impériales. Ces dernières
R³GIWWMXIRXIRIǺIXH´XVIWT³GMEPMW³IWTEVPINSYIYVUYMVMWUYIHIWIWIRXMVTIVHY
au milieu des upgrades et autres variantes d'appareil. Coup de bol, on a pensé à vous.
Le Tank
Comme vous devez vous en
douter, le tank sera là pour
attirer le feu ennemi et laisser
PIWZEMWWIEY\TPYWJVEKMPIWQEMW
mieux armés tirer sans craindre
HI\TPSWIVEYTVIQMIVSFYW
L'objectif est donc d'obtenir
un bâtiment capable de forcer
l'ennemi à le prendre pour cible,
doté d'une meilleure résistance
et qui ne va pas foutre le camp
EY\TVIQMIVW³GLERKIWHIXMVW
Le Canon Scié
Les tirs lointains ? Très peu pour
PYM1IGERSRWGM³IWXHYKIRVI
à venir coller ses armes contre
la coque d’un vaisseau ennemi,
TYMWªPIVIKEVHIVI\TPSWIV
HERWYRKVERHJIYHƶEVXMǻGI
Pour cela, rien de tel qu’une
bonne téléportation pour arriver
très facilement au contact, un
équipement optimisé pour le
GSQFEXVETTVSGL³IXYR³UYMTEKI
UYMWEMXZMWIVPªSıEJEMXQEP
16 | Canard PC
Vaisseaux
recommandés :ƐƐ
Dauntless / Lunar
Compétences :ƐƐ
Provocation puis
Bouclier Void
YVGLEVK³
Améliorations :Ɛ
Générateur de
Bouclier Void
Supplémentaire,
Coque Renforcée,
Condensateurs à
Boucliers Auxiliaires,
Blindage Central,
Système AntiIncendie puis
Passerelle de
Combat Améliorée.
“UYMTEKIƐ
Technoprêtre,
Commissaire puis
IVZMXIYVW
Vaisseaux
recommandés :
Dauntless / Gothic
Compétences :
Micro-Saut Warp
puis Disrupteur
Hƶ&YKYVIW
Améliorations : Obus
Perforants, Tourelles
Supplémentaires,
Relais de Puissance
Auxiliaire,
Propulseurs
à Plasma
Économiques,
Générateur de
Bouclier Void
Supplémentaire puis
Coque Renforcée.
“UYMTEKI
Maître-Artilleur,
Technoprêtre puis
(SQQMWWEMVI
Le U-Boot
Ce n’est vraiment pas le plus
solide du lot, ni le meilleur
PSVWUYƶMPWƶEKMXHIV³KPIVWIW
comptes mano a mano2EMW
quand on veut exploser un
vaisseau qui ne l’a même pas
ZYZIRMVPI9'SSXVIWXIPIVSM
L’objectif sera donc d’optimiser
un torpilleur pour lui permettre
de voir sans être vu, puis de se
tirer sans encombre le temps
HITV³TEVIVYRIRSYZIPPIWEPZI
La Barge d’Assaut
« Bonjour, c’est pour les
calendriers de l’Astra
aĞĮЃ±Źƣķƭúƭ~&ZIGPEFEVKI
HƶEWWEYXPIWP³KMSRWT³REPIW
WIVZMVSRXIRǻRªUYIPUYIGLSWI
en allant discuter le bout de
KVEWEZIGPƶIRRIQM(IZEMWWIEY
sera particulièrement utile pour
PIWQMWWMSRWUYMI\MKIRXYR
EFSVHEKISYªPƶMRZIVWITSYV
s’en prémunir, comme celles
HIV³GYT³VEXMSRHIWHSRR³IW
Vaisseaux
recommandés :
Dauntless Mk2 /
Tyrant
Compétences :
Sonde Augure puis
Cellule à Induction
&Q³PMSV³I
&Q³PMSVEXMSRWc
(EQSYǼEKI
Dissipateur
d’Émissions,
Propulseur de
Manœuvre, Augures
Améliorés, Boucliers
de Navigation
puis Propulseurs
à Plasma
“GSRSQMUYIW
“UYMTEKI
Serviteurs,
Technoprêtre puis
(SQQMWWEMVI
Vaisseaux
recommandés :
Dauntless / Gothic
Compétences :
Bombe Disruptive
puis Bouclier Void
YVGLEVK³
&Q³PMSVEXMSRWc
Téléportarium
Additionnel,
Équipe de Sécurité
du Générateur,
Blindage Central,
Condensateurs à
Boucliers Auxiliaires,
Générateur de
Bouclier Void
Supplémentaire puis
Relais de Puissance
&Y\MPMEMVI
“UYMTEKILégions
Pénales, Navigateur
TYMWIVZMXIYVW
VE278H
27’’ LED FULL HD 1920x1080
Temps de réponse : 2ms – Connectique : VGA - 2x HDMI
Haut-parleurs stéréo
290,96€
199
€
99
dont 2€ d’éco-part.
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TEST PC
par Netsabes
Stephen’s Sausage Roll
La fête à la saucisse
En bon citadin, je n’ai qu’une expérience limitée des barbecues sauvages.
9RNIYQƶSǺVERXHIWGIRXEMRIWHIWEYGMWWIWªKVMPPIVRITSYZEMXHSRG´XVIUYƶYRI
I\T³VMIRGIH³TE]WERXI*LFMIRNIRƶEYVEMWNEQEMWGVYUYƶMP³XEMXWMHMǽGMPIHIKVMPPIV
une seule saucisse. On en apprend tous les jours.
Genre :
Sokoban ultime
Développeur /
éditeur : Increpare
(Royaume-Uni)
Plateformes :
PC Windows,
Mac, Linux
(SRǻK
recommandée :
n’importe quel PC
8³P³GLEVKIQIRX
50 Mo
1ERKYIVO
DRM : Steam ou
aucun sur le site du
développeur
D
ans Stephen’s Sausage Roll, vous
jouez un petit humain (qui
occupe une case) trimbalant
devant lui une énorme fourche
(occupant aussi une case). Votre but
dans la vie : faire cuire les saucisses
géantes (elles occupent deux cases et ont deux faces)
sur les grils (une case chacun) qui parsèment chaque
niveau. Mais attention, elles doivent être juste bien
cuites : faites passer une même face deux fois sur le
gril et la saucisse sera brûlée, vous obligeant à revenir
en arrière en annulant vos derniers mouvements.
Pour réussir, il faut pousser les saucisses et les faire
tourner à l’aide de votre corps et de votre fourche,
ce qui est plus facile à dire qu’à faire : comme dans
Sokobond (autre bon pousse-blocs), apprendre à
gérer ses déplacements permet déjà de commencer
à résoudre le puzzle. Pour le reste, en revanche, le
joueur doit réfléchir, et là SSR ne nous ménage pas. Je
n’ai pas terminé Stephen’s Sausage Roll, loin de là. Je ne
pense pas être un idiot, je bouffe des picross au petitdéjeuner et j’ai des posters de The Witness au-dessus
de mon lit, mais SSR, c’est le Dark Souls des cassetête. Quand vous n’y arrivez pas, le jeu vous prend
par les épaules, vous met un bon coup de boule, vous
retourne puis vous fait sortir à coups de pied au cul
en vous criant de ne pas revenir tant que vous ne
vous serez pas amélioré. Alors vous allez voir ailleurs
(chaque zone permet d’accéder à tous les puzzles d’un
18 | Canard PC
coup, mais vous devez les terminer pour passer à la
suivante) et petit à petit, vous apprenez les règles
jamais écrites de SSR.
Barbaque dans les bacs. Comme The Witness, dont
Stephen Lavelle, le développeur de SSR, a d’ailleurs
conçu quelques puzzles – les chiens ne font pas des
chats, comme disait mon arrière-grand-mère (je ne l’ai
pas connue, mais quel que soit le récit, c’est toujours ce
que disent les arrière-grands-mères, c’est leur fonction
narrative) –, Stephen’s Sausage Roll ne vous explique
rien et vous laisse découvrir par vous-même, en vous
plantant, en déduisant. Du coup, je vais éviter de trop
en dévoiler, mais il y a matière à déduire, à apprendre
et à se planter. Beaucoup. Et quand vous pensez
maîtriser le jeu, que vous venez de finir une zone et
que vous passez fièrement à la suivante, le jeu vous
retourne encore et introduit de nouvelles mécaniques,
vous forçant à revoir encore une fois tout votre mode
de pensée pour réussir à cuire la moindre saucisse.
Croyez-moi : dans SSR, chaque puzzle réussi procure
une telle joie, une telle délivrance qu’il vaut mieux
s’arrêter là pour le moment et reprendre un peu plus
tard, après avoir retrouvé ses esprits.
Notre Avis :
Pour les amateurs
de casse-tête,
Stephen’s Sausage
Roll est l’épreuve
ultime, après la
petite mise en
bouche qu’était
‰ĘåƤœĜƋĹ域. S’il
était un chouïa
moins austère, un
poil plus ouvert,
il serait tout
simplement parfait.
Environ
28 €
The Banner Saga 2
par Kahn Lusth
De bien mauvaises bannières
The Banner Saga 2 reprend là où son prédécesseur s’était arrêté, avec un petit
menu qui propose de retrouver sa sauvegarde. À moins que celle-ci ne soit
perdue dans les limbes de votre disque dur et vous contraigne à choisir pour
TIVWSRREKI7SSOSYWEǻPPI&PIXXITYMWHIZSYWH³FVSYMPPIVEZIGHIWGLSM\
prédéterminés par les développeurs. Si avec ça, les gens ne comprennent pas
UYIHIWERGMIRWHI'MS[EVIWSRXEY\GSQQERHIWHYWXYHMS
,IRVIc jeu de rôle
)³ZIPSTTIYVc
Stoic Studio
(États-Unis)
“HMXIYVc
Versus Evil
5PEXIJSVQIc
PC Windows
(SRǻK
recommandée :
carte graphique
dédiée requise
8³P³GLEVKIQIRXc
3,4 Go
1ERKYIc VOST
(anglais)
)72cSteam
P
our les deux qui dorment au fond,
The Banner Saga était un jeu de
rôle où les combats se déroulaient
au tour par tour, sur fond d’invasion et de
décisions critiques. Aujourd’hui, nos héros
sont toujours en train de fuir les dredges,
des monstres colossaux, et leur caravane
se dirige vers Arberrang, dans l’espoir que
le roi et les murs de sa cité offriront une
protection suffisante. Rien de vraiment
neuf, si ce n’est que vous croiserez en
chemin une nouvelle race d’humanoïdes
qui ressemblent à des centaures à tête
d’elfe. Oui, dit comme ça, ça fait un peu monstre de
Frankenstein mais le résultat est plutôt convaincant et se
mélange à l’univers du jeu sans faire de taches. Quoi qu’il
en soit, le plus amusant reste de prendre par moments
le contrôle d’une autre caravane, dirigée par une grosse
ordure. Impossible d’en dire plus sans vous spoiler, mais
sachez qu’incarner un personnage qui ne pense qu’à sa
tronche offre un contraste intéressant avec l’aventure de
Rook ou Alette et permet de se défouler, que ce soit en
pillant un village, en laissant crever des gens sans avoir
honte, ou en écrivant « caca » sur les murs.
Un monde en runes. De son côté, la gestion de
ces caravanes ne bouge pas d’un poil. Comme de
coutume, il est question de gérer le moral et la quantité
de paysans ou guerriers qui nous accompagnent,
sachant que ces chiffres seront (entre autres) pris en
compte lorsqu’il faudra chercher de la nourriture ou
gérer un affrontement de masse. Un point toutefois
difficile à appréhender tant le jeu nous laisse dans
le flou permanent, afin de mieux nous mettre dans
les bottes d’un chef qui doit prendre ses décisions au
doigt mouillé. Et vous en pendrez à la pelle puisque
The Banner Saga 2 s’amuse à vous demander votre avis
tous les dix mètres. Faut-il s’arrêter pour aider des gens
qui appellent au secours, au risque de tomber dans
une embuscade ? Préférez-vous jeter des vivres pour
aller plus vite ou abandonner les plus lents ? Brune
ou blonde, votre bière ? De cruels dilemmes, d’autant
que les écrivains de Stoic ont eu la bonne idée de ne
pas forcément lier les décisions de « gentil » à des
conséquences positives. Il faudra se pencher du côté
des combats au tour par tour pour retrouver une sorte
de XCOM allégé où les seules véritables nouveautés
se résument à quelques ennemis inédits, l’apparition
de barricades destructibles et des objectifs plus variés
que « tuer tout le monde ». Des idées sympathiques
qui rajoutent un peu de sel, mais dont la rareté ne
convaincra guère que les fans du premier opus de
repasser à la caisse.
Notre Avis :
‰Ęå±ĹĹåų„±č±ƤƖ,
c’est The Banner
Saga avec des
barricades, des
objectifs qui
pimentent ses
batailles et la
possibilité de jouer
un méchant. Avec si
peu de nouveautés
et un scénario
qui ne fait que
prolonger celui du
premier opus, cette
suite s’adresse
donc avant tout aux
fans qui devraient
trouver de quoi
s’amuser encore
un peu.
Environ
20 €
Canard PC | 19
TEST PC
Polaris Sector
L’attaque des koalas de l’espace
Alors que toute la communauté des mégalos du 4X spatial attend
avec impatience l’arrivée de Stellaris (le 9 mai prochain, je vous
le rappelle), Polaris Sector pointe le bout de son nez à la dernière
QMRYXI5IYXMPJEMVISǽGIHIW]QTEXLMUYILSVWHƶĦYZVI$
par ackboo
Regardez-moi cette petite
IRǼYVIUYMRƶL³WMXIVEMXTEWª
K³RSGMHIVXSYXZSXVITIYTPI
WƶMPIREZEMXPƶSGGEWMSR
S
aviez-vous que les koalas étaient des gros bâtards ? Si
si, je me suis renseigné sur des forums spécialisés. On
les imagine comme de gentils nounours bouffant du
feuillage, alors qu’en fait, ils sont agressifs, vicieux, ils
pourchassent les humains en émettant d’effrayants grognements.
Faut-il les ostraciser pour autant ? Ma conscience d’homme de
gauche me susurre que non. Savez-vous combien de jeux vidéo
permettent d’incarner un héros koala ? Je vous le dis : zéro*. Un
pur scandale. Il était donc temps que ces petites teignes herbivores
fassent leur apparition dans un 4X spatial. Au côté d’aliens
classiques (chats flippants, rapaces parlant, reptiles baveux…),
les koalas sont une des neuf races jouables de Polaris Sector. Ils
colonisent des planètes, ils pilotent des destroyers galactiques
avec leurs grosses pattes poilues, ils massacrent sans pitié des
populations entières d’extraterrestres pacifiques, bref, ils ont enfin
droit à la reconnaissance de l’industrie ludique. Il était temps.
Emploi de recherche. Les koalas de l’espace ne sont pas la seule
bonne idée de Polaris Sector. Tenez, prenez la recherche. En
principe, un 4X spatial vous dérange régulièrement pour vous
demander de choisir entre deux branches d’un arbre technologique,
par exemple « lasers hyper-ioniques » et le « turbo-résonnateur
à gravitonium pulsé ». Le joueur impatient répond au pif et
retourne rapidos sur la carte spatiale. Avec Polaris Sector, tout se
fait de manière continue : il suffit de régler des curseurs donnant
20 | Canard PC
la priorité à différents domaines (biologie, physique…) et
d’attendre que les scientifiques fassent le boulot. Régulièrement,
cela débloquera de nouvelles technologies selon les orientations
décidées par ces curseurs. C’est très bien fait, il suffit de se
pencher sur l’écran de recherche une ou deux fois toutes les
demi-heures pour se bâtir une vraie stratégie scientifique.
Y a de la place pour un module supplémentaire ?
Polaris Sector tente aussi de donner un peu de profondeur
à tout l’aspect militaire de la conquête spatiale. D’abord,
vous avez un très bon éditeur de vaisseaux, presque un petit
jeu dans le jeu. Sur différents coques (transport, corvette,
frégate…), il faut réussir à placer dans un espace limité des tas
de modules (générateurs, moteurs, réservoir de fuel, hangar à
chasseur, lance-torpilles…) pour fabriquer différentes variantes
d’un appareil. Ensuite, ces vaisseaux se micro-managent
directement durant les combats, qui sont des phases tactiques
façon STR 2D. Là aussi c’est très bien fichu. On doit utiliser
la portée des armes, la vitesse relative des vaisseaux de la
flotte, faire attention à leur arc de tir, à la présence de bouclier
antimissile… C’est bien plus marrant que les combats réglés
avec trois jets de dés dans certains jeux de la concurrence.
* En fait, il y en a eu un : Koala Lumpur de Broderbund Software
en 1997. Mais c’était avant le 11 septembre 2001 donc ça ne compte pas.
,IRVIc 4X spatial
)³ZIPSTTIYVc
SoftWarWare
(Russie)
“HMXIYVcSlitherine
5PEXIJSVQIc
PC Windows
(SRǻK
VIGSQQERH³Ic
PC de joueur
8³P³GLEVKIQIRXc
3,6 Go
1ERKYIcVO
uniquement
)72cSteam
Des planètes en pilotage automatique. Sur
les premières heures, lorsqu’on découvre ces
bonnes idées, qu’on envoie les premiers vaisseaux
colonisateurs sur d’autres planètes et qu’on massacre
quelques pirates au passage, Polaris Sector donne
une excellente impression. L’interface est un peu
moche, le déroulement en temps réel effroyablement
lent à vitesse standard (il faut rapidement passer
en x10 sinon chaque vaisseau met 15 minutes
à se construire), mais l’ensemble possède un
certain charme. Et puis, au fur et à mesure que les
décennies passent, les limites du jeu apparaissent.
Vous constaterez d’abord un gros manque de
variété dans les planètes, qui se développent toutes
exactement de la même façon. Envoyez des colons
sur une planète océanique, sélectionnez l’option
« agriculture » et l’IA se chargera toute seule
d’en faire une grosse productrice de nourriture,
en construisant les bâtiments (ici des fermes
flottantes) dans l’ordre optimal. Pour les planètes
désertiques, c’est l’option « mineral » qui est toujours
la meilleure ; pour les cousines de la Terre, l’option
« balanced » ou « industrial ». Avantage : vous n’aurez
aucun souci à gérer un empire de 80 planètes,
surtout que les ressources sont automatiquement
partagées entre elles. Inconvénient : vous aurez
l’impression de regarder le jeu jouer à votre place.
Restent les interactions avec les autres races. Les
combats tactiques, sympathiques au début, deviennent
vite répétitifs. Et les passer en résolution automatique
est très risqué : je me suis mystérieusement fait
dézinguer des flottes entières sur des combats qui
avaient l’air gagnés d’avance. On nous propose
aussi une petite partie diplomatie et espionnage,
mais comme il est facile de bénéficier rapidement
d’un gros empire, vous aurez quasiment toujours
intérêt à rouler militairement sur vos voisins.
Trop et pas assez. Pourtant, Polaris Sector n’est pas
un mauvais 4X spatial. On a juste l’impression que
les développeurs ont posé les valises en cours de
route. Ça manque un peu de contenu, de variété,
de grands choix stratégiques. Rapidement, les
parties se ressemblent toutes. C’est une bonne heure
d’exploration et colonisation, puis une succession
de guerres pour bouffer progressivement tous les
rivaux. Et le jeu est souvent le cul entre deux chaises
niveau micro-management. Dans certains domaines,
comme la gestion et le développement des planètes,
le joueur n’a qu’à se tourner les pouces. Dans d’autres,
à l’inverse, il doit effectuer lui-même des tas de
manipulations répétitives : déplacer les éclaireurs
(il n’existe aucune option d’exploration automatique),
penser à embarquer des habitants dans chaque
vaisseau colonisateur, gérer le carburant des flottes,
résoudre chaque bataille en mode manuel, créer des
tas de variantes de chaque vaisseau pour s’adapter aux
besoins de la guerre en cours… On aurait aimé un
système plus souple, comme celui de Distant Worlds,
qui permet de choisir le niveau d’automatisation dans
chaque domaine du jeu. Enfin, mettons le holà sur
le prix auquel est vendu Polaris Sector. 37 euros pour
ce qui est un « petit » 4X spatial, c’est 12 euros trop
cher. La présence des koalas n’excuse pas tout.
3SXVI&ZMWc
Polaris Sector
amène sur la table
encombrée des 4X
spatiaux quelques
idées brillantes,
comme sa gestion
de la recherche
ŸÏĜåĹƋĜĀŧƚåØŸŅĹ
système de création
de vaisseaux ou ses
combats tactiques.
Malheureusement,
le reste est assez
Æ±Ĺ±ĬØåƋĬåģåƚĀĹĜƋ
ޱųŸű域Ņƚÿåų±ƚ
bout de quelques
parties à cause
d’un manque de
ƴ±ųĜæƋæţX埱ý±ĵæŸ
du genre pourront
Ĺæ±ĹĵŅĜĹŸŸåĬűŅýųĜų
quand il sera en
ŸŅĬÚå±ĀĹÚűåĹƋĜųåų
15-20 heures de
jeu qui ne seront
pas désagréables.
Environ
ȴȮǘ
Canard PC | 21
TEST PC
par Pipomantis
Leap of Fate
Le destin nu
Il y a un peu plus d’un an, je tombais amoureux d’un titre singulier et bourré de charme
appelé Hand of Fate. Mi-rogue-like, mi-jeu de cartes, mi-beat-them-all (ça fait trois
moitiés, oui, bon), il m’avait séduit par son ambiance incroyable et l’intelligence avec
laquelle il mélangeait ses gameplays. Aujourd’hui débarque un nouveau prétendant
qui, au premier coup d’œil, ressemble à une repompe éhontée : Leap of Fate (oui, bon).
,IRVIc
rogue-lite-like
)³ZIPSTTIYVc
³HMXIYVc
Clever-Plays
(Canada)
5PEXIJSVQIc
PC Windows
(SRǻK
recommandée :
carte graphique
dédiée requise
8³P³GLEVKIQIRXc
1,2 Go
1ERKYIc VOSTF
)72cSteam
D
éveloppé par les Canadiens
de Clever-Plays, Leap of
Fate est un « rogue-lite » (un
rogue-like avec un twist rigolo, donc),
où vous incarnez quatre personnages
dans une quête sûrement fascinante
à propos de quelque artefact sacré
et millénaire. Dans les faits, on se
contrecogne du scénario – une
sombre histoire de technomages
qui tuent petites frappes et autres
occultistes dans une New York
cyberpunk à la direction artistique
douteuse – pour se concentrer sur le
gameplay. On démarre chaque partie
à poil, avec une poignée de pouvoirs
de base et un coup de pied au fesses. Le jeu mélange
un deck composé de cartes « combat », « magasin »,
« cadeau » ou encore « amélioration » et les pose
face cachée. Chaque nouvelle carte révélée est donc
l’occasion d’aller se battre contre un groupe d’ennemis
ou d’améliorer son combattant. Comme dans Hand of
Fate, les combats sont loin d’être le point fort du jeu :
Leap of Fate troque cependant les combats à la Fable
contre un mélange osé de hack & slask et de twin-stick
shooter. Des bastons rapides et énervées, proposant
quelques chouettes options tactiques en fonction
des pouvoirs de votre héros. On vole à travers ses
ennemis avec un dash offensif, on jette des grenades,
on pose des tourelles, le tout à un rythme effréné.
Malheureusement, le jeu souffre d’un énorme manque
d’impact et on a l’impression de traverser ses ennemis
comme du beurre doux (dégueulasse en plus d’être
mou, donc).
Mage de Faraday. « Ah ben super, me direz-vous, un
jeu moche avec des combats confus où les bastons n’ont
22 | Canard PC
aucune patate, on a super envie d’y jouer, dit comme
ça. » Alors déjà, vous allez tout de suite vous calmer
avec ce petit ton et me ferez le plaisir d’apprendre à
vous taire jusqu’à la fin de l’article, merci. Car si la
beauté extérieure de Leap of Fate n’est pas vraiment…
évidente (bon OK, c’est moche comme un cul), son
âme pourrait bien vous séduire. La progression
aléatoire de votre héros se voit définie par les pouvoirs
et autres babioles qu’il sera possible d’acheter à chaque
partie. Qu’il s’agisse de remplacer votre pouvoir
secondaire, augmenter votre barre de vie ou acheter
des clés afin d’ouvrir des cartes secrètes et débloquer
encore plus de cadeaux, le destin de vos persos est
plus que jamais soumis à l’aléatoire. Plus osé, même
les arbres de compétences sont mélangés à chaque
nouvelle partie, permettant de découvrir différentes
facettes d’un combattant sans avoir l’impression de
refaire constamment la même chose. Une progression
déconcertante de prime abord, qui permet en fait de
briser la routine inhérente aux rogue-like un peu planplan avec leurs débuts de partie toujours identiques.
Notre Avis :
Certes, Leap of Fate
est vilain et pas
toujours brillant,
mais je me suis
surpris à enchaîner
les parties en
ayant toujours
l’impression de
découvrir quelque
chose. Un vilain
petit canard, qui
s’avère toutefois
délicieux une fois
correctement
cuisiné.
Environ
16 €
PC GAMING GROSBILL
ĖĺG¼¯|„ÀÀ„ʼĺ#ªÆ„£ĺ¯¼„ĺ“ðĮïñôë/ĺîĝðĺ‘ß
Ėĺp¼Æ„ĺŽ¼p¹‘“»Ê„ĺ7N#ĺ8`##ĺSfôñë
Ėĺ7…©¯“¼„ĺӓӄĺ"Ú¹„¼ĺfĺóĺ¯
ĖĺNƯ| pŽ„ĺNNĺìíëĺ¯ĺ„Æĺ"ĺìĺS¯
Ėĺp¼pªÆ“„ĺíĺpªÀ
EL PEPITO II
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€
TEST PC
Phantasmal :
Survival Horror Roguelike
Happé par la Chine
Sans vouloir jouer les shoggoths de mauvais augure, j’ai l’impression que les jeux indés lovecraftiens
ǻPIRXYRQEYZEMWGSXSR*RQ´QITEWXVSMWERWSRIWXTEWW³HICthulhu : The Wasted Land et Eldritch à
At the Mountains of Madness, un des early access les plus pourris qu’il m’ait été donné de voir, ce qui n’est
TEWTIYHMVI)IY\WIQEMRIWTPYWXEVHQIZSMPªHIZERXPhantasmal, autre jeu en accès anticipé qui lui
EYWWMƾLIMRUYSM$&L4RQIJEMXWMKRIUYƶMPRIWƶEKMXTEWHƶYRn*RGLERXMIV~QEMWHƶYRXIWXIMKRIYVƾ
par Louis-Ferdinand Sébum
P
hantasmal est un survival horror rogue-like, d’ailleurs
c’est écrit dans le titre. Le joueur y incarne un détective
privé à la recherche d’une certaine Jackie, disparue dans
les profondeurs de la citadelle de Kowloon. Rappelons
à ceux d’entre vous qui ne connaîtraient pas par cœur l’histoire
de Hong Kong (en gros c’est comme l’histoire de France, sauf
qu’on y décapite des fumeurs d’opium et pas des rois) qu’il s’agit
d’une enclave chinoise dont la densité de constructions et de
population était si importante que le soleil y rentrait à peine et
que la mafia contrôlait à peu près tout. Vous voyez le film The
Raid ? Bon, ben c’est à peu près ça. Étage après étage, notre héros
va donc descendre dans les profondeurs de la ville évacuée et sur
le point d’être démolie pour insalubrité (la véritable démolition
de Kowloon a eu lieu en 1993), où seuls traînent encore quelques
junkies, clochards et créatures extra-dimensionnelles.
Jouissez sans enclave. Pour un jeu indé créé par trois personnes,
Phantasmal est beau. Kangoon est obscure, sale, inquiétante,
l’ambiance sonore, mélange de cantonais et de musique
traditionnelle déformée, est oppressante à souhait. Le lieu idéal
pour une aventure lovecraftienne, qui change agréablement de
la Nouvelle-Angleterre. Le gameplay, qui repose sur la gestion de
ressources limitées, est au moins aussi bon. Les munitions sont
rares, les armes de corps-à-corps cassent vite. La santé mentale
descend dangereusement quand on traîne trop dans l’obscurité
24 | Canard PC
mais allumer la lumière attire les monstres et empêche de se
cacher. Courir est un moyen efficace d’échapper aux menaces
mais remplit une jauge de bruit qui, une fois pleine, fait
apparaître une entité toute-puissante qui exécute le joueur. Il
faut en permanence jongler entre plusieurs choix plus ou moins
mauvais et, tôt ou tard, on finit par crever. On réapparaît alors
au premier étage où, comme dans un mauvais cauchemar, nous
attend toujours le même marchand chinois qui ricane en nous
proposant d’acheter des améliorations pour rendre plus facile
notre prochaine tentative. Alors, lampe-torche en main, on
descend à nouveau dans le labyrinthe qui, comme dans tout bon
rogue-like, est généré aléatoirement à chaque nouvelle partie.
Hong-Kong foufou. Ce que je viens de vous décrire, là, c’est
Phantasmal tel qu’il devrait être. Tel qu’il est dans les rêves de ses
développeurs, à côté de Kadath l’inconnue. Le vrai Phantasmal,
lui, est nettement moins glorieux. Déjà, il est « bugué sa mère »,
comme dirait Pipomantis, qui a fait l’école de la rue*. Les monstres
passent à travers les portes, les objets à travers le plancher. Le
personnage se prend les pieds dans le moindre bibelot. Les
ascenseurs descendent parfois sans le joueur qui est dedans. Les
animations vont du passable à… eh bien, à l’absence d’animation,
tout simplement. Les ennemis tués tombent comme des briques.
* De la rue de Naples, dans le 8e arrondissement de Paris. Mais quand même.
,IRVI
survival horrible
Développeur /
³HMXIYV
Eyemobi Limited
(Nouvelle-Zélande)
5PEXIJSVQI
PC Windows
(SRǻK
VIGSQQERH³Ic
PC de joueur
8³P³GLEVKIQIRXc
1,2 Go
1ERKYIVO
)72Steam
Le personnage ne bouge pas les bras quand on
charge un coup avec une arme de mêlée : il se
contente d’émettre un petit soupir au moment où
l’on peut relâcher le bouton pour lancer l’attaque.
Le pire reste ces araignées géantes qu’on croise dans
certains niveaux, qui agitent les pattes de façon
approximative et ricochent contre les murs comme
des balles rebondissantes. Jusque-là, à la limite, il
est possible d’en rire. Malheureusement, Phantasmal
souffre aussi de problèmes plus sérieux. De problèmes
structurels, irai-je même jusqu’à affirmer, tout en
réajustant mes lunettes comme je le fais à chaque
fois que j’écris un mot de trois syllabes en italique.
Cancer du Kowloon. Face aux ennemis de
Phantasmal, deux stratégies sont possibles : le combat
ou la discrétion. Aucune n’est viable. Le combat,
parce qu’il est complètement bugué. Certains
ennemis sont si rapides qu’il est très difficile de
les viser, d’autres tout simplement invincibles.
Mention spéciale à la bestiole fantomatique et
ultra-rapide qui a vidé ma barre de vie sans que je
puisse rien faire, ni la fuir, ni la tuer. Vu le degré
de finition de l’ensemble, il est impossible de savoir
si cette difficulté ultra-punitive est une décision
des développeurs ou le fruit d’un game design
foireux. La deuxième hypothèse paraît toutefois
plus probable quand on s’intéresse à l’approche
discrète, encore plus aléatoire que le bourrinage.
La génération procédurale des niveaux, qui place
pièces et ennemis au petit bonheur la chance,
pond parfois des situations infranchissables où
un ennemi surpuissant et très rapide va bloquer
un passage très étroit, rendant la confrontation
(et la mort) inévitable. Pour ne rien arranger, tout
cela se déroule dans la confusion la plus totale.
Entre la pénombre dans laquelle sont plongés les
niveaux et les effets de post-processing (flou quand
on est essoufflé, glitchs quand on devient fou…)
appliqués avec la subtilité d’un chimpanzé qui
aurait trouvé une truelle, on ne se contente pas de
crever. On crève sans avoir vu d’où venait le coup.
Cantonais con… Normalement, Phantasmal aurait
dû finir dans la même poubelle que les autres jeux
indés tout pétés qui s’entassent par centaines dans
les tréfonds de Steam. Et pourtant, malgré ses
bugs, malgré son gameplay équilibré à coups de
dés, Phantasmal a du charme. La cité de Kangoon
est tellement réussie, son ambiance tellement
prenante, qu’on se prend à rêver à un patch qui en
corrigerait les défauts et en ferait, enfin, quelque
chose de jouable. Malheureusement, d’après les
forums, la plupart des bugs ont été signalés aux
développeurs lors d’un bêta-test organisé il y a un
an mais rien n’a été corrigé depuis. Ce n’est pas bon
signe. Mais peut-être qu’on prend le problème à
l’envers. Peut-être que Phantasmal est destiné à rester
un jeu cassé, pas fait pour être joué, pas du tout
réfléchi ou équilibré, un anti-Binding of Isaac. Juste
une expérience durant laquelle on crève sans trop
de raison dans des décors glauques et dérangeants.
Ça paraît idiot, mais un Phantasmal corrigé aurait
moins de charme. S’il faudrait être fou pour claquer
15 euros dans ce qui n’est au mieux qu’une version
alpha, j’encouragerais toutefois les plus audacieux
d’entre vous, ceux qui ont aimé EYE : Divine
Cybermancy, qui savent apprécier le côté un peu
« art brut » de ces jeux ratés-mais-réussis, à y jeter un
œil lors de la prochaine grosse ristourne Steam.
3SXVI&ZMWc
Avec son ambiance
exceptionnelle
et son chouette
gameplay basé
sur l’attrition,
Phantasmal avait
tout pour être un
bon survival horror.
Malheureusement,
pourri de bugs
qui le rendent
parfois injouable,
ºĵŅĜƋĜæĀĹĜØĜĬ
est condamné à
rester une curiosité
pour amateurs
de bizarreries.
Environ
15 €
Canard PC | 25
TEST PC MULTI
-P
ti o
rom o n cana
o tio n c a n a pé
pé-
par Izual
oti
on canapé - P
Harry Potter et la boule de feu
m
m
ro
Pro
Wand Wars
Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance.
Les jeux en multi local auront raison de vos soirées,
de vos amis et de vos facultés mentales.
Ah, si la magie existait, l’humanité ferait vraiment des bonds de géant, vous ne croyez
pas ? On se soignerait grâce à la magie, on volerait dans les airs grâce à la magie et on
WRMǺIVEMXQ´QIHIPEQEKMIIRTIXMXWXYFIW1E8IVVIWIVEMXYRZVEMTEVEHMW4YEMWIRǻR
FSRUYMTIYX´XVIEWWI^WMQTPIXTSYVGVSMVIªGIWRMEMWIVMIW$MPƶSRTSYZEMXJEMVIHIPE
magie, on passerait plutôt notre temps à se transformer en poulets et à s’envoyer des
FSYPIWHIJIY*X±EPIWH³ZIPSTTIYVWHIWand Wars PƶSRXFMIRGSQTVMW
L
e but de Wand Wars,
c’est de taper dans
la boule de lumière
qui sert de ballon afin de
l’envoyer en pleine tronche
à vos adversaires – après un,
ou deux, ou douze rebonds –
et de se planquer quand elle
revient dans votre direction.
Oh, ça paraît simple comme ça, mais vu que la balle
accélère au fil du temps, les parties ne sont jamais
bien longues : elle finit toujours par fracasser à
600 km/h la face d’un des apprentis sorciers sur
sa route. Mais Wand Wars ne se borne pas à une
imitation de Lethal League en vue du dessus. En
plus de taper dans la balle et de l’envoyer dans une
direction au choix, les joueurs peuvent donc tirer
des flèches magiques qui métamorphosent leurs
ennemis en gallus domesticus pendant quelques
secondes ou qui immobilisent la balle si elles arrivent
à la toucher. Les mouvements rapides et l’étroitesse
du terrain rendent vite la partie bordélique quand
quatre joueurs se tirent dessus et tentent d’esquiver
la balle, mais cette légère confusion est sans nul
doute voulue : elle ajoute encore à la tension qui
accompagne chaque rebond de la boule de lumière
infernale en fin de partie – pas au début, puisque
à notre grand regret le ballon n’accélère réellement
qu’après plusieurs échanges.
26 | Canard PC
La baguette est toute verte. Même s’il reste au final
assez simple, Wand Wars ne se limite pas au tirage
de flèches et à l’esquive de bouboules. Apparemment
conscients du faible degré de complexité du jeu,
les développeurs de Moonradish Inc. ont cherché
à le pimenter en rajoutant divers ingrédients,
comme ces bonus qui se ramassent sur le terrain
et permettent de balancer des boules de feu ou
de geler les adversaires. Les différents terrains
aussi introduisent de la variété, qu’ils présentent
un élément solide en plein milieu, des parois
labyrinthiques en verre ou des pièges mobiles. Hélas,
les modes de jeu alternatifs au match à mort – un
football terne et un concours de transformations en
poulet – ne nous ont pas vraiment emballés. Ce n’est
pas si grave, car on s’amuse déjà suffisamment sur
le mode classique, mais faute de renouveler l’intérêt
des joueurs au bout d’un moment, Wand Wars
risque d’être vite oublié quand viendra l’heure de
lancer ses cousins plus pêchus.
,IRVIc multi local
)³ZIPSTTIYVc
³HMXIYVc
Moonradish Inc.
(Canada)
5PEXIJSVQIWc
PC Windows,
Mac, Linux
(SRǻK
recommandée :
carte graphique
dédiée requise
3SQFVIHINSYIYVWc
1-4
8³P³GLEVKIQIRXc
43 Mo
1ERKYIc VO
)72cSteam
Notre Avis :
Idéal pour démarrer
une soirée
consacrée à la
violence virtuelle
du fond d’un canap’,
Wand Wars permet
ÚåŸűæÏʱƚýåųåƋ
de commencer à
s’insulter dans la
joie et la bonne
humeur. À cause
de ses quelques
lenteurs, on vous
recommandera
quand même
d’avoir prévu un jeu
un peu plus tendu
ޱųĬ±ŸƚĜƋå±ĀĹÚå
passer aux choses
sérieuses.
Environ
12 €
-P
ti o
rom o n cana
io n c a n a p
é
pé-
ro
m
oti
on canapé - P
Speedrunners
Pro
mot
par Guy Moquette
Dans le parkour des grands
&ZERXXSYXIGLSWIQIVGMHIV³TSRHVIªGIGSYVXWSRHEKI´XIWZSYWHYKIRVIª
aimer sauter dans les airs, sur les murs, partout, tel un marsupilami cocaïné ou un tas
HIZMERHIWERKYMRSPIRXXVEZEMPP³TEVWIWLSVQSRIW$ GSRWMH³VI^ZSYWUYIPIJEMV
TPE]GƶIWXTSYVPIWJEMFPIWPIWJSMIWNEYRIWIXPIWH³GLIXWHIPƶLYQERMX³$MZSYWEZI^
répondu oui aux deux questions, SpeedrunnersIWXJEMXTSYVZSYW
,IRVIc plateforme
et grappins
)³ZIPSTTIYVc
Double Dutch
Games (Pays-Bas)
“HMXIYVc
tinyBuild
5PEXIJSVQIWc
PC Windows, Mac
(SRǻK
recommandée :
n’importe quel PC
3SQFVIHINSYIYVWc
1-4
8³P³GLEVKIQIRXc
700 Mo
1ERKYIWc VO, VF
)72cSteam
Une lutte âpre entre Izual et Netsabes. Mieux vaut avoir
l’image que le son, surtout s’il y a des enfants pas loin.
D
ans Speedrunners,
les super-héros sont
cools. Non seulement
ils rivalisent en matière de
kitsch, mais en plus, à la nuit
tombée, dès leurs tenues en
Lycra enfilées, ils ont le bon
goût de se tirer la bourre sur
des courses de vitesse au lieu
d’emmerder les braves autoentrepreneurs nocturnes. Et il
faut croire que la tenue d’homme-requin ou de poulet
faucon n’entrave pas trop leurs mouvements. C’est
que ça gambade, un super-héros idiot : double saut,
glissade pour éviter les obstacles, wall-jumps… Et même
un grappin pour s’accrocher à certains plafonds et
multiplier les cabrioles. Il faut imaginer Speedrunners
comme un Micro Machines rempli d’andouilles
costumées : le but est de distancer suffisamment ses
concurrents pour les faire sortir de l’écran et ainsi les
éliminer, l’homme de tête ayant la délicate tâche de
devoir composer avec un champ de vision plus que
réduit, nécessitant de bien connaître le parcours (ou
d’avoir une veine de cocu, on en connaît quelques-uns).
Voilà le côté pile du jeu de Double Dutch : du parkour
extrêmement technique et compétitif, reposant sur
des raccourcis de bâtard, des enchaînements au poil
de mollet de fourmi naine, et des accumulations de
vitesse de pervers. Et sur lequel une impitoyable « mort
subite » vient se greffer quand la différence tarde à se
faire, réduisant peu à peu l’écran de jeu à un timbre
poste histoire d’augmenter la pression.
Vient le moment de lâcher une caisse... Ça, c’est pour
le côté pile. Le côté face, c’est une composante Mario
Kart assumée : des bonus à coller dans la bonne humeur
et les gencives des petits copains… Caisses à leur lâcher
dans les pattes, missiles à tête chercheuse, rayons
réfrigérants, et bien sûr, la vedette : la pince qui chope
l’adversaire situé devant et vous fait prendre sa place.
Un arsenal de vacheries qui épice considérablement les
affrontements en ligne, certes, mais qui rend les parties
en multi local carrément épiques. À quatre devant
l’écran, Speedrunners devient plus technique, tendu,
bruyant (surtout pour les autres, désolé les copains) et
riche d’insultes variées que n’importe quelle séance de
Mario Kart. Après près de trois ans d’accès anticipé,
cet excellent titre – né au tout départ sur le XBLIG de
la Xbox 360 – s’est enrichi de nombreuses cartes, d’un
workshop bien rempli, d’un mode histoire permettant
de débloquer un peu de contenu (ainsi, hélas, que de
quelques DLC « héros youtubeurs » et autres éléments
cosmétiques payants assez peu glorieux, mais passons)
et confirme tout le bien qu’on pensait de lui.
Notre Avis :
À haut niveau, et
notamment en
parties classées,
on pourra toujours
reprocher à
Speedrunners de
se résumer à une
chorégraphie à
connaître sur le
bout des doigts où
la moindre erreur
se traduit par une
élimination. Mais
depuis un canapé,
entre potes qui
s’insultent et se
ĀĬåĹƋÚåŸÏŅƚŞŸÚå
coude, ce mélange
d’élégance des
trajectoires, de
āƚĜÚĜƋæ±æųĜåĹĹå
et d’infâme
coupdeputerie
vaut franchement
le détour.
Environ
15 €
Canard PC | 27
TEST PC
Goetia
Pang Adventures
Mauvais esprit
Papy bulles
5EV2EVME0EPEWL
Par Izual
Genre : aventure
point & gothique
Développeurs :
Sushee et Moeity
(République indépendante
de l’artichaut camus)
Éditeur : Square Enix Collective
Plateformes :
PC Windows, Mac
(SRǻKVIGSQQERH³I
carte graphique dédiée
Prix : 15 euros
8³P³GLEVKIQIRX700 Mo
DRM : Steam
C
ela m’arrive rarement, mais
j’attendais Goetia. Avec
gourmandise. J’avais joué
en début d’année dernière à la
démo que le jeune studio breton
avait mis en ligne à l’occasion du
Kickstarter, et c’était rudement
chouette. L’ambiance mélancolique,
l’absence d’inventaire, l’histoire
pleine de subtilités, les décors en
deux dimensions vus de côté, plutôt
originaux pour un jeu d’aventure
point & click, tout cela m’avait laissé
un souvenir agréable. Je reprenais
donc l’histoire d’Abigail Blackwood,
lumineux fantôme d’une petite fille
passée par la fenêtre une trentaine
d’années plus tôt. Vous déplacez une
boule de lumière (l’esprit d’Abigail)
dans les pièces sombres d’un manoir
mal entretenu. Partout, vous trouvez
des notes, carnets et documents.
Abigail vient d’une grande famille,
et ses membres ont manifestement
trouvé le moyen de se crêper le
chignon depuis son décès. Cette
abondante lecture, sur le principe,
ne m’a pas dérangée. Sur la forme
en revanche, l’orthographe m’a fait
pleurer des larmes de bile amère.
28 | Canard PC
Dans les écrits des personnages,
soit, on n’a pas attendu mai 1968
pour faire des fautes d’orthographe,
mais dans les livres quand même,
c’est chaud. Néanmoins, les puzzles,
plutôt intéressants et finement
intégrés à la trame, ont maintenu
mon intérêt. Bientôt s’ouvraient
à moi, au-delà des horizons du
manoir, une forêt, un village…
Et puis arriva le moment fatidique.
Celui où, alors que je possédais
(au sens magique du terme, c’està-dire que je le faisais bouger)
un objet crucial, il se coinça
dans un décor. Le système de
sauvegarde automatique à unique
fichier s’empressa de pérenniser
ce bug bloquant, mettant ainsi
brutalement fin à mon aventure.
Oui, c’est décevant. Il ne faut
cependant pas jeter le fantôme avec
l’eau du bain. Si nos petits Bretons
s’affairent à fignoler davantage
leur jeu, rendre les déplacements
un peu plus précis et revoir leur
système de sauvegarde,
il y a là beaucoup de
potentiel. Mais en
l’état, il est piétiné.
V
ous l’avez sans doute remarqué comme
moi : les meilleurs jeux sont toujours
ceux qui demandent d’utiliser plein
de touches du clavier. Autant dire que j’ai
méchamment plissé les yeux au début de Pang
Adventures, qui n’utilise en tout et pour tout
que trois boutons : déplacement à gauche,
déplacement à droite, tir vers le haut. Le but ?
Éclater des bulles qui tombent et rebondissent
dans tous les sens, non pas parce que vous êtes
bullophobe mais bien parce qu’elles risquent
de vous écraser. En plus, elles se scindent en
deux à chaque impact et finissent par devenir
des billes fort difficiles à toucher, dont la
perfidie contraste avec l’ambiance enfantine
et bon enfant du reste du jeu. C’est que Pang
Adventures est un nouvel épisode d’une série
commencée en 1989 sur bornes d’arcade, et
que son caractère ardu est assumé puisqu’elle
était calibrée à la base pour des Japonais – un
peuple créé spécifiquement pour gagner à des
jeux difficiles. Enfin, n’allez pas croire pour
autant que cet opus ne plaira qu’aux fans de la
licence. Son gameplay aux faux airs de Space
Invaders arrive à maintenir l’intérêt du joueur
intact pendant plusieurs heures grâce à de
nouveaux niveaux, des ennemis plus coriaces
et des armes plus puissantes, ou grâce à la
coop’. Dommage, tout de même, qu’il ne se
renouvelle pas autrement et reste au
final un simple jeu d’arcade remis
au goût du jour, agréable et joyeux,
mais sans grande profondeur.
Genre : Pang ! Dans les deng !
Développeur : Pastagames (France)
Éditeur : DotEmu
Plateformes : PC Windows, iOS, Android
(SRǻKVIGSQQERH³In’importe quel PC
8³P³GLEVKIQIRX1,3 Go
1ERKYIWVO, VF
Prix : environ 10 €
DRM : Steam
TEST PC
par Netsabes
Trench Run
Army of one
J’ai fait un cauchemar : le jeu de mes rêves, celui que j’attendais depuis mon
enfance sans le savoir, celui qui remonterait le moral des Français (et pas que),
celui qui rendrait le sourire à la planète entière, bref, celui-là, eh bien il était sorti.
Et comme personne ne s’en était rendu compte, il avait disparu.
,IRVIc jeu multi
pour joueur solitaire
)³ZIPSTTIYVcc
³HMXIYVc
Transhuman Design
(Pologne)
5PEXIJSVQIWc
PC Windows,
Mac, Linux
(SRǻK
recommandée :
n’importe quel PC
8³P³GLEVKIQIRXc
50 Mo
1ERKYIc VO
)72cSteam
ou aucun sur le site
du développeur
I
l y a onze mois, j’écrivais un
« À venir » enthousiaste sur
Trench Run, le nouveau jeu
du créateur de Soldat, alors sous
forme de prototype disponible
gratuitement pour tous. Un an plus
tard, il n’a pratiquement pas bougé,
à la différence qu’il est officiellement sorti et coûte
désormais huit euros. Ce n’est pas un mal en soi : la
base de Trench Run était déjà bien solide. En multi
local, on s’y tape à quatre (obligatoirement : si vous
n’êtes pas en nombre suffisant, le jeu ajoutera des
bots) sur des maps en 2D vue de côté. Chaque joueur
sélectionne une classe, puis tout part à vau-l’eau :
l’infanterie a un fusil d’assaut et des grenades, le
démolisseur se balade avec un bazooka, le commando
fait des dommages terribles avec son couteau et
dispose d’une flashbang dont l’aire d’effet occupe une
part conséquente de l’écran, et enfin le sniper peut
agir en fourbe. Je pourrais l’expliquer de façon plus
descriptive, par exemple : « le sniper peut se déguiser
en l’élément de décor le plus proche », mais on y
perdrait de l’effet. Parce que se faire sniper par une
caisse dont dépasse un fusil, ça pique. Le petit plus
de Trench Run, c’est que personne n’y meurt jamais :
si vous vous faites abattre, vous pouvez traîner votre
corps partout dans le niveau (et en profiter pour
piquer les caisses de munitions au passage, en privant
du coup les joueurs encore debout) en espérant
atteindre une caisse de soins qui vous remettra sur
pied. Les murs explosent, les corps volent, on s’amuse
bien mais on tourne tout de même un peu en rond
assez vite.
30 | Canard PC
La plus petite escouade du monde. Et puis il y a le
jeu en ligne, ce sur quoi, finalement, les développeurs
semblent avoir passé les onze derniers mois. Il propose
deux modes de jeu : du deathmatch comme en local,
mais aussi un mode « run » en équipe, en 5v5, proposant
même une nouvelle classe, le medic. Ici, deux options :
soit massacrer l’équipe adverse, soit gagner sa base avant
qu’elle n’atteigne la vôtre. Bien plus fun que le simple
deathmatch, le run permet de préparer des embuscades
et demande un minimum de synchronisation entre les
membres d’une équipe. Je dis « un minimum », parce
qu’on parle d’un jeu où la moindre petite explosion fait
valser tous les joueurs, donc les plans peuvent changer.
Cela dit, ici réside le principal problème de Trench Run,
pas lié intrinsèquement au jeu mais tout de même bien
réel : personne n’y joue. Là, je sors d’une partie de Run
avec deux autres personnes : nous étions l’ensemble
des joueurs connectés dans le monde. De plus, depuis
son lancement, Trench Run n’a jamais rassemblé plus
de douze personnes connectées simultanément, ce
qui rend l’organisation de parties en 5v5 un peu
compliquée. Et encore plus inutile l’étonnant lobby
multijoueur créé par les développeurs, où vous pouvez
acheter des animaux et des costumes, jouer au basket
ou boire des bières virtuelles avec d’autres joueurs.
Quel gâchis.
Notre Avis :
Un peu limité en
local, chouette
mais vide en ligne,
Trench Run a beau
éƋųåŸƼĵޱØÚĜþÏĜĬå
de le recommander
à quiconque.
Seul espoir : que
ses serveurs se
remplissent à la
faveur d’un bundle
quelconque pour
qu’on puisse y jouer
les piliers de bar
par milliers entre
deux parties.
Environ
8€
CONSOLE
TEST
Testé sur PS4
Ratchet & Clank
Genre :
Ratchet & Clank
(désolé mais là,
je ne peux pas
JEMVIQMIY\
)³ZIPSTTIYVc
Insomniac
Games
“XEXW9RMW
Éditeur :
Sony
5PEXIJSVQIc
PlayStation 4
Langue : VF
Des amis qui
qui vous veulent
veu
ulent du bien
Ratchet & Clank, Jak & Dexter, Spyro… Au début des années 2000, la mode était aux
QEWGSXXIWH³FMPIWEY\TIXMXIWFIWXMSPIWW]QTEXLMUYIWQEMWHMǽGMPIQIRXMHIRXMǻEFPIW
(et donc plus faciles à représenter qu’un humain avec le peu de polygones que
TSYZEMIRXEǽGLIVPIWGSRWSPIWHIPƶ³TSUYI)ITYMWXSYXIWSRXHMWTEVYSYWIVZIRXª
ZIRHVIHIWO]PERHIVW8SYXIW$3SRGEVSR]GSRXMRYIHIJEMVIZMZSXIVRatchet & Clank.
par Netsabes
À
la fois remake du premier Ratchet
& Clank (sorti en 2002 sur PS2),
suite de la série (dont il est tout
de même le onzième épisode)
et adaptation du film actuellement au
cinéma (lui-même déjà une adaptation
du jeu de 2002, suivez un peu s’il vous
plaît), Ratchet & Clank édition 2016
survit malgré tout à ce bizarre agrégat.
Si vous n’y connaissez rien et que vous
avez évité les bandes-annonces du film
avec Squeezie, en résumé : Ratchet (un
« lombax », une sorte de mélange entre
un félin, un rongeur et un gribouillis
peu inspiré du directeur artistique
d’Insomniac il y a quinze ans) se balade
à travers la galaxie avec son pote Clank,
un petit robot. Ensemble, ils massacrent
des hordes de méchants aliens et sauvent
l’univers, ou quelque chose comme ça.
R&C2016 reste un jeu très classique, un
jeu d’action-aventure comme on n’en fait
plus vraiment, qui mélange brèves phases
de plateforme, combats contre des tonnes
d’ennemis et passages en véhicules, le
tout agrémenté de cinématiques pour
rigoler et de menus pour améliorer ses
armes. Car voilà, la marque de fabrique
d’un jeu Insomniac, c’est surtout ses
flingues farfelus : lance-flammes, boule à
onde qui assomme les ennemis, multiple
lance-roquettes, « pixelisateur » qui
transforme les adversaires en blocs de
voxels… Ça part dans tous les sens et le
jeu souhaite ardemment que vous utilisiez
toutes les armes le plus souvent possible.
Pratchett & Planque. Ratchet & Clank
n’est pas ultra-facile, en tout cas pas au
standard 2016 pour un jeu ayant pour
héros des petits animaux mignons :
les ennemis vous cassent la bouche,
les munitions sont rares et chères (du
moins tant que vous n’avez pas amélioré
vos armes) et il vous faut donc à la fois
rester toujours en mouvement durant les
combats (sauts, doubles sauts, esquive et
même grappin sont de la partie), mais
aussi changer en permanence de flingue,
soit parce qu’un groupe d’ennemis ne
demande qu’à accueillir vos grenades,
soit parce que les munitions de vos autres
armes viennent à manquer. Ainsi, les
nombreuses bastons du jeu parviennent à
rester dynamiques et se renouveler et on
fonce avec joie vers l’affrontement suivant,
dans des décors toujours épatants. Les
animations, celles de Ratchet mais surtout
des ennemis quand ils sont touchés, sont
aussi particulièrement réussies, ce qui
ne gâche rien. Il est un peu facile de se
moquer de la trajectoire d’Insomniac
Games : entre la trilogie Resistance et ses
tentatives sur diverses plateformes (iOS,
Facebook, Steam, Xbox One, bientôt
Oculus Rift), le studio semble habitué à
se contenter de jeux médiocres. Pourtant,
ce Ratchet & Clank 2016 reste bien plus
soigné, et ce dans tous les domaines,
que toutes leurs productions récentes.
Comme quoi, quand ils se font plaisir, ils
arrivent même à faire de bons jeux.
Notre Avis :
Certes, en 2016, on n’est plus habitué
à diriger des petites boules de poil
ŧƚĜƋĜųåĹƋÚåŸāĜĹčƚåŸčĜč±ĹƋåŸŧƚåŸţ
Nonobstant, Ratchet & Clank cuvée 2016
est une chouette surprise, un bon petit
jeu d’action-aventure à l’ancienne dans
ÚåüŅųƋģŅĬĜŸÚæÏŅųŸţ ±ÏʱĹčåÚ埉{„
crasseux avec un bonhomme brun et mal
rasé qui vide des millions de chargeurs
Ú±ĹŸÚåŸÏåĹƋ±ĜĹåŸÚåĵåųÏåűĜųåŸţ
Environ
35 €
Canard PC | 31
TEST
CONSOLE
Testé sur Wii U
Star Fox Zero
Genre : mascarade
Développeurs :
Nintendo
et Platinum
Games (Japon)
Éditeur : Nintendo
Plateforme : Wii U
Langue : VF
C’est dommage, à trois points
près, la note était dans le titre
/YWUYƶEYFSYXNƶEMIWWE]³Hƶ]GVSMVI&ǺVSRXERXPIWUYSPMFIXWIX
autres jets de projectiles coupants provenant de toutes parts de
la rédaction, je refusais de croire que l’alliance de Platinum Games
et de Nintendo pouvait aboutir à autre chose qu’un chef-d’œuvre.
Eh bien, laissez-moi vous dire que parfois, je suis sacrément con.
par Pipomantis
P
our les pécéistes hardcore qui ne
sortent pas le dimanche, Star Fox
est une licence Nintendo née en
1991 sur Super NES avec le titre du
même nom. On y dirigeait Fox McCloud,
un vaillant renard pilote de vaisseau
spatial lancé dans une féroce bataille
contre le grand Andross, un méchant fort
de fruits. Présente sur la quasi-totalité
des consoles Nintendo, la série jouit
d’une énorme popularité chez les fans
du constructeur japonais, notamment
grâce à son univers original et ses
personnages attachants. C’est donc tout
naturellement que la série débarque sur
Wii U avec, tant qu’à faire, un gros coup
de main de Platinum Games (Bayonetta,
Vanquish, Metal Gear Rising) pour la partie
technique. À mi-chemin entre le remake,
le reboot et la vraie-fausse suite (ne vous
inquiétez pas, ici aussi on a arrêté d’essayer
de comprendre), ce Star Fox Zero cristallise
l’attente de nombreux fanboys qui…
viennent de se faire voler 50 euros s’ils ont
précommandé le jeu avant de nous lire.
Ça renarde par ici. Je pourrais
commencer par vous parler de la partie
technique, terrifiante. Niveaux vides,
modélisations sommaires, effets visuels
bas de gamme… le titre n’est pas beau
(surtout quand on sait que la Wii U peut
nous sortir des jeux de la trempe de
Bayonetta 2 ou Mario Kart 8) mais à la
limite, il en deviendrait presque charmant
avec sa dégaine de jeu Nintendo 64 HD
et sa direction artistique volontairement
rétro. Non non, le problème est tout
autre. Dans la maniabilité, d’abord, avec
l’étrange multiplication des points de vue
sur les écrans (vue externe sur la télé et
vue cockpit sur la mablette). Un choix
qui s’avère encore plus curieux en mode
« vol libre », où il abandonne ses racines
de rail shooter pour devenir un jeu de tir
32 | Canard PC
à déplacements libres, rendus absolument
infects par des choix de maniabilité
balourds. On pourrait penser que la
possibilité de changer de véhicule (un tank,
un drône, une sorte de poulet bipède)
apporterait un peu de variété au gameplay
et, bien que ça soit parfois le cas, la plupart
d’entre eux se manie tout aussi mal.
Fox septique. Horriblement rythmées
(et oubliant le concept de checkpoints),
les missions de Star Fox Zero sont longues,
laborieuses et rarement inspirées. Que
ce soit en plein gunfight spatial, dans
une opération de destruction de missiles
ou durant un affrontement contre l’un
des nombreux boss mal conçus, on passe
son temps à pester sur les équipes de
Nintendo et de Platinum Games, qui se
sont visiblement ratées sur leur recette :
au lieu de prendre une grande marmite
de rail shooter dans laquelle il aurait
fallu mettre une pincée d’explosions
agrémentée d’un soupçon d’humour
Star Fox Guard
En marge du développement de Star
Fox Zero, Nintendo planchait sur un
mystérieux « Project Guard ». Derrière
ce nom se cachait en vérité Star Fox
GuardØŞåƋĜƋģåƚųåĀĬæåĹÆƚĹÚĬå±ƴåÏĬåŸ
versions collector de Star Fox Zero ou
ôƤåƋÏűåŸƋĬºŧƚåÓ±ÚåƴĜåĹƋĜĹƋæų域±ĹƋô
disponible pour 15 euros sur l’eShop de
la Wii U. Intéressant parce que ce petit
ģåƚºŧƚĜĹDŽåƱĬĬåŸåŸƋåĹü±ĜƋÆĜåĹĵåĜĬleur que le shooter nul dont on vous
parle ci-contre. Guard est un tower
ÚåüåĹŸåŧƚĜƴŅƚŸÚŅĹĹåĬåÏŅĹƋųňĬåÚå
ÚŅƚDŽåϱĵæų±Ÿ±ųĵæåŸÚåĬ±ŸåųŸÚ±ĹŸ
un petit labyrinthe. Le but, comme vous
Ĭű±ƴåDŽŸ±ĹŸÚŅƚƋåÚæģºÏŅĵŞųĜŸØÏŅĹŸĜŸƋå
ºÏ±Ĺ±ųÚåųÚåŸŞåƋĜƋŸųŅÆŅƋŸåĹŸ±ƚƋ±ĹƋ
ÚűƚĹå ϱĵæų± º Ĭű±ƚƋųåØ ±ƴ±ĹƋ ŧƚűĜĬŸ Ĺå
viennent saccager le cœur placé au
centre de votre dédale. Frénétique et
ÆĜåĹŞĬƚŸü±ƋĜč±ĹƋŧƚűĜĬĹűåűĬű±ĜųØĬåģåƚ
Úåĵ±ĹÚåų± Úå ÆŅĹŸ ųæāåƻåŸ åƋ Æå±ƚÏŅƚŞ Úå Ÿ±ĹčěüųŅĜÚ ŞŅƚų ŞųŅčų域åųţ
Et, étonnamment, Star Fox Guard
d est
ƚĹ ģåƚ ĜĹĀĹĜĵåĹƋ ŞĬƚŸ cĜĹƋåĹÚŅŧƚå
ŸŅĹ čų±ĹÚ üųìųåţ kĹ ųåƋųŅƚƴå ĜÏĜ Ĭ±
ŞĬƚŸ čų±ĹÚå üŅųÏå Úƚ ÚæƴåĬŅŞŞåƚų
ģ±ŞŅűĜŸØ º Ÿ±ƴŅĜų ĜĹƋåĬĬĜčåĵĵåĹƋ ÚæÏĬĜĹåų ƚĹ ÏŅĹÏåŞƋ åþϱÏå Ş±ų ŞåƋĜƋåŸ
touches subtiles et progressives. Les
labyrinthes changent de structure, de
nouveaux ennemis apparaissent régulièrement (certains vont brouiller les
caméras, d’autres créer un écran de
üƚĵæå±Şų쟱ƴŅĜųæƋæÚæƋųƚĜƋŸšØŅĹÚæÆĬŅŧƚå Úå ĹŅƚƴåĬĬåŸ ±ųĵåŸ º ĵŅĹƋåų
sur des caméras, on combat des boss
čĜč±ĹƋåŸŧƚåŸñƋŅƚƋ±æƋæü±ĜƋŞŅƚųæƴĜter la routine. Alors certes, les vagues
d’ennemis ont un comportement immuable, le multi asynchrone est rigolo
mais pas vraiment palpitant et, oh mon
dieu, c’est vilain comme tout je saigne
ÚåŸ ƼåƚƻØ ĵ±ĜŸ ŞŅƚų ƚĹå ŧƚĜĹDŽ±ĜĹå
d’euros, c’est le meilleur jeu Wii U que
ƴŅƚŸŞŅƚųųåDŽ±ÏĘåƋåųÏåƋƋåŧƚĜĹDŽ±ĜĹåţ
Notre Avis :
et d’aventure, les développeurs se sont
servis avec une louche rouillée dans une
marmite à purin. En résulte un brouet où
parfois, pendant cinq minutes, on s’amuse
réellement avant de tomber dans un ennui
profond pendant une vingtaine minutes
pour, tantôt, en être tiré par une mort
incompréhensible ou un nouveau passage
à la maniabilité révoltante. Il paraît que
Star Fox Zero a connu un développement
particulièrement chaotique et qu’en
février dernier, tout le monde paniquait
sévère à l’approche de la date de sortie,
notamment à cause des contrôles
gyroscopiques foireux. Je ne sais pas
du tout si des décisions radicales et des
changements drastiques ont été opérés
depuis mais une chose est certaine : le
titre n’aurait pas dû sortir sous cette
forme. En l’état, Star Fox Zero n’est pas un
jeu. Tout au mieux un prototype bancal
(et un peu attachant) duquel ni Nintendo,
ni Platinum Games, ni même la licence
Star Fox ne sortiront grandis.
Peut-être qu’un bon jeu se cache
derrière Star Fox Zero. Si c’est le cas,
il se place pile entre la télévision et
la mablette, dans ce petit espace de
vide appelé « nulle part ». Si c’est ainsi
que les développeurs de Nintendo
entendent traiter leurs licences culte,
qu’ils gardent F-Zero dans leurs cartons
pendant encore quelques décennies.
Environ
50 €
Canard PC | 33
8*8
(4341*
Testé sur ȴ)
Genre :
collectionnite
)³ZIPSTTIYVc
1IZIPȍ/ETSR
Éditeur :
Nintendo
5PEXIJSVQIc
3MRXIRHSȴ)
1ERKYIVF
Yokai Watch
Déja tout petit, j’aimais bien les montres
On me dit que Yokai Watch va remplacer Pokémon dans le cœur
des jeunes générations. Que Yokai Watch va envahir tout ce que la
francophonie compte de chaînes télévisées jeunesse. Que Yokai
Watch va ruiner, à coups de produits dérivés diaboliques, des parents
par milliers. Je n’ai que faire des on-dit. Car j’en suis à quelque chose
comme trente-six heures de jeu, et Yokai Watch continue de m’obséder.
par Maria Kalash
L
es premières heures m’ont paru
étranges. Je savais, parce que je suis
à l’aise et en japonais et en anglais,
qu’au cœur du jeu se trouvaient une
montre (watch) et des monstres (yōkai).
Et pourtant, je n’étais qu’une petite fille au
premier jour de ses vacances d’été, équipée
d’un malheureux filet à papillons. Quand,
sur l’écran principal de la 3DS, je voyais
une petite loupe apparaître, c’était le signal
que j’allais pouvoir traquer les mantes
religieuses, les criquets et les coccinelles
à coups de mini-jeu (un curseur tourne
très vite autour d’une roue, il faut l’arrêter
sur un cran coloré sous peine de voir
l’insecte nous échapper). Ce n’est qu’au
bout de deux heures à jouer les Baygon
vert que nous sommes enfin arrivés dans
le vif du sujet : l’attrapage de monstres.
Monstre montre ? Les yokai sont
l’équivalent des lutins de la deuxième
chaussette et autres esprits frappeurs.
À ce stade de mes recherches, je suis en
mesure de l’affirmer : derrière chaque
comportement étrange que vous pouvez
observer dans la vie courante se cache
un yokai. Vos parents se disputent
pour des broutilles ? c’est la faute d’un
yokai. Vous passez votre après-midi à
grignoter malgré la raclette du déjeuner ?
Yokai encore. Votre sœur ne rit plus
à aucune de vos super vannes ? Yokai
toujours. Parallèlement à une longue
quête principale, destinée à dénouer les
événements étranges qui frappent votre
ville de Granval, vous allez résoudre des
douzaines de quêtes secondaires, à peu
près toutes à base de yokai. Parfois vous les
gronderez, parfois vous leur demanderez
du renfort (pour inciter ce père de famille
à relâcher la pression et prendre du
temps pour sa fille, vous irez par exemple
chercher l’aide de Toumou). Parfois
vous leur filerez des cadeaux (Jibanyan
le chat mignon adore le poisson tandis
34 | Canard PC
que Marcognito préfère les entremets à
base de riz) pour les séduire. Peu importe
que vous envisagiez de leur péter les
dents ou de devenir leur meilleur ami :
chaque fois vous devrez les combattre.
... ou montre monstre ? Pour cela, vous
aurez pris soin d’organiser au préalable
six monstres sur une sorte de roue que
vous ferez ensuite pivoter en fonction de
ceux que vous avez envie de faire bosser
et d’éventuelles synergies. Et quand le
combat s’engage, le plus souvent, vous
n’avez plus rien à faire. Les monstres
meulent tout seuls comme des grands. Bon
évidemment, ils font n’importe quoi : ils
décident de bayer aux corneilles au milieu
du combat, ou d’attaquer n’importe lequel
des ennemis en face, sans coordination.
Votre rôle, rarement indispensable,
c’est de désigner la cible à attaquer, de
déclencher les attaques spéciales (minijeux encore), de filer de la bouffe à ceux
qui se font victimiser… Après trente-six
heures passées à explorer les moindres
recoins de Granval, à sillonner la ville
en vélo, à tailler des bavettes, de jour
comme de nuit, avec tout ce qu’elle
compte d’êtres vivants, je suis en mesure
de l’affirmer : les combats sont, hélas,
la partie la moins intéressante du jeu.
Mais tout le reste forme un tel délicieux
cocon d’enfance que je m’en fiche.
Notre Avis :
Malgré ses combats pas fous et
omniprésents, Yokai Watch est un très
agréable divertissement, léger et pas prise
de tête, où l’on collectionne monstres,
insectes, poissons et heures de jeu.
Environ
30 €
T
TEST AU DOIGT ET À L’ŒIL LES JEUX SUR TABLETTE ET SMARTPHONE
Cube Escape : Theater
par NETSABES
aut-il encore présenter la série des Cube Escape ? Tous
les trois mois (ou moins), Rusty Lake sort un nouvel
épisode de sa série de chambres closes lynchéennes.
Miracle : non seulement la formule parvient à se
renouveler suffisamment à chaque fois pour rester
intéressante, mais en plus l’univers qui s’y construit
petit à petit devient de plus en plus bizarre, alternant le
glauque et le farfelu, les meurtres et le n’importe quoi.
Cette fois, la salle où vous vous trouvez enfermé contient
une scène, et vous allez y être témoin de pièces de théâtre.
Enfin, témoin… vous en êtes aussi, en quelque sorte, son
acteur et personnage principal. Même s’il est possible
de commencer la série par cet épisode, mieux
vaut cependant partir du début, avec Cube
Escape : The Lake ou Cube Escape : Seasons.
F
36 | Canard PC
Hamster on Coke,
420 Mo, 1 €
SFB Games, 60
0 Mo,
free-to-play
Rusty Lake, 40 Mo, gratuit
Launchasaurus
par PIPOMANTIS
ujourd'hui, dans la famille
« free-to-play beaucoup
trop mignon pour être honnête
auquel j'ai pourtant déjà trop
joué », je demande Launchasaurus.
À mi-chemin entre le jeu de
fête foraine et… d'autres jeux
de fête foraine, il vous demande
de lancer un projectile sur des
œufs pour qu'ils finissent dans
une zone précise de l'aire de jeu
(imaginez du curling mais sans
la glace, les combis ou le palet
– ouais bon OK pas du tout du
curling). Le plus rigolo dans
l'affaire, c'est qu'il vous incombe
de créer votre projectile, à partir
de divers fossiles de dinosaures.
Une colonne vertébrale par
ici, une tête par là, des pattes,
des bras et j'en passe, chacun
d'entre eux pouvant octroyer
divers bonus à la fin de votre
partie. Absolument adorable
avec ses graphismes colorés
et ses animations soignées,
Launchasaurus aurait pu susciter
notre émoi, si l'enrobage free-toplay à base de jauges et de gros
boutons enjoignant à mettre
la main à la poche ne venait
pas régulièrement
nous solliciter avec
l'élégance d'un
Crevardosaurus Rex.
Zenge
par NETSABES
A
l y a une histoire dans Zenge,
mais je suis bien incapable
de vous en parler. D’une part
parce qu’elle est muette, d’autre
part parce qu’elle n’apparaît
que sous forme de tableaux à
chaque puzzle complété. Et moi,
quand je termine un puzzle,
je n’ai qu’une envie : zapper le
tableau et passer au suivant. Les
casse-tête de Zenge n’ont rien de
bien complexe : on déplace et
replace des tuiles jusqu’à trouver
le bon dessin, sachant que les
déplacements ne peuvent suivre
qu’un chemin bien défini. Mais
c’est justement leur simplicité
qui permet de s'y plonger et
d’enchaîner les puzzles sans s’en
rendre compte, comme quand
vous venez d’ouvrir le
paquet de chips et que
mince, tout d’un coup
il n’y en a plus.
I
bientôt
Luis Medel, 11 Mo, gratuit
PuzzMagic!
par PIPOMANTIS
l y a dans PuzzMagic! un petit
quelque chose de ces jeux de
réflexion d'antan. Des titres qui, des
vieilles salles d'arcade aux premiers
Atari et Amiga, ne s'embarrassaient
d'aucun décorum superflu.
C'est d'ailleurs normal puisque
PuzzMagic! est une repompe
éhontée un hommage à Puzznic, un
excellent jeu de Taito sorti en 1989
sur bornes d'arcade ainsi que sur
une palanquée de micros et consoles
d'époque. Dans chaque niveau,
des blocs frappés de divers signes
reconnaissables qui disparaissent dès
que deux d'entre eux se touchent.
Comme de bien entendu, le but est
de se débarrasser de l'intégralité des
cubes de chaque niveau. Problème :
les blocs identiques peuvent parfois
être en nombre impair et cela
demandera un peu de jugeote pour
être certain de ne pas laisser une
pièce orpheline qui ruinera votre
partie. Sa direction artistique
vieillotte ne plaira pas à tout le
monde mais son gameplay, simple et
efficace, combiné à un level design
de plus en plus retors et malin,
font de PuzzMagic! un excellent
mélange entre le match-3
et le Sokoban, bien plus
généreux qu'il ne semble
le montrer.
I
Ian Cheng, 90 Mo, gratuit
Bad Corgi
par NETSABES
l y a les chiens de berger.
Et puis il y a les corgis, ces
adorables petites bestioles qui
semblent avoir été inventées par
un mangaka lassé de dessiner
des chats. Eh bien, dans Bad
Corgi, vous jouez un corgi de
berger, chargé de rameuter votre
troupeau de moutons. Mais
vous pouvez aussi vous balader
simplement dans la lande, aboyer
sur tout ce qui passe, rouler dans
les plantes, repousser les renards,
vous faire manger par un sac
poubelle qui passait par là…
Euh, pardon ? Eh puis soudain
le sac poubelle explose, c’est le
chaos, vos moutons sont touchés
par les débris de l’explosion
et s’enfuient, les renards les
boulottent, la terre devient
rouge, vous aboyez de
joie, vous perdez le
OUAF
contrôle, vous êtes un
OUAF
bon chien-chien.
I
Evil Indie Games, 60 Mo, 2 €
No Thing
par PIPOMANTIS
o Thing est un clone simplifié de Temple Run.
On y court inlassablement en tapotant à gauche
ou à droite de l’écran pour éviter de tomber dans
le vide. Rien de bien palpitant, me direz-vous,
mais entre sa direction artistique rococo glitchée
et les petits messages qu’il affiche régulièrement
pour déconcentrer le joueur, le titre d’Evil Indie
Games (ben tiens) se paye une sacrée personnalité.
De plus, sa difficulté ABSOLUMENT ATROCE,
DÉGUEULASSE ET INJUSTE (bon OK, juste atroce
et dégueulasse) et ses niveaux douloureusement longs
et sans checkpoints font de No Thing un véritable
test pour les joueurs aux nerfs les plus solides. Vous
auriez tort de trop vite le juger à sa tête de
runner idiot, car c’est potentiellement avec
ce genre de titres que l’on peut se prendre à
rêver d’une vraie scène masocore sur mobiles.
N
Canard PC | 37
PLUME PUDDING
P
dossier
AMAZON
PEUT-IL DEVENIR
UN GÉANT DU JEU VIDÉO ?
Microsoft, Apple, Sony, Google, Facebook…
la plupart des géants technologiques de la
planète ont cherché, à un moment ou un autre,
à se faire une place dans l'industrie du jeu vidéo.
Amazon s'était jusque-là montré étonnamment
absent, mais cette prudence semble toucher à
SAŽNETLELIBRAIREMUTANTDU7EBŅCHAUFFEEN
coulisses ses muscles géants
par ivan le fou
et Netsabes
L
e 8 février dernier, Amazon a fait une drôle de
révélation : « Coucou, c'est nous ! On aime bien les
jeux vidéo alors on a fait un beau moteur 3D à partir du CryEngine et devinez quoi ? Il est gratuit. »
Un mois avant la Game Developpers Conference
(GDC, salon professionnel des développeurs de
jeux vidéo) de San Francisco, l'effet était garanti. D'autant
que l'annonce a été suivie d'une grosse présence sur place
lors du salon, avec un stand imposant et force conférences
techniques sur le moteur en question, appelé Lumberyard.
Là, si vous vous dites « mais qu'est-ce
qu'Amazon peut bien venir faire dans
le business des moteurs 3D de jeux
vidéo ? », c'est que vous n'avez pas
tout suivi.
Lors de la GDC 2016 à
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le jeu vidéo prend de plUs
en plus de place dans son
chiffre d’affaires.
Ça commence doucement…
L'intérêt d'Amazon pour le jeu vidéo
ne date en réalité pas d'hier. Dès 2008, Amazon rachète
un modeste studio de jeux vidéo californien, Reflexive
Entertainment, ayant à son actif une vingtaine de jeux mais
surtout un portail efficace de distribution en ligne de jeux
casual. Dès l'année suivante, Amazon utilise cet achat pour
ouvrir son propre système avec d'emblée 600 jeux.
38 | Canard PC
À partir de là, Amazon va créer en 2012 une
division consacrée aux jeux vidéo appelée Amazon Game Studios, et commencer par se lancer
dans le jeu mobile et Facebook (avec peu de
succès, comme vous le raconte Netsabes pages
36-37). Pendant plusieurs années, l'actualité se
résume aux efforts d'Amazon pour épauler par
des softs le lancement de ses tablettes et d'une simili-console, la Fire TV.
Ce n'est qu'en 2014 que les choses s'accélèrent.
À la surprise générale, en février 2014, Amazon annonce le rachat de
Double Helix Games. Le studio américain, créé en 2007 en réunissant les restes de The Collective et Shiny Entertainment, n'est pas à
proprement parler un cador du jeu vidéo mais il vient de sortir pour
Microsoft une exclusivité Xbox One, Killer Instinct (reboot
de la série de jeux de baston commencée en 1994).
… puis Amazon frappe fort.
Durant l'été 2014, un
acteur important du jeu vidéo sur PC (mais pas que) se
trouve en grande difficulté : la société allemande Crytek,
connue pour le moteur 3D CryEngine et les jeux qui l'utilisent (notamment Far Cry et Crysis), a du mal à payer ses
salaires depuis plusieurs mois et se trouve contrainte à une
restructuration brutale. La situation semble grave, jusqu'à
ce que son dirigeant et créateur annonce soudain la signature d'un accord de licence avec une mystérieuse société de
renommée mondiale.
On sait aujourd'hui que le client en question était Amazon.
Il a payé entre 50 et 70 millions de dollars pour acheter
le moteur CryEngine et obtenir le droit d'en faire ce qu'il
voulait, y compris le redistribuer. Un tel accord est rarissime dans le middleware, puisque Crytek, qui continue
de distribuer son moteur, a ainsi cédé tous ses droits sur
le code source en prenant le risque de voir se retourner
contre lui sa propre technologie aux mains d'un concurrent
aux moyens énormes. Tellement énormes qu'il peut se permettre deux ans après de mettre à disposition gratuitement
ce qu'il a acheté des dizaines de millions de dollars…
Cet accord n'a été révélé par des fuites que début 2015, mais
il aurait de toute façon été éclipsé par l'événement majeur
de la fin de l'été 2014 : l'annonce du rachat de Twitch par
Amazon. Son président Jeff Bezos paye alors 970 millions
de dollars pour acquérir une plateforme de streaming quasi
exclusivement consacrée aux jeux vidéo, alors que cette dernière semblait promise à un rachat par Google. Jusqu'alors,
les différentes initiatives d'Amazon dans le jeu vidéo pouvaient se ranger dans la catégorie « Essais & Tentatives ».
Mais lorsque l'on sort le chéquier à hauteur d'un milliard
de dollars, c'est a priori qu'on est sérieux.
Mais pourquoi est-ce qu'Amazon s'intéresse
au jeu vidéo, au fait ? En langage Amazon, on vous
répondrait : « Amazon s'intéresse aux jeux vidéo parce que ses
clients s'y intéressent. » En 1999, lorsque la compagnie, qui
n'était encore que « la plus grande librairie du monde »,
décide d'ajouter des jeux Nintendo 64 et Dreamcast à son
catalogue, c'était en effet probablement par simple opportunisme bien pensé : les clients de l'époque étaient nécessairement technophiles (début d'Internet oblige), donc
susceptibles d'être intéressés ; en prime, du strict point
de vue logistique, une boîte de jeu n'est rien d'autre qu'un
bouquin qui se vend plus cher.
Depuis, le jeu vidéo a pris une place de plus en plus importante dans le chiffre d'affaires d'Amazon. Bien entendu, la
société ne donne pas le détail de ses ventes, mais on sait tout
de même que la catégorie « media » (dont font partie les
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Amazon en 3 chiffres
300 millions de comptes actifs dans le monde
Chiffre d'affaires en 2015 : 107 milliards $
Chiffre d'affaires « Média » en 2015 (dont le
jeu vidéo) : 22,5 milliards $
(En comparaison : Activision-Blizzard
4,6 milliards $, Electronic Arts 4,3 milliards $)
jeux vidéo) représente plus de 21 % du chiffre d'affaires
global (donc 22,5 milliards sur les 107 milliards de dollars
en 2015). Or, chaque fois que cette catégorie a enregistré des résultats décevants, les explications d'Amazon à
ses actionnaires impliquaient les soubresauts du marché
vidéoludique, ce qui donne un indice de son importance
au sein de« media ».
Mais il y a un autre aspect méconnu de l'implication
d'Amazon dans ce marché : son service d'hébergement
Amazon Web Services (AWS). Initialement, c'est pour
ses propres besoins qu'Amazon a dû mettre en place
des fermes de serveurs, afin d'assurer un trafic fluide
sur ses différents sites web en toute tranquillité. Puis,
forte de l'expérience et la technologie acquises dans ce
domaine, la société s'est mise à commercialiser ce service. Il se trouve que les jeux vidéo font partie des clients
les plus demandeurs car les problématiques de serveurs
sont devenues fondamentales pour tout projet de jeu en
ligne ambitieux, que ce soient les titres sur Facebook
qui rassemblent des millions d'utilisateurs, ceux dotés
d’une forte composante multijoueur en ligne ou plus
récemment les free-to-play dont la fréquentation peut
battre des records. AWS est rapidement devenu une référence dans le domaine : son chiffre d'affaires double
pratiquement chaque année depuis trois ans, jusqu'à
atteindre 7,8 milliards de dollars en 2015. ¾ (suite p. 42)
Canard PC | 39
PLUME PUDDING
D
AMAZON
dossier
Amazon et les jeux mobiles
Entre grands projets et espoirs déçus
Amazon, futur grand éditeur de jeu vidéo ? Pas si sûr. Même si le géant de la
distribution n’a encore aucune sortie PC ou console à son actif, il a déjà tenté
des incursions plus ou moins organisées sur Facebook et sur mobiles.
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Lucky’s Escape (2012)
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(2014)
Til Morning’s Light (2015)
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Canard PC | 41
PLUME PUDDING
D
AMAZON
dossier
Twitch et l'intégration
verticale
Twitch et le studio Super Evil Megacorp,
auteur du MOBA sur mobile Vainglory, ont
annoncé récemment un partenariat sur
trois ans. Twitch s'est engagé à promouvoir
les streams du jeu sur ses pages et à dédier
une structure interne à l'organisation des
événements e-sport autour de Vainglory.
Moyennant quoi, il gérera pour le compte
du développeur merchandising et contrats
de sponsoring, et diffusera tous les
championnats organisés. Cet accord est
un bon exemple de ce que pourrait donner
une intégration verticale du jeu vidéo au
sein d'Amazon, de la création par Amazon
Game Studios jusqu'à la promotion au sein
de la communauté par Twitch, en passant
par la vente en boutique amazon.com et la
publicité (car Amazon est aussi une régie
publicitaire en ligne dont le chiffre d'affaires
dépasse le milliard de dollars en 2015…).
Bien mené autour de bons jeux, il y a là un
potentiel redoutable d'efficacité.
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Un appeau pour les amener tous, et dans le
Web les lier. AWS, Twitch et le moteur 3D Lumberyard sont d'ailleurs étroitement imbriqués dans la stratégie d'Amazon. Étant donné ses besoins, Twitch peut
évidemment bénéficier énormément d'un accès facilité
aux services et capacités d'AWS. Quant à Lumberyard, il a
été conçu pour mettre en valeur les deux autres.
Les ingénieurs recrutés par Amazon n'ont apparemment
pas chômé une fois le CryEngine entre leurs mains. Si l'on
en croit la documentation disponible, ils ont apporté beaucoup de modifications à la technologie de Crytek, dont le
code réseau (inspiré de celui apporté par l'acquisition de
Double Helix Games), et la façon dont sont importés et
gérés les assets graphiques. Mais surtout, ils ont fait en
sorte d'y inclure étroitement la gestion et les services à la
fois de Twitch et d'AWS.
42 | Canard PC
Deux fonctions intégrées permettent des liens directs avec Twitch.
Twitch Chatplay facilite la création de gameplays reposant sur
l'activité des utilisateurs de Twitch, qui peuvent intervenir sur le
cours du jeu (voter pour des décisions, donner des bonus à leurs
joueurs préférés…). Twitch JoinIn est une fonction permettant aux
streamers d'inviter directement leurs spectateurs dans une partie
en cours. Twitch est devenu une portion tellement importante de
l'écosystème du jeu vidéo, tant pour la découverte des jeux par le public que pour leur popularité ensuite, que proposer d'en faciliter l'intégration dans Lumberyard peut effectivement représenter un atout
commercial séduisant les développeurs.
Mais le cœur du business de Lumberyard est à chercher du côté
d'AWS (il est d'ailleurs significatif que l'équipe du moteur 3D soit
rattachée à la division AWS, pas à celle d'Amazon Game Studios). La
gestion des serveurs et de leur mise à l'échelle dynamique par rapport au nombre de joueurs est devenue un casse-tête nécessitant des
compétences techniques très spécifiques. C'est le domaine où excelle
AWS, et rendre sa gestion facile d'accès en l'intégrant au moteur peut
très bien se révéler un coup de maître. Le moteur 3D est gratuit,
certes, mais l'espoir est bien de voir les jeux utiliser AWS, qui lui ne
l'est pas. C'est potentiellement une proposition comparable au coup
de génie qu'ont eu les gens de Steam en lançant gratuitement SteamWorks (middleware qui prenait notamment
en charge la gestion des parties en réseau) moyennant
l'intégration dans la boutique Steam.
En attendant le Half-Life 2 d'Amazon. Amazon
Game Studios est au travail (à Seattle et Irvine) sur
plusieurs projets qualifiés d'« ambitieux jeux PC AAA
utilisant les dernières technologies et l'intégration de Twitch
et AWS pour créer de nouvelles expériences de jeux reposant
sur la communauté ». Ce qui, vous en conviendrez, ne veut
absolument rien dire. Impossible d'en savoir plus pour le
moment, bien que certains de ces jeux soient censés être
annoncés en 2016.
Mais une chose est sûre, côté recrutement, Amazon
Game Studios (AGS) voit haut. On compte parmi sess
développeurs bon nombre de profils très expérimentés :
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Un marchand peut-il
d
devenir créateur ?
Il manque à l’infrastructure
d’Amazon un ou plusieurs
« jeux-vitrine ».
par exemple Ian Vogel, passé par Microsoft et Irrationnall
Games (System Shock 2, BioShock), ou Kim Swift, passéee
par Valve (pour Portal 1 et 2) comme d'ailleurs Tom
Leonard (de Half-Life 2 à Left 4 Dead 2) qui avait auparavant servi cinq ans chez Looking Glass. Le recrutement
bat toujours son plein : à l'heure où j'écris, on trouve plus
de 80 offres d'emploi sur le site d'AGS.
Mais tout n'est peut-être pas si simple pour Amazon :
AGS a en effet accusé quelques départs de poids en 2015.
Plusieurs grands noms, dont le ralliement avait impressionné, sont depuis repartis : Eric Nylund (romancier
et directeur narratif de la franchise Halo pendant treize
ans) ; Jonathan Hamel (vétéran de Crystal Dynamics) ;
Clint Hocking (directeur créatif des Splinter Cell, passé
ensuite par Valve et LucasArts) ; et David Luehmann (ancien responsable des studios Microsoft pendant douze
ans), qui n'était autre que le président d'Amazon Game
Studios. Tous sont partis en l'espace de quelques mois
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Te une boutique et créer les produits
Tenir
qu'on y vend sont deux métiers différents,
qu
ett il est légitime d'avoir quelques doutes
sur les capacités d'Amazon dans le
su
domaine créatif et artistique. Cela semble
do
au moins fonctionner dans la production
audiovisuelle. En effet, lorsque Jeff Bezos
au
a décidé de concurrencer Netflix sur l'offre
de vidéo en streaming, il a créé Amazon
Studios, investi lourdement dans les
St
contenus (3 milliards de dollars par an,
selon les analystes) et obtenu quelques
bons résultats : par exemple la signature de
Woody Allen pour une série à venir, ou les
bonnes séries Bosch (policier) ou Mozart in
the jungle (comédie). Mais il faut se garder
des analogies trop poussées entre films et
jeux vidéo : la production de ces derniers,
qui étalent sur plusieurs années des choix
techniques mais aussi technologiques, est
plus spécifique (et complexe) qu'il n'y paraît.
en 2015. Après l'échec de sa stratégie de jeux sur
mobile, ces départs accentuent les doutes sur la
capacité d'Amazon à mettre en place facilement
une production de jeux vidéo à la hauteur de ses
ambitions.
Or, si Valve a pu imposer Steam, c'est grâce à
Counter-Strike et Half-Life 2. Si Crytek a pu vendre
son moteur, c'est par les exemples de Far Cry ou
Crysis. Pour le moment, il manque à l'infrastructure mise en place par Amazon un ou plusieurs
« jeux-vitrine » permettant de faire briller les propositions techniques et d'attirer durablement l'attention et les talents. Pour émerger vraiment dans
l'industrie du jeu, les intentions, les stratégies commerciales et les mécanos industriels intelligents ne
suffiront pas. Il faudra des jeux, et des bons, car
rien ne vaut une démonstration par l'exemple.
Canard PC | 43
PLUME PUDDING CABINET DE CURIOSITÉS
Cabinet de
curiosités
Chut
PA R M A R I A K A L A S H
En direct de la rédaction, il fait beau. J’ai dans les oreilles des sons
de bols tibétains, destinés à empêcher les nuisances sonores
de mes collègues de m’affecter. Mon esprit a atteint un degré
de détachement tel que plus rien, ni le casque qui enfonce dans
ma tempe la branche de mes lunettes, ni le fumet de la pizza qui
embaume aux abords de la salle de pause, ne parviennent à me tirer
de ma torpeur. Rien ? C’était compter sans un étrange blob vert.
Kameleon
Il va peut-être camer
Blobwall
Le vert de trop
Genre :
contorsionnisme
Développeur :
Sophie Houlden
(Royaume-Uni)
URL : cpc.cx/fkq
Blobwall m’a conquise dès le petit
gif animé qui orne sa page itch.io.
On y voit une boulette verte,
dotée de deux yeux, se promener
sur une grille et s’étirer dans
tous les sens, tandis qu’un mur
percé s’approche d’elle. Si vous
avez regardé un bêtisier au cours
de ces dix dernières années,
cela vous rappellera forcément
quelque chose : un jeu télévisé
japonais propose exactement la
même épreuve à ses participants.
Vous devez donc adopter la
forme du trou, pour qu’il passe
sans heurt. Si vous dépassez,
le mur vous pousse dans la
44 | Canard PC
piscine. Si vous ne remplissez
pas l’ouverture, la plateforme
sur laquelle vous vous trouvez
s’effrite, réduisant du coup le
temps à votre disposition pour
la prochaine paroi mouvante.
Réalisé à l’occasion de la Ludum
Dare 35, le concept, d’une
simplicité effarante, exploite
parfaitement le thème, shapeshift
(changement de forme). Ne vous
laissez cependant pas abuser
par cette apparente simplicité :
maîtriser la pratique requiert
précision et sang froid, deux
qualités dont je suis totalement
dénuée.
Au début, Kameleon m’a
paru super beau. Puis j’ai
commencé à y jouer et j’ai
trouvé ça super laid, je me
suis demandé ce qu’était
cette pâle copie de Papers,
Please. J’ai persévéré et il
est devenu magnifique, pas
du tout pompé. Après un petit prologue
qui rappellera sans doute des choses
aux amateurs de Lucas Pope, vous voici
dans une sorte de jeu d’aventure où l’on
pointe et l’on clique, mais de manière
extrêmement minimaliste. Déjà, les décors
sont d’une pureté sanguine (je dis ça parce
qu’il y a beaucoup d’aplats de rouge),
ensuite, le personnage, qui m’a beaucoup
rappelé ce que j’ai vu de photos de Franz
Kafka, n’a que des sourcils, pas d’yeux et
on a assez peu d’objets cliquables. Dans
son appartement, le téléphone sonne.
Vous décrochez. Et là, la vitre éclate,
du verre jonche le sol et votre enquête
commence. Je ne peux aller beaucoup plus
loin dans la description des événements
qui suivent, sous peine de vous gâcher un
immense bonheur. Sachez simplement
que Eight Bit Skyline réussit un petit tour
de force incroyablement malin, mais qui
ne se révélera qu’aux plus confiants. Et
que toute ressemblance avec ce bon vieux
Franz n’est peut-être pas si fortuite.
Genre :
mésaventure
)³ZIPSTTIYVc
Eight Bit
Skyline
(Norvège)
URL :
cpc.cx/fkr
AU COIN DU JEU PLUME PUDDING
Au coin du jeu
Oculus Risque
La réalité virtuelle a beau être en pleine bourre
médiatique (et pour l’instant, uniquement
médiatique), le principal artisan de ce retour en
grâce semble piétiner : Oculus VR, la société de
Palmer Luckey, doit faire face à des problèmes
de production, de logiciels et désormais à une
polémique sur le thème de la vie privée.
par Ivan Le Fou
O
culus VR est en retard dans la livraison
de l’Oculus Rift à ses clients, apparemment du fait d’une pénurie de certains
composants. Très en retard, même, puisque
certains acheteurs vont devoir patienter
jusqu’à juin au lieu d’avril. Parallèlement, ceux
qui l’ont reçu constatent que la partie logicielle
présente quelques carences (bien résumées par
factornews.com) mais surtout que les jeux présentés comme « exclusifs » à l’Oculus Rift ne le
sont pas vraiment : non seulement le plus en
vue d’entre eux, EVE : Valkyrie, sera disponible
également cette année sur le HTC Vive (le
dispositif concurrent de HTC et Valve), mais
nombre d’autres titres le sont déjà moyennant
quelques bidouilles non officielles.
Fâcheux, mais pas autant que la polémique née
de l’observation du fonctionnement des prour l’installal installagrammes résidents nécessaires pour
tion du bouzin. Il s’avère en effet que ceux-ci
comprennent un service en tâche de fond qui
mations sur
envoie continuellement des informations
scrète PME
les serveurs de Facebook (une discrète
ux ans pour
qui a racheté Oculus VR il y a deux
nuellement »
deux milliards de dollars). « Continuellement
comme dans « même quand vous ne vous servez
pas de l’Oculus ». Et quand vous vouss en servez?
servez ?
Les données envoyées vont des programmes
que vous utilisez au matériel que vous avez,
nt dans l’esen passant par votre positionnement
us Rift n’est
pace. Quoi ? Oui, parce que l’Oculus
n « adjacent
pas seulement un casque doté d’un
gnétomètre,
reality tracker » (un ensemble magnétomètre,
gyroscope et accéléromètre) destinéé à détecter
0 fois par seles mouvements de votre tête 1 000
hé sur votre
conde. C’est aussi un capteur branché
PC qui observe les LED sur le casque pour déterminer votre positionnement en 3D (façon Wii
ebo
ook, donc.
Nunchucks). Et qui les envoie à Facebook,
Un programme
de l’Oculus envoie
continuellement
des informations
en tâche de fond
sur les serveurs
de Facebook.
Du coup, émotion, polémique sur Reddit, inquiétude pour la vie des utilisateurs, et même
lettre ouverte d’un sénateur américain à Oculus.
Il faut dire que les propres documents d’Oculus
VR sur l’exploitation des données récoltées sont
assez explicites sur le fait que celles-ci seront
utilisées à des fins marketing et pourront être
transmises à des tiers. Et la réponse officielle
de la société n’est pas vraiment rassurante :
« Facebook est propriétaire d’Oculus et aide au
fonctionnement de certains services d’Oculus (…)
mais nous ne partageons pas d’informations avec
Facebook pour le moment. Nous ne diffusons pas
encore de publicité et Facebook n’utilise pas actuellement les données d’Oculus à des fins publicitaires – mais ce sont des choses que nous pourrions
envisager dans le futur. » (NDR : c’est moi qui
souligne.)
Alors oui, les d
données ainsi récoltées vont certainement pri
principalement servir à améliorer le fonction
fonctionnement du bidule. Oui encore,
les conditions d’utilisation de ces données ne
sont pas plus aberrantes
a
que celles auxquelles
nous ne prêton
prêtons même plus attention (Microsoft, Google et autres boutiques ou services en
ligne). Sauf qu’en
qu’ l’occurrence, il n’est fait aucune référence à l’anonymisation des informations (c’est ballo
ballot), qu’on ne voit pas pourquoi le
programme ne pourrait pas être fermé (comme
Steam) et que, sachant que le data mining est le
busine de Facebook, Mark Zuckercœur du business
sûreme pas ouvert le portefeuille uniberg n’a sûrement
f
quement pour faire
joli (sic) sur sa table de nuit.
Vous pouvez d
donc être certain d’une chose
Oc
concernant Oculus : du point de vue légal au
moins, tout est en place pour que Facebook,
spécialiste du profilage comportemental sur
Internet, puiss
puisse également suivre vos faits et
l
gestes, au sens littéral
cette fois.
Canard PC | 45
PAR KAHN LUSTH
PLUME
PLUM
PL
UME
E PUDDING
PUDD
PU
DDIN
NG
NEWS
ONLINE
« On ne fait rien de mal, on redistribue juste
gratuitement un truc payant ! »
World of Warcraft
D’une manière générale, les serveurs pirates de World of
Warcraft évoluent dans une zone grise : tout le monde
sait que c’est interdit, mais Blizzard ne semble pas vraiment s’en plaindre pour autant. Au pire, les modérateurs ferment les sujets de discussion qui en parlent sur
les forums officiels, mais personne ne semble inquiété.
Or, il y a peu, Big Blizou a contacté le fournisseur du serveur
Nostalrius, une version pirate qui a repris le jeu en version
1.0 et ajoute petit à petit ses add-on du célèbre MMO. Son
message : « Bon, c’est bien gentil vos conneries mais vous
allez tout arrêter avant qu’on vous refasse le cul avec nos
légions d’avocats surentraînés. » Pas fous, les gérants ont
planté leurs clients sans broncher, ce qui ne manqua pas
de faire resurgir les chiffres de fréquentation du serveur,
estimés à plus de 150 000 joueurs actifs pour environ
800 000 comptes, suivi d’un baroud d’honneur qui aura
rassemblé un maximum de monde. Pourtant, Nostalrius
et ses joueurs ne comptent pas en rester là, puisqu’une
pétition déjà signée par plus de 200 000 personnes exige
que Blizzard fasse machine arrière, au motif que l’organisation ne générerait aucun profit. De plus, le code source
du serveur vient d’être lâché dans la nature, sans doute
dans l’espoir que le jeu du chat et de la souris fatiguera
la société d’Irvine en premier. Mais pourquoi maintenant ?
Quelque chose me dit qu’il ne serait pas surprenant de voir
un serveur legacy officiel pointer le bout de son nez, dans
les mois ou l’année qui viennent, à l’image de ce qui se fait
sur EverQuest.
Star Citizen
,EDŅBUTDELAŽN
I
l est inutile de revenir encore une fois sur les nombreux doutes qui entourent
la faisabilité du projet Star Citizen. Nous en avons suffisamment parlé jusqu’à
présent et on commence à en avoir marre de retrouver une tête de cheval dans le lit d’un rédacteur,
tous les deux, trois jours. Par contre, il semblerait que de plus en plus de monde se mette aussi à
douter, à tel point que Chris Roberts vient de changer discrètement de braquet : « Je crois que je l’ai
déjà dit il y a longtemps, mais Star Citizen ne sera jamais terminé et je ne pense pas que les gens pensent
qu’EVE Online ou World of Warcraft sont maintenant terminés. » Bien sûr, le but d’une telle phrase
– nuancée par les propos qui l’ont suivie – n’est pas de dire que le jeu ne sera jamais terminé mais
bien qu’il ne sera jamais terminé. Oui, j’avoue que c’est flou, mais l’objectif est d’expliquer que le
studio veut mener le jeu jusqu’à sa version 1.0, puis assurer son suivi jusqu’à ce que les joueurs ne
soient plus en nombre suffisant pour continuer. D’accord, et elle contiendra quoi, la version 1.0 ?
Potins de chambre
C’est celui qui dit qui y est
S
mite vient de se retrouver au cœur d’un scandale hors-normes, grâce à
l’ingéniosité de son streamer officiel. DMBrandon (c’est son petit nom) était
en train d’exhiber ses talents de joueur quand soudain, quelqu’un lui fit un don
de cinq dollars. Jusque-là, rien d’anormal, si ce n’est qu’un message accompagnait
le pourboire, où le donateur remerciait le saltimbanque du jeu vidéo de lui avoir changé les idées,
à un moment tragique puisqu’il voulait se suicider. Bien entendu, Brandon la Déconne a réagi de la
manière la plus saine qui soit, en expliquant publiquement à cette personne qu’elle était un « trou
du cul qui devrait apprendre à gérer sa dépression » et encourageant ceux qui n’étaient pas d’accord à
dégager de son stream. Voilà, voilà. Comme prévu, le retour de flamme fut particulièrement violent,
au point que DMBrandon dut s’excuser en démissionnant, pendant que le président de Hi-Rez faisait
un don à la Fondation américaine de prévention contre le suicide en expliquant que son entreprise ne
prenait pas le sujet à la légère. Quand on vous dit que les MOBA, ça rend vraiment très méchant.
46 | Canard PC
En vrac
Finalement, la prochaine
extension de World of
Warcraft ne sortira
pas le 30 juin, comme le
prétendaient les rumeurs,
mais le 30 août. Et tant qu’on
parle de jeux Blizzard, sachez
que la prochaine extension de
Hearthstone sera disponible à
l’heure où vous lirez ces lignes.
Fan service un jour, fan
service toujours : le prochain
DLC de The Elder Scrolls
Online mettra en scène la
Confrérie noire, dans les villes
de Kvatch et Anvil. En revanche,
impossible d’en savoir plus sans
être menacé de mort.
World of Warships disposera
bientôt d’une météo
dynamique qui altérera la
distance de vue, d’une partie
à l’autre. À en croire les sousentendus des développeurs,
cela ne pourrait être qu’un
début et il ne serait pas fou
d’imaginer une mer plus ou
moins houleuse, dans un avenir
plus ou moins proche.
En vrac
Coup de mou chez les durs
Ras la casquette
A
près avoir ramassé plus de 600 000 dollars sur
Kickstarter en 2013, les responsables du Projet
Phoenix, alias City of Titans, alias « On va recréer
City of Heroes », ne sont toujours pas capables
de présenter autre chose qu’une vague ébauche
de version alpha. L’origine du problème viendrait
des add-on, ces « achats supplémentaires » qui
permettent d’obtenir des goodies ou de contribuer
à la création du jeu en important sa tronche de
Porcinet sur un personnage et autres joyeusetés.
Promis lors de la campagne Kickstarter (car réclamés
par les fans), les add-on représenteraient aujourd’hui
un véritable gouffre à main-d’œuvre, entre les
problèmes de production chez les prestataires
chargés de fabriquer les goodies et les artistes
débordés par les trop nombreuses demandes, déjà
payées par les joueurs. En somme, plutôt que de
promettre des casquettes et une contribution créative
à vos joueurs, contentez-vous de leur promettre un
jeu. Ça vaudra mieux pour tout le monde.
Deux nouvelles classes
sont désormais
disponibles dans
Black Desert.
Concrètement, il
ne s’agit que d’une
variante « monsieur/
madame » d’un guerrier
qui utilise parfois un arc
avec le Musa spécialiste
des zones d’effet et la
Maewha, spécialiste du
mono-ciblage.
ArcheAge
Pr
Premiers
coups
co
de mou
Encore un free-to-play qui tombe à l’eau
C’est pas
du Lux
P
uisqu’il est visiblement
impossible d’annoncer un
jeu en 2016 sans lui coller une
étiquette survival en travers de
la tronche, Lux s’est gentiment
plié à l’exercice en y ajoutant
une direction artistique et
un gameplay allègrement
repompés sur Don’t Starve en
plus d’un côté MMORPG,
pour donner le change. Mais
les choses sont mal parties
puisque, dès le début de son
Kickstarter, les joueurs ont
commencé à lui hurler « Payto-win ! Pay-to-win ! » dans
les oreilles en lui mettant des
petits coups de fourche dans
les côtes, en raison de stretch
goals jugés trop avantageux
en termes de gameplay. Hélas,
bien que le tir fût rapidement
corrigé, les développeurs ont
dû abandonner leur campagne
avec 80 000 malheureux dollars
de promesses de don, sur les
200 000 demandés. Désormais,
le studio cherche à retomber
sur ses pattes, en essayant de
trouver un arrangement avec
d’éventuels investisseurs ou,
comme c’est souvent le cas en
matière de projets Kickstarter
foireux, en envisageant sans
doute de revenir plus tard pour
promettre le même jeu avec
deux fois moins de budget.
A
près l’épisode des fringues à laver pour conserver leurs bonus, Trion enfonce ArcheAge un peu
plus loin dans le pay-to-win. Cette fois-ci, c’est un pack à cent dollars qui « offre » en prime un
jacuzzi. Loin de représenter une simple décoration pour les amoureux du housing, cette grosse baignoire
bouillonnante permet d’immerger jusqu’à quatre personnages et surtout, d’offrir un gros bonus au
propriétaire lorsqu’il vient y faire trempette. En détail, le jeu limite de nombreuses actions avec des points
de labeur qui se rechargent doucement au fil du temps ou beaucoup plus vite en allant dormir dans un
lit. Or, cette option limitée à une utilisation par tranche de 24 heures peut être utilisée une seconde fois,
si l’heureux propriétaire d’un jacuzzi fait baigner leur personnage. En d’autres termes, les spécialistes
de l’artisanat qui se paient le pack obtiennent ainsi un avantage important sur la concurrence, en étant
capables de doubler leurs capacités de production quotidiennes. Et ça, c’est vraiment moche.
En vrac
Suite à un patch qui offre la possibilité
aux joueurs de Guild Wars 2 de catapulter
un personnage au niveau 80, les joueurs
s’inquiètent de voir cette option vendue sans
restrictions. Or, ArenaNet le jure : la boutique
du jeu ne vendra jamais un tel boost de
niveaux. Notez, « la boutique du jeu ».
Qu’est-ce qu’on fait lorsqu’on est
en 2016 et qu’on a un MMORPG
du nom de The Repopulation sur
les bras ? Eh bien, on le reconvertit
en survival et on le fout sur le
Greenlight de Steam en l’appelant
Fragmented, ni vu ni connu.
Une manifestation de Paladins en colère, une assemblée générale de copropriétaires
inquiets au sujet du housing ou une fête qui tourne mal sur votre MMORPG ?
Envoyez vos screenshots et explications à clicclac @ canardpc.com et gagnez la possibilité
d’avoir la chance d’être choisi pour possiblement apparaître dans les News Online.
Canard PC | 47
A venir
A
Furi
Dueling Barjots
Par Pipomantis
Asseyez-vous donc, que je vous narre une très
courte histoire : dans ma prime jeunesse, j’ai
été fondateur (et unique membre, certes) d’un
mouvement révolutionnaire que j’avais appelé
la Force de Défense des 7/10.
C
e mioupuscule (minuscule groupuscule,
suivez un peu) s’attelait à rendre leurs
lettres de noblesse à certains jeux, parfois
injustement oubliés à cause de notes en dessous
des sacro-saints 8, 9, 10 alors qu’aujourd’hui on
les encenserait s’ils sortaient à 15 euros sur Steam.
On y défendait des titres souvent originaux
ou bourrés de personnalité, dont la seule faute
était généralement d’être un peu trop moches,
génériques ou incompréhensibles. Dans la
liste des 7/10 que j’aimais avec la ferveur d’une
nouvelle arrivée au couvent, on en trouvait un
très particulier, presque inconnu du grand public :
The Red Star. Sorti en 2007 sur PS2/PSP et tiré
de la bande dessinée du même nom, il s’agit d’un
étonnant beat-them-all vu de dessus qui, lors de
ses combats les plus énervés, se transforme en
manic-shooter avec rideaux de balles fluo, esquives
au poil de fesse et tout ce qui s’ensuit. Un jeu
d’action épatant, au concept tellement malin que
je me suis longtemps demandé pourquoi personne
n’avait essayé de se le réapproprier. C’est enfin
chose faite grâce au studio français The Game
Bakers et leur tout nouveau projet : Furi.
Fury of the Furi. Comme son nom ne
l’indique pas assez (et malgré la présence d’un
personnage affublé d’une tête de lapin géante),
Furi n’est pas un jeu mettant en scène des animaux
48 | Canard PC
Genre : Boss Ruche
Développeur /
³HMXIYVc The Game
Bakers (France)
Plateformes :
PC Windows,
PlayStation 4
Sortie prévue :
2016
anthropomorphes. Dans les faits, c’est une sorte de
beat-them-all qui aurait l’intelligence de zapper tous
les passages classiques avec des grappes d’ennemis
peu inspirés et mal distillés (trop peu de jeux le
font vraiment bien) pour proposer uniquement des
combats contre des boss. Et attention, si beaucoup
vont essayer de comparer le titre à Dark Souls pour
ses enchaînements de duels difficiles et éprouvants,
Emeric Thoa (fondateur du studio et tête pensante
du projet) y voit plutôt des combats de boxe, à
échelle humaine. L’idée derrière Furi n’est pas de se
jeter dans la gueule de dragons millénaires ou sur
des loups géants avec une épée dans la gueule ; Thoa
souhaite des duels épiques mais justes, contre des
adversaires puissants mais faillibles. Non, son seul
vrai point commun avec Dark Souls, c’est qu’il veut
vous mettre la pression avant le combat, vous épuiser
pendant et vous faire hurler de joie après. Une
philosophie de game design qui n’est pas sans rappeler
la série des Punch Out! (régulièrement citée par
l’équipe), des jeux de boxe très arcade où observation
et réflexes sont les deux clés de la victoire.
Clé de joute. Dans la version complète du titre,
chaque adversaire aura ses petites spécialités : celui-ci
viendra vous harceler au corps à corps, celui-là vous
pilonnera de lasers à l’autre bout de l’écran et cette
autre changera carrément la topographie du décor
pour se protéger et vous pousser à la faute. Ici, nous
avons affronté un boss un peu touche-à-tout, qui
alternait phases de corps à corps et moments de
véritable bullet-hell où slalomer entre les projectiles
devenait plus important que taper. L’occasion de
voir que les combats peuvent changer de « phase »,
comme dans Pokkén Tournament, pour prendre un
exemple récent. Durant les affrontements à distance
la caméra, très élevée, propose une excellente vue du
omoplates, quand il ne me noyait pas
sous des quantités astronomiques de
projectiles envoyés d’un peu plus loin,
à travers lesquels il me fallait zigzaguer
pour aller lui botter l’arrière-train.
champ de bataille et de tirer sur son adversaire
comme dans un top-down shooter. Après avoir
entamé l’une des sept (!) barres de vie du boss,
on passe en combat rapproché. La caméra est
bien plus serrée et on arrête de faire pioupiou avec ses flingues pour lentement tourner
autour de son adversaire en jouant de l’épée ou
de l’esquive pour survivre, avant de chercher
une faille dans sa défense pour y incruster
notre épée. Le titre passe d’une phase à l’autre
avec beaucoup de naturel et on n’est jamais
pris au dépourvu par les changements de
caméra ou de rythme, qui offrent au contraire
beaucoup d’énergie aux passes d’armes.
Le combat dans l’oeil. L’autre choix osé
mais très malin de The Game Bakers, c’est
de ne proposer aucune évolution au joueur.
Dès le début du jeu, notre héros a accès à la
totalité de ses mouvements : mettre des coups
d’épée, parer, esquiver, tirer… Au joueur de
savoir quand et comment utiliser ses capacités
pour mettre à mal chaque adversaire. Et ce
sont eux, les adversaires, qui vous forceront
à dérouler vos connaissances de l’arsenal
à votre disposition. Dans notre combat, il
aura fallu éviter des vagues de tirs tout en
essayant d’allumer notre samouraï tricéphale,
avant de se jeter sur lui au corps à corps,
parer chacun de ses coups avec un timing
démoniaque puis le punir à chaque erreur.
Il a ensuite alterné des attaques de zone (très
lisibles et agréables à éviter, ce qui est assez
rare dans le genre pour être souligné) qui me
demandaient de passer dans son dos au bon
moment pour lui planter ma lame entre les
Bataille de guêpe. Difficile mais
pas insurmontable (il est possible de
récupérer de la vie en parant les coups
et en tirant dans certaines torpilles
adverses), cette démo de Furi offre
un chouette avant-goût de ce que
pourrait être le titre de The Game
Bakers à sa sortie dans le courant de
l’année. Bien que ce boss se concentre
plus sur les échanges à l’épée que sur le
combat à distance, on entrevoit déjà le
vice et l’intelligence qui pourraient se
tapir derrière les autres combattants.
Les derniers trailers mis en ligne par
le studio nous permettent également
de présumer que la suite proposera
des lasers géants, des coups de vice
bien salauds et des patterns de tirs
adverses de plus en plus complexes.
Quand on lui demande, Emeric Thoa
compare volontiers le héros de Furi
et son arsenal à un instrument de
musique : « On a une guitare, six cordes,
et voilà. Ensuite, chaque boss est une
nouvelle partition qu’il faut apprendre à
jouer. » Et entre nous, si cette session
de jeu était un petit « Wonderwall »
au coin du feu, je suis sacrément
pressé de jouer du Van Halen.
Canard PC | 49
À VENIR PC
Sherlock Holmes :
The Devil’s Daughter
Le retour du Pipe Boy
Par Maria Kalash
Pour les besoins de ce papier, j’ai fait, chose
exceptionnelle, quelques recherches. Eh bien,
j’ai failli tomber de ma chaise – journaliste est
YRQ³XMIVHERKIVIY\(EVǻKYVI^ZSYWUYIPI
premier Sherlock Holmes de Frogwares,
Le Mystère de la momie, date de 2002. Pire
IRGSVIcMP³XEMX³HMX³TEV;EREHSS“HMXMSRW
:SYWTEVPI^HƶYRGSYTHIZMIY\
L
e nouvel éditeur de Sherlock, Bigben,
a manifestement foi en son poulain.
Suffisamment en tout cas pour donner aux
affreux journalistes que nous sommes l’occasion
de poser leurs sales pattes sur une version bêta qui
n’attend plus qu’un peu d’optimisation. Les jeux
d’aventure n’ont que rarement droit à ce genre de
traitement, cela vaut donc le coup de le noter et
d’étudier un peu ce que Frogwares nous propose.
Vous incarnez Sherlock Holmes, le héros de Conan
Doyle, mais dans des aventures inédites. Vous
êtes chez vous, allongé sur le canapé, en train de
râler parce que vous vous ennuyez (jusque-là je
m’identifie totalement) quand toctoctoc, on frappe
à la porte. Le docteur Watson, qui est devenu full
hipster depuis le dernier épisode, va ouvrir : quelle
chance, c’est une enquête qui se présente à vous,
sous les traits du jeune Tom, dont le père a disparu.
Ceux qui auraient joué au précédent épisode des
aventures de Sherlock reconnaîtront l’appartement
du 221 B Baker Street, qui n’a pas changé d’un poil de
favori. D’ailleurs, ils reconnaîtront quantité d’autres
choses. Vous allez vous déplacer, au clavier-souris ou
au pad, dans des environnements tridimensionnels
foisonnant de détails, en vue à la première ou à la
troisième personne. Enquêter des heures durant,
sur cinq affaires différentes. Scruter les gens
comme un gros malpoli, pour tirer sur leur vie et
50 | Canard PC
Genre : enquête
Développeur :
Frogwares (Ukraine)
Éditeur :
Bigben Interactive
Plateformes :
PC Windows, PS4,
Xbox One
Sortie prévue :
10 juin 2016
leur personnalité des conclusions aussi hâtives que
lapidaires. D’un acteur qui se promène avec un miroir
dans la poche, vous pourrez dire qu’il aime bien se
regarder le nombril, d’un enfant aux yeux rougis, qu’il
a pleuré. Vous pourrez aussi vous tromper, et attribuer
cette coloration inhabituelle à une conjonctivite. Si
c’est le cas, vous vous priverez probablement d’une
option de dialogue : pas de quoi foirer l’enquête, mais
suffisamment pour qu’une nuance vous échappe.
Conan Doyle le barbare. Mais si ce Sherlock
reprend les fondations mises en place au cours des
précédents épisodes, il cherche tout de même à aller
un peu plus loin et à brasser un peu plus large. D’abord
avec l’apparition de deux modes de difficulté. L’un
vise à ouvrir le jeu à un public qui n’aime pas trop se
fracturer le crâne et vous autorise à passer les puzzles
(boîtes à ouvrir, bombes à désamorcer) et d’éventuels
mini-jeux (car oui, il y en a). L’autre, le difficile, cherche
à raviver la flamme du public intransigeant et vous
lâchera la main pour vous laisser vous gaufrer et
vous creuser le cerveau. Il adjoindra par exemple une
minuterie aux séquences d’observation de personnage
(parce que Sherlock a beau être antisocial, il sait que
dévisager les gens pendant trois minutes, ça finit
par mettre tout le monde mal à l’aise). Comme il
devient possible de se promener plus librement dans
Londres, aux alentours de Baker Street notamment,
que l’on vous charge de trouver la maison d’un suspect
sans autre indice qu’une vieille photo jaunie, cela
promet un peu plus de liberté, un peu plus d’errances
et, on espère, un peu plus de satisfaction à la clé.
La cynégétique à Nicomaque. Mais Sherlock,
Watson, Toby le chien et Wiggins le petit garçon (il
doit y avoir aussi la fille de Sherlock, mais je ne suis
pas certaine) – autant de personnages jouables à un
moment ou un autre des vingt heures annoncées de
Holmésologie
l’aventure – ne sont pas que des cellules grises.
Le travail d’enquête ne se résume pas à de la
réflexion hors-sol. Manifestement galvanisé par
les possibilités du moteur, le studio nous propose
donc de l’action. Les cynophiles goûteront les
joies du pistage d’odeur, dans la peau de Toby le
toutou fidèle. Mais aussi une longue séquence
d’infiltration, au cours de laquelle, dans les
nippes de Wiggins, vous devrez vous faufiler
pour suivre un suspect à travers les ruelles
de Whitechapel. Bon, je l’avoue sans fard, les
passages d’action dans ce genre de jeu ne sont que
rarement mes préférés : j’ai du mal à réfléchir
quand j’hyperventile. Mais pour ce que j’en ai vu,
ils bénéficient ici de pas mal de soin de la part du
studio, aussi bien dans leur réalisation que dans
leur intégration dans la trame de la narration.
Ils permettent de voir la ville sous un autre
jour, de varier le rythme et de garder la pêche.
Le signe des karts. Nan parce que sinon, on
s’apprête quand même à écumer les bas-fonds
de Londres, à observer de près toute la
noirceur de l’âme humaine. Et je ne parle pas
forcément des meurtres, assassinats et autres
disparitions mystérieuses qui vont peupler
ces cinq enquêtes (quatre, plus une qui servira
de fil rouge à l’ensemble de l’histoire). Je
vous parle de Sherlock lui-même. Il continue
à se déguiser, pour tromper son monde, à
fouiller dans les affaires des autres. À utiliser
sa vision de détective pour déceler des objets
qui sans ça resteraient invisibles à ses yeux.
À se montrer désagréable avec tout le monde,
à se droguer, malgré la présence de mineurs
dans les environs. Mais aussi à utiliser toute
l’étendue de sa surpuissance intellectuelle.
Comme dans Crimes et Châtiments, il vous
reviendra d’organiser ses observations entre
elles, pour arriver à des présomptions, que vous
assemblerez pour parvenir à des conclusions,
identifier le coupable, et décider quel sort lui
réserver (la condamnation ou l’absolution), avec
la possibilité de voir – ou non – si vous aviez
bon. Quant à savoir si Bigben avait raison de tant
miser sur ce Sherlock, on le saura le 10 juin.
En quinze années
d’existence, les
aventures de Sherlock
Holmes à la sauce
Frogwares ont connu
des hauts et des bas.
Dix jeux sont déjà
sortis, en comptant
le mémorable The
Awaken, qui mettait
l’insupportable
détective aux prises
avec des forces
occultes, l’oubliable
Tapis persan, plus
casu que casu, et le
réservé aux consoles
3DS Mystère de la ville
de glace. Il y a eu de
tout. Mais ces dernières
années, la série semble
engagée sur la voie du
progrès. En tout cas,
elle vise, comme ils
disent chez les gens du
ĵ±ųĩåƋĜĹčØĬåĔŧƚ±ĬĜűƤĕţ
Changement de moteur
à l’occasion de Crimes
et Châtiments, Sherlock
parcourt désormais les
ruelles de Whitechapel
en Unreal Engine 3 ;
retouches et refontes
de gameplay aussi,
avec un accent placé
sur l’enquête et la
déduction ; élévation
des ambitions avec de
belles bandes annonces
åĹĜĵ±čåŸÚåŸƼĹƋĘìŸåƤſ
changement d’éditeur
åĹĀĹ×ĬåŸƋƚÚĜŅĜĹŸƋ±ĬĬæ
en Ukraine s’est séparé
de Focus et travaille
désormais avec Bigben.
Canard PC | 51
À VENIR PC
Scanner Sombre
et Wrong Wire
Genre :
truc bizarre
et bizarre truc
Démos Architect ?
D
ébut avril, Software a
roulé des mécaniques
à l’EGX Rezzed 2016,
un salon britannique de jeux
vidéo où l’on se gave de gelées
à la menthe. Les bienheureux
géniteurs de Prison Architect
(9/10, Canard PC n° 326) ont
visiblement du mal à choisir
leur prochain projet et ils se
sont donc ramenés avec non
pas un mais DEUX prototypes
– bricolés en quelques
semaines, certes, mais dont
l’idée leur trottait dans la tête
depuis des années. Le premier,
Scanner Sombre, est une sorte
d’expérience visuelle assez
unique où le joueur déambule
dans des grottes plongées dans
le noir en maniant un sonar qui
couvre l’écran de points colorés.
Les développeurs indiquent
que la démo pourrait devenir
un court walking simulator,
sans qu’on ne sache encore
)³ZIPSTTIYVc
Introversion
Software
(Royaume-Uni)
Éditeur : NC
Plateformes : NC
Sortie prévue : NC
Trajes Fatais
Strict Fighter
L
trop s’il s’orienterait vers
l’horreur ou bien l’onirique.
Le deuxième projet
d’Introversion, lui, semble
beaucoup plus compréhensible :
il s’agit d’une sorte de Keep
Talking and Nobody Explodes
en solo, Wrong Wire. Le joueur
doit y désamorcer une bombe
fort complexe à l’aide d’outils
divers – perceuse, coupecâbles, écrans de décryptage –,
tandis que des pièges et des
contre-mesures vicelardes lui
compliquent la tâche. Entre
l’exploration sibylline et le
casse-tête explosif, difficile de
savoir lequel a notre préférence.
Même problème pour
Introversion : un vote sensé
départager les deux prototypes
parmi les visiteurs du salon n’a
abouti qu’à un résultat proche
de l’ex-æquo… Peut-être une
bonne raison de plancher sur
les deux en même temps.
Genre : baston casu
Développeur / éditeur : Onanim Studio (Brésil)
Plateforme : PC Windows
Par Pipomantis
ors de mes dernières
pérégrinations sur itch.io, mon
regard s’est attardé sur un étrange
titre. Développé par les Brésiliens
de Onanim Studio, Trajes Fatais
(« Costumes Mortels » dans la langue
de Jean-Marc Morandini, disponible
sur cpc.cx/fkO) est un jeu de combat
minimaliste, rappelant par moments la
philosophie de Divekick. Contrairement
au titre d’Iron Galaxy, Trajes Fatais vous
permet de déplacer votre combattant
mais le limite à un seul bouton
d’attaque. Un bouton qui, en fonction
des directions imprimées, changera
les coups de chaque personnage. Avec
une seule touche, les développeurs
d’Onanim ont réussi à faire rentrer
l’intégralité des mécaniques d’un jeu de
combat classique : coups, chopes, antiair, cancels… Seuls les coups spéciaux
52 | Canard PC
Par Izual
Sortie prévue : 2016
classiques manquent à l’appel mais ce
n’est pas de la fainéantise puisque les
combattants possèdent chacun trois
furies pour renverser le cours d’une
partie. Pour une version 0.2.2 où la
peinture est toute fraîche, Trajes Fatais
se montre déjà terriblement efficace.
Les duels sont tendus et rythmés, les
mécaniques s’assimilent très vite et
même Izual, infoutu de faire autre
chose qu’attendre à des checkpoints
dans Arma, a pris le coup en un
tournemain. Et histoire de vraiment
faire les malins, Onanim Studio
se paye le luxe d’une très chouette
réalisation avec des sprites gigantesques
et sacrément bien animés. S’il ne
rivalisera pas avec les Street Fighter et
autre Killer Instinct qui tiennent le
haut du pavé, Trajes Fatais a tout pour
être un excellent petit jeu d’apéro.
Aggelos
Mini Retro
Par Pipomantis
Comme la plupart des enfants dérangés,
Sega a connu une période de calme et de
douceur avant de se mettre à faire du mal aux
gens qui l’aiment et à torturer de petits animaux.
5EVI\IQTPIEZERXUYƶSRPYMSǺVISonic et
qu’il le maintienne en vie pendant plusieurs
H³GIRRMIWTSYVPIZSMVWSYǺVMVIXPIRXIQIRX
se décomposer, mieux que ce petit imbécile
boulimique d’Alex Kidd, Sega avait Wonder Boy.
A
vec son adorable petit bonhomme
blondinet lancé dans de grandes aventures
sur Master System et Megadrive (pour
environ six jeux), Wonder Boy et son mélange de
plateforme/action/aventure/et-aussi-un-peu-deRPG-mais-pas-trop ont séduit toute une génération
de joueurs dans les années 1980. C’est donc tout
naturellement qu’aujourd’hui, en marge d’une suite
officielle développée par les Français de Game
Atelier, nombre de développeurs nostalgiques
tentent de reproduire la recette magique. Des
graphismes kikinous, des monstres adorables,
de la plateforme épineuse, des énigmes pas trop
compliquées et des pouvoirs à gagner tout au long
de l’aventure, voilà ce que propose Wonderboy Bobi
(ça ne s’invente pas) avec Aggelos. Si l’on vous en
parle aujourd’hui, alors que la démo est disponible
depuis le début de l’année, c’est que celle-ci a
suffisamment plu pour permettre le développement
d’une version complète, avec l’aide du studio/
éditeur/consultant/tourneur-fraiseur Storybird.
,IRVIc
plateforme
à l’ancienne
Développeur /
³HMXIYVc
Wonderboy
Bobi (France)
5PEXIJSVQIc
PC Windows
SVXMITV³ZYIc
2016
Wonder Bras. Dans sa démo présentée comme une
« mini-quête » qui se plie en une heure et demie,
Aggelos nous met dans les chausses d’un charmant petit
chevalier qui doit trouver les essences du feu et du vent
pour ouvrir un portail magique et libérer une princesse.
Follement classique dans sa conception (et son scénario,
visiblement), le titre en profite pourtant pour distiller
quelques idées plutôt malignes ici ou là. Bien que l’on
passe le plus clair de son temps à sauter de plateforme
en plateforme et à mettre des coups d’épée dans des
monstres beaucoup trop choupis pour faire peur, on
gagnera vite de nouveaux coups et pouvoirs permettant
d’atteindre des zones inaccessibles auparavant. Coup
qui propulse le héros vers le haut, boule de feu, dash…
autant de pouvoirs amusants à utiliser, qui se paient
parfois même le luxe d’avoir plusieurs emplois très
malins (la boule de feu peut par exemple créer un
portail pour se téléporter vers des zones inaccessibles).
Avec sa maniabilité impeccable (malgré quelques
hoquets que le développeur entend bien corriger),
son univers délicieux et ses graphismes léchés, Aggelos
est déjà très encourageant. Mais Wonderboy Bobi ne
compte pas s’arrêter là et nous a confié que la version
finale, qui devrait durer entre 6 et 8 heures en ligne
droite, proposera beaucoup plus de contenu : une
optimisation de la maniabilité, des magasins, des
épées et armures visibles sur le héros (dont certaines
auront des capacités particulières), les deux éléments
manquants (eau et terre) et d’autres pouvoirs et objets.
La démo est disponible sur cpc.cx/fhE et l’on vous
conseille vivement d’y jeter un œil (voire les deux) pour
vous offrir un grand bol de nostalgie à peu de frais.
Canard PC | 53
E
en chantier
Tous les quinze jours dans « En chantier », vos rédacteurs se penchent sur des jeux
vendus en cours de développement : accès anticipés, alphas ou bêtas payantes.
Genre :
gestion - survie
)³ZIPSTTIYVc
éditeur :
Suncrash (Israël)
Plateforme :
Judgment : Apocalypse
Survival Simulation
D’une main de Lucifer
Invoquer Satan de bon
matin, une activité idéale
pour s’occuper en camping.
TEV.^YEP
PC Windows
(SRǻK
VIGSQQERH³Ic
n’importe quel PC
8³P³GLEVKIQIRX
120 Mo
1ERKYI anglais
Prix actuel :
environ 15 €
Sortie prévue :
ĀĹƖLjŎƅ
DRM : Steam
ou aucun
(sur suncrash.com)
L’important, quand on est journaliste, c’est le
ǼEMV5EWPIǼEMVUYMH³RMGLIPIWT³TMXIWMRH³W
XIPPIWERKPMIVUYMVIRMǼIPIWXVYǺIWJSVIWXM²VIW
mais celui qui permet de sauter parHIWWYWFSVHH²WUYIUYIPUYƶYRPERGIYRI
TLVEWIGSQQInqui veut tester (VEJXEVIRE
Zombiecalypse ?~-³PEWEYQMPMIYHIXSYW
les vieux briscards de CanardcPCQSRǼEMV
HINIYRINSYVREPMWXIPEMWWITEVJSMWªH³WMVIV
IXNIQIWYMWHSRGVIXVSYZ³WIYPWYVPITSRX
quand le moment est venu d’attribuer le si
FMIRRSQQ³Judgment : Apocalypse Survival
SimulationªYRITEYZVI¬QI(VS]I^PISY
RSRQEMWGIX³Z³RIQIRXEQEVUY³PIH³FYX
HƶYRIFMIRFIPPILMWXSMVI
E
n général, quand on part camper, la tradition
exige que la malchance s’abatte : on se rend
compte qu’on a oublié les allumettes au moment
d’allumer un feu, on plante les sardines de traviole
et elles se pètent, des pluies torrentielles tombent
jusqu’au jour du départ… Tout ça, on connaît, c’est du
classique. Et puis il y a la déveine version Tom : quand
lui part camper avec ses potes au fin fond des bois,
les démons se mettent carrément à envahir la Terre,
ce qui bat quand même vos histoires de pets foireux
54 | Canard PC
sous la tente. Bref, catapultés derniers survivants de
l’espèce humaine, Tom et les joyeux excursionnistes
doivent se tailler des arcs, des massues et des lits pour
tenter de survivre dans la forêt. Vous vous retrouvez
donc à gérer tout ce petit monde en vue du dessus,
et à ordonner à machin de couper des arbres ou à
machine de construire une baraque. Dites, vous êtes
vachement autoritaire. Enfin, pas tant que ça : vous
vous contentez après tout de créer les tâches à la volée,
et les survivants se les répartissent automatiquement
selon leurs compétences respectives. Un système
pointu de priorités et de gain d’expérience permet à
vos colons de devenir des pros de l’agriculture ou du
puisage d’eau, et rapidement vous vous retrouvez à les
observer avec tendresse accomplir leurs tâches ingrates
et cuire leur viande. Parce que oui, j’aime autant vous
dire qu’un campeur, ça bouffe.
La cabane dans l’émoi. Dans Judgment : Survival
Simulation Apocalypse, un danger bien connu des
campeurs avertis guette le joueur : celui de crever
le ventre vide parce que René a oublié d’emporter
les conserves de thon dans la caravane et qu’il ne
reste qu’une boîte de sauce tomate vieille de six ans
pour nourrir neuf personnes. En difficulté normale,
le game over arrive donc assez rapidement et si ce
n’est pas à cause d’un estomac qui s’auto-digère,
c’est parce que le camp subit l’attaque des démons.
Mais même si la fréquence des assauts
forme un bon prétexte pour ériger des
miradors et des barricades, on préfère
vite mourir moins afin de mourir mieux.
En difficulté minimale, le rythme est plus
tranquille mais il reste soutenu : il faut
se grouiller de construire des fermes, de
planter des arbres afin de ne pas épuiser
tout le bois, puis de miner de la roche,
de l’argile et du métal afin de débloquer
de nouvelles technologies. Un arbre de
recherches immense permet d’accéder à
des techniques qui vont de l’agriculture à
la confection d’armes à feu en passant par
la conservation de la bouffe et la couture
d’armures.
Forêt démoniale. Avec le temps, les
recherches deviennent plus pointues et
les attaques des démons s’intensifient.
C’est le moment de pousser davantage
votre recherche dans les zones alentour,
car oui, comme si la gestion de votre base
ne suffisait pas, une carte de la région en
damier vous pousse à explorer des bases
militaires, des usines et des supermarchés
abandonnés. Bien qu’encore un peu frustes,
ces expéditions sont l’occasion de recruter
de nouveaux souffre-douleurs (sauvés des
griffes des diablotins), de récupérer des
matériaux rares et de se frotter encore au
système de combat du jeu : toujours assez
primaire, il permet néanmoins de prendre
à revers les adversaires grâce à la magie
du flanking, de les sniper à l’arbalète ou
de s’abriter derrière un couvert et tout ça
Occulte, occulte, occulte hésitation
Bien que Judgment : Apocalypse Simulation Survival ait bien besoin d’un coup de polish et
ŧƚåŸŅĹŧƚ±ĬĜĀϱƋĜüÚű±ÏÏ쟱ĹƋĜÏĜŞæĹåŸŅĜƋޱŸƚŸƚųŞæØĬ域ŅƚƋĜåųŸÚå„ƚĹÏų±ŸĘŸåĵÆĬåĹƋ
ƋåĹĜųƚĹåüåƚĜĬĬåÚåųŅƚƋåų±ĜŸŅĹűÆĬåţFĬŸĵűŅĹƋ±þųĵæŧƚåĬåÏŅĹƋåĹƚÚåĬ±ƴåųŸĜŅĹĀűĬå
ÚƚģåƚĹűæƋ±ĜƋĵéĵåŞ±ŸåĹÏŅųåÚæÏĜÚæåƋŧƚåƋŅƚƋÓ±Úåƴų±ĜƋŞųåĹÚųåüŅųĵå±ƚÏŅƚųŸ
de l’année grâce aux commentaires des joueurs. Entre-temps, les prochains mois seront
ÏŅĹŸ±Ïų柺ÚåŸŞ±ƋÏĘŸÚåÆƚčĀƻåƋÚűæŧƚĜĬĜÆų±čåرƴ±ĹƋÚåų±ĬåĹƋĜųĬåųƼƋĘĵåŞŅƚųĜĹƋųŅÚƚĜųå
ÚåĹŅƚƴåĬĬåŸĵæϱĹĜŧƚåŸŞåƋĜƋºŞåƋĜƋţXåŸÚæƴåĬŅŞŞåƚųŸųæāæÏĘĜŸŸåĹƋޱųåƻåĵŞĬåº
ÚĜƴåųŸĜĀåųĬåÏŅĵƱƋغ±ģŅƚƋåųÚåŸæƴæĹåĵåĹƋŸ±Ĭæ±ƋŅĜųåŸØÚåŸÆ±ŸåŸųĜƴ±ĬåŸåƋĵéĵåÚåŸ
ÆŅŸŸÏŅĹƋųåĬåŸŧƚåĬŸŸåüų±Ï±ŸŸåųØĘĜŸƋŅĜųåÚåƴŅƚŸÚæčŅƞƋåųÚæĀĹĜƋĜƴåĵåĹƋÚƚϱĵŞĜĹčţ
en temps réel, oui monsieur, oui madame.
Après quelques parties, vous arriverez à
maintenir votre camp dans une routine
tranquille où les guerriers reviendront
victorieux de leur chasse pendant que
votre élevage de moutons prospère et que
vos ressources de nourriture gonflent.
C’est sans doute là que Tom tracera un
pentagramme au sol et commencera à
marmonner des louanges à Belzébuth…
Ah, oui, je ne vous l’avais pas dit ? Afin
de vaincre les démons, une longue étude
de l’occulte est nécessaire ; étude qui
vous permettra de fabriquer des armures
sacrées, des épées sacrilèges et, pourquoi
pas, de déclencher des mutations dans le
corps de vos ouailles. Certes, Judgment :
Simulation Apocalypse Survival peut
parfois ressembler à un paisible Banished
miniature. N’empêche que c’est le seul jeu
de survie où l’on peut accélérer la pousse
des arbres grâce à une prière à Satan.
En l’état :
)³NªWXEFPIIXTVSTSWERXEWWI^
de contenu pour vous occuper
EYQSMRWYRIZMRKXEMRIHƶLIYVIW
Judgment : Survival Apocalypse
SimulationIWXYRNIYIREGG²W
ERXMGMT³GSQQISREMQIVEMX
IRZSMVXSYWPIWNSYVWƳcPIRSQ
IRQSMRW4RTIYXHƶSVIWIX
H³NªWEPYIVPETVSJSRHIYVHI
WSREVFVIXIGLRSPSKMUYISYPE
UYM³XYHIUYIH³KEKIPIZMPPEKI
du joueur, mais c’est
Pƶ³UYMPMFVIIRXVIPE
gestion pure et la
lutte pour la survie
UYMEǻRMTEVRSYW
convaincre qu’il
irait sans doute
XV²WPSMR
Sans danger
Canard PC | 55
EN CHANTIER
Genre :
randonnée
extraterrestre
Développeur /
éditeur :
The Solus Project
Seul au (nouveau) monde
TEV,Y]2SUYIXXI
8ISXPXYHMSW
Y²HI
Plateforme :
PC Windows
(SRǻK
recommandée :
5(HINSYIYV
8³P³GLEVKIQIRX
,S
1ERKYIW
:4:48IX:+
ª³ZMXIVGƶIWXYR
coup à désappren-
Remballez vos craintes concernant le
V³GLEYǺIQIRXGPMQEXMUYIPƶIRJSYMWWIQIRX
des déchets nucléaires ou la disparition des
MRWIGXIWTSPPMRMWEXIYVWIRPƶLYQERMX³
ZEV³EPMWIVUYIPE8IVVIVMWUYIHIWIJEMVI
TYPZ³VMWIVTEVYRI³XSMPIIRFEPEHI4YM
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GSRGIVRINƶIWT²VI´XVIIRGSVIHIGI
QSRHIMRSR±EZSYHVEHMVIUYINƶEYVEMWJEMX
MQTSVXIVHƶ9OVEMRIXSYXIWGIWL]TSTL]WIW
HIRSYZIEYR³TSYVVMIRGIWIVEMXFEPPSX
HVIPIJVER±EMW
Prix :
environ 15 euros
DRM :
Steam
Sortie prévue :
H³FYXNYMR
56 | Canard PC
T
rente-cinq ans plus tard, nous explique
l’introduction de The Solus Project, cette même
humanité réussit à envoyer trois gigantesques
vaisseaux colonisateurs « Prolus » à l’abri dans le
giron de Pluton. Soit deux années avant que la Terre
n’explose comme une boule antistress dans l’immense
paluche d’un sumo contrarié. Cinq vaisseaux éclaireurs
sont alors envoyés en reconnaissance sur des planètes
susceptibles d’accueillir ce qui reste de la race humaine.
Gliese-6143-C est l’une de celles-ci. Et en guise de
cadeau de bienvenue, un projectile abat le vaisseau de
ces éclaireurs de l’extrême. D’où, instantanément, une
réflexion (« Tiens, ça a finalement l’air habité, ici ! »)
suivie d’une interrogation (« Le bouton d’éjection, c’est
lequel, déjà, le rouge ou le bleu ? »).
Météo et des bas. Un voyage particulièrement
inconfortable à bord d’une nacelle de sauvetage plus
tard, vous voilà dans la peau d’un de ces scientifiques,
apparemment seul survivant, à la surface de Gliese6143-C. Là, il faut reconnaître que les développeurs
suédois – qui avaient signé The Ball, un jeu d’actionréflexion pas fou, en 2010 – savent tirer parti de
l’Unreal Engine et de leur imagination fertile pour
poser une ambiance. Les couleurs chaudes, les roches
étranges taillées à la serpe évoquant la Chaussée des
Géants en Irlande, la présence d’une race intelligente
trahie par quelques édifices à l’horizon et une lumière
clignotante tel un phare sur une île voisine. L’ambiance
serait légère si les différentes lunes, en orbite très
basse, ne compensaient pas en procurant un lourd
sentiment d’écrasement. De toute manière, il s’agit de
ne pas traîner : on apprend rapidement que les nuits
sont froides, glaciales même. Et qu’il faut trouver
un moyen de contacter le centre Prolus tout en se
cherchant un abri.
Capitaine Caverne. The Solus Project est décrit
par ses auteurs, entre autres, comme un jeu de survie.
Effectivement, le petit ordinateur trouvé dans les
débris du vaisseau et qui ne quittera jamais votre
main gauche, indique en permanence vos
fonctions vitales : hydratation, température
corporelle, état de santé (qu’on appellera
« points de vie », même si cela ne fait pas
très scientifique), calories, et même la
fatigue qui imposera de s’offrir quelques
siestes ou nuits dans les lieux les plus sûrs
possible. Pour le même prix, le bidule
vous livre la température extérieure, la
force du vent, l’hygrométrie et un clone
chinois de Flappy Bird. Un artisanat
sommaire permet de bricoler deux ou
trois objets très pratiques, telle une torche,
et une très courte communication avec
le centre Prolus nous informe qu’une
mission de secours peut être acheminée
sous quinze jours. On pourrait penser, de
prime abord, qu’un jeu de survie fasse la
TSP pourrait
it souffrir
ff i du
d
syndrome du cul virtuel
situé entre deux chaises.
part belle à l’exploration. Or, les premiers
moments passés sur ce caillou modérément
hospitalier prennent le joueur par la
main, le conduisant inexorablement vers
d’interminables boyaux souterrains. Là, il
l’informe de l’existence d’artefacts pouvant
améliorer les caractéristiques et résistances
du naufragé de l’espace, lui fait croiser la
route d’oursins chelous, lui oppose quelques
puzzles physiques de niveau CM1… Et lui
rappelle que ses auteurs, depuis The Ball,
n’ont rien perdu de leur obsession pour
l’esthétique aztèque.
Choisis ton camp, camarade.
Et ça, ce n’est pas forcément le genre
de rappel qu’on appelait de nos vœux :
The Ball était un Portal-like bourré d’idées
intéressantes gâché par l’irrépressible
envie qu’ont eue ses développeurs de lui
ajouter des phases de combat inutiles.
The Solus Project, présenté comme son
successeur spirituel, pourrait donc souffrir
du même syndrome, dit du cul virtuel
situé entre deux chaises. Jeu de survie
teinté d’exploration à la The Long Dark ?
Simulateur de marche narratif sur planète
étrange remplie de journaux à lire à la Gone
Home ? Puzzle-game à la Portal ? Le jeu de
Teotl Studios donne l’impression de vouloir
être un peu tout cela à la fois, et à ne pas
savoir choisir, pourrait se prendre les pieds
dans le tapis. Heureusement, une fois
sorti de ces premières cavernes sombres
et humides, l’environnement se fait plus
ouvert. Un nouvel objectif à la fois plus
précis et plus vaste – installer une antenne
de communication satellite au sommet
d’une colline, assortie de la récupération
d’un tas de pièces détachées disséminées
alentour – permet enfin au joueur de
gérer le cycle jour-nuit et ses explorations
comme il l’entend. Reste qu’avec la
disposition régulière de « camps », sorte de
havres de relative tranquillité où le joueur
peut dormir, manger comme un porc et
s’abreuver comme un Breton à des sources
infinies, l’aspect survie de The Solus Project
prend un peu de plomb dans l’aile. Reste
tout de même une planète à l’ambiance
assez fascinante qui, avec son atmosphère
graphique sublime, sa météo hardcore
ou ses sons étranges, évoque le caillou
inquiétant de Pitch Black. Ainsi qu’une
histoire qu’on ne demande pas mieux
que de découvrir une fois l’accès anticipé
terminé, d’ici environ un mois.
En l’état :
The Solus Project RƶETEWTV³ZYHI
JEMVIHIZMIY\SWIREGG²WERXMGMT³
IWH³ZIPSTTIYVWMRX²KVIRXPƶYR
ETV²WPƶEYXVIPIWHMǺ³VIRXWEGXIW
UYMGSQTSWIRXWSRLMWXSMVIM
TSYVPIQSQIRXPƶEQFMERGIUYM
V²KRIWYVGIXXITPER²XIIRǻRª
WEWYVJEGIWYVXSYXc IRHIWWSYW
MPRƶ]EVMIRUYMVIWWIQFPITPYWª
YRIGEZIVRIUYƶYRIEYXVIGEZIVRI
QSMRWZMHIUYƶSRRIPIGVS]EMX
IWXTPYWUYIV³YWWMIMPWIQFPI
TPYWWEKIHƶEXXIRHVIPEZIVWMSR
ǻREPITSYVZSMV
WMPƶIRWIQFPI
ne sera pas
K¬GL³TEVYR
volet survie au
rabais et des
³RMKQIWYRTIY
trop molles.
Attendez
Canard PC | 57
EN CHANTIER
Ge
Genre
: hommes-rats
mousquets
mo
Développeur /
Dé
éditeur :
éd
Evil Twin Artworks
Ev
(Royaume-Uni)
(Ro
Plateformes :
Pla
PC Windows, Mac
(SRǻK
(S
VIGSQQERH³IcPC de
VIG
joueur (GTX 970, 8 Go
jou
de RAM, core i5…)
8³P³GLEVKIQIRX
8³
environ 4,7 Go
en
1ERKYIVO
1E
Prix : environ 28 €
Pri
Sortie prévue :
So
été 2016
DRM : Steam
DR
Man O’ War : Corsair
Les orques de barbarie
Il se passe des trucs bizarres, dans
ce jeu de pirates. Déjà, les fusils
de mon équipage ressemblent
tous à des tromblons géants.
Ensuite, il y a eu cet incident au
large des côtes, quand un requin
géant aux dents XXL a essayé
de croquer mon navire d’un seul
coup. Et maintenant, une catapulte
montée sur un bateau pirate vient
de balancer un bloc de granit à
trois centimètres de mon oreille
gauche. Soit. « Capitaine, les
Bretonniens attaquent ! » Ah. Ça
]cIWXNIGSQTVIRHWXSYX*XNƶIWWE]I
de décaler imperceptiblement
ma chaise pour cacher mon écran
à Kahn Lusth, juste à côté : Man
O’ War : Corsair est un jeu sous
licence Warhammer.
C
ontrairement à mes potes du lycée
qui dépensaient chaque année
l’équivalent du PIB du Burundi
dans des figurines à peindre, j’ai eu une
enfance morose. Heureusement, mon
inculture en ce qui concerne Warhammer
n’a pas trop gêné mes parties de Man O’
War : Corsair puisqu’il s’agit avant tout
d’un jeu de pirates – et pas vraiment d’un
jeu Warhammer. Certes, les villes côtières
ont des noms bizarres, des bêtes géantes
58 | Canard PC
par Izual
sillonnent les eaux et d’ignobles peauxvertes en veulent à votre cargaison. Mais si
cette touche fantastique suffit à sortir un
peu de l’ambiance traditionnelle du genre,
elle reste ni plus ni moins qu’une surcouche.
En vérité, le reste du jeu ressemble à un
simulateur de piraterie assez lambda,
avec la possibilité de mouiller dans des
ports et d’y écouter les ragots colportés
par l’aubergiste, d’acheter des textiles au
marché et, bien sûr, de visiter le chantier
naval : on peut y acheter différentes armes
pour le capitaine (que l’on contrôle) ou
la vigie (qui tient le rôle de sniper), les
améliorations à débloquer pour les bateaux
y sont nombreuses et après avoir économisé
un bon bout de temps, on pourra même
y allonger assez d’oseille pour se payer un
meilleur vaisseau.
Pas Warhammer à boire. Après avoir
accepté une ou deux missions d’escorte
et de transport, c’est l’heure de larguer
les amarres et de glisser par-delà les flots
noirâtres. L’occasion de déterminer ce
que Man O’ War : Corsair a dans le ventre.
Mais vous savez, regarder à l’intérieur d’un
ventre n’est jamais très appétissant. Là, par
exemple, on se rend vite compte que la
conduite d’un bateau ne dépasse jamais le
stade du simpliste et de l’ennuyeux. Certes,
il convient d’observer soigneusement le
sens du vent et on peut même accélérer
le cours du temps pour éviter de mourir
d’accablement, mais déplacer un navire
avec les touches fléchées risque de ne pas
vous amuser plus de trente secondes. Les
batailles navales relèvent un peu le niveau :
en tant que capitaine, vous pouvez bouger
librement dans le vaisseau, observer les
ennemis à la longue-vue et même participer
aux abordages. Hélas, le tout reste très
brut de décoffrage, y compris dans la visée
avec les canons qui s’exécute au moyen
d’un simple drag’n’drop. Pas de quoi passer
des heures à prendre son pied, mais au
moins cette version primitive constitue un
excellent squelette sur lequel construire une
version finale digne de ce nom.
En l’état :
Oui, Man O’ War : Corsair est parfois
brouillon et simpliste, mais il peut
se vanter de proposer déjà plus
de mécaniques de base que bien
des jeux en accès anticipé. D’ici
quelques années, il devrait même
se révéler en jeu de pirate de fort
bonne facture. De
quoi se montrer
optimiste… si l’on
oublie qu’il est
censé sortir
SǽGMIPPIQIRX
d’ici quatre
mois.
Attendez
Ge
Genre
: jeu à grappin,
Pipo met 20
Pip
)³ZIPSTTIYVc
)³Z
:ųåčŅų{±ĹĜÒŠ„ĬŅƴæĹĜåš
:ųå
Éditeur : Nkidu Games
Édi
Plateforme :
Pla
Windows PC
Win
(SRǻK
(SR
VIGSQQERH³Ic
VIG
carte graphique
car
ÚæÚĜæåųåŧƚĜŸå
ÚæÚ
8³P³GLEVKIQIRX
8³P
1,2 Go
1ERKYI VO
1ER
Prix actuel : 13 €
Sortie prévue : 2016
Sor
DRM : „Ƌå±ĵ
DR
Chaque niveau introduit un nouvel élément
de gameplay, comme des points d’ancrage
EY\TVSTVM³X³WWT³GMǻUYIWSYHIWQYVW
auxquels il est possible de s’accrocher.
Welkin Road
Mon grappin quotidien
par Pipomantis
Vous savez, ce n’est pas facile tous les
jours d’être l’expert international des
jeux vidéo à grappins. À la moindre
ERRSRGIMHMSXIYRǻPMRXVEGXIYVHERWPI
prochain Mirror’s Edge, l’édition collector
débile de Just Cause 3), on vient me
casser les rouleaux pour m’annoncer la
bonne nouvelle. Sauf que les gens n’ont
toujours pas compris.
U
n bon grappin de jeu vidéo doit
permettre de se balancer puis,
grâce à la magie de l’inertie et de
la mécanique newtonienne, propulser le
joueur dans les airs avec aisance et grâce,
tel un Concorde au-dessus de la petite
commune de Gonesse. Si quelques jeux
ont parfaitement compris ce principe
(Bionic Commando en tête, suivi par des
Umihara Kawase et autres Energy Hook
– dont je vous parlais dans le Canard PC
n° 332), la plupart d’entre eux restent
encore coincés sur ce vilain câble tracteur
qui ne demande aucun effort au joueur.
C’est ici qu’arrive Gregor Panič. Ce
sympathique Slovène que j’appellerai
dorénavant « mon nouveau papa » a
entrepris de bosser tout seul sur Welkin
Road, un jeu de plateforme à la première
personne qui rappelle immanquablement
Mirror’s Edge, ou plutôt ses défis contre
la montre. Car ici, pas de narration ou
d’ennemis, juste des structures abstraites
au-dessus du vide, des parcours du noncombattant où il faut atteindre l’arrivée
le plus vite possible. Le premier niveau,
plutôt sympa, permet de se familiariser
avec les mouvements. Saut, course sur
les murs, walljump… la panoplie du petit
yamakasi est presque au grand complet,
malgré l’étonnante impossibilité de se
raccrocher à une plateforme avec ses mains
(il faut s’accroupir au dernier moment
pour gagner quelques centimètres).
Un bon coup de pied aux Faith. Très
vite, Welkin Road va révéler sa véritable
nature grâce à de petites balises rouges
qui serviront de points d’ancrage à votre
grappin. Enfin, je devrais plutôt dire
« vos grappins » puisque contrairement
à ses imbéciles de confrères, Gregor
Panič a décidé de traiter son sujet avec
sérieux. Chacune de vos mains est ainsi
équipée d’un grappin qui nécessite
quelques secondes pour se recharger.
Ce qui pourrait sembler un petit détail
devient vite essentiel puisque pour
passer d’un point d’ancrage à l’autre,
le joueur doit alterner bras gauche et
droit, ce qui achèvera de parfaire votre
cosplay de Spiderman. Mais Welkin Road
n’est pas qu’un cerveau, c’est aussi une
physique, excellente. Gagner de la vitesse
en relâchant son câble au bon moment,
prendre un virage serré accroché à son
petit filin… autant de cabrioles absolument
jouissives à pratiquer tant Panič a soigné
le comportement et l’animation de notre
avatar. On regrette forcément quelques
menues faiblesses comme un sound
design qui manque un peu d’énergie (on
aimerait entendre le vent nous claquer
dans les oreilles, que diable !) ou l’absence
de sol sous nos yeux pour avoir un
référent dans l’espace mais Welkin Road
s’annonce déjà très, très prometteur.
En l’état :
Pour le moment, Welkin
Road est très satisfaisant
et propose quasiment tout
son contenu. Pour autant,
les développeurs veulent
continuer de l’améliorer et d’y
ajouter des modes
de jeu. Ne vous
le gâchez pas
tout de suite
et attendez d’y
jouer quand il
sera réellement
formidable.
Attendez
Canard PC | 59
EN CHANTIER
Ge
Genre
: multi local
Développeur /
Dé
éditeur : Glitch Factory
éd
(Brésil)
(Br
Plateformes :
Pla
PC Windows, Linux
(SRǻK
(S
VIGSQQERH³Ic
VIG
n’importe quel PC
n’im
8³P³GLEVKIQIRX
8³
100 Mo
1ERKYIVO
1E
Prix actuel : 10 €
Pri
Sortie prévue :
So
été 2016
DRM : Steam
DR
Party Saboteurs
À découvert
par Netsabes
Régulièrement, vous pouvez lire
dans ces pages des rapports de nos
parties endiablées et joyeuses sur
tel ou tel jeu multijoueur local. Bien
sûr, comme vous n’avez pas d’amis
ou pas assez de manettes, ce genre
d’article vous fait enrager (au moins
autant que Pipo à chaque fois qu’il
perd), d’autant que tous ces titres ont
l’air fabuleux. Eh bien non, pas tous.
I
l y a bien longtemps, en l’an 2009
de notre ère, un développeur de
jeu vidéo américain nommé Chris
Hecker annonça travailler sur un
produit nommé SpyParty. Celui-ci
devait proposer un mode multijoueur
asymétrique original : d’un côté un espion
se baladant librement lors d’une soirée de
l’ambassadeur, de l’autre un tireur d’élite
ayant pour mission d’éliminer l’intrus
mais ne disposant d’aucun autre moyen
que son comportement pour deviner son
identité. Les années ont passé, SpyParty
n’est toujours pas sorti (sa dernière
mention dans Canard PC remonte au
numéro 266) mais, paraît-il, est toujours
en développement. Il y a un peu moins
longtemps, en 2011, un développeur
de jeu vidéo américain nommé Adam
Spragg a produit le dénommé Hidden in
Plain Sight, d’abord sur Xbox 360 (testé
60 | Canard PC
dans Canard PC n° 254), puis en 2014
sur Steam. HIPS proposait cinq modes
de jeu, tous axés sur le même principe :
personne ne sait quel personnage vous
incarnez parmi la myriade qui s’affichent
à l’écran, et tout le monde veut vous
éliminer (et inversement). Malgré ses
graphismes sommaires, Hidden in Plain
Sight a connu un modeste succès et encore
aujourd’hui, il vaut tout à fait ses six
euros. Contrairement, par exemple, à
Party Saboteurs.
La fête à la maison. Difficile de ne pas
voir dans le titre de Glitch Factory un
croisement de Hidden in Plain Sight et
de SpyParty. Il s’inspire par exemple du
point de vue (très au-dessus de la scène)
et des viseurs colorés du premier ; du
second, il récupère le principe de l’espion
et du sniper, sauf qu’ici chacun des quatre
joueurs occupe à la fois les deux rôles.
Avec le stick gauche de votre manette,
vous dirigez votre petit personnage,
tandis que le stick droit déplace votre
mire. Party Saboteurs présente tout de
même une grosse différence avec ses deux
grands frères : les niveaux se trouvent
plongés dans le noir, et vous n’y voyez
clair qu’au travers des viseurs (le vôtre,
mais aussi les trois autres). Par ailleurs,
les espions ont pour mission de récupérer
des objectifs (il s’agit en fait de se placer
à des endroits précis et d’appuyer sur
un bouton pendant quelques secondes).
La combinaison des deux fait ressortir
des problèmes de design qui diminuent
nettement l’intérêt de Party Saboteurs :
les joueurs expérimentés, qui connaissent
déjà les niveaux, peuvent s’y retrouver
même dans le noir, transformant l’absence
d’éclairage en handicap pour les débutants.
Et surtout, rien ne vous empêche de
laisser votre viseur sur l’un des objectifs
et d’attendre que tout le monde y passe
pour les descendre un à un. Vous n’avez
qu’un faible risque de buter un PNJ de
cette façon : l’IA se déplace si peu et si mal
que les vrais joueurs sont immédiatement
reconnaissables.
En l’état :
Aujourd’hui, Party Saboteurs propose
moins de contenu et coûte plus
cher que Hidden in Plain Sight, qui
se paye en plus le luxe d’être bien
meilleur. Mais après tout, c’est aussi
à corriger ce genre de problèmes
que peut servir
l’accès anticipé.
Qui sait, d’ici à ce
que S|yParty
sorte, Party
Saboteurs
aura peut-être
³ZSPY³c$
Attendez
Ge
Genre
:
cours’eu’d’bagnol’
co
)³ZIPSTTIYVc
)³
Vae Victis (Italie)
Va
Éditeur : NC
Éd
Plateforme :
Pla
PC Windows
(SRǻK
(S
VIGSQQERH³Ic
VIG
PC de joueur
8³P³GLEVKIQIRX
8³P
520 Mo
1ERKYI
1E
VO uniquement
Prix actuel : 20 €
Pri
Sortie prévue : NC
So
DRM : Steam
DR
Racecraft
Formule 1 Construction Kit
Mes collègues m’ont vendu Racecraft
comme un jeu d’eugénisme
controversé dans lequel le joueur
tente de produire un humain parfait
IRXVEǻUYERXHIPƶ&)3HIJĦXYW
.PWWIWSRXFMIRJSYXYWHIQEKYIYPI
O
ui, rassurez-vous, le race de
Racecraft signifie juste course en
anglais. Comme dans une course de
Formule 1. La grande idée de ce jeu italien,
c’est de générer de manière procédurale
une infinité de circuits, avec un moteur
maison du nom de Camilla. Sans doute
un hommage à la seconde femme du
Prince de Galles (celle que personne n’aime
parce qu’elle a remplacé Lady Di). Il suffit
d’indiquer à Camilla trois paramètres
(longueur, tortuosité et heure de la journée)
pour que ses petits algorithmes tricotent
un circuit de Formule 1 cohérent. Il aura
tout ce qu’il faut : de belles lignes droites,
des chicanes, quelques décors sur le côté de
la piste (tribunes, stands…) mais aussi des
marqueurs indiquant les points de freinage
et les trajectoires optimales.
Là où les autres développeurs s’échinent
durant des mois à modéliser des circuits
par ackboo
existants, ceux de Racecraft se simplifient
donc énormément la vie avec leur excellent
générateur procédural.
Il y a le décor mais il manque les
acteurs. Une fois que le bitume a fini de
sécher sur le circuit (ça prend quelques
secondes), il ne reste plus qu’à tourner
dessus. Le pilotage dans Racecraft se situe
à mi-chemin entre l’arcade et le réalisme.
C’est à peu près jouable au gamepad et la
conduite s’avère raisonnablement difficile,
sans atteindre le haut niveau d’exigence
d’un vrai simulateur comme F1 2015. Sur cet
accès anticipé, il manque encore un million
de choses : pas de multijoueur, pas de vrais
adversaires IA (là vous n’avez qu’un bot dont
la bagnole semble glisser sur la piste comme
sur du beurre), pas de collision, pas de
gestion des dégâts… Et le seul mode de jeu
disponible consiste à tourner en solo sur la
piste. On est encore en plein dans la version
de développement, avec les fils électriques
qui tombent du plafond. À terme, le joueur
devra aussi construire son propre bolide
en assemblant des tas d’éléments, mais rien
de cela n’est pour l’instant disponible. Il
faut se contenter d’une F1 générique. Cette
version en accès anticipé ne présente donc
pour l’instant qu’un intérêt très limité. C’est
bien beau d’avoir douze milliards de circuits
disponibles, encore doivent-ils annoncer
des courses intéressantes. Surtout, on ne
sait pas trop ce que peut apporter Racecraft
dans le marché déjà bien chargé des jeux
de bagnoles. Entre les Trackmania (dont le
dernier épisode, Turbo, propose lui aussi
un générateur aléatoire de circuit) et la
meute de simulations hardcore (iRacing,
Assetto Corsa, Project CARS), on se demande
comment il va trouver sa place. En l’état :
L’idée d’un générateur de
circuit de Formule 1 est
excitante, d’autant qu’il marche
déjà très bien sur cette version
ERXMGMT³I2EMWMPVIWXIIRWYMXI
à faire un vrai bon
jeu de course
pour l’exploiter,
et Racecraft
n’a pas encore
EXXIMRXGIWXEHI
&XXIRHSRWHSRG
WEKIQIRX
Attendez
Canard PC | 61
EN CHANTIER
Mon personnage se recueille
devant le paysage. Non, en fait,
sa tête est restée bloquée en
mode « je regarde mes pieds »
pendant toute la durée de la
partie.
The Black Death
À éviter comme la peste
Dans le futur, on nous vendra sûrement
des titres en accès anticipé qui
GSRWMWXIVSRXIRYRWIYPǻGLMIVVIEHQIX\X
dans lequel sera écrit : « bonjour c kevin
le devlopeur je vient just de kommensé le
ĥåƣƐķåŹžĞƐÚåƐĮ±ƽŇĞŹƐ±ÏĚåƒåŹƭúúúƐ{„ƐķåŹžžĞƐŤŹƐ
ĮæƐƞǑƐåƣŹŇƭúúú » Black Death n’en est tout
de même pas là, mais quand même,
SRWIRXUYI±EWIVETTVSGLI
S
ur le papier, The Black Death se
présente comme le 12 492e jeu de
survie multijoueur de ces dernières
années. Dans un univers médiéval, la
peste a décimé la populace, et ne subsiste
qu’une poignée de gueux tentant par tous
les moyens de ne pas trop crever de faim.
Sur un terrain de jeu de 8 km² (ça n’est
pas gigantesque, mais bon), les joueurs
ramassent des bouts de bois, du coton, des
pierres, ils se fabriquent des armes, cultivent
des plantes ou vendent des babioles selon
leur profession de départ (paysan, milicien
ou marchand). Le tout s’anime grâce aux
petits engrenages de l’Unreal Engine, qui
affiche des décors un peu déprimants
– imaginez de grands plaines herbeuses
noyées dans une brume tristoune.
62 | Canard PC
par ackboo
!USSIUIDEQUaUNSUINTEMENTDE
BUBON Première constatation, ça tourne
plutôt bien. On voit loin, la végétation
foisonne et on a droit à du 50-60 FPS
constant sur une « petite » GeForce
680. Voilà, nous avons fait le tour des
points positifs de cette version en accès
anticipé. Tout le reste varie du pourri
au catastrophique. Le crafting bugue,
les animations des persos buguent, les
mouvements buguent, les combats buguent,
les serveurs buguent, ramasser du coton
vous renvoie sous Windows, les NPC ne
font rien, les animaux sont immobiles, les
combats ridicules. D’une manière générale,
rien ne fonctionne. L’environnement reste
totalement vide, sans vie, sans intérêt.
« Nan mais attends, c’est de l’early access !
Faut pas juger ! », me dira Ouin-ouin. Oh
que si, je vais le juger, je ne vais pas me
gêner, car ce machin est quand même
facturé 18 euros. Steam est rempli de titres
en early access qui, dès leur premier jour
de disponibilité, offrent déjà des heures
de distraction aux joueurs. Ici, tout est
tellement cassé et vide qu’on n’a rien d’autre
à faire que de marcher au pif pendant
30 minutes pour regarder le décor – et
apercevoir, au passage, une pierre flottant
Ge
Genre
:
survival médiéval
sur
)³ZIPSTTIYVc
)³
Syrin Studios, Small
Sy
Impact Games
Im
(Royaume-Uni)
(Ro
Éditeur :
Éd
Green Man Loaded
Gre
Plateforme :
Pla
PC Windows
(SRǻK
(S
VIGSQQERH³Ic
VIG
PC de joueur
8³P³GLEVKIQIRX
8³P
1,5 Go
1ERKYI VO
1E
Prix actuel : 18 €
Pri
Sortie prévue : NC
So
DRM : Steam
DR
dans le ciel ou un sanglier en lévitation
à 50 centimètres au-dessus du sol. C’est
l’une des versions pré-pré-pré-alpha les
plus misérables que j’aie eu l’occasion de
voir. J’écris donc un « Fuyez » en lettres de
sang, car en l’état, Black Death ne devrait
simplement pas être vendu, quelle que
soit l’étiquette que ses développeurs lui ont
collée. %NLaŅTAT
Bon, voilà, 18 euros pour l’esquisse
HYFVSYMPPSRHIPƶEPTLEHƶYR
prototype bugué jusqu’au trognon,
RSRQIVGMThe Black Death est
peut-être plein de promesse,
mais quand on le vend contre du
vrai argent, il faut quand même
proposer un
QMRMQYQ5SYV
l’instant, ce
minimum n’est
TEWEXXIMRX4R
en reparlera
d’ici quelques
XVMQIWXVIW
FUYEZ
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:IYMPPI^GSQTXIVYRQMRMQYQHIWIQEMRIWEZERXPEV³GITXMSRHYTVIQMIVRYQ³VS4ǺVIWZEPEFPIWNYWUYƶEYQEM
(SRJSVQ³QIRXªPEPSM.RJSVQEXMUYIIX1MFIVX³WHYNERZMIVZSYWHMWTSWI^HƶYRHVSMXHƶEGG²WIXHIVIGXMǻGEXMSRHIWHSRR³IWZSYWGSRGIVRERXIR³GVMZERXªRSXVIWM²KIWSGMEP
5SYVXSYXVIRWIMKRIQIRXSYTVSFP²QIFSYXMUYI%TVIWWIRSRWXSTJV
TECHNO
T
L'ACTUALITÉ DE CE QU'IL Y A SOUS LE CAPOT
NEWS
PAR FISHBONE
INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
C’est grave
Docteur Watson ?
USB
La fin du pétage de câble
USB-IF, l’organisation en charge du protocole cité
constituée de gens qui ont un plus gros compte en
banque que vous et moi réunis (Intel, Apple, NEC,
HP…), n’est pas restée insensible devant la douleur hémorroïdaire que constituent les câbles USB Type-C moisis vendus
par des fabricants peu scrupuleux, aussi nombreux que les
comédons de votre prépubère de frère. Car voilà, nombre de
ces câbles ne respectent pas les caractéristiques annoncées
avec, dans les cas extrêmes, le risque que le matériel connecté
ne se transforme en toast, telle une tranche de brioche bourrée qui s’essaierait au funambulisme au-dessus d’un grille-pain
(quelle puissante métaphore). Un triste phénomène médiatisé
par l’ingénieur de Google dont nous avons déjà parlé, un bon
samaritain qui tient à jour une liste de câbles méticuleusement testés par ses soins (cpc.cx/fjY). C’est dans ce contexte
que l’USB-IF a pourvu l’USB 3.1 d’une nouvelle spécification
optionnelle, justement baptisée USB Type-C authentification
specification. Tout est dans le titre, l’objectif est de permettre
à un hôte USB d’authentifier le périphérique USB (données/
chargeur) et de valider sa bonne conformité à l’aide d’un certificat signé par chaque revendeur. À noter que ce certificat
intègre lui-même un certificat principal émis par l’UBS-IF.
Une bonne chose, donc, pour autant que certains industriels
n’en abusent pas pour restreindre les usages à leurs propres
périphériques. Non, parce qu’on les connaît les zouaves.
L’
GPU
Le frisson
du Radeon
Il y a de l’excitation dans l’air autour
de probables AMD Radeon R9
470 et R9 480 qui devraient être
annoncées à l’occasion du prochain
Computex, fin mai. Équipées de
puces Polaris, le rendement devrait
être de 50 watts pour la Radeon R9
470 et de 110 à 135 watts pour la
Radeon R9 480, soit – à puissance
égale – jusqu’à 80 watts de moins
que les GPU qu’elles remplaceront.
Dans la foulée, VRWorld balance
des infos : puce 14 nm FinFET,
2 304 cores, 36 unités de calcul,
nouveau GCN, bus mémoire 256bit, 8 Go GDDR5/GDRR5X. PS4
NEO ?
AFFICHAGE
Filmé sous
toutes les
faces
Facebook a présenté le
Surround 360, un dispositif
de 17 caméras prévu
pour filmer à 360 degrés.
Quatorze caméras sont
organisées en cercle, une
fisheye est installée audessus, deux fisheyes sont
présentes en-dessous.
Le contenu pourra être
publié sur Facebook et
pleinement exploité avec le
Galaxy Gear de Samsung
(développé en partenariat
avec Oculus VR, Facebook
donc). La caméra
sphérique ne sera pas
commercialisée (d’autres
fabricants s’en chargeront)
; en revanche, le code pour
gérer les flux sera posté
sur Github d’ici l’été.
64 | Canard PC
TECHNOLOGIE
L’espace d’un instant
Évadons-nous des considérations terrestres sur la difficulté d’enfiler un slip
chauve-souris en sautant dedans depuis le lit, pour parler de BreakThrough
StarShot, le projet de nano-vaisseau pensé par Stephen Hawking pour rendre
visite à Alpha du Centaure. C’te classe. Soutenu par le milliardaire russe Yuri
Milner et Mark Zuckerberg – faut bien quelqu’un qui paye les 100 millions
de dollars nécessaires –, le concept du nano-vaisseau est finalement assez
simple à comprendre : prenez un mini-ordinateur d’un gramme et de la
taille d’une carte SD, attachez-le à une toile LightSail (1 m2 de superficie,
quelques atomes d’épaisseur) et tirez dessus à l’aide d’une flopée de lasers
(100 gigawatts) depuis la Terre ou l’espace. Car ce sont les photons qui, s’écrasant sur la voile comme des crottes de geckos sur votre crâne de chauve, pousseront le vaisseau jusqu’à 20 % de la vitesse de la lumière (environ 215 millions
de km/h). À ce train, Alpha du Centaure et ses 4,37 années-lumière de distance,
ce sera seulement vingt ans de vol pour y arriver. Le vaisseau embarque des
caméras, des systèmes de
communication, d’alimentation
et navigation. En revanche,
faudra viser juste avec les
lasers pour ne par rater la toile,
ça serait ballot pour l’humanité
de sniper un général klingon
par inadvertance.
Watson, l’intelligence artificielle
développée par IBM et qui s’est
illustrée à plusieurs reprises dans
le jeu de questions-réponses
Jeopardy!, s’ouvre à de nouveaux
horizons. En collaboration avec
l’American Cancer Society,
et alors qu’il « travaille » déjà
avec les oncologues pour les
conseiller, Watson va maintenant
s’intéresser aux patients atteints
d’un cancer en répondant
directement à leurs questions.
Pour ce faire, le programme se
servira de diverses informations
comme le type de cancer, le
traitement en cours, l’historique
et l’évolution de la pathologie. Et
là, c’est une grosse étape qu’IBM
souhaite franchir, car jusqu’à
présent, Watson servait d’aide à
des spécialistes capables de juger
du bien-fondé des informations
fournies. En mettant l’algorithme
face à un patient qui n’aura pas
ce recul et dont on imagine l’état
émotionnel, Watson n’aura pas
droit à l’erreur, autant d’un point
de vue technique qu’éthique :
aura-t-il le tact ou l’empathie
nécessaires pour évoquer un sujet
aussi sensible ? Que l’expérience
soit intéressante pour IBM, afin
d’améliorer la pertinence de
l’intelligence, certainement. Que
cela apporte un plus quelconque
au patient, ça reste à prouver.
INDUSTRIE
Recyclage d’image
Apple a publié son rapport
environnemental annuel
pour montrer aux gens à
quel point la firme se soucie de la problématique
écologique. Je sais… Le
sujet est sensible et infiniment plus complexe que
quelques chiffres flatteurs
livrés au public pour qu’il
ait bonne conscience au
moment d’acheter son
prochain bousin rempli de
matériaux rigolos comme
le cobalt. Cette précision
pour rester clair sur l’angle
de cette news, absolument
pas dirigé pour ou contre
Apple, car c’est bien tout le
système qui est à revoir si
l’on veut aller au bout de la
démarche écologique, des
industriels aux habitudes
des consommateurs. De
toute façon, c’est simple,
le premier qui bronche, je
lui envoie les Lopez du 36.
Quelque 27 millions de
tonnes de matériaux, dont
une tonne d’or (environ
35 millions d’euros), ont
ainsi été recyclés à partir
des iPhone et autres appareils Mac récoltés. Plus
précisément, il est question
d’acier DC, de cuivre, de cobalt, de plastiques, de nickel,
de plomb, d’étain, d’argent,
de verre, d’aluminium…
Reste à connaître les conditions du recyclage et si
LIAM, le robot désosseurtrieur d’iPhone mis en avant
par la Pomme dans sa
campagne mains propres, a
été éthiquement et durablement traité avec trois bains
d’huile par jour.
AFFICHAGE
PLURIDOMAINES À SPECTRE LARGE
Ça m’en
Touch une
En vrac
L
La technologie 3D
Touch chère aux
smartphones 6s
et 6s Plus d’Apple
et Force Touch
Mate S d’Huawei
sera nativement
prise en charge
par Android N.
Google a confirmé
l’information, suite
à la découverte
d’un bout de code
de la Developer
Preview 2 par le
développeur du
lanceur d’applications
Nova Launcher y
faisant implicitement
référence. Il a eu
chaud le gars, il aurait
été lanceur d’alerte,
ça se terminait en
taule direct.
ROBOTIQUE
Toujours pas la grande Atlas
oogle chercherait à vendre
Boston Dynamics, société
phare s’il en est dans le secteur
de la robotique. Mais cela ne signifie pas
que la pieuvre se désintéresse du sujet,
tant il fait partie de sa vision du futur.
Preuve en est la récente présentation
au New Economic Summit (Tokyo) du
prototype réalisé par Shaft, une autre
de ses sociétés dédiées à la robotique.
Ce robot bipède pèse 60 kilos et avec
ses petites jambes en forme de vérins
– avouez qu’il partage un air de famille
avec votre professeur de gymnastique de
primaire, celui qui vous soulevait par les
oreilles pour vous punir –, il en impose
moins comparé au flippant Atlas de BD.
G
es livraisons de l’Oculus Rift
auront jusqu’à trois mois de
retard en raison d’une pénurie de composants, soyez forts, va
falloir encore tenir un peu dans cette
réalité. Logitech a acheté Jaybird,
une société spécialisée dans les objets connectés pour sportifs (bracelet, oreillettes…), pour 50 millions
d’euros. AMD offre un GPU Fiji pour
tout achat d’une Radeon Pro Duo,
de quoi faire un joli piercing ventral
pour madame. Oui, vraiment, car le
GPU donné n’est (évidemment) pas
fonctionnel. Les 3 000 salariés
du groupe Sanofi de Gentilly
sont joyeusement pistés « anonymement » par la puce RFID
de leur porte-badge : « déambulation dans les couloirs, pause
pipi, etc. ». Le RFID, c’est la vie !
Amazon dispose d’une nouvelle
liseuse, la Kindle Oasis. 3,4 mm
d’épaisseur (8,5 mm au niveau de
la batterie), 122 grammes, SoC 1
En revanche, il impressionne par la facilité avec laquelle il se déplace, monte les
escaliers, marche latéralement et, surtout, conserve son équilibre quelles que
soient les circonstances. On le voit par
exemple crapahuter sur un terrain accidenté, sur du sable, déraper à plusieurs
reprises sur un tuyau, etc. Une prouesse
qui repose en partie sur sa morphologie « non androïde », avec un centre de
gravité situé plus bas que ses copains
Terminator. Dit autrement, son atout
est d’être bas du cul. Pour l’heure, le
bidule de Shaft ne fait pas grand-chose
d’autre que déambuler avec un haltère
sur la tête, mais restons confiants, c’est
bon signe pour la Gatling.
SMARTPHONE
AMC pas possible
GHz, dalle 6 pouces 300 ppm, +60 %
de LED, 4 Go de stockage, environ
290 euros. Samsung se dit heureux
des ventes de dalles incurvées, soit
1 million, sans autres détails. Enfin,
apprenez que Panasonic a refusé de
prendre en garantie le téléviseur d’un
couple anglais après avoir trouvé de
la fumée de cigarette à l’intérieur (ils
en fument 40 par jour), la nicotine
étant considéré comme un « dommage
environnemental ». Le tabagisme passif
pour les appareils électroniques, un
vrai problème de société.
Adam Aron, PDG de la chaîne
de cinémas américaine AMC,
a émis l’idée d’autoriser les
accros du smartphone à
l’utiliser pendant la projection
d’un film, afin qu’ils puissent
partager leur fascinant ressenti
en direct sur les réseaux.
Ambiance, « on ne lutte pas
contre son époque ». Ça mon
Adam, ça s’appelle du racolage
de jeunes. Quoi qu’il en soit,
suite à la volée de bois vert
qu’Adam s’est illico prise par le
public, l’idée a été enterrée par
300 mètres de profondeur.
Canard PC | 65
TECHNO
L'ACTUALITÉ DE CE QU'IL Y A SOUS LE CAPOT
NEWS
PAR FISHBONE
ORDINATEURS
AFFICHAGE
Marché plus
quoi faire
Et sans rancune hein !
n ne le répétera jamais assez, le monde des affaires est
d’un pragmatisme sans limite, où l’intérêt passe systématiquement devant un semblant d’amour-propre.
Apple et Samsung en sont le stéréotype parfait, car pendant
qu’ils s’envoient des palettes d’avocats à la face au sujet de bords
arrondis, ils se tapotent dans le dos pour signer de juteux
contrats. Bah oui, Samsung est l’un des fournisseurs d’Apple,
vous le savez. Oui, vous le savez. Sinon ma dernière phrase n’a
pas de sens. Donc voilà, c’est bien ce que je disais, vous le savez.
Eh bien, cette douce schizophrénie n’est pas près de se résorber,
puisque selon le Korean Herald, les deux larrons se sont une
nouvelle fois entendus autour d’un contrat à 2,3 milliards de
dollars par an à compter de 2017. Celui-ci spécifie que Samsung
fournira des écrans (5,5 pouces ?)
AMOLED à Apple qui, selon toute
vraisemblance, équiperont les
prochains iPhone 7S et iPad (pas
l’iPhone 7, donc, qui lui arrivera en
septembre 2016). Pour répondre
à la demande de 100 millions de
dalles par an, Samsung devra investir 8,5 milliards de dollars dans
de nouvelles usines. Ça va, c’est pas
la mort à boire.
O
INDUSTRIE
Intel
en péril
Les rotatives tournoyaient déjà
lorsque Intel a présenté ses
derniers résultats financiers, mais
au moment où je vous écris, Intel
prévoirait une nouvelle vague de
licenciements concernant plusieurs
milliers de postes. Si les bénéfices
sont toujours au rendez-vous – vous
me rassurez, j’ai brièvement eu
peur pour Intel –, certains services
sont manifestement à la traîne.
Quoi qu’il en soit, le fondeur vient de
se payer Altera (société de puces
pour serveurs) pour 17 milliards de
dollars et continue ses efforts dans
l’IoT, la 5G et la VR pour être moins
dépendant du marché PC.
MÉMOIRE
TECHNOLOGIE
Pas gourmande
Fallait pas y penser
L
la gueuse
À l’instar du
Mediatek Helio
P20, Qualcomm
utiliserait de la
LPDDR4X pour
accompagner
son nouveau SoC
Snapdragon 830,
pas encore annoncé.
Pour rappel, la
LPDDR4X offre une
consommation
réduite de moitié
par rapport à
la LPDDR4, soit
0,6 V. Quant au
Snapdragon 830
proprement dit, les
Chinois de Weibo
pensent que nous
avons affaire à une
puce de 10 nm,
architecture Kyro
200 (2,2 GHz à
confirmer), 8 Go de
LPDDR4X et support
du 4K. Le suspense
est à son comble.
66 | Canard PC
e constructeur Nissan
a eu une idée qui,
au-delà de l’inintérêt
total de la débilo-expérience, interpelle une fois de plus sur cette
pénible manie des chercheurs
et industriels à vouloir lire dans
nos pensées… Donc voilà : pour
promouvoir les cinq ans de la
Nissan Leaf, la firme a équipé la
voiture électrique d’un casque
électroencéphalographique destiné à être porté par le conducteur. L’activité cérébrale est ensuite analysée afin de déduire
l’émotion ressentie par ce dernier, puis comparée à une trentaine d’émotions types préprogrammées dans le système. C’est
ici que la magie opère, à savoir
qu’une image illustrant l’émotion
ressentie est projetée en temps
réel sur la route, de chaque
côté de la voiture, afin d’informer les usagers de l’humeur
du conducteur. C’est totalement génial, ultra-passionnant,
méga-intéressant, ça n’a que des
qualités. Pour donner le niveau,
on a droit à du « Woooowwww! »,
du « Yeehaaaa », du « Zoom! » (?),
du « Thrill!!! », du « Yikes » (à
l’occasion d’un créneau plus raté
que ça, ce n’est pas humainement
possible), du « Whooosh! », du
« Stop! », du « Smooth! », du « Baboom ba-boom » (coup de cœur
pour une autre conductrice).
Précisons que ça s’est passé au
Japon et que j’attends encore
l’émotion « fumet de fétichiste »
pour être convaincu du bon
fonctionnement du système. Je
sais, c’est cliché. Mais bon, vu le
niveau du truc…
Le marché des ordinateurs
– fixes, portables et ultrabooks –
poursuit sa route vers le noyau
terrestre avec, selon le cabinet
Gartner, une baisse des ventes de
9,6 % entre le premier trimestre
2015 (71,7 millions d’unités) et
2016 (64,8 millions d’unités).
Dans le détail, seuls Apple (+1 %,
en 5e position) et Asus (+1,5 %, en
4e position) sauvent les meubles,
tous les autres constructeurs
étant à la baisse. Lenovo reste le
premier constructeur mondial
mais ses ventes reculent de 7,2 %,
suivi de HP (-9 %), Dell (-0,4 %)
et les autres marques (-18,4 %).
Chez IDC, même constat global,
mais en pire : 11,5 % de moins
entre le premier trimestre 2015
(68,5 millions d’unités) et 2016
(60,5 millions d’unités). Cette
fois, Lenovo baisse de 8,5 %, suivi
de HP (-10,8 %), de Dell (-2 %),
d’Apple (-2,1 %), d’Asus (-8,3 %)
et les autres marques (-19,8 %).
On remarquera les différences
d’analyses entre les deux cabinets,
avant d’enfiler son slip chauvesouris pour descendre à la cuisine
finir les restes du dîner pendant
que tout le monde dort, comme
un gros chacal. Pas la peine
d’allumer la lumière, utilisez votre
gros sonar.
GPU
Pas de remballe, pas de plaisir
La nouvelle gamme de
GPU mobile M400 d’AMD
n’échappe pas à la bonne
vieille habitude de la
remballe, également chère
à son concurrent Nvidia,
cela afin de contenter les
OEM désireux d’écouler
leur stock. Afin d’apprécier
ces formidables nouvelles
références à leur juste
valeur, voici un bout de la
liste révélée par les gens de
Videocardz (cpc.cx/fkh).
Je vous préviens, ce n’est
pas sexuellement excitant
à lire. GPU Bonaire XT
(896 Stream Processors,
56 Texture Mapping Units,
SÉCURITÉ
70, année
de la brique
Pour l’anecdote,
parce que ça ne vaut
vraiment pas plus que
ça, apprenez que des
hackers en manque
de divertissement ont
trouvé un moyen de
briquer des iPhone
et iPad à distance en
exploitant le bug de la
date du 1er janvier 1970
via Wi-Fi. En résumé,
une fois l’appareil
connecté à un réseau
contaminé qui met
continuellement à jour
la date via les requêtes
NTP, l’iTruc clonque et
peut même chauffer
dangereusement,
l’extinction automatique ne fonctionnant
plus. Heureusement,
iOS 9.3.1 corrige le
problème.
16 Render Output Units) :
R9 M470X (R9 M385X).
GPU Topaz XT (384 SP, 24
TMU, 8 ROP) : R7 M460
(R7 M270DX), R7 M440
(R7 M260), R5 M445 (R7
M265DX), R8 M445DX
(R7 M360). GPU Sun
XT (320 SP, 20 TMU,
8 ROP) : R5 M430 (R5
M330), R6 M435DX (R5
M330). GPU Jet Pro (320
SP, 20 TMU, 8 ROP) : R5
M430 (R7 M260DX).
Si vous êtes parvenu
jusqu’ici sans pleurer du
sang, bravo, vous avez bien
mérité votre récompense.
Car pour votre peine,
sachez que les Radeon
M400 à puce Polaris – les
vraies nouveautés – se
trouveront dans les séries
Radeon R9 M490 et R9
M480, disponibles à la mi2016 sauf tremblement
de terre, tsunami ou
méga-tempête solaire de
dernière minute.
CONSOLE
La NEOveauté de Sony
es informations sur une nouvelle console de Sony, jusqu’à
présent appelée PlayStation 4.5
faute de mieux, prennent en consistance
suite à la publication d’un article par
Giant Bomb (sic). Le site indique avoir
reçu ses tuyaux de plusieurs sources, qui
ont balancé le nom de code de la machine : NEO. Outre cette information
totalement dingue, il est aussi question
d’un CPU Jaguar – toujours octo-core –
qui passerait d’une fréquence de 1,6 GHz
à 2,1 GHz. Le GPU AMD GCN de 18 unités de calcul à 800 MHz grimperait à
36 unités de calcul à 911 MHz. Les 8 Go
de mémoire GDDR5 enfin, qui profiteraient d’une augmentation de la bande
passante de 176 Go/s à 218 Go/s. Le sort
du stockage reste flou, car s’il devrait être
L
identique à celui de la PlayStation 4, on
ignore s’il est question de la capacité ou
de la vitesse de transfert. Quoi qu’il en
soit, les jeux commercialisés à compter
d’octobre prochain intégreraient deux
modes : le Base mode pour tourner sur
les PlayStation 4 actuelles et le NEO
Mode pour profiter de cette nouvelle
puissance du crâne ancestral. Notez que
si le 4K sera supporté, les jeux n’auront
pas à l’être nativement. Seule obligation
imposée par Sony aux développeurs, le
frame rate en NEO mode devrait être
identique ou supérieur à celui en Base
mode. Les deux consoles cohabiteraient
et partageraient le même PlayStation
Store, tandis qu’aucun titre/contenu/
VR/gameplay ne serait exclusif à la NEO,
afin de ne froisser personne.
RÉALITÉ VIRTUELLE
RÉALITÉ VIRTUELLE
Casquelle a ma gueule ?!
A
nnoncer un nouveau casque
virtuel devient aussi banal
que d’enfiler un slip banane,
difficile d’être sincèrement émerveillé
à chaque nouvel embrochage. Bref, en
attendant de retrouver l’excitation des
premiers jours avec un slip chauve-souris (commandé hier de Roumanie, j’espère qu’il passera la douane), le casque
du jour est signé Huawei. Ce dernier a
présenté son propre joujou de
réalité virtuelle à destination
des smartphones maison, les
P9, P9 Plus et Mate 8. Attention, vous ne devinerez jamais comment ils l’ont appelé, c’est vraiment incroyable !
(cliquez pour afficher la suite
du texte) : Huawei VR. L’affichage étant assuré par le
smartphone, ce dernier propose logiquement du 1080p,
avec un champ de vision à
95 degrés et une latence de
20 ms. Le casque dispose
également d’un trackpad sur le côté
droit, d’une molette pour ajuster les lentilles et d’un rendu audio à 360 degrés
pour l’immersion sonore. Mais le nerf
de la guerre, c’est évidemment le prix,
pas encore communiqué, mais aussi et
surtout le contenu. Huawei promet ainsi 4 000 films, 40 jeux et 350 photos
panoramiques (gratuites) disponibles à
la sortie du casque. Un jeudi.
Grand bêta-test
Le PlayStation VR de Sony
sortira en octobre, mais les
impatients de nature pourront
prendre un avion en direction
des États-Unis afin de le
tester dans les magasins
GameStop à compter de juin.
Il prendront 10 kilos aussi,
mais c’est un autre débat.
L’objectif de Sony est qu’au
moins 500 000 personnes
s’essayent aux joies de la
réalité virtuelle avec son
casque. Pas encore de
partenariat annoncé pour la
France, mais sait-on jamais.
Canard PC | 67
TECHNO
DOWNLOAD
PAR ACKBOO
Vivaldi
Download
FREEWARE
vivaldi
Opera, c’est un peu le Arte des navigateurs. Tout le monde dit que c’est
bien mais personne n’en profite. L’outsider n’a jamais réussi à rivaliser avec
le mastodonte Chrome et ses milliards d’extensions indispensables. Arrive
alors Vivaldi, développé par un ancien d’Opera, dont la version 1.0 sort
tout juste du four à pizza. Vivaldi reprend les meilleurs éléments d’Opera
(gestion des onglets, interface élégante, raccourcis clavier, orientation
Power User…) en les transposant sur Chromium, le moteur de rendu HTML
utilisé par Chrome. Cerise sur le gâteau : il est compatible avec toutes les
extensions du navigateur de Google. Sur le papier, c’est le browser ultime.
En pratique c’est… presque ça, mais pas encore. Disons que j’ai tenu trois
jours avant de revenir sur Chrome – ce qui est quand même le record de ces
cinq dernières années. Mes extensions comme Adblock Plus, Stylish Smooth
Scrolling, Steam Enhanced ou Magic Action pour YouTube ont parfaitement
fonctionné. L’interface est bien plus moderne et élégante que celle de Chrome
(surtout si vous activez le « Dark Theme » dans les options, il est vach’ment
classe) et Vivaldi propose nombre de raffinements comme les gestures de la
souris, le scrolling et stacking d’onglets, les infos de chargement de page, le
Web Panel… Mais il a deux faiblesses qui m’empêchent de lui donner, pour
le moment, la Couronne Suprême de Navigateur par Défaut sur mon PC.
Faiblesse numéro un : l’appli met deux bonnes secondes à se charger, contre
moins d’une demi-seconde pour Chrome. Faiblesse numéro deux : il manque
la possibilité de synchroniser les réglages entre différentes machines. Ça peut
paraître anodin, mais sur un soft aussi essentiel qu’un browser, le sans-faute
est exigé. Je vous encourage néanmoins vivement à le tester et à surveiller ses
évolutions. Avec encore un peu de boulot et d’optimisation, Vivaldi pourrait
finir par ringardiser Chrome auprès des utilisateurs exigeants. vivaldi.com
SITE WEB
Circuit Simulator
Circuit Simulator
L’électricité, c’est un peu comme l’homéopathie ou l’astrologie : on sait que
ça marche, mais la Science ne réussit pas vraiment à expliquer comment.
Franchement, vous y croyez, vous, à cet histoire fumeuse d’électrons se
déplaçant dans des fils de cuivre ? Oui ? Alors merci de filmer le phénomène
avec votre téléphone portable et de m’envoyer la vidéo. Moi, je ne crois
que ce que je vois. Enfin bref, si vous persistez à gober ces fariboles de
« physicien » prétentieux, sachez qu’il existe un superbe simulateur de
circuit électrique gratuit, en ligne et ne nécessitant aucun plug-in (c’est du
HTML5). Vous placez des tonnes de composants (résistance, diode, switchs,
relais, potentiomètres, convertisseurs) et vous pouvez visualiser directement
le comportement du circuit et le résultat sur l’oscilloscope. Parfait pour
tester vos montages sans mettre le feu à la caravane. cpc.cx/fj9
FREEWARE
Text Editor Anywhere
Déniché par Geekzone.fr, ce petit utilitaire génial permet d’appeler
l’éditeur de texte de votre choix depuis n’importe quelle zone de frappe.
Je vous donne un exemple, ce sera plus clair. Vous commencez à taper un
énorme message d’insultes sur le forum de Canard PC. Dans la zone de
saisie du navigateur, qui n’est souvent pas pratique, faites Win-A et Text
Editor Anywhere ouvre votre éditeur favori (par exemple Notepad++,
WriteMonkey ou Sublime). Vous y balancez toute votre haine, vous faites la
mise en forme et sauvegardez quand vous le souhaitez. Ensuite, d’un simple
Alt-Tab, le texte tapé dans votre éditeur se transpose immédiatement dans
la zone de saisie du navigateur. C’est magique et rapidement indispensable
dès que vous voulez poster sur Internet quelque chose de plus de dix lignes
sans risquer de tout perdre à cause d’une mauvaise manip’.cpc.cx/fje
68 | Canard PC
Text Editor Anywhere
Tout pour créer votre propre jeu vidéo
Hors-série Canard PC
Actuellement en kiosque
6,90 €
TECHNO
L'ACTUALITÉ DE CE QU'IL Y A SOUS LE CAPOT
PC & CO
PAR FISHBONE
Le tour
du
périph’
B150M Gaming Pro
MSI
MSI propose une carte mère LGA 1151
d’entrée de gamme pour joueurs. La
pset
B150M Gaming Pro utilise un chipset
ve
Intel B150, une puce qui se retrouve
ATIONS
HABITUELLEMENTDANSLESCONŽGURATIONS
ait,
destinées aux entreprises. De ce fait,
g
inutile de rêver à de l’overclocking
rs
de folie et autres bidouillages chers
u
aux obsédés du hertz, ça restera du
basique. Toujours au chapitre des
restrictions, on notera l’absence de
SLI ou de CrossFire, mais cela reste en
accord avec le positionnement de la
carte. Pour le reste, nous retrouvons
les indispensables LED rouges pour le
ôté gamer, le
l supportt de
d la
l DDR4-21333,
DDR4 21333 six
i
côté
ports SATA, six ports USB 3.1 Gen1, quatre
ports USB 2.0 et un port Ethernet Intel
I219V 10/100/1000. Elle sera livrée avec la
souris Interceptor DS B1 Gaming pendant
une durée limitée. 100 euros à peu près.
DK-04 Lian-Li
12big LaCie
LaCie pense à touss ces gens qui
consomment du To comme
refaçons
d’autres des contrefaçons
e barres
vietnamiennes de
hères et
chocolatées pas chères
tives. Non je
totalement addictives.
oi. Bon OK,
ne parle pas de moi.
e demande
si. Vraiment je me
ce qu’ils mettent dedans pour
o, en dehors
rendre aussi accro,
des boulettes de chien je veux
dire… Du chat ? Oui, ça doit
me ça, ou
être un truc comme
alors du rat. Bref, le 12big est
tockage pour
une solution de stockage
eille jusqu’à
gloutons qui accueille
RSAŽNPAR
DOUZEDISQUESDURSAŽNPAR
exemple d’éditer sans stress de
me l’indique
la vidéo 6K, comme
u’avec
LaCie. C’est vrai qu’avec
92 To d’espace de stockage et
/s de vitesse
jusqu’à 2 600 Mo/s
eut prendre
de transfert, on peut
ions 48 To et
ses aises (des versions
ment prévues).
72 To sont également
epose sur du
La connectique repose
compagné
Thunderbolt 3, accompagné
d’un port USB 3.1. Disponible cet
été, à un prix non communiqué.
70 | Canard PC
Les tours, c’est très populaire, dans le sens populace
du terme. Si vous voulez vraiment vous démarquer
de la masse parce que vous avez un petit problème
d’ego dont il faudra bien qu’on parle un jour, jetez
un œil sur le boîtier-bureau de Lian-Li, le DK-04.
Il s’agit du dernier modèle de la série DK, un objet
de plaisir dont la disponibilité et le prix n’ont pas
encore été annoncés. Mais puisque le modèle
DK-03 était déjà à 2 000 euros, ça pose l’ambiance.
Le plateau en aluminium offre des dimensions
de 1 200 x 750 x 675 mm, tandis que la hauteur
est réglable jusqu’à 1 160 mm. L’ajustement de la
hauteur est motorisé, ce qui permet l’enregistrement
de quatre profils pour s’adapter à différents
utilisateurs ou conditions d’utilisation (assis/
debout/couché/va chercher la baballe). La façade
intègre quatre ports USB 3.0, les ports audio, une
baie 5,25 pouces et trois contrôleurs pour régler
l’éclairage du toureau. L’intérieur accueille une carte
mère ATX ou Micro ATX, huit baies pour les disques
durs et un emplacement pour la carte graphique
(320 mm max). Quatre ventilateurs de 120 mm
assurent le refroidissement. Si vous maigrissez
un peu, vous pourrez même dormir dedans.
GADGETS
The 64
Ossic X
Ossic
L’Ossic X est le premier exemplaire d’une nouvelle race
de casques audio 3D qui pourrait, si les promesses sont
tenues, changer la donne dans ce domaine. Financé
sur Kickstarter à plus de 2,5 millions de dollars pour
DEMANDŅSLa/SSIC8ESTLEFRUITDESRŅEXIONS
de vétérans de l’industrie en provenance de Pioneer et
Logitech. Constatant le peu d’évolutions techniques des
casques audio depuis les dernières soixante années, et
devant la montée en puissance de la notion d’immersion
avec l’arrivée des casques de réalité virtuelle, ces gens
ont développé une nouvelle technologie pour restituer
le son avec un rendu 3D le plus naturel possible. Pour
CELALa/SSIC8SECALIBREENFONCTIONDESSPŅCIŽCATIONS
anatomiques des oreilles et de la tête du porteur. Pas la
place de rentrer dans les détails techniques, mais cette
personnalisation est apparemment le secret d’un fort
sentiment d’immersion sonore. L’effet fonctionne aussi
BIENPOURLARŅALITŅVIRTUELLEQUEPOURREGARDERUNŽLMOU
écouter de la musique avec, selon les premiers testeurs,
l’impression que le groupe joue en face de vous. Autour
de 280 dollars en précommande, 400 dollars ensuite.
The 64 SX
Vous reprendrez bien
un peu de nostalgie
avec le projet The 64
qui tente de se
ŽNANCERSUR)NDIEGOGO
(40 000 dollars récoltés
sur 150 000 demandés,
à un mois de
l’échéance). On l’aura
deviné, avec un nom
pareil, cela ne peut
concerner qu’une
nouvelle tentative
de réanimer un
cadavre informatique,
en l’occurrence le
Commodore 64. Un
tantinet plus original,
les concepteurs
proposent également
de transformer le
Commodore 64 en
console de jeu portable,
nommée the 64 SX.
Original certes, mais
là je crie sacrilège ! Si
d’aventure le projet était
ŽNANCŅLESMACHINES
seraient livrées avec
une sélection de
jeux, des classiques
mais également des
nouveautés. 135 euros
environ pour The 64,
150 euros environ pour
The 64 SX. Premières
LIVRAISONSENŽN
d’année (avec du bol).
NexDock
Ce que vous voyez n’est
pas un ultraportable de
14 pouces, mais un dock.
Oui, uniquement un dock,
dont la fonction est de
transformer votre tablette
ou smartphone en un
ordinateur portable. C’est
POURQUOILaENGINŽNANCŅ
avec succès sur Indigogo,
se résume à un écran TN
de 14,1 pouces (1 366 x 768),,
un clavier et un touchpad
(Bluetooth 4.0, ports USB,
batterie 10 000 mAh).
Le NexDock est compatible
avec à peu près tout ce
qui bouge et qui tient
dans la poche : Raspberry
Pi, Compute Stick,
smartphones Windows 10,
Ubuntu, Android,
écran secondaire, etc.
Seule condition : que le
bousin devant être relié
au NexDock dispose
d’une sortie HDMI.
Actuellement à 130 dollars
environ, première livraison
en juin prochain.
Canard PC | 71
TECHNO
CONFIGS DE CANARD
FIABILITÉ, PERFORMANCES, PRIX
Configs de Canard
NOS TROIS CONFIGS POLYVALENTES
Bien choisir une nouvelle machine exige du temps et un certain goût pour les chiffres : il convient d'analyser en profondeur les performances de centaines de
composants puis, une fois la litanie de benchmarks scrutés à la loupe, s'assurer qu'aucun composant n'ira en brider un autre et que tous soient compatibles entre
eux. Pour vous faciliter la tâche, nous avons imaginé les Configs de Canard. L'objectif ? Vous faire profiter de notre expertise sur les multiples composants que nous
testons à longueur d’année en vous proposant trois PC « tout faits », au rapport performances/prix imbattable. Quel que soit votre budget, vous aurez l’assurance
d’une sélection soignée de composants, issue de méthodologies sadiques et de nos procédures de test les plus cruelles. Bien que polyvalentes, les Configs de
Canard sont d’abord des machines de joueurs et nous avons privilégié les performances graphiques maximales dans les différentes gammes de prix.
A
fin de vous faire profiter en pratique de nos conseils,
nos Configs de Canard sont proposées à la vente chez
notre partenaire Materiel.Net, montées et testées par leurs
soins. La démarche n’a rien de lucratif : nous ne touchons
pas un centime de commission sur les ventes, ce qui nous
permet de conserver une indépendance totale vis-à-vis des
composants. Nous attirons également votre attention sur
le fait que nos choix ne sont pas dictés uniquement par les
performances brutes et le prix. L'évolutivité et les taux de
retour SAV constatés jouent aussi un rôle prépondérant.
ENTRÉE DE GAMME
ŽŶĮŐƵƌĂƟŽŶĚŝƐƉŽŶŝďůĞĐŚĞnj
Ducky XXViII
L
es prix de la DDR4 et des plateformes LGA1151 d'entrée de
gamme ayant rejoint ceux de la génération précédente, nous
TSYZSRWH³WSVQEMWIǺIGXYIVPEXVERWMXMSRZIVWPEVGLMXIGXYVIO]PEOI
Nous remplaçons donc le Pentium G3258 par un Pentium G4500
UYMF³R³ǻGMIHYRIJV³UYIRGIHIFEWI2-^WYT³VMIYVIc,-^
GSRXVI,-^)IUYSMF³R³ǻGMIVHYRKEMRHITIVJSVQERGIW
WMKRMǻGEXMJWYVXSYXHERWPIWNIY\ZMH³S1E)YGO]<<:...IQFEVUYI
également 8 Go de DDR4-2133 montés sur une carte mère Asus
B150M-A, une GeForce GTX 950 OC et un disque dur 1 To 7 200 tr/min.
Comme précédemment, nous vous conseillons fortement de lui
adjoindre un SSD de 256 Go dès que votre budget vous le permettra.
MILIEU DE GAMME
Processeur
Ventirad
Carte mère
RAM
Carte graphique
Carte son
Disque dur
Graveur DVD
Alimentation
Boîtier
V
oilà six mois que la CanHard n'a pas évolué d'un iota et pour
GEYWIcPIWRSYZIPPIWEVGLMXIGXYVIW(59O]PEOIIX,59
2E\[IPPRIWIVSRXTEWVIQTPEG³IWEZERXPIQMPMIYSYPEǻRHIPERR³I
*REXXIRHERXGIXXIGSRǻKVIWXIEYXSTTSYVTVSǻXIVHIXSYWPIW
jeux récents dans les meilleures conditions. Elle embarque un Core
i5-6500 (quad-core à 3.2/3.6 GHz) monté sur une carte mère Gigabyte
GA-B180M-D3H et accompagné de 8 Go de DDR4-2133. On y trouve
également une GeForce GTX 970 dont les performances ne sont plus
à démontrer. Côté stockage, nous avons choisi un SSD Samsung 850
EVO de 256 Go épaulé par un disque dur 2 To de Seagate. L'ensemble
est alimenté par une Raider S 550W de FSP et prend place dans le
XV²WWSFVIQEMWXV²W³P³KERX)IǻRI7HI+VEGXEP)IWMKR
ŽŶĮŐƵƌĂƟŽŶĚŝƐƉŽŶŝďůĞĐŚĞnj
Processeur
Ventirad
Carte mère
RAM
Carte graphique
Carte son
SSD
Disque dur
Graveur DVD
Alimentation
Boîtier
Ě͛ĂďŽŶŶĞŵĞŶƚŽīĞƌƚƐ
ăĂŶĂƌĚW,ĂƌĚǁĂƌĞ͊
Intel Pentium G4500
Stock
Asus B150M-A
Crucial DDR4 2x4 Go 2133 MHz
GeForce GTX 950 OC
Intégrée à la carte mère
Seagate Desktop HDD 1 To
Sony Optiarc AD-5280S
Corsair CX430
Cooler Master N200
environ
CanHard XXViII
6mois
6mois
environ
600 €
90 €
0€
85 €
45 €
180 €
0€
55 €
20 €
50 €
50 €
Ě͛ĂďŽŶŶĞŵĞŶƚŽīĞƌƚƐ
ăĂŶĂƌĚW,ĂƌĚǁĂƌĞ͊
нϮŵŽŝƐăĂŶĂƌĚW͊
environ
1 100 €
Core i5-6500
Cooler Master TX3 EVO
Gigabyte GA-B150M-D3H
2x G.Skill Value DDR4-2133 4 Go
GeForce GTX 970
Intégrée à la carte mère
Samsung 850 EVO - 256 Go
Barracuda SATA 6 Gb/s - 2 To
Sony Optiarc AD-5280S
FSP Raider S 550W
Fractal Design Define R5
225 €
20 €
95 €
60 €
350 €
0€
95 €
85 €
20 €
60 €
110 €
HAUT DE GAMME
Duck Nukem XXVIII
I
mpossible d'investir près de 1 800 euros dans un PC sans avoir la
certitude qu'il durera longtemps. La Duck Nukem est justement
GSR±YITSYVGIPEEZIGHIWGSQTSWERXWXV²WLEYXHIKEQQIǻEFPIWIX
ultra performants. Vous y trouverez un Core i7-6700K (quad-core HT à
4/4.2 Hz), monté sur une Asus Z170-P, refroidi par un Noctua NH-U12S et
accompagné de 16 Go de DDR4-2133. La partie graphique est assurée par
YRI,I+SVGI,8<EǻRHIF³R³ǻGMIVHYRIǼYMHMX³STXMQEPINYWUYIR
1440p. Nous y ajoutons également un SSD de 500 Go ainsi qu'un disque
dur de 3 To pour y stocker vos données. Terminons avec un boîtier Silencio
652S de Cooler Master et une alimentation 80+ Gold modulaire RM650x de
Corsair. Un PC conçu pour durer au moins trois, voire cinq ans !
72 | Canard PC
ŽŶĮŐƵƌĂƟŽŶĚŝƐƉŽŶŝďůĞĐŚĞnj
Processeur
Ventirad
Carte mère
RAM
Carte graphique
Carte son
Disque dur
SSD
Graveur DVD
Alimentation
Boîtier
12mois
Ě͛ĂďŽŶŶĞŵĞŶƚŽīĞƌƚƐă
ĂŶĂƌĚW,ĂƌĚǁĂƌĞ͊
нϯŵŽŝƐăĂŶĂƌĚW͊
environ
1 750€
Core i7-6700K
Noctua NH-U12S
Asus Z170-P
2x Kingston HyperX Fury DDR4-2133 8 Go
GeForce GTX 980
Intégrée à la carte mère
Barracuda SATA 6 Gb/s - 3 To
Crucial MX200 - 500 Go
Sony Optiarc AD-5280S
Corsair RM650x
Cooler Master Silencio 652S
400 €
65 €
135 €
120 €
550 €
0€
110 €
160 €
20 €
120 €
120 €
Découvrez
La bible du hardware
n° 2 8
5,90 €
D
À PART ÇA
dossier
ROCK & ROLL
DU RIFIFI CHEZ ROCKSTAR
Une belle histoire de bromance,
de développement de jeux vidéo,
de famille, de management, de gros
sous, de négociation de contrats
et de félonie.
Bref, un conte moderne.
par Netsabes
est une tradition chez Rockstar Games :
chacun de leur jeu est un événement à sa
sortie, avec à chaque fois un petit scandale
sur fond de « on ne peut pas montrer ça à
nos enfants » et autres « c’est absolument répugnant ».
L’entreprise en a d’ailleurs toujours joué : le directeur
marketing des deux premiers Grand Theft Auto s’était
débrouillé pour créer tout un pataquès médiatique
autour de ses jeux qui sortaient un peu de nulle part.
Ce qu’on avait moins l’habitude de voir en public, chez
Rockstar, c’était de la trahison et des plaintes. Et des
plaintes pour des dizaines de millions de dollars. C’est
pourtant pile poil ce qui leur arrive depuis la mi-avril,
quand Leslie Benzies, l’ancien patron de Rockstar
North (qui développe les Grand Theft Auto), a réclamé
150 millions de dollars à ses anciens employeurs.
Benzies accuse les frères Sam et Dan Houser (patrons
de Rockstar Games, qui supervise les studios Rockstar,
dont North) et Take-Two (maison-mère de Rockstar) de
l’avoir poussé dehors après vingt ans de boîte et de lui
avoir sucré ses royalties chèrement acquises au passage.
C’
Le générique de trop L’histoire que raconte Leslie
Benzies rappelle les plus grandes heures de l’affaire
Infinity Ward (voir encadré ci-contre). Fin 2013, Sam
Houser, patron de Rockstar Games, se vexe, malgré
l’immense succès de Grand Theft Auto V et de sa version
en ligne GTA Online : contrairement à tous les autres
jeux de l’éditeur, ce n’est pas son nom qui conclut le
générique d’introduction de GTA Online, mais celui
de Leslie Benzies. Ce dernier s’est investi dans le
développement et a participé au design de la version
en ligne, tandis que Sam Houser, tout comme son frère,
semble plutôt s’être intéressé à la partie solo, GTA V.
Quelques mois plus tard, à l’été 2014, Rockstar propose
à Benzies de prendre un petit congé sabbatique. Après
quelques « tu l’as bien mérité », « c’est pour ça qu’on travaille
si dur », « ça te fera du bien, t’as l’air un peu pâle » et
autres platitudes, Benzies a cédé et signé à la mi-août
un contrat pour six mois de congés (du 1er septembre
2014 au 31 mars 2015) avec solde. Pas de bol : il s’est vite
rendu compte que ses vacances seraient un poil plus
stressantes que prévu.
Des vacances pour la vie Dès le mois de septembre,
Benzies découvre que Rockstar a désactivé son compte
e-mail et son Blackberry. Allez, c’est sans doute pour
mieux couper pendant les vacances ? Ses connaissances
chez Rockstar North l’ignorent, et son seul contact avec
la maison-mère est Jennifer Kolbe, la vice-présidente
de Rockstar qui l’a convaincu de prendre son congé.
Autrement dit, voici Leslie en exil, et celui-ci ne fait que
commencer : avant la fin de l’année, Rockstar limoge
deux de ses plus proches collègues, ainsi que son fils
Christopher. Bon, là ça commence à chauffer, d’autant
que Benzies ne reçoit pas (tiens, tiens…) sa part des
bénéfices de Rockstar, tandis que les frères Houser se
partagent sur la même période 93 millions de dollars. En
février 2015, Kolbe indique à Leslie Benzies qu’il n’a pas
à revenir au bureau, sans pour autant lui signifier son
74 | Canard PC
licenciement. On lui propose de prolonger son congé de
neuf mois, soit jusqu’à la fin 2015, tout en lui conservant
son salaire et ses bonus, pour un total d’environ
1,7 million de dollars. Pas grand-chose en comparaison
de ce que la fratrie Houser vient de toucher. Du coup,
histoire d’être sûr, le futur ex-patron de Rockstar North
multiplie les courriers à Rockstar par avocats interposés
et, en l’absence de réponse claire (un coup on lui dit qu’il
est viré, deux jours plus tard on annule), Benzies revient
dans les locaux d’Edimbourg le 1er avril 2015, comme
prévu. Son badge d’accès ne fonctionne plus (poisson
d’avril ?) mais un agent de sécurité sympa le reconnaît
et lui ouvre. Benzies n’a pas le temps d’aller bien loin : à
peine monté à son bureau, un responsable lui demande
de quitter les lieux.
Bataille de plaintes Selon Benzies, Sam Houser et
Jennifer Kolbe ont eux aussi fait le déplacement depuis
New York, pour, affirme-t-il, le diffamer auprès de ses
employés et collègues. Le lendemain, notre supplicié
fait envoyer par son avocat un courrier mettant fin
à son contrat avec Rockstar « pour motif légitime » et
exige qu’on lui paie les royalties non versées depuis
des mois. Après un an de négociations infructueuses
(et un communiqué de presse de Take-Two affirmant
que Benzies avait souhaité partir), des plaintes ont
finalement été déposées mi-avril 2016. Une par Leslie
Benzies contre Take-Two, Rockstar et les frères Houser
(il leur réclame 150 millions de dollars de royalties), et
une autre par Take-Two, qui se contente de dire que
l’ex-boss n’avait pas de « motif légitime » de départ et
qu’il n’a donc pas droit à une seule thune. Et que, petite
subtilité, même si son départ était justifié, la répartition
de ses bonus financiers dépendait entièrement du bon
vouloir de… Sam Houser. Autant dire que Take-Two
(288 millions de bénéfices en 2015) n’a visiblement pas
l’intention de sortir un dollar de son compte en banque.
Infinity Ward et Activision
„ŅƚƴåĹåDŽěƴŅƚŸØÏűæƋ±ĜƋĜĬƼ±ŸĜƻ±ĹŸØåűƴųĜĬæč±ĬåĵåĹƋƤ×eÏƋĜƴĜŸĜŅĹ
åƻŞƚĬŸ±ĜƋĵ±ĹƚĵĜĬĜƋ±ųĜĬåŸÚåƚƻüŅĹÚ±ƋåƚųŸÚűFĹĀĹĜƋƼœ±ųÚåƋÏųæ±ƋåƚųŸ
de Call of Duty. Là aussi, des développeurs stars avaient renégocié leur
contrat pour toucher plus de royalties et là aussi, des gens cherchaient
à s’en débarrasser. Là encore, l’éditeur arguait que puisque les
plaignants n’étaient plus employés (un peu contre leur gré, certes), ils
n’avaient plus droit à des royalties.
X±ÚĜýæųåĹÏåƤתåĹÚ±ĹƋŧƚűeÏƋĜƴĜŸĜŅĹÏŅĵŞĬŅƋ±ĜƋŞŅƚųĬåŸüŅƚƋųåºĬ±
ŞŅųƋåØĬåŸÏŅüŅĹÚ±ƋåƚųŸÚűFĹĀĹĜƋƼœ±ųÚÏŅĵŞĬŅƋ±ĜåĹƋåƚƻ±ƚŸŸĜŞŅƚų
ŧƚĜƋƋåųeÏƋĜƴĜŸĜŅĹţeŞųìŸƚĹåŸæųĜåÚåŞĬ±ĜĹƋåŸØÏŅĹƋųåěŞĬ±ĜĹƋåŸØÏŅĹƋųåě
contre-plaintes et j’en passe, le tout s’est bien évidemment réglé
ºĬű±ĵĜ±ÆĬåØÏŅĵĵåÏűåŸƋĬ±Ƌų±ÚĜƋĜŅĹÚ±ĹŸÏåčåĹųåÚű±ý±ĜųåŸţ
Godzilla Theft Auto Comment en est-on arrivé
là ? L’anecdote du générique d’intro de GTA Online,
racontée par Leslie Benzies dans sa plainte, semble un
peu légère, surtout vu l’historique des bonshommes.
Arrivé chez Rockstar North en 1995, quand le studio
s’appelait encore DMA Design, Benzies a débuté comme
programmeur, avant de prendre en main le game design
de Grand Theft Auto III (pour l’anecdote, il avait d’abord
commencé par faire un prototype de monde ouvert pour
un jeu façon Godzilla, avant de se rabattre sur GTA).
C’est à cette époque qu’il rencontre les frères Houser :
ceux-ci ont commencé comme producteurs des deux
premiers GTA chez BMG Interactive, l’éditeur de DMA
à l’époque. Quand Take-Two rachète BMG en 1998, il
le renomme en Rockstar Games et place les Houser
à sa tête. Un an plus tard, c’est DMA qui est racheté
et rebaptisé en Rockstar North. Le carton de Grand
Theft Auto III (25 millions de ventes à lui seul contre
3 millions pour les deux premiers confondus) donne un
coup de boost à Benzies, qui est nommé président du
Canard PC | 75
À PART ÇA
D
ROCKSTAR
dossier
studio. Durant quelques années, tout roule. Les patrons
de Rockstar et de Rockstar North forment un trio
d’inséparables et les succès s’enchaînent : GTA Vice City
(25 millions de ventes), GTA San Andreas (30 millions)
et en 2008 GTA IV (25 millions).
Un trio de directeurs 2008 est une année charnière
pour Rockstar et Take-Two : non seulement il y a la
sortie de Grand Theft Auto IV, mais en début d’année,
Electronic Arts lance aussi une offre publique d’achat
(OPA) sur Take-Two. L’OPA d’EA se plante en beauté,
mais l’opération oblige Take-Two à assurer ses arrières.
L’éditeur renégocie ses contrats avec les frères Houser
et Leslie Benzies, et pas à moitié : les trois compères
deviennent des « directeurs Rockstar », habilités
à recevoir chaque année une part plus grande des
bénéfices de leurs jeux, au lieu des royalties fixes établies
jusqu’alors. Take-Two et les « directeurs » se fabriquent
un petit montage financier, avec la formation d’une
nouvelle entreprise dédiée, nommée Another Game
Company. Celle-ci (détenue pour un tiers chacun par
Sam Houser, Dan Houser et Leslie Benzies) exploite les
licences Rockstar et reçoit donc les bénéfices, qui sont
ensuite partagés entre les trois « directeurs ». Jusque-là,
tout roule, et de 2009 à 2014, des dizaines de millions de
dollars coulent chaque année à égalité dans les poches des
Houser et de Benzies. C’est fin 2014 que ce dernier arrête
de toucher ses royalties. Il y a un petit truc qu’il n’avait
pas prévu dans cette mécanique parfaitement huilée :
elle a été orchestrée depuis le départ par Sam Houser.
Dans ma benz Au sein du trio, les rôles étaient définis
dès le départ : Leslie s’occupait de Rockstar North, Dan
écrivait de brillants scénarios et personnages, Sam était
chargé du business et des relations avec Take-Two. Pour
Petite histoire des soucis de Rockstar
En dehors des scandales liés au contenu de ses jeux (torture dans
GTA V, sexe dans GTA San AndreasغŞåƚŞųìŸƋŅƚƋÚ±ĹŸa±ĹĘƚĹƋƤƖ),
ŅÏĩŸƋ±ųåŸƋޱŸŸæųåĬ±ƋĜƴåĵåĹƋŸŅƚŸĬåų±Ú±ųØĵ±ĜŸÓ±ĹåŸĜčĹĜĀå
pas une absence de soucis pour eux. Prenez a±ĹĘƚĹƋƖØģƚŸƋåĵåĹƋƤ×
ŧƚåĬŧƚåŸĵŅĜŸ±ƴ±ĹƋĬ±ĀĹÚåŸŅĹÚæƴåĬŅŞŞåĵåĹƋØŅÏĩŸƋ±ųüåųĵå
ĬåŸƋƚÚĜŅŸűåĹŅÏÏƚޱĹƋºšĜåĹĹåØåĹeƚƋųĜÏĘåØåƋÏŅĹĀåĬ±ĀĹÚƚ
ŞųŅģåƋºŸ±ĀĬĜ±ĬåÚåXååÚŸſĬåŸåĵŞĬŅƼæŸÚåŅÏĩŸƋ±ųšĜåĹűĹåŸŅĹƋ
d’ailleurs pas crédités dans a±ĹĘƚĹƋƖţ„ĜƋƚ±ƋĜŅĹƚĹŞåƚÚĜýæųåĹƋå
mais conclusion proche pour Max Payne 3Ƥ×ŅÏĩŸƋ±ųš±ĹÏŅƚƴåųĹű±
ޱŸŸƚųƴæÏƚ±ƚŠƋųìŸĬŅĹčšÚæƴåĬŅŞŞåĵåĹƋÚƚģåƚØüåųĵ±ĹƋŞåƚÚå
ƋåĵŞŸ±ŞųìŸĬ±ŸŅųƋĜåţ%æƴåĬŅŞŞæåĹåƻƋåųĹåŞ±ų‰å±ĵŅĹÚĜåĹ
eƚŸƋų±ĬĜåØL.A. Noire a connu un développement chaotique, réparti
ŸƚųŸåŞƋ±ĹŸåƋÚåƚƻæÚĜƋåƚųŸŠÚű±ÆŅųڄŅĹƼŞƚĜŸŅÏĩŸƋ±ųšţeÏÏƚŸæ
Úåĵ±ĬƋų±ĜƋåųŸåŸåĵŞĬŅƼæŸØ‰å±ĵŅĹÚĜ±ĬƚĜ±ƚŸŸĜüåųĵæŧƚåĬŧƚåŸ
Ÿåĵ±ĜĹ基ŞåĜĹå±ŞųìŸĬ±ŸŅųƋĜåÚåL.A. NoireţŅÏĩŸƋ±ų„±Ĺ%ĜåčŅØ
lui, a survécu à Red Dead Redemption, mais il a également subi des
années de développement visiblement pénibles pour ses employés,
lesquels avaient mené un combat public pour l’amélioration de leurs
conditions de travail. Et pour la blague, rappelons que Rockstar North
avait annoncé Agent åĹƖLjLjĿØŧƚĜĹű±ģ±ĵ±ĜŸæƋæŅþÏĜåĬĬåĵåĹƋ±ĹĹƚĬæ
malgré l’absence totale de nouvelles. En revanche, pas de souci
notable pour Rockstar Games Presents Table Tennis. Comme quoi.
76 | Canard PC
la renégociation de 2008, c’est donc Sam Houser qui a
urs
tout fait, pour son frère comme pour Leslie (par ailleurs
parrain de son fils). Et c’est aussi Sam qui a pris la tête
nt
du comité de redistribution des profits, une entité dont
le seul but (comme son nom l’indique) était de refiler
chaque année sa part à chacun. À aucun moment,
Benzies ne s’est inquiété, d’autant que Sam multipliait
n
les e-mails excessivement chaleureux. Et tant pis si son
avocat était aussi celui des Houser (il nie aujourd’hui
avoir représenté Benzies), tout était forcément fait pour
le mieux, non ? Pas forcément : le contrat renégocié en
2008 ne garantissait par exemple apparemment pas une
répartition équitable des profits, comme l’a longtemps
cru Benzies. S’il recevait autant que les Houser durant
les six premières années, ce n’est pas parce que c’était
gravé dans le marbre, mais parce que Rockstar estimait
ses contributions indispensables : Benzies a par
exemple été appelé par les Houser pour appliquer sa
méthode de management à Red Dead Redemption, dont
le développement était alors mal parti (« PLEASE help
me/us get rdr into shape. I am a jabbering wreck right now.
I need The Benz! », écrivait Sam Houser le 24 octobre
2009, six mois avant la sortie, soit quelque chose comme
« PITIÉ aide-nous sur Red Dead Redemption, je suis une
épave en ce moment, j’ai besoin du Benz ! »), et à « un jeu
d’un studio externe » qui ne peut être que le L.A. Noire
de Team Bondi.
Pas de bro, pas de chocolat Pourquoi arrêter de
le payer, alors ? « Sam pense que tu as déjà reçu assez » :
voilà le message que Jennifer Koble a fait passer à Leslie
Benzies. Pour lui – en tout cas c’est ce qu’il écrit dans
sa plainte –, soit Sam Houser mentait tout du long et
prévoyait depuis 2008 de l’entuber, soit il interprète
volontairement mal (et pour son propre profit) le
contrat signé à l’époque. Quelques mois après la sortie
de GTA V ainsi qu’avant le congé sabbatique, le ton des
e-mails de Sam Houser à Benzies était pourtant bien
différent, digne d’une belle bromance. Par exemple le
23 décembre 2013 : « Being together – you and me – not
in a creepy way – is what goes through my mind… » (« être
ensemble, toi et moi mais pas de manière gênante, voilà ce à
quoi je pense… »). Ou le 13 mars 2014 : « Hope you’re good ?
(…) Thanks for being my partner and my friend. We’re going
to keep dominating on whole new levels. Right ??? Fingers
crossed. Love, Sam. » (« J’espère que tout va bien ? (…)
Merci d’être mon partenaire et mon ami. On va continuer
à dominer à des niveaux inédits, pas vrai ??? Je croise les
doigts. Amitiés, Sam. »). Et dire qu’ils allaient rompre six
mois plus tard…
Sex, drugs & rock & roll Quand Benzies met fin à son
contrat en avril 2015, Take-Two et Rockstar (selon le
plaignant évidemment) se lancent dans des « allégations
grossières » avec lesquelles l’entreprise menace de
poursuivre son ancien employé. Ces allégations ne
sont pas détaillées, l’avocat de Benzies indique que
« Sam Houser lui-même avait organisé et encouragé une
culture d’entreprise dont faisaient partie les strip clubs,
la photographie d’employés dans des positions sexuelles
compromettantes et autres comportements nettement à
Où lire les
plaintes ?
Pour lire la
plainte de
Leslie Benzies
contre TakeTwo, Rockstar
et les frères
Houser,
direction :
ÏŤÏũÏDŽxĀŽ
Et pour celle
de Take-Two
contre Leslie
Benzies :
ÏŤÏũÏDŽxĀš
l’encontre des normes sur le lieu de travail ». En lisant
entre les lignes, on comprend que Rockstar a menacé
Benzies de sortir des photos s’il continuait à réclamer
des royalties. Sympa. Cela dit, cette partie de la plainte
ne contient aucune citation directe de Sam Houser,
Rockstar ou Take-Two, contrairement à de nombreux
autres passages, et malgré le dépot de plainte de Benzies,
les seules photos compromettantes qu’on trouve de lui
sur le Net sont celles où il se balade en kilt au milieu de
types en costard-cravate. Le plus probable, maintenant
que tout ce bazar est connu, reste que l’affaire se règle
à l’amiable, comme c’est presque toujours le cas dans ce
contexte. Un procès augmenterait le risque de voir un
plus grand nombre de documents rendus publics, sans
parler du risque de défaite pour chaque camp. Alors
qu’un petit règlement à l’amiable à coups de dizaines
de millions de dollars fera certes saigner un peu TakeTwo, mais bien moins que les 150 millions réclamés
aujourd’hui par Leslie Benzies. Enfin, tout ça ne nous
dit pas quand Rockstar se décidera à sortir Red Dead
Redemption sur PC. Pour un peu, on pourrait croire
qu’ils ont complètement abandonné.
Canard PC | 77
À PART ÇA S.A.V.
Dans la nouvelle rubrique « Service après-vente », la rédaction de Canard PC revient sur des jeux
testés dans les numéros précédents pour juger, d’un œil sévère mais juste, de la qualité des mises
à jour importantes et du suivi apporté par les développeurs après la sortie.
S.A.V
Par Netsabes, Pipomantis et L.-F. Sébum
Far Cry Primal
ASS PÊCHE,
HHAS
HA
CHASS
CHASSE,
FAR CRY PRIMAL CH
ON E N T E S T
ON
TRADUCTION
NATURE ET TRADUCTIO
-
N ° 3 3 5
1 5
MASTER OF ORION LE RETOUR
DE MAMIE SUPERNOVA
M A R S
2 0 1 6
STARDEW VALLEY QUAND ON
N’A QUE LABOUR
EN CHANTIER
-
V A C A N C E S
À
EN TEST
S E R F - C H E V A L I E R
IDÉÉO
VIDÉO
A O U B E L E JEU VIDÉ
N E Q U I AD
M AAG A Z I NE
MA
L E MAG
ZELDAA
A 30 ANS
ET ON S’EN BRANLE
KINGDOM
CO R A N C E
CCOME
COM
À VENIR
DELIVE
LE GUEUX QUI VEUT
DÉTRÔNER SKYRIM
CH : 7,80 CHF
BEL/LUX : 5,40 €
M 02943 - 335 - F: 4,90 E
’:HIKMTE=XUY^UZ:[email protected]@[email protected]@a"
Développeur :
Ubisoft Montréal (Canada)
Éditeur : Ubisoft
Testé dans Canard PC n° 335
Note : 6
Dark Souls 3
QUANTUM BREAK LA MACHINE
À VOYAGER DANS LE CHIANT E N T E S T
N ° 3 3 7
-
1 5
TYRANNY TOUCHE PAS
À MON DESPOTE À V E N I R
A V R I L
2 0 1 6
-
TUTO BEAUTÉ : MAQUILLEZ VOS
JEUX GRÂCE AUX SHADERS D O S S I E R
J E
P A N S E
D O N C
J E
S U I S
IDÉÉO
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VIDÉ
UV
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L E JE
Q T E LE
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SQUINTE
ESQUI
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ZZIN
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MAGAZI
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LEE MAGAZINE
NOS RÉVÉLATIONS
TIONS
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PAMPERS
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UNE COUCHE
DARK SOULS 3
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ADMIS EN CLASSE TRÉPAS
M 02943 - 337S - F: 4,90 E - RD
’:HIKMTE=XUY^UZ:[email protected]@[email protected]@g"
CH : 7,80 CHF
78 | Canard PC
tués. Tous, même les animaux uniques,
qui sont donc perdus définitivement.
Autre bonne nouvelle, les compétences
les plus grotesques (largage de bombe
depuis la chouette, fabrication de huit
flèches à partir d’un pauvre bout de
bois…) sont inaccessibles en mode
survivor. Mine de rien, cela suffit à
faire de Primal un jeu nettement plus
intéressant, surtout dans les niveaux
de difficulté élevés. Seule petite ombre
au tableau, c’est le cas de le dire, les
« nuits plus sombres » du mode survivor
n’ont pas grand-chose à voir avec celles
de S.T.A.L.K.E.R. et sont simplement
noyées dans un brouillard dégueulasse.
Mais bon, on ne va pas pinailler. Ce n’est
pas tous les jours qu’un patch transforme
un jeu ultra-casual en expérience semihardcore, et même hardcore tout court
si vous optez pour la nouvelle option
mort définitive. Ce que, d’ailleurs on
ne vous recommande pas, à moins que
vous n’ayez envie de vous retaper dix
fois le didacticiel. Mais bon, après tout,
à chacun ses perversions.
BEL/LUX : 5,40 €
V
ous ne le saviez pas, et nous non
plus d’ailleurs, mais Canard PC
est en vente au Québec. Ou alors
c’est que les développeurs canadiens
d’Ubisoft ont développé des pouvoirs
télépathiques pour prévoir les assauts
de Bolloré et les utilisent pour lire dans
notre esprit. En tout cas le résultat est le
même : le mode survivor, ajouté dans la
dernière mise à jour de Far Cry Primal,
corrige à peu près tous les reproches
que nous adressions au jeu dans notre
test (paru dans notre numéro 335 du
15 mars dernier). La densité de faune
et de ressources a été réduite, une
gestion sommaire de la fatigue et de
la faim a été ajoutée, les armes en feu
brûlent beaucoup plus vite, le nombre
maximum de points de vie s’est vu
abaissé, le crafting d’objet n’est plus
instantané, la mini-carte a disparu, les
animaux dangereux sont plus difficiles à
apprivoiser (il faut désormais les blesser
avant de pouvoir les calmer avec de la
nourriture). Et surtout, tenez-vous bien,
ils meurent pour de bon lorsqu’ils sont
Développeur :
From Software (Japon)
Éditeur : Bandai Namco
Testé dans Canard PC n° 337
Note : 9
Nous vous le disions dans le numéro
précédent : notre version de test de Dark
Souls 3 crashait méchamment sur PC, nous
forçant à tester le titre sur PlayStation 4.
En effet, difficile de s’immerger totalement
dans un jeu quand il plante à répétition
toutes les trois minutes ou presque. La
faute – apparemment – à certaines
cartes Nvidia qui ne savaient plus où elles
habitaient en voyant les feux de camp
du début de l’aventure. Après quelques
jours à trichouiller avec une rustine débile
(il suffisait de mettre les effets de lumière
au minimum pour la majorité des cas),
From Software a mis en ligne une batterie
de patchs qui, entre autres corrections
(petits bugs de jeu en ligne, équilibrage
de certaines armes), ont réglé les crashs
sur notre machine de test, permettant de
jouer avec toutes les options graphiques
réglées au maximum sans plantage.
À moins de faire partie d’un infime groupe
extrêmement malchanceux, vous devriez
dorénavant y jouer sans soucis.
Tom Clancy’s The Division
THE DIVISION LA GROSSE POMME
FOURRÉE AUX PRUNEAUX E N T E S T
HITMAN L’AGENT 47
SUR SON 31 E N T E S T
-
N ° 3 3 6
1
E R
A V R I L
2 0 1 6
-
L E S
HOMEFRONT : THE REVOLUTION
O I S E A U X
NAZIS DU SUD-EST
S E
C L A S H E N T
P O U R
À VENIR
M O U R I R
DÉÉO
VIDÉ
J EU VIDÉO
TÈÈ LE JEU
M TTÈL
MAGAZIN QUI MARTÈLE
LLE MAGAZINE
CRESSON
D’AVRIL
NUMÉRO
MÉ ACCESSIBLE
AUX VÉGANS
TOTA L
WARH A M M E R
À VENIR
WAR
M 02943 - 336 - F: 4,90 E
’:HIKMTE=XUY^UZ:[email protected]@[email protected]@a"
CH : 7,80 CHF
P
A-T-IL
BEL/LUXX : 5,40 €
LE GRIFFON
BIEN PRIS ?
Développeur :
Ubisoft Massive (Suède)
Éditeur : Ubisoft
Testé dans Canard PC n° 336
Note : 7
Street Fighter V
DARK SOULS 3 ESCRIME PILLARS OF ETERNITY : THE WHITE
À VENIR
MARCH LA LUTTE DES GLACES E N T E S T
ET CHÂTIMENTS
-
N ° 3 3 4
1
E R
M A R S
2 0 1 6
-
DYING LIGHT : THE FOLLOWING
L’EXTENSION TERROIR-CAISSE
L E
5
E
R Y U
D U
EN TEST
C A R R O S S E
O
DÉÉÉO
VIDÉO
JE VIDÉ
T A B A S S E L E JEU
L E M A G A Z I N E Q U I TA
EXCLU !
DU PRIX PULITZER
POUR PASTILLE
MENSONGÈRE
STREET
FIGHTER
EN TEST
M 02943 - 334S - F: 4,90 E - RD
’:HIKMTE=XUY^UZ:[email protected]@[email protected]@g"
CH : 7,80 CHF
LE MESSIE REVIENT
DISTRIBUER DES PAINS
BEL/LUX : 5,40 €
eu après la sortie (et juste avant
le premier gros patch) de The
Division, je concluais mon test par un
magnanime « Quand les petits soucis de
serveur et de Dark Zone seront corrigés,
The Division sera encore meilleur, même
si en l’état, il s’agit déjà d’un chouette
plaisir coupable. La note est un peu sévère :
si Massive assure côté suivi, le jeu vaudra
sûrement un point de plus dans quelques
mois. » Eh bien, laissez-moi vous dire
qu’on n’y est pas encore, loin de là. Alors
que ce dont The Division a le plus besoin,
c’est de stabilité, les patchs apportés
par Ubi ajoutent à chaque fois leur lot
de problèmes. Commençons par les
bonnes nouvelles : la Dark Zone a été
un peu rééquilibrée (même si elle est
encore loin de remplir ses promesses) et
Massive a sorti une première extension
gratuite, Incursions, avec de nouvelles
missions, de nouveaux objets et l’arrivée
de l’échange de loot entre les joueurs.
En revanche, cette extension a dans
le même temps amené tout un lot de
nouveaux soucis dans le Manhattan
de The Division : les personnages des
joueurs disparaissaient des serveurs sur
Xbox One (une sauvegarde a depuis
été restaurée), les parties des joueurs
ayant crafté un sac à dos de haut niveau
devenaient inaccessibles (corrigé depuis
aussi), la principale mission d’Incursions
était lourdement buguée, les défis
quotidiens ne changeaient pas tous les
jours… Massive règle tout ça petit à
petit, mais la priorité du développeur
semble surtout de dégager les multiples
glitchs que les joueurs exploitent pour
récupérer plus de loot (les salauds !
dans un jeu où tout tourne autour
du loot ! comment osent-ils ?). Pire :
un community manager d’Ubisoft a
indiqué que l’éditeur étudiait comment
punir les joueurs utilisant ces bidouilles.
Seul répit : ceux qui ont subi les
problèmes de sac à dos magique ou de
personnages disparus recevront un
bonus de monnaie in-game. Bref, un
mois et demi après la sortie du jeu, la
situation en ligne semble pire, ou en
tout cas bien plus instable, que durant la
période de lancement. Un comble pour
un jeu censé se jouer sur la durée.
Développeur / éditeur :
Capcom (Japon)
Testé dans Canard PC n° 334
Note : 8
O
n l’avait laissé dans un état bizarre,
ce Street Fighter V. Le jeu en luimême est absolument phénoménal mais
entre son lancement catastrophique
(beaucoup d’options et de modes de jeu
manquants) et les serveurs de Capcom
qui préféraient visiblement prendre
spontanément feu plutôt que de laisser
les joueurs s’écharper entre eux, c’était
pas la joie. Depuis, la plupart des gros
soucis ont été réglés, le jeu en ligne
fonctionne très bien (malgré quelques
maintenances tenaces de-ci de-là) et
la plupart des modes et options sont
disponibles. Toujours pas de mode
arcade classique (ni de vraie histoire,
prévue pour juin), mais un chouette
mode défis contenant dix « exercices »
pour chaque personnage, histoire
d’apprendre ses gammes sur quelques
combos. L’autre grande nouveauté
reste bien évidemment l’apparition
de la boutique, qui permet de cracher
au bassinet pour acheter personnages
et costumes (avec la monnaie du jeu ;
quelques rares costumes étant cantonnés
à l’argent réel). Les nouveaux personnages
(Alex et Guile) pourront y être achetés
après leur période de « démo ». Enfin,
on apprécie la présence des lobbies à
huit (même s’ils sont moins bien foutus
que chez la plupart des concurrents) et,
alléluia, la possibilité de demander un
rematch après un combat classé en ligne,
une option qui manque cruellement
ailleurs. Bref, malgré quelques jolis gestes
envers la communauté, Capcom a encore
quelques efforts à fournir pour rendre
Street Fighter V parfaitement accueillant,
mais on y arrive petit à petit.
Canard PC | 79
LES AVENTURES DE MARIO SPORCO (suite)
Dessin : Didier Couly / Scénario : L.-F. Sébum
Retrouvez les premières pages des aventures de Mario sur cpc.cx/d5h
80 | Canard PC
Canard PC | 81
CANARD PEINARD
Le 15 mai
dans Canard PC n° 339
Duelyst, Stellaris
et d’autres jeux aux noms tellement compliqués qu’on n’ose pas les écrire
Aide de jeu
La grille de Maîtresse Paule Cul
Retrouvez en kiosque le nouveau livre de Maîtresse Paule Cul : Mes grilles de mots
croisés : la Culture, avec un grand Cul ! - 20,99 euromillions (aux éditions DTC).
Horizon allemand,
rien de nouveau.
SOLUTION DE LA GRILLE DU N° 337
1. Dans un spin-off de
Warhammer. 2. Attaque personnelle. 3. Gamin péjoratif.
Dans le plus simple appareil.
4. Fit la fête. Arme de sale
guerre. 5. Morceaux de tek.
Réunit à nouveau. 6. Marcher
avec les coudes. Prénom du
peintre Schiele. 7. Rail shooter
qui n’est pas forcément un jeu
de toxicos. 8. Nickel dans le
tableau élémentaire. Mis pour
un jeu sans sortie. Un tiers
de milliwatt. 9. Ne calment
pas leur joie. Traita à l’ozone.
10. Faire communiquer deux
organes.
Vertijeannecalment.
(mais c’est qui cette Jeanne Calment à la fin?)
I. Jeu vidéo au tour par tour.
II. Retînt des indemnités
financières. Période longue
à court terme. III. Existe en
version Turbo. IV. Jeu online. Supplies l’intangible.
V. Drogue soi-disant chantée par les Beatles. Petite
référence. Modèle d’Atari.
VI. Forme d’être. Héros de
Britannicus. VII. Dans un
titre de Squaresoft. Jeu de
Firaxis. VIII. Passiez à côté.
À moitié zozo. IX. Pronom.
Jeu 2D inspiré de Wonder Boy.
X. Minerai du fluor. XI. Unité
informatique. Aventure en mer
inspirée d’un jeu de Games
Workshop (et pas d’un groupe
de hard hirsute, quoique...).
Bimensuel, paraît le 1er et le
15 de chaque mois. Est édité
par Presse Non-Stop, SAS
au capital de 86 400 €
Immatriculée au RCS Paris.
450 482 872
Siège social :
14 rue Soleillet - BAL 62 75020 Paris
Président :
Jérôme Darnaudet
Secrétariat : Pauline Carmet
Associés :
Jérôme Darnaudet, Domisys,
Gandi, Ivan Gaudé, Pascal
Hendrickx, Olivier Peron
et Michael Sarfati
Abonnements :
[email protected]
82 | Canard PC
Non, les mots croisés ne sont pas une
occupation de vieux. Il suffit juste que
vous (oui vous là, le jeune) vous y mettiez
pour faire automatiquement descendre la
moyenne de 75 à 73 ans. D’avance merci.
Administration
Tél : 01 43 49 42 27
[email protected]
Courrier des lecteurs :
[email protected]
Rédaction
Directeur de la publication :
Jérôme Darnaudet
Rédaction en chef : Ambroise
Garel et Sébastien Rio
[email protected]
Rédacteur en chef online :
Ivan Gaudé
Ont participé à ce numéro :
Sébastien Delahaye, Théo
Dezalay, Cécile Fléchon,
Ivan Gaudé, Freddi Malavasi,
Olivier Peron et PierreAlexandre Rouillon
Premier rédacteur graphique :
Jean-Ludovic Vignon
Rédacteurs graphiques :
Thomas Rainfroy
et Katell Chabin
Secrétaires de rédaction :
Sonia Jensen
et Cécile Fléchon
Impression
Imprimé en France par :
Aubin Imprimeur
Diffusion : PRESSTALIS
Commission paritaire :
0219 K 84275
ISSN : 1764-5107
Tous droits réservés
Dessinateur : Didier Couly
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Numéro 338
Prix unitaire : 4,90 €
Denis
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Tél : 09 66 88 42 27
Date de parution :
1er mai 2016
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(oui parce qu’en avril, t’en as
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