Une réponse organisée au sujet suivant : « La Résistance pendant

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Une réponse organisée au sujet suivant : « La Résistance pendant
Une réponse organisée au sujet suivant :
« La Résistance pendant la guerre et sous le régime de Vichy 1940-1945 »
La France est divisée en deux grandes zones: zone occupée au nord (contrôlée par les Allemands) et
zone libre au sud (contrôlée par le régime de Vichy), séparées par la ligne de démarcation nécessitant un
laissez-passer (ausweis). Après son entretien avec Hitler, Pétain décide d'engager la France dans une politique
de collaboration. De 1940 à 1945, des hommes et des femmes de tous milieux refusent de se soumettre aux
soldats allemands qui occupent la France, ainsi qu’au gouvernement de Vichy, qui collabore avec l’Allemagne
nazie. Ils forment la Résistance dans le but établi de nuire, par des actions de formes diverses, à des ennemis
clairement nommés. Résister est donc un acte qui a obéi à des motivations variées et a pris des formes
multiples.
D’où notre problématique : Pourquoi et comment des hommes et des femmes en France ont participé
à la Résistance ?
Nous y répondrons en trois paragraphes : dans un premier temps nous verrons qui sont les membres
de la résistance ? Puis dans un deuxième temps les raisons de l’engagement et les effectifs pendant cette
période 1940-1944 et dans un dernier temps les formes d’action prise par celle-ci.
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Les résistants étaient des hommes et des femmes de tous âges mais souvent jeunes voire très jeunes.
Ce sont des volontaires engagés dans l'action clandestine. Moins nombreuses que les hommes, les femmes y
étaient souvent cantonnées dans des rôles subalternes. Ils étaient issus de toutes les couches sociales. Toutes
les sensibilités politiques de gauche comme de droite, toutes les sensibilités philosophiques et religieuses
étaient représentées au sein de la résistance. Ce sont principalement des hommes de gauche, chrétiendémocrate, socialiste et communiste et des anticonformistes des autres courants politiques y compris
monarchiques ! Les résistants se caractérisent par un anti-conformisme qui souvent les pousse à rompre avec
leur milieu pour devenir des clandestins et à revêtir une autre identité. Des étrangers ont combattu aux côtés
des résistants français : antifascistes italiens, antinazis allemands et républicains espagnols réfugiés en
France ; immigrés polonais et arméniens ; juifs apatrides. Les résistants constituaient donc une toute petite
minorité courageuse, qui a suscité à la fin de l'Occupation un mouvement social beaucoup plus vaste,
entraînant l'adhésion de la majorité des Français.
Cette minorité est entraînée par le général de Gaulle et son appel du 18 juin 1940. En effet, alors que
Pétain demande à l’Allemagne l’armistice, le 18 juin 1940, le général de Gaulle lance un appel radiodiffusé
depuis Londres. Il pense contrairement à Pétain que la France a perdu une bataille et non la guerre et qu’elle
doit poursuivre le combat ayant à ses côtés les Anglais, un vaste empire colonial et l’éventuel soutien des
EUA. Par conséquent, il lance un appel à la résistance en demandant aux soldats et officiers de le rejoindre à
Londres. Il a une idée de la France et pense qu’elle doit continuer le combat mais en appelant à la résistance,
il entre dans l’illégalité. C’est le début de la Force Française Libre ou FFL. La France Libre est d’abord
composée de 7000 soldats en août 1940 et rejointe par une partie des colonies. En effet une partie de
l’Empire va se rallier à lui : Les Nouvelles Hébrides, le Tchad, le Cameroun, le Congo, et le 27 octobre 1940, de
Gaulle gagne Brazzaville où est mis en place le Conseil de l’Empire, chargé d’administrer l’ensemble des
territoires et des forces françaises engagés derrière lui. Puis les FFL comprennent également une marine et
une aviation. Renforcées par les troupes des territoires coloniaux qui se sont ralliés à la France libre, les FFL
comptent plus de 50 000 combattants en 1944.
En France, la résistance se met aussi en place. C’est la Résistance intérieure ou Force Française
Intérieure. En France, ces groupes de résistants se forment parfois autour d’anciens militants politiques,
syndicaux, ou des droits de l’homme. C´est la période des actes spontanés, le plus souvent individuels comme
par exemple tracer à la craie, sur les murs, la croix de Lorraine (symbole gaulliste), le V de victoire ou "A bas
les Boches". Ceux-ci deviennent plus collectifs comme la manifestation lycéenne et étudiante du 11 novembre
1940 à l´Arc de Triomphe. Ainsi naquît la Résistance intérieure. Les résistants de la 1ère heure ne sont qu’une
poignée et répertorie en 5 mouvements de la zone occupée. D’abord Libération Nord qui regroupe des
syndicalistes de la CGT non communiste, CFTC et des membres de la SFIO clandestine, autour de Christian
Pineau. Les socialistes sont hégémoniques dans ce mouvement. L’OCM ou Organisation civile et Militaire du
colonel Touny et Maxime Blocq Mascart, plutôt orientée à droite. CDLR, « Ceux de la Résistance », dirigé par
Jacques Lecompte-Boinet, où l’on trouve Michel Debré, futur premier ministre du général de Gaulle sous la
Vème République. Enfin le Front National, mouvement communiste, dirigé par Jacques Duclos, s’engage dans
la lutte armée et se doter d’une branche militaire les FTP ou Francs-Tireurs et partisans dirigés par Charles
Tillon.
Donc la résistance est très diverse mais les raisons du combat de l’ombre sont souvent similaires
comme refus de la défaite, le patriotisme ou la volonté de rétablir la démocratie.
Les motivations des résistants étaient diverses : refus de la défaite et de l'occupation allemande, refus
du régime de Vichy et de la collaboration, refus de la répression et des mesures antisémites, volonté de
combattre pour libérer la France. Les Résistants souhaitent libérer leur pays et participer à la victoire au
même titre que les Alliés. L’entrée en résistance dès juin 1940 se fait pour deux raisons. À l’image du général
de Gaulle qui, le 18 juin, lance un appel à poursuivre le combat, quelques Français et Françaises refusent, au
nom du patriotisme, la défaite acceptée par Vichy et l’occupation allemande. D’autres s’engagent pour lutter
contre des ennemis de la démocratie et des Droits de l’homme. Certains, par exemple les républicains
espagnols réfugiés en France, avaient déjà l’expérience de la lutte contre le fascisme. Les contextes de la
guerre font augmenter les raisons de s’engager dans la résistance.
L'engagement dans la résistance a été plus ou moins précoce, dès 1940-1941 ou au contraire plus
tardif, en 1943-1944. Les rares Français qui se sont engagés dans la résistance dès 1940 l'ont fait à titre
individuel ou au sein de petits groupes isolés, agissant de façon spontanée, sans mots d'ordre, sans liens entre
eux. Les effectifs de la Résistance s’accroissent à partir de l’été 1941 quand les communistes s’engagent
massivement après l’attaque de l’URSS par Hitler, puis à partir de février 1943 quand les réfractaires au STO
ou Service du travail obligatoire préfèrent la clandestinité au travail en Allemagne. En novembre 1942,
l’invasion de la zone Sud par la Wehrmacht a discrédité le régime de Vichy incapable de s'y opposer, anéanti le
mythe d'un « Vichy-bouclier », État indépendant et souverain jouant le double-jeu pour le plus grand intérêt
de tous les Français, et elle a uniformisé les conditions de la résistance dans les deux zones. En février 1943, la
capitulation de la VIème Armée allemande à Stalingrad a fait s'effondrer le mythe de l'invincibilité de la
Wehrmacht et de la victoire définitive du Reich hitlérien auquel le régime de Vichy avait adhéré. Tout ceci fait
augmenter les effectifs de la résistance et l’espoir de victoire.
Mais la résistance c’est aussi un programme politique pour la libération. En effet, de Gaulle voulait que
la France retrouve à la libération une place de 1 er choix dans la gestion de l’après-guerre. C’est pour cela que
le CNR (Conseil National de la Résistance) établit un programme qui prévoyait d’abord de punir les
collaborateurs et les traitres et épurer l’Etat, le monde économique et le monde du spectacle. Il prévoyait
aussi le rétablissement de la République et de la démocratie ainsi que toutes les libertés publiques. Dans le
domaine économique des nationalisations et l’introduction de la planification étaient envisagés. Dans le
domaine social, on veut créer une sécurité sociale pour tous et la reconnaissance des syndicats. On pense
même à améliorer le sort des colonies.
Ainsi les raisons et les motivations de la résistance expliquent son succès, ses effectifs et ses victoires.
Encore faut-il en pratique savoir comment lutter pour sa liberté. Voyons les différentes formes d’actions
menés par la résistance.
La résistance a revêtu des formes multiples qui allaient de l'attentisme prudent ou l'écoute de la BBC,
jusqu'à la l'action directe (attentats, sabotages) ou la lutte armée dans les maquis, en passant par les
manifestations patriotiques, le renseignement, la diffusion de la presse clandestine, la participation à des
réseaux d'évasion, le refus du Service du travail obligatoire (STO) mis en place à la fin de 1942 et au début de
1943. La distribution de tracts et de journaux clandestins visent à faire comprendre à l’opinion publique qui
sont leurs ennemis et qui sont les responsables de leurs difficultés. L´une des plus grandes activités de la
Résistance est l´essor de la presse clandestine: les journaux s´efforcent d´avoir une périodicité régulière. Leur
tirage ne cesse d´augmenter (entre 20 et 50 000 en moyenne). Cette réussite tient du prodige, si l´on songe
que le papier est introuvable sinon au marché noir. La fabrication de papiers devient aussi une de leur activité
importante. Pour vivre, les Français ont besoin d´une multitude de cartes (laissez-passer, identité, etc) et pour
ceux qui ne sont pas en règle, résistants clandestins, juifs, le seul moyen de survie est de se procurer de faux
documents, fabriqués avec la complicité de la mairie. Dès 1941, sur le sol français se constituent des
mouvements et des réseaux. En zone nord vont se former Défense de la France qu´anime Philippe Viannay,
Libération-nord avec les syndicalistes Christian Pineau et Gaston Tessier. En zone sud, Combat, Franc-tireur et
Libération aves Emmanuel d´Astier de la Vigerie, le plus important étant Combat fondé par Henry Frenay. Il
faut distinguer entre réseau et mouvement qui sont souvent confondus. Un réseau est créé en vue d´un
travail militaire précis: renseignement, évasion de prisonniers de guerre et de pilotes tombés chez l´ennemie,
sabotage des moyens de transports et d´usines allemandes. Un mouvement entreprend ses tâches par
rapport à la population. C´est elle qui est son objectif et sa préoccupation principale. Les étudiants rejoignent
surtout les les mouvements et les militaires préfèrent les réseaux. Les résistants étaient isolés. Ils ne
pouvaient guère compter sur la population accablée par la défaite, soucieuse d'assurer d'abord sa survie et
terrorisée par les menaces de représailles, ni sur l'aide des Alliés qui a tardé à venir et est restée limitée. Il y
avait des désaccord sur le plan stratégique entre ceux qui préconisaient le sabotage et la lutte armée
immédiate, en particulier les communistes avec l'Organisation spéciale (OS), puis les Francs tireurs et
partisans français (FTPF) et leurs groupes de la Main d'œuvre immigrée (MOI), et ceux qui privilégiaient le
renseignement, la propagande, l'aide aux pilotes alliés abattus au-dessus du territoire français et aux
prisonniers évadés, dans l'attente des troupes alliées. Certains maquis tentent de pratiquer la guérilla dès
1943, mais sont souvent anéantis. Certains groupes connurent un destin tragique comme aux Glières ou au
Vercors.
La Résistance se développa grâce à Jean Moulin qui l’unifia sous les ordres du général de Gaulle à
partir du 1er janvier 1942. Jean Moulin est un ancien préfet d’Eure et Loire révoqué par Vichy parce qu’il avait
refusé de signer un document mettant injustement les troupes sénégalaises. La création des maquis en 1942
accélère l’unification de la Résistance intérieure et extérieure. La France libre avait besoin de se faire
reconnaître par la résistance intérieure et la résistance intérieure avait besoin de l'aide de la France libre. Le
27 mai 1943 se créé le Conseil National de la Résistance (CNR) qui coordonne l’ensemble des forces de
l’intérieur regroupant les mouvements unis de la Résistance (MUR- c´est à dire Combat, Libération et FrancTireur). Le CNR est chargé d´assurer en France la coordination des mouvements de Résistance, des maquis, de
la presse, des syndicats et des représentants. Présidé par Jean Moulin puis après son arrestation en juin 1943,
par Georges Bidault, le CNR a élaboré un programme qui a été adopté en mars 1944. Ce programme fixait les
conditions de la lutte immédiate pour la libération du territoire français et les mesures à appliquer après la
Libération pour rétablir la légalité républicaine et promouvoir de profondes réformes sur le plan économique
et social. Au début de 1944, a été créé le Mouvement de libération nationale (MLN) qui regroupait les MUR et
plusieurs mouvements de la zone Nord.
Dès septembre 1943, les résistants corses ont déclenché une insurrection qui a libéré leur île avec
l'aide de commandos venus d'Afrique du Nord. Au début de 1944, les groupements armés issus des différents
mouvements de résistance ont été unifiés au sein des Forces françaises de l'intérieur (FFI) placées sous le
commandement du général Kœnig. Pour retarder l'arrivée des renforts allemands au lendemain du
débarquement de Normandie, les forces armées de la résistance ont mis en œuvre les plans de sabotage des
moyens de communication : Plan vert pour les voies ferrées, Plan violet pour les lignes téléphoniques et Plan
bleu pour les installations électriques. En 1944, le débarquement en Normandie modifia totalement le rapport
de forces: la majorité de la population française ne soutint plus Pétain et se rallia à la Résistance. À partir de
juin 1944, FFI et FTP ont participé activement à la libération des autres départements français. Dans le même
temps, elles ont été mobilisées dans l'application du Plan Paul, qui visait à détruire les dépôts allemands de
munitions et de carburants, à harceler les renforts allemands et à préparer l'arrivée des troupes alliées. Elles
ont subi l'assaut de la Wehrmacht appuyée par la Milice française au cours de batailles meurtrières livrées
dans les Alpes sur le Vercors et le plateau des Glières, dans le Massif-Central au Mont Mouchet, et en
Bretagne à Saint-Marcel. Elles ont déclenché l'insurrection parisienne qui a libéré Paris le 25 août 1944 avec
l'appui de la 2ème Division blindée du général Leclerc Elles ont libéré la plus grande partie du sud-ouest et du
centre de la France, et facilité dans le sud-est la progression de la 1ère Armée française du général de Lattre
de Tassigny débarquée en Provence en août 1944. La fabrication de papiers devient aussi une de leur activité
importante. Pour vivre, les Français ont besoin d´une multitude de cartes (laissez-passer, identité, etc) et pour
ceux qui ne sont pas en règle, résistants clandestins, juifs, le seul moyen de survie est de se procurer de faux
documents, fabriqués avec la complicité de la mairie. A l´occasion de l´énorme défilé du 26 août 1944 sur les
Champs-Elysées, de Gaulle reçoit l´investiture d´un peuple vainqueur. Le 2 septembre 1944, s´installe le GPRF
dans " Paris libéré".
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La période de l’Occupation a vu les Français se partager entre « collabos » et résistants, la majorité de
l’opinion rejoignant progressivement la Résistance. L’action des résistants permet aux Français de faire partie
des vainqueurs de l’Allemagne nazie le 8 mai 1945. La Résistance fut, jusqu´au mois d´août 1944, un choix
risqué qui mettait en danger la vie de qui la faisait. On estime que la durée de vie d´un résistant à Paris en
1943-44 était de trois mois. La vie politique française allait être durablement marquée par l'héritage de la
résistance, et dans l'immédiat, le programme du CNR s'est en partie concrétisé avec l'instauration du vote des
femmes, la nationalisation des secteurs clés de l'économie et la création de la Sécurité sociale.
Le bilan est lourd : 20 000 FFI ou FTP tués au combat, 30 000 fusillés, plus de 60 000 déportés, dont
près de la moitié sont morts dans les camps. Mais le sacrifice des résistants n'a pas été inutile et l'action de la
résistance, même si elle n'a été qu'une force d'appoint, a bien servi la France. Cette action a été reconnue par
le commandant en chef des armées alliées en Europe, le général Eisenhower, et a contribué ainsi à épargner à
la France d'être soumise à l'administration militaire américaine.