LES MAILLONS DE L`AVENIR Depuis 103 ans, Binder

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LES MAILLONS DE L`AVENIR Depuis 103 ans, Binder
Impressions de Mönsheim avec l’enceinte de l’entreprise Binder (au centre)
LES MAILLONS DE L’AVENIR
Depuis 103 ans, Binder produit des chaines destinées au secteur de la joaillerie. Un portrait
de GZ, contenant des informations de fond et au-delà, retrace les caractéristiques de
l’entreprise ainsi que ses intentions.
Photos : Martin Glauner
L’entrepôt de vente lumineux de Binder est probablement le seul endroit à Mönsheim, ville
située non loin de Pforzheim, où les « framboises » sont suspendues à côté des « olives ». Et
pour éviter d’emblée toute confusion : ces fruits sont des types de chaîne, plus précisément
deux parmi beaucoup d’autres comme la chaîne en mailles royales ou la chaîne en mailles
torsadées, ainsi que les variantes classiques telles que la chaîne gourmette, la chaîne en
mailles forçat ou encore la gourmette Figaro. Les chaînes et les paires de créoles des larges
gammes de chaînes basiques de Binder sont toujours disponibles en grandes quantités. La
particularité : Binder fabrique en entrepôt non seulement en argent sterling ou en argent plaqué
or, mais aussi en or 333, 375, 585 et 750 ainsi qu’en palladium depuis peu. Des quantités
moins importantes sont ainsi disponibles immédiatement, dès la commande.
LA FABRICATION DE A À Z
« Pour tout ce qui est en stock, ce qui est commandé aujourd’hui est livré demain », explique
Kai-F. Binder, quatrième génération de sa famille de joaillers. Suite à une réorientation de la
direction l’année dernière, il dirige désormais l’entreprise, dénombrant près de 200 salariés,
avec l’aide de son père Fritz Binder qui accompagne la société depuis 62 ans. Et Christian
Eckart, autre codirigeant de l’entreprise, d’ajouter au sujet de la logistique : « Nous réagissons
avec beaucoup de rapidité. Aussi, nous fabriquons les articles qui ne sont pas dans nos stocks
comme nos chaînes « Names » personnalisées, dès la réception de la commande et nous les
livrons sous dix jours ouvrés, en Allemagne ou à l’étranger. »
1. Exemples de la large gamme de créoles en or jaune, argent sterling rhodié et argent sterling rose doré 2. Chaînes
en argent sterling dans les modèles rhodié, rose doré et jaune doré 3. Différents types de chaîne en argent sterling
4. Motifs variables en forme de disque pour les pendentifs de la collection spéciale « Your Joice by FBM » en argent
sterling rhodié, jaune doré ou rose doré 5. Chaîne en mailles corde et collier gourmette en or jaune ainsi que chaîne
en mailles corde à chaîne forçat intégrée en or jaune et or blanc 6. Chaînettes avec nom de la collection spéciale
« Names » en argent sterling rhodié et en argent doré
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Tout d’un seul tenant : dans le département de finition, jusqu’à 50 000 chaînes par jour sont pourvues de fermoirs
Et quand on parle de jour ouvré : chez Binder, il se peut bien qu’il dure 24 heures si nécessaire ;
du moins pour les machines de fabrication des chaînes. Binder en possède plus de 1 000, une
pour chaque type de chaîne et chaque taille. Le bruit des machines spéciales, un tac-tac
polyphonique, rappelle un tantinet celui des machines à coudre, et pour trouver ces machines
spéciales, il faut avoir un bon sens de l’orientation. En effet, l’enceinte de Binder regroupe
plusieurs bâtiments, tous les postes de fabrication des chaînes se trouvant sur un seul espace :
la fusion de l’alliage, le laminage, le tréfilage, la « mécanique des chaines », la soudure, la
création des facettes, la découpe, la finition, la galvanisation et le contrôle de qualité. Sans
oublier l’espace artisanal où huit employés sont responsables des prestations de services et
des nouveaux modèles. Bien que Binder ait eu recours à l’automatisation tôt et en assure la
progression pour certains procédés de production, la « mini-manufacture » continuera de
croître selon les estimations de Kai-F. Binder. Une chose qui pourrait bien valoir aussi pour le
département high-tech où l’on fabrique des pièces de précision pour le secteur de la joaillerie
ainsi que d’autres branches de l’industrie. Les capacités actuelles s’élèvent à 70 000 pièces
par semaine.
De surcroît, l’entreprise fondée en 1910 dispose de sa propre division de construction
mécanique. On y fabrique soi-même la mécanique des principales machines, un aspect qui,
pour la direction, a une part à jouer dans le progrès technique. « Nous voulons consolider nos
points forts et d’une part, tirer parti de la longue expérience de l’entreprise et d’autre part, être
ouverts à de nouveaux horizons, » affirment les gérants à l’unisson. La technologie et la
précision resteront une priorité, au même titre que la « philosophie de livraison juste-à-temps »,
l’enseigne demeurant les chaînes telles que la chaîne en mailles corde qui est fabriquée et
montée progressivement. Parallèlement, l’entreprise est à la recherche de nouvelles
possibilités pour redéfinir l’accentuation des chaînes et elle favorise la coopération avec des
créateurs. Par ailleurs, il est prévu de mettre en ligne les produits en stock, mais aussi de
consolider la présence internationale sur près de 50 marchés.
UNE PHILOSOPHIE DURABLE
D’ailleurs, en ce qui concerne les idées progressistes : Binder possède un système de
recyclage des eaux et aligne tous ses procédés de traitement sur ce que l’on appelle le « Code
of Nature ». Il s’agit avant tout de la gestion durable des ressources naturelles par l’utilisation
d’installations de production appropriées. « Personne n’est aussi « fou » que nous sur ce pointlà », déclare Kai-F. Binder. « Les données relatives aux polluants dans les eaux usées, qui
sont mesurées toutes les heures, sont inférieures d’un facteur cinq à dix aux seuils imposés
par la loi. »
Investir dans l’avenir : c’est finalement de cela qu’il est aussi question quand on parle de qualité
des produits. Une qualité représentée par le poinçon de maître FBM, l’abréviation de
« Friedrich Binder Mönsheim ». Le tréfilage, un procédé laborieux, joue un rôle crucial. « Le fil
métallique constitue le cœur de notre produit et il est donc décisif pour les propriétés qu’aura
la chaîne comme la résistance à la déchirure qui fait la caractéristique des chaînes Binder, »
précise Fritz Binder qui connaît chaque département sur le bout des doigts et n’hésite pas à
mettre la main à la pâte. Cependant, Binder ne souhaite pas dévoiler en détail son mode de
fabrication des fils en argent et en or. « Trop de secrets industriels », dit-il en souriant. Saraj
Morath
www.binder-fbm.de
2. La matière première pour le tréfilage, également fabriquée par l’entreprise elle-même, en l’occurrence l’argent
sterling 3. Impressions de la galvanisation 4. Une partie des machines spéciales pour la fabrication des chaînes
qui se chiffrent à plus de 1000 5. Les gérants de Binder : Kai-F. Binder, Fritz Binder et Christian Eckart (en partant
de la gauche)
Photos : Martin Glauner